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Guerre en Ukraine : de l’inflation jusqu’en 2024, selon la Banque mondiale

avril 27, 2022

Selon les projections de l’institution, la hausse du prix des produits de base provoquée par la guerre en Ukraine sera sensible durant les deux prochaines années. Et pourrait se faire sentir encore plus longtemps si le conflit perdurait.

Début de pénurie dans un supermarché tunisois, le 8 avril 2022. © Chedly Ben Ibrahim/Bloomberg/Getty

Dans son dernier rapport sur les perspectives des marchés des produits de base, publié le 26 avril, la Banque mondiale ne se montre guère optimiste. Selon l’institution de Bretton Woods, «la guerre en Ukraine, en provoquant un choc majeur sur ces marchés, a modifié les structures mondiales des échanges, de la production et de la consommation de telle sorte que les prix resteront à des niveaux historiquement élevés jusqu’à la fin de 2024». Ce choc inflationniste durera tant sur le front énergétique que sur le front alimentaire, avec des pics jamais atteints depuis la crise pétrolière de 1973, affirme la Banque.

« Comme cela avait été le cas à l’époque, le choc est aggravé par la recrudescence des restrictions pesant sur le commerce des denrées alimentaires, des carburants et des engrais », explique Indermit Gill, vice-président de la Banque mondiale chargé de la croissance équitable, des finances et des institutions. Cette situation a « commencé à faire planer le spectre de la stagflation », ajoute-t-il, appelant « les responsables politiques à saisir toutes les occasions d’encourager, chez eux, la croissance économique et d’éviter toute action qui porterait préjudice à l’économie mondiale ».

Jamais depuis 2008 la hausse du prix des produits alimentaires – dont la Russie et l’Ukraine sont de grands producteurs – et des engrais, qui sont fabriqués à partir du gaz naturel, n’avait été aussi forte. De manière générale, la Banque mondiale estime que les prix des produits non énergétiques, notamment ceux des produits agricoles et des métaux, devraient augmenter de près de 20% en 2022 avant de se stabiliser au cours des années suivantes. Ceux des denrées alimentaires devraient rester bien supérieurs à la moyenne de ces cinq dernières années.

De même, selon les prévisions de l’institution, les prix de l’énergie augmenteront de plus de 50% en 2022 avant de s’atténuer en 2023 et 2024. Le prix du pétrole brut (Brent) devrait ainsi atteindre une moyenne de 100 dollars le baril en 2022 – son plus haut niveau depuis 2013 –, et augmenter de plus de 40% par rapport à 2021. Les prix devraient se modérer à 92 dollars en 2023, bien au-dessus de la moyenne sur cinq ans de 60 dollars le baril.

L’UTILISATION MOINDRE DES INTRANTS PÈSERA SUR LA PRODUCTION ET SUR LA QUALITÉ DES ALIMENTS

Le scénario du pire

D’après John Baffes, économiste principal au sein du groupe Prospects de la Banque mondiale, « la forte hausse du prix des intrants, tels que l’énergie et les engrais, pourrait entraîner une réduction de la production alimentaire, notamment dans les économies en développement ». « L’utilisation moindre des intrants pèsera sur la production et sur la qualité des aliments, ce qui affectera les disponibilités alimentaires, les revenus des populations rurales et les moyens de subsistance des pauvres », poursuit-il.

Ces projections ne sont toutefois pas figées. En cas de guerre prolongée ou de sanctions supplémentaires à l’encontre de la Russie, les prix pourraient être encore plus élevés et plus volatils, avertit la Banque.

Avec Jeune Afrique par Maureen Songne

Guerre en Ukraine : l’amélioration de la défense de l’Amérique du Nord est réclamée

mars 5, 2022
Deux chasseurs F-22 volent en formation serrée.

Deux chasseurs F-22 du NORAD lors d’un exercice (archives) Photo : The AP/TED S. Warren

La décision du président russe Vladimir Poutine de mettre l’arsenal nucléaire de son pays en état d’alerte la fin de semaine dernière a relancé les discussions à Ottawa et à Washington sur l’amélioration de la défense de l’Amérique du Nord.

Les gouvernements canadiens et américains qui se sont succédé promettent depuis des années de moderniser le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord, aussi appelé NORAD, créé pendant la guerre froide pour protéger le continent nord-américain contre une attaque soviétique.

Pourtant, malgré les avertissements de plus en plus urgents de hauts gradés militaires des deux côtés de la frontière, plusieurs attendent toujours que le Canada agisse.

Le commandant du NORAD, le général américain Glen VanHerck, a évoqué cette semaine la menace croissante à laquelle l’Amérique du Nord est exposée au moment où la Russie et la Chine mettent au point et déploient des armes à longue portée qui peuvent frapper le Canada ou les États-Unis et que le système actuel ne peut pas détecter.

Il s’agit notamment d’armes nucléaires et non nucléaires, y compris les missiles hypersoniques et de croisière que le président russe Vladimir Poutine a mis en état d’alerte le week-end dernier en représailles au soutien de l’OTAN à l’Ukraine.M. VanHerck en uniforme militaire.

Glen VanHerck, commandant du NORAD Photo : Getty Images/Win McNamee

La modernisation du NORAD s’éternise

Lors de son témoignage devant un comité du Congrès américain mardi, M. VanHerck a affirmé que la croyance populaire selon laquelle le Canada et les États-Unis pourraient déployer des forces à volonté en raison de la sécurité géographique du continent s’érode depuis plus d’une décennie.

« Nous devons améliorer notre capacité de détecter et de suivre les menaces potentielles partout dans le monde tout en fournissant des données aux décideurs le plus rapidement possible. »— Une citation de  Glen VanHerck, commandant du NORAD

Le gouvernement Trudeau insiste pour que la modernisation du NORAD soit une priorité absolue. À cette fin, le Canada et les États-Unis ont publié plusieurs déclarations conjointes au fil des ans pour insister sur la nécessité de moderniser le système. Ottawa a également réservé un montant initial de 163 millions de dollars en vue de cet effort l’an dernier.

Bien que les États-Unis aient agi sur plusieurs fronts, y compris le déploiement de nouveaux intercepteurs de missiles et de systèmes d’intelligence artificielle pour combiner des données issues de diverses sources afin de détecter une attaque, le Canada a été en grande partie silencieux.

Où en sommes-nous? s’est interrogé le professeur James Fergusson, de l’Université du Manitoba, un des plus grands experts canadiens du NORAD.

S’ils le savent, ils ne le disent pas, a-t-il souligné.

Le Système d’alerte du Nord canadien est désuet

Lors d’une visite officielle à Ottawa en décembre dernier, M. VanHerck a dit aux journalistes qu’il attendait des directives politiques quant à la mise à niveau de la contribution clé du Canada au NORAD, une série de radars construits dans l’Arctique canadien dans les années 1980, appelés le Système d’alerte du Nord.

Les responsables militaires avertissent depuis des années que le Système d’alerte du Nord, construit pour détecter les bombardiers russes qui approcheraient de l’Amérique du Nord depuis l’Arctique, est désuet en raison de la mise au point de missiles à plus longue portée.

Interrogée la semaine dernière, la ministre canadienne de la Défense, Anita Anand, a dit avoir eu plusieurs discussions avec le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, au sujet de la modernisation du NORAD et du Système d’alerte du Nord.

La ministre Anand n’a pas fourni de détails mais a souligné que le gouvernement fédéral a attribué un contrat de 592 millions de dollars en janvier à une entreprise inuit, Nasittuq Corp., pour exploiter et entretenir les radars à longue et à courte portée du système.

Avec La Presse canadienne