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Guinée : Mamadi Doumbouya nomme Dansa Kourouma à la tête du CNT

janvier 23, 2022
Le colonel Mamadi Doumbouya, chef de la junte au pouvoir, le 1er octobre 2021 à Conakry. © AFP/Cellou BINANI

Le chef de l’État a nommé samedi les 81 membres du Conseil national de transition (CNT), l’organe législatif devant décider de la date du retour des civils au pouvoir.

Selon un décret lu samedi soir à la télévision publique, le médecin Dansa Kourouma a été nommé président du CNT. Proche de l’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana, il était jusqu’ici président du Conseil national des organisations de la société civile (CNOSC).

Les membres du CNT représentent toutes les organisations socio-professionnelles du pays ainsi que les partis politiques. Ils doivent participer aux discussions sur l’agenda de la transition.

Tensions avec la classe politique

La charte de transition, sorte d’acte fondamental, signée le 27 septembre indique que la durée de la transition doit être fixée « d’un commun accord entre les forces de la nation et le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) », la junte au pouvoir.

Le colonel Doumbouya, qui s’est fait investir président de transition le 1er octobre 2021, après avoir renversé le président Alpha Condé, s’est engagé à rendre le pouvoir à des civils après des élections, mais sans mentionner jusque-là d’échéance pour cette transition. Et des tensions sont récemment apparues avec la classe politique qui juge que la junte ne tient pas ses promesses, notamment en n’écartant pas suffisamment les cadres ayant fait la promotion du 3e mandat de l’ancien président.

Brouille avec la communauté internationale

La durée de la transition est également au centre de la brouille entre les militaires au pouvoir et certains partenaires internationaux du pays. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) insiste sur la nécessité de respecter le délai de six mois pour la tenue des élections et presse les autorités guinéennes de soumettre rapidement un calendrier en ce sens. Elle a en outre suspendu la Guinée de ses organes de décision et infligé des sanctions individuelles aux membres de la junte.À LIRELe Mali à la recherche d’alliés dans la sous-région

Depuis le putsch du 5 septembre, un gouvernement a été formé. Dirigé par Mohamed Béavogui, un technocrate spécialiste des questions de développement, il a bien promis de rendre le pouvoir aux civils après des élections. Mais il refuse de se laisser dicter un délai et dit que celui-ci sera fixé par le CNT.

Par Jeune Afrique avec AFP


La liste des membres du Conseil National de transition :

A. Partis politiques
1-Aboubacar Sidiki Cissé (MPDG)
2-Mme Seny Panamou (Bloc libéral)
3-Mamadou Faza Baldé (UFDG)
4-Aboubacar Koly Kourouma (GRUP)
5-Sayon Mara (RPG)
6-Bangaly Djenessa Kourouma (RRD)
7-Mohamed Victor Bangoura (UDRG)
8-Mamadou Baïlo Diallo (UPR)
9-Mme Fingui Camara (PEDN)
10-Mohamed Kaba (PADES)
11-Mme Aminata Bah (PACT)
12-Mme Fatoumata Diallo (ADC-BOC)
13-Seny Camara (PUP)
14-Ahmed Tidiane Sylla (UFR)
15-Mohamed Aïssata Camara (FAN)

B. Organisations de la société civile
16-Mme Aïssata Mariama Soumah
17-Ismaël Kabacé Samoura
18-Dansa Kourouma (Président du CNT)
19-Salia Camara
20-El Hadj Mamadi Keïta
21-Alpha Abdoulaye Diallo
22-Sekou Doré

C. Centrales syndicales
23-Yamoussa Touré
24-Mme Hawa Bangoura
25-Maoulia Sénè
26-Aboubacar Sidiki Mara
27-Mme Mariama Touré

D. Organisations patronales
28-El Hadj Mansa Moussa Sidibé
29-Abdoulaye Dima Dabo
30-Ismaël Koly

E. Forces de défense et de sécurité
31-Général 2ème section Amadou Kaba
32-Général 2ème section Abdoulaye Keïta
33-Général 2ème section Pépé Roger Sagno
34-Colonel Laye Manfa Condé
35-Colonel Lamine Diallo
36-Colonel Maïmouna Sidibé
37-Capitaine de vaisseau à la retraite Amadou Sow
38-Commissaire divisionnaire André Bangoura
39-Adjudant-chef Mama Samy Béavogui

F. Organisations de défense des droits de l’homme
40-Mory Douno
41-Fatoumata Lamarana Bah

G. Organisations des Guinéens de l’étranger
42-Dominique Kpoghomou
43-Tiguidanké Traoré
44-Mohamed Naby Sylla
45-Abou Kaba
46-Aïcha Diallo

H. Organisations de femmes
47-Mme Fatoumata Yébhè Bah
48-Mme Saran Traoré
49-Dorcas Néma

I. Organisations de jeunesse
50-Hamidou Camara
51-Mamadi Fonfo Camara
52-Bademba Baldé
53-Mme Fanta Conté
54-Mme Maïmouna Barry

J. Organisations culturelles
55-Gouamou Fabara Koné
56-Mamadou Lamine Diallo

K. Confessions religieuses
57-Monseigneur Jacques Boston
58-El Hadj Seny Facinet Sylla (2ème vice-président)

L. Secteurs informels et métiers
59-Bangaly Chérif
60-Mme Fatou Holo Kaba

M. Organisations paysannes
61-Gilbert Andéga Camara
62-Mme Mahawa Soumano Tounkara

N. Sages des régions
63-El hadj Amadou Togba
64-Mohamed Lamine Bangoura

O. Personnes vivant avec le handicap
65-Kabinet Camara
66-Mme Massoud Barry

P. Organisations socioprofessionnelles
67-Me Mohamed Traoré
68-Hassane Bah
69-Hawa Diakité

Q. Chambres consulaires
70-Lansana Fofana
71-Lounceny Chérif

R. Organisations de presse
72-Mme Asmaou Barry
73-Yamoussa Sidibé

S. Personnes ressources
74-Mamadi Kaba
75-Mohamed Ali Thiam
76-Sorel Keïta
77-Aliou Badra Thiam
78-Mme Fatima Camara
79-El Hadj Abdoul Karim Dioubaté
80-Jean-Paul Kantabadouno
81-Maïmouno Yombouno (1ère vice-présidente).

Par Jeune Afrique

Rapatriement en Guinée de la dépouille d’Aminata Touré : respect protocolaire ou manœuvre politique ?

janvier 18, 2022
Damien Glez © Damien Glez

Le corps de la fille aînée de Sékou Touré a été rapatrié en Guinée, le 17 janvier. Un événement hautement symbolique, en cette période de récupération tactique.

Solidaires face aux admonestations d’une communauté internationale plus ou moins sous-régionale, les juntes jumelles d’Afrique de l’Ouest vont-elles se forger une légitimité populiste en invoquant l’esprit des anciens chefs d’État ? Au Mali, les putschistes qui ont poussé Ibrahim Boubacar Keïta à la démission saluent aujourd’hui la mémoire du disparu et font vibrer la corde sensible d’une reconnaissance formelle de la nation. En Guinée voisine, le président de la transition s’incline, lui, devant la mémoire d’Hadja Aminata Touré, fille aînée de Sékou Touré où Mamadi Doumbouya tente, depuis quelques semaines, de conquérir les nostalgiques.

Hadja Aminata Touré

Autorisation de Mohammed VI

Le 12 janvier, la mairesse de Kaloum décède à l’hôpital militaire de Rabat, des suites d’un cancer du pancréas. La junte obtient le rapatriement de son corps, en dépit de la fermeture actuelle des frontières marocaines. Après la prise en charge, par le Maroc, de l’intégralité des frais médicaux de la fille de Sékou Touré, c’est le roi Mohammed VI lui-même qui autorise le rapatriement de la dépouille, en affrétant un vol spécial des Forces armées royales.

Mamadi Doumbouya peut-il se gargariser d’une mansuétude du roi à son égard ? Le geste du monarque ne souligne-t-il pas simplement la fidélité du royaume à la famille de la défunte ? Ce sont déjà les services royaux marocains qui avaient assuré le transport de la dépouille de Sékou Touré, décédé à Cleveland en 1984. Dès cette époque, la fille de l’ancien président guinéen avait été parrainée par Hassan II, le père de Mohammed VI. Le lien a perduré…

C’EST LA DÉPOUILLE D’UNE FIGURE PRÉSENTÉE COMME FÉDÉRATRICE QUE LA GUINÉE ACCUEILLE

Toujours est-il que la junte actuelle flatte, depuis quelques temps, la mémoire du premier président de la République de Guinée. Un jour, Mamadi Doumbouya se recueille sur la tombe de Sékou Touré. Un autre, il restitue le domaine des Cases de Bellevue à sa veuve. Un autre encore, il rebaptise l’aéroport de Conakry du nom de celui qui avait dit « non » au général de Gaulle.

Cette semaine, c’est donc la dépouille d’une figure présentée comme fédératrice que la Guinée accueille. À l’arrivée du corps, l’ancien Premier ministre guinéen Kabinet Komara n’a pas manqué de souligner le « besoin de se donner la main » pour que la Guinée « construise le futur tout en n’oubliant pas le passé », mais en « conservant le passé comme un tremplin pour bien construire le futur ». Or, des journalistes guinéens présentent Komara comme le « VRP » du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) de Mamadi Doumbouya…

Damien Glez

Avec Jeune Afrique par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Guinée : Alpha Condé a quitté Conakry pour Abou Dhabi

janvier 17, 2022
Alpha Condé à Addis Abeba, en février 2020. © Minasse Wondimu Hailu/Anadolu Agency/AFP

Selon nos informations, l’avion transportant l’ancien président guinéen, un Gulfstream G-IV, a décollé de l’aéroport international Ahmed Sekou Touré ce 17 janvier, en début d’après-midi.

Alpha Condé a obtenu l’autorisation de Mamadi Doumbouya de quitter le pays, afin de recevoir des soins à Abou Dhabi. Il est accompagné de son médecin, le docteur Kaba, et de deux gardes du corps.

Avec Jeune Afrique

Guinée : fin de la lune de miel entre Mamadi Doumbouya et la classe politique

janvier 15, 2022
Le colonel Mamadi Doumbouya au Palais du peuple, à Conakry, le 14 septembre 2021 © JOHN WESSELS/AFP

Pour nombre de leaders de partis, l’heure est à la désillusion et à la méfiance envers la junte au pouvoir. Estimant ne pas être écoutés, ils tentent de s’unir.

Ces derniers jours, Mory Condé, le ministre de l’Administration du territoire et de la décentralisation tente de rassurer les leaders des partis partis politiques guinéens. « Les mémorandums que nous avons reçus lors des consultations nationales nous ont permis d’élaborer la charte de la transition, de mettre en place un gouvernement 100 % civil et de conduire les actions du pays », leur a-t-il déclaré début janvier. Car la grogne ne cesse de monter contre le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD). Et la méfiance s’est installée à l’égard d’un président, Mamadi Doumbouya, qui n’a toujours pas annoncé quand prendrait fin la transition.

« Le pouvoir a fait ce qu’il a voulu »

Pourtant, tout semblait avoir bien commencé. En septembre, juste après son arrivée au pouvoir, la junte avait lancé de grandes consultations nationales, auxquelles s’étaient pressés les représentants de partis, opposants à Alpha Condé en tête. Mamadi Doumbouya avait promis un changement de gouvernance. C’en était le premier acte. Mais depuis, la désillusion et la méfiance ont gagné les formations politiques. « Tout le monde sait que le pouvoir de transition n’a pas tenu compte de ces consultations. Toutes nos propositions ont été mises de côté, et le pouvoir a fait ce qu’il a voulu », proteste un cadre d’un parti politique guinéen qui a requis l’anonymat.

IL FAUDRAIT QUE DOUMBOUYA RESPECTE LA CHARTE SUR LAQUELLE IL A PRÊTÉ SERMENT

« Lorsque la charte a été publiée, ce fut la surprise : rien de ce qui figurait dans nos propositions n’avait été retenu. Ni le gouvernement de 23 ministres, ni le Conseil national de transition de 150 membres que nous suggérions, abonde Mamadou Sylla, président de l’Union démocratique de Guinée et de la Convergence pour la renaissance de la démocratie en Guinée (Corede). Comment voulez-vous qu’on s’en sorte avec un CNT de 81 membres dont 15 sièges pour la classe politique alors qu’il y a 200 partis ? Et pour la formation du gouvernement, c’est pareil, nous n’avons pas été consultés. »

Ce leader politique estime que Mamadi Doumbouya ne tient pas ses promesses. « Il faudrait qu’il respecte la charte sur laquelle il a prêté serment, même si elle n’est pas l’émanation du peuple, rappelle-t-il. Il avait dit aussi que ceux qui ont pris part au troisième mandat d’Alpha Condé ne participeraient pas à la transition. Et pourtant, à la douane, aux finances… ce sont toujours les mêmes. Idem pour le ministre de l’Énergie et de l’Hydraulique, Abé Sylla : c’est un ancien député de l’Assemblée nationale. »

Nouvelle force

Début janvier, les principales formations politiques guinéennes, à l’exception de l’ancien parti au pouvoir, le RPG arc-en-ciel, se sont donc retrouvées au siège de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), dirigée par Cellou Dalein Diallo, pour créer une nouvelle force, le Collectif des partis politiques (CPP).

Une façon pour cette classe politique, en proie à des guerres d’egos, d’adopter des positions communes face aux questions cruciales du moment : la Constitution, le code électoral, l’organe de gestion des élections, le chronogramme et la durée de la transition, le fichier électoral… « Si la classe politique s’unit aujourd’hui, c’est parce que nous ne nous sentons pas entendus », confirme notre source anonyme. Le CNRD a-t-il entendu le message ? Il a en tout cas relancé les pourparlers avec la société civile et la classe politique. Reste à savoir si leurs conclusions finiront dans les tiroirs, comme celles des consultations nationales.

Avec Jeune Afrique par Diawo Barry – à Conakry

Guinée : Alpha Condé autorisé à quitter temporairement le pays

janvier 1, 2022
Une affiche représentant l’ancien président guinéen Alpha Condé lacérée à Conakry, le 16 septembre 2021. © AFP/JOHN WESSELS

Renversé par un coup d’État militaire, le 5 septembre, le président déchu a été autorisé à passer des examens médicaux à l’étranger.

« En concertation avec la Cedeao, l’ancien président Alpha Condé est autorisé à aller se faire consulter à l’extérieur pour une période d’un mois », indique un communiqué du gouvernement lu vendredi soir à la télévision publique. La date de son départ n’a pas été précisée.

La libération d’Alpha Condé fait partie des exigences de la Communauté des États ouest-africains (Cedeao), avec la tenue d’élections dans les six mois. La Cedeao a suspendu la Guinée de ses instances et sanctionné individuellement les membres de la junte dirigée par le colonel Mamadi Doumbouya, qui s’est fait investir président de transition.

Résidence surveillée

Alpha Condé, à la tête du pays pendant près de 11 ans, a été détenu au secret pendant douze semaines, jusqu’à ce que la junte l’autorise à résider chez son épouse dans la banlieue de Conakry. Il est en résidence surveillée selon la presse.

La junte avait affirmé dans un communiqué le 17 septembre qu’Alpha Condé « est et demeurera en Guinée ».

LE CNRD « CONTINUERA À ASSURER À L’ANCIEN CHEF DE L’ÉTAT UN TRAITEMENT DIGNE DE SON RANG »

Mais elle n’avait pas précisé pas si le séjour de l’ancien président chez sa femme était assorti de restrictions. Le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD), qui a pris la direction du pays après le putsch, « continuera à assurer à l’ancien chef de l’État un traitement digne de son rang, et ceci sans aucune pression nationale et internationale », disait le communiqué.

Les Guinéens, exaspérés par la pauvreté, la corruption et la répression, ont globalement accueilli favorablement le coup d’État. Le colonel Doumbouya a promis de rendre le pouvoir aux civils après des élections dont la date reste inconnue.

Par Jeune Afrique avec AFP

Guinée : bible et coran à la main, Moussa Dadis Camara est de retour à Conakry

décembre 23, 2021
Moussa Dadis Camara, le 2 octobre 2009. © Schalk van Zuydam/AP/SIPA

Après douze années d’exil, l’ancien pustchiste est rentré ce mercredi 22 décembre à Conakry. Il s’est dit prêt à répondre à la justice.

Il était environ 13h30 lorsque l’avion de Mauritania Airlines s’est posé sur le tarmac de l’aéroport de Conakry, tout juste rebaptisé Ahmed Sékou Touré. À son bord, un homme qui n’avait plus reposé les pieds en Guinée depuis décembre 2009 : Moussa Dadis Camara. Habillé d’un costume bleu, la cravate rouge ajustée autour du cou, l’ancien président de la transition a été été accueilli par le nouveau directeur général de la police nationale, Abdoul Malick Koné, l’un des rares officiels présents.

Vêtus de T-shirts à l’effigie de leur champion, esquissant des pas de danse, les partisans de Moussa Dadis Camara s’étaient en revanche mobilisés en nombre pour l’accueillir. « Le second nom de Dieu, c’est le temps », pouvait-on lire sur certaines pancartes, comme pour rappeler qu’avec du temps et de la patience, tout finit par arriver, ou encore « Bon retour Moïse Camara ». Moïse ? C’est en tout cas en se mettant à genou, une bible dans une main, le coran dans l’autre, que Moussa Dadis Camara est rentré en Guinée.

Moussa Dadis Camara à genou, une bible dans une main, le coran dans l’autre

« Douze ans d’absence ce n’est pas facile, a réagi sa fille aînée, Evelyne Camara. Nous sommes très contents et rendons gloire à Dieu et au président, le colonel Mamadi Doumbouya. Nous sommes très reconnaissants, grand merci au peuple de Guinée qui s’est mobilisé. »

La main tendue de Mamadi Doumbouya

Après avoir serré quelques poignées de main, Moussa Dadis Camara, visiblement en forme, a été conduit dans le salon d’honneur de l’aéroport. Il s’est adressé à la presse durant sept minutes après avoir fait observer une minute de silence à la mémoire de tous les martyrs, « mais plus particulièrement [à] ceux des événements du 28 septembre 2009 ».

Exilé à Ouagadougou après avoir été soigné au Maroc à la suite de la tentative d’assassinat perpétrée par celui qui était son aide de camp, Toumba Diakité, le 3 décembre 2009, Dadis avait plusieurs fois tenté de rentrer en Guinée. En vain. Finalement, c’est un autre putschiste, le tombeur d’Alpha Condé, qui a autorisé son retour, tout comme celui d’un autre président de la transition, Sékouba Konaté (janvier-décembre 2010), rentré lui le 18 décembre.

Dadis n’a pas manqué de remercier Mamadi Doumbouya d’avoir permis « [son] retour sur la terre de [ses] ancêtres ». « Merci pour tout et je vous souhaite plein succès dans votre noble et exaltante mission qui consiste à unir les Guinéens, les réconcilier et jeter les bases d’une démocratie », a-t-il poursuivi avant de revenir à ses ennuis judiciaires.

« Plus jamais ça »

Directement mis en cause dans le massacre du 28 septembre 2009, il s’est dit à la disposition de la justice. « Je m’en voudrais de ne pas admirer les avancées considérables des nouvelles autorités du pays dans le dossier du 28 septembre 2009. Je voudrais encourager la tenue de ce procès. Ce serait non seulement un « ouf » de soulagement pour les familles des victimes, mais aussi pour le peuple de Guinée qui attend depuis plus de dix que la responsabilité des uns et des autres soit définitivement située », a-t-il lancé.

JE SUIS PRÊT À ME METTRE À LA DISPOSITION DE LA JUSTICE, CAR NUL N’EST AU-DESSUS DE LA LOI

Dadis est inculpé pour sa responsabilité présumée dans les crimes qui ont eu lieu lors d’un meeting d’opposants à sa candidature à la présidentielle dans un stade de Conakry : 150 personnes ont été tuées, des milliers d’autres blessées et une centaine de femmes ont été violées. « Je suis prêt à me mettre à la disposition de la justice, car nul n’est au-dessus de la loi », a-t-il ajouté, en proclamant sa confiance en la justice guinéenne. « Plus jamais ça ! », a-t-il ajouté.

Séjour à Nzérékoré

Moussa Dadis Camara a ensuite pris la direction de l’Hôtel Kaloum, situé dans le quartier administratif et des affaires de la capitale. Il devait plus tard rejoindre son domicile de Lambanyi, en banlieue de Conakry (dans la commune de Ratoma), qui a subi de petits travaux pour la circonstance. Nul ne sait pour l’instant s’il rencontrera Mamadi Doumbouya.

Sékouba Konaté est quant à lui rentré depuis samedi via Bamako. Il a été accueilli dans la ville de Kankan, dans l’est du pays, et a ensuite gagné son village, Sana. Il devrait passer par Conakry avant de retourner à Paris, où il vit avec sa famille.

Moussa Dadis Camara devrait également retourner à Ouagadougou après un bref séjour dans sa ville d’origine, Nzérékoré. « Nous souhaitons son retour définitif bien sûr, mais cela dépendra du gouvernement qui a déjà beaucoup fait en le laissant venir nous voir », souffle Evelyne Camara, la fille aînée de Moussa Dadis Camara.

Avec Jeune Afrique par Diawo Barry à Conakry

Guinée : le testament de M’mah Sylla, victime de violences sexuelles 

décembre 1, 2021
M’mah Sylla, 25 ans, est décédée le 20 novembre à Tunis, où elle avait été évacuée après avoir subi plusieurs viols commis par deux hommes qui se disaient médecins en Guinée. © DR

Impunité et mauvaise gouvernance : telles sont les causes de la tragédie qui a frappé la jeune Guinéenne de 25 ans, décédée après plusieurs viols le 20 novembre dernier. Oser se dresser collectivement contre ces fléaux est le seul moyen d’honorer sa mémoire.

Nous refusons toujours de nous rendre à l’évidence. Nous continuons à faire semblant. Nous persistons à croire que les problèmes vont se régler d’eux-mêmes, comme par miracle. Pis, nous paraissons avoir abandonné notre sort entre les mains d’un messie – que je plains grandement –, pensant naïvement, et peut-être cyniquement, qu’il surgira bien de quelque part pour régler tous nos problèmes.  N’est-ce pas là, précisément, la recette la plus aboutie de l’échec ?

Tous coupables

Pourquoi nous entêtons-nous à croire qu’une personne seule trouvera la solution pour les 12 à 13 millions de Guinéens que nous sommes sans que nous ayons à jouer notre partition ? Sommes-nous à ce point anesthésiés et rendus aveugles par des décennies de laisser-faire, de pagaille, d’injustice, d’impunité et de mauvaise gouvernance ? Car, oui, pour moi, la tragédie qu’a vécue M’mah Sylla résulte de cette mauvaise gouvernance qui sévit depuis trop longtemps et qui reste largement impunie. Je la considère comme le plus grand de nos maux, le cancer de notre société. Une société si aliénée que tout ce qui est anormal ailleurs est érigé en règle chez nous et célébré comme étant l’excellence même !

L’impunité face aux violences économiques, politiques, sociales et celles basées sur le genre, dont nos populations sont victimes, a élevé le malfrat au rang de héros de tous les temps.

L’IMPUNITÉ ET LA CULTURE DES PETITS ARRANGEMENTS NOUS ONT ABÊTIS, RENDUS MESQUINS ET MÉDIOCRES

L’impunité a perverti notre système de valeurs et couvert de honte ceux d’entre nous qui ont embrassé le service public afin de servir, produire des résultats et rendre des comptes à leurs concitoyens. L’impunité et la culture des petits arrangements nous ont abêtis, rendus mesquins et médiocres. L’impunité nous a presque vidés de notre humanité ! Humanité pourtant célébrée par nos anciens dans notre belle charte du Manden. Mais à quoi sert de bomber le torse en clamant avec fierté que cette charte est l’ancêtre de la déclaration des droits de l’Homme si chaque jour, à travers nos actes et nos attitudes, nous la foulons aux pieds et la vidons de sa substance?

M’MAH EST MORTE PARCE QUE NOUS AVONS ÉTÉ SI PEU NOMBREUX À NOUS DRESSER CONTRE CETTE MAUVAISE GOUVERNANCE

M’mah est morte à cause de nous tous, parce que nous avons préféré nous adonner à d’autres passe-temps, plutôt que de régler les vrais problèmes qui, en réalité, ne sont pas si difficiles à résoudre. M’mah est morte parce que nous avons été si peu nombreux à nous dresser contre cette mauvaise gouvernance. Pourtant, pas besoin de kalachnikov pour mettre fin à l’impunité ! Il suffit de faire preuve de fermeté et d’équité.

Intérêts égoïstes

Pourquoi rechignons-nous tant à sévir ? Quand un cadre commet une faute, nous déployons moult efforts pour convaincre sa hiérarchie d’abandonner toutes formes de condamnation. Nous envoyons des délégations pour tenter de l’amadouer au-delà du bon sens et de l’objectivité, cela souvent sans même nous demander ou nous enquérir des actes commis, encore moins de leurs conséquences, parfois incommensurables, pour notre pays et nos populations. Tout cela parce que le « qu’en-dira-t-on », devenu l’aune ultime de la popularité et du succès, est depuis trop longtemps préférable au respect et à la dignité qu’imposent les décisions difficiles mais nécessaires, dont celle de punir. Tout cela parce que l’on préfère sacrifier le bien-être du plus grand nombre sur l’autel d’intérêts égoïstes d’une minorité d’hommes et de femmes, dont le seul but est d’entretenir la pérennité d’un système, savamment élaboré, de captation de ressources.

Mais tout cela à un prix. Un prix dont certains pensent pouvoir s’affranchir en se cloîtrant dans leurs îlots dorés au milieu d’océans de pauvreté qu’ils ont grandement contribué à créer ou aggraver. Ce prix a été payé par M’mah Sylla et par tant d’autres. Des victimes sont mortes plusieurs fois, lorsqu’on a refusé d’appliquer simplement les lois et les règles.

EN BRISANT LE SILENCE À VISAGE DÉCOUVERT, M’MAH SYLLA A DÉFIÉ SES BOURREAUX AINSI QU’UN OPPRESSANT SYSTÈME QUI AURAIT VITE FAIT DE L’ANÉANTIR.

Des victimes ont été bafouées, lorsqu’on a refusé de sanctionner les actes de corruption. Des victimes ont été lésées, lorsqu’on a laissé des hommes et des femmes phagocyter l’économie d’un pays au profit de leurs intérêts personnels et ceux de leurs familles. Voilà le lourd tribut à payer pour un pays comme le nôtre, si riche et pourtant si pauvre ! Mais M’mah nous a peut-être aussi lancé un défi extraordinaire. En acceptant courageusement de briser le silence, elle a défié ses ignobles bourreaux ainsi qu’un oppressant système qui aurait aussitôt fait de l’anéantir. M’mah nous laisse un testament et nous ordonne d’agir pour elle et pour toutes les victimes de violences. Il est désormais temps d’en finir avec cette impunité, pour que la honte change de camp.

Malado Kaba

Avec Jeune Afrique par Malado Kaba

Ancienne ministre guinéenne de l’Économie et des Finances (2016-2018), PCA d’Orabank Guinée. Membre de la cohorte inaugurale de l’Initiative Amujae, programme phare du Centre présidentiel Ellen Johnson Sirleaf pour les femmes et le développement.

Guinée : Mamadi Doumbouya assure qu’Alpha Condé est bien traité et répond à la Cedeao

novembre 15, 2021
Mamadi Doumbouya, à Conakry, le 14 septembre 2021. © CELLOU BINANI/AFP

Mamadi Doumbouya a assuré qu’il n’y avait pas de crise dans son pays et que la Guinée était capable de « régler (ses) problèmes » sans que l’organisation régionale ouest-africaine n’applique les mêmes mesures qu’au Mali.

Dans un entretien diffusé par la télévision nationale dimanche soir, le nouvel homme fort de la Guinée a déclaré que l’ancien président Alpha Condé, que lui et ses hommes ont renversé le 5 septembre, était bien traité, mais que son avenir serait réglé entre Guinéens, sans exclure qu’il ait à rendre des comptes à la justice.

Dans cet entretien, Mamadi Doumbouya s’est gardé de se prononcer sur la durée de la période précédant un retour des civils au pouvoir, tout en se défendant de mener une « purge » dans les services de l’État.

« Ce n’est pas un pays qui est en crise »

La Communauté des États ouest-africains (Cedeao), confrontée à un troisième putsch dans la région en un an après le double coup d’État au Mali, a suspendu mi-septembre la Guinée de ses instances et infligé des sanctions individuelles aux putschistes. Elle a nommé le 7 novembre un envoyé spécial, Mohamed Ibn Chambas, et continue de réclamer la tenue d’élections dans un délai de six mois, ainsi que la libération de l’ex-président Condé, détenu en un lieu gardé secret.

Dans son premier entretien prolongé avec un média, le colonel Doumbouya, investi président de transition, a exprimé son opposition à la nomination d’un envoyé spécial, ainsi qu’à un délai imparti par la Cedeao. « Je pense qu’on est assez intelligent pour régler nos problèmes ensemble entre nous. Ce n’est pas un pays qui est en crise, c’est un pays qui est en phase de prendre son destin en main (…) S’il y avait une crise ici, on pourrait envoyer un envoyé spécial », a-t-il déclaré. Nous voulons tout simplement régler nos problèmes (en) interne. »

NOUS RÉSERVONS À ALPHA CONDÉ UN TRAITEMENT DIGNE

Le colonel Doumbouya a aussi demandé « d’éviter la comparaison » entre Mali et Guinée. « Il n’y a pas de crise en Guinée, a-t-il martelé. Vouloir toujours donner les mêmes remèdes à deux maladies ou trois maladies différentes, je pense que ce n’est pas adapté ». Quant au sort de l’ancien président, « nous lui réservons un traitement digne. Son intégrité physique et morale sont protégées (…) Nous tenons beaucoup à la dignité, la dignité de l’Afrique, à la dignité aussi de nos pères fondateurs ».

Par Jeune Afrique avec AFP 

Guinée : Mamadi Doumbouya accroît la pression sur les médias

octobre 15, 2021
Investiture du colonel Mamadi Doumbouya, le 1er octobre 2021 © DR

Alors que les forces spéciales guinéennes ont « visité » sans ménagement le siège de Djoma Média, un groupe appartenant à un proche d’Alpha Condé, l’inquiétude grandit pour la liberté de la presse.

Après avoir renversé l’ancien président Alpha Condé, le 5 septembre, Mamadi Doumbouya assurait qu’il « n’y aura[it] aucun esprit de haine, ni de vengeance [ni] de chasse aux sorcières ». Mais pour la presse, certaines méthodes sont bien moins rassurantes que ces paroles. Le 9 octobre, les forces spéciales guinéennes ont fait une descente musclée au siège de Djoma Média, dans la banlieue sud-est de Conakry, un groupe audiovisuel privé connu pour appartenir à un proche d’Alpha Condé. Son patron, Kabinet Sylla – surnommé « Bill Gates » – était intendant à la présidence sous l’ancien chef de l’État.

Les militaires se sont présentés en affirmant vouloir « vérifier une information faisant état du stationnement de véhicules volés dans l’enceinte » du siège du groupe, rapporte son directeur général, Kalil Oularé, interrogé par Jeune Afrique. Mais la situation a dégénéré quand les policiers qui montaient la garde devant l’entrée s’y sont opposés. Les forces spéciales n’avaient ni mandat ni ordre de mission.

Deux blessés

Des renforts, avec à leur tête le colonel Amara Camara, qui commande la Compagnie mobile d’intervention et de sécurité (CMIS) numéro 21 du quartier populaire de Cosa, sont alors arrivés pour prêter main forte aux policiers. Des affrontements ont éclaté entre les deux unités et des coups de feu ont brièvement été entendus. Deux hommes ont été blessés.

Mais la tempête n’était pas encore finie à Djoma Média. « Vers 23h10, un commandant de l’armée et un civil se sont à nouveau présentés à notre siège, toujours pour les mêmes motifs, explique Kalil Oularé. Quand j’ai remonté l’information au colonel Balla Samoura [membre du Comité national de rassemblement pour le développement], il m’a répondu de les laisser faire. Après vérification, ils sont repartis. » Puis vers 4h du matin, des hommes en uniforme des forces spéciales ont fait irruption au domicile du colonel Amara Camara et ont emporté de l’argent et des bijoux, selon la famille de ce dernier.

LES MÉDIAS ONT ÉTÉ EXCLUS DES PRESTATIONS DE SERMENT DE MOHAMED BÉAVOGUI ET DE MAMADI DOUMBOUYA

Interdits aux journalistes

L’incident survenu au siège de Djoma Média a provoqué une levée de boucliers au sein de l’opinion. L’Union des radiodiffusions et télévisions libres de Guinée (Urtelgui) a condamné « énergiquement cette agression armée et ciblée de la part d’éléments présumés issus de l’Unité d’élite anciennement commandée par le président de la transition, le colonel Mamadi Doumbouya ».

L’émotion a été assez forte pour que le colonel Balla Samoura se fasse l’émissaire du président de la transition. Le 11 octobre, ce haut membre de la junte s’est voulu rassurant : « À moins qu’il ne commette un jour une faute grave, Djoma n’est la cible d’aucune action de déstabilisation de la part des nouvelles autorités. »  Cela n’a pas rassuré : le 8 octobre, le média apprenait que ses comptes étaient gelés.

Les premières semaines du régime de Mamadi Doumbouya ne paraissent pas de bon augure pour la liberté de la presse. La prestation de serment du nouveau Premier ministre, Mohamed Béavogui, a notamment été interdite aux journalistes, exception faite de la RTG, le média d’État. Cela avait déjà été le cas pour celle de Mamadi Doumbouya lui-même ou lors des concertations nationales avec les forces vives du pays.

Avec Jeune Afrique par Diawo Barry

Guinée: Liste des généraux mis à la retraite par Mamadi Doumbouya pour une réforme de l’armée

octobre 14, 2021

Le colonel Doumbouya met à la retraite forcée plus de 40 généraux jugés proches d’Alpha Condé.

Ci-dessous, la liste des 42 Généraux de l’armée guinéenne envoyés à la retraite ce mardi 12 octobre 2021 par le président de la Transition, colonel Mamady Doumbouya à travers un décret lu à télévision nationale.

1-Général d’armée Sékouba Konaté

2-Général d’armée Namory Traoré

3-Général de corps d’armée Aboubacar Sidiki Camara

4- Général de corps d’Armée Ibrahima Baldé

5- Général Mohamed 2 Bangoura

6- Général de division Alpha Oumar Diallo

7- Général de division Fodé Keita

8- Général de division Fodé Touré

9- Général de division Bouréma Condé

10- Général de division Amadou Doumbouya

11- Général de division Adrien Naby Youssouf Soumah

12- Général de division aérienne Bambou Fofana

13- Général de division Siba Lohalamou

14- Général de division Mathurin Bangoura

15- Général de brigade Oumar Sanoh

16- Général de brigade Ansoumane Kaba

17- Général de brigade Mohamed Diané

18- Général de brigade Pépé Roger Sagno

19- Général de brigade Tidjane Diallo

20- Général de brigade Abdoulaye Keita

21- Général de brigade M’Hawa Sylla

22- Général de brigade Amadou Kaba

23- Général de brigade Aly Moussa Camara

24- Général de brigade Ibrahima Kalil Condé

25- Général de brigade Naby Youssouf Bangoura

26- Général de brigade Aboubacar Diakité

27- Général de brigade Mohamed Lamine Keita

28- Général de brigade Bachir Diallo

29- Général de brigade Bhoundouka Condé

30-Général de brigade Aboubacar Biro Condé

31- Général de brigade Édouard Théa

32- Général de brigade Mohamed Lamine Diarra

33- Médecin Général Remy Lamah

34- Médecin général Mbemba Kaba

35- Général de brigade aérienne Sidy Yaya Camara

36- Général de brigade aérienne Aboubacar Monchon Bangoura

37- Général de brigade aérienne Georges Sy

38- Général de brigade Mamadou Djan Diallo

39- Amiral Zézé Onovogui

40- Amiral Lansana Touré

41- Général de brigade Oumar Kandé

42- Général de brigade Ousmane Camara

Mamady Doumbouya

Conformément au statut général et particulier des officiers, précise l’article 2 du décret, les droits suivants leur sont accordés :
La totalité de la solde indiciaire mensuelle qui évolue en fonction du barème de solde annuelle,
Une indemnité de logement qui équivaut à 75% de la solde indiciaire,
Les frais de représentation qui équivalent à 50% de la solde indiciaire,
Un passeport diplomatique pour lui, de son conjoint ou sa conjointe,
Un grade d’un élément,
Un véhicule neuf non renouvelable,
Une dotation mensuelle en carburant,
La gratuité des soins de santé pour lui-même.
Et dans sa deuxième version, l’officier général peut occuper des fonctions civiles

Avec Ibrahima sory kandja Bangoura pour Gangan RTV