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Arabie saoudite : le hajj oui, mais pas pour tout le monde

juin 23, 2020

La Kaaba, à La Mecque.

La Kaaba, à La Mecque. © Ashraf Amra/apaimages/SIPA

 

Prévu du 28 juillet au 2 août, le grand pèlerinage de La Mecque se déroulera dans des conditions drastiques. Dans la crainte d’une aggravation de la pandémie de coronavirus, seul un nombre limité de Saoudiens et de résidents du royaume sont autorisés à l’effectuer.

L’Arabie saoudite craignait que le hajj 2020 amplifie la pandémie de Covid-19. Ce lundi, le pays a annoncé que le pèlerinage est maintenu, mais que seul un nombre limité de Saoudiens et de résidents du royaume sont autorisés à l’effectuer, les conditions d’accès à La Mecque étant drastiquement réduites. Autrement dit : les musulmans en provenance de l’étranger n’auront pas de visa pour accomplir leur pèlerinage.

« Cette décision est prise pour garantir que le hajj ait lieu de manière sûre du point de vue de la santé publique, en observant toutes les mesures préventives et les protocoles de distanciation sociale nécessaires face aux risques associés à cette pandémie, et conformément aux enseignements de l’islam relatifs à la préservation la vie humaine », a justifié le ministère chargé du pèlerinage dans un communiqué publié le 22 juin.

Le ministre saoudien du Pèlerinage, Mohammad Benten, a précisé dès le lendemain que « le nombre de pèlerins sera d’environ un millier, un peu moins, un peu plus… Le nombre n’atteindra pas les 10.000 ou les 100.000. »

Dans l’intérêt des pèlerins

Fin mars, le même avait demandé aux musulmans de reporter temporairement leurs préparatifs du hajj. En réponse, la plupart des pays musulmans avaient suspendu les formalités de voyage. Un pèlerinage à La Mecque se prépare plusieurs mois à l’avance, et certaines familles y consacrent les économies d’une vie.

Al-Azhar a qualifié la décision de « sage et basée sur la jurisprudence islamique »

D’influentes voix de l’islam ont salué la décision saoudienne. La Ligue islamique mondiale (LIM), basée à La Mecque, a indiqué reconnaître la légitimité de ce hajj limité, dans l’intérêt des pèlerins eux-mêmes. La LIM est souvent considérée comme un bras diplomatique du royaume saoudien, ainsi que comme un instrument de diffusion du wahhabisme.

Depuis Le Caire, la prestigieuse institution sunnite Al-Azhar a qualifié la décision de « sage et basée sur la jurisprudence islamique ». Youssef Al-Othaimeen, secrétaire général de l’Organisation de la coopération islamique a dit de son côté « apprécier le soin extrême donné à la santé et à la sécurité des pèlerins ».

Impact économique

L’an dernier, 2,5 millions de fidèles s’étaient pressés autour de la Kaaba, faisant du hajj l’un des plus importants rassemblements religieux au monde. Ce pèlerinage est l’un des cinq piliers de l’islam. Son maintien en version limitée risque d’affecter l’économie saoudienne déjà touchée de plein fouet par la chute des prix du pétrole. D’autant que le pays avait déjà suspendu, en mars, la omra — petit pèlerinage –, qui s’effectue toute l’année à La Mecque et Médine, les deux lieux les plus saints de l’islam.

Or, lors du hajj et de la omra, les pèlerins injectent chaque année 10,6 milliards d’euros dans l’économie saoudienne, selon le gouvernement, une somme bienvenue en ces temps d’austérité, et dont le royaume va devoir se passer. Le grand pèlerinage fait partie des autres sources de revenus vers lesquelles le royaume souhaite réorienter son économie dans le cadre du plan de réforme du prince héritier Mohammed ben Salmane, qui veut débarrasser son pays de sa dépendance à la rente pétrolière.

Par Jeune Afrique avec AFP

 

Pèlerinage à la Mecque : l’incertitude autour du hajj 2020 persiste

juin 17, 2020

Des fidèles musulmans à La Mecque, en Arabie saoudite, le 7 mars 2020.

Des fidèles musulmans à La Mecque, en Arabie saoudite, le 7 mars 2020. © Amr Nabil/AP/SIPA 

Limiter le nombre de pèlerins ou annuler le hajj en raison du Covid-19 ? À quelques semaines du grand pèlerinage annuel à La Mecque, l’Arabie saoudite se trouve face à un choix délicat.

Prévu fin juillet, le hajj est l’un des plus grands rassemblements au monde. En 2019, le pèlerinage, que tout fidèle musulman doit accomplir au moins une fois dans sa vie s’il en a les moyens, a attiré quelque 2,5 millions de fidèles.

Des milliers de musulmans à travers le monde attendent encore de savoir s’ils pourront accomplir le hajj cette année

Aujourd’hui, des milliers de musulmans à travers le monde attendent de savoir s’ils pourront l’effectuer cette année. Les autorités religieuses de chaque pays sont toujours dans l’attente de précisions de la part de l’Arabie saoudite.

Le ministre tunisien des Affaires religieuses Ahmed Adhoum a ainsi déclaré ce 13 juin à l’agence tunisienne TAP attendre des indications des autorités saoudiennes. Son homologue algérien, Youcef Belmehdi, avait dit la même chose quelques jours auparavant.

Pèlerins en stand-by

Au Maroc aussi, les autorités n’ont pas encore donné d’indications aux potentiels pèlerins. Cette année, ils étaient environ 34.000 à avoir prévu de voyager vers l’Arabie saoudite.

Un voyagiste casablancais spécialisé dans le tourisme religieux confie attendre avec empressement des clarifications : il a déjà dû gérer l’annulation de la omra, plus petit pèlerinage et qui a été suspendu en mars, et il est pressé par les clients qui se demandent s’ils doivent penser à demander des remboursements –la plupart ayant déjà payé les frais relatifs au hajj depuis plusieurs mois. Même situation en Égypte, en Turquie ou encore au Liban.

« La décision sera bientôt prise et annoncée », assurent les autorités saoudiennes

Une affluence telle que celle de 2019 semble exclue cette année : Riyad a demandé dès fin mars aux pays musulmans, chargés de sélectionner les pèlerins candidats, de reporter leurs préparatifs.

« La décision sera bientôt prise et annoncée », assure de son côté un responsable saoudien.

L’Indonésie, pays musulman le plus peuplé, a pris l’« amère et difficile » décision de renoncer au hajj, tout comme la Malaisie et Singapour. Le Sénégal a dit, lui, suspendre « toutes les formalités pour le voyage » des pèlerins.

En France, les fidèles ont été appelés par le Conseil français du culte musulman à « différer» leur pèlerinage à 2021.

Risque de contagion

En raison de la promiscuité entre pèlerins, le hajj peut devenir un énorme vecteur de contagion de la maladie Covid-19.

Le pouvoir saoudien sait que la bonne gestion du hajj qui lui est dévolue de par son rôle de gardien des lieux saints de l’islam est une puissante source de légitimité politique, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur du royaume.

L’Arabie saoudite a la responsabilité du bon déroulement du pèlerinage

Mais cela engage aussi sa responsabilité. Déjà, des incidents mortels, dont une bousculade ayant fait en 2015 quelque 2 300 morts, avaient suscité des critiques sur la gestion du hajj par Riyad.

« Le retard dans l’annonce de sa décision montre que (l’Arabie saoudite) pèse les conséquences politiques de l’annulation du hajj ou de la réduction de son ampleur», estime Umar Karim, chercheur au Royal United Services Institute de Londres.

Une décision politique

Le royaume « gagne du temps», juge le responsable d’un pays d’Asie du sud.

« Si les Saoudiens disent, à la dernière minute, être prêts pour le hajj, de nombreux pays ne seront pas en mesure d’y participer», remarque-t-il.

De nombreux vols internationaux étant suspendus, un hajj n’accueillant que les personnes habitant en Arabie saoudite est un scénario possible

De nombreux vols internationaux étant suspendus, un hajj n’accueillant que les personnes habitant en Arabie saoudite est un scénario possible, ajoute-t-il.

Avec 120.000 cas, dont plus de 1000 décès déclarés officiellement, le pays cherche toujours à contenir le nouveau coronavirus. Les autorités ont ainsi renforcé les mesures de confinement à Jeddah (ouest), porte d’entrée de la Mecque.

Maintenu lors des épidémies d’Ebola et du MERS-CoV (syndrome respiratoire du Moyen-Orient), l’annulation du hajj serait une première depuis la fondation du royaume en 1932.

Double peine

« Si l’Arabie saoudite le maintient, elle accentuera la pression sur son propre système de santé», juge Yasmine Farouk, du centre Carnegie. Et si le virus se propage, « elle pourrait aussi en être tenue responsable », souligne-t-elle.

Un hajj annulé ou limité est une grosse perte de revenus pour le royaume, qui subit déjà le choc de la chute des prix du pétrole

Un hajj annulé ou limité serait aussi une perte de revenus pour le royaume, qui subit déjà le double choc de la pandémie et de la chute des prix du pétrole.

Lors du hajj et de la omra, les pèlerins injectent chaque année 10,6 milliards d’euros dans l’économie saoudienne, selon le gouvernement.

Une annulation serait sans aucun doute durement vécue pour des milliers de fidèles, qui ont parfois consacré toutes leurs économies à ce pilier de l’islam.

« Je ne peux pas m’empêcher d’avoir le cœur brisé. J’attends depuis des années ce moment », se désole, en pleurs, une fonctionnaire indonésienne Ria Taurisnawati, 37 ans.

Par Jeune Afrique avec AFP

Le hajj à la Mecque commence dans la ferveur pour 2 millions de musulmans

août 19, 2018

Des pèlerins musulmans marchent dans une rue de la ville sainte de la Mecque en Arabie saoudite avant le début du hajj annuel, le 18 août 2017 / © AFP / AHMAD AL-RUBAYE

Plus de deux millions de fidèles ont entamé dimanche, dans un climat de ferveur et sous un soleil de plomb, le pèlerinage annuel à La Mecque dans une Arabie saoudite en mutation mais où l’islam conserve une place centrale.

Ce rassemblement religieux annuel, l’un des plus importants au monde, représente un défi logistique pour les autorités saoudiennes qui se sont toutefois déclarées prêtes à assurer son bon déroulement jusqu’à vendredi.

Le hajj est l’un des cinq piliers de l’islam. Tout musulman est censé l’accomplir au moins une fois dans sa vie s’il en a les moyens.

C’est « le rêve de tout musulman de venir ici », c’est « l’ultime voyage », a déclaré à l’AFP Soliman Ben Mohri, commerçant de 53 ans originaire de Boulogne-sur-Mer, en France. « Nous sommes émus ».

Les mouvements de pèlerins s’effectuent dans un climat de ferveur qui fait oublier la chaleur étouffante alors que la température excède largement les 40 degrés Celsius. Certains sont équipés de parapluies pour se protéger du soleil.

« Oh Allah, me voici devant toi », répètent des groupes de fidèles en disant ainsi se présenter en toute humilité devant Dieu dont ils réclament la clémence.

Les pèlerins viennent à la Mecque, dans l’ouest du royaume, des quatre coins de la planète mais, parmi les plus gros contingents, figurent ceux d’Egypte, d’Inde, du Pakistan, du Bangladesh et du Soudan, ont précisé les autorités.

Le hajj / © AFP / Vincent LEFAI

Leur nombre a dépassé les deux millions, a indiqué le ministère de l’Intérieur, précisant que l’immense majorité venait de l’étranger.

« Je me sens si chanceuse », a dit Nazia Noor, une Néo-Zélandaise de 36 ans, en poussant son père dans une chaise roulante. « Qu’Allah nous vienne en aide ».

Saidou Boureima, un pèlerin du Niger, a dit s’attendre à un parcours difficile. « Je me suis préparé en faisant du sport avant. Si Dieu veut, on pourra tenir ».

– High-tech, traducteurs –

Les fidèles se sont rendus dimanche dans la vallée proche de Mina, à travers le lieu dit de Mozdalifa où ils passeront la nuit avant le stationnement sur le Mont Arafat, temps fort du hajj.

C’est sur ce mont que le prophète Mahomet a prononcé son dernier sermon et c’est là que les pèlerins passeront une journée de prières et d’invocations en sollicitant la clémence d’Allah.

Des pèlerins musulmans se rassemblent pour les prières du soir à la Grande Mosquée à la Mecque en Arabie saoudite, le 18 août 2018 / © AFP / AHMAD AL-RUBAYE

Le pèlerinage se terminera avec l’Aïd al-Adha, une fête de trois jours suivie par le rituel de la « lapidation de Satan ».

Au fil des ans, le hajj a pris une dimension de plus en plus high-tech avec une multiplication d’applications mobiles pour aider les fidèles à comprendre les instructions, à trouver leur chemin ou obtenir des soins médicaux d’urgence auprès du Croissant-Rouge saoudien.

De plus, une brigade de traducteurs est à pied d’œuvre pour aider les fidèles musulmans non-arabophones qui viennent du monde entier et parlent une douzaine de langues.

Les autorités ont également amélioré la sécurité après une série de drames ces dernières années. En 2015, le pèlerinage avait été endeuillé par une gigantesque bousculade qui avait fait quelque 2.300 morts, dont des centaines d’Iraniens.

– Yémen, Qatar –

Le hajj de 2018 se déroule alors que l’Arabie saoudite, royaume ultraconservateur, est en pleine transformation avec des réformes concernant les femmes qui ont été finalement autorisées à conduire.

Ãu0080 La Mecque, une brigade de traducteurs au service des pèlerins / © AFP / Akim Rezgui

Dans le même temps, les autorités font preuve d’une grande fermeté face à toute voie dissidente. La religion conserve une place centrale dans la société.

Le jeune prince héritier Mohammed ben Salmane, fils du roi et inspirateur des réformes, a clamé la volonté de son pays de « renouer avec un islam modéré et tolérant », tout en multipliant les arrestations dans les milieux dissidents, y compris parmi les défenseurs des droits de l’Homme et les religieux critiques.

Le pèlerinage intervient en outre en pleine guerre au Yémen où l’Arabie saoudite intervient contre des rebelles soutenus par l’Iran, le grand rival régional de Ryad.

Pour la deuxième année consécutive, le Qatar s’est plaint du fait que ses citoyens soient privés de hajj sur fond de crise diplomatique avec Ryad. Les autorités saoudiennes accusent au contraire Doha d’entraver le déplacement de ses citoyens vers les lieux saints.

Quelque 1.200 citoyens du Qatar devraient en principe pouvoir participer au hajj, selon un système de quotas par pays, mais des Qataris se sont plaints de l’impossibilité de s’inscrire sur un site web du ministère saoudien du Pèlerinage.

Romandie.com avec(©AFP / (19 août 2018 15h19)

Hajj 2017: en Côte d’Ivoire, ces arnaqueurs qui n’ont pas peur de Dieu…

août 30, 2017

L’œil de Glez. © J.A. / Glez

 

Réputé premier rassemblement mondial en termes de participants, le pèlerinage de la Mecque a toujours fait saliver les organisateurs véreux. Cette année, c’est le Hajj de centaines d’Ivoiriens qui a été compromis…

On connaissait les malandrins qualifiés de « nés avant la honte », capables de métamorphoser les événements les plus sacrés en sources de revenus illicites, notamment les funérailles en festivals de pickpockets. À un stade supérieur règnent les « même pas peur de Dieu ». C’est ainsi que les pèlerinages aux lieux saints de La Mecque aiguisent à ce point les appétits que des États pourtant laïcs ne peuvent s’empêcher de glisser une phalange dans leur organisation.

L’édition ivoirienne du Hajj 2017, par exemple, a permis le départ de 4 200 pèlerins enregistrés au titre du très officiel « contingent de l’État ». Cette organisation n’interdit pas un contingent privé qui, cette année, dénombrait 1 620 voyageurs ; ou plutôt « présumés » voyageurs, puisque 295 d’entre eux n’ont pas vu le tarmac s’éloigner par le hublot. En Côte d’Ivoire comme ailleurs, les pèlerins sont parfois des excursionnistes peu expérimentés qui économisent toute une vie, souvent 4 ou 5 millions de francs CFA, pour ce qui sera peut-être l’unique périple international de leur existence. Peu au fait de logistique et de démarches administratives, ils s’en remettent quelquefois à tort à des organisateurs au mieux défaillants, au pire véreux.

De nombreux précédents

Selon les informations officielles, les candidats ivoiriens malheureux au séjour saoudien avaient fait appel aux opérateurs « Méridien Hadj et Oumra » et « EIMPC ». Après une manifestation désespérée à Treichville, 263 personnes ont découvert qu’elles étaient illégalement inscrites, ne pouvant donc obtenir les documents de voyage nécessaires. Par la voix du Directeur général des cultes, Bamba Messemba, les autorités ont indiqué, ce dimanche, que des responsables des agences fautives avaient été « interpellés et répondront de leurs actes ». Les frontières étant fermées aux pèlerins depuis le 26 août à minuit, le seul miracle que les croyants peuvent désormais espérer est un remboursement de leur pécule. Pour la suite de leur accomplissement spirituel, les autorités proposent aux victimes d’être inscrites « prioritairement sur la liste du contingent étatique pour l’édition 2018 ».

Les organisations défaillantes et les arnaques patentées ne sont pas une nouveauté dans le monde du Hajj, quelle que soit l’année et quel que soit le lieu d’embarquement des musulmans concernés. Si la Côte d’Ivoire fait la une en 2017, c’est dans la région française de Toulouse, en 2016, que des avions théoriquement dédiés aux pèlerins ne décollèrent jamais. Des sites consacrés à la pratique confortable de l’islam, comme imanemagazine.com, mettent chaque année en garde les candidats au cinquième pilier de leur religion, invitant notamment à se méfier des tarifs trop attractifs ; puisqu’il ne suffit plus de conjurer le mauvais sort en criant aux apprentis escrocs : « Dieu vous voit ! »

Jeuneafrique.com par Damien Glez

Doha accuse Ryad de faire obstacle au pèlerinage des Qataris à La Mecque

juillet 31, 2017

Doha – Le Qatar a accusé l’Arabie saoudite, en crise ouverte avec Doha, de mettre des obstacles à la participation de ses ressortissants au hajj, mais s’est défendu de vouloir internationaliser la gestion du pèlerinage annuel à La Mecque.

Dans un communiqué publié dimanche soir, le ministère des Affaires islamiques du Qatar a affirmé que Ryad « a refusé de communiquer au sujet des garanties de sécurité des pèlerins (qataris) et de l’assistance pour leur hajj ».

L’Arabie saoudite a imposé des sanctions au Qatar, dont la fermeture de son espace aérien, depuis qu’elle a rompu ses relations le 5 juin –en même temps que les Émirats arabes unis, Bahreïn et l’Égypte– avec l’émirat gazier, accusé de soutenir des groupes extrémistes et de se rapprocher de l’Iran chiite, le grand rival du royaume sunnite.

Ryad a toutefois assuré le 20 juillet que les ressortissants qataris voulant se rendre à La Mecque pour le grand pèlerinage musulman –un des cinq piliers de l’islam– étaient les bienvenus, mais a assorti leur venue de certaines restrictions.

Les autorités saoudiennes refusent notamment que ces pèlerins arrivent directement de Doha à bord de vols de la compagnie Qatar Airways.

Le ministère des Affaires islamiques du Qatar a dit souhaiter « connaître les entités haut-placées compétentes en Arabie saoudite, capables d’offrir ces garanties (de sécurité) et exprime ses regrets de voir la politique mêlée à l’un des piliers de l’islam, ce qui pourrait empêcher de nombreux musulmans d’accomplir ce devoir sacré ».

Les déclarations qataries ont été interprétées par des médias de pays hostiles au Qatar comme un appel à « internationaliser » l’organisation du hajj, qui est actuellement assurée par les autorités saoudiennes.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir a estimé dimanche sur la chaîne saoudienne Al-Arabiya qu’un appel à internationaliser la gestion de ce pèlerinage reviendrait à « déclarer la guerre » à son pays.

Lui répondant, son homologue du Qatar a affirmé quelques heures plus tard qu' »aucun responsable (de son pays) n’a fait de déclarations concernant une internationalisation du hajj ».

« Aucune démarche n’a été faite pour discuter du hajj à un niveau international », a ajouté cheikh Mohamed ben Abderrahmane Al-Thani sur la chaîne de télévision qatarie Al-Jazeera.

« Le Qatar n’a jamais politisé le hajj et je regrette de dire que la question a été politisée par l’Arabie saoudite », a-t-il ajouté en référence aux restrictions faites aux pèlerins de son pays.

Il a accusé les médias d’avoir « fabriqué » et « inventé » l’appel qui a été attribué à son pays sur une internationalisation du hajj.

Le rituel du hajj, qui débute fin août cette année, est l’un des cinq piliers de l’islam que tout croyant musulman est appelé à effectuer au moins une fois durant sa vie s’il en a les moyens.

Lundi, dans un communiqué, le Comité des droits de l’Homme du Qatar a annoncé son intention de lancer une campagne contre les restrictions saoudiennes.

Cet organisme va s’adresser à cette fin au Haut commissariat des Nations unies pour les droits de l’Homme, à l’Organisation de la coopération islamique (OCI) et à la Ligue arabe.

Il a appelé Ryad à renoncer « vite à ces restrictions », citant notamment la limitation aux seuls aéroports de Jeddah et de Médine pour l’entrée des pèlerins en provenance du Qatar.

Le comité s’est enfin dit préoccupé par la « rhétorique anti-Qatar (…) qui risque de menacer la sécurité de ses pèlerins ».

Romandie.com avec(©AFP / 31 juillet 2017 15h28)                                            

La Mecque: populaire au hajj, le « selfie » irrite les conservateurs

octobre 5, 2014

La Mecque: populaire au hajj, le 'selfie' irrite les conservateurs
La Mecque: populaire au hajj, le « selfie » irrite les conservateurs © AFP

La folie des « selfies » a saisi cette année les pèlerins à La Mecque, qui se prennent en photo devant les sites les plus sacrés de l’islam, au risque d’irriter les religieux tenants de la tradition.

Youssef Ali lève un bras devant lui, étreint son père et tous deux sourient à l’appareil photo devant les stèles de lapidation de Satan.

Un peu plus loin, Ali Mohammed Ali, 24 ans, prend un selfie devant la pancarte verte sur laquelle est écrit « la Grande Jamarah », l’une des trois stèles du site de Mina, à quelques kilomètres de La Mecque.

« Comme c’est mon premier hajj, il est important d’enregistrer ce qui se passe autour de moi », explique ce Koweïtien barbu et vêtu d’une façon décontractée, avec pantalon de survêtement et paire de sandales.

« Partout où je vais, je prends des photos, surtout depuis qu’il existe ces petites caméras qui permettent les vues panoramiques », ajoute-t-il, tout sourire.

Malgré ses 65 ans, le père d’Ali ne voit pas de mal à prendre des clichés de soi-même. Car, selon lui, « ceux qui prennent ces photos immortalisent un évènement rare, une expérience unique dans la vie d’un musulman ».

Du Tawaf, la circonvolution autour de la Kaaba, monument cubique au milieu de la Grande mosquée vers lequel les musulmans s’orientent pour prier, au Mont Arafat, lieu de prière et d’invocation, toutes les étapes du rituel sont ainsi immortalisées par les centaines de milliers de pèlerins venus cette année à La Mecque.

Cela fait du hajj, le plus grand rassemblement annuel musulman qui s’achève mardi, l’un des évènements les plus diffusés sur les réseaux sociaux.

– #Hajjselfie –

Deux femmes en abaya, ample robe noire couvrant tout le corps, s’apprêtent elles aussi à effectuer le rituel de lapidation au lendemain de la célébration de l’Aïd al-Adha, la fête du sacrifice. Mais, avant, elles s’arrêtent brièvement pour un rapide autoportrait.

« Ma fille et moi, nous prenons des selfies pour envoyer nos images aux membres de notre famille à Paris », témoigne la mère, Oum Abdallah, une Saoudienne de 44 ans de Jeddah (ouest).

Wafa Ahmed, sa fille de 19 ans, avoue « aimer prendre des selfies » partout où elle va pour les montrer à ses amis et les garder pour elle.

Mais ce phénomène ne va pas sans susciter l’incompréhension ou l’hostilité de fidèles conservateurs qui les expriment notamment en utilisant le hashtag #Hajjselfie sur Twitter.

« Quand il a effectué la Omra (petit pèlerinage) au milieu des années 1990, mon père a failli se faire confisquer sa caméra aux cris +haram+ (illicite), alors que maintenant tout le monde fait des selfies » avec son téléphone portable, s’étonne un fidèle.

« Le Hajj est un dépassement de soi. Les selfies n’apportent rien », dit un autre.

Interrogé par l’AFP, un professeur de théologie à Ryad ne voit « pas de problème si les photos sont destinées à l’usage personnel et non à une large diffusion ».

« Si l’objectif est de se glorifier, elles sont illicites, notamment celles prises pendant les rituels du hajj », précise-t-il cependant.

Pour cela, « il vaut mieux que les musulmans les évitent », conclut ce religieux sous couvert d’anonymat.

L’adolescente saoudienne Wafaa Ahmed avoue ne pas être convaincue par cette consigne car « prendre des selfies n’a rien à voir avec la religion ».

Des pèlerins plus âgés, comme Mohammed Ali, partagent son scepticisme. Les appareils photo sont des « outils, tout comme les téléphones mobiles que les religieux n’ont pas interdit et qu’ils utilisent eux-mêmes ».

Jeuneafrique.com avec AFP