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Explosions à Bata en Guinée équatoriale : Obiang lance un appel à la communauté internationale

mars 9, 2021
Des civils transportent l’une des victimes des explosions de Bata, le 7 mars 2021 en Guinée équatoriale.

Le bilan des explosions qui ont ravagé un camp militaire à Bata, dimanche 7 mars, ne cesse de s’alourdir. Le chef de l’État a ordonné une enquête et lancé « un appel à la communauté internationale à soutenir la Guinée équatoriale ».

Secouristes ou simples civils extirpant des corps de ruines encore fumantes, hommes transportant un cadavre dans un drap jaune au milieu d’un amas de morceaux de béton et de tôles, un civil déposant le corps inanimé d’un enfant sur le plateau d’un pick-up, blessés gisant à même le sol d’un hôpital… Les images de Bata, diffusées par la TVGE, la télévision d’État qui dépend du ministère de l’Information, ou filmées par des témoins et relayées sur les réseaux sociaux depuis dimanche, sont terribles.

Au moins 98 personnes tuées

La première explosion s’est produite en début d’après-midi, dimanche 7 mars, dans le camp militaire de Nkoa Ntoma, situé dans la capitale économique équato-guinéenne, bientôt suivie de trois autres détonations dans cette base qui abrite notamment les forces spéciales ainsi que des hommes de la gendarmerie.

NOUS N’AVONS PAS DORMI DE LA NUIT, DES MAISONS ONT CONTINUÉ DE BRÛLER TOUTE LA NUIT

Selon des témoignages recueillis par l’AFP, les bâtiments ont ensuite continué à brûler au cours de la nuit de dimanche à lundi. « Mon oncle, un officier du camp, vient de nous appeler pour dire qu’il avait retrouvé ce matin les corps de cinq membres de sa famille entièrement brûlés », a rapporté par téléphone un habitant de Bata sous couvert d’anonymat.

« Nous n’avons pas dormi de la nuit, des maisons ont continué de brûler toute la nuit et on entendait encore des petites détonations ; les habitants des quartiers situés dans un rayon de 2 à 4 km du lieu des explosions n’ont pas pu rentrer », a assuré Teodoro Nguema, un autre habitant de la ville.

Une enquête et un appel

Lundi, les opérations de sauvetage ont continué. De nombreux cadavres ont été sortis des décombres, mais aussi des survivants. Trois enfants âgés de 3 et 4 ans ont ainsi pu être extraits vivants des ruines d’habitations et transportés à l’hôpital, selon la TVGE.

Le bilan, encore provisoire, s’établissait  lundi à « 98 morts et 615 blessés », a annoncé le fils du chef de l’État, Teodoro Nguema Obiang Mangue – dit Téodorin – , vice-président en charge de la Défense et de la Sécurité. « Les dommages ne sont pas seulement physiques mais aussi psychologiques », a-t-il précisé.

JE LANCE UN APPEL À LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE ET AUX BIENFAITEURS NATIONAUX POUR QU’ILS SOUTIENNENT LA GUINÉE ÉQUATORIALE EN CES MOMENTS DIFFICILES

Le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo avait pour sa part, dans un premier communiqué, évoqué un « accident provoqué par la négligence de l’unité chargée de garder les dépôts de dynamite, d’explosifs et de munitions qui ont pris feu à cause des brûlis allumés dans leurs champs par les fermiers qui ont finalement fait exploser successivement ces dépôts ». Le ministère de la Défense a expliqué que ce sont des « munitions de gros calibre » qui ont explosé, provoquant une « des ondes de choc détruisant totalement de nombreuses maisons avoisinantes ».

Appel à la communauté internationale

« Compte tenu de l’ampleur des dommages occasionnés, encore provisoires, aux infrastructures officielles et privées, dont la réparation impliquera d’importantes ressources économiques, je lance un appel à la communauté internationale et aux bienfaiteurs nationaux pour qu’ils soutiennent la Guinée équatoriale en ces moments difficiles qui coïncident avec la crise économique résultant de la chute des prix du pétrole et de la pandémie de Covid-19 », a par ailleurs déclaré le chef de l’État.

Un appel auquel l’Espagne a d’ores et déjà répondu. Après un échange téléphonique avec son homologue équato-guinéen, Simeon Oyono Esono, Arancha Gonzalez, la ministre espagnole des Affaires étrangères, a annoncé l’envoi « immédiate » d’une cargaison d’aide humanitaire. Un premier avion a atterri à Malabo ce mardi 9 mars.

Par Jeune Afrique avec AFP

La Guinée Équatoriale demande le départ de la représentante de l’OMS

juin 2, 2020

 

Photo de BrazzaNews.
Dr Triphonie Nkurunziza-OMS

 

La Guinée équatoriale exige le départ de la représentante de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qu’elle accuse de gonfler le bilan du coronavirus dans ce petit pays d’Afrique centrale, selon le gouvernement et un responsable de l’ONU.

«Le ministère des Affaires étrangères et de la coopération de la Guinée équatoriale a l’honneur de demander au bureau régional de l’OMS pour l’Afrique de mettre un terme aux fonctions du Dr Triphonie Nkurunziza (..) et de veiller immédiatement à son départ de Malabo», lit-on dans un procès-verbal du ministère daté du 26 mai que l’AFP a pu consulter mardi. Vendredi, devant le Sénat, le Premier ministre équato-guinéen Pascual Obama Asué a accusé la représentante d’avoir «falsifié les données de personnes contaminées» par le Covid-19. «Nous n’avons pas de problème avec l’OMS, nous avons un problème avec la représentante de l’OMS à Malabo» a-t-il ajouté au cours d’une session retransmise par la télévision d’Etat.

«Le gouvernement a demandé qu’elle parte, nous avons reçu un procès-verbal dans ce sens, elle est accusée d’avoir falsifié les données de Covid-19», a confirmé mardi à l’AFP un responsable du bureau des Nations unies à Malabo, sous couvert de l’anonymat, tout en refusant de commenter cette accusation. Selon cette source, Mme Nkurunziza n’a pas encore quitté Malabo parce qu’il n’y a pour l’heure aucun vol le lui permettant.

Dans ce petit pays pétrolier dirigé d’une main de fer par le président Teodoro Obiang Nguema depuis quarante ans, le gouvernement affirme qu’il y a 1.306 cas connus de coronavirus et 12 morts début juin, pour 1,3 million d’habitants. Mais les autorités ont cessé de mettre ce bilan à jour quotidiennement depuis le 28 avril, l’actualisant seulement de temps à autre. Les chiffres avancés par l’OMS, une agence de l’ONU, ont, parfois, dépassé ceux de Malabo depuis le début de l’épidémie, même s’ils sont redevenus identiques à ce jour.

«Si l’OMS arrête de donner les chiffres du Covid-19, il sera difficile d’avoir les vraies données sur l’évolution de la pandémie en Guinée équatoriale», a commenté dans un tweet le site d’informations Radio Macuto, basé en Espagne et proche de l’opposition.

Par Le Figaro avec AFP

Le masque devient obligatoire dans plusieurs pays d’Afrique centrale

avril 15, 2020

Dans plusieurs pays d’Afrique centrale, le port du masque est devenu obligatoire dans l’espace public afin de freiner la propagation du nouveau coronavirus, ont annoncé ces derniers jours leurs gouvernements. Au Gabon, le masque est obligatoire depuis mercredi matin, tout comme en Guinée équatoriale, qui demande aussi à ses citoyens de porter des gants lors de leur sortie.

Conscient de la difficulté des Gabonais à se procurer des masques médicaux, Libreville a recommandé à ses citoyens le port «du masque alternatif». De nombreux ateliers de couture au Gabon et ailleurs se sont mis à produire des masques en tissu, moins efficaces mais qui limitent toutefois la propagation du virus.

Lundi, le gouvernement tchadien avait également décrété le port obligatoire du masque sur son territoire avant de revenir sur sa décision le lendemain à cause du manque d’offre sur le marché. Le Cameroun – l’un des pays les plus touchés par le virus en Afrique avec 855 cas déclarés officiellement mercredi – avait déjà adopté cette mesure jeudi dernier.

Dans ces pays d’Afrique centrale, ces dispositions s’ajoutent à celles déjà prises, comme l’instauration de couvre-feux nocturnes, la fermeture des écoles, des frontières et des lieux de culte ainsi que les restrictions sur les rassemblements

Par Le Figaro avec AFP

Guinée équatoriale : des bolides de Teodorin Obiang vendus aux enchères en Suisse

septembre 29, 2019

Une Lamborghini Veneto Roadster ayant appartenu à l’Equato-Guinéen Teodorin Obiang exposée à Chéserex (Suisse) le 28 septembre 2019/ © AFP – Fabrice COFFRINI

Vingt-cinq bolides du fils du président de Guinée équatoriale sont mis aux enchères dimanche en Suisse. Ils avaient été saisis par la justice genevoise dans une enquête pour blanchiment d’argent.

L’estimation globale est d’au moins 18,5 millions de francs suisses (plus de 17 millions d’euros).

« C’est une vente exceptionnelle. C’est une collection privée de supercars, avec des kilométrages extrêmement limités, parfois de livraison », a déclaré Philip Kantor, directeur du département Automobiles Europe de la maison britannique Bonhams, qui organise les enchères.

Sept Ferrari, trois Lamborghini, cinq Bentley, une Maserati et une McLaren sont parmi les véhicules proposés à la vente, qui se déroule dans un club de golf proche de Genève.

Les lots les plus chers sont deux hypercars qui furent dévoilées au salon de l’automobile de Genève en 2013: une Lamborghini Veneno Roadster blanc cassé, évaluée entre 4,8 et 5,7 millions d’euros, et une Ferrari jaune (hybride), estimée entre 2,4 et 2,6 millions d’euros.

Qu’ils soient rouges, blancs ou jaunes, tous ces bolides ont en commun d’avoir appartenu à Teodorin Obiang, vice-président de la Guinée équatoriale.

Procédure pénale

Parmi les lots proposés, une Aston Martin One-77 rouge de 2011, évaluée entre 1,3 et 1,7 million d’euros, possède une mention gravée sur son entrée de porte spécifiant « Construite à la main en Angleterre pour Theodore N’Guema Obiang Mangue ».

Ces voitures ont également en commun d’avoir été confisquées par la justice genevoise après l’ouverture en 2016 d’une procédure pénale à l’encontre de Teodorin Obiang, et de deux autres personnes, pour « blanchiment d’argent et gestion déloyale des intérêts publics ».

La procédure a finalement été classé en février, la justice genevoise et les autorités équato-guinéennes s’étant mis d’accord pour que les voitures soient vendues et que le produit de la vente soit affecté à un programme à caractère social en Guinée équatoriale.

Le pays a aussi accepté de verser à Genève 1,3 million de francs suisses (1,4 million d’euros) pour couvrir notamment les frais de procédure.

Teodorin Obiang, connu pour ses extravagances et son train de vie somptueux, pourrait succéder à son père Teodoro Obiang Nguema, 77 ans, au pouvoir depuis quarante ans.

Il a été condamné en 2017 à Paris à trois ans de prison avec sursis et 30 millions d’euros d’amende pour s’être frauduleusement bâti en France un patrimoine considérable (hôtel particulier parisien, voitures de course et de luxe, costumes de marque par dizaines, jets privés…) dans l’affaire dite des « biens mal acquis », jugement dont il a fait appel.

Pas d’enchère minimum

Toutes ses voitures sont proposées sans « prix de réserve », c’est-à-dire sans enchère minimum, ce qui n’a pas été du goût du constructeur suédois Koenigsegg.

La Guinée équatoriale a également fait part de son mécontentement, et tenté ces derniers jours de faire suspendre la vente aux enchères. Ce à quoi la justice genevoise s’est opposée.

« De l’avis d’experts, il nous paraissait que le prix de la vente serait plus élevé lors de ventes privées avec des collectionneurs et des professionnels de la branche qui recherchent ce type » de véhicules, a expliqué l’avocat de la Guinée équatoriale, Shahram Dini.

Par Jeuneafrique.com avec AFP

Guinée-équatoriale: le demi-frère du président et sommité du régime est décédé

mai 7, 2019

 

Le ministre équato-guinéen de la sécurité présidentielle et demi-frère du chef de l’Etat, Antonio Mba Nguema, est décédé lundi en Afrique du Sud des suites d’une longue maladie, a annoncé mardi la présidence de Guinée équatoriale.

«Dans la matinée du 6 mai, le Capitaine général des forces armées et ministre d’Etat à la présidence de la République chargé de la sécurité présidentielle, Antonio Mba Nguema Mikué est mort dans un hôpital en Afrique du Sud», a indiqué le présidence dans un communiqué lu à la radio d’État.

Antonio Mba Nguema, demi-frère du président Teodoro Obiang Nguema qui dirige le pays depuis 1979, est décédé à l’âge de 68 ans, selon un membre de la famille contacté par l’AFP.

Il a longtemps été directeur de la sécurité nationale (1992-2004) avant d’être nommé ministre de la Défense nationale, poste qu’il a occupé jusqu’en 2016. Il portait le plus haut grade de l’armée du pays.

Le ministère de la défense a décrété sept jours de deuil dans «toutes les casernes, navires dépendances militaires des forces armées et de sécurité» du pays, selon un arrêté consulté par l’AFP.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Theodorin Obiang pris la main dans le sac au Brésil

septembre 17, 2018

Le vice-président équato-guinéen et sa délégation transportaient des montres de luxe d’une valeur de 15 millions de dollars.

Teodorin Nguema Obiang, en 2013, lors de sa fête d’anniversaire, près de Malabo.

Teodorin Nguema Obiang, en 2013, lors de sa fête d’anniversaire, près de Malabo. Crédits : JEROME LEROY / AFP

Le temps est un bien précieux et Teodorin Obiang Nguema l’a compris. Le fils du président de Guinée équatoriale en a donc fait une passion et dépense sans compter pour habiller son poignet de montres de luxe, souvent uniques au monde. C’est ainsi qu’entre 2005 et 2011, il a dilapidé plus de 10 millions d’euros dans les boutiques de la place Vendôme, à Paris. Il a en plus craqué pour quatre modèles d’exception de montres Cartier, Vacheron, Constantin et Piaget, à 710 000 euros, selon les enquêteurs qui s’intéressaient à son train de vie extravagant dans le cadre de l’affaire dite des « biens mal acquis ». Une coquetterie comparée aux près de 150 millions d’euros blanchis en France entre 1997 et 2011, ce qui lui a valu d’être condamné en octobre 2017 à trois ans de prison et 30 millions d’euros d’amende avec sursis, une décision dont il a fait appel. Pas de quoi affecter le « prince de Malabo », la capitale de son Etat pétrolier d’Afrique centrale, dont il est le puissant et capricieux vice-président.

Exception anachronique et ringarde

Après avoir organisé une fête démesurée pour ses 49 ans, en juin, à Malabo, après avoir posé avec Nicolas Sarkozy et croisé Vladimir Poutine le mois suivant dans les tribunes VIP de la Coupe du monde de football, à Moscou, Teodorin Obiang Nguema a trouvé le temps de se rendre au Brésil. Son avion privé se pose vendredi 14 septembre sur le tarmac d’un aéroport près de Sao Paulo. Là, les douaniers sont stupéfaits lorsqu’ils examinent deux des dix-neuf bagages de la délégation équato-guinéenne, composée de onze membres.

A l’intérieur d’une première valise Louis Vuitton : 1,5 million de dollars (1,3 million d’euros) en espèces – le maximum autorisé est fixé à 2 400 dollars. Dans la seconde, des montres de luxe, pour certaines gravées de ses initiales, dont la valeur s’élèverait à 15 millions de dollars. Un nouveau scandale pour celui qui a déjà été accusé d’utiliser de l’argent de la corruption et de détournements de fonds publics pour acquérir des biens aux Etats-Unis, et qui est toujours visé par une enquête en Suisse pour l’acquisition suspecte de deux yachts.

Les frasques de Teodorin Obiang Nguema s’accumulent. Au sein de l’élite du continent, où l’Union africaine a fait de la lutte contre la corruption sa priorité, « Teodorin » est en passe de devenir une exception anachronique et ringarde, voire honteuse. Lui n’en a cure. Il met en scène sa vie fastueuse sur les réseaux sociaux comme s’il était intouchable. Et comme s’il était acquis que le « prince » succédera un jour à son père, qui dirige la Guinée équatoriale d’une main de fer depuis trente-neuf ans. Après tout, il a le temps et les montres, le pouvoir et l’impunité – dans son pays seulement.

Lemonde.fr par Joan Tilouine

Guinée équatoriale: un opposant demande le départ du gouvernement en plein dialogue

juillet 17, 2018

Malabo (Guinée équatoriale) – Un dirigeant de l’opposition en Guinée équatoriale a réclamé, mardi, en plein « dialogue national » à Malabo, la démission du gouvernement qui n’a pas respecté la promesse du président Teodoro Obiang Nguema de libérer les prisonniers politiques.

« Ce gouvernement est incapable d’appliquer et de respecter les lois, il doit démissionner », a déclaré au deuxième jour du « dialogue national » Andres Esono Ondo, secrétaire général de Convergence pour la démocratie sociale (CPDS), deuxième parti d’opposition de Guinée équatoriale.

Il a noté que « treize jours après » un décret présidentiel du 4 juillet portant sur une amnistie totale des prisonniers politiques, « aucun n’a été libéré ».

« Le gouvernement est parfaitement légitime », a rétorqué Eugenio Nze Obiang, ministre de l’Information et porte-parole du gouvernement. « Et ce n’est pas à ce forum (du dialogue national) que sa continuité doit être questionnée ».

M. Nze Obiang a ensuite assuré à l’AFP que « le gouvernement a instruit au parquet (…) qu’il appelle les personnalités judiciaires indiquées pour libérer les bénéficiaires de cette amnistie ».

A la surprise générale, le président avait décrété, le 4 juillet, avant l’ouverture du « dialogue politique », une « amnistie totale » en faveur de tous les prisonniers politiques et de tous les opposants condamnés ou interdits d’activité.

Cette amnistie était l’une des principales conditions posées par l’opposition de l’intérieur et de la diaspora pour prendre part à ce dialogue national.

En 2014, le pouvoir avait également annoncé une amnistie mais tous les prisonniers n’avaient pas été libérés, selon Amnesty International.

Lundi, un « dialogue national » voulu par le président Teodoro Obiang Nguema s’est ouvert à Malabo en l’absence des principaux leaders de l’opposition.

Ni Gabriel Nse Obiang, chef du principal parti d’opposition, Citoyens pour l’innovation (CI) dissous en février, ni Severo Moto Nsa, chef d’un gouvernement en exil, n’étaient présents.

« Ce dialogue ne doit pas seulement nous servir pour voir d’où on vient, mais aussi de regarder vers où on va », avait déclaré le président Obiang Nguema en ouvrant les travaux de ce dialogue qui doit s’achever vendredi.

Lors du dialogue doivent être abordés « des sujets tels que la démocratie, les droits de l’homme », selon le ministre de l’Intérieur, Clemente Engonga Nguema Onguene.

Les ONG et la communauté internationale ne cessent de s’inquiéter du non-respect des droits de l’homme dans ce pays d’Afrique centrale, malgré les démentis des autorités.

L’opposition dénonce régulièrement les exactions dont sont victimes ses militants emprisonnés.

CI a récemment dénoncé, pour la deuxième fois en 2018, le décès d’un de ses militants « des suites de tortures ».

Romandie.com avec(©AFP / 17 juillet 2018 21h56)                                                        

En Guinée équatoriale, des opposants affirment avoir été torturés par la police

mars 28, 2018

 

Les faits auraient eu lieu juste après que le régime eut annoncé avoir déjoué une tentative de coup d’Etat, fin 2017.

 

Le président équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema, en Bolivie, en novembre 2017. Crédits : David Mercado / REUTERS

Des militants d’un parti d’opposition dissous en février en Guinée équatoriale affirment avoir été « torturés », pratique confirmée par des défenseurs des droits humains mais fermement démentie par le pouvoir à Malabo. C’est à « Guantanamo », surnom du commissariat central de Malabo, que plusieurs des 38 militants du parti d’opposition Citoyens pour l’innovation (CI) disent avoir subi des mauvais traitements, du 28 décembre 2017 au 3 janvier, selon des témoignages recueillis par l’AFP.

Les faits auraient eu lieu juste après que le régime eut annoncé avoir déjoué, le 24 décembre 2017, une tentative de coup d’Etat dont les commanditaires étaient des Equato-Guinéens et les exécutants des étrangers, parmi lesquels des Français, selon Malabo. Des militants du parti CI avaient été arrêtés après une tentative de rassemblement début novembre.

« Nous avons été torturés pendant une semaine, affirme Ernesto Obama Ondo, 42 ans, militant de CI. Je recevais 150 coups de fouet chaque jour, mes fesses étaient en lambeaux. » Mireille Buila Euka, 24 ans, elle aussi membre de CI, a également reçu des coups de fouet après avoir été attachée par les mains et les pieds : « J’ai reçu 100 coups la première nuit » en détention.

Un opposant « mort sous la torture »

Ernesto Obama Ondo dit avoir été finalement emmené à l’hôpital La Paz de Malabo, comme d’autres victimes, information confirmée à l’AFP par des employés de l’hôpital. C’est là que Susana Esono, la trentaine, affirme avoir subi une tentative d’assassinat. Elle y avait été emmenée après avoir eu un bras cassé et une côte fracturée à coups de barre de fer lors de son arrestation le 28 décembre.

« Après deux jours à l’hôpital La Paz, un homme m’a fait une injection et je me suis évanouie », dit-elle. Alors qu’elle était encore sous perfusion, des « policiers » sont venus la chercher pour la conduire à « Guantanamo », où ils lui ont arraché la perfusion en disant que « les gens de CI doivent mourir et n’ont pas droit au traitement ».

Selon M. Obama Ondo et le parti CI, un autre opposant, Santiago Ebee Ela, « est mort sous la torture » en détention, mi-janvier. « Ce n’est pas vrai, je pense qu’il était malade », avait affirmé à l’époque le président équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema, promettant une enquête sur les circonstances de son décès qui n’a pas encore commencé, selon l’avocat Fabian Nsue et Amnesty International. « Les militants de CI ont été torturés, nous envisageons une action en justice », a déclaré Me Nsue à l’AFP, doutant qu’elle aboutisse, la justice étant selon lui liée au gouvernement, dont l’objectif est « d’en finir avec CI ».

Saisie, l’organisation de défense des droits humains Human Rights Watch (HRW) souhaiterait que l’ONU mène une enquête, a indiqué la chercheuse Sarah Saadoun. « Je suis en train de faire de plus amples recherches » pour une plainte devant l’ONU, déclare Tutu Alicante, Equato-Guinéen en exil et collaborateur de HRW.

Des militants comparés à « des paramilitaires »

Début février, l’Union européenne s’est inquiétée de la « forte détérioration de la situation des droits de l’homme » en Guinée équatoriale, tout comme Amnesty International. « Depuis les élections législatives et municipales de novembre 2017, nous avons constaté une augmentation du nombre de cas de torture de membres de l’opposition », déclare à l’AFP Marta Colmer, chercheuse à Amnesty. Mais le « refus de collaborer » des autorités équato-guinéennes rend difficile la vérification « des violations des droits de l’homme dans ce pays », explique-t-elle.

« Qui est torturé ? », se demande l’ambassadeur de Guinée équatoriale en France, Miguel Oyono Ndong Mifumu, interrogé par l’AFP. « Les gens qui ont été arrêtés ne l’ont pas été parce qu’ils étaient membres d’un parti politique », affirme-t-il. Ils l’ont été pour « sédition, désordre public, atteintes à l’autorité et blessures graves » suite à des échauffourées survenues le 5 novembre pendant la campagne pour le scrutin du 12 novembre à Aconibe, sur la partie continentale du pays. « Un groupe de 200 personnes » a « tabassé des policiers », a ajouté l’ambassadeur, comparant les militants de CI à « des paramilitaires ».

La police avait empêché la tenue d’un meeting de campagne du parti CI à Aconibe, ville natale du leader du parti, Gabriel Nse Obiang Obono. Trois policiers avaient été blessés et leurs armes de service arrachées.

Fin février, CI a été dissous et 147 de ses militants jugés sur la base des événements d’Aconibe, dont 21 condamnés à plus de trente ans de prison. Trente-et-un militants sont encore en détention, selon CI, dont son unique député, Jésus Mitogo. Le parti affirme que, lors de leur procès, mi-février, une trentaine d’accusés ne pouvaient pas se tenir debout « en raison de la torture subie » pendant leur détention « à Guantanamo ».

Le Monde.fr avec AFP

Guinée équatoriale: Malabo « protégera » l’ancien président gambien en exil

janvier 28, 2018

 

Le président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema Mbasogo à New Delhi, le 29 octobre 2015. © Manish Swarup / AP / SIPA

La Guinée équatoriale « protégera » l’ancien président gambien Yahya Jammeh, qui a trouvé exil il y a un an dans ce pays après avoir dû quitter le pouvoir en Gambie, a déclaré le président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema, assurant « être en accord » sur ce point avec l’Union africaine (UA).

Obiang Nguema s’exprimait vendredi soir à la télévision nationale, à l’issue d’une visite de quelques heures à Malabo du président en exercice de l’UA, le président guinéen Alpha Condé.

« Je crois que la position de protéger les anciens chefs d’Etat est une position correcte. Et précisément je félicite Alpha Condé qui m’a suggéré qu’il n’accepterait aucune demande d’extradition de Yahya Jammeh. Moi non plus je ne l’accepterai pas », a expliqué le président Obiang Nguema.

« Nous sommes complétement d’accord qu’il faut protéger Yahya Jammeh, il faut le respecter comme ancien chef d’Etat d’Afrique. Car c’est une garantie pour que les autres chefs d’Etat qui doivent quitter le pouvoir n’aient pas peur des harcèlements qu’ils pourraient subir par après », a-t-il affirmé.

Yahya Jammeh, réfugié depuis janvier 2017 en Guinée équatoriale

Le chef de l’Etat équato-guinéen, au pouvoir depuis 38 ans, a par ailleurs félicité son homologue guinéen pour son travail à la tête de l’UA, où il a démontré qu’il était « un grand panafricaniste ».

En janvier 2017, le président gambien Yahya Jammeh avait été contraint de partir en exil après plus de 22 ans à la tête de ce pays anglophone d’Afrique de l’Ouest et après avoir contesté pendant six semaines sa défaite à l’élection présidentielle de décembre 2016 face à Adama Barrow.

Sous la menace d’une intervention militaire des pays d’Afrique de l’Ouest, et après plusieurs médiations régionales, notamment une ultime initiative guinéo-mauritanienne, il avait consenti à quitter le pouvoir et avait trouvé refuge en Guinée Equatoriale. Un an après son départ, la stabilité politique reste néanmoins fragile en Gambie, du fait notamment de l’influence persistante des ex-chefs militaires du régime Jammeh.

Jeuneafrique.com

La tentative de « coup d’État » en Guinée équatoriale organisée en France, selon Malabo

janvier 10, 2018

Malabo (Guinée équatoriale) – La tentative de « coup d’Etat » que Malabo a dit avoir déjoué le mois dernier a été organisée en France, a affirmé mercredi le ministre équato-guinéen des Affaires étrangères tout en excluant une implication des autorités françaises dans cette affaire qui comporte de nombreuses zones d’ombre.

« La stratégie a été organisée sur le territoire français », a déclaré M. Agapito Mba Mokuy lors d’une conférence de presse, sans donner plus de précisions. Il a fait cette déclaration en français, interrogé dans cette langue par l’AFP. En espagnol, le ministre a utilisé le conditionnel à ce propos.

« Ca n’a rien à voir avec le gouvernement français », a-t-il souligné. « Nous allons coopérer avec la France dès que nous aurons plus de renseignements ».

Les relations bilatérales sont tendues depuis que la justice française a ouvert un procès et condamné en octobre le fils du président équato-guinéen, Teodorin Obiang, à trois ans de prison avec sursis et 30 millions d’euros d’amende avec sursis dans l’affaire des « biens mal acquis ».

M. Mokuy a aussi déclaré que « 27 terroristes ou mercenaires » avaient été arrêtés à la suite de la tentative de « coup d’Etat » que Malabo affirme avoir déjoué fin décembre et que les mercenaires accusés d’y être impliqués seraient encore « environ 150 » sur le territoire équato-guinéen, « à la frontière » avec le Cameroun.

Mardi, le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra s’est rendu à Malabo pour « apporter tout le soutien » de la Centrafrique à son voisin, a-t-on déclaré à la présidence de la RCA.

Des Centrafricains font partie de « mercenaires » interpellés par la police camerounaise – aux côtés de Tchadiens et de Soudanais – du côté camerounais de la frontière avec la Guinée équatoriale le 27 décembre, selon des sources sécuritaires camerounaises.

« Nous devons savoir si les Centrafricains interpellés ont des vrais ou des faux passeports centrafricains », a indiqué la présidence à Bangui.

De nombreuses questions restent posées sur cette affaire alors que l’accès à l’information est difficile sur la partie continentale du pays où se serait passée la tentative de déstabilisation du régime du président Teodoro Obiang Nguema, au pouvoir depuis 1979 et âgé de 75 ans.

M. Mokuy est en outre revenu mercredi sur la libre-circulation en Afrique centrale, suspendant la participation de la Guinée équatoriale à cet accord alors que la décision avait été ratifiée à l’unanimité en octobre par les six pays de la zone après une quinzaine d’années de débat.

« La libre circulation ne veut pas dire que vous pouvez circulez comme vous voulez. Il faut avoir un passeport biométrique, (un) passeport Cémac (lorganisation régionale), (un) passeport sécurisé. Tant que toutes ces conditions ne sont pas remplies et compte tenu de ce qu’il s’est passé en Guinée équatoriale, nous disons (qu’il faut) pour circuler dans notre pays aller dans nos ambassades », a indiqué M. Mokuy.

Mercredi 3 janvier, la Guinée équatoriale avait déclaré avoir déjoué un « coup d’Etat ». Selon Malabo, un groupe de mercenaires étrangers avait voulu le 24 décembre attaquer le chef de l’Etat, Teodoro Obiang Nguema, qui se trouvait dans son palais de Koete Mongomo (à une cinquantaine de km du carrefour des trois frontières entre le Gabon, la Guinée et le Cameroun).

La Guinée équatoriale, un des plus gros producteurs de pétrole d’Afrique subsaharienne, mais dont la grande majorité de sa population vit dans la pauvreté, a connu une histoire agitée de coups et tentatives de coups d’Etat depuis son indépendance de l’Espagne en 1968.

Romandie.com avec(©AFP / 10 janvier 2018 19h12)