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En Guyane, le Covid-19 est hors de contrôle

septembre 24, 2021

Vingt et une personnes sont mortes ces sept derniers jours, un record, dans une région où le vaccin a toutes les difficultés du monde à s’imposer.

En Guyane francaise, l'epidemie de Covid-19 ne connait pas le reflux qu'on constate en metropole.
En Guyane française, l’épidémie de Covid-19 ne connaît pas le reflux qu’on constate en métropole.© Lionel VADAM / MAXPPP / PHOTOPQR/L’EST REPUBLICAIN/MAXPP

La situation est quasi catastrophique. Sur les sept derniers jours, rapporte le bulletin épidémiologique de Santé publique France, 21 personnes sont décédées du Covid-19 en Guyane. « Jamais la Guyane n’avait enregistré autant de décès et d’admissions en réanimation », note l’ARS, qui souligne que les chiffres dépassent déjà largement ceux remontés lors de la première vague de Covid-19.

130 personnes sont actuellement hospitalisées dans un état grave dans l’un des trois hôpitaux de la région. Une surcharge qui fait craindre aux chefs de service la mise en place, dans les jours prochains, d’un « tri des patients ». Une situation d’autant plus révoltante qu’en Guyane, le vaccin rencontre un succès très faible.

« J’essaie de comprendre pourquoi les gens ne veulent pas être vaccinés alors que nous subissons des vagues de plus en plus graves », a exprimé mercredi sur Guyane La 1e Didier Guidoni, directeur de l’hôpital de Saint-Laurent-du-Maroni. Dans ce territoire de 300 000 habitants, où un habitant sur deux à moins de 25 ans, la vaccination est toujours à la peine avec « 30,5 % » de vaccinés chez les plus de 12 ans, selon les données officielles.

Le ministre des Outre-Mer sur place

C’est la couverture vaccinale la plus basse des régions françaises, avec la Guadeloupe. «  30 % de la population majeure est certaine de ne pas se faire vacciner », indiquait la dernière étude de l’Institut Pasteur de Guyane, expliquant cette situation par le « manque de confiance dans les autorités locales » et dans « le vaccin », et par un sentiment de « protection » acquise au cours des vagues précédentes de Covid-19.

Le ministre des Outre-Mer, Sébastien Lecornu, est attendu ce vendredi et jusqu’au 28 septembre en Guyane. Il se déplacera samedi à l’hôpital de Cayenne afin de constater la situation et d’adresser un message à l’attention des soignants. Les autorités recensent depuis le début de la pandémie plus de 250 décès liés au Covid-19 en Guyane, dont un quart ces 45 derniers jours.

Par Le Point avec AFP

France/Esclavage: personne ne demande de « repentance », s’agace Taubira

mai 10, 2021
Esclavage: personne ne demande de "repentance", s'agace Taubira
Esclavage: personne ne demande de « repentance », s’agace Taubira© AFP/Archives/Jewel Samad

L’ancienne ministre de la Justice Christiane Taubira s’est agacée lundi « du monologue furieux » de ceux qui s’inquiètent d’une « culture de la repentance », à l’occasion de la journée des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition.

« J’avais entendu ça à l’époque des débats » autour de la loi de 2001 qui a reconnu l’esclavage et la traite comme des crimes contre l’humanité, a déclaré sur France Culture l’ancienne députée de Guyane.

« Vous avez des gens qui sont perchés sur leurs balcons et qui disent +on en a assez de la repentance+. Personne ne leur en demande et c’est en ce sens que j’appelle ça un monologue furieux », a-t-elle ajouté.

« Ce n’est pas le sujet, à la limite ce serait trop facile la repentance, on n’en veut même pas. Moi je n’entre pas en discussion avec des gens qui se disputent avec eux-mêmes », a poursuivi Mme Taubira. « C’est une affaire extrêmement sérieuse. La repentance qu’ils croient qu’on leur demande, pour nous qui prenons ça très au sérieux c’est juste du pipi de chat et ça ne sent pas bon ».

Revenir sur son passé, « si on le fait dans l’esprit de la loi Taubira » permet de « renforcer la cohésion nationale », a souligné pour sa part le président de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage Jean-Marc Ayrault sur RFI.

La loi de 2001 « nous montre le chemin, le chemin c’est d’abord la reconnaissance. Nier ce n’est pas un acte de liberté et de responsabilité », a poursuivi l’ancien Premier ministre socialiste, insistant également sur l’importance de la transmission à l’école.

Concernant Haïti et les sommes exigées par Paris en échange de l’indépendance de son ancienne colonie en 1804, « il y a quelque chose à construire de plus juste », a estimé M. Ayrault à l’heure où la question de la réparation de l’esclavage reste épidermique.

« Ce n’est pas forcément quantifiable mais ça doit être traduit dans des politiques publiques dans des choix que l’on fait, qui ne doivent pas être faits dans un esprit paternaliste mais dans un esprit de coopération et d’égalité », a-t-il ajouté.

Par Le Point avec AFP

Guyane: difficile combat contre le variant brésilien, devenu majoritaire

avril 17, 2021
Guyane: difficile combat contre le variant bresilien, devenu majoritaire
Guyane: difficile combat contre le variant brésilien, devenu majoritaire© AFP/Archives/jody amiet

Le variant brésilien ? « Aucune idée de ce que c’est, il n’y a que les scientifiques qui le savent », sourit Gui, Guyanais de 84 ans. Contrairement à la population, les autorités locales s’inquiètent, ont renforcé les restrictions et étendu la vaccination aux plus de 30 ans.

En Guyane, département qui partage une frontière fluviale et terrestre de 730 kilomètres avec le Brésil, « Le variant P1, dit brésilien, représente aujourd’hui plus de 84 % des prélèvements positifs », a indiqué cette semaine le préfet Thierry Queffelec.

Selon les autorités sanitaires, « la couverture vaccinale de 5,32 % en Guyane reste trop limitée pour protéger le territoire », elles ont donc annoncé élargir la cible vaccinale aux personnes de plus de 30 ans, dans cette région où une personne sur deux a moins de 25 ans.

Pourtant, au centre de vaccination de l’Encre, le seul de Guyane, les patients venus recevoir leur injection ne semblent pas tous s’en inquiéter.

Outre Gui, l’octogénaire, qui se dit, en souriant, pas du tout effrayé par le variant brésilien, Thomas, 32 ans, se montre tout aussi décontracté. Il espère même pouvoir voyager au Brésil bientôt grâce au vaccin.

Le personnel de santé enchaîne les vaccins sans temps mort, « entre 60 et 100 piqûres par jour », précise l’un d’eux. Cependant, pas de bousculade, ni de file d’attente, les patients arrivent 15 minutes avant l’heure du rendez-vous, se font enregistrer et passent dans une des sept lignes de vaccination.

Hervé, 73 ans, est venu avant tout pour prémunir sa famille. En revanche, le variant l’inquiète un peu plus que les autres. « Nous sommes voisins du Brésil, où la contamination est énorme, il était nécessaire de me protéger à ce niveau-là », car il n’est pas serein: « nous n’avons pas de frontière », déplore-t-il, « on ne sait pas qui rentre et qui sort ».

Contenir le variant

La suspension des liaisons aériennes entre la France et le Brésil a braqué les projecteurs sur la Guyane voisine. Mercredi, le ministère de l’Intérieur annonçait la mise en place de tests antigéniques à l’arrivée des vols en provenance de Cayenne, en plus du test PCR négatif et du motif impérieux obligatoire pour voyager.

Le lendemain, la préfecture dévoilait un nouveau train de mesures : un couvre-feu du samedi 19H00 au lundi 05H00 dans huit communes, dont Cayenne et Kourou, un auto-test à réaliser à l’aéroport pour les voyageurs vers Paris, et un renforcement des contrôles à la frontière avec le Brésil.

A l’hôpital de Cayenne, le plan blanc a été déclenché mercredi, 18 des 23 lits de réanimation étant occupés, en majorité par des malades du Covid-19. La Guyane a connu une remontée fulgurante du taux d’incidence ces dernières semaines. Il culmine à 173 cas pour 100.000 habitants et atteint 200 à Cayenne et les communes limitrophes.

La prégnance du variant brésilien incite maintenant des personnes à se faire vacciner.

Fatoumata Traoré, infirmière au Centre Hospitalier de Cayenne, remarque que beaucoup d’institutrices viennent au centre de vaccinations. « Elles craignent d’être contaminées à la reprise des cours par des élèves qui seraient allés au Brésil pendant les vacances », explique-t-elle à l’AFP, « ces personnes n’étaient pas très motivées mais sont venues ».

Le récent arrêt des liaisons aériennes entre la France et le Brésil ne concerne pas le département, car il n’y a plus de liaisons aériennes entre la Guyane et le Brésil depuis longtemps, l’unique compagnie assurant ces vols a quitté le territoire dès le premier confinement.

Mais si la frontière terrestre est fermée depuis plus d’un an, elle reste poreuse, des piroguiers parviennent à déjouer la surveillance sur le fleuve Oyapock. Le trafic des pirogues a diminué mais n’a pas cessé. En revanche, le prix de la traversée a augmenté.

Cayenne avec (AFP) –

France/Coronavirus: la situation s’améliore en Guyane

juillet 18, 2020

 

Les autorités ont fait part ce samedi d’une baisse du nombre de nouveaux cas de coronavirus.

La situation sanitaire s’améliore en Guyane où les autorités ont fait part samedi d’une baisse du nombre de nouveaux cas de coronavirus. «La baisse du nombre de nouveaux cas confirmés semble engagée sur l’ensemble du territoire hormis à Saint-Laurent du Maroni où elle semble toutefois s’engager et sur le fleuve Maroni où la situation est suivie avec attention», ont indiqué la préfecture et l’Agence régionale de santé de Guyane dans un communiqué.

Le taux de positivité recule également progressivement alors que près de 5.000 tests ont été réalisés la semaine dernière dans ce territoire français d’Amérique du Sud. «Avec un décalage de quelques jours, le nombre de nouvelles admissions à l’hôpital et en réanimation a aussi entamé une baisse mais de façon plus lente. La pression sur le système hospitalier commence à lentement s’atténuer», indiquent les autorités.

Depuis mars, début de l’épidémie en France, la région Guyane a enregistré 6.655 cas confirmés, 4.272 patients guéris, 932 patients hospitalisés dont 86 en réanimation et 37 décès. Le premier ministre Jean Castex, en visite dimanche dernier en Guyane, avait souligné que la République n’avait «pas ménagé ses moyens» pour ce territoire de 300.000 habitants, grand comme le Portugal.

Par Le Figaro avec AFP

Coronavirus: les hôpitaux de Guyane déclenchent leurs plans blancs

juillet 5, 2020

 

Les trois hôpitaux de Guyane ont déclenché samedi 5 juillet leur plan blanc pour faire face à l’épidémie de coronavirus qui s’accélère, ont-ils annoncé dimanche sur les réseaux sociaux, tandis que le gouvernement a annoncé la venue d’un «directeur de crise».

La Guyane approchait samedi les 5000 cas avérés de Covid-19 (4913 cas, +355 cas en 24 heures), dont 129 patients hospitalisés, 23 en réanimation, et 16 décès. Le territoire voisin du Brésil où l’épidémie explose compte 300.000 habitants. Le gouvernement a annoncé dans un communiqué dans la nuit de samedi à dimanche qu’un «directeur de crise» avait été nommé, le préfet Patrice Latron, et allait «rejoindre dans les meilleurs délais la Guyane», pour renforcer l’action des différents acteurs engagés dans la gestion de l’épidémie, aux côtés du préfet et de la directrice générale de l’ARS.

Depuis plusieurs semaines, l’activité de nos établissements est bouleversée par l’épidémie de Covid-19

Les trois hôpitaux de Guyane dans une déclaration commune

Dans une déclaration commune, les trois hôpitaux de Guyane – les centres hospitaliers de Cayenne, de Kourou et de l’ouest guyanais – indiquent avoir «décidé conjointement d’actionner leurs plans blancs respectifs» samedi, même si «de nombreuses mesures des plans blancs sont déjà mises en oeuvre dans les faits». «Depuis plusieurs semaines, l’activité de nos établissements est bouleversée par l’épidémie de Covid-19. Les patients sont de plus en plus nombreux à avoir besoin de nous. En très peu de temps, et conformément aux travaux d’anticipation, nous avons réussi à nous réorganiser», expliquent-ils. «La charge de travail est importante», disent-ils, alors que les malades «devraient être plus nombreux pendant encore deux à trois semaines».

Dans son communiqué, le gouvernement précise que «que d’ores et déjà, plus de 130 réservistes sanitaires» sont «opérationnels dans les différentes structures médicales guyanaises». «23 nouvelles recrues ont été envoyées cette semaine et 48 supplémentaires le seront dès la semaine prochaine», ajoute-t-il, confirmant ce qu’avait annoncé le ministre de la Santé vendredi. Par ailleurs, «des personnels de santé sont envoyés en renforts pour appuyer les hôpitaux locaux: 20 personnes sont arrivées sur place cette semaine et 50 arriveront la semaine prochaine». Enfin, le service de santé des Armées va envoyer «20 militaires» spécialisés de réanimation, «dans les prochains jours».

Par Le Figaro avec AFP

 

Quand le coronavirus reporte les élections et repousse les Oscars

juin 15, 2020

Coronavirus: le second tour des municipales reporté en Guyane

Le second tour des élections municipales est reporté en Guyane en raison de l’épidémie de coronavirus, mais il est maintenu le 28 juin à Mayotte, a annoncé lundi le ministère des Outre-mer.

Après consultation des élus des territoires et des responsables de l’Etat dans les deux départements, le gouvernement a décidé «de reporter les élections municipales en Guyane pour toutes les sept communes où un second tour était prévu le 28 juin», et «de maintenir, à ce stade, les élections municipales à Mayotte, dans des conditions de sécurité sanitaire maximales, notamment pendant la campagne», a expliqué le ministère dans un communiqué.

La cérémonie des Oscars repoussée au 25 avril 2021 à cause de la pandémie

Elle devait avoir lieu le 28 février 2021.

La prochaine cérémonie des Oscars a été repoussée de deux mois à cause de la pandémie de coronavirus et est désormais programmée le 25 avril, a annoncé lundi l’Académie des arts et sciences du cinéma qui remet les prestigieuses récompenses.

La 93e édition des Oscars devait initialement se tenir le 28 février mais l’épidémie de Covid-19 a provoqué la fermeture des cinémas et bouleversé le calendrier des productions hollywoodiennes. L’Académie a donc également étendu la période de sortie des films éligibles aux Oscars, qui passe du 31 décembre 2020 au 28 février 2021.

Elle espère ainsi «donner aux cinéastes la souplesse nécessaire pour terminer et sortir leurs films sans être pénalisés», expliquent les responsables de l’Académie dans un communiqué.

Remise des prix virtuelle ?

Aucune décision n’a encore été prise sur le fait de savoir si la cérémonie des Oscars se déroulera devant son parterre de stars habituel ou se transformera en remise des prix «virtuelle». «Nous évoluons en terrain inconnu cette année et nous continuerons à travailler avec nos partenaires de l’Académie pour garantir que le spectacle de l’an prochain soit sûr», souligne de son côté Karey Burke, présidente d’ABC qui diffuse cette soirée phare de Hollywood.

Le report annoncé lundi répond aux inquiétudes de nombreux professionnels du cinéma qui estiment que les films sortis en 2020 seraient trop peu nombreux pour permettre une sélection solide. Les Oscars ont déjà été reportés par le passé, comme en 1938 après des inondations à Los Angeles, après l’assassinat de Martin Luther King en 1968 et la tentative d’assassinat commise contre le président Reagan en 1981. Mais jamais la cérémonie n’avait été décalée de plus d’une semaine.

L’inauguration du musée des Oscars, dont la construction est en voie d’achèvement à Los Angeles, a également été reportée par l’Académie. Le site, qui devait être présenté au public le 14 décembre prochain, ouvrira finalement ses portes le 30 avril 2021, dans la foulée de la 93e édition des Oscars.

Par Le Figaro avec AFP

Suicides d’amérindiens en Guyane: Girardin voudrait travailler «avec d’autres pays»

juillet 4, 2019

 

Face à la vague de suicides dans la population amérindienne de Guyane, la ministre des Outre-mer a proposé ce jeudi de travailler avec «d’autres pays» qui ont eu à surmonter les mêmes crises. Interrogée par le sénateur guyanais Antoine Karam (LREM) sur l’action du gouvernement pour enrayer les suicides qui affectent la population amérindienne de Guyane, Annick Girardin a reconnu qu’ils étaient «25 fois plus nombreux que dans l’Hexagone. C’est un véritable drame», a-t-elle dit.

Dix suicides ont été recensés depuis octobre, majoritairement chez des jeunes. La communauté amérindienne guyanaise a été frappée par plusieurs vagues de suicides ces dernières décennies, les plus récentes remontant à 2011 et 2015. Selon Annick Girardin, «les changements sociétaux qui bouleversent profondément et très rapidement, la société amérindienne sont très certainement aussi à l’origine d’une partie de ces gestes de désespoir».

La ministre a souhaité «que nous puissions travailler avec d’autres pays qui, sur ces sujets ont largement avancé», citant le Canada. Alors que le sénateur Karam a rappelé la demande des populations amérindiennes de ratification de la convention 169 de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur le droit des peuples autochtones,, la ministre a précisé que «notre droit national fait obstacle à la reconnaissance d’un droit particulier à des groupes spécifiques».

Cette convention est le seul texte juridique international contraignant qui donne des droits aux peuples indigènes, notamment des droits sur leurs terres et en matière de respect de leurs culture, coutumes et spécificités, et des garanties de non-discrimination. «Mais pour autant la France applique largement les grands principes de cette convention», a-t-elle assuré, soulignant que dans le cadre du plan d’urgence pour la Guyane, mis en place en avril 2017 après le mouvement social qui a paralysé le territoire, «il a été décidé le transfert de 400.000 hectares de foncier pour les populations amérindiennes».

«Je veux qu’on puisse rapidement, avec les peuples autochtones, avec la collectivité, mettre en place ces transferts notamment avec la création d’un établissement public dédié», a-t-elle dit. «La question amérindienne fait pleinement partie, vous le savez, de l’identité guyanaise et il faut en être fier. La France a deux peuples premiers, il faut que nous puissions nous impliquer aux côtés de ces peuples premiers, de leur spécificité, du besoin d’accompagnement», a-t-elle insisté.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Le Maroc lance son premier satellite d’observation depuis la Guyane

novembre 7, 2017
Le premier satellite marocain est le résultat d’un contrat signé en 2013 entre le Maroc et la France dans le plus grand secret. © YouTube/You-News TV

Le satellite Mohammed VI-A sera mis en orbite ce soir et pourra être suivi en live sur Internet. Un deuxième est annoncé pour 2018.

Ce mercredi 8 novembre, le satellite marocain de télédétection Mohammed VI-A quittera le Centre spatial de Kourou, en Guyane française, accroché à une fusée italienne, Vega. C’est l’opérateur français, Arianespace, qui coordonne les opérations. Et l’envol sera visible sur les écrans au Maroc à 1h42 GMT.

Mohammed VI-A, qui pèse plus d’une tonne, sera placé en orbite à environ 700 kilomètres de la terre. Il sera rejoint en 2018 par un deuxième satellite. Il a en effet vocation à fonctionner en binôme, pour former le système dit « Pléiades », qui peut avoir un usage civil ou militaire. Pléiades, projet conjoint d’Airbus Defence & Space et Thales Alenia Space, peut fournir environ 1 000 photos par jour aux équipes du Centre royal de télédétection spatiale (CRTS) et du Centre royal d’études et de recherches spatiales (CRERS), via une antenne qui serait installée non loin de Rabat.

Usages multiples

Ces deux satellites d’observation ont été construits en France à la suite d’un contrat conclu en 2013 entre Rabat et Paris, d’une valeur de 500 millions d’euros. Leurs usages sont multiples et leur précision permet notamment une utilisation militaire. Grâce à ces nouveaux satellites « espions », le Maroc pourra mieux observer son territoire, notamment ses frontières et lutter contre l’immigration clandestine et la contrebande. Cet technologie lui permettra aussi de suivre l’activité des groupes jihadistes dans le Sahel et celle des pirates du Golfe de Guinée.

Guyane : le point sur la situation avant la grève générale de lundi

mars 26, 2017

Le territoire ultramarin est le théâtre d’une série de mouvements sociaux depuis plusieurs jours. Une mission interministérielle est présente sur place.

La mobilisation, soutenue par des collectifs de citoyens, dénonce globalement les problèmes du territoire en matière de santé, d’éducation, d’économie, de sécurité, d’accès au foncier ou de logement.

La mobilisation, soutenue par des collectifs de citoyens, dénonce globalement les problèmes du territoire en matière de santé, d’éducation, d’économie, de sécurité, d’accès au foncier ou de logement. JODY AMIET / AFP
Touchée depuis plusieurs jours par une série de mouvements sociaux, la Guyane, collectivité territoriale de plus de 250 000 habitants, voit la mobilisation prendre de l’ampleur, avec le vote, samedi 25 mars, par l’Union des travailleurs guyanais (UTG) de la grève générale à compter de lundi. La mobilisation, soutenue par des collectifs de citoyens, dénonce globalement les problèmes du territoire en matière de santé, d’éducation, d’économie, de sécurité, d’accès au foncier ou de logement.
Grève générale pour « protéger les salariés grévistes »

En votant à l’unanimité la grève générale à compter de lundi, les 37 syndicats réunis au sein de l’UTG souhaitent protéger les salariés grévistes dans des secteurs très divers, a précisé Albert Darnal, le secrétaire général de l’organisation.

Regroupant pêle-mêle des salariés d’EDF, des collectifs contre l’insécurité, un collectif dénonçant l’insuffisance de l’offre de soins et les retards structurels en matière de santé, ou encore des socioprofessionnels et des transporteurs, le mouvement de protestation a notamment monté des barrages obstruant depuis jeudi une dizaine de ronds-points stratégiques du littoral guyanais, bloquant notamment l’entrée de Cayenne.

Barrages filtrants et vols annulés

Ces barrages routiers filtrants, soutenus par la classe politique locale, rendent les déplacements motorisés très difficiles, à l’exception de ceux des véhicules d’urgence. Par ailleurs, les écoles, l’université, le port de commerce, les administrations et certains commerces sont fermés depuis jeudi.

Air France a pour sa part fait savoir qu’elle annulait ses deux vols long-courriers de Paris-Orly à Cayenne dimanche et lundi. « Nous ne pouvons pas assurer ces vols pour des raisons opérationnelles », a expliqué le porte-parole de la compagnie aérienne, évoquant notamment des problèmes sur place d’approvisionnement des appareils en carburant et des difficultés de circulation au sol.

Quant à Arianespace, elle a dû ajourner le lancement d’une fusée.

Une délégation interministérielle sur place

Conduite par Jean-François Cordet, conseiller maître à la Cour des comptes et ancien préfet de Guyane, la délégation interministérielle est arrivée samedi après-midi. Elle est composée de plusieurs hauts fonctionnaires connaissant bien la situation guyanaise, issus de différents ministères. Elle comprend aussi Michel Yahiel, commissaire général de France Stratégie et ex-conseiller social de François Hollande.

Pour l’instant, certains protestataires refusent de rencontrer la délégation, réclamant la venue de ministres. Mais la ministre des outre-mer, Ericka Bareigts, a fait savoir dimanche qu’elle remettait une éventuelle visite « lorsque les conditions seront réunies et que les choses auront bien avancé », assurant qu’elle n’avait pas « peur » de se rendre en Guyane.

La ministre estime en effet que les membres de la délégation « écoutent, font un état des lieux très précis et agissent ». « La preuve hier, la mission a déjà annoncé des mesures très concrètes », a-t-elle souligné, citant le maintien du centre médical de Kourou, ou encore l’expérimentation d’un scanner à l’aéroport « pour le contrôle du trafic de drogue ». En ce qui concerne le renforcement de la sécurité, Ericka Bareigts n’a pas exclu l’envoi de troupes supplémentaires, en plus de celles déjà envoyées en renfort.

Jeudi, elle avait proposé la tenue de discussions à Paris autour de l’économie, de la santé et de la sécurité, les principaux sujets de revendication des manifestants, afin de « traiter sans délai les problèmes immédiats ». Une demande rejetée par les participants aux mouvements sociaux, refusant de se rendre à Paris pour négocier avec le gouvernement.

Les candidats à l’élection présidentielle s’emparent du sujet

Dimanche, Emmanuel Macron, candidat d’En Marche ! à l’élection présidentielle, a appelé – comme le premier ministre – à « revenir à la raison et au calme » et préconisé que « l’Etat doit investir massivement, en termes d’infrastructures, de développement, pour aider le territoire guyanais à s’en sortir. » De nombreux autres candidats à l’élection présidentielle ont évoqué la question guyanaise au cours du week-end. « Cette situation est la conséquence de l’échec de la politique de François Hollande », a accusé François Fillon, là où Marine Le Pen a elle dénoncé le « service cruellement minimum » des gouvernements successifs vis-à-vis du territoire ultramarin. En meeting à Rennes, Jean-Luc Mélenchon a lancé un salut de solidarité à la Guyane.

Dimanche soir, le gouvernement a dénoncé « l’instrumentalisation à des fins électoralistes » de la « crise sociale » en Guyane par « certains candidats à l’élection présidentielle ou leur porte-parole », en visant François Fillon et Marine Le Pen notamment. Dans un communiqué, les ministres Matthias Fekl et Ericka Bareigts ont villipendé « l’invective, l’outrance et l’approximation » de candidats « qui ne semblent découvrir les outre-mer qu’à l’occasion des campagnes électorales » et « portent des propositions dangereuses qu’il convient de rappeler, comme la modification de la rémunération des fonctionnaires ou de la défiscalisation des aides à l’investissement ».

Lemonde.fr

France: Washington déconseille aux Américains de se rendre en Guyane

mars 24, 2017

Washington – Les Etats-Unis ont déconseillé vendredi à leurs ressortissants de se rendre en Guyane, un territoire français en Amérique du Sud secoué par un mouvement de grogne sociale.

Le département d’Etat américain a estimé dans une note d’alerte que ses « ressortissants devaient éviter de se rendre en Guyane française pour l’instant » en raison de « larges manifestations de part et d’autre » du territoire ultramarin français et « le long des routes qui mènent aux pays voisins du Suriname et du Brésil ».

La section consulaire du ministère américain des Affaires étrangères diffuse très régulièrement et pour nombre de pays dans le monde des notes d’avertissement et d’alerte à l’attention de ses ressortissants. Mais cela concerne en général des zones de conflits ou des risques d’attentats.

Pour la Guyane, le département d’Etat souligne que « des manifestations à Kourou et à Cayenne peuvent devenir violentes » et que « des routes, écoles, entreprises, bâtiments municipaux ont été fermés », tout comme « l’aéroport international ».

Plusieurs mouvements sociaux ont été déclenchés depuis le début de semaine dans ce territoire français d’Amérique du Sud, traduisant des revendications de salariés et une exaspération croissante d’une partie de la population notamment face à l’insécurité et au déficit d’offre de soins.

Conséquence, le décollage de la fusée Ariane 5 depuis Kourou n’aura pas lieu « tant que la situation sociale ne sera pas réglée », avait prévenu jeudi le centre spatial guyanais, après déjà trois reports cette semaine.

Le Premier ministre français Bernard Cazeneuve a décidé vendredi d’envoyer en Guyane « une mission interministérielle de haut niveau » avec pour objectif de « nouer un dialogue constructif et apaisé », selon Matignon.

Romandie.com avec(©AFP / 24 mars 2017 23h07)