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Comment Abiy Ahmed a mis l’Éthiopie à terre

novembre 24, 2021
Des combattants du Front populaire de libération du Tigré au sud de Mekelle, en juin 2021 © FINBARR O’REILLY/NYT/REDUX/REA

À son arrivée aux affaires, en 2018, le Premier ministre suscitait un immense espoir populaire. Mais trois ans plus tard, dont douze mois de conflit au Tigré, il est au bord du gouffre, entraînant son pays avec lui.

Quand le premier ministre Abiy Ahmed prend les rennes de l’Éthiopie, en avril 2018, elle est chancelante. En toile de fond, une question existentielle : comment les 80 « nations, nationalités et peuples » du pays devraient-ils s’organiser pour à la fois affirmer leur identité sans entraves et vivre côte à côte pour leur bénéfice mutuel ?

L’ancienne réponse, incarnée par le dernier « roi des rois », Haïlé Sélassié, était rude. Une main de fer au service d’une hyper centralisation autoritaire ; la négation de toute diversité, les composantes ethniques éthiopiennes étant sommées de renier leur identité pour essayer d’intégrer le groupe dominant : les Amhara. Après sa chute en 1974, et après l’intermède sanglant du Derg, l’élite tigréenne qui prend le pouvoir par les armes en 1991 prétend faire l’inverse : une fédération basée sur un découpage ethnique, chaque région disposant d’une très forte autonomie. Mais le tropisme « unitariste » l’emporte. Le Front de libération du peuple du Tigré (FLPT) impose à son tour son hégémonie. Dans les faits, le fédéralisme ethnique est un trompe-l’œil.

Les Tigréens ne représentent que 6 % de la population, les Amhara, un quart, et les Oromo, un bon tiers. Lorsque le tout puissant Premier ministre tigréen Meles Zenawi décède subitement en 2012, la pyramide du pouvoir s’effondre parce qu’elle reposait sur les épaules d’un seul homme. Dans ce vide, les rancœurs accumulées dans les régions de l’Oromya et Amhara mènent à un soulèvement populaire. Les jeunes, son fer de lance, crient : « À bas les Woyane », le surnom de l’élite tigréenne.

Foyer d’instabilité

Celle-ci comprend que son tour est désormais passé. Elle reflue vers son bastion tigréen et décide une série de réformes : droits humains, retour des mouvements d’opposition armée basés en Érythrée, libéralisation de l’économie. Les autres partis ethniques suivent. L’Éthiopie entre dans ce qu’on a appelé sa « transition démocratique ». Son symbole est l’élection d’un jeune dirigeant oromo, quasi inconnu jusque-là, Abiy Ahmed. Il suscite un immense espoir populaire, y compris chez les Tigréens.

ABIY AVAIT HÉRITÉ D’UN ÉTAT PLUS QUE CENTENAIRE, FONCTIONNEL. TROIS ANS PLUS TARD, IL EST À GENOUX

Mais trois ans plus tard, le pays est à genoux. Abiy avait hérité d’un État plus que centenaire, fonctionnel, même si les années précédentes l’avaient lézardé. Il est atomisé, phagocité par des coteries locales. Il avait hérité d’une des meilleures armées d’Afrique. Deux fois vaincues, en juin et en octobre, elle n’est plus que l’ombre d’elle-même. Il avait hérité d’un pays souverain. Il s’accroche désespérément à Issayas Afeworki. Comme le despote érythréen considère également le FPLT comme son pire ennemi, son armée rejoint celle d’Abiy. Ses services de sécurité sont omniprésents, jusqu’aux contrôles à l’aéroport d’Addis-Abeba. L’Éthiopie était le pilier de la stabilité dans la Corne. Elle y est devenue le foyer majeur d’instabilité.

Course au désastre

Des dizaines de milliers d’hommes sont décimés sur les champs de bataille. La guérilla de l’Armée de libération Oromo se répand comme un traînée de poudre. Au Tigré, 5 millions d’habitants (sur 6 millions au total) ont besoin d’une aide d’urgence, 400 000 personnes sont au bord de la famine. Le blocus imposé par Addis-Abeba ne laisse passer que 15 % environ des secours nécessaires. Pour Antony Blinken, secrétaire d’État américain, les « atrocités » commises au Tigré pourraient s’apparenter à un « génocide ».

Abiy Ahmed porte une responsabilité écrasante dans cette course au désastre. Sa popularité initiale conjuguée à la vague de démocratisation lui conférait une mission historique : réunir pour la première fois les représentants de toutes les « nations, nationalités et peuples » pour qu’ils s’accordent librement sur un futur commun. Il fallait de l’œcuménisme, Abiy Ahmed a exacerbé les divisions. Très vite, il rend les Tigréens responsables de tous les maux du pays, présents et passés. Ces accusations font mouche. La tension monte avec le FPLT. Finalement, Abiy lance le 4 novembre 2020 une guerre qu’il a voulue, et non subie comme il le proclame. Les troupes fédérales aidées de paramilitaires amharas et surtout de l’armée érythréenne entrent au Tigré pour une « opération de rétablissement de l’ordre » censée finir en quelques jours.

LA VISION DU PREMIER MINISTRE EST ARCHAÏQUE. MÊME LA FORCE NE RÉUSSIRAIT PAS À L’IMPOSER

Habité par une vision messianique – sa mère avait prédit qu’il deviendrait le septième roi d’Éthiopie – et une soif insatiable de pouvoir, Abiy se voit comme l’héritier des grandes figures impériales qui rendra à l’Éthiopie une mythique « grandeur passée ». Il a délibérément et violemment ignoré et réprimé les aspirations d’une grande partie des Éthiopiens, dont le FPLT est devenu le champion : un « vrai » fédéralisme ethnique.

Sa vision est archaïque. Même la force ne réussirait pas à l’imposer. La preuve : la coalition FPLT-ALO se rapproche de plus en plus d’Addis-Abeba, et pourrait sous peu étrangler voire prendre la capitale. La survie du régime ne tient plus qu’à un fil. Dans un geste aussi symbolique que narcissique, Abiy Ahmed vient d’annoncer qu’il part sur le front pour prendre la tête de son armée, comme si cela pouvait inverser le rapport de force. Les pays occidentaux, eux, demandent à leurs ressortissants non indispensables de partir immédiatement pour ne pas devoir revivre le cauchemar de Kaboul.

Bientôt hors jeu ?

Malgré ce parcours désastreux, les pays voisins et les grandes puissances occidentales se sont obstinément aveuglés sur ces dérives. Par séduction d’abord, par impéritie ensuite. Ils s’en sont tenus à une sorte d’obsession textuelle : tout changement de régime devait être constitutionnel. Ils ont postulé que Abiy devait être au cœur d’une solution négociée, alors qu’il n’en a jamais voulu et que son maintien au pouvoir enfonce l’Éthiopie.

Olusegun Obasanjo pour l’Union africaine et Anthony Blinken sont à la manœuvre diplomatique, mais peut-être trop tard. Les discussions piétinent. La coalition FPLT-OLA est sûre de sa supériorité militaire, tandis qu’Abiy Ahmed croit en un retournement miraculeux des armes grâce à l’effet de masse consécutif à une mobilisation générale.

Mais l’obstacle que représente le Premier ministre éthiopien est enfin patent. Blinken a imputé pour la première fois la principale responsabilité de la poursuite des hostilités à Abiy. Des personnalités à l’intérieur comme hors du régime se concertent pour le mettre hors jeu d’une façon ou d’une autre et lancer ainsi ce fameux « dialogue national inclusif ». Leur réussite apporterait la seule petite lueur d’espoir.

Avec

René Lefort

Avec Jeune Afrique par René Lefort

Chercheur indépendant, spécialiste de la Corne de l’Afrique

Yémen: plus de 6.000 déplacés après l’avancée des rebelles autour de Hodeida

novembre 15, 2021
Yemen: plus de 6.000 deplaces apres l'avancee des rebelles autour de Hodeida
Yémen: plus de 6.000 déplacés après l’avancée des rebelles autour de Hodeida© AFP/Archives/Khaled Ziad

Plus de 6.000 nouvelles personnes ont été déplacées dans l’ouest du Yémen en guerre, après la récente avancée des rebelles Houthis autour de Hodeida, une ville portuaire essentielle pour l’acheminement de l’aide humanitaire, dont dépend la majorité de la population, selon l’ONU.

Les rebelles Houthis ont pris le contrôle d’une vaste zone au sud de Hodeida, objet d’un cessez-le-feu en 2018, après que les forces du gouvernement ont abandonné des positions au sud de la ville, avaient indiqué vendredi des sources loyalistes sans donner de raison à ce retrait.

« A la suite de ces événements, quelque 700 familles (environ 4.900 personnes) ont été déplacées vers la ville de Khokha, tandis que 184 autres familles (environ 1.300 personnes) ont été déplacées plus au sud vers le district de Mokha », a indiqué dimanche soir le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (Ocha) de l’ONU, citant des sources gouvernementales yéménites.

« A ce jour, aucun déplacement n’a été signalé dans les zones qui sont passées sous le contrôle des autorités de facto (les Houthis) », est-il précisé dans un communiqué.

Citant des humanitaires sur le terrain, l’Ocha a annoncé qu’un nouveau site pour les personnes déplacées, comprenant 300 tentes, a été établi à Al-Khokha, où les autorités cherchent à ériger un autre camp.

L’avancée des Houthis devrait néanmoins « permettre d’améliorer les déplacements des civils entre les provinces de Hodeida et de Sanaa et à l’intérieur de Hodeida », selon l’Ocha. La capitale Sanaa est également sous contrôle des rebelles depuis 2014, date à laquelle la guerre a éclaté avec les forces du gouvernement.

Selon la Mission des Nations unies en l’appui à l’Accord de Hodeida (MINUAAH), qui appelle les parties à « discuter », le retrait des forces du gouvernement représente un « changement majeur des lignes de front » dans cette province.

« Protéger les civils »

Dans un communiqué, la mission a exhorté les belligérants à « respecter leur obligation de protéger les civils, en particulier les personnes déplacées, dans toute la province de Hodeida et notamment dans le sud, où des affrontements sont signalés ».

Après l’avancée des rebelles, l’ONU avait appelé les belligérants à « assurer la sécurité des civils à l’intérieur et autour des zones où les lignes de front changent ».

En sept ans de guerre, les Houthis proches de l’Iran, ont réussi à s’emparer de pans entiers du pays, en particulier dans le nord qu’ils contrôlent largement.

En dépit de l’appui au gouvernement d’une coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite, rivale de la République islamique, les rebelles avancent également à Marib, dernier bastion loyaliste dans le nord.

La coalition a assuré lundi avoir tué plus de 140 insurgés au cours des dernières 24 heures dans des raids menés dans les provinces de Marib et Al-Bayda, au sud de Marib, selon l’agence de presse officielle saoudienne SPA.

Depuis octobre, la coalition a annoncé environ 3.500 morts côté rebelles dans des frappes quasi-quotidiennes pour repousser leur offensive sur la ville de Marib, chef-lieu éponyme de la province stratégique riche en pétrole.

Ces chiffres ne peuvent être vérifiés de manière indépendante et les Houthis communiquent rarement sur leurs pertes.

La guerre a plongé le Yémen dans l’une des pires catastrophes humanitaires au monde selon l’ONU, avec plus des deux tiers de la population dépendant de l’aide internationale. Des dizaines de milliers de personnes, la plupart des civils, ont été tuées et des millions déplacées selon des organisations internationales.

Par Le Point avec AFP

L’Ethiopie rappelle ses soldats retraités, l’opposition s’organise

novembre 5, 2021

L'ETHIOPIE RAPPELLE SES SOLDATS RETRAITÉS, L'OPPOSITION S'ORGANISE

© Reuters/TIKSA NEGERI

NAIROBI (Reuters) – L’armée éthiopienne a appelé vendredi ses soldats retraités à revêtir l’uniforme pour participer à la guerre contre les rebelles du Tigré, rapportent les médias officiels, alors que neuf groupes antigouvernementaux ont annoncé une alliance visant à chasser du pouvoir le Premier ministre Abiy Ahmed.L'ETHIOPIE: LES REBELLES TIGRÉENS ET LEURS ALLIÉS MENACENT D'AVANCER VERS LA CAPITALE

© Reuters/Reuters Staff L’ETHIOPIE: LES REBELLES TIGRÉENS ET LEURS ALLIÉS MENACENT D’AVANCER VERS LA CAPITALE

Appelé Front uni des forces fédérales et confédérales, la nouvelle alliance est constituée autour du Front populaire de libération du Tigré (TPLF), dont le soulèvement contre le gouvernement d’Addis-Abeba a fait des milliers de morts et plus de deux millions de déplacés depuis un an.

Alors que les rebelles tigréens et leurs alliés menacent d’avancer vers la capitale, située à un peu plus de 300 km au sud de leurs positions actuelles, l’armée éthiopienne a appelé ses anciens soldats à revenir sous les drapeaux d’ici au 24 novembre.

Signe de leur inquiétude, le gouvernement et les autorités municipales d’Addis-Abeba ont déjà appelé cette semaine les habitants de la capitale à répertorier leurs armes et à se préparer à défendre leurs quartiers.

Face à l’escalade des violences, de nombreux pays africains et occidentaux ont lancé jeudi un appel au cessez-le-feu, qui n’a pas rencontré beaucoup d’écho jusqu’à présent.

Outre le TPLF, la nouvelle alliance antigouvernementale repose sur l’Armée de libération de l’Oromo (OLA), une ethnie dont est issu Abiy Ahmed et qui présente pour les insurgés l’intérêt d’être bien implantée autour de la capitale.

« Nous envisageons de mettre en place un régime de transition et nous sommes d’accord pour dire que le pouvoir actuel doit s’en aller au plus vite », a déclaré à Reuters Yohannes Abraha, un responsable du TPLF.

Les opposants, qui dénoncent la gestion trop centralisée d’Abiy Ahmed et la politique répressive du lauréat du prix Nobel de la Paix 2019 (pour son rapprochement avec l’Érythrée), ne discutent pas avec le gouvernement mais entendent se tourner vers des autorités et des institutions étrangères, a-t-il ajouté.

Le procureur général éthiopien, Gedion Temothewos, a qualifié de son côté l’alliance rebelle de « coup de pub » et accusé les groupes qui la composent de s’être livrés par le passé à des opérations de « nettoyage ethnique ».

Reuters par (Maggie Fick, avec George Obulutsa à Nairobi, version française Tangi Salaün, édité par Sophie Louet)

Du Nigeria à la RDC, une « épidémie de viols de guerre »

mai 31, 2021
Manifestations contre les violences dans l’Est de la RDC, à Kinshasa, en 2012.

Dans une grande enquête, la reporter britannique Christina Lamb rassemble les témoignages glaçants de survivantes de violences sexuelles en temps de conflit. Une arme de destruction massive employée en toute impunité.

« Ça a duré pendant six semaines. Ma vie n’était plus qu’un viol, tremble Rojian, 16 ans. C’est dur à raconter, mais c’est encore plus dur que les gens l’ignorent. » Ancienne esclave sexuelle aux mains de l’État islamique, cette adolescente yézidie est l’une des voix courageuses de l’enquête sur le viol de guerre réalisée dans treize pays par la reporter britannique Christina Lamb.

Près d’une décennie après avoir accompagné la militante pakistanaise des droits humains Malala Yousafzai dans la rédaction de son autobiographie, la correspondante en chef de l’hebdomadaire The Sunday Times recueille dans Nos corps, leur champ de bataille. Ce que la guerre fait aux femmes les témoignages douloureux, souvent insoutenables, de survivantes du génocide contre les Tutsi, de parents de lycéennes nigérianes enlevées par Boko Haram et mariées de force à des jihadistes, de mères de bébés violés dans les villages de RDC…

Humilier et détruire

« Cela n’a rien de sexuel, c’est une manière d’arracher son humanité à la victime et de lui montrer qu’elle n’existe pas », martèle le gynécologue Denis Mukwege, prix Nobel de la paix 2018 aux côtés de l’activiste yézidie Nadia Murad, répétant inlassablement que « tant que le poids du tabou reposera sur la victime plutôt que sur l’auteur du crime, rien ne changera »

« Moins onéreuse et tout aussi efficace qu’une balle de kalachnikov », assène Christina Lamb, l’arme est redoutable. Et les objectifs sont glaçants : humilier la femme de l’ennemi, détruire le tissu social, faire fuir la population et même féconder pour changer l’équilibre démographique.

CHAQUE FOIS QU’ON CROISAIT LE CHEMIN DES INTERAHAMWE, ILS NOUS VIOLAIENT

Plus de vingt ans après avoir ouvert son hôpital de Panzi pendant la Deuxième guerre du Congo, le Dr Mukwege continue à « réparer » des femmes profondément traumatisées et mutilées en RDC. Il tente d’étendre son action à la Guinée, au Burkina ou à la Centrafrique. Lorsqu’elle lui rend visite à Bukavu, dans le Sud-Kivu, Christina Lamb trouve un homme « très abattu » face à des cas de plus en plus graves, des enfants toujours plus jeunes.

Si les femmes étaient déjà considérées comme un butin de guerre dans la Grèce antique, et ont payé un lourd tribut dans les conflits du XXe siècle, cette grande reporter, lauréate de quatre British Press Awards et du prix Bayeux des correspondants de guerre, estime qu’une nouvelle « épidémie de viols de guerre » s’est déclarée en 2012 au moment de l’enlèvement des filles de Chibok, puis s’est répandue à travers l’Irak, la Birmanie, le Soudan du Sud et plus récemment en Éthiopie et dans sa région du Tigré.

Les pionnières du Rwanda

L’Afrique ne compte plus – et ne compte pas – ses victimes. Mais elle a vu émerger de véritables pionnières dans la lutte pour la libération de la parole et la reconnaissance du viol comme crime de guerre. « En RDC, de nombreuses femmes se sont levées pour parler de ce qu’elles avaient vécu et se soutenir les unes les autres », souligne Christina Lamb, marquée par son passage à la « Cité de la joie », une organisation fondée par la Belgo-Congolaise Christine Schuler Deschryver, qui aide de jeunes femmes de 18 à 30 ans à reprendre le contrôle de leur vie.

C’est au Rwanda, où 250 000 à 500 000 viols ont été perpétrés entre avril et juillet 1994 selon le rapporteur spécial de l’ONU, que la première victoire judiciaire contre ces crimes de masse a été remportée. À Taba, à l’ouest de Kigali, Victoire Mukambanda a perdu le compte de ses propres cauchemars : « Chaque fois qu’on croisait le chemin des Interahamwe, ils nous violaient. » Mais avec sa sœur, Serafina Mukakinani, elle a osé se présenter en 1998 devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), à Arusha, lors du procès du maire de la ville, Jean-Paul Akayesu.

Un procès historique, qui aboutira à la toute première condamnation pour viol de guerre, malgré les résistances, voire la lâcheté, des juges confrontés au récit des pires tortures, systématiques, parfois collectives, souvent perpétrées devant des proches. « Ils voulaient se boucher les oreilles pour ne plus entendre, raconte l’ancienne haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme Navi Pillay, alors seule juge femme du TPIR. Ils me disaient : “On ne sait pas quoi faire de ces preuves, alors on te les laisse”. »

LES FEMMES DE TABA ONT CHANGÉ L’HISTOIRE DU DROIT INTERNATIONAL

Si vingt-cinq ans après, les femmes de Taba – que Christina Lamb a retrouvées – luttent encore pour leur survie et sont souvent contraintes de cohabiter avec leurs bourreaux, « elles ont littéralement changé l’histoire du droit international », rappelle la journaliste. Un exemple pour les autres victimes en quête de justice, comme les Yézidies.

Une rencontre entre ces deux générations de survivantes a été organisée à New York, à l’initiative de la Free Yezidi Foundation. Les Yézidies y ont repris espoir. Les Rwandaises, elles, auraient préféré n’avoir aucune jeunesse à inspirer. « Je me suis gardée de dire qu’elles m’avaient confié être reparties abattues de voir que, malgré leur courage et tous leurs efforts, les viols continuaient », déplore Christina Lamb.

La journaliste britannique Christina Lamb a mené l’enquête dans treize pays

En toute impunité

D’autant que la voie qu’elles ont ouverte reste très étroite. En vingt ans, la Cour pénale internationale (CPI) n’a prononcé que deux condamnations pour des faits de violence sexuelle, à l’encontre de deux Congolais, l’ancien vice-président et ex-chef rebelle Jean-Pierre Bemba, en 2016 (un verdict annulé deux ans plus tard), et le seigneur de guerre Bosco Ntaganda, surnommé Terminator, en 2019. « C’est si difficile d’obtenir justice, se désespère la reporter britannique. Le viol est sans doute le crime de guerre le plus ignoré au monde. »

Dans l’immense majorité des cas, les poursuites ne sont pas même engagées. Au Nigeria, le mouvement « Bring Back Our Girls » est retombé et les jihadistes de Boko Haram continuent à enlever de jeunes filles au nord-est, à disposer de leurs corps et de leurs esprits en toute impunité. En Irak, lors des procès de jihadistes de Daech, les sévices infligés à leurs esclaves sexuelles ne font pas partie des chefs d’accusation. On intime aux victimes de se satisfaire de condamnations pour terrorisme. Ne valent-elles pas déjà aux coupables la perpétuité ou la mort ?

Mais plus qu’une peine, aussi lourde soit-elle, ces survivantes luttent pour la reconnaissance des viols, « l’une des pires atrocités », selon les juges du procès Akayesu, parce qu’elle entraîne « la destruction de l’esprit, de la volonté de vivre, et de la vie elle-même ».

Pour obtenir la justice, indispensable à la reconstruction, « il faut plus de femmes dans la police et dans les tribunaux, plaide aujourd’hui Christina Lamb. Plus de femmes dans les négociations de paix ». Et plus de femmes pour écrire l’histoire, dont certaines des pages les plus sombres sont passées sous silence par les hommes.

Nos corps, leur champ de bataille. Ce que la guerre fait aux femmes, de Christina Lamb, Harper Collins, 517 pages, 21 €

Avec Jeune Afrique par Julie Gonnet

Éthiopie: la crise au Tigré se poursuit, dénonce Amnistie internationale

avril 15, 2021

NAIROBI, Kenya — Des soldats érythréens sont toujours déployés dans la région éthiopienne troublée du Tigré et continuent à tuer des civils plusieurs semaines après que l’Éthiopie eut promis leur départ, dénonce Amnistie internationale.

© Fournis par La Presse Canadienne

Le Conseil de sécurité des Nations unies doit discuter de la situation au Tigré au cours des prochaines heures. Des milliers de personnes ont déjà perdu la vie et les États-Unis ont soulevé des allégations de nettoyage ethnique dans la partie occidentale de cette région de six millions d’habitants.

Le nettoyage ethnique désigne le déplacement de certains habitants par la violence, souvent par le biais de meurtres et de viols.

Citant plusieurs témoins, Amnistie internationale a indiqué dans un communiqué que des soldats érythréens qui traversaient la ville d’Adwa, lundi, ont commencé à tirer sans raison sur les habitants, faisant au moins trois morts et 19 blessés.

Six victimes auraient été touchées grièvement, selon un employé de l’hôpital local.

La directrice régionale d’Amnistie, Sarah Jackson, a qualifié la fusillade «d’autre attaque illégale par les forces érythréennes contre les civils du Tigré».

Malgré les nombreux gains réalisés au cours des dernières décennies, un trop grand nombre de femmes dans le monde se voient toujours refuser l’égalité des droits avec les hommes. Trop souvent, les femmes sont la cible de violence et de discrimination en raison de leur sexe. Voici 50 photos inspirantes de partout dans le monde relatant la lutte des femmes pour leurs droits au fil des ans.

Une porte-parole du premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, Billene Seyoum, n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires.

M. Abiy a reconnu publiquement pour la première fois le mois dernier, après l’avoir nié pendant plusieurs mois, que des soldats érythréens se trouvaient au Tigré. Le secrétaire général de l’ONU a déjà dit que M. Abiy lui avait «garanti» qu’aucun soldat érythréen ne se trouvait au Tigré.

L’Éthiopie a récemment annoncé que les forces érythréennes avaient commencé à se replier.

Mais des témoins ont confié à l’Associated Press que des soldats circulent librement dans certaines régions du Tigré, pillant et tuant, alors qu’ils appuient les forces éthiopiennes et leurs alliés qui traquent les leaders en fuite de la région. Le gouvernement érythréen est un ennemi de longue date des leaders du Tigré.

Des combats meurtriers se poursuivent dans plusieurs secteurs du Tigré. Une querelle politique entre M. Abiy et les leaders du Tigré, qui ont dominé le gouvernement éthiopien pendant trente ans, s’est transformée en guerre ouverte.

– Par The Associated Press avec La Presse Canadienne

L’appel à la guerre contre le Rwanda d’un ancien premier ministre congolais

décembre 23, 2019

L’ancien premier ministre et opposant congolais Adolphe Muzito a appelé lundi Kinshasa à «faire la guerre au Rwanda» et même à «l’annexer» pour mettre fin aux violences qui ensanglantent l’est de la République démocratique du Congo depuis 25 ans.

«Il faut faire la guerre au Rwanda pour rétablir la paix dans la région. Le Rwanda influe sur la politique congolaise. L’Ouganda aussi», a déclaré Adolphe Muzito dans une conférence de presse à Kinshasa. Et d’ajouter, sur le même ton : «Nous ne pouvons faire la paix qu’en menaçant le Rwanda, en occupant son territoire, si possible annexer le Rwanda.» L’AFP n’a pu joindre immédiatement le porte-parole du gouvernement pour une réaction.

Premier ministre de 2007 à 2012, Adolphe Muzito occupe depuis début décembre la présidence tournante de Lamuka, principale plateforme politique d’opposition en République démocratique du Congo.

La RDC a été ravagée par deux guerres régionales (1996-1997 et 1998-2003). Le pays entretient des relations en dents de scie avec ses voisins du Rwanda et de l’Ouganda. La RDC accuse ces deux pays de vouloir la déstabiliser, quend ces derniers considèrent la RDC comme base arrière de milices hostiles à leurs régimes. Depuis un quart de siècle, la partie orientale du pays (les régions des Kivu et Ituri, principalement) est en proie à l’insécurité en raison de la présence des dizaines des groupes armés locaux et étrangers.

Insécurité

Parmi ces derniers, se trouvent les milices ougandaises des Forces démocratiques alliées (ADF), les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) ou les rebelles burundais des Forces nationales de libération (FNL). Ces groupes sont accusés de nombreux crimes en RDC.

En octobre, le président congolais Félix Tshisekedi s’était rendu à Kampala, où, avec son homologue Yoweri Museveni il avait évoqué la question stratégique de la lutte contre les groupes armés dans l’est de la RDC. Le réchauffement des relations avec Kampala avait été précédé dès mars-avril par le rétablissement des liens de bon voisinage avec le Rwanda.

Kinshasa et ses voisins ont annoncé fin octobre vouloir mutualiser leurs efforts pour combattre les groupes armés et milices dans la région des Grands lacs. Samedi, un groupe de 71 rebelles rwandais défaits par l’armée congolaise, et près de 1500 de leurs proches, ont été rapatriés au Rwanda à partir de la province congolaise du Sud-Kivu.

Par Le Figaro avec AFP

L’Iran et les États-Unis: vers une guerre courte ou illusoire?

juin 27, 2019

L’Iran met en garde Trump contre l’« idée d’une guerre qui ne durerait pas très longtemps»

Téhéran a mis en garde ce jeudi contre les «idées fausses» du président américain Donald Trump qui a évoqué la veille la possibilité d’une «guerre courte» des Etats-Unis contre l’Iran.

L’idée d’une « »guerre courte » avec l’Iran est une illusion», a écrit le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, sur Twitter.

Une guerre contre l’Iran «ne durerait pas très longtemps», affirme Trump

Les Etats-Unis seraient en position de force en cas de guerre contre l’Iran et un éventuel conflit, qui n’impliquerait pas de troupes au sol, «ne durerait pas très longtemps», a déclaré ce mercredi Donald Trump sur la chaîne Fox Business.

Le président américain a affirmé qu’il espérait qu’il n’y aurait pas de guerre. «Mais nous sommes dans une position très forte si quelque chose devait arriver. Nous sommes dans une position très forte, et ça ne durerait pas très longtemps, je peux vous le dire», a-t-il assuré. «Ca ne durerait pas très longtemps et je ne parle pas de troupes au sol», a-t-il ajouté.

Les risques de confrontation directe entre Washington et Téhéran ont été ravivés par la destruction par l’Iran d’un drone de l’US Navy, jeudi près du détroit d’Ormuz.

Donald Trump s’entretiendra avec Vladimir Poutine des tensions autour de l’Iran, ainsi que de la guerre en Syrie, lors d’une rencontre en marge du sommet du G20 fin juin au Japon, a annoncé mercredi un conseiller du Kremlin. Les deux hommes tiendront des pourparlers le 28 juin à Osaka et devraient aborder «les questions de stabilité stratégique, la Syrie, l’Ukraine, l’Afghanistan et la problématique iranienne», a déclaré aux journalistes Iouri Ouchakov, conseiller de Vladimir Poutine. Leur dernier tête-à-tête, à Helsinki, remonte à juillet 2018. Donald Trump, qui avait promis d’améliorer les relations des Etats-Unis avec la Russie, avait choqué la classe politique américaine par son ton conciliant à l’égard de Vladimir Poutine.

Par Le figaro.fr avec AFP et Reuters

Corée du Nord: Pyongyang marque la fin de la guerre, des dépouilles américains sur le chemin de retour

juillet 27, 2018

Des militaires de l’armée nord-coréenne se recueillent devant le monument de la Grande guerre de libération de la mère patrie, nom donné par la Corée du Nord à la guerre de Corée, à Pyongyang, le 27 juillet 2018, pour le 65e anniversaire de l’armistice. / © AFP / Ed JONES

Entourés de collines embrumées, des soldats, des marins et des civils nord-coréens se pressent dans un cimetière de héros pour rendre hommage à leurs frères d’armes, vendredi pour le jour anniversaire de la fin de la guerre de Corée.

Les hostilités ont pris fin il y a 65 ans avec un armistice conclu par les forces des Nations unies emmenées par les Etats-Unis avec les Nord-Coréens et leurs alliés chinois. Il n’y a pas eu de traité de paix si bien que la péninsule est toujours techniquement en guerre.

De 1950 à 1953, les deux parties se sont battues jusqu’à l’impasse, des millions de personnes ont été tuées et la Corée, toujours coupée en deux par une Zone démilitarisée n’était plus que ruines fumantes. Mais le Nord affirme que c’était une victoire et la guerre figure en bonne place des arguments de la dynastie Kim pour légitimer son pouvoir.

Peloton après peloton, les différentes unités se sont rassemblées dans ce cimetière de la banlieue de Pyongyang dominé par la statue géante d’un canon de fusil et d’une baïonnette, ornée de la médaille du Héros de la République populaire démocratique de Corée, le nom officiel du Nord.

Une famille dépose des fleurs sur la tombe d’un soldat nord-coréen mort pendant la guerre de Corée, le 27 juillet 2018. / © AFP / Ed JONES

Elles ont déposé des gerbes devant un cercueil en granit décoré d’un drapeau en métal, d’une mitrailleuse et d’un képi.

Une voix entonne: « Inclinons nous devant les martyrs qui prirent part à la Grande guerre de libération de la mère patrie », le nom donné par Pyongyang au conflit, avant que les militaires n’ôtent leur képi et ne baissent la tête.

Le premier occupant du cimetière à être tombé au combat, Jang Thae Hwa, 22 ans, a bloqué l’entrée d’une casemate avec sa poitrine six jours après l’invasion du Sud par le Nord en 1950 afin de permettre à son unité d’avancer.

Les Américains tués durant la guerre de Corée / © AFP / Gal ROMA

– Ordre chronologique –

Le dernier soldat à succomber fut Ri Hyon Jun, 20 ans, canonnier fait Héros de la RPDC pour avoir abattu quatre appareils ennemis, mort cinq jours avant la fin du conflit.

Une fois la cérémonie finie, les soldats se sont promenés dans les allées de tombes, rangées par ordre chronologique.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un s’est rendu le 26 juillet 2018 au « cimetière des martyrs de la Grande guerre de libération de la mère patrie », nom donné au Nord à la guerre de Corée, pour le 65e anniversaire de l’armistice. AFP PHOTO/KCNA VIA KNS / © KCNA VIA KNS/AFP / KCNA VIA KNS

Pendant ce temps, de l’autre côté du pays, un avion américain prenait possession de 55 dépouilles de militaires américains tués pendant la guerre pour les conduire au Sud, première étape de leur retour à la maison.

Les relations entre la Corée du Nord dotée de l’arme nucléaire et les Etats-Unis ont connu ses derniers temps un revirement stupéfiant.

Après avoir échangé en 2017 insultes personnelles et menaces belliqueuses, le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un et le président américain Donald Trump se sont serré la main le 12 juin à Singapour.

La guerre de Corée en chiffres / © AFP / AFP

Le retour des dépouilles fait partie de l’accord conclu à cette occasion.

En revanche, la question de savoir si le Nord est disposé à renoncer à l’arsenal atomique qui lui a valu de multiples trains de sanctions de l’ONU est loin d’être tranchée.

– « Victoire éclatante » –

Corée du Nord: commémoration de la fin de la guerre de Corée / © KCTV/Yohan Press Agency/AFP / -, Farid Addala

A Singapour, M. Kim s’est engagé à travailler pour la dénucléarisation de la péninsule, une formule vague sujette interprétations divergentes. Pyongyang n’a procédé à aucune mesure confirmée et dénoncé les exigences « unilatérales » des Etats-Unis et leurs « méthodes de gangsters ».

Mais le Nord veut développer son économie et les autorités souhaitent que le climat actuel de bonhomie perdure.

Contrairement à l’ordinaire, l’AFP n’a pas été autorisée à parler aux gens présents au cimetière ni à assister à un dépôt de gerbes sur la colline Mansu, où des statues géantes du père fondateur de la Corée du Nord Kim Il Sung et de son fils et successeur, Kim Jong Il, dominent Pyongyang.

Les diplomates stationnés dans la capitale expliquent qu’obtenir un rendez-vous avec un responsable est encore plus difficile que d’habitude.

Les affiches de propagande se focalisent davantage sur l’héroïsme des combattants nord-coréens plutôt que sur les condamnations de l’ennemi.

Lors d’une conférence nationale des vétérans de la guerre, Choe Ryong Hae, membre du presidium du politburo, a mis en exergue jeudi « la victoire éclatante de l’idée militaire influencée par le Juche (l’idéologie du régime), de la stratégie, des tactiques et de l’art remarquable du commandement de Kim Il Sung ».

L’année dernière, les médias officiels parlaient des « agresseurs impérialistes américains », ajoutant que le Nord triompherait sans peine de l’ennemi. Et le 28 juillet 2017, Pyongyang procédait à son deuxième lancement de Hwasong-14, son missile balistique intercontinental.

Romandie.com avec(©AFP / 27 juillet 2018 16h20)

Enfants et guerre: des groupes congolais, maliens, yéménites sur la liste noire de l’ONU

juin 26, 2018

 

Le secrétaire général des Nations unies s’alarme d’une forte augmentation en 2017 des violations des droits des enfants dans les zones de conflit.

 En février 2018, des anciens enfants soldats dans une structure de l’UNICEF à Yambio, au Soudan du Sud.
Plusieurs groupes congolais, maliens et yéménites ont été ajoutés sur une liste noire annuelle de l’ONU d’entités violant dans les guerres les droits des enfants, annexée à un rapport de son secrétaire général publié cette semaine.

 

Dans ce document portant sur 2017, Antonio Guterres s’alarme d’une forte augmentation des violations – « au moins 6 000 vérifiées imputées à des forces gouvernementales et plus de 15 000 à des groupes armés non-étatiques ».

En République démocratique du Congo, les milices Bana Mura « ont commis des viols, des abus sexuels et des enlèvements » tandis que le groupe Kamuina Nsapu a recruté et utilisé des enfants à grande échelle, attaqué des écoles et des hôpitaux et commis des rapts, indique le document onusien.

Au Mali, la Plateforme, qui inclut le Groupe d’autodéfense des Touaregs Imghad et leurs alliés et les groupes d’autodéfense Ganda Izo et Ganda Koy ont été inscrits sur la liste pour avoir, eux aussi, recruté et utilisé des enfants. De la même manière, au Yémen, le groupe Security Belt Forces a été recensé pour les mêmes motifs.

Les FARC retirées de la liste

« Les cas vérifiés de recrutement et d’utilisation des enfants ont quadruplé en Centrafrique et doublé en République démocratique du Congo par rapport à 2016 », alerte le rapport.

Au Yémen, « le nombre d’enfants tués et mutilés reste à un haut niveau inacceptable », considère aussi Antonio Guterres. Il reconnaît dans le même temps « une baisse significative du nombre d’attaques contre des écoles et des hôpitaux » menées par la coalition dirigée par l’Arabie saoudite en soutien des autorités et qui lui avait valu son inscription, en 2017, sur la liste noire de l’ONU.

Avec la transformation des FARC en parti politique en Colombie, ce groupe a été retiré de la liste. Les groupes djihadistes Etat islamique au Moyen-Orient et Boko Haram en Afrique « continuent de recruter et d’utiliser des enfants à une large échelle, en s’affranchissant des frontières », rappelle enfin le document onusien.

Lemonde.fr

Peuple de honte et de malheurs

janvier 29, 2018

 

Ils ont fui des épisodes amers de guerre

Avec un cortège sanglant de malheurs

Installés dans un camp de réfugiés

Ils sont devenus à temps plein sorciers

 

Certains réinstallés par pitié en Occident

Pour refaire leur vie au pays des Blancs

Au lieu de s’entraider entre compatriotes

Ils préfèrent continuer à servir le despote

 

Ô peuple décrié par le père de l’indépendance

Malgré ta persécution acharnée et ta souffrance

Au lieu de cultiver entre ressortissants l’amitié

Tu te donnes le luxe de briller par l’imbécillité

 

Bernard NKOUNKOU