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Tuerie d’Atlanta : « la haine n’a pas sa place aux États-Unis », dit Biden

mars 19, 2021

Les violences à l’endroit des communautés asiatiques aux États-Unis « doivent cesser », a martelé vendredi le président américain Joe Biden depuis la Georgie, quelques jours après qu’un tireur eut assassiné huit personnes dans des salons de massage de la région d’Atlanta.

Le président américain Joe Biden et la vice-présidente Kamala Harris ont vivement condamné les violences à l'endroit des communautés asiatiques.

© Patrick Semansky/Associated Press Le président américain Joe Biden et la vice-présidente Kamala Harris ont vivement condamné les violences à l’endroit des communautés asiatiques.

«La haine n’a pas sa place aux États-Unis», a déclaré le président Biden au terme d’un entretien auquel participaient la mairesse d’Atlanta, Keisha Lance Bottoms, des représentants de l’État et des activistes.

Entendre certains d’entre eux raconter leur histoire – la représentante Bee Nguyen, par exemple, a confié avoir été la cible de menaces de mort – et partager la peur qui les habite était «crève-cœur», a dit M. Biden.

Aux yeux du président, il revient à tous les Américains de faire leur part afin de dénoncer cette violence. «Notre silence est complice; nous ne pouvons être complices», a-t-il insisté.

«Nous voulons que les Américains d’origine asiatique de la Georgie et de partout au pays sachent que nous ne nous tairons pas, que nous ne resterons pas les bras croisés», a renchéri à ses côtés la vice-présidente, Kamala Harris.

S’ils devaient se rendre en Georgie afin d’y promouvoir leur stratégie de relance économique et de vaccination, Joe Biden et Kamala Harris ont changé leurs plans afin d’aller «offrir leur soutien» aux familles des victimes des fusillades.

Un homme de 21 ans a été accusé des meurtres de huit personnes, dont six étaient des femmes asiatiques.

Bien que les enquêteurs n’aient pas encore établi s’il s’agissait d’un crime haineux, des membres de la classe politique et des avocats des droits de la personne ont fait valoir que les meurtres devaient être motivés, au moins en partie, par la montée des actes racistes à l’endroit des Asiatiques depuis le début de la pandémie.

Selon la police, le suspect, un homme blanc qui habite en banlieue d’Atlanta, a nié tout mobile raciste, déclarant que son «obsession sexuelle» l’aurait mené à commettre cette tuerie.

Si on ignore pour l’heure le motif du tireur, a commenté le président Biden, il est néanmoins de notoriété publique que le pays doit composer avec une «crise de violences sexistes et anti-Asiatiques».

«Trop d’Américains d’origine asiatique […] ont été attaqués, blâmés, désignés comme boucs émissaires, harcelés. Ils ont été insultés, agressés, tués», a-t-il poursuivi.

Kamala Harris, dont la mère est originaire d’Asie du Sud, a pour sa part souligné que «le racisme [était] bien réel aux États-Unis et l’a toujours été», au même titre que «la xénophobie» et «le sexisme».

Des organisations ont constaté une inquiétante augmentation des actes racistes au pays : près de 3800 incidents ont été rapportés depuis mars 2020 à Stop AAPI Hate, un groupe de surveillance des droits des Américains d’origine asiatique basé en Californie.

Dans la foulée des fusillades, le président Biden a appelé le Congrès à adopter sans plus tarder le projet de loi pour lutter contre les crimes haineux liés à la COVID-19, qui permettrait notamment d’augmenter les ressources en prévention et la capacité d’intervention des autorités.

Il a ajouté qu’il entendait demander au département de la Justice de se pencher sur ce phénomène.

Vendredi, la présidente de la Chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi, a dénoncé les actes de violence contre les communautés asiatiques, qui ont, selon elle, été exacerbés par les commentaires méprisants et racistes de l’administration Trump.

Le prédécesseur de M. Biden avait employé à maintes reprises des expressions dégradantes associant les Asiatiques et le nouveau coronavirus, le SARS-CoV-2, qui a été découvert dans la ville de Wuhan, en Chine, en 2019.

Avec  CBC/Radio-Canada 

France: Une adolescente harcelée et menacée de mort après avoir critiqué l’islam

janvier 22, 2020

Une lycéenne de 16 ans a reçu plusieurs centaines de menaces en ligne après avoir publié une vidéo dans laquelle elle affirme que «l’islam c’est de la merde».

Mila, 16 ans, adolescente de la région lyonnaise, a reçu de nombreuses menaces après une vidéo dans laquelle elle critiquait l'islam.
Mila, 16 ans, adolescente de la région lyonnaise, a reçu de nombreuses menaces après une vidéo dans laquelle elle critiquait l’islam. Capture d’écran Instagram

Une jeune femme de 16 ans nommée Mila se trouve depuis ce week-end au cœur d’une polémique grandissante après avoir publié le 18 janvier sur Instagram une vidéo dans laquelle elle critique l’islam. Relayés sur les réseaux sociaux, ses propos lui ont valu de nombreuses insultes et menaces de mort.

L’affaire a commencé samedi, après que Mila, adolescente de la région lyonnaise et chanteuse à ses heures, a ouvert un live en ligne pour parler de sa passion avec ses abonnés. D’après le magazine Marianne, un internaute l’aurait alors pris à partie pour la «draguer de manière insistante ». Recadré par l’adolescente ouvertement lesbienne, il réagit en l’insultant et en l’accusant de racisme et d’islamophobie, ce à quoi Mila répond par une diatribe sans pincettes.

«Je déteste la religion, le Coran il n’y a que de la haine là-dedans, l’islam c’est de la merde, c’est ce que je pense», affirme-t-elle face caméra. «Je ne suis pas raciste, pas du tout. On ne peut pas être raciste envers une religion. Votre religion, c’est de la merde, votre Dieu, je lui mets un doigt dans le trou du cul, merci, au revoir.»

Diffusée sur Instagram et reprise sur Twitter, la vidéo déclenche un torrent d’insultes et de menaces à l’encontre de la jeune femme. «Je recevais 200 messages de pure haine à la minute», affirme Mila dans une interview parue sur le site féministe identitaire Bellica. Ses informations personnelles sont diffusées. « Je ne peux plus mettre un pied dans mon lycée», poursuit-elle.

Haine en ligne: comprendre la polémique sur la loi Avia
Alors que le texte de la loi Avia revient à l’Assemblée Nationale, retour sur le contenu et les aspects polémiques de la future loi. Contenus haineux, risque de censure, rôle du CSA…

La campagne de harcèlement a provoqué l’indignation d’une partie des internautes, qui ont rappelé que le blasphème n’était pas illégal en France, et partagé un hashtag de soutien #JeSuisMila, auquel a rapidement répondu un hashtag #JeNeSuisPasMila. Des personnalités politiques, au nombre desquelles Marine Le Pen et Jean Messiha, ont également apporté leur soutien à la jeune femme.

«Les propos de cette jeune fille sont la description orale des caricatures de Charlie, ni plus ni moins», a affirmé sur Twitter la présidente du Rassemblement national. «On peut trouver ça vulgaire, mais on ne peut pas accepter que, pour cela, certains la condamnent à mort, en France, au XXIe siècle.»

Par Le Figaro.fr

Haine en ligne: Facebook fournira les adresses IP à la justice française

juin 25, 2019

 

Facebook a accepté de fournir à la justice française l’adresse IP des auteurs de propos haineux sur internet, a déclaré mardi le secrétaire d’Etat au Numérique, Cédric O, dans une interview à Reuters.

Il a précisé que c’était une décision spécifique à la France de la part du média social américain. «Ils nous ont annoncé que (…), eu égard aux discussions qu’ils ont eues avec nous, ils allaient transmettre les adresses IP pour les contenus de haine en ligne qui seraient demandées par la justice. Ce qui est une énorme nouvelle», a-t-il dit.

«Cela veut dire que le processus judiciaire va pouvoir se dérouler normalement. C’est vraiment très important, ils ne vont le faire que pour la France», a-t-il ajouté. Jusqu’ici, quand la justice française demandait des adresses IP, Facebook ne les donnait que s’il s’agissait de dossiers relevant du terrorisme ou de la pédo-pornographie. «Sur les sujets de haine en ligne, ils ne les donnaient pas», a rappelé Cédric O

Par Le Figaro.fr avec Reuters

Burundi: Pierre Nkurunziza accusé d' »appels récurrents à la haine » par des experts de l’ONU

septembre 5, 2018

 

La police patrouille dans le quartier de Musaga à Bujumbura, au Burundi, tirant à balles réelles pour disperser les manifestants protestant contre la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat, le mercredi 20 mai 2015. © Jerome Delay/AP/SIPA

Des enquêteurs de l’ONU ont averti mercredi 5 septembre que de graves violations des droits de l’homme, dont des crimes contre l’humanité, se poursuivent sans relâche au Burundi. Ils dénoncent des « appels récurrents à la haine » de la part du président Pierre Nkurunziza.

« Ce climat attentatoire aux droits de l’homme continue à être favorisé par des appels récurrents à la haine et à la violence de la part d’autorités, dont le chef de l’État, et de membres du CNDD-FDD (parti au pouvoir, NDLR), ainsi que par une impunité générale », a indiqué dans un rapport la Commission d’enquête de l’ONU sur le Burundi, établie en 2016 par le Conseil des droits de l’homme.

Il y a un an, elle avait indiqué avoir « des motifs raisonnables de croire que plusieurs de ces violations, commises en majorité par des membres du service national de renseignement, de la police et de l’armée ainsi que des Imbonerakure (ligue des jeunes du parti au pouvoir, qualifiée par les Nations unies de « milice », NDLR), constituent des crimes contre l’humanité ».

La commission assure dans son rapport que ces violations, « dont certaines sont constitutives de crimes contre l’humanité », se sont poursuivies en 2017 et 2018, citant des exécutions sommaires, des disparitions forcées, des détentions arbitraires, des tortures et autres traitements cruels, et des violences sexuelles.

Disparitions forcées

« Certaines pratiques, comme celles consistant à faire disparaître les corps ou à opérer de nuit, tendent à les rendre moins visibles, mais elles n’en sont pas moins réelles », a expliqué le président de la commission, Doudou Diène, dans un communiqué. La commission affirme notamment avoir « des motifs raisonnables de croire » que Léopold Habarugira, un homme d’affaires et cadre de l’opposition, appréhendé le 12 septembre 2017 par des individus dont au moins un en tenue policière, a été victime de disparition forcée.

Le rapport dénonce aussi le renforcement du rôle joué par les Imbonerakure et s’inquiète du rétrécissement de l’espace démocratique au Burundi, ainsi que de l’appauvrissement croissant de la population.

« Persécutions, menaces et intimidations »

Selon Doudou Diène, « le référendum constitutionnel organisé en mai 2018 et la campagne pour les élections à venir en 2020 ont en particulier donné lieu à des persécutions, menaces et intimidations à l’encontre des personnes soupçonnées de s’opposer au gouvernement ou de ne pas partager la ligne du parti au pouvoir, que cela soit avéré ou non ».

La commission qui dénonce l’impunité au Burundi a élaboré une liste confidentielle d’auteurs présumés de crimes contre l’humanité, qui pourra être partagée par l’ONU avec tout organe ou juridiction compétente qui « mènera des enquêtes indépendantes et crédibles ».

« Au lieu de faire respecter les lois, (…) les institutions judiciaires servent à couvrir les crimes et violations des droits de l’homme commis par la police, le SNR et les Imbonerakure, en leur offrant l’impunité », a estimé Doudou Diène.

Le Burundi est en crise depuis que le président Nkurunziza a annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat controversé. Sa réélection en juillet de la même année a déclenché une crise qui a fait au moins 1 200 morts et déplacé plus de 400 000 personnes. Ces violences ont poussé la Cour pénale internationale (CPI) a ouvrir une enquête.

Le président burundais a toutefois surpris les observateurs en assurant qu’il ne se présenterait pas à sa succession en 2020, alors que la nouvelle Constitution le lui permet. Mais la communauté internationale s’est depuis montrée prudente quant à cette annonce,  disant attendre des actes concrets.

Jeuneafrique.com avec AFP

Sur les pages Facebook des grands médias, un commentaires sur dix est haineux (étude)

mai 4, 2018

Sur les pages Facebook des grands médias français, les politiques, personnalités médiatiques et journalistes sont particulièrement ciblés / © AFP/Archives / Christophe SIMON

Sur les pages Facebook des grands médias français, un commentaire sur dix contient des propos haineux, les politiques, personnalités médiatiques et journalistes étant particulièrement ciblés, selon une étude commandée par le Secrétariat d’Etat chargé du Numérique.

Cette étude réalisée par Netino (Webhelp) porte sur l’analyse d’un échantillon de 10.870 commentaires publics publiés sur 24 pages Facebook de grands médias français pendant le mois de mars.

Selon ce panorama, près de la moitié des propos haineux (45,2%) relèvent de « l’agressivité générique » (exemple cité : « On s’en fout de cette merde »).

Viennent ensuite les attaques contre les personnalités publiques qui représentent près d’un tiers des propos haineux (31,8%).

Les attaques contre l’origine ethnique et la couleur de peau comptent pour 6,5%, la discrimination sociale représente 5,5% de ces commentaires et l’appartenance religieuse, notamment à l’Islam, cristallise 3,5% des propos haineux.

Sexisme (1,6%), discriminations diverses (1,6%), discrimination régionale (1,5%), propos sur l’orientation sexuelle (1,2%) et discrimination physique (0,6%) viennent clore ce triste panorama.

« Contenus racistes, antisémites, haineux, sexistes … : on doit mettre fin à cette impunité ! En faisant retirer ces contenus le plus rapidement possible et en se donnant la capacité de poursuivre les auteurs de ces propos insoutenables ! », a commenté Mounir Mahjoubi, le secrétaire d’Etat au Numérique.

Ce « Panorama de la haine en ligne » lui a été remis vendredi en présence de l’enseignant franco-algérien Karim Amellal, de la députée LREM Laetitia Avia et du vice-président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Gil Taïeb, chargés d’une mission contre le racisme et l’antisémitisme en ligne.

Cette mission leur a été confiée par le Premier ministre dans le cadre d’un nouveau plan contre le racisme et l’antisémitisme lancé en mars.

Romandie.com avec (©AFP / 04 mai 2018 14h30)                  

États-Unis: les deux présidents Bush appellent à rejeter « le racisme, l’antisémitisme et la haine »

août 16, 2017

Washington – Les deux anciens présidents américains George H.W Bush et son fils George W. Bush ont appelé mercredi les Etats-Unis à « rejeter le racisme, l’antisémitisme et la haine sous toutes ses formes », après les violences à Charlottesville.

Ce bref communiqué des 41e et 43e présidents américains, au ton très solennel, vient un peu moins de 24 heures après le tollé déclenché par Donald Trump qui a renvoyé dos à dos les groupuscules suprémacistes blancs –dont un sympathisant a tué une jeune femme samedi à Charlottesville– et les manifestants antiracistes.

Le président Trump, très remonté, a affirmé mardi au cours d’une conférence de presse chaotique que la responsabilité des violences dans la ville universitaire de Virginie devait être recherchée « des deux côtés ».

« Alors que nos prières vont à Charlottesville, nous nous remémorons ces vérités fondamentales couchées dans la Déclaration d’indépendance par le plus éminent des citoyens de cette ville (Thomas Jefferson, NDLR): ‘tous les hommes sont créés égaux; ils sont dotés par le Créateur de certains droits inaliénables' », écrivent les deux Bush.

« Nous savons que ces vérités sont éternelles parce que nous sommes les témoins de la décence et de la grandeur de notre pays », ont-ils conclu.

Barack Obama, premier président noir des Etats-Unis, avait réagi dès dimanche au drame de Charlottesville dans un tweet citant le grand résistant à l’apartheid Nelson Mandela.

Ce tweet est devenu le plus « aimé » de l’histoire du réseau social avec 3,4 millions de « likes » mercredi.

Les deux autres présidents américains toujours en vie, Jimmy Carter et Bill Clinton, n’avaient pas encore réagi publiquement mercredi à ces événements qui ont choqué une partie de l’Amérique.

Romandie.com avec(©AFP / 16 août 2017 18h08)                                            

Centrafrique : la haine ne désarme pas à Kaga Bandoro

novembre 11, 2016

Des déplacés dans un camp le 19 octobre 2016 à Kaga Bandoro en Centrafrique. © EDOUARD DROPSY/AFP

« C’est là que j’ai vécu pendant trois ans ». Sylvie montre les ruines d’une toute petite maison qu’elle avait construite dans l’ex-camp des déplacés de Kaga Bandoro, au cœur d’une Centrafrique où la moindre étincelle rallume les feux du conflit intercommunautaire.

Derrière le bâtiment de l’évêché catholique, au milieu d’un champ de terre brûlée, entre les murets d’un mètre de haut désormais à ciel ouvert, la jeune femme retrouve un peigne sur la terre battue à côté d’un panier en osier éventré.

C’est la première fois qu’elle revient sur les lieux. Le 12 octobre, au moins 37 personnes ont été massacrées dans ce camp majoritairement chrétien, qui abritait plusieurs milliers de déplacés.

Les rescapés parlent d’un bilan plus lourd que celui de la Mission des Nations unies (Minusca). « Des gens ont été brûlés sur place, comme là bas, deux petits et une grand-mère », raconte le gardien du site, Michel Kenzé, autour d’une pompe où des enfants tirent de l’eau. Des cadavres ont été abandonnés aux porcs et aux sangliers, d’après Sylvie et Michel.

Les responsables ? Des miliciens séléka musulmans, qui ont lancé une opération de représailles après la mort d’un des leurs.

Comme Sylvie, les 8.000 déplacés ont fui pour improviser un autre camp entre la base de la Minusca et la piste de l’aéroport, un kilomètre plus loin.

Face à la Minusca, Sylvie vend des fritures et des arachides sous plastique sur deux petites tables, au milieu d’un marché reconstitué depuis un mois autour d’une pure économie de subsistance.

Des fillettes improvisent des rondes et des chants au bord de la piste d’atterrissage. Elles ne vont plus à l’école. « On venait de lancer la rentrée scolaire le 19 septembre. Le 12 octobre, un inspecteur de l’éducation a été tué. Du coup l’inspection a fermé », se désole un responsable humanitaire de la Minusca.

« Il y avait eu un retour des fonctionnaires mais ils sont rentrés sur Bangui après ce qui s’est passé », ajoute le sous-préfet Paul Fradjala, qui ne s’aventure lui-même plus guère hors la base de la Minusca. Au-delà de la capitale, l’État (armée, police, administration) est quasi-absent sur tout le territoire d’un pays grand comme la France et la Belgique.

L’enjeu du bétail

« On veut la paix, on veut le désarmement des groupes armés », s’énerve Sylvie sous sa nouvelle cabane en plastique où elle a rangé le peu d’affaires qu’il lui reste, un cahier, un bidon, une vieille moustiquaire.

Ce n’est pas gagné. Sylvie elle-même n’ose pas s’aventurer chez les commerçants du quartier musulman, de l’autre côté de la ville et d’un pont gardé par quelques Casques bleus pakistanais – ce même contingent accusé de passivité lors des événements du 12 octobre.

Commerces de vivres et de vêtements, motel « Nuit blanche », garage de réparation pour moto-taxi, la vie bat son plein dans ce quartier musulman. Des « séléka », voire des combattants soudanais ou tchadiens se glissent tranquillement parmi les civils, de l’avis général.

« Dans le camps de déplacés, il y a aussi des hommes en armes parmi les civils, au su et au vu de la Minusca », rétorque Idriss Al Bachar. Ce jeune chef politique d’une faction séléka (MPC) condamne les tueries du 12 mais refuse encore le désarmement, estimant que les droits et la sécurité de la minorité musulmane (15 à 20% des 4,5 millions de Centrafricains) ne sont pas encore garantis.

Derrière ce discours se cache aussi l’enjeu du contrôle du bétail. « Je verse une taxe à la séléka, 11.000 francs CFA par bête » (16,50 euros), reconnaît Azrak Mahmat, le délégué du marché au bétail. Et il ajoute : « Quand je charge mon véhicule pour aller à Bangui, les anti-balaka (ndr: milices anti-séléka majoritairement chrétiennes) me menacent » aussi.

Au quartier musulman, le soir venu, deux voisins, Abdelkarim musulman de 56 ans, et Isakho Ndenga, chrétien de 71 ans, célèbrent des décennies d’une amitié qui a résisté à quatre ans de guerre civile. Un exemple pour la Centrafrique? « Inch allah », répond le musulman. Le chrétien: « Il y a un proverbe français qui dit: ‘patience et longueur de temps’ ».

Jeuneafrique.com avec AFP

Marine Le Pen jugée pour la 1ère fois pour incitation à la haine

septembre 22, 2015

La présidente du FN Marine Le Pen a été renvoyée en correctionnelle pour ses propos sur les prières de rue musulmanes comparées à l’Occupation nazie, a-t-on appris mardi auprès du trésorier du parti. Ce responsable a été inculpé dans une autre affaire.

« On a été informés de ce renvoi », a indiqué le trésorier du Front National (FN) Wallerand de Saint-Just. La chambre d’instruction de la cour d’appel de Lyon avait annulé en 2014 la procédure visant Marine Le Pen pour ces propos.

Les juges avaient estimé que l’association qui avait déposé plainte était irrecevable à le faire. « Mais le parquet a réussi à faire revivre la procédure », a dit Wallerand de Saint-Just.

En juillet 2013, le Parlement européen s’était prononcé pour la levée de l’immunité de la présidente du FN. Cette décision avait ouvert la voie à une procédure judiciaire à Lyon. En décembre 2010, pendant une réunion publique à Lyon, Marine Le Pen, alors en campagne pour la présidence du FN, avait dénoncé dans un discours les « prières de rue ».

Abus de biens sociaux
« Je suis désolée, mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la Seconde Guerre mondiale, s’il s’agit de parler d’Occupation, on pourrait en parler, pour le coup, parce que ça c’est une occupation du territoire », avait-elle déclaré.

Wallerand de Saint-Just a lui été inculpé lundi par la justice dans une affaire de financement du parti, a appris l’AFP de source judiciaire. Tête de liste du Front national en région parisienne pour les régionales de décembre, il devra répondre de recel d’abus de biens sociaux.

L’ombre de Taubira
Wallerand de Saint-Just a aussi été placé sous le statut intermédiaire de témoin assisté pour complicité d’escroquerie au préjudice de l’Etat lors des législatives de 2012. Les juges d’instruction soupçonnent notamment le FN d’avoir mis en place un système d’enrichissement frauduleux avec de l’argent public via un micro-parti, « Jeanne », une formation gérée par des proches de Marine Le Pen, et le principal imprimeur du mouvement, l’entreprise Riwal.

Selon les enquêteurs, Riwal aurait surfacturé les prix de kits de campagne (tracts, affiches) vendus aux candidats, dont les dépenses ont été ensuite remboursées par l’Etat comme le prévoit la loi au-delà de l’obtention de 5% des suffrages exprimés. Ce scénario qui fonde les mises en examen pour escroquerie est totalement réfuté par le FN. Les juges soupçonnent aussi un financement illégal du FN et de Jeanne par Riwal, via des facilités de paiement, la prise en charge d’employés, de salaires, de matériel et de locaux.

C’est « une affaire politique » derrière laquelle il y a « l’ombre de Madame Taubira » (la ministre de la justice, PS), a réagi mardi le vice-président du FN Florian Philippot.

Romandie.com

Comment Blé Goudé attise encore le feu de la haine tribale

juillet 19, 2011

Quand Charles Blé Goudé parle, on pourrait se taire et ne rien dire, tant il n`est pas Laurent Gbagbo, ni un porte-parole officiel de Lmp.

A ce titre, les propos tenus par lui, n`engagent pas tout son camp. Ils n`engagent que lui seul. On devrait donc se taire à priori, quand il parle.

Pourtant l’on se rend compte que l`absence d`avoir à rendre compte aux siens et son souci de positionnement personnel,le poussent à jeter lourdement de l`huile sur le feu. Pour que silence ne soit pas trahison et complicité, Blé Goudé a donc encore parlé le Samedi dernier. Par le biais d`une vidéo diffusée lors d’une conférence publique à Paris, Charles Blé Goudé a dit des choses graves.

Certes, on ne lui demande pas de s`auto-flageller, mais, comment compte t-il être crédible s’il refuse de reconnaitre que le régime Gbagbo n’a pas été parfait et qu’il a commis lui aussi des exactions, comme celles qu’il dénonce maintenant sous Ouattara ? Blé Goudé prétend parler à tous les Ivoiriens, à toutes les Ivoiriennes, aux africains et au monde entier. Comment peut-il penser un seul instant, qu`à côté des Ivoiriens qui sont victimes du régime Ouattara (arrestation, gel des avoirs, mort, bastonnade et bien d`autres), d`autres Ivoiriens n’ont pas subi d`exactions de la part du régime Gbagbo ?

Blé Goudé appelle à faire tous les procès y compris celui de Ouattara et de Soro. On applaudit car en Côte d`Ivoire, il existe des hommes qui restent justes et qui refusent le chantage suivant : qu’on laisse Gbagbo, Blé Goudé et les autres tranquilles parce qu’on ne poursuivra pas Soro et Ouattara. Non, on ne doit pas laisser Gbagbo! On doit plutôt se mobiliser pour que, Ouattara et Soro répondent de leurs actes. On doit aussi noter que si Soro n’a pas répondu à la justice, ce n’est pas la faute à Soro.

Autant Blé Goudé refuse de faire son propre procès, autant Soro n’avait à se faire hara kiri. Il revenait à Gbagbo de faire établir la justice contre Soro. Mais, alors qu’on attendait qu’il applique avec sincérité l’accord de Marcoussis sous Diarra et Banny, Laurent Gbagbo a librement torpillé le processus et transformé Guillaume Soro en héros national avec l’accord de Ouaga, que Gbagbo a présenté devant l’assemblée générale de l’Onu comme un modèle de règlement des conflits en Afrique, à enseigner dans les écoles de sciences politiques. Blé Goudé est soucieux de jouer un rôle politique en Côte d’Ivoire mais l’excès est dangereux, et la parole peut faire mal.

Comment peut-il faire une lecture tribale de ce qui se passe dans le pays et espérer réussir maintenant avec le même discours n’ayant pas fait gagner son camp hier ? Selon Blé Goudé, il n’y a en ce moment, que pour les gens du Nord : Président, Premier ministre, ministre de l`Intérieur, etc. Diviser le Rhdp, diviser Pdci et Rdr en oubliant que des cadres non issus du Nord participent à la gouvernance actuelle.

Mais, le président du Cojep va plus loin, en affirmant qu`il est poursuivi parce qu`il est d`une ethnie et est pro- Gbagbo. Veut-il délibérément choquer et paraphraser le célèbre : on m’empêche d’être candidat parce que je suis musulman, lancé par Ouattara à Paris quand il était traqué par le régime Bédié ? Blé Goudé cite nommément des ethnies qui seraient pourchassées et martyrisées : Bété, Abidji, Ebrié, Aladjan, Abouré… Une incitation ouverte et manifeste à la haine. Blé Goudé montre bien une face hideuse de son camp. Et tente de passer un message à ces ethnies : ne nous trahissez pas, ne ralliez pas Ouattara et la réconciliation, révoltez-vous. Enfin, l’ex-ministre du gouvernement Aké N’Gbo, exploite à des fins très politiciennes la mort de Désiré Tagro. Ce n’est pas juste. Blé Goudé insiste sur le boycott de l`élection législative à venir par le FPI et LMP si des conditions ne sont pas réunies. C`est-à-dire, si par exemple, les poursuites ne sont pas levées et que lui même ne peut être candidat.

En clair, l’homme Blé Goudé réduit la réconciliation à ses seules ambitions. Concernant les plaintes contre lui, il se dit à nouveau serein et exige un procès pour Ouattara et Soro. Quand on a fini d`écouter Blé Goudé, on comprend effectivement, que pour l’instant, sa marge de manœuvre est étroite et que l’homme se sent acculé, choisit des mots pour choquer, provoquer et faire mal à Ouattara comme pour faire un chantage et se venger d`avoir été floué , du fait que sa main tendue, ait été refusée.

En effet, dans Jeune Afrique, avant les poursuites contre lui, Blé Goudé se proposait de rentrer au pays pour une caravane de la réconciliation. Quelques observateurs du camp Ouattara peuvent déplorer que ce schéma n`ait pas pu prospérer tant les maux prêtés à tort ou a raison a Blé sont nombreux au RHDP. Mais, cela ne saurait justifier un discours peu responsable qui attise encore la haine et permet justement aux radicaux d`avoir raison des modérés en disant ceci : vous avez vu, il est encore dans la logique de violence et de haine, on ne peut rien faire avec ces gens qui ne se sentent coupables de rien et agissent par chantage.

Le message de Blé Goudé ne peut que radicaliser davantage le pouvoir. On ne demande pas à Blé Goudé d`être un surhomme et de supporter les choses. Mais, il devrait noter que si malgré les provocations et le mandat d`arrêt, il était resté dans le même tempo que son message a Jeune Afrique, la tâche aurait été plus facile pour les modérés du camp Ouattara. Mais on comprend que, les extrémistes du camp Gbagbo sont passés par là. Ble Goudé lui-même, était soupçonné de trahison, pour n`avoir pas trop attaqué Ouattara et son régime dans Jeune Afrique. Ses hommes le lui ont reproché et l`ont soupçonné de vouloir dealer, le mettant en garde contre une caravane de paix sous Ouattara au pouvoir. Quand le mandat d`arrêt est arrivé, alors les durs de son camp ont chargé et repris le discours des durs de l`autre camp : « on t’avait dit, ces gens ne veulent rien faire avec toi, tu t’es fait flouer ». Et puis, ce fut l’interview à Rfi, cet autre média francophone et non souverainiste.

Jeune Afrique et RFI n’étaient pas toujours les bienvenus dans le camp Gbagbo avant la crise. Pour finir, citons cette réflexion d`une dame, pas trop piquée par le virus de la politique : « il dit certaines bonnes choses, mais il gâte son discours avec ces allusions aux ethnies, son refus de demander pardon aux Ivoiriens. Les victimes de son camp ne sont pas les seules de cette crise. Cela dit, il a grossit mais il na pas changé sa façon de parler. Même s`il fait des efforts pour se montrer calme et tranquille, on le voit presque harangueur, faisant de grands gestes, de la main et haussant la voix. Cette posture est une posture de belligérance, elle n`est pas une posture de paix ni de réconciliation ». Si le régime Ouattara doit retenir quelque chose de cette sortie, c`est de clarifier sa vision au sujet des poursuites et de la réconciliation d`une part, et d`autre part de trouver des interlocuteurs crédibles et acceptables pour le camp Gbagbo, si tant est qu’il ne veut pas avoir affaire à Blé Goudé et à d’autres.

Enfin, tout le monde doit se rappeler que les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets.

L’Intelligent d’Abidjan par C.. K