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France-Crise aux Antilles: Lecornu arrivé en Martinique après un dialogue de sourds en Guadeloupe

novembre 30, 2021
Crise aux Antilles: Lecornu arrive en Martinique apres un dialogue de sourds en Guadeloupe
Crise aux Antilles: Lecornu arrivé en Martinique après un dialogue de sourds en Guadeloupe© AFP/Alain JOCARD

Le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu est arrivé en Martinique lundi soir après une visite de 24h en Guadeloupe, achevée par un dialogue de sourds avec l’intersyndicale et où le gouvernement envoie des forces de sécurité intérieure supplémentaires pour faire face à la violence durant la crise sociale.

M. Lecornu a atterri en début de soirée en Martinique, a-t-on appris auprès de son entourage, deuxième et dernière étape d’un court séjour destiné à apaiser les tensions et tenter de sortir de la crise sociale traversée par les deux îles des Antilles françaises, distantes de 120 km et marquées par un fort taux de chômage, en particulier chez les jeunes.

Il doit être de retour mercredi à Paris.

Lundi en Guadeloupe, où il était arrivé la veille, les discussions avec l’intersyndicale et les élus locaux ont tourné court.

Le ministre a jugé qu’aucune discussion n’était possible tant que les syndicats « ne « veulent pas condamner des tentatives d’assassinat contre des policiers et des gendarmes », un « préalable pourtant évident et indispensable ».

Sa rencontre avec quatre représentants syndicaux de l’UGTG et FO s’est donc résumée à une simple remise de « documents de revendication ».

Réclamant une « prise de conscience » face aux violences, Sébastien Lecornu a annoncé lors d’un point presse l’envoi d’un escadron de 70 gendarmes mobiles et 10 membres du GIGN supplémentaires, pour « tenir ».

« Lorsqu’on tire et qu’on arrose au 9 millimètres dans les rues », c’est « un miracle qu’un enfant de 9 ou 10 ans » ne se soit pas « retrouvé sous ces balles », a-t-il insisté.

« Tout va être mis en oeuvre pour libérer les barrages » qui entravent encore par endroits la circulation sur l’île « et les renforts participent de ça », a poursuivi Sébastien Lecornu.

Lundi, le Collectif des socio-professionnels, qui rassemble plusieurs corps de métiers très différents (transporteurs, taxis, BTP, tourisme), a menacé d' »une action » d’ici 24 heures s’il n’était pas invité aux négociations.

Le collectif avait barré la Guadeloupe durant trois jours en février.

– Rapport de forces-

Né du refus de l’obligation vaccinale pour soignants et pompiers, le mouvement s’est étendu à des revendications politiques et sociales, notamment contre la vie chère, et a occasionné des violences, pillages et incendies, comme en Martinique.

Les deux îles sont placées sous couvre-feu.

Sébastien Lecornu a par ailleurs vivement critiqué les responsables syndicaux qui « ont commencé à vouloir chercher des amnisties » pour les auteurs de violences.

Côté syndicats, la délégation estime que Sébastien Lecornu « n’est pas venu pour négocier, mais parce qu’il a été forcé par le rapport de forces que nous avons installé ».

Maïté Hubert-M’Toumo, de l’UGTG, rappelle leurs revendications « prioritaires » comme « l’arrêt des suspensions des personnels et professions libérales » non-vaccinés, la « suspension des condamnations des personnes pour les violences », et un « plan d’urgence pour la qualification des jeunes et les conditions de travail des familles guadeloupéennes ».

Alors que de nombreux domaines sont gérés par les collectivités territoriales (distribution d’eau, voierie, transport, environnement, formation professionnelle), Sébastien Lecornu a également placé les élus locaux face à leurs responsabilités.

« Je veux bien me faire engueuler pour des choses que l’Etat n’a pas faites avant même que nous soyons au pouvoir ( ?.) ce qui est compliqué c’est de se faire engueuler pour des choses dont l’Etat n’est pas responsable », a-t-il affirmé.

« Il faut que chacun soit à sa place dans ce territoire », a ajouté le ministre, qui avait déclaré vendredi que le gouvernement était « prêt » à « parler » de davantage d’autonomie pour la Guadeloupe.

Plus tôt, les élus locaux guadeloupéens avaient décidé de ne pas se rendre à une rencontre prévue avec le ministre, qui a néanmoins participé à une visio-conférence avec 16 maires de l’île.

« (…) Nous ne voyons pas cet état d’esprit d’apaiser la situation et de faire en sorte que les conditions soient réunies » pour sortir de crise, a indiqué Guy Losbar, ex-président du département dont l’élection a été annulée, pour justifier le refus des élus locaux.

Sébastien Lecornu rencontrera également en Martinique les élus locaux et l’intersyndicale, qui ont signé avec l’Etat un « accord de méthode » pour tenter de sortir de la crise.

Sept thématiques (santé, jeunesse, vie chère dont prix des carburants et du gaz, transports, chlordéconomie, pêche, culture) doivent faire l’objet de discussions.

« La situation n’est en rien comparable entre la Guadeloupe et la Martinique puisqu’en Martinique, (les) préalables républicains » aux négociations « ont été remplis par les élus et l’intersyndicale » a estimé Sébastien Lecornu.

Par Le Point avec AFP

Sébastien Lecornu se rend aux Antilles après un retour « notable » au calme

novembre 28, 2021
Sebastien Lecornu se rend aux Antilles apres un retour "notable" au calme
Sébastien Lecornu se rend aux Antilles après un retour « notable » au calme© AFP/Christophe ARCHAMBAULT

Le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu se rend dimanche aux Antilles et jusqu’à mercredi, d’abord en Guadeloupe puis en Martinique, saluant « un retour notable au calme » dans la nuit de samedi à dimanche dans ces deux territoires.

Cette visite intervient après plus d’une semaine de violences et d’émeutes dans ces îles françaises des Caraïbes au fort taux de chômage, en proie à un mouvement né de la contestation contre la vaccination anti-Covid obligatoire pour soignants et pompiers qui s’est étendu à des revendications politiques et sociales notamment contre la vie chère.

M. Lecornu doit rencontrer lundi en Guadeloupe « des élus locaux, des acteurs économiques et des syndicats », comme le lendemain à la Martinique, a indiqué le ministère sans donner plus de précisions, ajoutant que le ministre serait de retour mercredi à Paris.

« Dans les deux territoires de Martinique et de Guadeloupe, un retour notable au calme a eu lieu dans la nuit du samedi au dimanche grâce au travail sans relâche des forces de l’ordre », s’est félicitée cette même source.

A la Guadeloupe, la préfecture a confirmé que la nuit « n’a pas vu d’incidents ou de heurts survenir ». « Les forces de sécurité ont continué à sécuriser l’ensemble du territoire et de dégager les axes de circulation, notamment en Grande-Terre », a-t-elle ajouté, précisant qu’une interpellation avait eu lieu.

En Martinique, des sources policières ont signalé toutefois des barricades « avec des jets de projectiles dont des cocktails Molotov sur des gendarmes ». Un individu a été interpellé après avoir incendié un véhicule et un autre « pour refus d’obtempérer et non-respect du couvre-feu ».

« C’est inacceptable qu’on nous oblige à nous faire vacciner. Inacceptable ce chantage d’un vaccin contre notre salaire. Je me bats aussi pour ma fille, la vie ici est trois fois plus chère qu’en métropole. Le peuple dit qu’il en a assez », témoigne auprès de l’AFP Cédrick Louiset, sapeur-pompier depuis 27 ans. Sur un barrage depuis près d’une semaine, il déplore les violences et ceux qui tirent sur « nos frères policiers ».

En Guadeloupe comme en Martinique, distante de 120 km, les forces de l’ordre avaient essuyé des tirs par arme à feu les nuits précédentes.

Des violences qui ralentissent l’activité économique des îles et dissuadent les nouveaux arrivants de rester. Comme Kim Dubois, photographe de 23 ans, installée depuis 4 mois en Guadeloupe. Regardant les poubelles qui s’amoncellent à l’entrée de la plage à Petit Havre au Gosier, elle lâche avec regret: « c’est trop galère on va repartir dans un mois ».

Ouverture de discussions

Avant de s’envoler pour les Antilles, le ministre a salué un « accord de méthode signé cette nuit (heure de Paris) entre l’Etat, les élus locaux de Martinique et l’intersyndicale qui permettra l’ouverture de discussions sur les principales problématiques du territoire (santé, prix des carburants, jeunesse, transport ?) », souligne l’entourage du ministre.

« Certaines de ces thématiques concernent l’Etat, d’autres davantage les collectivités territoriales: chacun y prendra sa part », explique cette source qui a pris « note de l’engagement de l’intersyndicale de lever provisoirement les barrages ». « Le dialogue social pour les personnels hospitaliers et les pompiers non vaccinés se poursuivra », ajoute cette source.

Vendredi, dans une allocution télévisée aux Guadeloupéens, M. Lecornu a affirmé que le gouvernement était « prêt » à évoquer la question de davantage d’autonomie si cela pouvait permettre de « résoudre les vrais problèmes du quotidien des Guadeloupéens ».

Depuis cette annonce, l’opposition a multiplié les attaques contre le gouvernement. « C’est l’exemple type de la fuite en avant. C’est une forme de démembrement de l’unité nationale », a fustigé dimanche le candidat à l’investiture LR Xavier Bertrand sur CNews, soulignant « qu’il était temps » que M. Lecornu se rende aux Antilles.

Le ministre des Outre-mer est « hors-sol », a renchéri Marine Le Pen sur LCI.

A gauche, la candidate PS et maire de Paris Anne Hidalgo a dénoncé pour sa part « un manque de considération ». La veille, Jean-Luc Mélenchon (LFI) a jugé « stupéfiante » la « réponse de Macron » et appelé à ne parler statut que « le moment venu ».

La question de l’autonomie est « hors sujet », a de son côté tranché Elie Domota, porte-parole du collectif syndical LKP, sur LCI, soulignant que les manifestants n’ont « jamais été entendus » sur leur revendication de « négociations sur l’obligation vaccinale et sur le pass sanitaire ».

Par Le Point avec AFP

Antilles: nouvelles violences durant la nuit, les barrages continuent

novembre 24, 2021
Antilles: nouvelles violences durant la nuit, les barrages continuent
Antilles: nouvelles violences durant la nuit, les barrages continuent© AFP/LOIC VENANCE

Des violences ont de nouveau eu lieu en Martinique et en Guadeloupe dans la nuit de mardi à mercredi, faisant des blessés parmi les forces de l’ordre, tandis que les barrages continuaient de paralyser l’activité sur ces deux îles en proie à une crise sociale d’ampleur.

« En Basse-Terre quatre interpellations ont été réalisées et deux à Pointe-à-pitre. Au cours des interventions de cette nuit, deux gendarmes ont été légèrement blessés », a indiqué mercredi après-midi la préfecture de Guadeloupe.

La préfecture, qui a prolongé le couvre-feu jusqu’à samedi, assure que « le dispositif de sécurité renforcé mis en place cette nuit (de mardi à mercredi) a permis de déjouer des tentatives de cambriolages et d’assurer un retour au calme et à la sérénité ».

« Celles et ceux qui cassent et qui s’en prennent aux forces de l’ordre, la nuit, en tirant à balles réelles sur eux, n’ont rien à voir avec des manifestants ou avec des personnes formant des revendications sanitaires », a estimé devant le Sénat le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu qui a assuré qu’en Guadeloupe, « la réponse pénale est en cours: pratiquement une centaine d’interpellations au moment où je vous parle ».

Si certaines routes étaient vierges de tout blocage, d’autres étaient parsemées de différents barrages, certains filtrants, d’autres où les véhicules passaient sans encombre et d’autres totalement impossibles à franchir. Des gendarmes organisaient des opérations de déblaiement sur certains axes, comme à Rivière des Pères, à Basse-Terre, selon la gendarmerie.

Levée des barrages en Martinique

En Martinique, cinq gendarmes mobiles, selon la gendarmerie, et quatre policiers (syndicat police), ont été blessés lors d’échauffourées dans le quartier de Sainte-Thérèse, à Fort-de-France, déjà le théâtre la nuit précédente de tirs par arme ciblant les forces de sécurité.

« Deux individus ont été arrêtés à Schoelcher après qu’une bande circulant à moto a ouvert le feu sur les gendarmes qui tenaient un contrôle routier », selon la gendarmerie. Un tireur a été arrêté, selon un syndicat de police.

Ces violences sont advenues malgré l’annonce d’une levée des barrages par l’intersyndicale qui avait appelé à une grève générale pour dénoncer, comme en Guadeloupe, l’obligation vaccinale et les suspensions de soignants, mais aussi le coût de la vie et les prix des carburants.

Cet appel avait pour but de ramener le calme en Martinique pour éviter un embrasement comme en Guadeloupe où le bureau des internes a annoncé mercredi qu’ils exerçaient leur droit de retrait, évoquant un « péril imminent » face à l' »insécurité croissante » et à des « menaces » quand ils se rendent sur leur lieu de travail.

Depuis Paris, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a dénoncé une « minorité récalcitrante » et « violente » qui prend « toute une île en otage ».

« La santé publique ne peut pas être instrumentalisée à des fins politiques », a-t-il insisté à l’issue du Conseil des ministres lors duquel le président Emmanuel Macron a « rappelé que notre objectif, notre cap, c’est de protéger les Guadeloupéens ».

Pour calmer la situation, le Premier ministre Jean Castex avait notamment annoncé lundi la création d’une « instance de dialogue » afin de « convaincre et d’accompagner individuellement, humainement », les professionnels concernés par l’obligation vaccinale.

Le ministre de la Santé Olivier Véran a également « décidé de mettre en place une structure qui va permettre de trouver une solution à chacune des 1.400 personnes suspendues parce qu’elle ne sont pas en conformité avec cette obligation vaccinale », a expliqué Sébastien Lecornu.

« Contre la vie chère »

Des solutions qui n’ont pas convaincu en Guadeloupe. « Il y en ras le bol. L’Etat laisse pourrir la situation. Au lieu de répondre, ils nous envoient le GIGN. Tant qu’il n’y pas de négociation, on est là, on attend », a déclaré à l’AFP, Colette, qui refuse de donner son nom, participant à un rassemblement au niveau d’un barrage, sur la commune Les Abymes.

Cette technicienne administrative dans un centre de dialyse dépendant du CHU, est contre l’obligation vaccinale qu’elle assimile à « un viol ». Opposée au vaccin principalement par « manque de recul », elle a « reçu sa mise en demeure préalable à sa suspension ».

Colette manifeste aussi pour « l’emploi de la jeunesse, contre la vie chère ». Quand on lui demande si le mouvement s’essouffle, elle répond « pas à mon niveau, mais il faut faire attention, car les gens en ont marre ».

Dans l’opposition, la cheffe de file des députés insoumis Mathilde Panot a souligné la « conjonction de facteurs » à l’origine de cette « colère sociale immense » en Guadeloupe, en insistant particulièrement sur la « crise de l’eau », alors que « le premier geste barrière dans une pandémie c’est se laver les mains ».

Par Le Point avec AFP

Antilles françaises: éruption de violences et tirs sur les forces de l’ordre

novembre 23, 2021
Antilles francaises: eruption de violences et tirs sur les forces de l'ordre
Antilles françaises: éruption de violences et tirs sur les forces de l’ordre© AFP/Christophe ARCHAMBAULT

La Martinique et la Guadeloupe, deux îles des Antilles françaises, sont secouées par un mouvement social et de contestation de mesures sanitaires qui a vite été émaillé de violences, y compris de tirs contre les forces de l’ordre dans la nuit de lundi à mardi.

Le mouvement de contestation de la vaccination obligatoire contre le Covid-19 pour les personnels soignants et les pompiers a été déclenché le 15 novembre en Guadeloupe, avec un appel à la grève générale d’un collectif d’organisations syndicales et citoyennes. Ces organisations réclament aussi la hausse des salaires et des minima sociaux et la baisse des prix des carburants et du gaz.

Il a dégénéré les jours suivants, avec des barricades, des pillages de magasins, des incendies et même un vol d’armes et de munitions dans une station de garde-côtes de la Douane à Pointe-à-Pitre.

La Martinique a embrayé une semaine plus tard, lundi, les manifestants bloquant notamment les principaux axes routiers de l’île.

Dans la nuit de lundi à mardi, des forces de l’ordre et des pompiers ont été la cible de tirs d’arme à feu à Fort-de-France, sans qu’il y ait de blessés, selon une source policière, mais aussi en Guadeloupe, selon le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin.

« La situation est toujours très difficile », a estimé ce dernier mardi.

Mais, a-t-il averti, « ce qui est certain, c’est que le rétablissement de l’ordre public est le préalable à toute discussion ».

La veille, pour tenter de sortir de l’impasse, le gouvernement français avait annoncé la création d’une « instance de dialogue » pour « accompagner » les soignants et pompiers opposés à l’obligation vaccinale.

Selon Sébastien Lecornu, le ministre des Outre-mers, les violences sont le fait de « personnes qui sont malheureusement déjà défavorablement connues des services de police ou de la justice, qui se servent de cette crise pour s’exprimer dans la violence ».

Une pauvreté prégnante

Selon les autorités françaises, plus de 90 interpellations et plus de 60 gardes à vue ont eu lieu depuis le début de la crise. 250 policiers et gendarmes ont été envoyés en renfort et un couvre-feu a été instauré de 23H00 à 5H00 locales.

Pour M. Lecornu, il ne s’agit pas « d’une question sanitaire et sociale ».

Le président Emmanuel Macron avait déjà dénoncé lundi ceux qui utilisent « la santé des Françaises et des Français pour mener des combats politiques ».

Mais le leader de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon a estimé que le « fond de l’affaire » était « l’exaspération contre l’état d’abandon ».

La Guadeloupe et la Martinique sont deux départements français frappés, comme les autres département d’outre-mer, par une pauvreté marquée et un taux de chômage supérieur à celui de la métropole.

En Guadeloupe, 34,5 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté national, avec un fort taux de chômage (19 %), selon les données de l’Institut national de la statistique (Insee).

La Martinique est certes la région d’outre-mer la moins touchée par le chômage (12,4 % en 2020) et la pauvreté, mais celle-ci y est également « très présente » : « le taux de pauvreté est de 29,8 % en 2018, soit près de deux fois plus qu’au niveau national », avec des inégalités de niveaux de vie plus grandes qu’en France métropolitaine, selon l’Insee.

Par ailleurs, dans ces îles, l’opposition aux vaccins reflète, selon des sociologues, la défiance de la population envers les autorités depuis le « scandale du chlordécone ». Considéré comme perturbateur endocrinien et cancérogène probable, ce pesticide interdit en France en 1990 est resté autorisé dans les champs de bananes de Martinique et de Guadeloupe par dérogation ministérielle jusqu’en 1993, provoquant une pollution importante et durable.

Mais depuis que la Guadeloupe a été frappée de plein fouet l’été dernier par l’épidémie, le taux de vaccination a progressé.

Il atteint désormais près de 90 % chez les soignants et approche 50 % dans la population générale – loin toutefois des plus de 75 % de vaccinés en métropole.

Par Le Point avec AFP

France/Covid-19 : Jean Castex, cas contact, contraint à l’isolement

novembre 22, 2021

Le coronavirus s’est invité dans l’emploi du temps du Premier ministre, qui ne pourra pas accueillir les élus de Guadeloupe, île actuellement en proie à des violences urbaines.

Jean Castex lors d'une conference de presse le 16 juin 2021.
Jean Castex lors d’une conférence de presse le 16 juin 2021. © THOMAS COEX / AFP

Le Premier ministre participera bien à la réunion d’urgence aux côtés des élus de Guadeloupe, lundi 22 novembre, mais celle-ci s’effectuera en visioconférence. Officiellement cas contact au Covid après le test positif de l’une de ses filles, âgée de 11 ans, Jean Castex doit prendre ses précautions. Dans l’attente des résultats de son test PCR, il est astreint à l’isolement.

Le chef du gouvernement « a immédiatement pratiqué un test PCR, donc le résultat sera connu et communiqué dans la soirée », a indiqué Matignon à l’Agence France-Presse. Jean Castex s’était rendu dans la matinée à Bruxelles, où il avait rencontré son homologue belge Alexander De Croo.

Un climat houleux en Guadeloupe

Jean Castex devait initialement recevoir à Matignon, lundi à 18 heures, une partie des élus de Guadeloupe afin de leur permettre « d’exposer leur analyse de la situation sur place », entourés des ministres de l’Intérieur, Gérald Darmanin, des Outre-Mer, Sébastien Lecornu, et de la Santé, Olivier Véran. Il fera une déclaration à l’issue de la réunion, retransmise sur les réseaux sociaux.

Le département antillais, frappé de plein fouet par l’épidémie de Covid-19 cet été, est secoué depuis une semaine par un mouvement ayant pour origine la contestation de l’obligation vaccinale des soignants, qui a dégénéré en crise sociale émaillée de nombreuses violences dans la nuit de jeudi à vendredi, quand ont débuté des violences et des pillages.

Emmanuel Macron a lancé, lundi, un appel au calme face à une crise qualifiée de « très explosive ». Le Premier ministre avait déjà été cas contact au Covid-19 à deux reprises : une première fois après un dîner avec Emmanuel Macron en décembre, à la suite duquel le président avait été testé positif, puis en juin, après que l’épouse de M. Castex avait contracté la maladie. Le chef du gouvernement, qui a reçu deux doses de vaccin, n’a jamais été testé positif.

Par Le Point avec AFP

France-Guadeloupe: manifestants et forces de l’ordre bloquent et débloquent les routes

novembre 18, 2021
Guadeloupe: manifestants et forces de l'ordre bloquent et debloquent les routes
Guadeloupe: manifestants et forces de l’ordre bloquent et débloquent les routes© AFP/Carla BERNHARDT

La Guadeloupe s’est réveillée jeudi matin avec de très nombreux points de blocages sur les routes liés aux manifestations contre l’obligation vaccinale, selon plusieurs sources, alors que la nuit a été émaillée de plusieurs incidents comme des véhicules enflammés.

Peu avant 06H00 (11H00 à Paris), la route devant le CHU de Guadeloupe était bloquée dans les deux sens par des pneus érigés en barrière tenue par une « trentaine de manifestants, la plupart cagoulés », a constaté une vidéaste de l’AFP.

La barrière a été plusieurs fois démontée par les forces de l’ordre et remontée par les manifestants avant d’être enflammée sur l’un des deux axes. Le feu a ensuite été éteint, la route a été débloquée et la circulation a repris.

Sur les autres axes routiers, y compris dans les petites routes des Grands Fonds, dans la campagne guadeloupéenne, des barrages parfois vides de manifestants bloquent le passage. Certains sont démontés par les automobilistes eux-mêmes, selon des images qui circulent sur les réseaux sociaux.

Non loin du siège du SDIS (Service départemental d’incendie et de secours) qui concentre une partie des mécontentements du fait de l’obligation vaccinale des pompiers, un véhicule a été enflammé durant la nuit à côté de feux de pneus et de palettes. Certains ont tenté dans la matinée de passer en déplaçant les palettes mais les quelques personnes présentes sur le barrage les ont ensuite remises, a encore constaté la journaliste de l’AFP.

Des barricades étaient aussi dressées sur d’autres points connus dans l’île pour être régulièrement bloqués lors des manifestations.

Dans un communiqué, l’Union des Entreprises-Medef « condamne fermement les entraves à la liberté de circuler ». « Où allons-nous ? Quelle est la légitimité de ceux qui interdisent l’accès aux soins ? », a questionné l’organisation patronale.

« Après des mois de mesures restrictives pour notre population et pour l’économie du pays, il est inacceptable de laisser prospérer cette spirale de l’autodestruction », a-t-elle ajouté, en estimant que les entreprises, où la grève générale appelée par les syndicats n’est pas très suivie, sont tout de même paralysées par les blocages.

Par ailleurs, l’épidémie de Covid reprend légèrement en Guadeloupe, bien que « la situation reste stable au niveau hospitalier », selon un communiqué de la préfecture, avec un taux de positivité à 1,5 %. « Le respect des mesures de protection individuelle et collective est impératif », rappelle le communiqué.

APar Le Point avec AFP

Covid-19 : le nombre de décès explose en Guadeloupe

octobre 2, 2021

Le nombre de décès a augmenté de 78 % en Guadeloupe, entre le 1er juin et le 20 septembre, par rapport à la même période de 2019

Ces données, préoccupantes, ont été communiquées vendredi 1er octobre par l’Insee. En Guadeloupe, le nombre de décès a bondi de 78 %, entre le 1er juin et le 20 septembre, par rapport à la même période de 2019 ; qui était une année sans Covid-19. Par ailleurs, les décès ont augmenté de 69 % en Martinique. Pour la France entière, le nombre de morts est supérieur de 3 % sur la même période.

Ce chiffre est nettement supérieur pour les personnes âgées de 65 à 74 ans (+ 8,9 %) et pour les 75-84 ans (+ 6,0 %).

Les Antilles frappées de plein fouet par l’épidémie

En France métropolitaine, le nombre de décès enregistrés sur cette période est supérieur de 2 % à 2019, et encore supérieur dans sept régions, dont la Corse (+ 8 %), Provence-Alpes-Côte d’Azur (+ 7 %) et l’Occitanie (+ 6 %).

Mais l’écart est encore bien supérieur dans les départements d’outre-mer, notamment les Antilles, frappées de plein fouet par l’épidémie de Covid-19 cet été. « En Guadeloupe, la hausse des décès a été très nette début août et s’est accélérée en milieu de mois : les décès survenus durant le mois d’août 2021 sont ainsi plus de trois fois supérieurs à ceux d’août 2019 (+ 227 %), alors que les décès survenus en juin et juillet 2021 sont du même niveau qu’en 2019 », observe l’Insee.

« En Martinique, la hausse des décès a débuté en juillet. L’augmentation des décès y est également très importante en août, mais un peu moindre qu’en Guadeloupe », puisqu’elle s’élève à + 175 %, relève l’Insee. Dans ces deux départements des Antilles, on constate en septembre un retour vers des niveaux de mortalité proches de 2019. Entre le 1er juin et le 20 septembre, les décès de 2021 sont aussi nettement plus importants que ceux de 2019 en Guyane (+ 55 %, avec une hausse des décès continue depuis la fin mai) et à La Réunion (touchée également par une épidémie de dengue) avec une hausse de 21 %. À Mayotte, l’augmentation est de 16 %.

Par Le Point avec AFP

Mort de la « Dame de fer » de la Guadeloupe, Lucette Michaux-Chevry

septembre 10, 2021

Mort de la "Dame de fer" de la Guadeloupe, Lucette Michaux-Chevry
Mort de la « Dame de fer » de la Guadeloupe, Lucette Michaux-Chevry© AFP/Archives/Pascal GUYOT

La « Dame de fer » de la Guadeloupe », Lucette Michaux-Chevry, est décédée jeudi à l’âge de 92 ans, après une très longue carrière en politique, saluée par de nombreuses réactions soulignant son engagement et sa détermination.

L’emblématique politicienne, très ancrée à droite, s’est éteinte après plusieurs mois de lutte contre un cancer de la gorge. Celle qu’on surnommait la Dame de fer des Caraïbes a occupé tous les postes politiques: de maire à la fin des années 80 jusqu’à ministre déléguée dans les années 1990, dans le gouvernement de Jacques Chirac, dont elle était une amie fidèle.

Le président Emmanuel Macron a rendu hommage dans un communiqué à une « représentante infatigable de son territoire » qui « aura marqué au cours de sa longue carrière politique l’histoire de la Guadeloupe ».

« Investie pour donner à la Guadeloupe, et plus largement aux Outre-mers, une place de coeur et de choix dans notre République, elle aura oeuvré pendant près de 50 ans au service des Guadeloupéennes et Guadeloupéens », a salué le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu dans un tweet vendredi matin.

La classe politique locale a unanimement souligné le caractère bien trempé de cette femme politique, omniprésente dans la vie politique de l’île pendant 60 ans.

« Tout le monde est conscient au niveau de la Guadeloupe de qui a été Lucette Michaux-Chevry », a salué Guy Losbar, le président du département sur Radio Caraïbes International.

« Chagrin immense »

Née le 5 mars 1929 à Saint-Claude (Basse-Terre), Lucette Michaux-Chevry a occupé tour à tour tous les mandats locaux et nationaux, parfois en même temps.

Elue maire en 1987, elle s’est hissée jusqu’aux ors ministériels, en passant par les fonctions de conseillère générale, présidente de Région, sénatrice, députée. Elle a fini par quitter la vie politique début 2019, en démissionnant de son dernier poste, présidente d’agglomération.

Dès l’annonce de son décès, de nombreux hommages lui ont été rendus sur les réseaux sociaux, par des politiques, des personnalités ultramarines ou encore des anonymes, tous conscients qu’une page de l’histoire du territoire, où elle était à la fois crainte, admirée, ou décriée notamment pour ses démêlés judiciaires, vient de se tourner.

« J’ai mal et notre chagrin est immense », a écrit, sur Facebook, sa fille Marie-Luce Penchard, ancienne ministre sous Nicolas Sarkozy et maire de Basse-Terre, elle-même touchée par des accusations de détournement de fonds publics et de concussion.

« C’est à mon sens le plus grand +homme+ politique que j’ai rencontré », a souligné de son côté le député de Guadeloupe Olivier Serva (LREM).

Jacques Bangou, ancien maire de Pointe-à-Pitre, a également salué sa mémoire et son « panache »: « Elle a été un personnage politique qui a représenté pour la Guadeloupe la fierté d’avoir quelqu’un qui savait taper du poing sur la table, et ne baissait jamais les bras vis-à-vis des représentants de l’Etat, même quand elle était dans les arcanes du pouvoir ».

Elle était « un engagement, un caractère, une vision, le tout nourri d’un amour viscéral pour son île », a encore dit M. Serva.

« Issue à l’origine des rangs socialistes, Lucette Michaux-Chevry sera tour à tour devenue la grande figure de la départementalisation, avant de devenir avec la même verve et la même ardeur une militante de l’autonomie » du territoire, a déclaré la fédération du Parti socialiste de la Guadeloupe, saluant celle qui avait milité en 2003 pour le oui au référendum sur l’émancipation de la Guadeloupe.

Plusieurs mises en examen

Mme Michaux-Chevry, avocate de formation, connaît sa première élection en 1959 en devenant conseillère municipale de sa ville Saint-Claude, alors que son fils a à peine quelques jours.

D’abord au Parti socialiste, elle soutient en 1981 le candidat à la présidentielle Valéry Giscard d’Estaing, marquant ainsi le début de son engagement à droite.

Sa longue carrière reste aussi émaillée d’affaires de corruption, entre autres démêlés judiciaires. Cultivant un pouvoir insulaire ne souffrant pas la contestation, elle connaît à partir des années 1990 plusieurs mises en examen, qui ne se concluent pas toutes par des condamnations.

En 2019, Lucette Michaux-Chevry est toutefois condamnée à deux ans de prison avec sursis pour des délits environnementaux et de favoritisme en matière de transports publics.

Par Le Point avec AFP

Le CHU de Guadeloupe bat le rappel de tout son personnel

août 20, 2021
Le CHU de Guadeloupe bat le rappel de tout son personnel
Le CHU de Guadeloupe bat le rappel de tout son personnel© AFP/Archives/Cedrick Isham CALVADOS

Le directeur général du CHU de Guadeloupe a rappelé « tous les personnels du CHU », qui « doivent regagner leur poste sans délai », alors que la « situation épidémique et ses impacts sur le tissu hospitalier ne cesse de se dégrader ».

« Toutes les « activités programmées » sont mises à l’arrêt, « seules les chirurgies non reportables peuvent se poursuivre », indique la note interne datée du 18 août du directeur général du CHU, Gérard Cotellon.

Selon un communiqué du préfet de la Région Guadeloupe, « la situation reste extrêmement préoccupante avec 4.180 nouveaux cas cumulés en 4 jours » et « le rythme de 1.000 contaminations par jour est maintenu » avec un taux de positivité « à 22,3 % ».

Depuis lundi, « 60 décès supplémentaires sont à déplorer », ajoute le communiqué qui précise que « tous n’étaient pas vaccinés » et que « le plus jeune avait 48 ans ».

Les services funèbres de l’île sont surchargés, selon les médias locaux. « A cause de la saturation liée au Covid mais aussi aux autres causes comme les accidents de la route par exemple, nous sommes en limites de place », témoigne Tania Foucan, médecin légiste du CHU de Guadeloupe.

« Pour répondre à la problématique des +flux+ que cette saturation pose, un container réfrigéré de 40 pieds et un module de 12 places ont été installés, fournis par les pompiers et l’armée », selon elle.

Vendredi soir, quelque 300 professionnels de santé doivent arriver sur l’île. Face à la situation du CHU, la Région Ile-de France a indiqué envoyer 20 lits de réanimation pour la Guadeloupe et la Martinique.

La Région Guadeloupe a également voté une subvention au CHU d’environ 90.000 euros pour l’achat d’un « automate PCR, permettant de réaliser de manière flexible des tests avec un délai de rendu plus rapide ».

De nouveaux clusters sont apparus comme celui du centre pénitentiaire de Baie-Mahault, où près de « 37 détenus (sont) contaminés, dont certains en réanimation, et une trentaine de personnels contaminés également », a assuré à l’AFP le secrétaire du syndicat Unsa-Ufap, Jean-Jacques Racamy, confirmant une information de la chaîne publique Guadeloupe la 1ere.

Par Le Point avec AFP

Covid-19 : après la Martinique, un « confinement strict » décrété en Guadeloupe

août 11, 2021

Mercredi matin, Emmanuel Macron a insisté sur la situation « dramatique » aux Antilles, où « l’augmentation des contaminations se traduit par une explosion des formes graves » de Covid-19.

En Guadeloupe, la situation sanitaire nécessite d’ouvrir « 100 lits de réanimation », a estimé le ministre des outre-mer, Sébastien Lecornu, mardi 10 août.
En Guadeloupe, la situation sanitaire nécessite d’ouvrir « 100 lits de réanimation », a estimé le ministre des outre-mer, Sébastien Lecornu, mardi 10 août. CEDRICK ISHAM CALVADOS / AFP

En France, la quatrième vague de Covid-19 frappe particulièrement les territoires d’outre-mer. En Guadeloupe et en Martinique, à peine 20 % de la population est complètement vaccinée, contre plus de 55 % en métropole, selon les derniers chiffres de Santé publique France.

  • Un confinement strict décrété en Guadeloupe

Comme c’est déjà le cas en Martinique, la Guadeloupe va connaître un « confinement strict » pour lutter contre l’épidémie, a annoncé, mercredi 11 août, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal.

Ce dernier a rappelé qu’en Martinique le préfet avait pris mardi un arrêté « qui ferm[ait] les restaurants, les bars, l’accès aux plages et certains commerces, et allonge[ait] le couvre-feu »« Lors du conseil de défense de ce matin, nous avons décidé d’étendre ces mesures à la Guadeloupe », a-t-il poursuivi, précisant qu’il s’agissait de « mesures fortes mais nécessaires ».

« C’est une nécessité vitale [pour] stopper au plus vite la circulation du virus. [Aux Antilles] la situation est critique, jamais sur le territoire français nous n’avons atteint un tel taux d’incidence. »

Les chiffres sont en forte augmentation en Guadeloupe, avec un taux d’incidence de plus de 1 700 cas pour 100 000 habitants et quatorze morts la semaine dernière. La situation épidémique nécessite d’ouvrir « 100 lits de réanimation », a estimé le ministre des outre-mer, Sébastien Lecornu, à son arrivée mardi soir dans l’île.

  • Situation « dramatique » aux Antilles, des soignants et pompiers en renfort

A l’ouverture du conseil de défense sanitaire, Emmanuel Macron a alerté, mercredi, sur la « situation dramatique » de l’épidémie aux Antilles, où « l’augmentation des contaminations se traduit par une explosion des formes graves » de Covid-19 et une saturation des hôpitaux.

« Un scénario d’urgence est aujourd’hui devant nous », a encore souligné le chef de l’Etat, selon qui la situation aux Antilles « implique la solidarité inconditionnelle de la nation » et offre « la démonstration cruelle » que « la vaccination est le moyen le plus efficace » face au virus.

« Si la situation est si inquiétante aux Antilles, c’est parce que la couverture vaccinale n’est pas suffisante », a insisté M. Attal après le conseil, appelant la population à se faire vacciner.

Quelque « 274 soignants et 60 pompiers » venus de la métropole sont arrivés pour « prêter main-forte aux équipes médicales » des deux îles, a annoncé dans la nuit de mardi à mercredi le ministre des outre-mer, Sébastien Lecornu, sur Twitter :

En Martinique, un nouveau confinement strict a été mis en place, avec fermeture des commerces non essentiels, des locations saisonnières, des hôtels et des plages, alors que les touristes ont été invités à quitter l’île, lundi.

  • En Guyane, remise en place du couvre-feu le week-end

En Guyane, pour lutter contre la progression du variant Delta, des mesures de protection renforcées ont également été décidées. A compter du 11 août, le couvre-feu est remis en place « du samedi 20 heures au lundi 5 heures [dans les communes] les plus touchées par la hausse du nombre de contaminations : Cayenne, Macouria, Matoury, Rémire-Montjoly et Kourou », a annoncé la préfecture dans un communiqué. Ces communes étaient déjà soumises à un couvre-feu en semaine dont les horaires restent « inchangés » (de 20 heures à 5 heures).

En outre, « tout voyageur non vacciné » en provenance de la Martinique et de la Guadeloupe « devra disposer d’un motif impérieux, présenter avant l’embarquement un test PCR négatif (de moins de soixante-douze heures) ou antigénique négatif (de moins de quarante-huit heures) et attester sur l’honneur qu’il accepte de se soumettre à un test antigénique à l’arrivée ». En cas de résultat positif, le voyageur devra observer une période d’isolement de dix jours, prolongeable si le test est toujours positif au bout de sept jours. « Cette mesure ne concerne pas les voyageurs dont le schéma vaccinal est complet », précise la préfecture.

Le taux d’incidence y est en hausse avec 259 cas pour 100 000 habitants, contre 213 cas la semaine précédente. « L’impact sur les hospitalisations est à craindre d’ici une ou deux semaines », s’alarme la préfecture, qui ajoute que le variant Delta, plus contagieux, représente désormais « plus de 60 % des tests PCR » réalisés en Guyane.

  • Nouveau couvre-feu en Polynésie

Le haut-commissaire de Polynésie, Dominique Sorain, a annoncé, lundi, le rétablissement d’un couvre-feu, de 21 heures à 4 heures, sur tout le territoire à partir de mercredi. Compte tenu de la flambée de l’épidémie, il n’a pas exclu d’étendre « très rapidement » les heures de ce couvre-feu, voire de mettre en place un reconfinement. « Le 16 juillet, nous avions un taux d’incidence inférieur à 10, aujourd’hui, on est à plus de 1 000 », a regretté M. Sorain.

Après plusieurs mois d’une circulation très faible du virus, l’épidémie a connu un regain soudain au début d’août. Plus aucun Polynésien n’était hospitalisé pour cause de Covid-19 à la mi-juillet ; ils sont désormais 159 à l’être, dont 27 en réanimation.

Les autorités avaient déjà instauré, depuis la fin du mois de juillet, plusieurs restrictions : limitation des rassemblements publics à vingt personnes et interdiction de tout événement réunissant plus de 500 personnes, interdiction des concerts, expositions, fêtes foraines, des mariages et des anniversaires dans les établissements publics, discothèques et salles de bal fermées, compétitions sportives à huis clos.

Avec Le Monde avec AFP