Posts Tagged ‘Haïti’

Haïti: le FMI suggère une suppression progressive des subventions sur les carburants

juillet 12, 2018

Washington – Le Fonds monétaire international (FMI) a suggéré jeudi que les autorités d’Haïti suppriment de manière plus progressive les subventions sur les carburants, après les violences meurtrières qui se sont déroulées le week-end dernier.

« Nous continuerons de soutenir Haïti et de coopérer étroitement avec les autorités alors qu’elles développent une stratégie de réformes révisée », a commenté Gerry Rice, porte-parole du Fond lors d’une conférence de presse.

Le programme de réformes révisé pourrait inclure « une approche bien plus progressive » pour réduire les subventions sur les carburants, a-t-il dit.

Il a rappelé que la suppression des subventions sur le carburant devait permettre au gouvernement de dégager des fonds pour financer des mesures sociales dans un pays où la majorité de la population est extrêmement pauvre.

Gerry Rice a souligné que ce programme de réformes révisé devrait comprendre « la mise en oeuvre de mesures de compensation pour protéger les personnes les plus vulnérables ».

Vendredi, les ministères haïtiens de l’Économie, des Finances, du Commerce et de l’Industrie avaient annoncé une augmentation des prix de l’essence de 38%, celui du gazole de 47% et celui du kérosène de 51%, à compter du samedi 7 juillet à minuit.

Les rues de Port-au-Prince se sont alors hérissées de barricades, paralysant l’activité dans la capitale, qui a été la proie d’incendies volontaires et de pillages durant le week-end. Les violences ont fait plusieurs morts.

Le gouvernement a finalement dû suspendre samedi sa mesure très impopulaire.

La hausse brutale des carburants résultait de la suppression des subventions aux produits pétroliers, une des clauses de l’accord signé en février par Haïti avec le FMI.

Environ 60% des Haïtiens vivent avec moins de deux dollars par jour et cette majorité pauvre de la population est très sensible à la moindre variation des prix.

Le porte-parole du FMI a souligné que lorsque l’institution de Washington avait discuté avec les autorités du programme de réformes, des mesures de compensations telles que des bons de transport, avaient déjà été évoquées.

« Je le mentionne parce que nous attendrions que de telles mesures compensatrices fassent partie (…) du programme de réformes révisé », a-t-il insisté, ajoutant que le FMI espérait que le dossier allait avancer aussi vite que possible.

Romandie.com avec(©AFP / 12 juillet 2018 17h43)                                                        

Haïti: nouveaux pillages dans la capitale avant une grève de deux jours

juillet 8, 2018

Scènes de pillages à Port-au-Prince, le 7 juillet 2018 / © AFP / HECTOR RETAMAL

De nouveaux pillages se sont produits dimanche à Port-au-Prince, où les habitants tentaient de reprendre leurs activités après deux jours de violences déclenchées par l’annonce – depuis suspendue – d’une hausse importante des prix des carburants.

Les contestataires ont par ailleurs annoncé une grève générale de deux jours à compter de lundi, en exigeant le départ immédiat du président Jovenel Moïse.

Les pillages ont eu lieu au cœur de la capitale haïtienne, dans la commune de Delmas, ont rapporté des journalistes de l’AFP. En périphérie de Port-au-Prince, quelques groupes s’attelaient à construire de nouvelles barricades.

Près d’un des nombreux commerces pillés et incendiés, Alphonse Charles prend quelques photos de ce qui reste de sa voiture.

« J’accuse le coup mais c’est la réalité du pays: dès lors qu’on vit en Haïti on est fâché, frustré face à la façon dont les choses sont gérées par les politiciens », dit-il calmement devant la carcasse brûlée de son véhicule. « Je dois continuer à vivre, on ne va pas se laisser emporter pour ça seulement ».

Plusieurs compagnies aériennes comme American Airlines et Air France ont annulé leurs vols samedi et dimanche matin, avec possibilité de prolongation pour l’après-midi faute de personnel pouvant se déplacer pour assurer leurs services à l’aéroport Toussaint Louverture.

Malgré tout, les habitants essayaient de revenir à une vie normale.

Beaucoup de marchandes de fruits et légumes ont repris leur place sur les trottoirs et les taxis-motos étaient de retour à leurs carrefours habituels, même si les clients se faisaient rares. Quelques voitures tentaient de se frayer un passage au milieu des rues encore chargées de barricades.

Vendredi, les autorités avaient annoncé une augmentation des prix de l’essence de 38%, de celui du diesel de 47% et celui du kérosène de 51%, à compter du samedi 7 juillet à minuit.

Le nouveau cadre de référence entre le Fonds monétaire international (FMI) et Haïti, signé en février, impliquait la cessation de la subvention publique des produits pétroliers, source conséquente du déficit budgétaire de l’État.

L’annonce a déclenché des violences meurtrières et samedi après-midi, le Premier ministre Jack Guy Lafontant a annoncé la suspension de la mesure « jusqu’à nouvel ordre ».

Romandie.com avec(©AFP / 08 juillet 2018 17h28)

Nuit de violences en Haïti, le gouvernement appelle au calme

juillet 7, 2018

Des barricades installées par des manifestants à Port-au-Prince le 6 juillet 2018 / © AFP / HECTOR RETAMAL

Le gouvernement haïtien a appelé samedi au calme et à la « patience » après les violences qui ont paralysé la capitale et fait au moins un mort, suite à une importante hausse des prix des produits pétroliers dans ce pays où la majorité de la population vit dans une pauvreté extrême.

Beaucoup de rues à Port-au-Prince étaient encore obstruées samedi matin par les barricades dressées la veille. A plusieurs endroits dans la région de Port-au-Prince, des manifestants ont de nouveau mis le feu à des pneus, certains en appelant à la révolution.

Des tirs sporadiques se faisaient encore entendre dans certains quartiers alors que la présence des forces de police restait très limitée, a pu observer une journaliste de l’AFP.

Des mouvements similaires de colère ont été enregistrés au Cap-Haïtien, la deuxième ville du pays, ainsi que dans les communes des Cayes et de Jacmel et de Petit-Goave.

Vendredi soir, un policier assigné à la sécurité d’un dirigeant d’un parti politique d’opposition a été tué dans une altercation avec un groupe de manifestants au cœur de la capitale haïtienne. Il a été lynché alors qu’il cherchait à forcer le passage, et son corps a ensuite été brûlé sur la chaussée.

Plusieurs compagnies aériennes comme American Airlines et Air France ont annulé leurs vols jusqu’à la mi-journée pour l’instant, et au moins un avion a été redirigé vers Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe.

Face aux contestations, le Premier ministre Jack Guy Lafontant a appelé samedi la population à la « patience ».

« Je vous demande de la patience parce que notre administration a une vision, un programme clair », a déclaré le chef du gouvernement dans une allocution diffusée sur la télévision d’État.

« Ne détruisez pas car, à chaque fois, c’est Haïti qui devient plus pauvre (…). Le pays est en chantier mais si à chaque fois on détruit, on restera toujours à la traîne », a-t-il ajouté, alors que la majorité des vitrines des bâtiments et vitres de véhicules ont été brisées dans les quartiers aisés de l’aire métropolitaine.

Le directeur de la police nationale a de son côté lancé un appel au calme.

« On comprend votre droit (à) protester, (à) revendiquer mais on ne comprend pas la violence » a déclaré Michel-Ange Gédéon, en regrettant la mort du policier et en faisant état de l’incendie d’au moins deux commissariats et de plusieurs voitures de police.

– Hausse insupportable –

En début d’après-midi vendredi, les ministères de l’Économie, des Finances, du Commerce et de l’Industrie ont annoncé l’augmentation des prix de l’essence de 38%, celui du diesel de 47% et celui du kérosène de 51%, à compter du samedi 7 juillet à minuit.

Le nouveau cadre de référence entre le Fonds monétaire international (FMI) et Haïti, signé en février, impliquait la cessation de la subvention publique des produits pétroliers, source conséquente du déficit budgétaire de l’État.

Cette importante hausse est perçue comme insupportable par la majorité de la population qui fait face à une pauvreté extrême, un chômage de masse et une inflation supérieure à 13% pour la troisième année consécutive.

Le gouvernement tente de persuader les citoyens qu’il est obligé de réviser les prix des produits pétroliers, en prenant ses précautions dans le choix du vocabulaire.

« On ne parle pas d’augmentation mais plutôt de mettre les carburants aux prix auxquels ils doivent être », a souligné le Premier ministre dans son message télévisé samedi.

« De 2010 à 2018, Haïti a subventionné les carburants à hauteur de 50 milliards de gourdes, soit environ un milliard de dollars. Ce montant aurait pu nous permettre de construire beaucoup de kilomètres de route (…), beaucoup de salles de classe (…), beaucoup de centres de santé », a détaillé le chef du gouvernement pour justifier la mesure impopulaire.

Le gouvernement défend également la diminution de ces subventions publiques du fait qu’elles privilégiaient injustement selon lui l’économie de la République dominicaine voisine, où les tarifs à la pompe sont plus élevés.

Depuis l’annonce des nouveaux tarifs, les stations-service des principales villes du pays ont suspendu la distribution de carburants.

Romandie.com avec(©AFP / 07 juillet 2018 16h54)

Haïti: appel à poursuivre les complices de la dictature de Duvalier

mars 20, 2018

Port-au-Prince – Plusieurs organisations de défense des droits humains appellent la justice haïtienne à poursuivre les complices de la dictature duvaliériste, rappelant, dans un rapport publié mardi, que la mort de Jean-Claude Duvalier en octobre 2014 ne signait pas la fin de la procédure.

Le rapport « En Haïti, on poursuit l’enquête, pas les criminels », édité par la Fédération internationale des droits humains (FIDH), rappelle l’urgence du dossier: seules sept des 17 personnes visées par les plaintes sont aujourd’hui encore en vie.

Plus de trois décennies après la fin de la dictature, plusieurs victimes de torture et de détentions arbitraires, qui avaient en détail témoignées de ces crimes lors des audiences tenues à Port-au-Prince en 2012 et 2013, sont également décédées sans obtenir justice.

« Si l’intérêt médiatique du dossier judiciaire s’amenuisait légitimement avec le décès de l’ancien dictateur, l’instruction judiciaire (…) devait néanmoins se poursuivre pour éviter l’impunité générale du régime de Jean-Claude Duvalier » peut-on lire dans le document d’une soixantaine de pages.

Surnommé « Bébé Doc », Jean-Claude Duvalier avait hérité du pouvoir à 19 ans, à la mort de son père François Duvalier (1957-1971, dit « Papa Doc »).

Chassé du pouvoir en 1986, exilé en France pendant 25 ans, Jean-Claude Duvalier avait choisi le premier anniversaire du séisme meurtrier de janvier 2010 pour rentrer de façon inattendue en Haïti.

Depuis février 2014, un juge est chargé de compléter l’instruction mais les représentants des parties civiles dénoncent l’opacité et la lenteur de la procédure causée par un cruel manque de moyens et également des pressions politiques.

« Le juge dispose d’une marge de manoeuvre très étroite en raison de la persistance, au sein des pouvoirs successifs haïtiens, de ce que l’on nomme les +duvaliéristes+. Le nouveau gouvernement ne serait ainsi qu’une continuité du précédent de Michel Martelly, ancien président d’Haïti, qui ne cachait pas une certaine admiration pour l’ancien dictateur », affirme le rapport.

Pas grand espoir

Pour les défenseurs des droits humains, le manque de volonté politique pour faire avancer les procédures judiciaires est flagrant et inquiétant.

« Les autorités actuelles ont clairement signifié que la justice et l’état de droit n’étaient pas une de leurs priorités: on le voit parce que le budget même affecté à la Justice est de moins de 1% et c’est vrai que c’est inquiétant » témoigne Delphine Carlens, de la FIDH.

Si les crimes contre l’humanité n’ont pas encore été jugés, les crimes financiers commis par le régime dictatorial sont également encore en cours de traitement.

Jean-Luc Virchaux, ambassadeur suisse accrédité à Port-au-Prince, a rappelé mardi que 6.250.000 dollars ont été recensés sur des comptes bancaires suisses au nom de Jean-Claude Duvalier et de sa mère. La procédure de restitution de ces fonds à Haïti reste encore à définir.

Si le rapport publié mardi appelle les autorités à garantir les moyens et l’indépendance nécessaires au juge d’instruction, les défenseurs des droits humains ne sont pour autant guère optimistes.

« Nous n’avons pas grand espoir que la procédure aboutisse c’est pourquoi nous mettons l’accent sur la sensibilisation, sur le devoir de mémoire » concède Rosy Auguste, du réseau national de défense des droits humains (RNDDH). « Il faudra voir si, à la longue, ça n’est pas une possibilité pour nous d’aller devant la Cour interaméricaine des droits de l’homme et porter la cour à condamner l’Etat haïtien » conclut-elle.

Romandie.com avec(©AFP / 20 mars 2018 19h04)                                            

Haïti: incendie du marché historique de Port-au-Prince

février 13, 2018

Des haïtiens regardent les ravages d’un incendie qui a détruit le marché en fer à Port-au-Prince, le 13 février 2018 / © AFP / HECTOR RETAMAL

Le plus célèbre marché de la capitale haïtienne a été ravagé par un incendie dans la nuit de lundi à mardi, détruisant les denrées de dizaines de marchandes de Port-au-Prince plongées aujourd’hui dans l’incertitude à cause de l’absence de système d’assurance.

Pompiers professionnels et simples citoyens travaillaient encore, à la mi-journée mardi, à l’extinction de l’incendie qui a totalement consumé l’une des deux halles du Marché en Fer.

Regroupées sur la cour du marché, les commerçantes qui ont tout perdu s’inquiétaient pour leur avenir.

« Je venais de refaire mon stock, 10 marmites de djondjon (variété de champignons haïtiens) mais tout a brûlé », raconte Jacqueline Innocent qui estime sa perte à une valeur d’environ 100 dollars américains.

Les quantités et montants évoqués dans les conversations autour du marché incendié pouvaient paraître négligeables mais pour ces femmes qui travaillent sans aucune assurance et qui, pour la grande majorité, n’ont pas de compte bancaire sur lequel placer de l’épargne, l’incendie signe la perte de leur maigre fortune.

« Sans aide pour relancer mon commerce, je vais mourir sur mes deux pieds parce que je n’avais rien d’autre et, à mon âge, je ne peux pas faire un autre travail », a assuré Mme Innocent, qui, à 75 ans, a passé toute sa vie à travailler au Marché en Fer.

Devant les camions d’eau envoyés par des compagnies privées pour éteindre l’incendie, Marie-Yousselande Rémy ne parvenait pas à sécher ses larmes.

« Le petit bénéfice que je faisais ici au marché me permettait de payer l’université de mon fils aîné en République dominicaine. Aujourd’hui que vais-je lui dire? D’arrêter ses études et de rentrer ici pour finir sans travail comme moi? » s’interrogeait cette quinquagénaire.

Selon les riverains, l’incendie a débuté vers 02H00 du matin, depuis un tas d’ordures accumulé sur un terrain vague jouxtant l’édifice historique.

Construit à la fin du 19e siècle, le Marché en Fer avait été une première fois ravagé par un incendie en 2008. Détruit par le séisme en 2010, sa reconstruction avait été financée par la compagnie de télécommunications Digicel, sous la supervision de l’Institut de sauvegarde du patrimoine national (ISPAN), organisme haïtien de protection des bâtiments historiques.

L’investissement de 18 millions de dollars avait permis la reconstruction à l’identique du monument historique en moins d’un an.

Romandie.com avec(©AFP / 13 février 2018 22h53)                

Scandale sexuel en Haïti: démission de la directrice adjointe d’Oxfam

février 12, 2018

Des Haïtiens déblayent les ruines du tremblement de terre dans une rue de Port-au-Prince le 8 janvier 2011, un an après le séisme / © AFP/Archives / HECTOR RETAMAL

La directrice générale adjointe de l’ONG Oxfam, dans la tourmente en raison d’un scandale sexuel impliquant des responsables de l’organisation en Haïti en 2011, a démissionné lundi.

Exprimant sa « tristesse » et sa « honte », à propos de « la conduite d’employés au Tchad et à Haïti (…) incluant le recours à des prostituées », Penny Lawrence a annoncé sa démission de ses fonctions dans un communiqué, assurant « assumer l’entière responsabilité ».

Elle explique que les comportements inappropriés « du directeur pays officiant au Tchad et de son équipe » avaient été « signalés avant qu’il ne se rende en Haïti ». « Nous n’y avons pas répondu de manière adéquate », reconnait-elle.

Selon une enquête du Times publiée vendredi, des groupes de jeunes prostituées étaient invités dans des maisons et des hôtels payés par Oxfam en Haïti. Une source citée par le quotidien dit avoir vu une vidéo d’une orgie avec des prostituées portant des T-shirts d’Oxfam.

Oxfam, confédération d’organisations humanitaires basée en Grande-Bretagne, a assuré avoir lancé immédiatement, en 2011, une enquête interne. Quatre employés ont été licenciés et trois autres ont démissionné avant la fin de cette enquête, a assuré l’ONG.

L’annonce de la démission de Penny Lawrence intervient après un entretien de la secrétaire d’Etat britannique du Développement international, Penny Mordaunt, avec des responsables de l’ONG. Son ministère a déjà indiqué qu’il « réexaminait » son travail avec Oxfam.

Oxfam reçoit « moins de 10% de son financement total » du département britannique chargé du développement international, avait indiqué samedi son PDG, espérant continuer à travailler avec le gouvernement.

Dès dimanche, la nouvelle présidente du conseil d’administration d’Oxfam, Caroline Thomson, avait présenté ses excuses et annoncé un ensemble de mesures visant à renforcer la prévention et le traitement des affaires d’abus sexuels.

« Nous continuerons de nous attaquer aux problèmes culturels sous-jacents qui ont permis ce comportement », avait-t-elle assuré dans un communiqué, ahjoutant que Oxfam a « maintenant une culture d’ouverture et de transparence et nous tirons les leçons des événements de 2011 ».

Romandie.com avec(©AFP / 12 février 2018 16h47)                

États-Unis: Trump injurieux sur l’Afrique et Haïti, l’ONU s’insurge

janvier 12, 2018

Le président américain Donald Trump, le 11 janvier 2018 à la Maison Blanche, à Washington / © AFP / SAUL LOEB

Le président américain Donald Trump s’est emporté jeudi lors sur l’immigration qualifiant, selon le Washington Post, plusieurs nations africaines ainsi qu’Haïti de « pays de merde », un langage dénoncé comme de « raciste » par l’ONU.

« Si c’est confirmé, il s’agit de commentaires choquants et honteux de la part du président des Etats-Unis. Désolé, mais il n’y a pas d’autre mot que +racistes+ », a déclaré vendredi le porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, Rupert Colville, lors d’un point de presse à Genève.

Ces propos montrent le « pire côté de l’humanité, en validant et encourageant le racisme et la xénophobie », a-t-il asséné.

Le milliardaire républicain recevait dans le Bureau ovale plusieurs sénateurs pour évoquer un projet proposant de limiter le regroupement familial et de restreindre l’accès à la loterie pour la carte verte, un permis de séjour de longue durée.

En échange, l’accord permettrait d’éviter l’expulsion de milliers de jeunes, souvent arrivés enfants aux États-Unis.

« Pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues de pays de merde viennent ici ? », a demandé le président Trump lors des discussions, selon le Washington Post, qui cite plusieurs sources anonymes. (La phrase exacte, en anglais, étant : « Why are we having all these people from shithole countries come here ? »)

Des Norvégiens plutôt que des Haïtiens

Selon ces sources, l’homme d’affaires devenu président faisait référence à des pays d’Afrique ainsi qu’à Haïti et au Salvador, expliquant que les États-Unis devraient plutôt accueillir des ressortissants de la Norvège, dont il a rencontré la Première ministre la veille. « Pourquoi avons-nous besoin de plus d’Haïtiens ? », aurait encore demandé le président, selon le quotidien.

De son côté, le New York Times, qui fait état également des mêmes propos du président, citant des participants non identifiés à la réunion, avait rapporté en juin dernier que Donald Trump avait assuré lors d’une autre réunion sur l’immigration, que les Haïtiens « ont tous le sida ». La Maison-Blanche avait alors démenti.

Selon elles, M. Trump faisait référence à des pays d’Afrique ainsi qu’à Haïti et au Salvador, expliquant que les Etats-Unis devraient plutôt accueillir des ressortissants de la Norvège.

« Pourquoi avons-nous besoin de plus d’Haïtiens ? », aurait encore demandé le président, selon le quotidien.

De son côté, le New York Times, qui fait état également des mêmes propos du président, citant des participants non identifiés à la réunion, avait rapporté en juin que Donald Trump avait assuré lors d’une autre réunion sur l’immigration, que les Haïtiens « ont tous le sida ». La Maison Blanche avait démenti.

Toujours de même source, les sénateurs présents ont été déconcertés par ces propos.

« Ce n’est pas seulement une question de vulgarité du langage », a relevé à Genève le porte-parole de l’ONU, jugeant intolérable de dénigrer des nations et des continents entiers en les appelant « pays de merde » et de considérer que leur « population entière, qui n’est pas blanche, n’est pas la bienvenue ».

Il a ainsi déploré le fait que M. Trump ait suggéré que les Etats-Unis puissent accueillir des migrants venus de pays comme la Norvège, dont la population est majoritairement blanche, plutôt que de pays africains ou d’Haïti.

« Comme lors de précédents commentaires vilipendant les Mexicains et les Musulmans, (ses) propositions politiques ciblant des groupes entiers en raison de leur nationalité ou religion, et (sa) réticence à condamner clairement les actions antisémites et racistes des suprématistes blancs à Charlottesville… tout cela va à l’encontre des valeurs universelles », a-t-il affirmé.

– Président ‘raciste’ –

Membre du Congrès américain, le démocrate Luis Gutierrez a réagi en déclarant: « Nous pouvons dire maintenant avec 100% de certitude que le président est un raciste qui ne partage pas les valeurs inscrites dans notre Constitution ».

Sa collègue républicaine Mia Love, d’ascendance haïtienne, a jugé dans un communiqué ces propos « désobligeants » « clivants » et « inacceptables de la part du chef de notre nation ».

La Maison Blanche n’a pas nié que le président américain a tenu ces propos.

« Certaines personnalités politiques à Washington choisissent de se battre pour des pays étrangers, mais le président Trump se battra toujours pour le peuple américain », a souligné un porte-parole de l’exécutif, Raj Shah, dans un communiqué.

« Comme d’autres nations ayant une immigration fondée sur le mérite, le président Trump se bat pour des solutions durables qui renforcent notre pays en accueillant ceux qui contribuent à notre société, font croître notre économie et s’assimilent à notre grande nation », a-t-il poursuivi.

Les parlementaires étaient présents pour évoquer les discussions entre les responsables des deux partis pour encadrer le sort des « Dreamers », les jeunes bénéficiaires du programme appelé Daca (Deferred Action for Childhood Arrival), hérité de l’administration Barack Obama.

En septembre, M. Trump a abrogé le programme qui a permis à 690.000 jeunes, entrés illégalement aux Etats-Unis alors qu’ils étaient enfants, de travailler et d’étudier en toute légalité en les protégeant de l’expulsion. Il a donné jusqu’au 5 mars au Congrès pour trouver un compromis.

« Toute personne forcée à fuir son foyer à cause d’un conflit ou de la persécution (…) devrait recevoir une protection (…) indépendamment de sa race, religion, ethnie ou lieu d’origine », a fait valoir vendredi à Genève un porte-parole de l’agence de l’ONU pour les migrations, William Spindler.

Romandie.com avec(©AFP / 12 janvier 2018 13h29)                

L’ouragan Irma, passé en catégorie 5, s’approche des Antilles

septembre 5, 2017

L’ouragan Irma vu de l’espace sur une image fournie par l’agence américaine d’observation océanique et atmosphérique le 5 septembre 2017 / © NOAA/RAMMB/AFP / Jose ROMERO, Jose ROMERO

Écoles et administrations fermées, ports évacués et populations du littoral mises à l’abri, les Petites Antilles se préparent à l’arrivée d’Irma, l’ouragan désormais passé en catégorie 5, qui va ensuite toucher Haïti et la Floride.

L’ouragan est devenue mardi « un ouragan extrêmement dangereux » de catégorie 5 soit le maximum de l’échelle qui mesure ces phénomènes, a annoncé le Centre américain des ouragans (NHC).

L’ouragan progressait, en s’intensifiant, en direction de l’arc antillais, à commencer par Saint-Barth et Saint-Martin, qui connaîtront pour la première fois un cyclone de cette catégorie, selon Météo-France.

Anne Laubies, la préfète déléguée de Saint-Martin et Saint-Barthélémy a prévu un passage en alerte rouge cyclonique, synonyme de confinement de la population, mardi vers midi, puis violet (le plus haut niveau de vigilance).

« La situation sera très dangereuse pour tous. Sont attendus des vents de 200 km/h, avec des rafales pouvant atteindre 280 km/h, des précipitations de l’ordre de 200 à 300 mm, et une forte houle cyclonique avec des creux de plus de 10 m », a indiqué la préfecture de Saint-Martin et Saint-Barth.

A la mi-journée, l’oeil du cyclone se trouvait à 500/600 km à l’est de l’arc antillais et prenait une direction ouest/nord-ouest. Il devrait passer au nord immédiat de Saint-Barthélémy et Saint-Martin, prendre le chemin des îles vierges britanniques, puis, mercredi soir, atteindre Porto Rico, avant de continuer vers la République dominicaine et les Bahamas.

– ‘Plus haut risque’ –

L’ouragan, qui se déplace à 22 km/h, est « à l’image des ouragans Luis (1995 St-Martin) ou Hugo (1989 Guadeloupe, 15 morts) » qui avaient causé d’importants dégâts et des milliers de sinistrés, a insisté Météo-France.

Lundi, Anne Laubies s’est montrée alarmiste: « Il faut absolument que les personnes prennent tout de suite toutes les mesures pour aller ailleurs », estimant que pour 11.000 personnes des deux îles, « nous sommes dans la situation du plus haut risque ».

Dans la partie néerlandaise de Saint-Martin (Sint Maarten), des militaires basés à Curaçao et Aruba sont arrivés lundi en renfort, ainsi que dans les îles voisines de St-Eustache et Saba, a précisé le ministre de la défense néerlandais. Deux navires, dont l’un équipée d’un hélicoptère, ont également été envoyés sur place.

Irma est désormais plus puissant que l’ouragan Harvey qui a récemment touché le Texas et la Louisiane faisant au moins 42 victimes et plus de 100 milliards de dégâts matériels.

« Le danger sera d’autant plus grand que l’on sera dans le noir », a souligné Mme Laubiès, insistant sur l’évacuation des populations en zones inondables ou soumises à la houle marine. « Ce n’est pas la peine de prendre de risque. Nous sommes face à une problématique majeure qu’on n’a pas connue depuis plus de vingt ans ».

Partout, les écoles ont été fermées au moins jusqu’à mercredi inclus. Les administrations publiques seront aussi fermées mercredi, et les entreprises privées sont invités à faire de même.

– ‘En plein dedans’ –

La population a été invitée à s’approvisionner en eau, nourriture et piles. « Ca commence à être la pénurie. On a fait des réserves de bouteille d’eau, mais on n’a pas pu acheter de réchaud, pour le moment où il n’y aura plus d’électricité », a expliqué Olivier Toussaint, 41 ans, à Saint-Martin, joint au téléphone par l’AFP. « On va être en plein dedans. L’intensité du cyclone nous inquiète de plus en plus », a-t-il avoué.

A Saint-Barth également, nombreux ont fait la queue dans les stations-services, ont coupé et taillé les arbres autour des habitations, et calfeutré fenêtres et portes, a constaté l’AFP.

Les hôpitaux doivent avoir « 72 heures d’avance en médicaments, nourriture et eau potable » et des équipes médicales de secours ont été acheminés vers Saint-Martin.

Une soixantaine de professionnels de la sécurité civile ont également été envoyés en renfort à Saint-Martin, a indiqué la ministre des Outre-mer, Annick Girardin. Ils sont « équipés de matériel de tronçonnage, de bâchage, de chiens de recherches de personnes disparues, et d’unité de purification de l’eau », a précisé l’état-major de la zone de défense Antilles.

Dans tous les ports, les bateaux ont été mis à l’abri ou évacués au sud de la Guadeloupe.

La Martinique a quant à elle été placée lundi soir en « vigilance orange pour mer dangereuse à la côte ».

Romandie.com avec(©AFP / 05 septembre 2017 17h32)

Haïti: tirs sur le cortège de l’ancien président Aristide (avocat)

mars 20, 2017

Port-au-Prince – Le cortège de Jean-Bertrand Aristide a été la cible de tirs lundi après-midi dans le centre-ville de la capitale haïtienne Port-au-Prince après que l’ancien président a répondu à une convocation judiciaire en qualité de témoin, selon un de ses avocats.

« Le cortège a essuyé des tirs et c’est assimilable à une tentative d’assassinat », a déclaré à l’AFP Mario Joseph, l’un des avocats de l’ancien président.

« Les tirs ont été vers la portière arrière où se trouvait M. Aristide. Il est indemne mais une personne est blessée et reçoit des soins à l’hôpital », a-t-il précisé.

Forcé de quitter le pouvoir et le pays en 2004, Jean-Bertrand Aristide, 63 ans, n’a fait que de très rares apparitions publiques depuis son retour d’exil en Afrique du Sud en 2011. Il n’était ainsi pas présent aux obsèques de son ancien Premier ministre René Préval le 11 mars, une absence remarquée.

Lundi matin, celui qui est surnommé « Titid » est sorti de l’ombre pour répondre en tant que témoin à une convocation d’un juge qui enquête sur un dossier de blanchiment d’avoirs dont est soupçonné un chef de sécurité de l’ancien président.

« Jean-Bertrand Aristide a répondu aux questions du juge instructeur. Il a dit ce qu’il sait », a expliqué Me Joseph à l’issue de l’interrogatoire qui a duré plus de deux heures.

La sortie de l’ancien président a été saluée par des centaines de ses partisans qui ont manifesté devant le parquet de Port-au-Prince. A l’issue du rendez-vous avec le juge, le cortège de Jean-Bertrand Aristide a été suivi dans les rues du centre-ville de la capitale par une majorité de ces manifestants.

Treize ans après son départ forcé du pouvoir, Jean-Bertrand Aristide reste la personnalité politique qui suscite le plus de réactions en Haïti.

Celui qui a été le premier président haïtien élu au suffrage universel ne laisse personne indifférent: adulé par la majorité des habitants des quartiers les plus pauvres, l’ancien prêtre des bidonvilles est considéré par d’autres comme le responsable de l’instabilité politique et de l’insécurité dans la capitale.

Elu président en 1991 lors de la première élection après la chute de la dictature duvaliériste, Jean-Bertrand Aristide avait été renversé par un coup d’Etat militaire sept mois après sa prise de fonction.

Après trois ans d’exil aux Etats-Unis, il avait laissé le pouvoir en 1996. La Constitution empêchant à un président d’effectuer deux mandats consécutifs, c’est son premier ministre René Préval qui lui avait succédé.

Jean-Bertrand Aristide avait entamé son second mandat de cinq ans en 2001 mais avait été poussé à l’exil en février 2004 par d’importantes manifestations populaires et une rébellion armée.

Romandie.com avec(©AFP / 20 mars 2017 23h03)                   

L’ancien président haïtien René Préval est décédé

mars 3, 2017

L’ancien président haïtien René Préval

Photo: Chip Somodevilla Archives Getty Images North America/Agence France-PresseL’ancien président haïtien René Préval

René Préval, le premier président haïtien à être élu démocratiquement pour deux mandats complets, est décédé. Il avait 74 ans.

Le président actuel, Jovenel Moïse, a confirmé la mort de son prédécesseur sur Twitter.

M. Moïse dit avoir appris « avec tristesse » le décès de l’ancien président, ajoutant qu’il se « prosternait devant la dépouille de ce digne fils d’Haïti ».

La cause du décès n’a pas été précisée. M. Préval avait reçu des traitements à Cuba pour un cancer de la prostate en 2001.

René Préval avait été élu par une victoire écrasante en 1995 alors qu’il avait été choisi pour succéder à Jean-Bertrand Aristide. Il avait redonné le pouvoir à M. Aristide cinq ans plus tard après un mandat marqué par des luttes intestines.

Son second mandat, qui a commencé en 2006, a été assombri par le désastreux tremblement de terre de janvier 2010, qui a tué plus de 310 000 personnes en plus de forcer le déplacement d’un million d’habitants. Plusieurs Haïtiens l’ont accusé d’avoir mal géré la crise.

René Préval est né le 17 janvier 1943 dans la ville de Marmelade, une région rurale du nord du pays. Son père, Claude, était un agronome qui avait servi sous le président Paul Magloire et avait fui lors des premières années de la dictature de François « Papa Doc » Duvalier.

René Préval a obtenu son diplôme en agronomie à la Faculté universitaire des sciences agronomiques de Gembloux, en Belgique, et avait plus tard étudié les sciences géothermales à l’Université de Pise, en Italie. En 1970, il a déménagé à New York, où il a travaillé comme serveur et comme messager. Cinq ans plus tard, il est retourné en Haïti pour travailler à l’Institut national des ressources minérales, selon sa biographie officielle.

En 1988, deux ans après le soulèvement populaire qui a mené au départ du fils de « Papa Doc », Jean-Claude « Baby Doc » Duvalier, René Préval a ouvert une pâtisserie dans la capitale de Port-au-Prince. Il fournissait du pain à un orphelinat géré par Jean-Bertrand Aristide, un prêtre catholique qui dirigeait un mouvement pour renverser le plus jeune Duvalier et qui est devenu le premier président démocratiquement élu en Haïti.

M. Préval est devenu une figure montante du mouvement politique de M. Aristide, qui était très populaire chez les pauvres, mais qui était craint et détesté par l’élite qui a longtemps dominé le pays.

Jean-Bertrand Aristide, qui n’est plus prêtre, a été élu président en 1990 et il a nommé M. Préval comme premier ministre. Un coup d’État militaire a renversé le président sept mois plus tard et les deux dirigeants ont dû s’exiler.

Une intervention militaire des États-Unis a reporté au pouvoir M. Aristide en 1994, qui a pu terminer son mandat. Son successeur, René Préval, a remporté 88 pour cent du vote en 1995, même si seulement le quart des électeurs avaient voté.

À la fin de son premier mandat, en 2001, M. Préval est devenu le premier président élu à quitter le pouvoir en ayant effectué tout son mandat.

Après s’être retiré de la politique, René Préval s’est représenté en 2006, et a été élu de justesse au premier tour.

Son deuxième mandat a été marqué par une hausse importante des enlèvements, des luttes entre les organisations criminelles et des émeutes. Malgré cela, il y avait une certaine stabilité politique avant le tremblement de terre de 2010. Le séisme a détruit une bonne partie de la capitale, dont le Palais national et plusieurs autres édifices gouvernementaux.

Son successeur, Jude Célestin, a perdu au premier tour de l’élection en 2010, qui a mené au couronnement du chanteur Michel Martelly, un ancien opposant de M. Aristide.

René Préval a passé ses dernières années en retrait dans les montagnes de Port-au-Prince et dans la région de Miami, où plusieurs ressortissants haïtiens habitent.

Il laisse dans le deuil sa troisième femme, Élisabeth « Babette » Delatour et ses deux filles.

Ledevoir.com avec Associated Press à Port-au-Prince