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Afrique du Sud : légère amélioration pour Mandela qui « réagit aux traitements »

juillet 11, 2013
Messages de soutien à Madiba sur un mur devant la clinique où il est hospitalisé, à Pretoria. © AFP.

Messages de soutien à Madiba sur un mur devant la clinique où il est hospitalisé, à Pretoria. © AFP.

Nelson Mandela « réagit au traitement », son état est toujours « critique mais stable », a annoncé la présidence sud-africaine, le 10 juillet, après la visite de Jacob Zuma à l’hôpital de Pretoria.

L’ex-chef de l’État et grande figure du pays est hospitalisé depuis plus d’un mois à l’Hôpital de Pretoria. Le Président sud-africain Jacob Zuma lui a rendu visite le 10 juillet et a été informé par les médecins qu’il réagissait aux traitements.

>> Lire : Nelson Mandela « communique » toujours avec ses proches, selon ses petites-filles

« Que Madiba réagisse au traitement nous encourage, et nous demandons au public de continuer à apporter son soutien et de le couvrir d’amour, ce qui lui donne de la force, ainsi qu’à sa famille », a déclaré le président dans son communiqué.

L’homme de 94 ans est hospitalisé depuis le 8 juin après une récidive d’une infection pulmonaire et son état est considéré « critique » depuis le 22 juin. Chaque jour, des milliers de Sud-Africains viennent lui rendre hommage devant la clinique.

L’Afrique du Sud s’était préparée à la mort de son héros national le 27 juin, quand son état de santé s’est subitement aggravé. Le président Jacob Zuma avait même annulé son déplacement à l’étranger pour rester auprès de lui, avant que son état devienne stable.

Cette réaction au traitement est donc un premier signe positif, mais la présidence n’en dit pas plus et invoque « la confidentialité patient-médecin ».

Des journées dédiées à Nelson Mandela

Selon le roi thembu, Buyelekhaya Dalindyebo, qui s’est rendu à son chevet, Mandela n’allait « pas trop bien », mais était conscient. « Il ne pouvait pas parler, mais il m’a reconnu et a fait quelques gestes de reconnaissance, comme bouger ses yeux (…) chaque fois que je parlais, il hochait la tête » a-t-il déclaré à la presse au lendemain de sa visite.

Son petit-fils Ndaba Mandela parle d’un « vieil homme (..) tout à fait vivant ».

Les problèmes pulmonaires de Nelson Mandela sont sûrement liés aux séquelles de la tuberculose qu’il avait contractée au bagne de Robben Island, où il a été emprisonné 18 ans sous le régime de l’apartheid.

Le premier chef d’État noir de l’Afrique du Sud fête ses 95 ans le 18 juillet. Pour l’occasion, l’ONU a fait de ce jour le « Mandela Day », et invite tous les citoyens du monde à faire une bonne action en son honneur.

D’autres jours sont dédiés à ce héros dont le « Nelson Mandela Sport et Culture Day » organisé le 17 août par la Fondation Mandela. Les équipes de rugby et football, les Springboks et les Bafana Bafana, affronteront pour l’occasion l’Argentine et le Burkina Faso à Soweto.

La conférence annuelle qui lui est dédiée se tiendra le même jour à Pretoria, avec comme invité Mo Ibrahim, un milliardaire britannique d’origine soudanaise qui œuvre pour une meilleure gouvernance en Afrique.

Jeuneafrique.com avec AFP

Conférence de presse de Mme Emilienne Lékoundzou : Plainte contre «Afrique Education» et bientôt contre des journaux congolais

mai 31, 2013

 

Mme Emilienne Lékoundzou (au milieu).

Mme Emilienne Lékoundzou, épouse de l’ancien ministre et ancien député, Justin Lékoundzou Itihi Ossetoumba, a donné une conférence de presse, mercredi 29 mai 2013, dans les jardins de son domicile, au centre-ville de Brazzaville. Au nom de son époux, elle a apporté un démenti formel que son mari n’est pas l’auteur de la lettre publiée par le magazine «Afrique Education» et intitulée: «La marche vers la vérité sur les grands assassinats politiques». Selon elle, cette «lettre n’est qu’une véritable chimère».

Face à ce qu’elle a appelé «mensonge», la famille Lékoundzou a porté plainte, à Paris, contre le magazine panafricain, «Afrique Education», édité à Paris (France). Elle va, également, poursuivre en justice, à Brazzaville, les journaux congolais qui ont repris ce «faux document», pour «diffamation, publication de fausses nouvelles, faux et usage de faux».

Devant un grand nombre de journalistes, Mme Emilienne Lékoundzou, avec le franc-parler qui la caractérise, a, d’entrée de jeu, remercié ces derniers, pour avoir répondu à son invitation, avant d’aborder le vif du sujet. «C’est à votre confiance soutenue que je me dois de parler, au nom de Monsieur Lékoundzou, ancien ministre, ancien député, ancien secrétaire à l’organisation du P.c.t (Parti congolais du travail), grande figure politique congolaise, de la fausse lettre parue dans le magazine «Afrique Education», dans son édition portant le numéro 364 et intitulée: «La marche vers la vérité sur les grands assassinats politiques», et relayée par plusieurs journaux congolais. Je viens, solennellement, devant vous, pour dire que Monsieur Lékoundzou n’a jamais rédigé une telle lettre et signé cette dernière», a-t-elle déclaré.

Pour elle, cette «lettre est une véritable chimère»: «Monsieur Lekoundzou a toujours l’habitude de donner son point de vue, clairement et librement, chaque fois que l’occasion lui en est donnée, et tous les Congolais savent que Monsieur Lékoundzou n’a pas l’habitude ni de requérir l’anonymat, ni de passer par les journaux pour se faire entendre. Ainsi, la signature placée à la fin de la fameuse lettre, pour vouloir l’authentifier, est une imitation. Nous demandons, donc, que cesse ce mensonge véhiculé contre Monsieur Lékoundzou et que son nom ne doit pas être utilisé, pour faire une promotion en politique», a-t-elle poursuivi.

S’agissant de la mort du président Marien Ngouabi, sujet abordé dans ladite lettre, Mme Emilienne Lékoundzou a précisé: «Nous vous affirmons qu’il s’agit, là, d’un simple procès d’intention ou un moyen malheureux de gagner quelques sous, parce que le sujet reste alléchant. Car, le procès de la mort du président Marien Ngouabi avait déjà eu lieu et les coupables avaient été condamnés… Et lorsque nous affirmons cela, nous n’avons aucune volonté manifeste de faire obstruction à l’éclatement de la vérité, face à ceux qui pensent relancer le procès. Nous voulons, d’abord, rendre ce qui a été dit officiellement, jusqu’à ce jour».

Pour Emilienne Lékoundzou, certains journaux congolais, qui ont relayé le magazine «Afrique Education», feront, bientôt, l’objet de poursuites judiciaires. «Si, au Congo, le mensonge est devenu une arme de ceux qui n’ont pas d’arguments pour convaincre, et la calomnie un moyen destructeur d’hommes de valeur, la famille Lékoundzou, qui n’est pas pour cette logique, vient de porter plainte contre le journal «Afrique Education» et aussi, bientôt, contre les journaux congolais, pour propagation de fausses nouvelles, faux et usage de faux», a-t-elle martelé.

Répondant à la question de savoir pourquoi avoir attendu longtemps pour réagir, alors que la publication de la fameuse lettre contestée date du mois de mars dernier, la conférencière a répondu qu’il n’est jamais trop tard pour dire la vérité. «Pourquoi nous avons réagi maintenant, au Congo? C’est parce que j’ai profité de mon passage au Congo, pour expliquer, une bonne fois pour toutes, à tous les Congolais, devant vous qui avez la mission d’informer les Congolais, par la lecture ou par les images, de cette fausse nouvelle», a-t-elle dit.

Y a-t-il une brouille entre le président Sassou-Nguesso et l’ancien ministre Lékoundzou Itihi Ossetoumba? A cette question, Mme Lékoundzou a répondu en ces termes: «Monsieur Lékoundzou n’a jamais eu un problème politique, pour dire qu’il est de l’opposition et qu’il s’opposerait à son frère, le président Sassou. Il y a eu un problème au niveau du parti, qui a été réglé et que tout le monde connaît. Je crois qu’aujourd’hui, on sait de quel côté s’est penchée la raison. Je ne suis pas là pour juger les uns et les autres», a-t-elle déclaré. Elle a dit, devant les journalistes, que c’est le président Sassou Nguesso qui supporte le séjour de son mari à l’étranger pour ses soins médicaux. Elle a conclu sa conférence de presse, par une exhortation: «Il ne faut pas que vous publiez des calomnies, pour faire vendre vos journaux. Vous avez un métier noble que vous avez choisi: c’est celui d’informer, de dire la vérité, d’éduquer et non d’inciter à la haine et à la violence. Vous devez éduquer les hommes politiques, les O.n.gs, par les messages que vous véhiculez, par la vérité que vous dites, parce que vous êtes un pouvoir et ce n’est pas pour rien que vous êtes appelés quatrième pouvoir». Signalons que Mme Lékoundzou vit en France, avec son mari, en raison des soins médicaux de ce dernier.

Lasemaineafricaine.com par Pascal Azad DOKO

Congo-Brazzaville : génération Poto-Poto

février 7, 2012

http://platform.twitter.com/widgets/hub.1326407570.htmlSi Poto-Poto est un des quartiers populaires de Brazzaville,  c’est d’abord et avant tout une manière d’être, une ambiance, un croisement de  cultures que l’on retrouvera dans ce huitième roman d’Henri Lopes, grande figure  de la littérature francophone dont les oeuvres sont inscrites dans les  programmes scolaires de la plupart des pays africains comme dans les  départements d’études francophones du monde entier.

Dans son nouveau livre, Une enfant de Poto-Poto, Lopes donne la  parole à une narratrice âgée de 18 ans au moment de l’indépendance du Congo.  Les souvenirs de Kimia portent le récit, mettant en relief des  personnages hauts en couleur, dont l’amie Pélagie rencontrée au lycée Savorgnan,  à une époque où les indigènes étaient admis « au compte-gouttes » dans  cet univers de Blancs et de garçons. Pélagie, un peu plus âgée, cultivée et « émancipée », avait de quoi susciter l’admiration de Kimia : elle  était donc à la fois amie et rivale.

L’arrivée de M. Franceschini, un professeur très  charismatique aux méthodes d’enseignement iconoclastes, va bouleverser  l’existence des deux filles. Sa connaissance de la littérature, et notamment des  grands auteurs tels Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor, Bernard Dadié, Langston Hugues ou des  classiques occidentaux, fait de lui la vedette du lycée. Puis vient ce jour de  malheur où, à la stupéfaction générale, Franceschini est brusquement interrompu  pendant son cours, puis escorté par deux gendarmes. Qui était-il réellement ?  Franceschini était-il son vrai nom ? Kimia va s’appliquer à rassembler les pans  de la vie de ce « Blanc » dont le nom réel, à consonance plutôt  africaine et hérité de sa branche maternelle, montre qu’il est lui aussi « un enfant de Poto-Poto », malgré sa peau claire. L’intrigue  amoureuse devient alors un face-à-face d’identités qui met en exergue l’un des  thèmes de prédilection du romancier congolais : le métissage.

Une enfant de Poto-Poto, éloge de la rumba congolaise, de la danse,  de l’habillement « chic tout chic », est une confession émouvante,  joyeuse et badine, avec, en toile de fond, la photographie en noir et blanc  d’une jeunesse africaine en quête de repères dans un monde ébloui par les « soleils des indépendances ». Et ce chant traverse les frontières :  l’Europe, l’Amérique, où se retrouvent certains des protagonistes. Franceschini  est comme le lamantin qui retourne toujours boire à la source d’origine quelles  que soient ses errances. Il voudrait être enterré à Poto-Poto, lui le moins noir  de tous, lui le « quarteron ». Kimia, elle, n’aura pas forcément ce « courage ». Parce qu’elle est habitée par le doute.

Jeuneafrique.com  par Alain Mabanckou, écrivain franco-congolais.