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Zambie : Hakainde Hichilema face à la « montagne » de la dette

août 29, 2021
Hakainde Hichilema, lors d’une conférence de presse à son domicile, à Lusaka, le 16 août 2021.

Lors de son premier discours en tant président, Hakainde Hichilema s’est engagé à réduire la dette du pays, désormais supérieure au PIB.

C’est masqué que le nouveau président zambien a prêté serment devant une foule de 60 000 spectateurs. Lors de son premier discours en tant que président, Hakainde Hichilema est revenu sur ses principaux objectifs : rendre la « vie meilleure », réduire le chômage et le poids de la dette.

Le successeur d’Edgar Lungu, qui en était à sa sixième candidature, va devoir relancer une économie minée par la dette, fragilisée par les cours imprévisibles des matières premières, et depuis peu le Covid-19. Entre 2019 et 2020 la dette du pays est passée de 94,5 % du PIB à plus de 117 % et la Zambie est devenue en novembre dernier le premier pays africain à faire défaut sur sa dette souveraine depuis le début de la pandémie.

« Au cours de la dernière décennie, le niveau de la dette est devenu insoutenable, réduisant la capacité du pays à investir », a soutenu Hakainde Hichelma devant ses sympathisants réunis dans le stade des Héros de Lusaka, la capitale du pays.

Restaurer la confiance

« Notre priorité au cours des cinq prochaines années sera de restaurer la stabilité macroéconomique », a-t-il poursuivi. « Nous accorderons une attention particulière à la réduction du déficit budgétaire, à la réduction de la dette publique et au rétablissement de la confiance des marchés dans notre pays. »

La dette extérieure zambienne s’élève au total à 12 milliards de dollars, dont environ 3 milliards d’euro-obligations, 3,5 milliards de dettes bilatérales, 2,1 milliards de dollars dues à des organismes de prêt multilatéraux (le FMI notamment), et 2,9 milliards de dollars dûs à des banques commerciales.

La victoire surprise d’Hakainde Hichilema, surnommé « HH », réussira peut-être à rassurer les créanciers : depuis son arrivée au pouvoir la différence de taux d’intérêts entre les bons du Trésor américains, valeurs de référence, et les obligations zambiennes est revenu à son niveau d’avant la pandémie.

« Notre budget national a été submergé par le service de la dette », a déclaré le nouveau président zambien, septième homme à occuper ce poste depuis l’indépendance du pays en 1964, promettant de tout faire pour rétablir la situation d’avant crise.

Pour cela, l’ancien homme d’affaires va devoir négocier avec les différents créanciers. Et la tâche ne s’annonce pas facile : les accords trouvés avec la Chine et les groupes chinois, qui représentent un quart de la dette extérieure du pays, comprennent des clauses de confidentialité particulièrement délicates au vu des exigences du FMI.

Par Jeune Afrique

Zambie : Hakainde Hichilema élu président

août 17, 2021
Hakainde Hichilema, lors d’une conférence de presse à son domicile, à Lusaka, le 16 août 2021.

Le 16 août, Edgar Lungu, le chef de l’État sortant, a été largement battu par son éternel opposant. À la surprise générale.

Ce lundi 16 août, Hakainde Hichilema, 59 ans, est devenu le septième président zambien démocratiquement élu, devançant Edgar Lungu de près de 1 million de voix.PUBLICITÉ

Candidat pour la sixième fois, Hichilema faisait figure d’éternel second. C’est la troisième fois qu’il faisait face à Lungu, président depuis 2015, dont il était devenu le principal opposant.

En prison pour « trahison »

Cet homme d’affaires autodidacte est, depuis 2006, à la tête de l’Alliance démocratique unie (UPND), qui prône le libéralisme social et économique, à l’encontre des idées du Front patriotique (FP), le parti conservateur du chef de l’État sortant.

Hichilema s’était vivement opposé à la réélection de Lungu en 2016. Il avait alors dénoncé des fraudes et multiplié les recours, ce qui lui avait valu d’être poursuivi en justice, puis incarcéré, d’avril à août 2017, pour « trahison ».

« HH », comme on l’appelle, a fini par s’ imposer comme le candidat du peuple, en particulier durant cette dernière campagne. La population le surnomme aussi « Bally », terme utilisé pour parler d’un aîné, en signe de respect.

Le 15 août dans l’après-midi, Hichilema a rendu visite à l’ancien président Rupiah Banda, avec qui il a évoqué « un large éventail de questions relatives au bien-être [du] peuple [zambien] », comme il l’a ensuite indiqué sur Twitter.

Soutiens étiolés

Entre le président sortant et son opposant, la course était serrée depuis le début de la campagne. Mais c’est l’état du pays, notamment sur le plan économique, qui a desservi Edgar Lungu. Ses soutiens se sont en effet étiolés du fait de l’augmentation du coût de la vie, conséquence d’une hausse du taux de l’inflation de plus de 20% durant son dernier mandat, particulièrement depuis le début de la pandémie de Covid-19.

Les citoyens mécontents lui ont également reproché ses nombreux emprunts à des créanciers chinois pour financer la création d’infrastructures. La Zambie a été le premier pays africain à faire défaut sur sa dette depuis le début de la pandémie.

Avec un taux de participation supérieur à 70%, la population était au rendez-vous pour cette élection. Les bureaux de vote étaient restés ouverts tard dans la nuit du 12 au 13 août, jusqu’à 5 heures du matin, en raison de l’affluence. Certains électeurs patientaient depuis la fin d’après-midi.

Ce n’est que le 16 août à 2h30 du matin, à l’issue d’un dépouillement qui aura duré plusieurs jours, qu’Esau Chulu, le président de la commission électorale, a déclaré officiellement Hichilema président de la Zambie.

« La victoire est en vue »

Après une campagne au coude-à-coude, l’enthousiasme était palpable dans les rues de Lusaka, où de nombreux partisans de l’UPND, arborant les couleurs de leur parti, fêtaient la victoire avant même l’annonce des résultats.

Dans la soirée du 14 août, le FP avait fait savoir qu’il n’excluait pas de déposer des recours dans trois provinces, bastions historiques de l’opposition, qui, selon lui, auraient été le théâtre de violences lors du scrutin, de nature à invalider ce dernier.

Le matin même, Hichilema avait appelé au calme. « La victoire est en vue . Je demande à nos partisans de se réfréner », avait-il écrit sur son compte twitter. « Nous avons voté pour le changement, pour une Zambie meilleure, libérée de toute violence et discrimination. Incarnons le changement pour lequel nous avons voté », avait-il conclu

Par Jeune Afrique

Présidentielle en Zambie : ambiance fébrile et décompte au coude-à-coude

août 13, 2021
Des partisans du président zambien Edgar Lungu dans les rues de Lusaka, en Zambie, le 10 août 2021.

Le décompte des voix a repris en Zambie vendredi, au lendemain d’un scrutin tendu mais émaillé de peu d’incidents. Le président sortant et son opposant historique sont annoncés au coude-à-coude.

Les résultats de la présidentielle, mais aussi des législatives et municipales dans ce pays à l’économie plombée – la Zambie est le premier État du continent à faire défaut sur sa dette dans la foulée de la pandémie de coronavirus -, devront être connus d’ici dimanche soir.

L’écart entre le président sortant Edgar Lungu, 64 ans, et son infatigable rival qui se présente pour la sixième fois, Hakainde Hichilema, 59 ans, n’était que d’un peu plus de 100 000 voix en 2016. Il pourrait être encore plus serré, croient savoir les sondeurs.

Jeudi, les électeurs se sont mobilisés paisiblement, faisant parfois très longtemps la queue pour exprimer leur choix. Dans ce pays riche en mines de cuivre, les difficultés économiques et la forte inflation semblent avoir entamé le soutien à Edgar Lungu – accusé de se montrer de plus en plus inflexible depuis son arrivée au pouvoir.

Violences

Des violences ont été signalées dans la province du Nord-Ouest, un bastion d’Hichilema, où deux personnes dont un responsable du parti au pouvoir, le Front patriotique (PF), ont été tuées, a annoncé le président jeudi soir, accusant le parti de son rival, le Parti uni pour le développement national (UPND). La commission électorale zambienne a ouvert une enquête sur ces violences et ce meurtre, dont l’UPND s’est distancié, accusant le pouvoir de tenter ainsi de faire diversion. Le PF avance aussi que certains de ses partisans ont été agressés et chassés des bureaux de vote dans le sud du pays.

Edgar Lungu, qui avait déployé l’armée au début du mois pour renforcer l’ordre pendant la période électorale après des violences sporadiques, a annoncé le renfort d’effectifs militaires dans trois provinces. L’opposition craint que le président n’exagère l’ampleur de la violence et de l’instabilité dans les régions d’opposition pour justifier l’invalidation de résultats.

D’importantes perturbations d’accès aux réseaux sociaux, constatées jeudi notamment dans la capitale Lusaka, et coïncidant avec le moment du vote de Hakainde Hichilema – surnommé « HH » ou « Bally », terme affectueux désignant un aîné – suscitent aussi l’inquiétude.

Mise en garde

Le scrutin s’est poursuivi longtemps après la fermeture des bureaux de vote prévue jeudi à 18 heures, pour faire voter tous ceux qui étaient déjà installés dans la queue. Jusqu’à 3 heures du matin, dans certains endroits, a précisé la commission électorale. Des dépouillements partiels seront annoncés régulièrement jusqu’à dimanche soir quand tous les bulletins devraient être comptés.

Edgar Lungu a déjà laissé entendre que les violences du jour de l’élection avaient « empêché », dans trois provinces, les élections d’être « libres et équitables ». Les résultats à Lusaka, bastion traditionnel du parti au pouvoir qui concentre 3,3 millions de Zambiens, et dans la province centrale de Copperbelt, essentielle à l’économie du pays avec ses mines de cuivre, sont particulièrement scrutés, pouvant faire basculer l’élection.

Les observateurs, zambiens et internationaux, ont mis en garde contre d’éventuels troubles lorsque les résultats seront connus. « Le véritable test sera dans le processus de comptage », a commenté l’économiste zambien indépendant Trevor Simumba.

Par Jeune Afrique avec AFP

Zambie: le chef de l’opposition inculpé de « trahison » (police)

avril 12, 2017

Lusaka – Le chef de l’opposition zambienne, Hakainde Hichilema, qui refuse toujours de reconnaître sa défaite à la présidentielle d’août 2016, a été inculpé mercredi de « trahison » pour avoir tenté de bloquer le convoi du chef de l’Etat Edgar Lungu.

« Nous avons inculpé Hichilema ainsi que cinq autres personnes de trahison », a annoncé à la presse le chef de la police zambienne Kakoma Kanganja.

Le chef du Parti uni pour le développement national (UPND) a été arrêté mardi matin à son domicile de Lusaka au terme de plusieurs heures d’un véritable siège qui a mobilisé une centaine de policiers.

Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène et pris d’assaut son domicile, avant de le conduire dans un camp d’entraînement de la police pour y être interrogé.

Selon son avocat, Jack Mwiimbu, M. Hichilema est officiellement accusé d’avoir voulu bloquer le convoi du président Lungu, dimanche à l’occasion d’un déplacement dans l’ouest.

Mais selon l’opposition, il paie son refus de reconnaître la victoire d’Edgar Lungu à l’élection présidentielle d’août dernier.

Candidat pour la cinquième fois, celui qui est surnommé « HH » avait alors été devancé d’à peine 100.000 voix (2,5% des suffrages) par M. Lungu, au pouvoir depuis 2015.

Il avait contesté les résultats pour fraude mais la Cour constitutionnelle avait validé la réélection de M. Lungu. Il a depuis déposé d’autres recours devant les tribunaux.

La qualification de trahison, qui ne permet pas de libération sous caution en Zambie, est passible d’un minimum de quinze ans de prison et dans le pire des cas de la peine de mort.

Ce n’est pas la première fois qu’Hakainde Hichilema est interpellé. En octobre dernier, il avait passé une nuit en détention, accusé d’incitation à l’insurrection et de rassemblement interdit.

Romandie.com avec(©AFP / 12 avril 2017 13h38)

Présidentielle en Zambie: le chef de l’opposition proteste contre le retard des résultats

août 14, 2016

Lusaka – Le chef de l’opposition zambienne, Hakainde Hichilema, s’est rendu dimanche au siège de la commission électorale pour protester contre la lenteur du dépouillement des bulletins de la présidentielle dont les résultats partiels le donnent devancé par le président sortant Edgar Lungu.

Trois jours après le vote, près de la moitié des résultats – 69 circonscriptions sur 156 – avaient été publiés. Ils créditent M. Hichilema de 644.132 voix contre 699.960 au président Lungu, chef du Front patriotique (PF), qui arrive également en tête dans la capitale Lusaka.

M. Hichilema, un entrepreneur qui dirige le Parti uni pour le développement national (UPND), a demandé dimanche à parler au président de la commission électorale Esau Chulu, mais a été bloqué dans un premier temps par la police au siège de la commission dans la capitale Lusaka, a constaté un journaliste de l’AFP.

L’opposant protestait contre le retard pris dans l’annonce des résultats dont la commission électorale avait initialement indiqué qu’ils seraient connus 48 heures après la fin du vote jeudi soir. Pourquoi leur faut-il tant de temps’, s’est-il alarmé face à l’AFP.

Aucune explication n’a été fournie par la commission électorale.

Mais peu de temps après, M. Hichilema a finalement été reçu par des membres de la commission électorale, lors d’une réunion qui a duré près de deux heures.

Nous nous sommes mis d’accord sur le fait qu’aucune déclaration de résultats ne devait intervenir pour la ville de Lusaka, a-t-il rapporté aux journalistes qui l’attendaient à l’issue de cette rencontre.

Il a estimé que les prochains décomptes concernant la capitale devraient être vérifiés par tous les partis avant d’être publiés, sinon la commission ne ferait rien d’autre que d’assister un parti qui chercherait à voler l’élection. L’opposant n’a pas précisé à quel parti il faisait allusion.

Vendredi soir, M. Hichilema avait accusé le PF de s’entendre avec la commission électorale afin de retarder l’annonce des résultats et permettre au parti au pouvoir de truquer le vote.

Le porte-parole du PF, Frank Bwalya, a répliqué dimanche en estimant que le principal rival du président Lungu n’avait cherché qu’à attirer l’attention en se rendant à la commission électorale. Il voulait forcer la police à l’arrêter, a-t-il dit.

Selon M. Bwalya, le parti de l’opposant est lui-même à l’origine des retards en raison du dépôt de nombreux recours devant la commission électorale.

M. Hichilema, un homme d’affaires à succès de 54 ans, en est à sa cinquième tentative de conquête de la présidence après avoir perdu de justesse (1,5%) contre M. Lungu l’an dernier.

Il s’agissait alors d’une élection anticipée pour désigner un dirigeant le temps d’achever le mandat du président Michel Sata, décédé de maladie en octobre 2014.

Le court mandat de M. Lungu, 59 ans, a souffert de la chute des cours du cuivre dont la Zambie, deuxième producteur d’Afrique, est ultradépendante.

La campagne électorale a été tendue et émaillée d’affrontements parfois violents qui ont fait au moins trois morts.

Romandie.com avec(©AFP / 14 août 2016 18h22)

Edgar Lungu, candidat du pouvoir, remporte la présidentielle en Zambie

janvier 25, 2015

Portrait d'Edgar Lungu, à Lusaka.
Portrait d’Edgar Lungu, à Lusaka. © Gianluigi Guerci/AFP

Le candidat du pouvoir en Zambie, le ministre de la Défense Edgar Lungu, a remporté l’élection présidentielle, a annoncé samedi la commission électorale.

Edgar Lungu, candidat du Front patriotique (PF), est arrivé premier d’une courte tête avec 48,33% des voix, devançant son rival Hakainde Hichilema, candidat du Parti de l’unité pour le développement national (UNPD), qui a obtenu 46,67% des voix lors du scrutin de mardi.

Dans les rues de la capitale Lusaka, les partisans du Front Patriotique ont bruyamment célébré la victoire de leur candidat, juriste de 58 ans, et la police a du faire usage de gaz lacrymogènes pour empêcher les supporteurs d’envahir le centre de conférence où étaient annoncé les résultats officiels.

Un scrutin perturbé par des retards

Hakainde Hichilema avait dénoncé plus tôt samedi un « simulacre » d’élection, alors que le scrutin avait été entaché de retards. Le scrutin s’est prolongé sur trois jours notammlent en raison des mauvaises conditions météorologiques qui ont empêché les électeurs d’accéder aux bureaux de vote.

Cet homme d’affaires de 52 ans, qui briguait la présidence pour la quatrième fois, a accusé son rival de lui avoir volé sa victoire.

Edgar Lungu doit prêter serment dimanche et deviendra ainsi le sixième président de la Zambie (ancienne Rhodésie) depuis son indépendance du Royaume-Uni en 1964.

Le nouveau président dirigera ce pays d’Afrique australe jusqu’en septembre 2016, fin du mandat de cinq ans que n’a pas achevé Michael Sata, le chef de l’Etat décédé en octobre.

Jeuneafrique.com avec © 2015 AFP