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Du Nigeria à la RDC, une « épidémie de viols de guerre »

mai 31, 2021
Manifestations contre les violences dans l’Est de la RDC, à Kinshasa, en 2012.

Dans une grande enquête, la reporter britannique Christina Lamb rassemble les témoignages glaçants de survivantes de violences sexuelles en temps de conflit. Une arme de destruction massive employée en toute impunité.

« Ça a duré pendant six semaines. Ma vie n’était plus qu’un viol, tremble Rojian, 16 ans. C’est dur à raconter, mais c’est encore plus dur que les gens l’ignorent. » Ancienne esclave sexuelle aux mains de l’État islamique, cette adolescente yézidie est l’une des voix courageuses de l’enquête sur le viol de guerre réalisée dans treize pays par la reporter britannique Christina Lamb.

Près d’une décennie après avoir accompagné la militante pakistanaise des droits humains Malala Yousafzai dans la rédaction de son autobiographie, la correspondante en chef de l’hebdomadaire The Sunday Times recueille dans Nos corps, leur champ de bataille. Ce que la guerre fait aux femmes les témoignages douloureux, souvent insoutenables, de survivantes du génocide contre les Tutsi, de parents de lycéennes nigérianes enlevées par Boko Haram et mariées de force à des jihadistes, de mères de bébés violés dans les villages de RDC…

Humilier et détruire

« Cela n’a rien de sexuel, c’est une manière d’arracher son humanité à la victime et de lui montrer qu’elle n’existe pas », martèle le gynécologue Denis Mukwege, prix Nobel de la paix 2018 aux côtés de l’activiste yézidie Nadia Murad, répétant inlassablement que « tant que le poids du tabou reposera sur la victime plutôt que sur l’auteur du crime, rien ne changera »

« Moins onéreuse et tout aussi efficace qu’une balle de kalachnikov », assène Christina Lamb, l’arme est redoutable. Et les objectifs sont glaçants : humilier la femme de l’ennemi, détruire le tissu social, faire fuir la population et même féconder pour changer l’équilibre démographique.

CHAQUE FOIS QU’ON CROISAIT LE CHEMIN DES INTERAHAMWE, ILS NOUS VIOLAIENT

Plus de vingt ans après avoir ouvert son hôpital de Panzi pendant la Deuxième guerre du Congo, le Dr Mukwege continue à « réparer » des femmes profondément traumatisées et mutilées en RDC. Il tente d’étendre son action à la Guinée, au Burkina ou à la Centrafrique. Lorsqu’elle lui rend visite à Bukavu, dans le Sud-Kivu, Christina Lamb trouve un homme « très abattu » face à des cas de plus en plus graves, des enfants toujours plus jeunes.

Si les femmes étaient déjà considérées comme un butin de guerre dans la Grèce antique, et ont payé un lourd tribut dans les conflits du XXe siècle, cette grande reporter, lauréate de quatre British Press Awards et du prix Bayeux des correspondants de guerre, estime qu’une nouvelle « épidémie de viols de guerre » s’est déclarée en 2012 au moment de l’enlèvement des filles de Chibok, puis s’est répandue à travers l’Irak, la Birmanie, le Soudan du Sud et plus récemment en Éthiopie et dans sa région du Tigré.

Les pionnières du Rwanda

L’Afrique ne compte plus – et ne compte pas – ses victimes. Mais elle a vu émerger de véritables pionnières dans la lutte pour la libération de la parole et la reconnaissance du viol comme crime de guerre. « En RDC, de nombreuses femmes se sont levées pour parler de ce qu’elles avaient vécu et se soutenir les unes les autres », souligne Christina Lamb, marquée par son passage à la « Cité de la joie », une organisation fondée par la Belgo-Congolaise Christine Schuler Deschryver, qui aide de jeunes femmes de 18 à 30 ans à reprendre le contrôle de leur vie.

C’est au Rwanda, où 250 000 à 500 000 viols ont été perpétrés entre avril et juillet 1994 selon le rapporteur spécial de l’ONU, que la première victoire judiciaire contre ces crimes de masse a été remportée. À Taba, à l’ouest de Kigali, Victoire Mukambanda a perdu le compte de ses propres cauchemars : « Chaque fois qu’on croisait le chemin des Interahamwe, ils nous violaient. » Mais avec sa sœur, Serafina Mukakinani, elle a osé se présenter en 1998 devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), à Arusha, lors du procès du maire de la ville, Jean-Paul Akayesu.

Un procès historique, qui aboutira à la toute première condamnation pour viol de guerre, malgré les résistances, voire la lâcheté, des juges confrontés au récit des pires tortures, systématiques, parfois collectives, souvent perpétrées devant des proches. « Ils voulaient se boucher les oreilles pour ne plus entendre, raconte l’ancienne haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme Navi Pillay, alors seule juge femme du TPIR. Ils me disaient : “On ne sait pas quoi faire de ces preuves, alors on te les laisse”. »

LES FEMMES DE TABA ONT CHANGÉ L’HISTOIRE DU DROIT INTERNATIONAL

Si vingt-cinq ans après, les femmes de Taba – que Christina Lamb a retrouvées – luttent encore pour leur survie et sont souvent contraintes de cohabiter avec leurs bourreaux, « elles ont littéralement changé l’histoire du droit international », rappelle la journaliste. Un exemple pour les autres victimes en quête de justice, comme les Yézidies.

Une rencontre entre ces deux générations de survivantes a été organisée à New York, à l’initiative de la Free Yezidi Foundation. Les Yézidies y ont repris espoir. Les Rwandaises, elles, auraient préféré n’avoir aucune jeunesse à inspirer. « Je me suis gardée de dire qu’elles m’avaient confié être reparties abattues de voir que, malgré leur courage et tous leurs efforts, les viols continuaient », déplore Christina Lamb.

La journaliste britannique Christina Lamb a mené l’enquête dans treize pays

En toute impunité

D’autant que la voie qu’elles ont ouverte reste très étroite. En vingt ans, la Cour pénale internationale (CPI) n’a prononcé que deux condamnations pour des faits de violence sexuelle, à l’encontre de deux Congolais, l’ancien vice-président et ex-chef rebelle Jean-Pierre Bemba, en 2016 (un verdict annulé deux ans plus tard), et le seigneur de guerre Bosco Ntaganda, surnommé Terminator, en 2019. « C’est si difficile d’obtenir justice, se désespère la reporter britannique. Le viol est sans doute le crime de guerre le plus ignoré au monde. »

Dans l’immense majorité des cas, les poursuites ne sont pas même engagées. Au Nigeria, le mouvement « Bring Back Our Girls » est retombé et les jihadistes de Boko Haram continuent à enlever de jeunes filles au nord-est, à disposer de leurs corps et de leurs esprits en toute impunité. En Irak, lors des procès de jihadistes de Daech, les sévices infligés à leurs esclaves sexuelles ne font pas partie des chefs d’accusation. On intime aux victimes de se satisfaire de condamnations pour terrorisme. Ne valent-elles pas déjà aux coupables la perpétuité ou la mort ?

Mais plus qu’une peine, aussi lourde soit-elle, ces survivantes luttent pour la reconnaissance des viols, « l’une des pires atrocités », selon les juges du procès Akayesu, parce qu’elle entraîne « la destruction de l’esprit, de la volonté de vivre, et de la vie elle-même ».

Pour obtenir la justice, indispensable à la reconstruction, « il faut plus de femmes dans la police et dans les tribunaux, plaide aujourd’hui Christina Lamb. Plus de femmes dans les négociations de paix ». Et plus de femmes pour écrire l’histoire, dont certaines des pages les plus sombres sont passées sous silence par les hommes.

Nos corps, leur champ de bataille. Ce que la guerre fait aux femmes, de Christina Lamb, Harper Collins, 517 pages, 21 €

Avec Jeune Afrique par Julie Gonnet

Éthiopie: la crise au Tigré se poursuit, dénonce Amnistie internationale

avril 15, 2021

NAIROBI, Kenya — Des soldats érythréens sont toujours déployés dans la région éthiopienne troublée du Tigré et continuent à tuer des civils plusieurs semaines après que l’Éthiopie eut promis leur départ, dénonce Amnistie internationale.

© Fournis par La Presse Canadienne

Le Conseil de sécurité des Nations unies doit discuter de la situation au Tigré au cours des prochaines heures. Des milliers de personnes ont déjà perdu la vie et les États-Unis ont soulevé des allégations de nettoyage ethnique dans la partie occidentale de cette région de six millions d’habitants.

Le nettoyage ethnique désigne le déplacement de certains habitants par la violence, souvent par le biais de meurtres et de viols.

Citant plusieurs témoins, Amnistie internationale a indiqué dans un communiqué que des soldats érythréens qui traversaient la ville d’Adwa, lundi, ont commencé à tirer sans raison sur les habitants, faisant au moins trois morts et 19 blessés.

Six victimes auraient été touchées grièvement, selon un employé de l’hôpital local.

La directrice régionale d’Amnistie, Sarah Jackson, a qualifié la fusillade «d’autre attaque illégale par les forces érythréennes contre les civils du Tigré».

Malgré les nombreux gains réalisés au cours des dernières décennies, un trop grand nombre de femmes dans le monde se voient toujours refuser l’égalité des droits avec les hommes. Trop souvent, les femmes sont la cible de violence et de discrimination en raison de leur sexe. Voici 50 photos inspirantes de partout dans le monde relatant la lutte des femmes pour leurs droits au fil des ans.

Une porte-parole du premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, Billene Seyoum, n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires.

M. Abiy a reconnu publiquement pour la première fois le mois dernier, après l’avoir nié pendant plusieurs mois, que des soldats érythréens se trouvaient au Tigré. Le secrétaire général de l’ONU a déjà dit que M. Abiy lui avait «garanti» qu’aucun soldat érythréen ne se trouvait au Tigré.

L’Éthiopie a récemment annoncé que les forces érythréennes avaient commencé à se replier.

Mais des témoins ont confié à l’Associated Press que des soldats circulent librement dans certaines régions du Tigré, pillant et tuant, alors qu’ils appuient les forces éthiopiennes et leurs alliés qui traquent les leaders en fuite de la région. Le gouvernement érythréen est un ennemi de longue date des leaders du Tigré.

Des combats meurtriers se poursuivent dans plusieurs secteurs du Tigré. Une querelle politique entre M. Abiy et les leaders du Tigré, qui ont dominé le gouvernement éthiopien pendant trente ans, s’est transformée en guerre ouverte.

– Par The Associated Press avec La Presse Canadienne

L’appel à la guerre contre le Rwanda d’un ancien premier ministre congolais

décembre 23, 2019

L’ancien premier ministre et opposant congolais Adolphe Muzito a appelé lundi Kinshasa à «faire la guerre au Rwanda» et même à «l’annexer» pour mettre fin aux violences qui ensanglantent l’est de la République démocratique du Congo depuis 25 ans.

«Il faut faire la guerre au Rwanda pour rétablir la paix dans la région. Le Rwanda influe sur la politique congolaise. L’Ouganda aussi», a déclaré Adolphe Muzito dans une conférence de presse à Kinshasa. Et d’ajouter, sur le même ton : «Nous ne pouvons faire la paix qu’en menaçant le Rwanda, en occupant son territoire, si possible annexer le Rwanda.» L’AFP n’a pu joindre immédiatement le porte-parole du gouvernement pour une réaction.

Premier ministre de 2007 à 2012, Adolphe Muzito occupe depuis début décembre la présidence tournante de Lamuka, principale plateforme politique d’opposition en République démocratique du Congo.

La RDC a été ravagée par deux guerres régionales (1996-1997 et 1998-2003). Le pays entretient des relations en dents de scie avec ses voisins du Rwanda et de l’Ouganda. La RDC accuse ces deux pays de vouloir la déstabiliser, quend ces derniers considèrent la RDC comme base arrière de milices hostiles à leurs régimes. Depuis un quart de siècle, la partie orientale du pays (les régions des Kivu et Ituri, principalement) est en proie à l’insécurité en raison de la présence des dizaines des groupes armés locaux et étrangers.

Insécurité

Parmi ces derniers, se trouvent les milices ougandaises des Forces démocratiques alliées (ADF), les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) ou les rebelles burundais des Forces nationales de libération (FNL). Ces groupes sont accusés de nombreux crimes en RDC.

En octobre, le président congolais Félix Tshisekedi s’était rendu à Kampala, où, avec son homologue Yoweri Museveni il avait évoqué la question stratégique de la lutte contre les groupes armés dans l’est de la RDC. Le réchauffement des relations avec Kampala avait été précédé dès mars-avril par le rétablissement des liens de bon voisinage avec le Rwanda.

Kinshasa et ses voisins ont annoncé fin octobre vouloir mutualiser leurs efforts pour combattre les groupes armés et milices dans la région des Grands lacs. Samedi, un groupe de 71 rebelles rwandais défaits par l’armée congolaise, et près de 1500 de leurs proches, ont été rapatriés au Rwanda à partir de la province congolaise du Sud-Kivu.

Par Le Figaro avec AFP

L’Iran et les États-Unis: vers une guerre courte ou illusoire?

juin 27, 2019

L’Iran met en garde Trump contre l’« idée d’une guerre qui ne durerait pas très longtemps»

Téhéran a mis en garde ce jeudi contre les «idées fausses» du président américain Donald Trump qui a évoqué la veille la possibilité d’une «guerre courte» des Etats-Unis contre l’Iran.

L’idée d’une « »guerre courte » avec l’Iran est une illusion», a écrit le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, sur Twitter.

Une guerre contre l’Iran «ne durerait pas très longtemps», affirme Trump

Les Etats-Unis seraient en position de force en cas de guerre contre l’Iran et un éventuel conflit, qui n’impliquerait pas de troupes au sol, «ne durerait pas très longtemps», a déclaré ce mercredi Donald Trump sur la chaîne Fox Business.

Le président américain a affirmé qu’il espérait qu’il n’y aurait pas de guerre. «Mais nous sommes dans une position très forte si quelque chose devait arriver. Nous sommes dans une position très forte, et ça ne durerait pas très longtemps, je peux vous le dire», a-t-il assuré. «Ca ne durerait pas très longtemps et je ne parle pas de troupes au sol», a-t-il ajouté.

Les risques de confrontation directe entre Washington et Téhéran ont été ravivés par la destruction par l’Iran d’un drone de l’US Navy, jeudi près du détroit d’Ormuz.

Donald Trump s’entretiendra avec Vladimir Poutine des tensions autour de l’Iran, ainsi que de la guerre en Syrie, lors d’une rencontre en marge du sommet du G20 fin juin au Japon, a annoncé mercredi un conseiller du Kremlin. Les deux hommes tiendront des pourparlers le 28 juin à Osaka et devraient aborder «les questions de stabilité stratégique, la Syrie, l’Ukraine, l’Afghanistan et la problématique iranienne», a déclaré aux journalistes Iouri Ouchakov, conseiller de Vladimir Poutine. Leur dernier tête-à-tête, à Helsinki, remonte à juillet 2018. Donald Trump, qui avait promis d’améliorer les relations des Etats-Unis avec la Russie, avait choqué la classe politique américaine par son ton conciliant à l’égard de Vladimir Poutine.

Par Le figaro.fr avec AFP et Reuters

Corée du Nord: Pyongyang marque la fin de la guerre, des dépouilles américains sur le chemin de retour

juillet 27, 2018

Des militaires de l’armée nord-coréenne se recueillent devant le monument de la Grande guerre de libération de la mère patrie, nom donné par la Corée du Nord à la guerre de Corée, à Pyongyang, le 27 juillet 2018, pour le 65e anniversaire de l’armistice. / © AFP / Ed JONES

Entourés de collines embrumées, des soldats, des marins et des civils nord-coréens se pressent dans un cimetière de héros pour rendre hommage à leurs frères d’armes, vendredi pour le jour anniversaire de la fin de la guerre de Corée.

Les hostilités ont pris fin il y a 65 ans avec un armistice conclu par les forces des Nations unies emmenées par les Etats-Unis avec les Nord-Coréens et leurs alliés chinois. Il n’y a pas eu de traité de paix si bien que la péninsule est toujours techniquement en guerre.

De 1950 à 1953, les deux parties se sont battues jusqu’à l’impasse, des millions de personnes ont été tuées et la Corée, toujours coupée en deux par une Zone démilitarisée n’était plus que ruines fumantes. Mais le Nord affirme que c’était une victoire et la guerre figure en bonne place des arguments de la dynastie Kim pour légitimer son pouvoir.

Peloton après peloton, les différentes unités se sont rassemblées dans ce cimetière de la banlieue de Pyongyang dominé par la statue géante d’un canon de fusil et d’une baïonnette, ornée de la médaille du Héros de la République populaire démocratique de Corée, le nom officiel du Nord.

Une famille dépose des fleurs sur la tombe d’un soldat nord-coréen mort pendant la guerre de Corée, le 27 juillet 2018. / © AFP / Ed JONES

Elles ont déposé des gerbes devant un cercueil en granit décoré d’un drapeau en métal, d’une mitrailleuse et d’un képi.

Une voix entonne: « Inclinons nous devant les martyrs qui prirent part à la Grande guerre de libération de la mère patrie », le nom donné par Pyongyang au conflit, avant que les militaires n’ôtent leur képi et ne baissent la tête.

Le premier occupant du cimetière à être tombé au combat, Jang Thae Hwa, 22 ans, a bloqué l’entrée d’une casemate avec sa poitrine six jours après l’invasion du Sud par le Nord en 1950 afin de permettre à son unité d’avancer.

Les Américains tués durant la guerre de Corée / © AFP / Gal ROMA

– Ordre chronologique –

Le dernier soldat à succomber fut Ri Hyon Jun, 20 ans, canonnier fait Héros de la RPDC pour avoir abattu quatre appareils ennemis, mort cinq jours avant la fin du conflit.

Une fois la cérémonie finie, les soldats se sont promenés dans les allées de tombes, rangées par ordre chronologique.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un s’est rendu le 26 juillet 2018 au « cimetière des martyrs de la Grande guerre de libération de la mère patrie », nom donné au Nord à la guerre de Corée, pour le 65e anniversaire de l’armistice. AFP PHOTO/KCNA VIA KNS / © KCNA VIA KNS/AFP / KCNA VIA KNS

Pendant ce temps, de l’autre côté du pays, un avion américain prenait possession de 55 dépouilles de militaires américains tués pendant la guerre pour les conduire au Sud, première étape de leur retour à la maison.

Les relations entre la Corée du Nord dotée de l’arme nucléaire et les Etats-Unis ont connu ses derniers temps un revirement stupéfiant.

Après avoir échangé en 2017 insultes personnelles et menaces belliqueuses, le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un et le président américain Donald Trump se sont serré la main le 12 juin à Singapour.

La guerre de Corée en chiffres / © AFP / AFP

Le retour des dépouilles fait partie de l’accord conclu à cette occasion.

En revanche, la question de savoir si le Nord est disposé à renoncer à l’arsenal atomique qui lui a valu de multiples trains de sanctions de l’ONU est loin d’être tranchée.

– « Victoire éclatante » –

Corée du Nord: commémoration de la fin de la guerre de Corée / © KCTV/Yohan Press Agency/AFP / -, Farid Addala

A Singapour, M. Kim s’est engagé à travailler pour la dénucléarisation de la péninsule, une formule vague sujette interprétations divergentes. Pyongyang n’a procédé à aucune mesure confirmée et dénoncé les exigences « unilatérales » des Etats-Unis et leurs « méthodes de gangsters ».

Mais le Nord veut développer son économie et les autorités souhaitent que le climat actuel de bonhomie perdure.

Contrairement à l’ordinaire, l’AFP n’a pas été autorisée à parler aux gens présents au cimetière ni à assister à un dépôt de gerbes sur la colline Mansu, où des statues géantes du père fondateur de la Corée du Nord Kim Il Sung et de son fils et successeur, Kim Jong Il, dominent Pyongyang.

Les diplomates stationnés dans la capitale expliquent qu’obtenir un rendez-vous avec un responsable est encore plus difficile que d’habitude.

Les affiches de propagande se focalisent davantage sur l’héroïsme des combattants nord-coréens plutôt que sur les condamnations de l’ennemi.

Lors d’une conférence nationale des vétérans de la guerre, Choe Ryong Hae, membre du presidium du politburo, a mis en exergue jeudi « la victoire éclatante de l’idée militaire influencée par le Juche (l’idéologie du régime), de la stratégie, des tactiques et de l’art remarquable du commandement de Kim Il Sung ».

L’année dernière, les médias officiels parlaient des « agresseurs impérialistes américains », ajoutant que le Nord triompherait sans peine de l’ennemi. Et le 28 juillet 2017, Pyongyang procédait à son deuxième lancement de Hwasong-14, son missile balistique intercontinental.

Romandie.com avec(©AFP / 27 juillet 2018 16h20)

Enfants et guerre: des groupes congolais, maliens, yéménites sur la liste noire de l’ONU

juin 26, 2018

 

Le secrétaire général des Nations unies s’alarme d’une forte augmentation en 2017 des violations des droits des enfants dans les zones de conflit.

 En février 2018, des anciens enfants soldats dans une structure de l’UNICEF à Yambio, au Soudan du Sud.
Plusieurs groupes congolais, maliens et yéménites ont été ajoutés sur une liste noire annuelle de l’ONU d’entités violant dans les guerres les droits des enfants, annexée à un rapport de son secrétaire général publié cette semaine.

 

Dans ce document portant sur 2017, Antonio Guterres s’alarme d’une forte augmentation des violations – « au moins 6 000 vérifiées imputées à des forces gouvernementales et plus de 15 000 à des groupes armés non-étatiques ».

En République démocratique du Congo, les milices Bana Mura « ont commis des viols, des abus sexuels et des enlèvements » tandis que le groupe Kamuina Nsapu a recruté et utilisé des enfants à grande échelle, attaqué des écoles et des hôpitaux et commis des rapts, indique le document onusien.

Au Mali, la Plateforme, qui inclut le Groupe d’autodéfense des Touaregs Imghad et leurs alliés et les groupes d’autodéfense Ganda Izo et Ganda Koy ont été inscrits sur la liste pour avoir, eux aussi, recruté et utilisé des enfants. De la même manière, au Yémen, le groupe Security Belt Forces a été recensé pour les mêmes motifs.

Les FARC retirées de la liste

« Les cas vérifiés de recrutement et d’utilisation des enfants ont quadruplé en Centrafrique et doublé en République démocratique du Congo par rapport à 2016 », alerte le rapport.

Au Yémen, « le nombre d’enfants tués et mutilés reste à un haut niveau inacceptable », considère aussi Antonio Guterres. Il reconnaît dans le même temps « une baisse significative du nombre d’attaques contre des écoles et des hôpitaux » menées par la coalition dirigée par l’Arabie saoudite en soutien des autorités et qui lui avait valu son inscription, en 2017, sur la liste noire de l’ONU.

Avec la transformation des FARC en parti politique en Colombie, ce groupe a été retiré de la liste. Les groupes djihadistes Etat islamique au Moyen-Orient et Boko Haram en Afrique « continuent de recruter et d’utiliser des enfants à une large échelle, en s’affranchissant des frontières », rappelle enfin le document onusien.

Lemonde.fr

Peuple de honte et de malheurs

janvier 29, 2018

 

Ils ont fui des épisodes amers de guerre

Avec un cortège sanglant de malheurs

Installés dans un camp de réfugiés

Ils sont devenus à temps plein sorciers

 

Certains réinstallés par pitié en Occident

Pour refaire leur vie au pays des Blancs

Au lieu de s’entraider entre compatriotes

Ils préfèrent continuer à servir le despote

 

Ô peuple décrié par le père de l’indépendance

Malgré ta persécution acharnée et ta souffrance

Au lieu de cultiver entre ressortissants l’amitié

Tu te donnes le luxe de briller par l’imbécillité

 

Bernard NKOUNKOU

 

L’Inde va récupérer les restes de deux soldats tués en France pendant la guerre de 14-18

octobre 28, 2017

Un soldat indien près de la tombe du Soldat inconnu à New Delhi le 4 août 2014 / © AFP/Archives / PRAKASH SINGH

Des représentants de l’armée indienne vont se rendre en France en novembre pour identifier et rapporter dans leur pays les restes de deux soldats indiens tués il y a un siècle durant la Première guerre mondiale, a annoncé samedi un responsable militaire.

Les restes de deux soldats des Garhwal Rifles, non identifiés mais portant les insignes de ce régiment, à l’époque intégré à l’Armée britannique des Indes, ont été découverts en septembre 2016 dans un champ près de la commune de Laventie, dans le nord de la France, à environ 70 kilomètres de Dunkerque.

Les restes d’un soldat britannique et d’un allemand ont aussi été retrouvés sur les lieux lors d’un chantier des autorités locales.

La France a informé l’Inde de cette découverte et Delhi a décidé d’envoyer un groupe de quatre émissaires, y compris un général appartenant au même régiment, pour identifier les soldats et récupérer leurs restes.

« Différents accessoires, y compris des insignes de régiment, ont été découverts. Nous ferons de notre mieux pour les identifier, bien que cela s’annonce difficile », a expliqué le colonel Ritesh Roy, des Garhwal Rifles.

Ce régiment, portant le nom de la région himalayenne de Garhwal, a été créé en 1887 dans le cadre de l’Armée du Bengale, avant d’être incorporé à l’Armée britannique des Indes. Il fait toujours partie de l’armée indienne.

Les Garhwal Rifles ont été engagés dans les deux Guerres mondiales, alors que la Grande-Bretagne était la puissance coloniale. Ils ont perdu près de 700 soldats durant la première guerre (1914-18) et 350 durant la seconde (1939-45).

Deux de ses soldats ont été décorés de la Victoria Cross, la plus haute distinction pour acte de bravoure au Royaume-Uni et dans le Commonwealth, pour leur courage durant la Première Guerre mondiale.

Plus d’un million de soldats du sous-continent indien ont servi dans les forces alliées durant la guerre de 14-18, dont près de 70.000 ont été tués. 2,5 millions de soldats indiens ont participé à la Seconde Guerre mondiale.

Romandie.com avec(©AFP / 28 octobre 2017 15h22)

Trump a déclaré la guerre, accuse Pyongyang, « absurde », répond Washington

septembre 25, 2017

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La Corée du Nord a accusé lundi Donald Trump de lui avoir « déclaré la guerre », en faisant notamment voler ses bombardiers stratégiques près de ses côtes, une affirmation qualifiée d' »absurde » par la Maison Blanche.

Samedi, dans une démonstration de force, les Etats-Unis ont fait voler des appareils près de la Corée du Nord, ajoutant une pression militaire à des tensions politiques qui ont duré toute la semaine, via des insultes et menaces.

« Tous les Etats membres (de l’ONU) et le monde entier devraient clairement se rappeler que ce sont les Etats-Unis qui ont les premiers déclaré la guerre à notre pays », a déclaré lundi à des journalistes à New York le chef de la diplomatie nord-coréenne, Ri Yong Ho.

« Depuis que les Etats-Unis ont déclaré une guerre à notre pays, nous avons tous les droits pour prendre des contre-mesures, y compris d’abattre des bombardiers stratégiques, même s’ils ne se trouvent pas encore dans l’espace aérien de notre pays », a ajouté le ministre nord-coréen.

« Nous n’avons pas déclaré la guerre à la Corée du Nord et, franchement, une telle suggestion est absurde », a rétorqué Sarah Huckabee-Sanders, porte-parole de l’exécutif américain.

Les opérations militaires américaines de samedi « ont été conduites dans l’espace aérien international, dans les eaux internationales. Nous avons le droit de voler, de naviguer et d’opérer partout dans le monde où c’est légalement permis », a renchéri le porte-parole du Pentagone, Robert Manning.

Interrogé pour savoir si les Etats-Unis allaient continuer leur démonstration militaire, il a rappelé les engagements de défense américains avec la Corée du Sud et le Japon. « Si la Corée du Nord n’arrête pas ses actions provocatrices, nous nous assurerons de fournir au président des options relatives à ce pays », a-t-il ajouté.

– ‘Cour d’école’ –

Samedi, devant l’Assemblée générale de l’ONU, Ri Yong Ho avait déjà dénoncé les récents propos tenus au même endroit par Donald Trump contre son pays, le qualifiant de « personne dérangée » et « mégalomane ».

Lors de sa première allocution à la tribune des Nations unies, le président américain avait menacé de « détruire totalement » la Corée du Nord si ce pays attaquait les Etats-Unis.

Ces échanges verbaux, d’une violence rare à la tribune d’une institution censée garantir la paix et la sécurité dans le monde, ont suscité de multiples appels au calme, notamment de Moscou.

« Quand vous avez une aggravation de la tension, de la rhétorique, alors vous avez un risque d’erreur » qui peut conduire « à de mauvaises compréhensions », a réagi lundi le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric. « La seule solution est une solution politique », a-t-il insisté.

Vendredi à l’ONU, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, avait réclamé que « les têtes chaudes se refroidissent ». Il faut privilégier « l’approche raisonnable et non émotionnelle – au lieu d’avoir une cour d’école où les enfants se battent sans que personne ne puisse les arrêter », avait-il dit.

Dans une interview dimanche, il a mis en garde contre « une catastrophe imprévisible » en cas de dérapage entre les deux pays. Selon lui, la crise actuelle peut être résolue via « des caresses, des suggestions et de la persuasion ».

En un peu plus d’un mois, le Conseil de sécurité de l’ONU a approuvé deux séries de sanctions économiques (les 5 août et 11 septembre) chaque fois plus sévères pour contraindre Pyongyang à revenir aux négociations. Les discussions entre grandes puissances et Pyongyang sur ses programmes d’armement sont interrompues depuis 2009.

Washington a pris le 21 septembre de nouvelles sanctions économiques unilatérales.

– ‘Irresponsabilité’ –

« Notre objectif reste le même, nous cherchons une dénucléarisation pacifique de la péninsule coréenne, c’est notre objectif », a fait valoir lundi la porte-parole de Donald Trump, évoquant une « pression économique et diplomatique » aussi forte que possible.

Face à Donald Trump et à la gesticulation militaire américaine, la Corée du Nord semble vouloir rendre coup pour coup, des essais nucléaires et tirs de missiles balistiques aux déclarations enflammées et menaçantes.

« Trump a affirmé que nos dirigeants n’allaient plus être au pouvoir pour longtemps », s’est insurgé lundi Ri Yong Ho. « La question de savoir qui ne restera pas là longtemps va trouver une réponse », a-t-il menacé.

Samedi, le ministre nord-coréen avait justifié le développement des armements nord-coréens par la crainte d’une attaque américaine.

« Notre force nucléaire nationale est (…) dissuasive pour mettre un terme à la menace nucléaire des Etats-Unis et pour empêcher une invasion militaire » américaine. « Notre but ultime est d’établir un équilibre de pouvoirs avec les Etats-Unis », avait-il insisté, en assurant que son pays était « un Etat nucléaire responsable ».

La semaine dernière, la Corée du Nord a menacé de procéder à un essai de bombe H dans l’océan Pacifique. Ce serait « une démonstration choquante d’irresponsabilité », a jugé lundi le secrétaire américain à la Défense, Jim Mattis. Sans répondre à une question lui demandant s’il s’agirait alors d’un acte de guerre.

Romandie.com avec(©AFP / 25 septembre 2017 22h35)                

La Corée du Nord accuse Donlad Trump de lui avoir « déclaré la guerre »

septembre 25, 2017

Le chef de la diplomatie nord-coréenne, Ri Yong Ho, à New York, le 25 septembre 2017 / © AFP / Jewel SAMAD

Le chef de la diplomatie nord-coréenne, Ri Yong Ho, a accusé lundi le président américain Donald Trump d’avoir « déclaré la guerre » à la Corée du Nord, et menacé d’abattre les bombardiers américains s’approchant de ses côtes.

Samedi, dans une démonstration de force, les États-Unis ont fait voler des bombardiers stratégiques près des côtes nord-coréennes, afin, a précisé le Pentagone, d’envoyer un « message clair » à Pyongyang. Cette décision a aggravé la tension entre les deux pays, qui s’étaient échangés déjà toute la semaine des insultes et des menaces.

« Tous les États membres (de l’ONU) et le monde entier devraient clairement se rappeler que ce sont les États-Unis qui ont les premiers déclaré la guerre à notre pays », a déclaré lundi à des journalistes à New York Ri Yong Ho.

« Depuis que les États-Unis ont déclaré une guerre à notre pays, nous avons tous les droits pour prendre des contre-mesures, y compris le droit d’abattre des bombardiers stratégiques, même s’ils ne se trouvent pas encore dans l’espace aérien de notre pays », a ajouté le ministre nord-coréen.

Samedi, lors de son allocution devant l’Assemblée générale de l’ONU, Ri Yong Ho avait déjà dénoncé les propos tenus au même endroit quelques jours plus tôt par Donald Trump contre son pays, le qualifiant de « personne dérangée » et « mégalomane ».

Lors de sa première allocution solennelle à la tribune des Nations unies, le président américain avait menacé de « détruire totalement » la Corée du Nord si ce pays attaquait les États-Unis.

Ces échanges verbaux, d’une violence rare à la tribune d’une institution censée garantir la paix et la sécurité dans le monde, ont provoqué l’inquiétude notamment de la Russie et de multiples appels au calme et à la sérénité.

– « Irresponsabilité » –

Vendredi à l’ONU, Sergueï Lavrov avait réclamé que « les têtes chaudes se refroidissent ». Il faut privilégier « l’approche raisonnable et non émotionnelle – au lieu d’avoir une cour d’école où les enfants se battent sans que personne ne puisse les arrêter », a-t-il dit.

Dans une interview diffusée dimanche, il a mis en garde contre « une catastrophe imprévisible » en cas de dérapage entre les deux pays. Selon lui, la crise actuelle peut être résolue à travers une approche plus souple. « Seulement avec des caresses, des suggestions et de la persuasion », a-t-il répondu à une question sur les moyens de mettre fin aux menaces de Pyongyang.

En un peu plus d’un mois, le Conseil de sécurité de l’ONU a approuvé à l’unanimité deux séries de sanctions économiques (les 5 août et 11 septembre) chaque fois plus sévères pour contraindre Pyongyang à revenir à une table de négociations. Les discussions entre grandes puissances et la Corée du Nord sur ses programmes d’armement sont arrêtées depuis 2009.

Washington a annoncé de nouvelles sanctions économiques unilatérales le 21 septembre.

Au vu du redoublement des tensions de ces derniers jours, la Corée du Nord semble vouloir rendre coup pour coup aux Américains, en matière militaire avec des essais nucléaires et des tirs de missiles balistiques survolant le Japon, jusqu’aux déclarations enflammées et menaçantes.

« Trump a affirmé que nos dirigeants n’allaient plus être au pouvoir pour longtemps », s’est insurgé lundi Ri Yong Ho. « La question de savoir qui ne restera pas là longtemps va trouver une réponse », a-t-il menacé.

Samedi, le ministre nord-coréen avait estimé que « personne d’autre que Trump lui-même est en mission suicide ». « La raison profonde pour laquelle la Corée du Nord possède des armes nucléaires est liée aux États-Unis. Elle doit renforcer sa force nucléaire au niveau de celle des États-Unis ».

« Notre force nucléaire nationale est (…) dissuasive pour mettre un terme à la menace nucléaire des Etats-Unis et pour empêcher une invasion militaire » américaine. « Notre but ultime est d’établir un équilibre de pouvoirs avec les Etats-Unis », avait-il insisté, en assurant que son pays était « un État nucléaire responsable ».

La semaine dernière, la Corée du Nord a menacé de procéder à un essai de bombe H dans l’océan Pacifique. Ce serait « une démonstration choquante d’irresponsabilité sur le plan de la santé, de la stabilité et de la non-prolifération », a rétorqué lundi le secrétaire américain à la Défense, Jim Mattis. Sans toutefois répondre à une question lui demandant s’il s’agirait alors d’un acte de guerre.

Romandie.com avec(©AFP / 25 septembre 2017 19h14)