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France: Suspecté de violences sur 32 femmes, le gynécologue Émile Daraï mis en examen

novembre 24, 2022

Le gynécologue est visé par une information judiciaire depuis janvier 2022 après plusieurs plaintes pour « viols » et « violences ».

Le gynecologue exercait a l'hopital Tenon, a Paris.
Le gynécologue exerçait à l’hôpital Tenon, à Paris.© THOMAS COEX / AFP

Émile Daraï, gynécologue parisien renommé, a été mis en examen mercredi pour violences volontaires par personne chargée d’une mission de service public à l’égard de 32 plaignantes, a indiqué jeudi une source judiciaire, confirmant une information de France Info. Ce spécialiste de l’endométriose a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de contact avec les victimes et interdiction de tenir des consultations privées de gynécologie, selon cette source.Une avancée pour les plaignantes

« Mes clientes voient une avancée dans l’enquête, elles attendaient ça depuis un an pour certaines. Sur la qualification, certaines sont déçues, mais de toute façon, on n’en est qu’au stade de l’information judiciaire », a réagi, My-Kim Yang-Paya, avocate d’une quinzaine de plaignantes ayant dénoncé des violences aggravées ou des viols. « Mes clientes ont déposé plainte pour qu’il n’y ait pas d’autres victimes, en pensant à leur fille ou petite-fille », a-t-elle précisé, voyant également dans l’interdiction de tenir des consultations privées « une avancée ». Cette « qualification a minima peut évoluer au cours de l’instruction. Le contrôle judiciaire est quand a lui nécessaire et était attendu par les nombreuses victimes », a réagi mmaître Mourad Battikh, qui défend une plaignante majeure.

Mis en retrait de ses responsabilités de chef de service

À la suite d’une première plainte, le parquet de Paris avait ouvert le 28 septembre 2021 une enquête préliminaire pour viol par personne ayant autorité sur mineur de plus de 15 ans, élargie par la suite à viol en réunion. En décembre, un rapport de l’enquête interne, déclenchée par l’AP-HP et Sorbonne Université, avait conclu que « l’obligation d’information de ces patientes, le soulagement de leur douleur, le respect de leurs volontés n'(avaient) pas été respectés ». Ce document ajoutait toutefois que « la commission (d’enquête) ne retient aucune connotation sexuelle alors que certains manquements ont été relevés dans le recueil du consentement à certains gestes ». La commission a estimé en outre que la situation était « le fruit de dysfonctionnements individuels, mais aussi collectifs et systémiques ».

Le 3 janvier, une information judiciaire a été finalement ouverte pour violences par personne chargée d’une mission de service public. Émile Daraï est depuis définitivement mis en retrait de ses responsabilités de chef de service et de sa mission pédagogique. Il continuait toutefois de consulter. Son avocat n’est pas en mesure de réagir dans l’immédiat. Au mois de mai, face à la polémique, le Pr Daraï avait renoncé à intervenir lors d’un congrès de gynécologues, où le collectif féministe Stop aux violences obstétricales et gynécologiques (StopVOG) – à l’origine de la révélation en septembre 2021 des plaintes pour viols visant le praticien – appelait à manifester contre sa présence.

« Depuis un an, nous demandons aux instances de santé la suspension du Pr Daraï afin de garantir la sécurité des patientes. À présent, il est suspendu pour ses consultations privées de gynécologie, mais ce n’est pas suffisant, car il peut toujours intervenir dans le public », a estimé la fondatrice et porte-parole du collectif StopVOG, Sonia Bisch.

Par Le Point avec AFP

États-Unis: Une gynécologue visée par la justice pour avoir aidé une fillette à avorter après un viol

juillet 14, 2022
La législature d'État, à Indianapolis.

Le gouverneur républicain de l’Indiana, Eric Holcomb, a convoqué rapidement la législature pour prononcer l’interdiction de l’avortement après six semaines de grossesse. Photo : AP/Michael Conroy

Les autorités de l’Indiana ont annoncé enquêter sur une gynécologue qui a aidé une fillette de dix ans à avorter après un viol, un dossier qui cristallise les débats sur la volte-face de la Cour suprême des États-Unis.

La docteure Caitlin Bernard a rapporté, début juillet, à plusieurs médias avoir reçu la petite fille à Indianapolis après avoir été contactée par un confrère d’Ohio.

Dans cet État du Nord, voisin de l’Indiana, la décision de la Cour suprême, le 24 juin, de ne plus garantir le droit à interrompre une grossesse, a immédiatement permis l’entrée en vigueur d’une loi interdisant d’avorter après six semaines de grossesse.

Or la fillette, violée en mai par un homme qui a été arrêté mardi, avait dépassé ce terme. Elle s’est donc rendue dans l’Indiana, où les IVG restent légales jusqu’à 21 semaines de grossesse.

Mais les responsables de l’État, à majorité républicaine, sont hostiles au droit à l’avortement et envisagent d’interdire à leur tour la procédure.

Une foule de manifestants pro-avortement avec des pancartes.

Des militants pour le droit à l’avortement se sont rassemblés devant la législature d’État, à Indianapolis, au lendemain de l’annulation du jugement Roe c. Wade. Photo: AP/AJ Mast

En attendant, le procureur général de l’État s’en est pris mercredi soir à la Dre Bernard, l’accusant de ne pas avoir signalé aux autorités le dossier de la fillette, comme la loi locale l’y oblige en matière de pédophilie.

Nous avons cette militante pro-avortement, qui se prétend docteure, et qui est connue pour ne pas effectuer les signalements requis, a déclaré Todd Rokita sur la chaîne Fox News.

Donc, nous rassemblons les informations, les preuves, et nous allons nous battre jusqu’au bout, a-t-il poursuivi en menaçant de révoquer sa licence professionnelle si elle ne nous a pas informés.

Cette affaire tragique avait été citée vendredi par le président démocrate Joe Biden pour décrier l’arrêt de la Cour suprême.

« Dix ans! Violée, enceinte de six semaines, déjà traumatisée et désormais obligée de se rendre dans un autre État! »— Une citation de  Joe Biden, président des États-Unis

Mais jusqu’à l’arrestation du suspect, la presse conservatrice et plusieurs responsables de l’Ohio avaient émis des doutes sur la véracité du drame.

Désormais, les opposants à l’avortement reprochent aux défenseurs de ce droit d’utiliser la fillette pour promouvoir leur cause et imputent ses malheurs à la politique migratoire de Joe Biden, son agresseur étant un immigré guatémaltèque en situation irrégulière.

Cette situation horrible a été causée par des marxistes, des socialistes et ceux à la Maison-Blanche qui plaident pour une frontière sans loi, a ainsi lancé mercredi le procureur général de l’Indiana.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse