Posts Tagged ‘Guadeloupe’

Guadeloupe et Martinique : l’état de catastrophe naturelle décrété pour plusieurs communes

novembre 17, 2020

Le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, a annoncé mardi 17 novembre que l’état de catastrophe naturelle serait décrété pour plusieurs communes de Martinique et de la Guadeloupe, frappées par de fortes intempéries ces derniers jours.

«La solidarité nationale sera évidemment au rendez-vous pour cette catastrophe très douloureuse pour la Martinique, la Guadeloupe, pour l’ensemble de la Nation française», a affirmé le ministre à l’Assemblée nationale, en réponse à une question du député de Martinique Serge Letchimy (apparenté PS). «Votre question est précise, ma réponse le sera tout autant», a affirmé Sébastien Lecornu. «Est-ce que nous allons prendre la procédure dite de catastrophe naturelle ? La réponse est oui», a-t-il assuré.

Le ministre a d’ailleurs précisé que l’examen des dossiers déposés par les communes touchées par les intempéries se ferait «cet après-midi par la direction générale de la sécurité civile». Pour la Martinique, il a détaillé les noms des communes qui avaient déjà déposé les dossiers. Il s’agit de Gros Morne, Sainte-Marie, Le Marigot Le Robert et La Trinité. Pour la Guadeloupe, il a précisé que sept communes avaient entrepris la même démarche sans en donner les noms.

Sébastien Lecornu a précisé que «le fonds de solidarité pour l’Outremer, qui dépend de mon ministère, pourra être sollicité pour les différents biens qui ne sont pas assurés». Les intempéries ont provoqué à la Martinique des montées des eaux impressionnantes et des affaissements de sols, endommageant une partie du réseau routier. Le préfet Stanislas Cazelle avait lancé dès jeudi la procédure de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle. A la Guadeloupe, le passage d’une onde tropicale a également provoqué des inondations, avec des dégâts matériels.

Par Le Figaro avec AFP

Guadeloupe: un patient se tue en se défenestrant de l’hôpital

décembre 13, 2019

 

Un patient du CHU de la Guadeloupe, à Pointe-à-Pitre, est décédé vendredi après s’être jeté d’une pièce au 4e étage, indique la direction du CHU dans un communiqué, vendredi soir.

Le patient «hospitalisé au 4e étage, s’est défenestré» a précisé le communiqué, ajoutant qu’«une enquête interne sera conduite par l’équipe chargée de la gestion des risques afin de déterminer s’il y a eu des failles dans la surveillance».

Une prise en charge psychologique est mise en place pour les équipes et patients qui en éprouveraient le besoin, indique enfin le communiqué.

Une partie des locaux du CHU de la Guadeloupe avait été détruite par un incendie en novembre 2017, bouleversant tout le système de santé de l’archipel et nécessitant d’importants travaux en attendant la construction du nouvel hôpital, prévu pour fin 2022.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Guadeloupe: une femme égorgée, son conjoint pendu

décembre 10, 2019

 

Une jeune femme a été retrouvée, lundi, égorgée dans son appartement à Capesterre-Belle-Eau (Guadeloupe)et son conjoint pendu mercredi,a-t-on annoncé le parquet de Basse-Terre.

Sabrina, 38 ans, maman de deux enfants de 8 et 13 ans, était employée à la Semsamar, une société d’économie mixte spécialisée dans la gestion de logements sociaux, de promotions immobilière et d’aménagement du territoire. Son corps a été découvert par des membres de sa famille, alertés par la cadette du couple à son retour de l’école.

Son conjoint, Marc Olivier, sapeur pompier de la commune et «employé au CHU en qualité d’agent», a été retrouvé pendu à un arbre dans un bois de Capesterre-Belle-Eau. Il était recherché par les enquêteurs depuis la découverte du corps de sa compagne. Dans son véhicule, il avait laissé une lettre d’adieu à sa mère, laissant penser à un acte suicidaire, mais sur lequel l’enquête devra faire la lumière.

«Mais rien ne permet de dire son implication ou non dans le décès de sa compagne» pour l’heure, a indiqué dans les médias guadeloupéens le parquet de Basse-Terre. L’autopsie des deux corps doit avoir lieu vendredi.

S’il s’avérait que Sabrina a été tué par son compagnon, il s’agirait du 142e féminicide de l’année 2019 en France, mais du premier pour la Guadeloupe, selon le collectif «féminicides par compagnons ou ex».

Par Le Figaro.fr avec AFP

Le maire de Pointe-à-Pitre, menacé de révocation, démissionne

juillet 20, 2019

 

Le maire de Pointe-à-Pitre, Jacques Bangou, suspecté de mauvaise gestion de sa commune, a démissionné samedi, a indiqué le site outremers 360, lettre de l’édile à l’appui, où il dénonce le retour à des «pratiques autoritaires» de l’Etat.

Une note adressée cette semaine aux ministres de l’Intérieur et des Outre-Mer, signée du préfet de Guadeloupe, recommandait «de poursuivre la procédure aboutissant au décret de révocation» de Jacques Bangou.

Une procédure à son encontre a été enclenchée le 13 mai en raison d’un déficit de 78 millions d’euros de la municipalité, relevé par la Chambre régionale des comptes (CRC). De telles procédures de révocation sont rarissimes. M. Bangou va rester conseiller municipal, indique-t-il.

Dans une lettre aux habitants et au personnel municipal, il annonce avoir envoyé au préfet sa démission de maire pour «tenter de préserver (la) ville des coups incessants qui lui sont portés». Celui qui est également président du PPDG (Parti progressiste et démocratique guadeloupéen) affirme être «confronté à une volonté, établie, de l’écarter à des fins politiques». «Ma démission veut dénoncer fermement le retour de l’Etat à des pratiques autoritaires que nous avons bien connues avant la décentralisation», ajoute-t-il.

Bangou entend par sa démission «dépasser les tensions avec l’Etat, et créer les conditions d’un travail partenarial devant déboucher enfin sur la vérité des comptes». En Guadeloupe, la CRC épingle régulièrement les communes et les organismes publics pour leur mauvaise gestion de l’argent public. Près de deux-tiers des communes sont situées dans la zone d’alerte du réseau d’alerte des finances locales, selon un document révélé par le quotidien FA Guadeloupe en mai.

La procédure de révocation s’appuie sur le code général des collectivités territoriales: le maire et les adjoints peuvent être soit suspendus par un arrêté ministériel motivé, pour une durée qui ne peut excéder un mois, soit révoqués par décret pris en Conseil des ministres

Par Le Figaro.fr avec AFP

Paul Otchakovsky-Laurens, fondateur des éditions P.O.L, est mort

janvier 5, 2018

L'éditeur Paul Otchakovsky-Laurens, fondateur des éditions P.O.L. à Paris, le 7 juin 2005

L’éditeur Paul Otchakovsky-Laurens, fondateur de P.O.L

 

Paul Otchakovsky-Laurens, fondateur des éditions P.O.L, est mort à 73 ans, mardi, dans un accident de la route à Marie-Galante, en Guadeloupe.

L’éditeur Paul Otchakovsky-Laurens, fondateur des éditions P.O.L., qui a publié des ouvrages de Georges Perec ou Marguerite Duras, est mort à 73 ans mardi à Marie-Galante (Guadeloupe), a-t-on appris auprès de sa maison d’édition confirmant des informations de presse.

Paul Otchakovsky-Laurens, qui a également fait découvrir des auteurs comme Emmanuel Carrère, Marie Darrieussecq ou Camille Laurens, « est mort dans un accident de voiture », a dit à le responsable de la communication de P.O.L. Jean-Paul Hirsch.

Né en 1944 à Valréas (Vaucluse), Paul Otchakovsky-Laurens a débuté dans l’édition en tant que stagiaire chez Christian Bourgois en 1969, avant de devenir lecteur chez Flammarion en 1970. C’est en 1977 que les trois lettres P.O.L. qui lui servent d’initiales deviennent l’acronyme de la collection qu’il crée chez Hachette. Il publie alors plusieurs textes de Georges Pérec dont « La vie mode d’emploi » un an plus tard.

Kaplan, Duras, Carrère

En 1983 il transforme P.O.L. en maison d’édition indépendante, en publiant « Le Livre des ciels » de Leslie Kaplan et « L’Invention du corps de Saint-Marc » de Richard Millet. Les couvertures des livres sont immédiatement reconnaissable avec les trois lettres majuscules et points bleus sur fond blanc.

P.O.L publie rapidement Marguerite Duras, notamment « La douleur » en 1985 et « La pluie d’été » (1990). Dans les années 1990, la maison d’édition connaît un grand essor en éditant de jeunes auteurs à succès comme Marie Darrieussecq pour « Truismes » ou encore Martin Winckler pour « La maladie de Sachs ».

Lexpress.fr

Ouragans: Guadeloupe et Martinique craignent « l’amalgame » avec Saint-Martin

septembre 27, 2017

L’ouragan Maria et ses vents de 260 km/h ont ravagé 100% des bananeraies de Guadeloupe, ici le 22 septembre 2017 à Capesterre-Belle-Eau, et 70% de celles de Martinique. / © AFP/Archives / Helene Valenzuela

Bien moins touchées que Saint-Martin par les récents ouragans, les îles de Guadeloupe et Martinique craignent un « amalgame » et veulent rassurer les touristes dont les réservations sont en repli dans toute la zone caraïbe.

« Juste après Irma, on a eu un arrêt immédiat des réservations, et ça ne reprend pas. C’est totalement irrationnel, car il y a eu peu de dégâts en Guadeloupe », déplore à l’AFP Yves Brossard, gérant de deux résidences de tourisme dans l’archipel.

« Les vacanciers peuvent venir dès demain, tout est opérationnel! Mais les gens n’ont souvent pas conscience de la grande distance entre les îles des Caraïbes. Et du fait qu’à 50 km près, un cyclone peut vous épargner », souligne-t-il sur son stand au Salon du tourisme Top Resa (26-29 septembre).

Les images diffusées en boucle d’une île de Saint-Martin en grande partie détruite par Irma et en proie aux pillages a eu un effet dévastateur.

« Le choc de l’info a généré un attentisme total, ce qui est normal », estime le président du Seto (tour-opérateurs français) René-Marc Chikli.

« La couverture médiatique a été très forte et très négative », renchérit Pascal de Izaguirre, patron de TUI France (Marmara, Nouvelles Frontières, Lookea) qui fait état d’un « impact sur les réservations dans toute la zone », mais se dit « optimiste » pour la saison.

« On a déjà nettoyé et tout est fonctionnel, il faut rétablir la vérité », souligne le président de la région Guadeloupe Ary Chalus.

« Il y a eu amalgame, confusion, et donc un vrai décalage qui a créé un ralentissement » des réservations. « Il faut rassurer les gens », ajoute Willy Rozier, directeur du comité du tourisme de l’archipel qui vise le million de touristes en 2020.

A destination des Antilles, c’est une baisse « de l’ordre de 10 à 20% » dans les réservations de septembre pour les fêtes de fin d’année constatée par le géant européen du voyage en ligne Odigéo (Opodo, Go Voyages, eDreams).

– Rattrapage –

Il rappelle que « la majorité des réservations a habituellement lieu en octobre-novembre pour cette période », et qu’un « phénomène de rattrapage dans les prochaines semaines » est donc possible pour cette destination-phare de l’hiver.

La ministre des Outre-mer Annick Girardin s’est rendue sur le salon en fin de journée, sur les stands des îles touchées par les ouragans: « je suis là pour dire que l’Etat est aux côtés des Territoires en matière de politique touristique et encore plus quand ils sont frappés par un cyclone », a-t-elle dit à l’AFP.

« Je crois beaucoup au tourisme solidaire; quand l’ouragan Luis a frappé Saint-Martin (en 1995), j’y suis allée en vacances », a ajouté là ministre.

La « vraie » saison touristique aux Antilles démarre le 15 décembre, rappelle la compagnie Air Caraïbes selon laquelle « le frein vers les destinations » Cuba, Saint Domingue, Punta Cana et Guadeloupe « devrait durer jusqu’à la Toussaint ».

En Martinique (près de 900.000 touristes en 2016), « l’île la moins touchée », on constate un petit ralentissement [des réservations] mais on pense que ce sera vraiment de courte durée, il faut qu’on fasse une belle saison car s’il y a un amalgame, ce sera catastrophique pour toute la zone », prévient Karine Mousseau, présidente du Comité martiniquais du tourisme.

« Ce ne devrait pas être une année sinistrée pour la Guadeloupe et la Martinique qui étaient jusqu’à présent en très forte progression », tempère Jean-Pierre Mas, qui représente les agences de voyage françaises.

Reste encore à savoir dans quelle mesure les croisiéristes, très présents dans la zone, changeront d’itinéraires: le président de Costa Croisières France, Georges Azouze, a « confirmé » mercredi à l’AFP « la programmation de ses deux paquebots au départ de Pointe-à-Pitre et Fort-de-France », même si de « légères modifications » de parcours sont à l’étude, mais qui ne concernent ni Guadeloupe ni Martinique.

Romandie.com avec(©AFP / 27 septembre 2017 19h30)                

Maria, ouragan « potentiellement catastrophique », touche les Caraïbes

septembre 18, 2017

Image satellite de l’ouragan Maria, le 18 septembre 2017 / © NOAA/RAMMB/AFP / HO

Maria, désormais ouragan de catégorie maximale 5, a commencé à toucher la Martinique lundi, placée comme la Guadeloupe en alerte violette cyclonique, une dizaine de jours après le passage ravageur d’Irma à Saint-Martin et Saint-Barthélemy.

L’ouragan Maria s’est renforcé lundi en catégorie 5, devenant « potentiellement catastrophique », selon le Centre national des ouragans (NHC) américain.

En Martinique, 33.000 foyers ont été privés d’électricité à 18H00 locales (minuit à Paris), selon la préfecture, qui n’a pas relevé de dégât significatif à ce stade avec une quarantaine d’interventions des pompiers.

Selon Christian Massip, prévisionniste à Météo-France, l’oeil du cyclone est passé à 50 km des côtes du nord de la Martinique et le mur de l’oeil du cyclone, qui concentre des vents très forts, est passé à 25 km et n’a pas touché l’île.

L’ensemble des services de sécurité et de secours est « prêt à intervenir », a assuré la préfecture. L’activité économique a été « stoppée », les transports en commun « interrompus ». Les établissements scolaires et les crèches ont été fermés.

« J’ai des bougies, des lampes et à manger. J’ai des légumes en boîte et du gaz. S’il n’y a plus d’électricité, ça ira. Les fenêtres sont fermées, tout est cloué déjà », a témoigné à l’AFP Anne-Marie, 84 ans, habitante de Rivière-Salée, au sud de la Martinique.

Maria devait se diriger vers la Guadeloupe, placée comme la Martinique en alerte maximale violette, entraînant le confinement des populations dans l’attente de l’arrivée de Maria. Le préfet de région a ordonné l’évacuation des zones à risque.

– Du scotch sur les vitres –

« Les cyclones, ça fait toujours un peu peur, même si, quand on a connu Hugo (ouragan qui avait fait plus d’une dizaine de morts en Guadeloupe en 1989, ndlr), rien ne peut être pire », a souligné Eric, la quarantaine, habitant du Gosier, en Guadeloupe.

« On va mettre du scotch sur les vitres, ranger la terrasse. Je ne sais pas si nous allons devoir évacuer, mais j’ai lu qu’une montée des eaux est probable jusqu’à 4 mètres, ce qui pourrait inonder mon appartement », a précisé Elodie Corté, 37 ans, cheffe d’entreprise d’une société de menuiserie alu, au Gosier.

Saint-Martin et Saint-Barthélemy, les deux îles où Irma a fait 11 morts et des centaines de millions d’euros de dégâts, ont été placés en alerte rouge.

Le gouvernement, accusé par une partie de l’opposition et des habitants sur place d’avoir tardé à envoyer secours et renforts policiers.

La ministre des Outre-mer Annick Girardin a déclaré depuis la Guyane qu’elle restait « en lien permanent » avec les élus des Antilles qui « sont aujourd’hui satisfaits des moyens qui ont été mis en place ».

« Il ne nous reste malheureusement qu’à attendre le passage pour espérer que les dégâts soient le moins possibles importants », a ajouté la ministre qui a assuré que « toutes les mesures de sécurité sont au rendez-vous ».

En Guadeloupe, l’oeil de l’ouragan devrait passer à moins de 50 km du sud de la Basse-Terre et encore plus près des Saintes, qui devraient être les régions les plus exposées, selon Météo France qui prévoit « des conditions de vent beaucoup plus sévères que ce qui était anticipé » avec des vents moyens de 150 km/h et des rafales à 200 km/h. « Les précipitations cumulées sur 24 heures pourraient être comprises entre 200 et 400 mm et la houle approcher les 8 à 10 mètres », a précisé le ministère de l’Intérieur.

Le préfet a là aussi ordonné la fermeture des écoles et des administrations et entreprises.

– Vols annulés –

Air France, Air Caraïbes et Corsair ont reporté des vols à destination ou en provenance de Pointe-à-Pitre et Fort-de-France lundi. Tous les vols sont annulés dans les deux aéroports de Guadeloupe et Martinique.

« Nous aurons des difficultés importantes », a reconnu le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, rappelant que « la Guadeloupe était le centre logistique à partir duquel nous pouvions alimenter l’île de Saint-Martin et organiser l’ensemble des rotations aériennes et des approvisionnements ».

Le ministère de l’Intérieur a précisé que 668 personnels de la sécurité civile et près de 3.000, tous services confondus, étaient déployés dans la zone Antilles.

Des alertes ouragan ont également été déclenchées dimanche dans les îles de Saint Kitts et Nevis et Montserrat (Royaume-Uni) et à la Dominique.

Ont également été placées en état d’alerte les Iles Vierges britanniques et américaines, Antigua-et-Barbuda, Sainte-Lucie, ainsi que Saint-Eustache et Saba (Antilles néerlandaises).

Romandie.com avec(©AFP / 19 septembre 2017 03h16)                

Ouragan Maria: la Martinique et la Guadeloupe en alerte rouge

septembre 18, 2017

Pluie à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, le 5 septembre 2017 / © AFP/Archives / Helene Valenzuela

La Martinique est passée lundi en alerte rouge cyclonique et la Guadeloupe s’apprêtait à l’être à la mi-journée (18H00 à Paris), en prévision de l’arrivée de l’ouragan Maria, une dizaine de jours après le passage ravageur d’Irma à Saint-Martin et Saint-Barthélemy.

Le gouvernement, accusé par une partie de l’opposition et des habitants sur place d’avoir tardé à envoyer secours et renforts policiers dans les deux îles où Irma a fait 11 morts et des centaines de millions d’euros de dégâts, a annoncé l’envoi de 110 militaires de la protection civile en Guadeloupe.

Saint-Martin et Saint-Barthélemy, qui devraient voir passer Maria entre 100 et 150 km au sud de leurs côtes « dans la nuit de mardi à mercredi », selon Météo France, ont été placées en vigilance jaune.

A 05H00 heure locale (11h00 de Paris), l’ouragan, de catégorie 1 sur une échelle de 5, se trouvait à 161 km de la Martinique, et 286 km de la Guadeloupe. Il « devrait passer plus près de la Martinique à la mi-journée ou en début d’après-midi de lundi » (heure locale), et « à proximité de la Guadeloupe dans la nuit de lundi à mardi ».

Météo France a placé la Martinique en vigilance rouge cyclone lundi matin. « Maria sera au plus près de nos côtes vers la mi-journée », a indiqué la préfecture, précisant que « l’activité économique doit être stoppée », les transports en commun « interrompus », et les grands rassemblements « annulés ». Elle avait déjà décidé la fermeture de tous les établissements d’enseignement (dont l’université) et des crèches lundi.

Maria pourrait se renforcer à l’approche des terres et atteindre « la catégorie 3 à son passage au plus près de la Guadeloupe », a alerté Météo France qui prend cette menace « très au sérieux ».

Pour la Guadeloupe, l’organisme prévoit « des creux pouvant aller jusqu’à 10 mètres, des vents violents de 150 km/h à 180 km/h, avec des rafales jusqu’à 200 km/h, de fortes pluies pouvant aller jusqu’à 400 mm par endroit et qui se poursuivront sur toute la journée de mardi », a prévenu la préfecture.

Le préfet a aussi ordonné la fermeture des écoles à partir de lundi matin et des administrations et des entreprises à partir de 12H00. Il a demandé « à chacun de ne plus se déplacer, de se mettre à l’abri, soit dans son habitation, soit dans un abri sûr ». A cela s’ajoutent des consignes usuelles d’autonomie pour plusieurs jours: préparer des réserves d’eau, de nourriture…

– vols reportés –

Air France, Air Caraïbes et Corsair ont reporté des vols à destination ou en provenance de Pointe-à-Pitre et Fort-de-France prévus lundi. A l’aéroport de Pointe-à-Pitre, tous les vols sont suspendus au départ ou à l’arrivée de lundi 14H00 (heure locale) jusqu’à mardi 14H00 « au plus tôt ».

Depuis la Guyane, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, s’est dite dans un tweet « inquiète et vigilante ».

« Nous aurons des difficultés importantes », a reconnu le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, rappelant que « la Guadeloupe était le centre logistique à partir duquel nous pouvions alimenter l’île de Saint-Martin et organiser l’ensemble des rotations aériennes et des approvisionnements ».

« De nouveaux moyens de la protection civile » sont partis samedi et dimanche soir, « 110 militaires de la protection civile » sont partis sur zone, a annoncé M. Collomb, rappelant qu' »environ 3.000″ renforts se trouvaient déjà sur place.

« Dans les prochaines heures nous projetons de pouvoir envoyer jusqu’à 400 à 500 personnes pour venir encore en renfort » si besoin, a-t-il ajouté.

Une cellule interministérielle de crise est prévue lundi et une réunion interministérielle mercredi.

« Nous sommes rodés à la préparation », a déclaré la présidente du conseil départemental de la Guadeloupe, Josette Borel-Lincertin. « Nous avons une culture du risque, nous savons ce qu’il y a à faire. »

Des alertes ouragan ont également été déclenchées dimanche dans les îles de Saint Kitts et Nevis et Montserrat (Royaume-Uni), et à la Dominique.

Ont également été placées en état d’alerte les Iles Vierges britanniques et américaines, Antigua-et-Barbuda, Sainte-Lucie, ainsi que Saint-Eustache et Saba dans les Antilles néerlandaises.

Romandie.com avec(©AFP / 18 septembre 2017 14h09)                

Congo/Abbé Jacques Bouekassa, prêtre fidei donum en Guadeloupe : «Je suis venu à Brazzaville, pour préparer mes 40 ans de sacerdoce»

juin 2, 2015

Abbé Jacques Bouekassa.

Prêtre de l’archidiocèse de Brazzaville, l’abbé Jacques Bouekassa est fidei donum aux Antilles d’Amérique, notamment en Guadeloupe, depuis huit ans. Dans l’interview qu’il nous a accordée, vendredi 29 mai 2015, il annonce la célébration de ses 40 ans de sacerdoce. C’est le motif de son séjour à Brazzaville, à partir du mois de mai. Interview!

* Monsieur l’abbé, vous êtes de nouveau à Brazzaville, après une longue période d’absence, quel est l’objet de votre visite?
** Beaucoup s’étonnent que je sois venu au mois de mai. C’est vrai que partout, au mois de mai, on est encore en pleine activité dans les paroisses. Je suis parti de la Guadeloupe, la veille de l’ascension, afin de prendre les deux semaines du mois de mai pour préparer justement mes 40 ans de sacerdoce. C’est pourquoi j’ai pris cette semaine, donc deux semaines, dès le début du mois de juin, pour commencer à célébrer cet événement qui me paraît assez important dans ma vie de prêtre.

* Alors, comment s’annoncent les préparatifs de cet événement?
** Je ne peux pas dire dans les détails comment cela se prépare. Je fais confiance aux paroissiens qui vont m’accueillir pour cet événement. Selon mon calendrier, j’ai voulu célébrer ces 40 ans, dans les paroisses où j’ai travaillé. Vous savez bien que je n’ai pas travaillé dans beaucoup de paroisses dans l’archidiocèse, du fait que j’ai passé plus de 25 ans comme professeur au Grand-séminaire. Donc, j’ai voulu d’abord célébrer ces 40 ans à Linzolo, le dimanche 7 juin prochain. L’archevêque sera là, pour le sacrement de confirmation. Le 14 juin, c’est le clou de la célébration de cet anniversaire et ce sera à Kibouendé, puisque j’ai été ordonné prêtre, par le cardinal Emile Biayenda, le 15 juin 1975, à Kibouendé. Mais, comme le 15 juin, cette année, c’est un lundi, nous célébrons cet anniversaire, le dimanche 14 juin à Kibouendé.
Je voudrais aussi célébrer cet anniversaire à Saint-François où j’ai travaillé pendant cinq ans. Le tout finira à Sainte-Anne, le dimanche 21 juin, parce que c’est la première paroisse qui m’a accueilli en tant que jeune prêtre, pendant quatre ans.

* Vous êtes prêtre congolais fidei donum en Guadeloupe, quelles sont les particularités de la vie pastorale dans cette zone?
** C’est ma huitième année en Guadeloupe. J’ai travaillé dans deux paroisses, peut-être maintenant je vais passer à la troisième paroisse. Mais, la particularité: l’Eglise est universelle. Du point de vue organisation, c’est la même partout. Nous travaillons en doyenné. Là où je suis, c’est le doyenné le plus grand, puisque nous sommes dans la plus grande ville de Guadeloupe, Pointe-à-Pitre, donc Les Abîmes, qui est la plus grande commune. Chaque mois, nous avons des rencontres dans les doyennés.
Au niveau du diocèse, c’est l’évêque, comme partout. En début d’année, nous pensons notre pastorale, ce que nous avons à faire, nous avons un thème. Et, chaque paroisse, chaque doyenné, essaie de mettre en pratique cette pastorale. Evidemment, nos Eglises sont bien différentes. Au Congo, notre Eglise est basée sur les mouvements d’apostolat. C’est une chance, je dirais, c’est une grâce. Là-bas, on travaille avec les communautés de base. En créole, on dit: «Pkl», qui veut dire «Petite communauté de l’Eglise». La pastorale là-bas est basée sur les «Pkl». Nous prenons cela à cœur. Nous sommes au moins une dizaine de Congolais, parce qu’il n’y a pas assez de vocation là-bas. Le travail que nous faisons aussi, c’est promouvoir les vocations.

* Avez-vous un dernier mot pour clore notre entretien?
** Je suis toujours revenu chaque vacance au pays, je suis toujours au courant de la vie de mon Eglise. Là-bas, je lis toujours La Semaine Africaine, chaque mardi et chaque vendredi, sur Internet. Et, bien d’autres encore. On est au courant de tout. Pour le moment, ce que je peux demander que tous ceux qui me liront, qui me voient, prient pour moi. Pour mes 40 ans de sacerdoce, je ne peux pas me frotter les mains, il y a eu des difficultés: priez pour moi, pauvre pécheur.

Lasemaineafricaine.net propos recueillis par Gislain Wilfrid BOUMBA

François Hollande inaugure le 10 mai un mémorial de l’esclavage à Pointe-à-Pitre

mai 9, 2015

Le Mémorial ACTe, à Pointe-à-Pitre, le 8 mai 2015.
Le Mémorial ACTe, à Pointe-à-Pitre, le 8 mai 2015. © Nicolas Michel/J.A.

C’est sur le site de l’ancienne usine Darboussier en Guadeloupe, qui fut le plus grande unité sucrière des Petites Antilles, que le président français François Hollande inaugurera ce 10 mai le Mémorial ACTe, Centre caribéen d’expressions et de mémoire de la traite et de l’esclavage.

C’est un de ses prédécesseurs à l’Elysée qui fut à l’origine de ce projet, il y a plus de quinze ans. Jacques Chirac en avait en effet posé les bases, dès 1998, en demandant à Edouard Glissant d’imaginer les formes d’un lieu où cette histoire de violences pourrait être invoquée sans pour autant se contenter de rouvrir les blessures du passé.

Quelques années plus tard, en s’appuyant sur les propositions de l’écrivain, le président de région et ancien ministre des Outre-Mer, Victorin Lurel, décidait de créer le mémorial à Pointe-à-Pitre. La gestation fut longue, et sans doute ralentie par celui qui considérait que l’homme africain n’était « pas assez entré dans l’Histoire ». « En 2007, Nicolas Sarkozy se fait fort de ne pas sombrer dans la repentance et décide de ne pas poursuivre ce projet, tacle Lurel. Du coup, on a décidé d’accélérer et posé la première pierre en 2008. »

Le plus grand musée du monde consacré à la mémoire de l’esclavage

L’idée est ambitieuse, créer un monument à la hauteur du crime commis qui ne soit ni un musée, ni un mémorial à proprement parler, mais un lieu de vie, de rencontres, contribuant à la construction d’une mémoire universelle et partagée de l’esclavage. L’investissement est important pour la Guadeloupe : plus de 80 millions d’euros apportés par l’Europe et la Région à parts à peu près égales.

« Il ne s’agit pas de faire un lamentarium, ni d’opposer les Blancs aux Noirs, il s’agit d’être bien plus grands que cela. J’ai la faiblesse de croire que cette pierre-là aura une âme et contribuera à pacifier les coeurs et les esprits », poursuit Lurel.

Face à l’océan, une longue boîte noire couverte d’une résille d’aluminium et reliée à la terre par une haute passerelle renvoie aujourd’hui les rayons du soleil. Pour Pascal Berthelot, l’un des architectes, « le granite noir perlé de pépites dorées des murs sont les âmes des esclaves qui reviennent vers nous pour nous accompagner vers le futur », tandis que « les racines d’argent de la résille, fortes de la connaissance de notre passé, s’élèvent vers l’avenir, comme les racines des figuiers maudits poussant sur les ruines de l’ancienne vinaigrerie ».

À l’intérieur, l’espace se divise en deux parties principales : 1 700 m2 sont consacrées à l’exposition permanente et 700m2 aux expositions temporaires. La première, éclatée en 6 archipels et 36 îlots revient sur l’histoire de l’esclavage en instaurant un dialogue entre artefacts historiques et œuvres d’art contemporaines. Ainsi, l’épée du conquistadore – les premiers esclaves, faut-il le rappeler, furent les indigènes – côtoie-t-elle L’arbre de l’Oubli, superbe installation du Camerounais Pascal Marthine Tayou renvoyant aux formes rituelles de l’Afrique d’où furent déportés la majorité des esclaves – entre 250 000 et 350 000 pour la Guadeloupe et la Martinique.


Photo : Nicolas Michel/J.A.

Un lieu de vie et de rencontres

Présenté ainsi, le Mémorial ACTe pourrait apparaître simplement comme le plus grand musée du monde consacré au sujet. Mais il n’est pas que cela : espace dédié aux chercheurs, salle polyvalente de 300 places, centre de recherche généalogique, il se veut un lieu de partage inséré dans la cité, évolutif, polyvalent, à la croisée de plusieurs disciplines.

Comme le souligne Victorin Lurel, il pourra aussi y être question des « négriers modernes en Méditerranée », car l’esclavage se conjugue encore souvent au présent. Bien entendu, la région Guadeloupe l’espère aussi comme un atout touristique…

Si les deux questions fondamentales, et complexes, du pardon et de la réparation restent posées, le Mémorial ACTe peut néanmoins devenir l’instrument d’un travail de mémoire qui reste à faire collectivement. Tout dépendra, in fine, non pas de ce qu’il contient aujourd’hui, mais de ceux qui le feront vivre, le visiteront, l’enrichiront.

Jeuneafrique.com par Nicolas Michel, envoyé spécial en Guadeloupe