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Grands Lacs: « Nos voisins continuent d’appuyer des groupes armés qui déstabilisent la RDC »

octobre 19, 2017

Au moment où se tient à Brazzaville ce jeudi le sommet de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), la RDC continue à accuser ses voisins rwandais et ougandais de ne pas respecter l’accord-cadre d’Addis-Abeba, signé en 2013. Entretien avec le lieutenant-général congolais Denis Kalume, coordonnateur du Mécanisme national de suivi de l’accord-cadre d’Addis-Abeba.

Il a côtoyé et travaillé avec les trois derniers présidents de la RDC. Ministre sous Mobutu, Kabila père et fils, le lieutenant-général Denis Kalume, 71 ans, est aujourd’hui coordonnateur du Mécanisme national de suivi de l’accord-cadre d’Addis-Abeba. Quatre ans après la signature de ce document conclu sous l’égide de l’ONU et censé aplanir les rapports souvent tendus dans la région des Grands Lacs, l’officier dresse un tableau bien sombre de la qualité des relations entre son pays, la RDC, et ses voisins de l’Est, particulièrement le Rwanda et l’Ouganda.

C’est d’ailleurs pour évaluer le degré de collaboration entre la RDC et les autres États signataires de l’accord-cadre qu’une « réunion de haut niveau » est prévue à Brazzaville en marge du septième sommet de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) qui s’ouvre ce jeudi 19 octobre à Brazzaville. Cinq chefs d’État ont fait le déplacement : l’Angolais João Lourenço, le Centrafricain Faustin-Archange Touadéra, le Congolais Joseph Kabila, le Rwandais Paul Kagame et le Zambien Edgar Lungu.

Jeune Afrique : Quatre ans après sa signature, l’accord-cadre a-t-il produit des effets escomptés ?

Denis Kalume : La paix n’est toujours pas revenue dans l’est de la RDC. Et c’est toujours dans cette partie de notre territoire que nous enregistrons des problèmes avec nos voisins. C’est pourquoi, de l’avis de la société civile locale, la RDC doit se désengager de la CIRGL. Car cette dernière ressemble de plus en plus à une machine à blanchir l’exploitation illicite de nos matières premières. Pis, l’engagement souscrit par tous les États de ne pas abriter ni soutenir des groupes armés à partir de leur territoire n’est toujours pas tenu par nos voisins.

L’Ouganda, comme le Rwanda d’ailleurs, nous croit naïfs

Qu’est-ce que la RDC reproche concrètement au Rwanda et à l’Ouganda ?

Le Rwanda et l’Ouganda hébergent toujours des criminels de guerre que nous recherchons. Et pourtant il existe des protocoles de coopération judiciaire entre nos États. Dans ce cadre, ils devraient autoriser l’extradition de Laurent Nkunda, Jules Mutebusi et autres auteurs présumés des crimes imprescriptibles contre lesquels nous avons émis des mandats d’arrêts internationaux.

Récemment d’ailleurs, Sultani Makenga et ses hommes de l’ex-rébellion du Mouvement du 23-Mars (M23) se sont infiltrés en RDC mais se sont heurté à la résistance de notre armée. Ils se sont repliés en Ouganda d’où ils venaient. Kampala l’a reconnu. C’est l’une des preuves patentes de l’appui que ces insurgés continuent de bénéficier dans ce pays. Mais nous n’avons entendu aucune condamnation de la part de la CIRGL. Elle est restée aphone alors le protocole de non-agression et de défense mutuelle était violée.

Avez-vous depuis demandé des explications aux autorités ougandaises ?

Bien sûr. Mais l’Ouganda, comme le Rwanda d’ailleurs, nous croit naïfs. Nous ne le sommes pas ! Nous sommes plutôt de bonne foi.

La non extradition de ces criminels de guerre présumés ne traduit-elle pas aussi une certaine faiblesse de la RDC à peser dans les rapports de force avec ses voisins ?

Prenons le cas de Jamil Mukulu [chef des Forces démocratiques alliées, ADF, rébellion ougandaise active dans le territoire de Beni, dans l’est de la RDC, NDLR]. Il a été condamné par contumace par la justice congolaise dans l’assassinat du colonel Mamadou Ndala. Il est recherché par la RDC.

Lorsqu’il a été arrêté en Tanzanie, nous avons dépêché des émissaires sur place pour le récupérer, mais l’Ouganda nous a précédé et l’a pris. Nous lui avons demandé de nous l’extrader. Nous avons évoqué le protocole sur la coopération judiciaire de la CIRGL, mais comme Museveni en était président, notre requête est restée lettre morte.

Nos voisins continuent d’appuyer des groupes armés qui déstabilisent notre pays

Conclusion de l’affaire : Mukulu, qui est supposé être au cœur même de la rébellion de la LRA qui massacre les civils en RDC, se trouve toujours entre les mains d’un pays voisin qui a signé des accords de coopération judiciaires avec nous.

Entretemps, la RDC milite pour que les victimes des ADF, les veuves et orphelins, aient l’occasion de voir cet homme pour lui exprimer leur tristesse. Pour l’instant, nous ne recevons pas de réponse de la part de Kampala. Nous avons même sollicité l’autorisation de dépêcher des avocats pour assister au procès là-bas. En vain.

Cette situation illustre bien le fait que le respect des engagements internationaux dépend des signataires de bonne foi ou de mauvaise foi. Nous, nous avons affaire aux signataires de mauvaise foi.

N’est-ce pas aussi un problème d’efficacité de la diplomatie congolaise ?

Je crois que la RDC a fait tout ce qu’il fallait faire. C’est désormais aux garants de cet accord-cadre, l’ONU et les autres organisations sous-régionales, de jouer leur rôle. Car nos voisins continuent d’appuyer des groupes armés qui déstabilisent notre pays.

Concernant les ADF, Kampala se dit prêt à envoyer des troupes pour aider les soldats congolais à traquer ces rebelles ougandais. Que vous inspire cette annonce ?

Des officiers ougandais de renseignement sont déjà présents en RDC dans le cadre du Mécanisme conjoint de vérification, basé à Goma. Et d’autres ont été autorisés à se rendre à Beni. Cela dit, si l’Ouganda veut vraiment nous aider, il doit commencer à cesser tout appui aux ex-combattants congolais qui sont sur son sol.

Quel est le sort que la RDC compte réserver à ces ex-rebelles du M23 une fois rapatriés ?

Il n’y a pas d’exception. Ils devront s’inscrire dans le processus global de description politique en cours. Il y a également le « DDR », ce processus de désarmement, de démobilisation et de réinsertion des ex-combattants. Là, nous avons un grand problème : à l’issue de leur formation, ils devraient recevoir un kit qui leur permet de se réinsérer dans la vie civile. Pour ce faire, la RDC devait débourser deux millions de dollars par an, elle en a donné 10 millions en deux ans ! La part de nos partenaires internationaux pour compléter les 80 millions de dollars convenus pour ce processus, se fait toujours attendre. Nous avons besoin de l’argent.

Sur le plan interne, l’accord de la Saint-Sylvestre, considéré comme compromis politique de la dernière chance, semble souffrir dans sa mise en œuvre. Que faut-il faire pour rectifier le tir ?

Ses signataires sont encore vivants. Il faut leur demander.

Jeuneafrique.com par

Paix dans la Région des Grands Lacs : Comment Washington entend coincer Sassou-Nguesso

août 2, 2016

 

Les Américains veulent-ils utiliser le dictateur comme un kleenex avant de le jeter quand il sera hors d’usage ? La question mérite d’être posée car les relations entre Brazzaville et Washington sont, toujours et encore, exécrables au point où, l’année dernière, le dictateur avait tenté (essayé) de déclarer l’ambassadrice des Etats-Unis au Congo, Stéphanie S. Sullivan, persona non grata, avant de très vite se raviser, après avoir constaté qu’il n’était pas dans son intérêt (d’homme tout court) de défier John Kerry. Après son maintien au forceps à la tête de l’Etat, Sassou se sait en danger (permanent), et n’est guère à l’abri d’une (désagréable) surprise, qui peut, aussi, être une révolution du palais.

En recevant Thomas Perello, lundi, 1er août, le dictateur a pu revoir sa bête noire, l’ambassadrice Sullivan, qui était bien présente dans la délégation qui accompagnait son compatriote. Mais, manquait, curieusement, à l’appel, le ministre congolais des Affaires étrangères, Jean Claude Gakosso, celui-là même qui avait voulu se mesurer à plus fort que lui : Gakosso avait, finalement, ramassé, coup sur coup, deux gamelles (diplomatiques) en demandant (sans succès) le rappel des deux femmes les plus puissantes du Congo : l’ambassadrice des Etats-Unis et sa consoeur de l’Union européenne, Saskia de Lang. Depuis cette déconfiture, le bien piètre chef de la diplomatie congolaise a disparu de l’espace visuel de ces deux diplomates occidentales. Il lui appartient, maintenant, de reprendre son courage à deux mains, pour normaliser leurs relations. Mais pour le moment, son (petit) ego ne le lui permet pas encore.

Envoyé spécial de Barack Obama dans la Région des Grands Lacs, Thomas Perello aurait été mandaté auprès du dictateur, par le gouvernement américain pour solliciter ses bons offices dans les crises, qui secouent la région des Grands Lacs. Mais pourquoi solliciter Sassou quand les Américains savent, pertinemment, qu’il fait partie de ceux qui ont pesé pour que le président du Burundi, Pierre Nkurunziza, s’octroie un troisième mandat (anticonstitutionnel), et qu’il est en train de prodiguer le même type de conseils à Joseph Kabila ? Selon nos informations, la réponse se trouve dans la question. C’est justement parce que Sassou constitue le facteur bloquant (dans la sous-région) que Washington entend l’associer au processus en le responsabilisant. Au regard de sa très fragile position actuelle sur le plan international où sa réélection avait été fortement condamnée par le département d’Etat, il appartiendra au dictateur de bien manoeuvrer, sachant que le dossier RDC qui fait faire un deuxième voyage à Thomas Perello, auprès de Sassou, après celui du 11 juillet dernier, est, directement, piloté par John Kerry lui-même. Ce dernier avait, d’ailleurs, effectué le déplacement de Kinshasa, le 4 mai 2014, pour rencontrer Joseph Kabila (notre photo), et lui demander, publiquement, de respecter la constitution.

Contrairement à ce que dit un communiqué de Mpila, qui grandit, énormément, le rôle de Sassou dans la sous-région, alors qu’il n’en est rien de tout cela, le dictateur est, toujours, aussi mal aimé par Oncle Sam qu’avant. Pour être complet dans l’état de leurs relations, il faut préciser que Washington attend de lui qu’il favorise, rapidement, l’organisation d’un dialogue inclusif, franc et sincère avec l’opposition et la société civile.

Afriqueeducation.com

Alpha Condé soutient Sassou N’Guesso dans sa médiation dans la crise en RDC

juillet 20, 2013

Le Président de la Guinée Conakry, Alpha Condé, a effectué une visite de travail à Brazzaville, au cours de laquelle il a exprimé son soutien à la médiation de son homologue congolais, Denis Sassou N’Guesso, dans la crise à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Arrivé vendredi, le Chef de l’Etat guinéen a regagné son pays ce samedi 20 juillet dans l’après-midi.

Interrogé par la presse sur l’objet de sa visite à Brazzaville, Alpha Condé a dit, de manière claire et précise : «Nous avons en commun d’être très panafricanistes. Aujourd’hui, il y a une situation un peu difficile en République démocratique du Congo. Nous savons que le Président Sassou est le mieux placé pour faire la médiation. Je suis venu l’encourager dans cette médiation, lui apporter mon soutien. Je suis arrivé au moment où le Président Kabila était ici à Brazzaville. Nous avons eu un entretien tous les trois. Je suis venu donc soutenir le Président Sassou afin qu’il puisse réussir dans cette médiation, car le Congo-Kinshasa est un grand pays. Si on peut trouver une solution à cette crise, c’est important pour toute l’Afrique».

A son arrivée, le Chef de l’Etat guinéen a été accueilli à l’aéroport international Maya-Maya par Denis Sassou N’Guessou, qui accompagnait déjà Joseph Kabila Kabange qui, lui, regagnait Kinshasa. Les trois Chefs d’Etat se sont entretenus pendant quelques minutes dans un des salons officiels de l’aéroport Maya-Maya.

Les Présidents Denis Sassou N’Guesso et Joseph Kabila ont dû faire un briefing de leur tête-à-tête au Président Alpha Condé. L’on retient, d’après le communiqué de presse rendu public à l’issue de ce tête-à-tête, que les Chefs d’Etat du Congo et de la RDC ont procédé à un large échange de vues sur la situation politique et sécuritaire dans la Région des grands lacs, plus particulièrement dans l’Est de la RDC ; en République Centrafricaine (RCA) ; et dans les deux Soudan.

Concernant la RDC, ils se sont réjouis du début de la mise en œuvre de l’Accord-cadre pour la paix, la stabilité et la coopération en RDC et dans la région, ainsi que de la résolution 2098 du Conseil de Sécurité visant la neutralisation des forces négatives en activité dans l’Est de la RDC. Denis Sassou N’Guessou et Joseph Kabila Kabange ont réaffirmé que l’Accord-cadre constitue une base essentielle pour la résolution du conflit dans l’Est de la RDC. Aussi se sont-ils engagés à favoriser l’application de ses dispositions dans le cadre des mécanismes prévus à cet effet.

Au sujet de la médiation qu’il va jouer dans la crise dans l’Est de la RDC, Denis Sassou N’Guesso bénéficie déjà du soutien de certains opposants au pouvoir de Kinshasa. Ces derniers ont réclamé, à l’issue d’une réunion tenue récemment à Kinshasa, «le Président Denis Sassou N’Guesso du Congo-Brazzaville comme médiateur dans les concertations politiques que le président Joseph Kabila veut initier. Le nom de Sassou N’Guesso est de plus en plus cité par les politiciens de Kinshasa pour le dénouement de cette crise», a rapporté le journal ’’Echos Grands Lacs’’ du 13 juillet 2013.

Le Président guinéen a effectué cette visite au moment où des affrontements interethniques sont en train de faire des victimes dans son pays. Selon la presse guinéenne, le dernier bilan de ces violents affrontements, survenus le 15 juillet dernier dans le Sud-est du pays, fait état de 74 morts et près de 150 blessés. Ces chiffres ont été confirmés par vendredi l’Organisation non-gouvernementale de Développement communautaire.

Sur cette question, Alpha Condé a déploré la mauvaise habitude qui s’est instaurée en Afrique de l’Ouest, où les populations veulent désormais se faire justice. «Ce qui se passe en Guinée Conakry, précisément à N’Zérékoré, c’est qu’on a attrapé un voleur et au lieu de l’amener à la police ou à la gendarmerie, on lui a coupé les doigts et il est mort. C’est ce qui a provoqué cette violence ethnique», a-t-il expliqué.

En effet, les affrontements opposent depuis quelques jours des Guerzé (une ethnie majoritaire en Guinée forestière) et des Konianké. Ils ont été déclenchés à Koulé, avant de s’étendre jusqu’à N’Zérékoré et Beyla. Une source de la policière guinéenne, citée par la presse, affirme que tout est parti du passage à tabac de trois jeunes Konianké par des gardiens guerzé d’une station-service à Koulé. Deux jeunes ont trouvé la mort quelques heures plus tard, entraînant une série d’attaques et de représailles à coups de machettes, haches, coupe-coupe, bâtons, pierres et armes à feu. Bilan provisoire : 74 morts et près de 150 blessés.
Selon Alpha Condé, la guerre du Liberia a donné naissance à des groupes armés qui circulent entre le Liberia, la Guinée Conakry et le Mali et qui sèment du désordre et la terreur dans les zones frontalières. «C’est pourquoi nous sommes en train de fouiller pour récupérer les armes», a-t-il indiqué.

Le Président de la Guinée Conakry a rassuré que ces affrontements ne devraient pas empêcher la tenue des élections législatives. Déjà il avait annoncé récemment qu’il se plierait à tout nouveau calendrier politique présenté par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et les experts internationaux. La date limite retenue pour le dépôt des listes de candidature des partis politiques pour ces élections législatives est ce 20 juillet 2013. Le scrutin devra avoir lieu le 24 septembre prochain.

Congo-site.com par Gaspard Lenckonov

Les présidents rwandais et congolais disent vouloir contribuer à la paix en RDC

février 18, 2013
Les présidents rwandais et congolais disent vouloir contribuer à la paix en RDC Les présidents rwandais et congolais disent vouloir contribuer à la paix en RDC © AFP

Les présidents du Congo et du Rwanda ont exprimé dimanche à Oyo, à 400 kilomètres au nord de Brazzaville, leur volonté de contribuer au retour de la paix dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) où opère la rébellion du M23, selon un communiqué officiel.

MM. Denis Sassou Nguesso et Paul Kagame ont « réaffirmé leur volonté de contribuer positivement au retour de la paix dans le Nord-Kivu et la région des Grands Lacs », selon ce texte publié à l’issue d’une visite de deux jours du chef de l’Etat rwandais dans le village natal du président Sassou Nguesso.

La province du Nord-Kivu, dans l’est de la RDC, riche en minerai, est soumise à l’activité de groupes armés locaux et étrangers. Depuis mai, l’armée combat le Mouvement du 23 mars (M23), une rébellion que l’ONU dit soutenue par le Rwanda et l’Ouganda – ce que ces pays démentent.

Des discussions sont en cours à Kampala entre le gouvernement de Kinshasa et la rébellion.

« La paix (dans la sous-région) est indispensable. Sans la paix, il n’y a pas de développement », a déclaré M. Kagame dans une brève interview aux journalistes.

Le président rwandais a par ailleurs évoqué avec son hôte la question du statut de quelque 7. 000 réfugiés rwandais installés au Congo depuis 1997.

« Les deux chefs d’État ont réaffirmé leur détermination à ne ménager aucun effort dans la mise en oeuvre de la clause de cessation du statut des réfugiés rwandais qui entrera en vigueur le 30 juin 2013 », selon le communiqué.

Arrivé au Congo samedi midi, M. Kagame en est reparti dimanche en début d’après-midi, a constaté l’AFP.

La dernière visite de M. Kagame au Congo remonte à 2011. Le 12 septembre dernier, le président de la RDC, Joseph Kabila, avait également séjourné à Oyo au cours d’un week-end.

Jeuneafrique.com avec AFP

RDC : le M23 amorçe son repli et met en cause la Monusco

novembre 30, 2012
 

Un rebelle du M23 à Mushaki, le 29 novembre 2012 en RDC. Un rebelle du M23 à Mushaki, le 29 novembre 2012 en RDC. © AFP

Le chef militaire de la rébellion M23, le général Sultani Makenga, a accusé vendredi la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) de bloquer le retrait de ses troupes de Goma, où un peu plus de 270 policiers congolais sont arrivés, vendredi 30 novembre.

Partis par bateau, sur le lac Kivu, de la ville de Bukavu, à une centaine de km plus au sud,  un peu plus de 270 policiers de République démocratique du Congo (RDC) sont arrivés au port de Goma, vendredi 30 novembre, selon une journaliste de l’AFP. Au total, plus de 450 membres des forces de l’ordre doivent être déployés. Leur mission « est de sécuriser la ville de Goma après le retrait des rebelles du M23 », a déclaré un porte-parole de la mission de l’ONU en RDC (Monusco), Manodje Mounoubai.

Les FARDC doivent elles aussi être de retour dans la capitale provinciale du Nord-Kivu, à partir de samedi, date à laquelle le retrait des rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) devrait être effectif. « Demain (samedi), on va déployer nos unités. Un bataillon sera en ville et une compagnie sera à l’aéroport », actuellement géré par la Monusco, a déclaré le général François Olenga, chef de l’armée de terre. Une centaine de soldats tanzaniens, envoyés dans le cadre d’une médiation des pays des Grands Lacs, doivent également prendre position à l’aéroport de Goma. Mais la date de leur arrivée n’est pas encore connue.

« Blocage »

De son côté, le chef militaire de la rébellion M23, le général Sultani Makenga, a accusé vendredi la Monusco de bloquer le retrait de ses troupes de Goma. Le repli « était prévu demain (samedi) mais la Monusco commence à bloquer le mouvement. (…) Ils sont en train de bloquer la récupération de notre logistique. On attend que ce problème soit résolu pour se retirer », a déclaré le général Makenga. Interrogé par l’AFP sur ces accusations, le porte-parole de la Monusco, Manodje Mounoubai, a déclaré qu’il n’était « au courant d’aucun blocage dont la Monusco serait à l’origine ».

Le chef rebelle s’exprimait depuis Sake, (à une trentaine de km plus à l’Ouest de Goma), où le repli du gros des troupes a commencé vendredi. Une colonne de 500 hommes en provenance des collines alentours est déjà entrée dans Sake, première étape d’un repli vers les positions initiales du M23 plus au Nord.

Les chefs d’état-major des pays des Grands Lacs doivent aussi, en théorie, venir à Goma pour constater ce repli. Leur venue dès ce vendredi, comme initialement prévu, n’était cependant plus certaine.

En attendant, les accusations de pillages se multiplient contre le M23 à Goma. Jeudi, des commerçants fermaient leurs boutiques, à la suite de rumeurs de pillages dans certains quartiers de la ville. Kinshasa avait auparavant accusé les rebelles d’avoir pillé une morgue, des bâtiments officiels et de s’être servis dans des stocks de minerais entreposés dans la capitale régionale. « Ils ramassent tout », a dit une source militaire occidentale, en parlant du M23.

Jeuneafrique.com avec AFP

Conflit en RDC: la SADC met en cause le Rwanda, la piste d’une force neutre pas évoquée

août 18, 2012
 

Conflit en RDC: la SADC met en cause le Rwanda, la piste d'une force neutre pas évoquée Conflit en RDC: la SADC met en cause le Rwanda, la piste d’une force neutre pas évoquée © AFP

Les dirigeants de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) ont directement mis en cause samedi la participation du Rwanda dans le conflit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), lui enjoignant de cesser son assistance au groupe rebelle M23.

S’inquiétant de la situation dans la région, ils ont « noté que cela est causé par des groupes rebelles bénéficiant de l’assistance du Rwanda, et ont exhorté le Rwanda à cesser immédiatement ses interférences, qui constituent une menace pour la paix et la stabilité », selon leur communiqué final.

A l’occasion de leur sommet annuel, à Maputo, ils ont mandaté le chef de l’organisation régionale, le président mozambicain Armando Guebuza, « pour entreprendre une mission au Rwanda afin qu’il s’entretienne avec le gouvernement rwandais pour exhorter le Rwanda à mettre fin à son appui militaire aux rebelles armés en RDC, le soi-disant M23 ».

L’armée congolaise combat depuis mai des mutins se réclamant du Mouvement du 23 mars (M23), qui sont issus de l’ex-rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), officiellement intégrée dans l’armée en 2009.

Le Rwanda a été nommément accusé par des ONG puis par l’ONU d’appuyer en hommes, en armes et en munitions les rebelles, ce que Kigali a toujours nié.

Le communiqué final du sommet de la SADC –à laquelle appartient la RDC– ne fait en revanche pas la moindre référence à l’éventuel envoi d’une « force neutre » dans la région, tel qu’envisagé jeudi par la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs (CIRGL).

Angola, RDC, Tanzanie et Zambie sont pourtant à la fois membre de la CIRGL et de la SADC.

Jeuneafrique.com avec AFP