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Syrie: 22 paramilitaires irakiens tués dans une frappe attribuée à Israël

juin 18, 2018

Carte de la Syrie localisant les frappes aériennes à Al-Hari / © AFP / AFP

Une vingtaine de paramilitaires irakiens pro-iraniens engagés dans la bataille contre le groupe État islamique (EI) ont été tués lors de frappes nocturnes dans l’est de la Syrie attribuées par Washington à Israël.

Les unités du Hachd al-Chaabi, des groupes paramilitaires financés par Téhéran qui ont aidé l’armée irakienne à chasser l’EI de tous les centres urbains, ont dans un premier temps accusé les forces américaines d’avoir tué 22 de leurs combattants et en avoir blessé 12 autres dans ces raids frontaliers.

Mais la coalition internationale dirigée par les États-Unis a démenti être l’auteur de ces frappes qui ont visé dans la nuit de dimanche à lundi la ville d’al-Hari, située près de la frontière irakienne.

« Il n’y a pas eu de frappes de la part des forces américaines ou de la coalition dans cette zone », a réagi auprès de l’AFP son bureau de presse, en précisant en revanche « être au courant de frappes (…) ayant tué et blessé des combattants de Kataëb Hezbollah », une force irakienne faisant partie du Hachd al-Chaabi et liée au puissant mouvement du Hezbollah libanais, ennemi juré d’Israël.

Le porte-parole de la coalition n’a pas précisé qui avait mené ces frappes, mais à Washington, un responsable américain ayant requis l’anonymat a indiqué à l’AFP avoir « des raisons de croire qu’il s’agissait d’une frappe israélienne ».

Israël, qui craint plus que tout une implantation iranienne à sa frontière, a conduit en mai des frappes aériennes sur des installations militaires en Syrie présentées comme iraniennes.

L’Etat hébreu soupçonne l’Iran et le Hezbollah de chercher à étendre leur influence plus près de ses frontières, et répète qu' »il n’y a pas de place pour la moindre présence militaire iranienne dans aucune partie de la Syrie », selon son Premier ministre, Benjamin Netanyahu.

« Cinquante-deux combattants, dont 30 Irakiens et 16 Syriens, y compris des soldats et des membres de milices loyalistes ont été tués », a indiqué à l’AFP le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.

– Déployés par Bagdad –

Des combattants irakiens, dont certains sont membres de Hachd al-Chaabi, luttent depuis des années au côté du régime syrien et ont joué un rôle primordial dans la lutte anti-EI dans la province de Deir Ezzor (est de la Syrie).

Le groupe a rappelé avoir été déployé par les autorités irakiennes le long de la frontière poreuse avec la Syrie depuis l’annonce de la victoire sur l’EI proclamée en décembre par Bagdad.

Au lendemain de ces frappes, un correspondant de l’AFP à Nassiriya, dans le sud de l’Irak, a rapporté que les corps de trois combattants irakiens tués dans l’est syrien avaient été rapatriés pour être inhumés. Ils combattaient au sein de la milice « Kataëb Hezbollah ».

Les médias d’Etat syriens ont eux aussi attribué ces frappes à la coalition anti-EI. Citant une source militaire, l’agence officielle Sana a affirmé que plusieurs personnes avaient été tuées et blessées par des appareils de la coalition, sans fournir de bilan précis.

Al-Hari est située dans la province de Deir Ezzor, riche en pétrole, où les forces démocratiques syriennes (FDS), soutenues par les Etats-Unis, et les forces gouvernementales syriennes, appuyées par la Russie, mènent des offensives distinctes contre l’EI.

Les forces gouvernementales contrôlent les terres à l’ouest du fleuve Euphrate, qui traverse la province, tandis que les FDS se battent pour expulser l’EI d’une série de villages situés sur la rive est, près de la frontière irakienne.

Une ligne de « déconfliction » longeant le fleuve est en place depuis 2017 afin d’empêcher tout affrontement entre pro-régime et FDS.

– « Couloir vital » –

La coalition, qui intervient en Syrie depuis 2014 pour combattre l’EI, a néanmoins frappé des forces du régime ces dernières années.

Le 24 mai, 12 combattants pro-régime ont péri dans un raid aérien contre des positions de l’armée syrienne au sud de Boukamal, ville reprise à l’EI par le régime en novembre dernier et située à quelques kilomètres de la frontière.

L’OSDH et des médias d’Etat syriens avaient attribué cette frappe à la coalition, mais le Pentagone avait nié.

Le 7 février, la coalition a reconnu avoir tué au moins 100 combattants pro-régime –dont cinq Russes selon Moscou– dans la province de Deir Ezzor, en représailles à une attaque contre des positions des FDS.

Les frappes contre al-Hari interviennent au lendemain de la reprise par les FDS de Dachicha, un village situé dans le nord de la province de Hassaké.

Dachicha représentait un « fief important » de l’EI dans cette province et se trouvait sur un « couloir vital » reliant autrefois les territoires des jihadistes en Syrie et en Irak, selon le directeur de l’OSDH.

Romandie.com avec(©AFP / 19 juin 2018 00h02)

Irak: colère chiite après l’appel de Macron à démanteler une force paramilitaire

décembre 3, 2017

Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre de la région autonomie irakienne du Kurdistan Nechervan Barzani (C), le 2 décembre 2017 à Paris / © AFP / THOMAS SAMSON

Un appel du président français Emmanuel Macron au démantèlement des forces paramilitaires irakiennes du Hachd al-Chaabi a provoqué la colère de personnalités chiites, qui ont dénoncé une « interférence » française dans les affaires de leur pays.

En 2014, face à une offensive éclair des jihadistes du groupe État Islamique (EI), qui s’était emparé du tiers du pays et menaçait l’existence du pays, plus de 60.000 Irakiens avaient répondu à l’appel à la mobilisation du chef spirituel de la communauté chiite, l’ayatollah Ali Sistani.

Ils avaient formé le Hachd al-Chaabi (Unités de mobilisation populaire), une coalition hétéroclite dominée par des milices chiites. Les plus puissantes d’entre elles sont souvent présentées comme parrainées par l’Iran.

Si le Premier ministre Haider al-Abadi n’a pas réagi à la demande française, son prédécesseur et rival Nouri al-Maliki ne s’en est pas privé.

« Emmanuel Macron s’est mêlé de manière inattendue dans les affaires intérieures irakiennes en appelant au démantèlement d’une institution légale, le Hachd al-Chaabi », a-t-il écrit sur Facebook.

Actuel vice-président de la République et chef du plus important groupe chiite au Parlement, il a ajouté: « nous voulons qu’aucun pays n’impose sa volonté au gouvernement irakien et à la brave nation irakienne ».

« Les Irakiens attendaient de la communauté internationale, et notamment de la France, qu’elle félicite les combattants qui ont donné leur vie pour leur pays et pour le monde », a pour sa part déclaré Houman Hamoudi, vice-président du Parlement, dans un communiqué.

« Sans le Hachd, Daech (acronyme arabe de l’EI) serait arrivé au cœur de Paris », a-t-il argué.

Pour un des chefs du Hachd, Ahmad al-Assadi, « toute discussion (sur le sujet, ndlr) est rejetée et nous n’acceptons pas d’ingérence dans les affaires irakiennes ». « Demander la dissolution de Hachd, c’est comme demander la dissolution de l’armée irakienne car le Hachd est un élément clé de la sécurité irakienne », a-t-il poursuivi.

Recevant samedi à Paris le Premier ministre de la région autonome du Kurdistan irakien, Nechervan Barzani, M. Macron avait appelé à « une démilitarisation progressive, en particulier de la +mobilisation populaire+ qui s’est constituée ces dernières années, et que toutes les milices soient progressivement démantelées ».

Le Parlement irakien a reconnu le Hachd en novembre 2016 comme une « institution de l’Etat » et décidé leur intégration « au sein des forces régulières ».

Les Kurdes reprochent au Hachd d’avoir chassé en octobre, en soutien de l’armée irakienne, les combattants kurdes des territoires disputés, notamment de Kirkouk, et d’avoir expulsé la population kurde de la ville de Touz Khormatou.

Romandie.com avec(©AFP / 03 décembre 2017 11h23)                

Un nouveau front ouvert dans la bataille pour Mossoul en Irak

octobre 29, 2016

Alors que l’armée irakienne semble observer une pause dans son offensive, des milices chiites irakiennes ont ouvert samedi un nouveau front dans la bataille pour Mossoul. Elles veulent couper le ravitaillement des djihadistes de l’EI depuis la Syrie.

Ces milices chiites irakiennes sont soutenues par l’Iran. Elles ont annoncé avoir lancé une offensive en direction de Tal Afar, localité située à 50 kilomètres à l’ouest de Mossoul.

Ces milices du Hachd al-Chaabi (Forces de mobilisation populaire) regroupent plusieurs milliers d’hommes. Leur intervention inquiète les Occidentaux qui craignent une réaction hostile de la part des populations sunnites de la région.

Elles sont accusées de représailles violentes – meurtres et enlèvements – dans les zones dont l’EI a été chassé. Des appels ont été lancés au gouvernement irakien afin qu’il maintienne hors du champ de bataille ces unités combattantes.

Peu impliquées jusque là dans la vaste opération lancée le 17 octobre pour reprendre Mossoul, deuxième ville d’Irak et dernier fief de l’EI dans ce pays, les milices chiites interviennent dorénavant sur le seul front où les forces terrestres irakiennes ne sont pas déployées. C’est à dire à l’ouest de la ville, en direction de la Syrie voisine.

Selon le porte-parole des milices du Hachd al-Chaabi, Ahmed al-Assadi, l’opération vise à reprendre Tal Afar, ainsi que les villes de Tal Abta et de Hatra. A proximité de cette dernière, se trouve un site archéologique inscrit au patrimoine mondial de l’Humanité de l’Unesco, lequel avait déjà été vandalisé par l’EI.

Pause temporaire
Tard vendredi, la coalition internationale a indiqué que l’armée irakienne observait une pause d’environ deux jours dans son offensive pour reprendre la ville de Mossoul au groupe Etat islamique (EI). Objectif: consolider les gains obtenus depuis le début de l’opération en Irak.

Le colonel américain John Dorrian, porte-parole militaire de la coalition internationale, a précisé que cet arrêt temporaire fait partie du plan initial. Après cette pause, a-t-il dit, « la marche sur la ville de Mossoul reprendra ».

Bombes, missiles et roquettes
Les troupes irakiennes « se repositionnent, se rééquipent et font du nettoyage » dans les zones conquises, a encore expliqué le colonel. Il a aussi dit qu’il s’agissait d’adapter le dispositif irakien aux tactiques et aux décisions prises jusque-là par l’ennemi.

John Dorrian a par ailleurs informé que la coalition internationale va continuer ses bombardements. Elle avait déjà utilisé près de 2500 « bombes, missiles, obus ou roquettes guidées » contre les djihadistes de l’EI. L’officier s’exprimait lors d’une vidéoconférence depuis Bagdad.

Des « boucliers humains »
Mais quelques heures seulement après cette annonce de la coalition, un communiqué militaire irakien a indiqué au contraire « que les opérations militaires continuaient » sur le terrain, dans le district d’Al-Choura au sud de Mossoul.

« Les unités fédérales ont planté le drapeau irakien » sur un bâtiment gouvernemental de la zone, a affirmé dans un communiqué un commandant de la police, le général Raed Tawfiq Jawdat. La police « pourchasse les terroristes qui sont en train de fuir vers le nord » de la région d’Al-Choura, a-t-il ajouté.

Au fur et à mesure de l’avancée vers Mossoul des troupes de Bagdad, des milliers de civils payent le prix de cette offensive. L’ONU a fait état vendredi de l’enlèvement par l’EI de près de 8000 familles autour de la cité des bords du Tigre, vraisemblablement pour être utilisées comme « boucliers humains ».

Exode massif
Depuis le début de l’offensive sur Mossoul le 17 octobre, l’avancée des forces irakiennes a permis de resserrer l’étau sur la ville par le nord, l’est et le sud, mais le nombre de personnes fuyant l’EI augmente et le spectre d’un déplacement massif de civils grandit. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 16’566 personnes ont été déplacées depuis le début des opérations.

Romandie.com avec(ats / 29.10.2016 17h33)