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Immigration : Darmanin en faveur des camps fermés comme en Grèce

octobre 11, 2021

En visite sur le camp de Samos (Grèce), le ministre de l’Intérieur a appelé à l’ouverture de camps similaires en Espagne ou en Italie.

En visite en Grece, Gerald Darmanin a appele a la construction de camps d'accueil fermes dans tout le sud de l'Europe.
En visite en Grèce, Gérald Darmanin a appelé à la construction de camps d’accueil fermés dans tout le sud de l’Europe.© Sebastien JARRY / MAXPPP / PHOTOPQR/VOIX DU NORD/MAXPPP

Lors d’un entretien avec l’Agence France-Presse (AFP), lundi 11 octobre, Gérald Darmanin a fait part de son intérêt pour le « modèle grec » de gestion de l’immigration clandestine. Concrètement, le ministre de l’Intérieur fait référence aux camps d’enregistrements sécurisés, comme il en existe par exemple sur les îles grecques de Samos et Lesbos. Pour assurer une meilleure gestion européenne, Gérald Darmanin suggère par ailleurs que de tels camps d’accueil soient installés dans les pays méditerranéens, comme l’Italie, l’Espagne ou Malte.

Dimanche, le ministre de l’Intérieur s’était rendu sur l’île grecque de Samos en mer Égée face à la Turquie où les autorités grecques avaient inauguré fin septembre un camp « fermé et à accès contrôlé » entouré de barbelés et de miradors. Les demandeurs d’asile ne peuvent sortir que de 8 heures à 20 heures, et sont contraints de présenter leurs empreintes digitales et un badge électronique au portail magnétique à l’entrée.

Ce camp a remplacé l’ancien camp surpeuplé et sordide, situé près du port de Vathy. La Grèce s’est engagée à construire d’autres camps « fermés » comme celui de Samos, grâce à des fonds européens, sur quatre autres îles de la mer Égée.

Les ONG pas convaincues

« Nous demandons aux pays du sud de l’UE de faire comme les Grecs de contrôler davantage les frontières extérieures et aux autres pays d’accepter un système de solidarité », a déclaré le ministre français. Pour de nombreuses ONG de défense des droits de l’homme, dont Amnesty International, ce nouveau camp « empêche d’identifier de manière efficace les personnes vulnérables » et « limite l’accès des demandeurs d’asile aux services ».

« De l’avis de personnes qui travaillaient dans l’ancien camp de Vathy, mais aussi de demandeurs d’asile, les conditions de vie sont meilleures », a pourtant assuré le ministre français. « Ce camp impressionnant a été pensé comme un centre d’attente et permet aux Grecs de bien tenir leurs frontières », a-t-il ajouté.

Par rapport à 2015, où certains djihadistes s’étaient infiltrés dans le flot de réfugiés arrivés en Grèce et avaient pu participer aux attentats du 13 Novembre à Paris, la sécurité a été renforcée sur les îles grecques. « Il existe toujours des craintes d’attaques terroristes, mais aujourd’hui en France, la menace est essentiellement endogène », a précisé Gérald Darmanin.

La France qui exercera la présidence semestrielle de l’Union européenne à partir de janvier compte faire du renforcement des frontières extérieures de l’Europe une priorité. « Nous aimerions que tous les pays qui sont aux frontières de l’Europe puissent avoir la même politique de contrôle et d’enregistrement des personnes qui entrent sur le territoire européen », a noté le ministre français.

Inquiétude sur de nouvelles arrivées

« Beaucoup d’étrangers entrent en Europe sans être enregistrés et on ne sait pas, quand ils arrivent en Allemagne ou en France, quel âge ils ont, quelle est leur nationalité, par où ils sont rentrés », constate-t-il. Athènes se félicite de la décongestion des camps sur les îles de l’Égée, mais les ONG expliquent cette baisse par le refoulement des migrants vers la Turquie, ce que la Grèce nie.

« Nous faisons confiance aux Grecs pour faire la transparence nécessaire sur ce qu’il s’est passé. Nous devons aux Grecs beaucoup de solidarité, mais nous devons aussi exiger d’eux de la responsabilité, comme tous les pays qui se trouvent aux frontières de l’Europe », a réagi Gérald Darmanin.

Il s’est prononcé pour une politique migratoire européenne commune. « Regardez ce qui se passe en Afghanistan ou en Biélorussie, nous ne savons pas de quoi sera fait demain ! » a averti le ministre, se disant « attaché à ce que l’agence Frontex voie ses moyens humains et financiers augmentés ».

Par Jeune Afrique avec AFP

Incendies en Grèce et en Turquie: panorama apocalyptique sur l’île grecque d’Eubée

août 9, 2021

Dans la chaleur et d’épaisses fumées étouffantes, les soldats du feu livraient lundi pour le 7e jour consécutif une bataille acharnée contre le brasier de l’île d’Eubée, à 200 km à l’est d’Athènes, le plus destructeur des incendies qui touchent encore la Grèce et la Turquie.

Une maison brûle dans le village de Pefki sur l'île d'Eubée en Grèce, ravagée par les incendies, le 8 août 2021

© ANGELOS TZORTZINIS Une maison brûle dans le village de Pefki sur l’île d’Eubée en Grèce, ravagée par les incendies, le 8 août 2021

IMAGESArmés de branches, des habitants de l'île grecque d'Eubée, luttent désespérément pour maîtriser les flammes qui ont ravagé au moins 35.000 hectares et des centaines de maisons, selon les autorités.

© Savvas KARMANIOLAS IMAGESArmés de branches, des habitants de l’île grecque d’Eubée, luttent désespérément pour maîtriser les flammes qui ont ravagé au moins 35.000 hectares et des centaines de maisons, selon les autorités.

Si la plupart des feux en cours depuis près de deux semaines étaient stabilisés ou en rémission lundi en Grèce et en Turquie, le nord d’Eubée, la deuxième plus grande île de Grèce, présentait toujours un panorama apocalyptique. 

Le village côtier de Pefki, dans le nord de l’île d’Eubée, s’est réveillé dans un épais nuage de fumée âcre, a constaté une équipe de l’AFP.

Quelque 300 personnes évacuées de villages alentours ont passé la nuit dans un ferry amarré sur la longue plage. Au large, un bateau militaire attend tel un vaisseau fantôme sur un horizon imperceptible.

Le ferry « était le seul endroit où les gens pouvaient trouver un peu de calme et de sécurité », a expliqué à l’AFP un responsable militaire en faction, Panagiotis Charalambos.

Comme beaucoup de localités proches, Pefki « n’avait plus d’électricité ni d’eau », a précisé le capitaine de port adjoint.

Ces derniers jours, dans le nord d’Eubée, « les gardes-côtes ont effectué des dizaines d’opérations de sauvetage. 2.600 personnes ont été évacuées depuis le début de l’incendie », dit-il, les yeux embués par l’atmosphère asphyxiante.

Un habitant tente désespérément d'éteindre le feu qui s'approche du village de Pefki sur l'île d'Eubée, en Grèce, le 8 août 2021

© ANGELOS TZORTZINIS Un habitant tente désespérément d’éteindre le feu qui s’approche du village de Pefki sur l’île d’Eubée, en Grèce, le 8 août 2021

Sur le front de l’incendie, les villages de Kamatriades et Galatsades devaient être les priorités des pompiers lundi. Car « si le feu passe par là, il se trouvera dans une forêt épaisse et difficile à éteindre », selon les pompiers cités par l’agence grecque de presse ANA. 

Parmi les quelque 650 soldats du feu opérant lundi sur l’île, figurent quelque 250 pompiers venus d’Ukraine, de Serbie et de Roumanie, renforcés par 11 avions et hélicoptères bombardiers d’eau, a précisé la protection civile.

– « Il ne reste plus rien » –

Un à un, des dizaines de villages assiégés par le feu ont été entièrement vidés de leurs populations, au grand désespoir des locaux, dont les biens et les terres ont été réduits en cendres.

« Ici, les gens vivaient de la forêt, des récoltes, des olives et du tourisme. Il ne reste plus rien de tout çà », a déclaré Louisa, une retraitée rencontrée à  Pefki.

Le ministre grec des Finances Christos Staikouras a annoncé sur la chaîne publique ERT TV que des aides d’un maximum de 6.000 euros par foyer seraient allouées aux habitants dont les maisons ont subi des dégâts, ainsi qu’une somme de 4.500 euros pour les blessés.

Des habitants évacués sur la plage avec leurs animaux et quelques affaires, tandis que les flammes ravagent le village de Pefki sur l'île d'Eubée, en grèce, le 8 août 2021

© ANGELOS TZORTZINIS Des habitants évacués sur la plage avec leurs animaux et quelques affaires, tandis que les flammes ravagent le village de Pefki sur l’île d’Eubée, en grèce, le 8 août 2021

Dans la ville d’Aidipsos, des collectes de produits de première nécessité s’organisaient pour les villageois qui ont tout perdu dans l’incendie.

« Vous avez vu l’Etat nous offrir de l’eau? Des goûters aux enfants? Personne. Ils laissent les commerçants et les individus donner de l’eau aux gens », a déclaré, furieux, Giorgos, interrogé par l’AFP à Pefki.

– « Moyens insuffisants » –

La polémique a enflé ces derniers jours sur le manque de moyens alloués par la Grèce à la lutte contre les incendies, en particulier à Eubée. 

Le vice-gouverneur d’Eubée Giorgos Kelaïtzidis, de même que de nombreux maires et habitants, ont dénoncé des forces « insuffisantes » alors que la situation était « critique » sur l’île. 

Les moyens aériens rencontrent de « sérieuses difficultés » à cause des turbulences, des fumées et d’une visibilité limitée, avait rétorqué dimanche le vice-ministre de la protection civile Nikos Hardalia

Le ministre des Finances a ajouté lundi que le budget de la protection civile serait boosté d’1,76 milliard d’euros et que 224 millions d’euros seraient alloués à la reforestation.

La Grèce et la Turquie traversent depuis près de deux semaines une vague d’incendies violents, favorisés par la sécheresse et des températures caniculaires, qui ont fait dix morts en tout et des dizaines de blessés hospitalisés.

Dans la région turque de Mugla, deux ouvriers forestiers ont été blessés par la chute d’un arbre en feu à Mentese et transportés à l’hôpital, a rapporté lundi la télévision d’Etat TRT.

Les flammes ont détruit plusieurs secteurs de la province de Mugla, où les pompiers turcs continuaient de lutter pour arrêter la course folle du feu de forêt.

Aux portes d’Athènes, le sinistre qui a détruit des dizaines d’habitations et d’entreprises était en rémission depuis dimanche mais « le danger de résurgence est élevé », a prévenu M. Hardalias. 

De nombreuses forces terrestres continuaient lundi matin de lutter contre les flammèches au pied du mont Parnès, en particulier les unités venues d’Israël mais aussi de Chypre et de France dans le cadre du dispositif européen d’aide aux incendies, selon les pompiers. 

Un incendie a été maîtrisé en Crète, tandis que la situation était stabilisée dans le Péloponnèse où quelque 300 pompiers restaient mobilisés lundi matin, selon les autorités.

Avec AFP par burx-chv/cl