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Chine: Pékin ordonne le retrait de symboles musulmans de plusieurs restaurants halal

août 1, 2019

 

Les autorités chinoises ont demandé à des employés de onze restaurants halal pékinois de couvrir ou d’effacer les écritures arabes ou symboles musulmans présents dans le commerce. Une décision qui s’inscrit dans un contexte de «sinisation» et de contrôle des religions.

«Ils nous parlent toujours d’unité nationale, et que la Chine s’internationalise. Mais c’est de l’unité nationale, ça?». À Pékin, les autorités chinoises ont exigé auprès d’employés de onze restaurants de retirer de leurs échoppes toutes écritures et symboles qui s’apparentent à l’islam, rapporte Reuters ce 1er août. Sont ainsi visés les croissants de lune, mais aussi le mot «halal» écrit en arabe.

«Ils nous ont dit que c’était de la culture étrangère, et que nous devrions utiliser plus de culture chinoise», a affirmé auprès de l’agence de presse le directeur d’un restaurant de nouilles. Selon lui, il a dû retirer le mot «halal» devant les autorités, qui l’ont regardé faire. Certains magasins ont remplacé les caractères arabiques de leurs échoppes par les termes «qing zhen», qui signifient «halal» en chinois. Si la plupart des employés interrogés n’avaient pas de réticence à couvrir les écritures, l’un des intervenants a accusé les autorités chinoises de vouloir «effacer» la culture musulmane.

China has now banned Islam in Beijing!!

CCP has ordered halal restaurants and food stalls to remove Arabic script and symbols associated with Islam from their signs, part of an expanding national effort to « Sinicize » its Muslim population.

Contacté par Reuters, Zha Xi, membre de la Commission des affaires ethniques de la République Populaire de Chine, affirme que le pays protège et garantit les droits et intérêts de toutes les minorités ethniques. «Actuellement, notre régulation de la nourriture halal est gérée localement. Chaque province la régente selon les coutumes et habitudes de ses habitants», a-t-elle déclaré.

Cinq religions étroitement surveillées par la Chine

20 millions de musulmans sont présents en Chine. Et il existe environ 1000 restaurants halal à Pékin, indique The Independent . Cette nouvelle campagne s’inscrit dans un contexte de contrôle des religions. Comme le rapportait Le Figaro en 2018, la Chine a fait entrer en vigueur une législation qui limite les pratiques culturelles ne se conformant pas aux «réalités chinoises». La Chine veut ainsi «siniser» les croyances répandues sur le territoire.

Officiellement, le pays reconnaît cinq religions: le catholicisme, le protestantisme, le bouddhisme, le taoïsme et l’islam. Chacune d’entre elle est étroitement surveillée: par exemple, des églises indépendantes ont été fermées en 2018, et certaines croix ont été retirées du haut d’édifices religieux, parfois avec l’aide de grues, comme l’écrivait France 24 l’année dernière. Mais l’Islam demeure la religion qui est la plus scrutée par les autorités chinoises.

Le gouvernement est notamment préoccupé par la situation dans la province du Xinjiang, où vivent près de 10 millions d’Ouïghours, de confession musulmane. La région a connu de nombreuses violences ces dernières années, et les autorités estiment que certains séparatistes ont des liens avec des groupes djihadistes internationaux. La Chine a d’ailleurs interdit le port du voile intégral, mais surtout ouvert des «camps de déradicalisation».

Le Figaro fr par Steve Tenré avec agences Reuters

Les autorités musulmanes contestent une norme hala inédite

septembre 18, 2017

L’Association française de normalisation (Afnor) rend publique la première norme française pour les aliments halal transformés, au terme de délicates tractations qui ont duré plusieurs années / © AFP/Archives / LOIC VENANCE

Tout juste annoncée, déjà contestée: une norme inédite sur les aliments halal transformés publiée vendredi par l’Association française de normalisation (Afnor) a été sévèrement critiquée lundi par les autorités musulmanes, qui entendent garder la main sur un dossier aussi sensible que juteux.

L’Afnor, organisme associatif rattaché au ministère de l’Industrie, a rendu publique le 15 septembre la première norme française sur le marché halal, en l’occurrence un « guide de bonnes pratiques de fabrication de denrées alimentaires transformées », au terme de longues tractations.

Cette norme très peu répandue en Europe, dont l’Afnor souligne prudemment le caractère « expérimental » – pendant trois ans – et « volontaire » – non obligatoire -, a été élaborée à la demande d’industriels français de l’agroalimentaire en vue de faciliter l’exportation de certains produits.

La norme définit une méthode de production unifiée « halal » (licite en arabe). Elle ne couvre pas le sujet particulièrement délicat de l’abattage des animaux. Elle ne concerne que la partie aval de la filière: de la matière brute au produit transformé, incluant conserves, plats préparés, charcuterie, confiserie, boulangerie.

Ainsi, un industriel qui fabriquerait des saucisses de volaille halal un jour par semaine doit pouvoir garantir qu’il a nettoyé ses outils pour éviter les contaminations croisées s’il produit des saucisses de porc sur les mêmes chaînes de fabrication les autres jours.

– Méthode ‘cavalière’ –

Selon l’Afnor, le nouvelle norme a été préparée en lien avec le Conseil français du culte musulman (CFCM, représentatif), et avec les organismes de certification liés aux mosquées de Paris, Lyon et Evry, qui ont le monopole de l’habilitation des sacrificateurs halal.

Faux, affirme le CFCM, qui « tient à rappeler qu’il a annoncé publiquement en avril 2015 son retrait des travaux ». « Le CFCM et les mosquées n’ont jamais signifié formellement leur souhait de quitter la commission de normalisation », contrairement au certificateur musulman AVS, rétorque l’Afnor.

Le CFCM dénonce aujourd’hui une « manœuvre d’ingérence par l’Afnor dans la définition du halal, qui est du ressort exclusif des instances religieuses musulmanes ». Le recteur de la Grande mosquée de Paris (GMP), Dalil Boubakeur, critique, lui, la « prétention » de l’Afnor, « organisme laïc et civil », à « se parer des attributs de délivrance de licéité cultuelle ».

« Nous ne sommes pas sur une définition du halal, sur une exégèse des textes religieux », répond auprès de l’AFP Nadine Normand, responsable du département agroalimentaire, santé, action sociale de l’Afnor. « Grâce à cette norme, le fabricant aura des éléments qui l’aideront à organiser sa production pour prendre en compte les exigences de ses clients », poursuit-elle.

L’enjeu est de taille alors que le marché du halal bat des records dans le monde, où il est estimé à 600 milliards de dollars. Pour la France, il atteignait 5,5 milliards d’euros en 2010, dont 4,5 milliards pour les produits alimentaires, selon une étude du cabinet Solis, spécialisé dans le marketing identitaire.

Le CFCM, qui rassemble les principales fédérations musulmanes dont la Grande mosquée de Paris, ne veut pas être en reste dans ce domaine. Il s’est doté en mars 2016 d’une « charte halal » constituant un « référentiel religieux » unique pour définir le caractère licite, au regard de l’islam, des produits carnés et de leurs dérivés. Mais cette charte très stricte dans son refus de tout étourdissement de la bête avant abattage est restée dans les tiroirs.

« C’est un sujet complexe », dit Aslam Timol, président de la commission halal du CFCM, qui veut « essayer de bâtir quelque chose de sérieux avec les opérateurs économiques et les pouvoirs publics », sans procéder de manière « cavalière » comme, selon lui, l’Afnor l’a fait.

Pour l’anthropologue Florence Bergeaud-Blackler, spécialiste du marché halal et membre de la commission de normalisation de l’Afnor à titre d’observatrice, les responsables du CFCM « font semblant de dénoncer un dispositif auquel ils ont participé et qu’ils n’ont pas dénoncé plus tôt, pour tenter de le contrôler ».

La savante se montre circonspecte devant cette « extension de la normalisation » au domaine religieux. « La France aura sa norme halal, ce qui est quand même préoccupant », dit-elle.

Romandie.com avec(©AFP / 18 septembre 2017 19h01)                

Le président iranien veut du halal? Il ne déjeunera pas à l’Elysée

novembre 9, 2015
 Le président iranien Hassan Rohani et François Hollande.afp.com/Martin Bureau


Le président iranien Hassan Rohani et François Hollande.afp.com/Martin Bureau

Selon RTL, les demandes confessionnelles d’Hassan Rohani bloqueraient la possibilité d’un repas avec François Hollande. L’Elysée évoque une simple « visite de travail ».

François Hollande et le président iranien Hassan Rohani ne devraient pas déjeuner ensemble à l’Elysée la semaine prochaine. « Un repas était envisagé mais il a capoté », ont indiqué à RTL plusieurs interlocuteurs dans les milieux d’affaires français et iraniens. En fait, croit savoir la radio, l’Iran a demandé un menu halal et la suppression des bouteilles d’alcool à table. La France aurait refusé de déroger aux traditions républicaines des repas officiels.

L’idée d’un petit-déjeuner aurait alors été avancée par l’Élysée pour trouver une issue à la question. « Trop cheap » pour le président Rohani, auraient répondu les Iraniens.

Une simple « visite de travail », minimise l’Elysée

Contacté par L’Express, l’Elysée se contente d’indiquer que « le programme n’est pas finalisé ». De toute façon, insiste-t-on dans l’entourage de François Hollande, il s’agit d’une « visite de travail au cours de laquelle le président de la République aura l’occasion de travailler et de parler de sujets majeurs » avec Hassan Rohani. « Une réunion de travail ne conduit pas forcément à un repas », conclut une source proche du dossier.

Il s’agira de la troisième rencontre entre le président iranien et son homologue français. Les deux précédentes s’étaient déroulées à New York, en marge de sommets onusiens.

Lexpress.fr