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Ukraine : salve de missiles russes après l’annonce d’envoi de chars occidentaux

janvier 26, 2023
Un homme aidant une femme à sortir d'un cratère après un bombardement russe dans la région de Kiev.

Selon les autorités ukrainiennes, la Russie a tiré jeudi 55 missiles aux abords de Kiev. Photo: Getty Images/Roman Pilipey

L’Ukraine a été la cible jeudi de nouveaux bombardements russes d’ampleur, qui ont fait au moins 11 morts et 11 blessés et provoqué des pannes de courant, au lendemain de la décision des Occidentaux de livrer des chars lourds à l’armée ukrainienne.

Mercredi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait appelé à fournir ces blindés le plus vite possible, son ministère de la Défense prévenant que les troupes russes, en supériorité numériqueintensifiaient les combats dans l’est de l’Ukraine.

À Bakhmout, à l’épicentre des affrontements dans l’est de l’Ukraine, Lisa, une médecin, regrettait jeudi matin auprès de l’AFP les tergiversations occidentales sur les chars, estimant que le feu vert aurait dû être donné plus tôt et pour une plus grande quantité de ces matériels.

Mais, bien sûr, nous sommes très reconnaissants de ce que nous avons obtenu, ajoutait-elle.

Dans l’immédiat, 11 personnes ont été blessées et, malheureusement, 11 autres sont décédées, a déclaré à la télévision le porte-parole des secours ukrainiens, Oleksandre Khorounejy, selon qui les dégâts les plus importants sont dans la région de Kiev. Un précédent bilan local faisait état d’un mort et de deux blessés dans la capitale, selon son maire, Vitali Klitschko.

Plusieurs dizaines de missiles

Un lance-missiles fait feu durant des exercices en Crimée.

Les salves de missiles tirés sur des infrastructures électriques névralgiques pendant l’hiver sont devenues la principale stratégie du Kremlin en attendant les offensives du printemps. Photo: via Reuters/Ministère de la Défense de la Russie

Selon le commandant en chef des forces armées ukrainiennes, le général Valery Zaloujny, la Russie a tiré jeudi 55 missiles sur l’Ukraine et 47 ont été détruits, dont 20 aux abords de Kiev.

L’Ukraine a également dit avoir abattu dans la nuit 24 drones explosifs Shahed, de fabrication iranienne. Un premier bilan a fait état d’un mort et de deux blessés dans la capitale, selon son maire, Vitali Klitschko.

Des coupures d’électricité d’urgence ont été imposées à Kiev et dans d’autres régions après que des sites énergétiques ont été touchés, la Russie essayant de causer une défaillance systémique du réseau national, selon le ministre de l’Énergie, Guerman Galouchtchenko.

La situation reste maîtrisée, a assuré le premier ministre Denys Chmygal.

À Odessa (sud-ouest), malgré des difficultés, le courant était rétabli en milieu de journée dans les hôpitaux et les autres infrastructures essentielles de la ville, a annoncé la compagnie d’électricité privée DTEK.

Les frappes près de cette grande ville portuaire ont eu lieu peu avant que la cheffe de la diplomatie française, Catherine Colonna, n’y arrive dans la matinée pour discuter avec son homologue ukrainien, Dmytro Kouleba.

Après une série de revers militaires sur le terrain à la fin de l’été et à l’automne, le Kremlin a commencé en octobre à régulièrement frapper les transformateurs et les centrales électriques de l’Ukraine, plongeant à chaque fois des millions de civils dans le noir et le froid.

En attendant les chars occidentaux

Des chars d'assaut embarqués sur un train.

Les États-Unis ont promis cette semaine 31 chars d’assaut Abrams aux Ukrainiens. Photo: AFP/Petras Malukas

Cette nouvelle vague de bombardements intervient au lendemain du feu vert de Washington et de Berlin au transfert de dizaines de chars lourds à Kiev, une décision inédite en 11 mois de guerre. L’Allemagne compte livrer fin mars ou début avril les premiers Leopard 2 promis.

Volodymyr Zelensky, selon lequel il s’agit d’une étape importante pour la victoire finale, a remercié ses alliés. Mais il a relevé que la clé du succès était désormais la vitesse et le volume des livraisons, Kiev demandant des centaines de blindés pour entamer la reconquête des territoires sous occupation dans l’est et le sud.

Le président ukrainien a aussi réclamé des avions de combat et des missiles de longue portée, autant d’armes que les Occidentaux refusent jusqu’ici de fournir, de peur de provoquer une escalade militaire.

Engagement direct dans le conflit

D’ores et déjà, le Kremlin considère que la livraison de chars est la preuve de l’engagement direct dans le conflit des Occidentaux. Et nous voyons que [cet engagement] grandit, a relevé jeudi face à la presse le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.

Pour l’Ukraine, l’obtention d’armements est vitale pour reprendre les territoires dont la Russie revendique l’annexion. D’autant que, dans l’est, les combats s’intensifient, a relevé mercredi soir la vice-ministre ukrainienne de la Défense, Ganna Maliar.

Un char d'assaut dans l'eau.

Une douzaine de pays possèdent des chars d’assaut de type Leopard-2, fabriqués en Allemagne. Photo : Getty Images/Sean Gallup

Nous ne sommes pas en guerre avec la Russie et aucun de nos partenaires ne l’est, a répliqué la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Anne-Claire Legendre. La livraison d’équipements militaires dans le cadre de l’exercice de sa légitime défense ne constitue pas une co-belligérance, a-t-elle soutenu face à la presse.

Cette mise au point intervient également après une déclaration maladroite de la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, qui, alors que son pays a été très critiqué pour ses atermoiements, avait dit mercredi : Nous combattons dans une guerre contre la Russie et non entre nous.

Pour l’heure, dans l’est, les combats s’intensifient, a souligné mercredi soir Ganna Maliar.

Les forces russes y sont en supériorité numérique, a-t-elle noté, citant la zone de Bakhmout, dont les troupes de Moscou tentent de s’emparer depuis plusieurs mois, mais aussi celle autour de Vougledar, une localité au sud-ouest de Donetsk.

Un homme marche près d'un pylône électrique.

Les infrastructures électriques ukrainiennes sont les cibles prioritaires des missiles et drones russes en plein hiver. Photo : Getty Images/Spencer Platt

Par ailleurs, l’Ukraine a admis mercredi avoir dû abandonner Soledar – au nord-est de Bakhmout –, dont les Russes revendiquaient la prise depuis une semaine.

Selon un sergent, qui répond au nom de guerre d’Alkorla bataille a été rude, car les Ukrainiens étaient moins nombreux.

Nous tirons, encore et encore, mais, après cinq minutes, une nouvelle vague de 20 ennemis nous arrive dessus, dit-il. Leur nombre est énorme. Ils utilisent leurs soldats comme de la chair à canon.

Selon l’Institute for the Study of War, la Russie semble multiplier les offensives sur la ligne de front pour disperser les forces ukrainiennes afin de créer les conditions d’une opération offensive décisive.

Avec Radio-Canada par Agence France-Presse

Chars Leopard en Ukraine : l’Allemagne prendra une décision « très bientôt »

janvier 24, 2023
Deux chars d'assaut de type Leopard 2

L’acquisition de chars de type Leopard 2 représenterait pour Kiev un gain significatif susceptible de l’aider dans sa guerre contre l’envahisseur russe. (Photo d’archives) Photo: Reuters/Ints Kalnins

Varsovie a officiellement demandé à Berlin la permission d’envoyer 14 chars Leopard 2 à Kiev, une manœuvre qui, selon Moscou, n’augure « rien de bon » pour la suite.

Le dépôt de la requête a été confirmé mardi par le ministre polonais de la Défense. L’Allemagne a déjà reçu notre demande d’accepter le transfert de chars Leopard 2 à l’Ukraine, a indiqué Mariusz Blaszczak sur Twitter, invitant du même coup Berlin à se joindre à la coalition de pays prêts à livrer de tels blindés au gouvernement Zelensky.

La Pologne espère maintenant une réponse rapide, a-t-il ajouté, dans un point de presse subséquent.

Une compensation financière sera demandée à l’Union européenne. Il s’agira là d’un autre test de bonne volonté, a déclaré pour sa part le premier ministre polonais Mateusz Morawiecki.

Mariusz Blaszczak sous la neige.

Le ministre polonais de la Défense, Mariusz Blaszczak, apparaît résolu dans sa volonté de livrer à Kiev des chars d’assaut construits en Allemagne, avec ou sans l’assentiment de Berlin. Photo: AP/Michael Probst

Berlin a de son côté confirmé la réception de la demande de Varsovie. Celle-ci sera étudiée avec l’urgence requise, conformément à la procédure prévue, a déclaré un porte-parole du gouvernement.

Le nouveau ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a également assuré que la décision arriverait très bientôt.

En attendant, les pays alliés qui possèdent des chars Leopard peuvent déjà commencer à former des militaires ukrainiens en vue de leur utilisation, a-t-il indiqué mardi lors d’une conférence de presse aux côtés du secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg.

D’autres pays attendent la décision de Berlin

Officiellement, les accords conclus sur la vente de chars allemands interdisent l’exportation de ceux-ci vers un pays tiers. Varsovie assure toutefois être en pourparlers avec une quinzaine de pays pour décréter l’abandon unilatéral de cette clause.

En tout, une vingtaine de pays utilisent ces blindés tant convoités, dont l’Australie, les Pays-Bas, la Suède, le Danemark, la Finlande et la Norvège.

Le Canada, pour sa part, possède 82 chars Leopard 2, entreposés à Edmonton, Montréal et Gagetown. Justin Trudeau a déjà fait savoir que certains d’entre eux pourraient être envoyés en Ukraine.

Sa ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, a également confirmé lundi avoir eu plusieurs conversations [sur ce sujet] avec des représentants du gouvernement allemand.

C’est très important que l’on s’entende entre alliés, et c’est pour cela que les conversations vont continuer, a-t-elle déclaré en point de presse, soulignant que le Canada avait déjà envoyé 200 véhicules blindés en Ukraine en plus d’acquérir pour elle un nouveau système de défense antiaérien.

Mélanie Joly en point de presse.

L’Allemagne doit-elle autoriser l’envoi de chars Leopard 2 en Ukraine? La question fait ces jours-ci l’objet de tractations diplomatiques, confirme la ministre canadienne des Affaires étrangères Mélanie Joly. Photo: Radio-Canada/Nick Iwanyshyn

En entrevue à D’abord l’info, sur ICI RDI, le colonel à la retraite Pierre St-Cyr a toutefois expliqué qu’il serait plus logique pour Ottawa de se concentrer sur sa mission de formation Unifier que d’envoyer en Ukraine des engins pouvant peser jusqu’à 60 tonnes chacun, ce qui représenterait selon lui un véritable casse-tête logistique.

Ce serait plus avantageux de prendre des chars qui sont déjà en Europe, comme [ceux] des Polonais, des Finlandais, et éventuellement, si l’Allemagne se décide, des chars allemands, a-t-il soutenu, mardi.

Berlin a en sa possession quelque 320 blindés de type Leopard 2, a confirmé mardi un porte-parole du ministère de la Défense au réseau CNN.

Le gouvernement Scholz divisé

La pression monte pour Berlin, alors que le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré mardi que la livraison de chars Leopard 2 à Kiev laisserait une trace indélébile et n’apporterait rien de bon à la relation [russo-allemande].

La Pologne, de son côté, a prévenu lundi qu’elle serait prête à se passer de l’aval de l’Allemagne si celle-ci continuait à souffler le chaud et le froid – une « indécision » décriée par l’Ukraine. Kiev réclame 300 chars de combat de la part de ses alliés occidentaux.

Pressé de toute part, le gouvernement de coalition au pouvoir à Berlin apparaît divisé sur cette question.

Dimanche, la cheffe de la diplomatie allemande, Annalena Baerbock (écologiste), a indiqué que son pays ne s’opposerait pas à la requête polonaise, alors que le chancelier Olaf Scholz (social-démocrate) ne s’est pas encore prononcé.

Jeudi dernier, le ministre de la Défense, Boris Pistorius, avait également déclaré que la décision serait prise « dans les prochaines heures  ». Cinq jours plus tard, rien n’a bougé.

Boris Pistorius en point de presse.

Le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius a accédé à ses nouvelles fonctions jeudi dernier. Il rencontrait mardi le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg. Photo: Reuters/Annegret Hilse

Selon des analystes, Berlin s’entête à bloquer l’envoi des blindés de combat réclamés par Kiev par crainte d’une escalade militaire avec Moscou.

Cette hésitation au sujet du Leopard 2 n’a toutefois pas empêché les pays alliés d’annoncer vendredi de nouvelles livraisons d’armes substantielles à l’Ukraine.

Des médias comme le Wall Street Journal et l’agence Reuters rapportaient en outre mardi que Washington pourrait autoriser l’envoi de chars Abrams à Kiev, ce qui ne manquerait pas d’accentuer la pression sur Berlin.

Par Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse, Reuters et CNN

Ukraine : les États-Unis tablent sur une contre-offensive ukrainienne au printemps

janvier 20, 2023

Le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin a estimé que les alliés peuvent faire « plus » pour aider l’Ukraine face à l’invasion russe.

Volodymyr Zelensky demande notamment aux pays occidentaux de fournir des chars et des missiles longue portee.
Volodymyr Zelensky demande notamment aux pays occidentaux de fournir des chars et des missiles longue portée.© Philippe de Poulpiquet / MAXPPP / PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP

Les États-Unis s’attendent à une contre-offensive de l’Ukraine au printemps, a déclaré vendredi le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin, soulignant qu’il s’agissait pour les alliés d’aider Kiev à s’y préparer. « Nous avons ici une fenêtre d’opportunité entre maintenant et le printemps… dès qu’ils commencent leur opération, leur contre-offensive », a-t-il déclaré aux journalistes lors d’une réunion des alliés de l’Ukraine en Allemagne. « Ce n’est pas une longue période et nous devons réunir les bonnes capacités », a-t-il ajouté.

Interrogé sur l’allié allemand et son refus, à ce stade, de donner un feu vert à la livraison de tanks Leopard 2, Lloyd Austin a assuré que l’Allemagne est un « allié fiable » malgré ses réticences à livrer des tanks à l’Ukraine, mais « nous pouvons tous faire plus » pour aider Kiev. « Ils sont fiables et ils l’ont été pendant très longtemps et je crois sincèrement qu’ils continueront à être un allié fiable dans le futur », a répondu à la presse le secrétaire américain à la Défense.

L’armée russe « très difficile » à expulser

Il sera « très difficile » de déloger d’ici à la fin de l’année l’armée russe du territoire ukrainien, a affirmé le chef d’état-major américain, lors d’une conférence de presse sur la base américaine de Ramstein, en Allemagne. « D’un point de vue militaire, je maintiens encore qu’il sera très très difficile d’expulser les forces russes de toutes les zones d’Ukraine occupées », a déclaré le général Mark Milley, chef d’état-major américain, lors d’une réunion des alliés sur le soutien militaire à Kiev.

Par Le Point avec AFP

Ukraine : le bilan grimpe à Dnipro, Moscou jure de « brûler » les chars occidentaux

janvier 16, 2023
Des secouristes transportent un sac noir.

Des secouristes transportent le corps d’un homme tué dans la frappe survenue samedi contre un immeuble résidentiel à Dnipro, en Ukraine. Photo: AP/Evgeniy Maloletta

Le bilan d’une frappe russe sur un immeuble résidentiel de Dnipro, en Ukraine, a grimpé lundi à 40 morts, devenant l’un des plus élevés depuis le début de la guerre et risquant encore de s’alourdir.

Vladimir Poutine a de son côté dénoncé les livraisons croissantes d’armes occidentales à l’Ukraine, le Kremlin jurant que les chars promis à Kiev brûleront sur le champ de bataille.

Moscou a par ailleurs démenti, comme toujours dans ce cas de figure, avoir été responsable du carnage à Dnipro, en rejetant la faute sur les Ukrainiens. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a ainsi évoqué une tragédie pouvant être due à un tir de la défense antiaérienne ukrainienne.

À l’inverse, la présidence suédoise de l’Union européenne a dénoncé un crime de guerre russe.

À la recherche de survivants

Lundi, presque 48 heures après qu’un missile a éventré un immeuble du quai de la Victoire à Dnipro, 40 corps sans vie avaient été retrouvés, selon les services de secours, tandis que 75 blessés ont été comptabilisés.

Des grues étaient en action pour amener les sauveteurs dans les appartements ravagés et autrement inaccessibles ou pour soulever des pans de béton. Dans les décombres, les équipes de secours cherchaient les 29 personnes toujours portées disparues, selon les autorités.

Trois secouristes dans une nacelle au-dessus d'un immeuble éventré.

Les secouristes sont transportés par des grues dans les ruines de l’immeuble afin de retrouver des victimes. Photo : Reuters/Clodagh Kilcoyne

Sur ce lieu de désolation, des personnes déposaient des fleurs et des peluches à la mémoire des victimes. D’autres habitants de Dnipro donnaient vêtements ou couettes à un point de collecte mis en place par des humanitaires.

Depuis le début des opérations de sauvetage, 39 personnes ont été secourues des ruines du bâtiment.

Le Kremlin a mis deux jours à réagir, son porte-parole démentant que son pays puisse être responsable de ce drame.

Les forces armées russes ne bombardent pas les immeubles résidentiels ni les infrastructures civiles, elles bombardent des cibles militaires, a déclaré M. Peskov, en dépit des frappes qui ont touché une multitude de cibles non militaires depuis le début de l’invasion, le 24 février 2022.

Le président Poutine ne s’était pas prononcé dimanche sur le sujet, considérant en revanche que les opérations russes en Ukraine étaient dans une dynamique positive, quelques jours après que Moscou eut revendiqué la prise d’une petite ville dans l’est ukrainien.

Les Occidentaux promettent davantage de matériel militaire

La frappe qui a détruit l’immeuble d’habitation de Dnipro a été effectuée dans le sillage d’une campagne de bombardements réguliers et massifs auxquels Moscou procède depuis octobre contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes.

Face à ces pluies de missiles et à la menace d’une nouvelle offensive russe d’ampleur, les Occidentaux ont intensifié leur aide militaire à l’Ukraine. Londres et Varsovie prévoient désormais de lui fournir des chars.

Une réunion sur les livraisons d’armements occidentaux à Kiev est prévue le 20 janvier sur la base américaine de Ramstein, en Allemagne.

Vladimir Poutine a de son côté dénoncé, dans une conversation avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, la ligne destructrice adoptée par le régime de Kiev qui a misé sur l’intensification des combats, avec le soutien de ses parrains occidentaux qui augmentent leurs livraisons d’armes et de matériel militaire aux Ukrainiens.

« Ces chars brûlent et brûleront. »— Une citation de  Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, à la presse

M. Peskov a accusé une fois encore les Occidentaux d’utiliser l’Ukraine pour atteindre des objectifs antirusses.

Après ses victoires de l’automne, Kiev dit avoir besoin encore et avant tout de chars lourds, de blindés légers, de systèmes de missiles de longue portée et de défense antiaérienne pour reprendre la totalité des territoires que les troupes russes occupent dans l’est et le sud de l’Ukraine.

Samedi, Londres avait annoncé la fourniture à Kiev de Challenger 2, ce qui constituerait la première livraison de chars lourds de fabrication occidentale à l’Ukraine.

Et lundi, le premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a dit attendre un feu vert de l’Allemagne pour livrer à l’Ukraine des chars Leopard de facture allemande.

Poursuivre les responsables de l’invasion

Après de sévères déconvenues à l’automne, la Russie tente de reprendre l’initiative notamment en redoublant d’efforts dans la bataille pour s’emparer de Bakhmout, une ville de l’est en proie de sanglants combats depuis des mois.

Moscou a revendiqué la semaine dernière une victoire, affirmant avoir pris Soledar, une petite ville au nord-est de Bakhmout aujourd’hui largement détruite.

L’Ukraine a démenti avoir abandonné cette localité de quelque 10 000 habitants avant-guerre, faisant état de combats toujours en cours.

Des casques tachés de sang dans la neige.

Des casques de soldats ukrainiens blessés ont été abandonnés près d’une route lorsqu’une équipe médicale de l’armée les a évacués samedi, tout près de Soledad. Photo: AFP/Getty Images/Anatolii Stepanov

Dans un discours à La Haye, la cheffe de la diplomatie allemande, Annalena Baerbock, s’est par ailleurs montrée lundi favorable à la création d’un tribunal spécial pour poursuivre les dirigeants russes à la suite de l’invasion de l’Ukraine.

Le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, est attendu, pour sa part, lundi en Ukraine.

Dans un tweet avant son départ, il a souligné que son organisation allait étendre sa présence pour aider à éviter un accident nucléaire pendant le conflit en cours.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

Guerre en Ukraine : Londres va livrer des chars d’assaut Challenger 2 à Kiev

janvier 14, 2023

Downing Street a annoncé que le Royaume-Uni allait fournir des chars d’assaut lourds à l’Ukraine, une première depuis le début du conflit.

Plusieurs Challenger 2, chars lourds de l'armee britannique, devraient etre livres aux forces ukrainiennes.
Plusieurs Challenger 2, chars lourds de l’armée britannique, devraient être livrés aux forces ukrainiennes. © ADRIAN DENNIS / AFP

Le Royaume-Uni est devenu ce samedi le premier pays à envoyer des chars lourds de facture occidentale pour aider Kiev face à l’invasion russe après avoir annoncé dans un communiqué qu’il allait fournir des chars Challenger 2 à l’Ukraine. Lors d’un entretien avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, le Premier ministre britannique Rishi Sunak a souligné « la volonté du Royaume-Uni d’intensifier son soutien à l’Ukraine, notamment en fournissant des chars Challenger 2 et des systèmes d’artillerie supplémentaires », a précisé Downing Street.

Londres ne précise pas combien de chars il compte envoyer à Kiev, ni quand ni comment il compte assurer la formation à l’utilisation et la maintenance des Challenger 2. Mais les deux dirigeants britannique et ukrainien sont d’accord sur la « nécessité de profiter » des récentes victoires ukrainiennes qui ont « repoussé les troupes russes ». Volodymyr Zelensky a remercié le Royaume-Uni sur Twitter pour avoir pris des décisions qui « non seulement [les] renforceront sur le champ de bataille, mais enverront également le bon signal aux autres partenaires ».

Always strong support of the UK is now impenetrable and ready for challenges. In a conversation with the Prime Minister, @RishiSunak, I thanked for the decisions that will not only strengthen us on the battlefield, but also send the right signal to other partners.— Володимир Зеленський (@ZelenskyyUa) January 14, 2023

La diplomatie russe a assuré samedi que l’envoi à l’Ukraine de chars lourds britanniques allait seulement « intensifier » les combats et avait peu chances de renverser la situation sur le front. « L’envoi de chars ne va en rien accélérer la fin des hostilités militaires, mais va seulement les intensifier en provoquant de nouvelles victimes », a indiqué l’ambassade de Russie à Londres dans un communiqué, ajoutant qu’il était « peu probable » que ces chars aident l’armée ukrainienne à « renverser la situation sur le champ de bataille ».

Premiers chars lourds occidentaux

Depuis le début de l’invasion russe, il y a près d’un an, les alliés européens de Kiev ont déjà livré près de 300 chars soviétiques modernisés, mais jamais encore de chars lourds de facture occidentale, malgré les demandes répétées de l’Ukraine. L’annonce britannique intervient après que la Pologne s’est dite prête, mercredi, à livrer 14 chars lourds Leopard 2, un modèle allemand de char d’assaut considéré comme l’un des plus performants au monde.

La semaine passée, France, Allemagne et États-Unis ont promis l’envoi de véhicules blindés transportant de l’infanterie ou de chars de reconnaissance – 40 Marder allemands, 50 Bradley américains et des AMX-10 RC français. De nouvelles annonces pourraient intervenir le 20 janvier, lors de la prochaine réunion des alliés de l’Ukraine à Ramstein (Allemagne).

Par Le Point avec AFP

Guerre en Ukraine : Poutine assure qu’il faudra « trouver un accord » pour y mettre fin

décembre 9, 2022

Dix mois après son invasion de l’Ukraine, Poutine évoque la fin du conflit et exprime ses doutes sur la « confiance » que Moscou peut accorder à ses interlocuteurs.

Jeudi 8 decembre, Vladimir Poutine s'est dit determine a viser les infrastructures energetiques ukrainiennes.
Jeudi 8 décembre, Vladimir Poutine s’est dit déterminé à viser les infrastructures énergétiques ukrainiennes.© TOM GRIMBERT / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Un accord sera nécessaire « au final » pour mettre un terme au conflit en Ukraine, a affirmé, vendredi 9 décembre, Vladimir Poutine, tout en exprimant des doutes sur la « confiance » que Moscou peut, selon lui, accorder à ses interlocuteurs. « Comment trouver un accord ? Et peut-on s’entendre avec quelqu’un ? Et avec quelles garanties ? C’est évidemment toute la question […] Mais au final, il faudra trouver un accord. J’ai déjà dit à plusieurs reprises que nous sommes prêts à ces arrangements, nous sommes ouverts, mais cela nous oblige à réfléchir pour savoir à qui nous avons affaire », a déclaré le président russe, en marge d’un sommet régional au Kirghizistan.

Vladimir Poutine réagissait à de récents propos de l’ex-chancelière allemande, Angela Merkel, qui a estimé que l’accord de Minsk de 2014 entre Moscou et Kiev, signé sous l’égide de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), avait donné du temps à l’Ukraine pour se renforcer en cas de conflit armé avec la Russie. « L’accord de Minsk de 2014 était une tentative de donner du temps à l’Ukraine. Elle en a profité, comme on le voit aujourd’hui. L’Ukraine de 2014-2015 n’est pas l’Ukraine d’aujourd’hui. […] Comme on l’a vu début 2015, Poutine aurait pu facilement l’écraser à l’époque », a-t-elle affirmé au journal Die Zeit.

Vladimir Poutine s’est dit « déçu » par ces propos. « Cela soulève évidemment la question de la confiance. Et la confiance est quasiment à zéro, et après de telles déclarations la question est bien sûr la suivante : Comment trouver un accord ? Et peut-on s’entendre avec quelqu’un ? Et avec quelles garanties ? » « Peut-être que nous aurions dû commencer tout cela plus tôt [l’offensive en Ukraine]. Mais nous comptions en fait sur la possibilité de trouver une entente dans le cadre des accords de Minsk », a-t-il encore ajouté.

Par Le Point avec AFP

Ukraine: 15 morts à Kherson, six millions de foyers affectés par les coupures d’électricité

novembre 25, 2022
Ukraine: 15 morts a Kherson, six millions de foyers affectes par les coupures d'electricite
Ukraine: 15 morts à Kherson, six millions de foyers affectés par les coupures d’électricité© AFP/YURIY DYACHYSHYN

Quinze civils ont été tués vendredi par un bombardement russe sur Kherson, dans le sud de l’Ukraine, deux semaines après le retrait contraint des troupes russes de cette ville stratégique, alors que plus de six millions de foyers sont touchés dans tout le pays par des coupures d’électricité en raison des frappes de Moscou.

La stratégie de Moscou de viser les infrastructures essentielles, au moment où l’Ukraine a basculé dans des températures hivernales, est constitutive de « crimes de guerre » pour les alliés occidentaux de l’Ukraine, et qualifiée de « crime contre l’humanité » par le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Le bombardement le plus meurtrier de ces derniers jours a frappé Kherson: « 15 habitants de la ville ont été tués et 35 blessés, dont un enfant », a affirmé Galyna Lugova, une responsable de l’administration militaire de la ville, sur les réseaux sociaux. Elle a précisé que plusieurs « maisons privées et des immeubles de grande hauteur » avaient été endommagés.

« Les envahisseurs russes ont ouvert le feu sur un quartier d’habitations à l’aide de lance-roquettes multiples. Un grand immeuble a pris feu », avait précisé un peu plus tôt dans la journée Iaroslav Ianouchevitch, gouverneur de la région de Kherson. « En raison des bombardements russes constants, nous évacuons les patients des hôpitaux de Kherson ».

Le retrait russe de Kherson, dont Moscou espérait faire sa base dans le sud de l’Ukraine occupé, a rebattu les cartes dans cette guerre qui dure depuis neuf mois. La ville est stratégiquement située pour relier la péninsule de Crimée, annexée par la Russie depuis 2014, et le port ukrainien d’Odessa à l’ouest.

Dans le même temps, plus de six millions de foyers en Ukraine étaient affectés par des coupures d’électricité en Ukraine vendredi, deux jours après des frappes massives russes contre ce pays, selon Volodymyr Zelensky. « Ce soir, des coupures se poursuivent dans la plupart des régions et à Kiev », a ajouté le chef de l’Etat dans son adresse quotidienne.

« Economiser l’électricité »

Kiev – avec quelque 600.000 foyers privés d’électricité dans la soirée – et sa région, ainsi que les provinces d’Odessa (sud), de Lviv, de Vinnytsia (ouest) et de Dnipropetrovsk (centre-est), sont les plus touchées par les coupures, a-t-il ajouté, appelant les Ukrainiens à économiser l’électricité dans les zones où le courant a été rétabli.

« Nous devons endurer cet hiver – un hiver dont tout le monde se souviendra », a-t-il souligné sur Facebook.

Il avait visité plus tôt dans la journée Vychgorod, ville au nord de Kiev où les frappes ont fait six morts et des dizaines de blessés mercredi.

Les ingénieurs continuaient à réparer les dégâts à travers le pays.

Dans la capitale, « un tiers des logements de Kiev ont déjà du chauffage, les spécialistes continuent de le rétablir. La moitié des usagers sont toujours privés d’électricité », a dit son maire, Vitali Klitschko. « Au cours de la journée, les compagnies d’énergie prévoient de raccorder l’électricité pour tous les usagers en alternance », a-t-il assuré, à un moment où les températures avoisinaient zéro degré et où la pluie était de la partie.

Dans son appartement où le gaz pour la cuisine et le chauffage ont été débranchés, Albina Bilogoub a expliqué que ses enfants dormaient désormais tous dans une seule pièce pour se tenir chaud.

« C’est notre vie. Un pull, puis un deuxième, un troisième. Nous vivons comme ça maintenant », a-t-elle dit.

Face à ces bombardements massifs russes, l’Ukraine a reçu de la part des Occidentaux des systèmes de défense antiaérienne, mais il lui en faudrait davantage pour neutraliser les missiles et les drones de Moscou.

Paris et Berlin « soutiendront l’Ukraine jusqu’au bout de ce conflit », a assuré la Première ministre française Elisabeth Borne à Berlin, aux côtés du chancelier allemand Olaf Scholz. « Depuis le premier jour de cette guerre brutale, nos deux pays ont apporté un soutien indéfectible à l’Ukraine », a déclaré Mme Borne.

Le chancelier allemand a jugé de son côté que « la politique de terreur par les bombes de la Russie contre les infrastructures civiles en Ukraine doit prendre fin ». Il a rappelé que l’Allemagne et la France oeuvraient pour aider l’Ukraine « à reconstruire son infrastructure énergétique », en partie détruite.

En visite en Ukraine vendredi, le ministre britannique des Affaires étrangères James Cleverly a également annoncé de nouvelles aides aux Ukrainiens, en particulier l’envoi d’ambulances et un « soutien » aux « survivantes des violences sexuelles perpétrées par l’armée russe ».

Files de voitures

Vendredi, des journalistes de l’AFP ont vu des files de voitures attendant de pouvoir s’approvisionner devant plusieurs stations-service de Kiev et le fonctionnement des réseaux de téléphonie mobile était toujours perturbé dans certains quartiers.

La Russie affirme de son côté ne viser que des infrastructures militaires et a mis les coupures de courant sur le dos de la défense antiaérienne ukrainienne. Le Kremlin a assuré que l’Ukraine pouvait mettre fin aux souffrances de sa population en acceptant les exigences russes.

Le président russe Vladimir Poutine a rencontré vendredi pour la première fois des mères de soldats, disant partager leur « douleur » et les appelant à ne pas croire les « mensonges » sur l’offensive déclenchée le 24 février par le Kremlin en Ukraine.

M. Poutine s’en est pris à des « ennemis dans le champ informationnel » qui cherchent selon lui à « dévaluer, discréditer » l’offensive russe en Ukraine. « Nous devons atteindre nos objectifs, et nous allons les atteindre », a affirmé M. Poutine.

La diplomatie russe a par ailleurs dénoncé la résolution du Parlement européen, qui a qualifié cette semaine la Russie d' »Etat promoteur du terrorisme ». Moscou affirme que cette décision « n’a rien à voir » avec la lutte contre le terrorisme.

Par Le oint avec AFP

Russie-Ukraine : des eurodéputés veulent sanctionner Alger

novembre 22, 2022

Dix-sept députés européens demandent à Ursula von der Leyen et à l’Union européenne de réviser l’Accord d’association avec l’Algérie, au motif qu’elle apporterait un « soutien politique, logistique et financier » à la Russie dans la guerre contre l’Ukraine.

Des hélicoptères MI-26 de l’armée algérienne, de fabrication russe, lors de la célébration du 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, à Alger le 5 juillet 2022. © NurPhoto via AFP

Alors que la date de la visite prochaine du président Tebboune à Moscou n’est toujours pas annoncée, les autorités algériennes subissent de nouvelles pressions concernant leurs relations étroites avec la Fédération de Russie. Dix-sept eurodéputés ont adressé, le mercredi 16 novembre, une lettre à Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, afin de demander la révision de l’Accord d’association entre l’Union européenne et l’Algérie, signé en 2002 et entré en vigueur en 2005.

Emmenés par Andrius Kubilius, ancien Premier ministre de la République de Lituanie et président du Groupe du PPE (Parti populaire européen – démocrates-chrétiens), les députés s’inquiètent des liens de plus en plus étroits entre la Russie et l’Algérie, liens qui, selon eux, se traduisent par « un soutien politique, logistique et financier de l’agression de l’Ukraine par Poutine ».

Les 17 députés signataires (élus de Lituanie, France, Danemark, Estonie, Suède, Bulgarie, Finlande, Pologne, Hongrie et Slovaquie) énumèrent ainsi les éléments qui attestent du soutien supposé de l’Algérie à la guerre que Vladimir Poutine mène en Ukraine.

Alger s’abstient encore à l’ONU

Alger s’est, tout d’abord, abstenu de voter la résolution de l’ONU du 2 mars 2022 qui « exige que la Russie cesse immédiatement de recourir à la force contre l’Ukraine ». Elle n’a pas non plus, ajoutent les signataires, voté le 7 avril la décision de L’Assemblée générale des Nations unies de suspendre la Russie du Conseil des droits de l’homme (CDH). Le 12 octobre, l’Algérie s’est encore une fois abstenue de voter la résolution sur l’annexion « illégale » de quatre régions ukrainiennes par la Russie. Pour les 17 eurodéputés, toutes ces abstentions sont des signes qu’Alger soutient « les aspirations géopolitiques de la Russie ».

À l’appui de leur demande, les signataires de la pétition indiquent aussi que l’Algérie compte « parmi les quatre premiers acheteurs d’armes russes dans le monde, avec notamment un contrat d’armement de plus de 7 milliards de dollars en 2021 » (6 milliards d’euros à cette date) et que « ce transfert militaire a fait de l’Algérie le troisième plus grand bénéficiaire d’armes russes dans le monde ». Tout afflux d’argent à la Russie ne peut que renforcer sa machine de guerre en Ukraine, ajoutent les signataires.

Pour les 17 députés européens, l’Algérie apporte ainsi son soutien financier à l’agression contre l’Ukraine, ce qui constitue une violation de l’article 2 de l’Accord d’association de 2005, qui stipule que « le respect des principes démocratiques et des droits fondamentaux de l’homme, tels qu’énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, inspire les politiques internes et internationales des parties et constitue un élément essentiel du présent accord ».

Les signataires exhortent en conséquence l’UE à prendre des mesures pour s’assurer que ses partenaires ne soient pas tentés de financer le gouvernement russe par l’achat d’équipements militaires. Ils demandent également que l’Union européenne réclame à l’Algérie la signature et la ratification du traité sur le commerce des armes, qui réglemente le commerce international des armes classiques (entré en vigueur le 24 décembre 2014).

Un contrat qui n’existe pas

Problème : en appuyant leur démonstration sur l’existence d’un contrat d’achat d’armements de 7 milliards de dollars signé avec Moscou en 2021, les 17 députés européens reprennent en fait une vieille information déjà utilisée par le sénateur républicain Marc Rubio, ancien candidat à l’investiture de son parti face à Donald Trump, au mois de septembre. Un mois plus tard, un groupe de 27 élus du Congrès reprenaient à leur compte le même argument pour demander au secrétaire d’État Antony Blinken de prendre des sanctions contre certains responsables algériens qu’ils accusaient d’achats massifs d’armes auprès de la Russie.

Or Alger et Moscou n’ont paraphé, en 2021, aucun contrat d’armement de 7 milliards de dollars. Le montant total des exportations d’équipements de la Russie vers l’Algérie pour cette année-là étaient de 985 millions de dollars, selon un rapport conjoncturel du Service fédéral des douanes russe rendu public en septembre 2021. Et de 2 milliards de dollars en 2020. Si la Russie reste bien le principal fournisseur en armement de l’Algérie, jamais les deux pays n’ont signé un montant d’une telle ampleur en une année.

Après des années de négociations, Vladimir Poutine avait par ailleurs accepté, en mars 2006, de convertir la dette militaire de 4,5 milliards de dollars que l’Algérie avait contractée auprès de l’URSS dans les années 1960 et 1970. En échange, Alger avait accepté de signer un contrat de 3,5 milliards de dollars comprenant l’achat de différents équipements militaires, dont 28 chasseurs Sukhoi SU-30 MKI, 40 chasseurs MiG-29 SMT, 8 groupes de missiles antiaériens S-300 PMU et 40 chars T-90.

Avec Jeune Afrique par Farid Alilat

L’Ukraine dément avoir exécuté des prisonniers russes

novembre 20, 2022

L’Ukraine assure que les Russes tués n’étaient pas des prisonniers de guerre. La Russie dénonce de son côté un « crime de guerre ».

Des soldats russes, faits prisonniers par l'Ukraine, auraient ete executes selon la Russie. (illustration)
Des soldats russes, faits prisonniers par l’Ukraine, auraient été exécutés selon la Russie. (illustration)© EyePress News / EyePress via AFP

Le chargé des droits de l’Homme ukrainien a rejeté dimanche les accusations de Moscou sur un cas d’ « exécution » de prisonniers de guerre russes, arguant que dans l’incident filmé les soldats ukrainiens s’étaient défendus contre des Russes qui feignaient de se rendre. Le médiateur Dmytro Loubynets a déclaré que les « extraits de vidéo » présentés par Moscou comme la preuve que Kiev avait exécuté des prisonniers de guerre russes montraient en fait que les soldats russes « utilisant une reddition feinte », avaient « commis un crime de guerre en ouvrant le feu sur les forces armées ukrainiennes ». 

Les soldats russes tués dans cet incident « ne peuvent donc pas être considérés comme des prisonniers de guerre », a-t-il ajouté sur Telegram. « Ceux qui veulent utiliser la protection de la législation internationale pour tuer doivent être punis ».

Un « meurtre délibéré et méthodique », selon la Russie

La Russie a accusé vendredi l’Ukraine d’avoir exécuté plus de dix de ses militaires qui avaient déposé les armes, dénonçant un « crime de guerre », sur la foi de vidéos mises en ligne sur les réseaux sociaux. Sur la première vidéo, qui semble filmée par un soldat ukrainien dans une zone de combats, une dizaine de militaires présumés russes sortent les uns après les autres d’un abri, les mains en l’air, et se couchent face contre terre sous l’injonction des Ukrainiens qui les tiennent en joue. La vidéo s’interrompt brutalement au moment où une dernière silhouette sombre surgit de l’abri, et où des tirs retentissent.

Une autre vidéo filmée par un drone montre une dizaine de corps gisant au milieu de flaques de sang, dont l’un semble avoir été touché à la tête. L’Agence France-Presse n’a pas pu confirmer de source indépendante l’authenticité de ces vidéos.

Le ministère russe de la Défense a affirmé vendredi qu’elles montraient « le meurtre délibéré et méthodique » de soldats russes prisonniers. Le Comité d’enquête russe a indiqué avoir ouvert une enquête. Le ministère russe des Affaires étrangères a demandé que « les organisations internationales condamnent ce crime choquant » et diligentent une enquête. Un porte-parole de l’ONU à Kiev a déclaré vendredi à l’Agence France-Presse que l’organisation « avait connaissance de ces vidéos et les examinait . 

Par Le Point avec AFP

Ukraine : Zelensky dans la ville de Kherson reprise aux Russes

novembre 14, 2022
Le président Zelensky est entouré de gardes de sécurité.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est adressé lundi aux médias à Kherson. Photo: AP/Bernat Armangue

Agence France-Presse

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est rendu lundi à Kherson, une ville d’importance majeure dans le sud de l’Ukraine reprise vendredi à l’armée russe à « un prix élevé » après des semaines de combats.

Le Kremlin a de son côté continué d’affirmer que la ville ukrainienne, officiellement annexée en septembre au même titre que la région éponyme, appartenait à la Russie bien que ses troupes aient dû l’abandonner.

Il est impossible de tuer l’Ukraine, a lancé Volodymyr Zelensky lors d’une visite surprise à Kherson, libérée il y a trois jours par l’armée ukrainienne.

Le prix de cette guerre est élevé, a-t-il appuyé, cité par la présidence. Nous allons pas à pas dans tous les territoires temporairement occupés de notre pays. […] C’est un chemin long et difficile, a-t-il reconnu.

C’est important d’être ici […] pour que les gens sentent que ce ne sont pas que des paroles et des promesses, mais qu’on revient vraiment et qu’on brandit vraiment notre drapeau, a souligné le dirigeant ukrainien dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux.

Des habitants se rassemblent lors d'une visite du président ukrainien Volodymyr Zelensky à Kherson, dans le sud de l'Ukraine, le lundi 14 novembre 2022.

Des habitants se rassemblent lors d’une visite du président ukrainien Volodymyr Zelensky à Kherson, dans le sud de l’Ukraine, le lundi 14 novembre 2022. Photo : AP/Bernat Armangue

Main sur le cœur, comme les autres responsables civils et militaires présents, il a chanté l’hymne national au moment de la montée du drapeau ukrainien devant le bâtiment de l’administration régionale dans le centre de Kherson.

Selon des photos publiées sur Telegram, le dirigeant ukrainien s’est également promené en tenue militaire dans les rues de la ville, entouré de gardes du corps lourdement armés, sans toutefois porter lui-même de casque ni de gilet pare-balles.

De nombreux habitants, certains drapés dans les couleurs ukrainiennes, étaient massés sur son passage.

Gloire à l’Ukraine!, lui ont crié des habitants depuis le balcon d’un immeuble. Gloire aux héros! ont répondu conformément à la tradition le chef de l’État et ceux qui l’accompagnaient, selon une vidéo abondamment relayée sur les réseaux sociaux.

Une femme dans les bras d'un soldat avec un bouquet de fleurs.

Valentyna Buhaiova, résidente de Kherson, enlace un soldat après que l’armée ukrainienne a repris le contrôle de la ville, annexée par la Russie en septembre. Photo: Reuters/Valentyn Ogirenko

Les forces russes ont été contraintes de se retirer la semaine dernière de Kherson après huit mois d’occupation, laissant le champ libre aux soldats ukrainiens pour entrer vendredi dans la ville.

Interrogé sur ce déplacement du président ukrainien à Kherson, le Kremlin a de son côté continué d’affirmer que la ville appartenait à la Russie.

Nous ne commenterons pas, vous savez bien que c’est le territoire de la Fédération de Russie, a déclaré à la presse le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.

Kherson avait été la première grande ville et le seul centre régional à tomber après l’invasion russe déclenchée fin février. Le retrait forcé des troupes de Moscou face à la pression de la contre-offensive ukrainienne a constitué un camouflet pour le président russe Vladimir Poutine qui a ordonné la mobilisation de 300 000 réservistes en septembre.

Les mois à venir seront difficiles pour l’Ukraine, a toutefois averti le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg lundi.

Nous ne devons pas commettre l’erreur de sous-estimer la Russie, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à La Haye, estimant que l’objectif de Poutine est de laisser l’Ukraine froide et sombre cet hiver.

L’armée russe, en difficulté sur le terrain, a mené ces dernières semaines plusieurs vagues de frappes massives de missiles et drones kamikazes sur les infrastructures civiles ukrainiennes, notamment sur les réseaux énergétiques.

Elle a affirmé lundi avoir conquis une localité de l’est de l’Ukraine, Pavlivka, un rare succès revendiqué par Moscou après des semaines de revers et de retraites.

Dans son allocution quotidienne, Volodymyr Zelensky a, lui, accusé dimanche soir les forces russes d’avoir commis des atrocités à Kherson comme dans les autres régions libérées précédemment.

Actes de résistance

Selon lui, 400 crimes de guerre  russes ont été documentés à ce stade, sans préciser s’ils concernaient uniquement la région de Kherson. La Russie n’a pas pour l’instant réagi à ces affirmations.

Interrogés par l’AFP, des habitants de Kherson ont raconté les mois d’occupation russe et pour certains, leurs actes de résistance pour aider la contre-offensive ukrainienne.

Volodymyr Timor, un jeune de 19 ans, dit avoir noté avec ses amis durant des mois les mouvements des soldats russes dans la ville pour informer l’armée ukrainienne.

On signalait tout : où se trouvaient leurs équipements et leurs lieux de stockage de munitions, où ils dormaient, où ils allaient boire des coups, a expliqué à l’AFP ce jeune homme qui voulait devenir musicien avant la guerre.

Dans la région de Lougansk (Est) où se poursuivent des combats violents contre les forces russes, l’armée ukrainienne a repris le village de Makiivka, à 50 km au nord-est de la ville stratégique de Severodonetsk, contrôlée par les Russes, a affirmé lundi la présidence ukrainienne dans son bulletin quotidien.

Un étudiant zambien de 23 ans, qui purgeait une lourde peine de prison en Russie, a par ailleurs été tué le 22 septembre au combat en Ukraine, a annoncé le gouvernement zambien.

Avec Radio-Canada