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Rodney Saint-Éloi : « Le verbe le plus utilisé en Haïti est “partir” »

juin 3, 2022

Éditeur à Montréal, le poète haïtien publie « Quand il fait triste Bertha chante »Et confie l’épuisement de l’espoir dans son pays natal.

Quand il fait triste Bertha chante, paru aux éditions Héloïse d’Ormesson et qui a figuré dans la sélection du prix France Télévisions 2022, est un roman de la vie, même s’il est en forme de tombeau pour une mère disparue trop tôt (72 ans), aux États-Unis, où vivait Bertha. Elle qui ne s’est jamais relevée d’une chute sur les marches de l’église. La mère de l’auteur est une mère courage comme tant d’Haïtiennes, femme noire modeste et travailleuse qui aura quatre enfants de pères différents. Saint-Éloi, né en 1963 dans la petite ville de Cavaillon en Haïti, homonyme de celle du sud de la France, est l’aîné des quatre, fruit d’une union improbable et fugace entre un pharmacien et la jeune Bertha, qui était employée dans sa famille. Choc des classes sociales et une relation père-fils qui tiendra dans la petite enveloppe remise par le premier au second. Une chance, un avenir en vue, dans le quartier, on appelle déjà le petit garçon « docteur », « ingénieur », ou encore « avocat »… Il a la meilleure éducation et le devoir de ne pas décevoir.

Dans ce roman grandement autobiographique, qui s’ouvre sur les obsèques, ô combien, révélatrices de ce que signifie l’exil, on voit grandir celui qui est avant tout poète, avec notamment Nous ne trahirons pas le poème et autres recueils (éd. Points, 2021), qui était une belle entrée en matière. Il est aussi éditeur, installé à Montréal, et a quitté Haïti en 2001. Tout un faisceau de parcours, et de belles leçons de vie, celle de la mère d’abord, éclairent son livre.

« Ne vivez pas trop loin de vos rêves »

De passage à Paris pour installer en France le catalogue de sa maison d’édition Mémoire d’encrier (20 ans l’an prochain !), Rodney Saint-Éloi a réagi au micro du Point sur la situation catastrophique de son pays natal. Car l’auteur de Haïti, kenbe la ! (Haïti, redresse-toi !), écrit à la suite du tremblement de terre de 2010 (aux éditions Michel Lafon), avoue avoir « épuisé l’espoir » et renoncé au fantasme de reconstruire Haïti depuis l’exil. Il revient aussi sur ce que l’enquête du New York Times a tout récemment et puissamment médiatisé dans son enquête : la dette que les Haïtiens ont dû payer aux colons pour prix de leur indépendance (1804), bien à l’origine de leur malheur.

« Je suis très heureux que l’Occident le dise et l’assume : tout le monde en parle, nous le savions… Mais surtout, il n’y a pas que les étrangers, Français et Américains, qui sont responsables : nos élites locales le sont aussi », dit-il, en soulignant que le verbe le plus utilisé en Haïti est « partir ». Il n’en conseille pas moins aux jeunes de ce « pays pourri », comme il le nomme dans son livre, de vivre comme l’un des personnages (vrais) du roman, son grand-père, Tino : « Ne vivez pas trop loin de vos rêves. »

Avec Le Point

États-Unis-Migrants refoulés à cheval: Biden veut faire « payer » les policiers responsables

septembre 24, 2021
Migrants refoules a cheval: Biden veut faire "payer" les policiers responsables
Migrants refoulés à cheval: Biden veut faire « payer » les policiers responsables© AFP/PAUL RATJE

Joe Biden a promis vendredi que les policiers photographiés en train de refouler à cheval des migrants haïtiens allaient « payer » pour ces actes « scandaleux », des propos musclés alors qu’il est critiqué de toutes parts pour sa gestion de la crise migratoire à la frontière, jugée inhumaine par la gauche, laxiste par la droite.

« C’est scandaleux », a dit le président américain, qui ne s’était pas encore exprimé en public sur le sujet, à des journalistes qui l’interrogeaient sur cette scène.

« Je vous le promets, ces gens vont payer, il y aura une enquête, il y aura des conséquences », a dit Joe Biden depuis la Maison Blanche, répondant à des questions posées après une allocution consacrée à la vaccination contre le Covid-19.

Sur un cliché pris dimanche par un photographe employé par l’AFP, un garde-frontières à cheval attrape un homme par son t-shirt sur la rive américaine du Rio Grande, frontière naturelle entre les Etats-Unis et le Mexique, près de Del Rio.

Sur un autre, il tient un groupe à distance en faisant tourner ses rênes, dans une posture menaçante, pour les forcer à rebrousser chemin.

Ces clichés, qui ont fait le tour du monde, ont suscité un vif émoi aux Etats-Unis. Certains y ont vu des migrants assimilés à du bétail, d’autres ont rappelé les mauvais traitements subis par des Afro-Américains de la part de la police montée, des gardiens de prison ou des propriétaires d’esclaves.

Suite à la diffusion de ces images, la police aux frontières va temporairement cesser d’utiliser des agents à cheval autour de la petite ville de Del Rio, au Texas, avaient annoncé jeudi les autorités américaines.

Interrogé par une journaliste pour savoir s’il prenait la responsabilité du « chaos » à la frontière, Joe Biden a répondu vendredi: « Bien sûr que j’en prends la responsabilité. Je suis le président. C’était horrible (…) de voir des gens traités de cette manière ».

1.400 Haïtiens expulsés

« C’est embarrassant », a-t-il dit avant de se reprendre. « C’est plus qu’embarrassant. C’est dangereux. C’est mal. Cela envoie le mauvais message au monde, le mauvais message chez nous. »

« Ce n’est pas qui nous sommes », a indiqué le démocrate, qui avait promis dans sa campagne de traiter avec humanité les questions d’immigration, pour se distinguer d’un Donald Trump qui ne jurait que par la répression et par la construction d’un mur sur la frontière.

Son administration est critiquée de toutes parts alors que les Etats-Unis ont entrepris d’expulser en masse des Haïtiens massés à la frontière. Plus de 1.400 d’entre eux ont déjà été rapatriés par avion, au moment où le petit pays des Caraïbes est plongé dans une crise politique, sécuritaire et humanitaire.

Des dizaines de milliers de migrants, pour la plupart haïtiens, s’entassent depuis plusieurs semaines dans les villes mexicaines de Tapachula, à la frontière avec le Guatemala, et de Ciudad Acuña, à la frontière du Texas, où ils vivent sous la chaleur et dans l’insalubrité.

La gauche reproche à Joe Biden sa dureté, la droite conspue ce qu’elle considère être du laxisme provoquant un appel d’air migratoire.

La tension autour de ces sujets est encore montée d’un cran jeudi, avec la démission de l’émissaire américain en Haïti Daniel Foote, qui a dénoncé dans une lettre cinglante des expulsions « inhumaines ».

Par Le Point avec AFP

Mexique: déploiement policier dans un camp de migrants haïtiens

septembre 23, 2021
Mexique: deploiement policier dans un camp de migrants haitiens
Mexique: déploiement policier dans un camp de migrants haïtiens© AFP/PEDRO PARDO

La tension régnait jeudi dans un camp de migrants haïtiens installé dans la ville mexicaine de Ciudad Acuña (nord), à la frontière avec les États-Unis, après le déploiement d’une centaine de policiers mexicains, ont constaté des journalistes de l’AFP.

« Ils vont nous expulser ? », demande, visiblement angoissé, un homme après le déploiement des patrouilles. « Je n’ai rien dans mon pays. Que vont-ils faire ? », demande au bord des larmes une Haïtienne, qui dit s’appeler Sonia.

Les forces de l’ordre se sont déployées après l’annonce faite par l’Institut national des migrations (INM) indiquant que la situation des migrants serait examinée afin de les renvoyer dans la ville où ils ont initialement déposé leur demande d’asile.

« Ceux qui sont entrés (au Mexique) et ont demandé l’asile doivent poursuivre leurs démarches devant les instances où leur demande a été déposée », a expliqué à des journalistes Francisco Garduño, l’envoyé spécial de l’INM à Ciudad Acuña.

Cette demande doit permettre à terme aux migrants clandestins de rester légalement au Mexique et d’éviter l’expulsion, dans l’attente d’une entrée éventuelle aux États-Unis.

Les policiers sont arrivés à l’aube près du parc où sont massés depuis près d’une semaine plusieurs centaines de migrants, a constaté l’AFP.

Les forces de l’ordre mexicaines se sont postées le long du fleuve Rio Grande, traversé quotidiennement par des centaines de clandestins qui vont et viennent d’une rive à l’autre pour tenter de s’approvisionner en nourriture et médicaments.

Plusieurs véhicules des garde-frontières américains étaient visibles du côté américain de la frontière. Un hélicoptère survole également la zone en permanence, selon les journalistes de l’AFP.

« Nous sommes venus pour coordonner l’assistance à cette population qui se retrouve en situation de vulnérabilité. Le respect de ces personnes est garanti », a assuré Francisco Garduño.

Des fonctionnaires de l’INM étaient présents au début du déploiement des forces de sécurité, avant de se retirer, selon l’AFP.

Des dizaines de milliers de migrants, pour la plupart des Haïtiens, s’entassent depuis plusieurs semaines dans les villes mexicaines de Tapachula, à la frontière sud avec le Guatemala, et de Ciudad Acuña, à la frontière du Texas.

Fuyant la pauvreté et le chaos, ils cherchent à gagner les États-Unis, pour nombre d’entre eux après avoir traversé une douzaine de pays comme le Panama et la Colombie, où quelque 19.000 migrants, en majorité Haïtiens, sont également massés à la frontière.

Des centaines de migrants ont été expulsés par avion cette semaine vers Port-au-Prince par les autorités américaines.

Le Mexique a affecté 28.395 soldats à la surveillance des frontières, selon le gouvernement, qui a indiqué mercredi que 147.033 migrants irréguliers avaient été interceptés jusqu’à présent en 2021.

Cette nouvelle vague de migration a été déclenchée après que Washington a prolongé le statut de protection temporaire (TPS) pour tous les Haïtiens qui se trouvaient aux États-Unis le 29 juillet ou avant. Cette décision a incité des milliers de personnes à se précipiter vers la frontière américaine.

Avec Le Point avec AFP

À Port-au-Prince, la colère des Haïtiens expulsés des États-Unis

septembre 21, 2021

Avec TV5

Pas d’ingérence internationale, réclament des Haïtiens

novembre 11, 2019
© Ivan Alvarado
 

Huit semaines de manifestations parfois violentes, une population affamée luttant pour sa survie chaque jour, la corruption qui gangrène l’État. Haïti vit une profonde crise politique et humanitaire.

Au milieu de cet écoeurement populaire et de ce désir de changer le système d’oppression économique des citoyens, un autre discours s’impose également en discutant avec les gens dans la rue.

Ils veulent en finir avec ce qu’ils appellent la soi-disant aide internationale ainsi que l’impérialisme. Ici, on accuse souvent les Américains de soutenir le président Jovenel Moïse.

«Cette crise est haïtienne avant tout. La solution doit être haïtienne et l’impérialisme, les Américains, ils doivent juste arrêter cette ingérence.»

-Gilbert Mirambeau, cinéaste et militant anticorruption

Les racines du sentiment antiaméricain

Le ressentiment envers les Américains ne date pas d’hier en Haïti. Les États-Unis ont occupé la Perle des Antilles de 1915 à 1934 pour protéger leurs intérêts économiques stratégiques dans ce pays instable politiquement. Un fort nombre d’Haïtiens affirment que Washington dicte encore le paysage politique du pays.

Impossible non plus d’oublier que les Américains ont longtemps soutenu la dictature sanglante de François et Jean-Claude Duvalier (Papa et Bébé Doc), de 1964 à 1986.

Les Américains ont fermé les yeux sur la dictature des Duvalier, soutient Gilbert Mirambeau. C’était un appui sous le couvert de l’anticommunisme et de leurs politiques à travers le monde. Ils ont dit « ok » puisque les Duvalier étaient anticommuniste, soi-disant. On a subi cette dictature qui nous a fait très mal.

Gilbert Mirambeau cinéaste et militant anticorruption

© Fournis par Canadian Broadcasting Corporation Gilbert Mirambeau cinéaste et militant anticorruption

Dépendance forcée aux produits américains

Le tiers des Haïtiens vivent en situation d’insécurité alimentaire grave, selon le Programme alimentaire mondial (PAM). Pourtant, Haïti produisait suffisamment de riz pour nourrir sa population jusque dans les années 80.

Aujourd’hui, en vertu d’accords commerciaux, c’est le drapeau américain qu’on voit sur les poches de riz des marchés d’Haïti. Le riz américain, subventionné par Washington, est vendu à bas prix et a détruit la production agricole locale. Les Américains contrôlent essentiellement le marché du riz et d’autres produits comme les haricots.

«Pourquoi les Américains appuient le président Jovenel Moïse? Ils gèrent leurs affaires, c’est sûr. On n’oublie pas qu’on représente un grand marché pour le pétrole américain et pour le riz aussi. Géopolitiquement, on est aussi bien placés.»

-Gilbert Mirambeau

Où est passée l’aide humanitaire?

Les milliards d’aide humanitaire amassés après le tremblement de terre dévastateur de 2010 en Haïti devaient servir à la reconstruction du pays. Près de 10 ans plus tard, beaucoup d’Haïtiens vous diront qu’ils n’ont vu qu’une infime fraction de cette aide.

On ne cesse de nous répéter ici que les conditions de vie se sont dégradées pendant que les étrangers et les élites d’Haïti empochaient la quasi-totalité de cet argent.

En 2014, un chercheur de l’Université de Montréal déplorait le manque de transparence dans la gestion de l’aide humanitaire canadienne, affirmant qu’il était impossible de savoir à qui les deux tiers des sommes canadiennes avaient été attribuées.

Vous pensez que les étrangers sont impliqués dans les problèmes de corruption du pays? C’est pas une pensée, c’est un constat, laisse tomber un jeune rencontré au Champ-de-Mars, à Port-au-Prince.

Que pense le Canada de la crise politique haïtienne?

Lors d’une discussion à bâtons rompus avant une conférence de presse jeudi dernier, le sénateur Sorel Jacinthe discutait de la motion de solidarité envers le peuple haïtien adoptée à l’unanimité par les députés de l’Assemblée nationale du Québec le 1er novembre.

Ce parlementaire qui réclame la démission du président Jovenel Moïse cherchait à savoir si le Canada allait se prononcer sur cette motion. Le silence du gouvernement du Canada face à la crise haïtienne en inquiète plusieurs. D’autres disent par contre comprendre ce mutisme.

«Je ne pense pas que le Canada ou la France appuient ce qui se passe ici. On les a rencontrés plusieurs fois de manière officieuse. Ils étaient très directs et très carrés. Ils disaient qu’ils n’appuient pas ce qui se passe (dans le gouvernement haïtien). C’est vraiment l’Oncle Sam qui décide de tout ce qui se passe. Les Américains supportent Jovenel.»

-Gilbert Mirambeau

Un nouvel interlocuteur à l’international

Les différents groupes d’opposition réclamant la démission du président haïtien se sont entendus samedi soir sur un éventuel plan de transition advenant le départ de Jovenel Moïse.

Edgard Leblanc fils coordonnateur-général d'un des partis politiques membres de Mache Kontre

© Fournis par Canadian Broadcasting Corporation Edgard Leblanc fils coordonnateur-général d’un des partis politiques membres de Mache Kontre
On a compris que la seule façon de faire bouger les choses est de se mettre ensemble, dit Edgard Leblanc fils, dont le parti politique est membre du groupe d’opposants Mache Kontre.

Il s’agit non seulement de forcer le départ du président, mais aussi d’être un interlocuteur à l’international. Je pense aux Américains, mais aussi au gouvernement canadien, qui appuient quand même le président en fonction, selon moi. On sera un interlocuteur dans lequel il y aura un regroupement de partis opposés et qui représente l’ensemble des secteurs de la population haïtienne, ajoute-t-il.

 

Par Philippe Leblanc, envoyé spécial en  Haïti

Oxfam s’excuse auprès des Haïtiens pour les dérives de son personnel

février 19, 2018

L’entrée des locaux d’Oxfam à Pétion-Ville, dans le district de Port-au-Prince, le 13 février 2018 / © AFP/Archives / HECTOR RETAMAL

L’ONG britannique Oxfam a présenté ses excuses au peuple haïtien lundi pour les dérives de certains de ses employés, exprimant sa « honte » en remettant aux autorités à Port-au-Prince son rapport d’enquête interne.

Il dépeint en onze pages une mission humanitaire en Haïti, après le séisme meurtrier de 2010, entachée de nombreuses dérives: un responsable y reconnaît avoir payé des prostituées, d’autres employés sont accusés de harcèlement et d’intimidation tandis qu’un témoin a été menacé physiquement.

« Nous sommes venus ici (…) pour exprimer notre honte et nos excuses au gouvernement haïtien et à la population haïtienne pour ce qu’il s’est passé », a déclaré Simon Ticehurst, directeur régional d’Oxfam pour l’Amérique Latine et les Caraïbes, à l’issue d’une rencontre de deux heures avec Aviol Fleurant, ministre de la Planification et de la coopération externe.

« On va maintenant solliciter des rapports de toutes sortes, audits, rapports financiers, dans un souci de reddition de comptes », a indiqué M. Fleurant, s’interrogeant sur une éventuelle « obstruction à la justice » car les autorités haïtiennes « n’ont jamais été informées de ces crimes commis dans les locaux de l’institution ».

Les autorités haïtiennes ont annoncé la semaine dernière vouloir mener leur propre enquête. L’ONG s’était engagée à leur remettre lundi une version intégrale de son rapport rédigé en 2011 et dont une version partiellement censurée a été rendue publique lundi.

Le Belge Roland Van Hauwermeiren, ancien directeur d’Oxfam en Haïti, a reconnu avoir eu des rapports tarifés avec des prostituées dans des locaux financés par l’organisation. Le recours à des prostituées mineures n’a pas été exclu par Oxfam.

« C’est absolument horrible », a réagi lundi la Première ministre britannique Theresa May, jugeant ces comportements « bien en-deçà des standards que nous pouvons attendre des associations caritatives et ONG avec lesquelles nous travaillons ».

– ‘Beaucoup de filles’ –

Dans le quotidien The Times, une jeune Haïtienne, Mikelange Gabou, raconte avoir eu une relation avec Van Hauwermeiren alors qu’elle avait 16 ans et lui 61. Il lui a donné de l’argent et des couches pour son nouveau-né. Selon elle, il invitait parfois dans sa maison des femmes venues demander un emploi et leur donnait parfois de l’argent.

« Il m’aidait mais il avait beaucoup de filles », raconte-t-elle. « C’était toujours des (…) Haïtiennes. Les femmes étaient sa distraction ».

M. Van Hauwermeiren s’était défendu la semaine dernière en affirmant qu’il n’avait pas organisé d’orgies avec de jeunes prostituées. Dans une lettre publiée par des médias belges, il avait seulement reconnu avoir eu des rapports sexuels avec une « femme honorable et d’âge mûr » et maintenu qu’il ne lui avait pas versé d’argent.

Selon le rapport, sept employés d’Oxfam en Haïti ont quitté l’ONG dans le cadre de l’enquête. Outre le recours à des prostituées, certains étaient également mis en cause pour harcèlement et intimidation, envers d’autres membres du personnel notamment.

Quatre ont été licenciés pour « faute grave » tandis que trois ont démissionné, dont Roland Van Hauwermeiren auquel il a été proposé un « départ digne, à condition qu’il coopère pleinement avec le reste de l’enquête ».

Oxfam dit avoir choisi de rendre public ce rapport pour « être aussi transparente que possible quant aux décisions prises durant l’enquête ». Elle affirme avoir communiqué aux autorités compétentes les noms des personnes soupçonnées

L’ONG a dévoilé vendredi un plan d’action pour empêcher de nouveaux abus sexuels et tenter ainsi d’apaiser la polémique qui a fait fuir ses soutiens.

Le ministère britannique du Développement international a imposé à chaque organisation percevant des subventions publiques, dont Oxfam, de lui faire parvenir un rapport sur les pratiques de prévention interne d’ici au 26 février.

« Nous ne travaillerons pas avec quiconque ne satisfait pas aux normes élevées que nous avons établies », a insisté Theresa May.

– Cascade de révélations –

Dans son rapport de 2011, Oxfam estimait devoir mettre en place de « meilleurs mécanismes » pour informer d’autres régions et agences du comportement problématique de certains employés.

L’organisation s’est pourtant vu reprocher d’avoir laissé les salariés incriminés rejoindre d’autres ONG, sans mise en garde. Après Oxfam, Roland Van Hauwermeiren a rejoint l’ONG française Action contre la faim au Bangladesh. Cette dernière a déploré ne pas avoir été prévenue.

Les premières révélations sur les agissements des employés d’Oxfam en Haïti en avaient entraîné d’autres, notamment sur des abus au Soudan du Sud et au Liberia.

Le scandale s’est aussi étendu à d’autres organisations humanitaires, dont Save the Children. L’ONG britannique est accusée d’avoir laissé partir sans sanction Brendan Cox alors qu’il lui était reproché un comportement sexuel inapproprié envers des collègues féminines.

Le directeur général d’Oxfam GB et celui de Save the Children doivent s’expliquer mardi devant une commission parlementaire britannique.

Romandie.com avec(©AFP / 19 février 2018 21h19)                

États-Unis: Trump est visé par un déluge de condamnation après ses propos « racistes »

janvier 13, 2018

Donald Trump à la Maison Blanche le 12 janvier 2018 / © AFP / Brendan Smialowski
                

« Racistes », « abjects » et « blessants », les propos de Donald Trump sur l’immigration en provenance de « pays de merde » ont continué à provoquer un torrent d’indignation à travers le monde qui ne tarissait pas samedi, l’Afrique entière réclamant des excuses.

Les paroles attribuées à Donald Trump sur les pays africains qualifiés de « pays de merde » sont inacceptables, a déclaré samedi le président ghanéen Nana Akufo-Addo.

M. Akufo-Addo estime que ces propos sont « extrêmement malheureux », ajoutant : « Nous ne sommes certainement pas un +pays de merde+ ». « Nous n’accepterons pas de telles insultes, même de la part du dirigeant d’un pays ami, quelle que soit la puissance (de ce pays) ».

La Namibie a pour sa part estimé que les remarques du président « n’avaient pas leur place dans un discours diplomatique ». Le langage de M. Trump « est contraire aux normes de la civilité et du progrès humain », selon son ministère des Affaires étrangères.

Les 15 pays membres de la Communauté des Caraïbes (Caricom) ont condamné un « langage méprisant et répugnant ».

Le New York Times et le magazine New Yorker ont tous deux qualifié M. Trump de raciste, présentant ses commentaires et insistant sur sa conduite qui montrent que le président avait un « point de vue sectaire du monde ».

Mais un éditorial ne va sans doute pas faire tarir la polémique: c’est celui d’une publication suprémaciste américaine qui donne son soutien à M. Trump. Pour The Daily Stormer, les propos attribués à M. Trump sont « encourageants et rafraîchissants, puisqu’ils indiquent que Trump est plus ou moins sur la même longueur d’onde que nous en ce qui concernent la race et l’immigration ».

D’une même voix, dans un langage d’une rare dureté, les 54 ambassadeurs du groupe africain à l’ONU ont exigé vendredi une « rétractation » au président, condamnant des « remarques scandaleuses, racistes et xénophobes ». Ils se sont dits préoccupés par la tendance « grandissante » de l’administration Trump « à dénigrer le continent, et les gens de couleur ».

Le gouvernement haïtien a dénoncé des propos « odieux et abjects » qui, s’ils étaient avérés, seraient à tous égards « inacceptables car ils reflèteraient une vision simpliste et raciste ».

Pas les mots utilisés

Le président américain a réagi à cette nouvelle polémique qui le met en difficulté au moment où il tente de trouver un compromis au Congrès sur le dossier sensible de l’immigration.

« Le langage que j’ai utilisé lors de la réunion était dur mais ce ne sont pas les mots utilisés », a affirmé sur Twitter le milliardaire dans une formule alambiquée.

Quelques minutes plus tard, le sénateur démocrate Dick Durbin, présent lors de la réunion, assurait pourtant que le président avait bien utilisé « plusieurs fois » l’expression injurieuse.

« Les mots utilisés par le président tels qu’ils m’ont été rapportés directement par ceux qui ont participé à la rencontre n’étaient pas +durs+, ils étaient abjects et répugnants », a ajouté le sénateur républicain Jeff Flake, un conservateur opposé à Donald Trump.

Sollicitée jeudi soir, la Maison Blanche n’avait pas contesté ou démenti, se bornant à souligner que M. Trump se battrait « toujours pour le peuple américain ».

Louanges pour Martin Luther King

Dans un étrange télescopage, le président américain a signé vendredi une déclaration en l’honneur de Martin Luther King, qui sera célébré à travers les Etats-Unis lundi, jour férié.

Au cours d’une cérémonie, il a loué « le rêve d’égalité, de liberté, de justice et de paix » du militant noir des droits civiques. Saluant un homme qui a « changé le cours de l’histoire », il a ignoré les questions qui lui ont été posées ensuite.

Presque simultanément, à quelques kilomètres de là, le chef de la diplomatie américaine, Rex Tillerson, faisait l’éloge de la « diversité » et défendait les « valeurs américaines » lors d’un discours sur le « respect ».

Au coeur des débats de la réunion désormais célèbre de jeudi: la régularisation de centaines de milliers de clandestins arrivés jeunes aux Etats-Unis, et dont le statut temporaire accordé sous Barack Obama a été supprimé en septembre.

Quand M. Trump a abrogé le programme Daca, qui a permis à 690.000 jeunes sans-papiers de travailler et d’étudier en toute légalité, il avait donné jusqu’à mars au Congrès pour trouver une solution pérenne pour ces clandestins, les « dreamers » (rêveurs).

Mais il a lié toute régularisation à son projet de mur à la frontière avec le Mexique, auquel les démocrates se sont jusqu’à présent opposés fermement.

Agression

Outre la réalisation de cette promesse de campagne, M. Trump exige aussi la suppression de la loterie annuelle de cartes vertes et une réforme de l’immigration légale pour réduire le rapprochement familial.

« Pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues de pays de merde viennent ici ? », a demandé le président Trump lors des discussions jeudi, selon le Washington Post, qui cite plusieurs sources anonymes.

Selon elles, M. Trump faisait référence à des pays d’Afrique ainsi qu’à Haïti et au Salvador, expliquant que les Etats-Unis devraient plutôt accueillir des Norvégiens.

« Pourquoi avons-nous besoin de plus d’Haïtiens ? », aurait demandé le président.

Vendredi, il a tenté de donner une version différente de ses propos : « Je n’ai jamais dit quelque chose d’insultant sur les Haïtiens outre le fait que, et c’est une évidence, Haïti était un pays très pauvre et en difficulté ».

Le Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés a déploré des propos « racistes », « choquants et honteux ».

L’ancien vice-président démocrate Joe Biden a lui aussi donné de la voix : « Ce n’est pas comme cela qu’un président devrait parler et se comporter. Mais surtout, ce n’est pas comme cela qu’un président devrait penser ».

En Amérique latine, le président vénézuélien Nicolas Maduro a appelé à la solidarité avec les pays « agressés » par Donald Trump. Cuba a de son côté « condamné fermement » des déclarations « racistes, dénigrantes et grossières ».

Romandie.com avec(©AFP / 13 janvier 2018 23h17

Le Canada prévoit un afflux de demandeurs d’asile fuyant les États-Unis

novembre 21, 2017

Des milliers de personnes sont entrées illégalement au Canada, depuis les Etats-Unis, pour demander l’asile. Photo prise près de Hemmingford, Québec, le 6 août 2017 / © AFP/Archives / Geoff Robins

Le Canada se prépare à accueillir des dizaines de milliers de demandeurs d’asile fuyant les Etats-Unis où leur statut spécial va disparaitre d’ici mi-2019, après l’arrivée d’une première vague plus tôt cette année.

« Nous nous sommes préparés pour tous les scénarios imaginables », a assuré mardi Ralph Goodale, ministre canadien de la Sécurité publique, après la décision de l’administration américaine de résilier à compter du 22 juillet 2019, le statut de protection temporaire (TPS) octroyé après le tremblement de terre de 2010 à quelque 58.700 Haïtiens.

L’évocation d’une telle suppression au début de l’été avait suffi à jeter sur les routes, en direction du Canada, des milliers de Haïtiens vivant aux Etats-Unis sous ce statut.

Depuis le début de l’année, près de 17.000 personnes vivant aux Etats-Unis ont franchi de façon irrégulière la frontière canadienne pour y demander l’asile, selon les données des services de l’immigration.

Au plus fort de la vague, en juillet et en août, des centaines de personnes ont traversé quotidiennement la frontière à travers des zones boisées pour éviter les points de contrôle officiels.

Au total, quelque 321.000 Haïtiens, Nicaraguayens, Honduriens et Salvadoriens bénéficient actuellement du TPS mais l’administration américaine a tranché: Haïtiens et Nicaraguayens vont le perdre courant 2019 tandis que le sort des Honduriens et des Salvadoriens est encore dans la balance.

Outre tenter d’obtenir un statut de résident permanent aux Etats-Unis ou de rentrer dans leur pays d’origine, ils peuvent essayer d’ici la date butoir de trouver une autre terre d’accueil. Pour la majorité, le Canada représente cet eldorado.

Avec l’afflux cet été, le gouvernement fédéral canadien avait renforcé ses effectifs aux frontières et construit des refuges temporaires pour avoir le temps nécessaire de monter les dossiers de demandes d’asile et désengorger les centres d’hébergement.

– ‘On gère encore la crise’ –

Mais cela n’a pas suffi, a assuré à l’AFP Jean-Pierre Fortin, président du syndicat canadien des douanes et de l’immigration, déplorant un manque d’effectifs pour traiter les demandes. « A l’heure actuelle, le système, au niveau de l’immigration, est engorgé. Donc, on gère encore la crise » de la vague estivale.

La Commission de l’immigration et du statut de réfugié (CISR) a repoussé l’examen de tous les nouveaux dossiers au 1er juin 2018 alors qu’elle met habituellement 60 jours pour juger de la recevabilité des demandes, a-t-il expliqué.

Et, malgré la « période hivernale », de 60 à 70 demandeurs d’asile arrivent encore chaque jour en provenance des Etats-Unis.

Pour M. Fortin, l’espoir et « la bonne nouvelle » pour le Canada viennent du délai accordé aux populations concernées (janvier 2019 pour les Nicaraguayens, juillet 2019 pour les Haïtiens), ce qui devrait laisser l’opportunité aux autorités canadiennes « d’augmenter les ressources de façon significative ».

Avis partagé par Marjorie Villefranche, directrice générale de la Maison d’Haïti, organisme de la diaspora de Montréal venant en aide aux nouveaux arrivants.

« La seule chose que je puisse espérer » est que les responsables politiques ont tiré les conséquences « de ce qu’il s’est passé cet été » et qu’ils mettront en place « les choses nécessaires » pour éviter un engorgement des centres d’hébergement d’urgence, a-t-elle confié à l’AFP.

« La quantité de Haïtiens, et pas seulement de Haïtiens, qui vont vouloir venir au Canada va augmenter, c’est sûr », a-t-elle relevé.

Le gouvernement fédéral canadien ne veut pas céder à la panique et le ministre de la Sécurité publique espère un coup de pouce de l’administration du président Donald Trump.

« Les Américains nous ont indiqué (…) qu’ils feraient tout pour nous prévenir. Et ils semblent, d’après l’annonce (de lundi), vouloir prendre une approche graduelle et accorder des sursis (…). C’est donc très apprécié », a souligné M. Goodale.

« Nous serons évidemment prêts à faire face aux circonstances. Nous mettons en place depuis un certain temps, de concert avec les provinces et les municipalités, un plan d’urgence pour nous assurer (…) que nous appliquons toutes les lois canadiennes et (…) respectons les obligations internationales du Canada en vertu des conventions internationales », a-t-il assuré.

Romandie.com avec(©AFP / 21 novembre 2017 22h06)                

Canada-Québec/Demandeurs d’asile: Legault « alimente la peur », selon le gouvernement Couillard

août 11, 2017

Le chef de la CAQ, François Legault

Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienneLe chef de la CAQ, François Legault

Le cabinet du premier ministre n’a pas aimé la sortie du chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, qui a dit mercredi craindre que le Québec devienne « une passoire » pour les migrants.

« Les Québécois s’attendent de leurs leaders politiques qu’ils évitent d’alimenter la peur d’une partie de la population avec des discours alarmistes », a écrit le directeur adjoint du cabinet du premier ministre, Charles Robert, dans une déclaration transmise aux médias jeudi. « M. Legault échoue une fois de plus à ce test en ne proposant absolument rien de concret pour améliorer la situation. C’est un manque flagrant de leadership. »

La veille, François Legault a dénoncé l’attitude adoptée par le gouvernement quant à l’arrivée de demandeurs d’asile au Québec. « Les libéraux lancent un très mauvais signal aux migrants illégaux en ouvrant grands les bras, comme si le Québec pouvait accueillir “toute la misère du monde”, a-t-il écrit. Pour tous les migrants potentiels, ce discours libéral officiel équivaut à une invitation à se ruer vers la frontière québécoise sans passer par les douanes. »

En guise de réponse — et dans une volonté de « rassurer la population » —, le cabinet du premier ministre a rappelé que le gouvernement du Québec a travaillé de pair avec le fédéral pour mettre en place un processus de triage à la frontière afin d’accélérer le transit de migrants vers leurs provinces d’accueil, où leurs demandes seront traitées.

« Le gouvernement fédéral contrôle activement notre frontière, et les demandeurs d’asile qui traversent celle-ci de façon irrégulière sont interceptés par les forces policières et pris en charge afin qu’ils puissent formaliser leur demande d’asile. Aucun compromis n’est fait sur la sécurité », a aussi assuré Charles Robert.

Il a souligné l’importance d’assurer une prise en charge « digne et sécuritaire » des demandeurs d’asile, notamment lors de l’hébergement temporaire.

« François Legault a encore une fois manqué une occasion de s’élever à la hauteur requise pour traiter d’un enjeu humanitaire de premier plan », a-t-il estimé.

De l’avis du chef de la CAQ, les demandeurs d’asile d’immigration devraient plutôt remplir une demande d’immigration « en bonne et due forme ». « Les ressources sont limitées, tout comme notre capacité à intégrer les immigrants à la majorité francophone », a-t-il fait valoir.

Le cabinet Couillard a plutôt avancé que le Québec « est une société mature et disposant des ressources nécessaires pour faire face à cette situation dans l’ordre et la dignité ».

Le nombre de migrants demandant asile dans la province a triplé au cours des deux dernières semaines. Au total, 2620 personnes sont hébergées dans plusieurs centres à Montréal, par rapport à 1575 en date de jeudi dernier.

Pour l’instant, le nombre total connu de demandeurs d’asile, environ 9600, est inférieur à celui traité durant d’autres années de grande affluence. En 2008, par exemple, le Québec avait reçu 13 625 demandes d’asile.

Ledevoir.com par Marie-Michèle SiouiCorrespondante parlementaire à Québec

Canada: le flot de migrants haïtiens ne tarit pas

août 6, 2017

Des demandeurs d’asile se rendent au Canada, craignant d’être expulsés des Etats-Unis, le 6 août 2017 à Champlain, dans l’état américain de New York / © AFP / Geoff Robins

Des dizaines de migrants, majoritairement des Haïtiens craignant d’être expulsés des Etats-Unis, continuaient à passer illégalement la frontière dimanche pour demander l’asile au Canada.

Sous une grande tente, dressée au bout d’un chemin forestier, principal point d’entrée des migrants dans le sud du Québec, des policiers fédéraux procédaient aux premières vérifications de l’identité des migrants dont le flot ne tarit pas.

Plus d’une centaine de personnes ont été contrôlées sous cette tente en début de matinée dimanche tandis qu’une cinquantaine attendaient patiemment leur tour pour se faire enregistrer par les services frontaliers canadiens, a constaté un photographe de l’AFP.

Les migrants majoritairement des Haïtiens, mais aussi des Yéménites ou des Somaliens, traînant valises et paquets, traversent la frontière à pied à proximité du poste frontière de Lacolle dans le sud du Québec.

Une fois enregistrés, les réfugiés sont acheminés dans un centre de transit avant d’être dirigés sur Montréal, où ils seront hébergés pendant que les autorités se penchent sur leurs demandes d’asile.

Le flot de migrants, qui s’est soudain accéléré ces dernières semaines, a contraint les autorités à transformer le stade olympique de Montréal en centre d’accueil, dont la capacité a été portée à 1.025 places en fin de semaine.

Selon les estimations du président du syndicat des douanes et de l’immigration, Jean-Pierre Fortin, de 450 à 700 migrants franchissent la frontière chaque semaine à ce point de passage. La ministre québécoise de l’Immigration Kathleen Weil avait indiqué jeudi que d’une « moyenne de 50 demandes (d’asile) par jour » pour la première moitié de juillet, « le rythme était passé à 150 demandes ».

De 200 à 300 personnes se sont rassemblées dimanche à Montréal pour manifester leur soutien à l’accueil des réfugiés. Le rassemblement visant à souhaiter « bienvenue aux réfugiés », a été organisé devant le stade olympique, l’un des centres d’hébergement temporaire mis en place par les autorités.

Une autre manifestation hostile à l’afflux de migrants avait été prévue avec le slogan « Les nôtres avant les autres », mais le rassemblement a été annulé par ses organisateurs, a indiqué Radio Canada.

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a promis vendredi que le Canada redoublerait d’efforts pour faire face à la forte augmentation de personnes qui traversent illégalement la frontière américaine afin de demander l’asile au Canada.

Mais il a aussi appelé les demandeurs du statut de réfugié à passer par les « procédures habituelles » d’immigration plutôt que de traverser la frontière illégalement.

La vague de réfugiés haïtiens vers le Canada est la conséquence de la perte prévue de leur Statut de protection temporaire (TPS) aux Etats-Unis. Ce TPS a été accordé à près de 60.000 Haïtiens après le séisme de 2010. Il a été prolongé au printemps de six mois par l’administration Trump et devrait donc se terminer en fin d’année.

Romandie.com avec(©AFP / 06 août 2017 22h01)