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L’autoritarisme a vécu en Tunisie, affirme son président élu

décembre 23, 2014

L'autoritarisme a vécu en Tunisie, affirme son président élu
L’autoritarisme a vécu en Tunisie, affirme son président élu © AFP

Le président élu de la Tunisie Béji Caïd Essebsi a promis que « la page » de l’autoritarisme était tournée, alors que de nombreux défis attendent le berceau du « Printemps arabe » qui espère parachever sa transition vers la démocratie.

« L’hégémonie est une illusion (. . . ) Il n’y aura pas de retour à cela », a assuré M. Caïd Essebsi, un ancien cadre des régimes autoritaires de Habib Bourguiba et Zine El Abidine Ben Ali, en excluant un retour aux vieilles méthodes.

« Je suis pour qu’on tourne complètement la page du passé » et « regarder vers le futur », a ajouté le futur président de 88 ans dans un entretien diffusé tard lundi par la télévision nationale.

Son élection avec 55,68% des voix marque la fin d’un cycle électoral destiné à doter enfin la Tunisie d’institutions pérennes quatre ans après la révolution de janvier 2011 et une transition chaotique marqué par l’essor de groupes jihadistes ainsi que de profonds problèmes socio-économiques.

Les observateurs électoraux de l’Union européenne doivent rendre mardi leur verdict sur le caractère libre ou non du scrutin de dimanche. Mais la communauté internationale a déjà souligné les avancées de la Tunisie, une exception parmi les pays du « Printemps arabe » qui ont pour la plupart basculé dans le chaos, la violence et la répression.

Pour éviter tout retour en arrière, la nouvelle Constitution, adoptée en début d’année, limite d’ailleurs les prérogatives du chef de l’Etat, l’essentiel du pouvoir exécutif reposant sur le gouvernement responsable devant le Parlement.

Le concurrent malheureux du second tour, le président Moncef Marzouki a reconnu sa défaite, après une campagne acrimonieuse, et appelé ses partisans au calme.

Des affrontements se sont produits dimanche soir et lundi dans le sud, où M. Marzouki est arrivé largement en tête, entre policiers et manifestants qui protestaient contre les résultats de la présidentielle. Deux postes de police ont ainsi été incendiés à El Hamma et Nidaa Tounès, le parti de M. Caïd Essebsi, a indiqué que des protestataires avaient tenté d’incendier son local à Tataouine.

– Former un gouvernement –

Si la date de l’entrée en fonction du nouveau président n’a pas été fixée, M. Caïd Essebsi va devoir dès à présent s’atteler à former un gouvernement stable et bâtir une coalition, son parti ayant remporté les législatives mais ne disposant pas de majorité absolue avec 86 sièges sur 217.

Il devra pour cela notamment composer tant bien que mal avec les islamistes d’Ennahda (69 députés), deuxième parti du Parlement, et contre qui il a fait campagne avec virulence.

Les 62 autres sièges reviennent à une multitude de partis allant de l’extrême-gauche au centre-droit.

Les nouvelles autorités tunisiennes sont très attendues sur le terrain de l’économie, le chômage et la misère à l’origine de la révolution restant endémiques. Elles devront aussi répondre à la menace jihadiste, alors que des dizaines de militaires et deux figures politiques anti-islamistes ont été tués depuis 2011.

« On mesure le poids des contraintes auxquelles le président fera face: une dette massive, une croissance faible, un chômage élevé, une compétitivité dégradée et une sécurité hautement menacée », résume le quotidien La Presse.

Le quotidien Le Temps, qui salue la sortie « victorieuse d’une épreuve harassante et pénible », souligne pour sa part que M. Caïd Essebsi n’a pas « reçu un chèque en blanc » des Tunisiens.

« Aucun parti n’est en mesure de prétendre résoudre à lui seul les problèmes du pays », relève le journal.

Jeuneafrique.com avec AFP

Tunisie: le Parlement élit un ancien ministre de Bourguiba à sa tête

décembre 4, 2014

Tunis – Le premier Parlement tunisien démocratiquement élu a choisi jeudi comme son président Mohammed Ennaceur, 80 ans, un ancien ministre du père de l’indépendance Habib Bourguiba issu du parti anti-islamiste Nidaa Tounès, vainqueur des législatives.

M. Ennaceur, seul candidat, a reçu les voix de 174 élus sur les 214 présents. Dans un bref discours, il a remercié ses collègues et promis que le Parlement agira dans un cadre consensuel, garantira les libertés et les droits de l’Homme et s’attèlera à bâtir un État de droit.

Les députés ont aussi élu jeudi deux vice-présidents, Abdelfattah Mourou, l’un des fondateurs du parti islamiste Ennahda, deuxième des législatives, ainsi que Faouzia Ben Fedha, élue de la troisième formation du Parlement, l’Union patriotique libre, un parti inclassable dirigé par l’homme d’affaires et patron de club de foot Slim Riahi.

Malgré leur opposition frontale, les deux premiers partis se sont ainsi accordés pour élire un représentant de chacune des formations. Nidaa Tounès a exclu de former une grande coalition avec ses principaux adversaires d’Ennahda, sans pour autant exclure des accords au cas par cas, alors que les tractations pour former une majorité et un gouvernement doivent avoir lieu après la présidentielle courant décembre.

Mohamed Ennaceur, vice-président de Nidaa Tounès, est un ancien ministre des Affaires sociales de Bourguiba. Il s’agit d’un proche de Béji Caïd Essebsi, 88 ans, chef de Nidaa Tounès et favori du deuxième tour de la présidentielle face au président sortant Moncef Marzouki.

Sous le régime de Zine El Abidine Ben Ali, qui a renversé Bourguiba en 1987, M. Ennaceur a quitté le devant de la scène politique sans pour autant rompre avec elle, devenant représentant de la Tunisie auprès des institutions des Nations unies à Genève.

Après la révolution de janvier 2011, il a retrouvé le portefeuille des Affaires sociales dans le gouvernement de M. Caïd Essebsi, qui a organisé cette année-là les élections de l’Assemblée nationale constituante (ANC) remportées par Ennahda.

L’ANC, qui a adopté en janvier 2014 une Constitution largement considérée comme un modèle de libéralisme dans le monde arabe, a exercé le pouvoir législatif jusqu’à l’élection le 26 octobre d’un nouveau Parlement, l’Assemblée des représentants du peuple.

Nidaa Tounès dispose de 86 élus et les islamistes de 69 dans ce qui est le premier Parlement démocratiquement élu en Tunisie.

Le vote pour sa présidence aurait dû avoir lieu mardi, lors de sa toute première réunion, mais il avait été repoussé faute d’accord sur un candidat susceptible d’obtenir la majorité absolue des votes des députés.

La transition post-révolutionnaire doit s’achever cette année avec l’élection d’un chef de l’Etat courant décembre. La date du deuxième tour de scrutin présidentiel n’a pas encore été fixée, la justice examinant encore des recours déposés après le premier tour le 23 novembre.

Les deux finalistes se sont invectivés par médias interposés depuis le premier tour.

M. Caïd Essebsi a pointé du doigt le président sortant, élu en 2011 par la Constituante avec l’appui d’Ennahda, l’accusant de compromissions avec les islamistes et de courtiser les jihadistes.

M. Marzouki considère son concurrent comme le représentant du régime déchu, celui-ci ayant servi comme ministre sous le régime de Bourguiba puis au début des années 1990 comme président du Parlement de Ben Ali.

Romandie.com avec(©AFP / 04 décembre 2014 16h02)