Posts Tagged ‘Harcèlement’

États-Unis: Melania Trump dénonce le harcèlement sur internet

août 20, 2018

Washington – La Première dame américaine Melania Trump s’est exprimée lundi matin sur la lutte contre le harcèlement sur internet, l’une de ses priorités, son mari débutant lui sa journée par une salve habituelle de tweets acerbes.

« Reconnaissons-le: la plupart des enfants ont davantage conscience des avantages et des pièges des réseaux sociaux que certains adultes », a déclaré Melania Trump à l’occasion d’un colloque sur le cyber-harcèlement dans le Maryland.

Les réseaux sociaux « peuvent être utilisés de nombreuses façons positives, mais également être destructeurs s’ils sont mal utilisés », a ajouté la « First lady », dont les prises de parole publiques sont rares depuis son arrivée à la Maison Blanche.

Après s’être déjà emporté dimanche sur Twitter contre l’enquête russe, du « Maccarthysme de la PIRE espèce » selon lui, Donald Trump a enfoncé le clou lundi matin en qualifiant les enquêteurs de « Honte Nationale! ».

« Ils prennent du plaisir à détruire la vie des gens et REFUSENT d’enquêter sur la vraie corruption du côté démocrate », a dénoncé le président américain, qui a également qualifié les enquêteurs du procureur spécial Robert Mueller de « voyous démocrates ».

M. Trump a qualifié plus tard John Brennan, dans un autre tweet, de « pire Directeur de la CIA de l’histoire de notre pays ».

Le milliardaire américain a décidé la semaine dernière de retirer l’habilitation secret défense de l’ancien chef de la CIA, très critique envers lui.

Interrogée sur le décalage apparent entre les efforts de Melania Trump pour lutter contre le harcèlement sur internet et le comportement de son époux sur Twitter, la porte-parole de la Première dame a répondu que cette dernière était « consciente des critiques », mais qu’elles ne « la dissuaderont pas de faire ce qu’elle estime être juste ».

« Le président est fier de son engagement auprès des enfants et l’encourage dans tout ce qu’elle entreprend », a précisé la porte-parole, Stephanie Grisham.

Romandie.com avec(©AFP / 20 août 2018 16h11)                                                        

Harcèlement sexuel: l’orchestre royal d’Amsterdam licencie le chef Daniel Gatti

août 2, 2018

La Haye – Le prestigieux orchestre royal d’Amsterdam a annoncé jeudi le licenciement de son chef, l’Italien Daniele Gatti, soupçonné de harcèlement sexuel à la suite de témoignages diffusés par le Washington Post dans la foulée du mouvement #MeToo.

« Le Royal Concertgebouw Orchestra a mis fin à la collaboration avec le chef d’orchestre Daniele Gatti avec effet immédiat », a déclaré l’institution dans un communiqué, accusant l’Italien d’avoir causé un « dommage irréparable ».

M. Gatti, 56 ans, a dirigé l’Orchestre National de France de 2008 jusqu’en 2016, année où il a pris la tête du Royal Concertgebouw Orchestra d’Amsterdam.

Le musicien est mis en cause par plusieurs femmes dénonçant des actes de harcèlement sexuel commis en 1996 et en 2000. Daniele Gatti a nié ces accusations et fait part de ses excuses dans le cas où ces femmes « ne se seraient pas senties traitées avec respect », a rapporté le quotidien néerlandais de référence NRC.

Les témoignages, qui ciblent également d’autres grands noms de la musique, ont été recueillis et compilés par le Washington Post et publiés le 26 juillet.

« Ces accusations et les réactions de M. Gatti ont provoqué beaucoup d’agitation parmi les musiciens et le personnel », a poursuivi l’orchestre d’Amsterdam.

« Depuis la publication de l’article du Washington Post, un certain nombre de collègues féminins de l’Orchestre du Concertgebouw ont rapporté des expériences avec M. Gatti qui sont inappropriées au vu de son poste de chef d’orchestre », a ajouté l’institution. « Cela a causé un dommage irréparable à la confiance entre l’orchestre et le chef d’orchestre. »

Daniele Gatti, né à Milan, a notamment occupé le poste de directeur musical de l’académie Sainte-Cécile de Rome (1992 à 1997). Principal chef invité du Royal Opera House de Londres (1994 à 1997), il a été aussi directeur musical du Royal Philharmonic Orchestra de Londres (1996 à 2009) et du Teatro Communale de Bologne (1997 à 2007).

Via un communiqué de son avocat, Alberto Borbon, le chef d’orchestre a réfuté toutes les accusations portées contre lui. « Le maestro se dit stupéfait et a donné mandat à ses avocats de protéger sa réputation et d’entreprendre d’éventuelles actions si une telle campagne diffamatoire devait se poursuivre », a indiqué l’avocat.

Romandie.com avec(©AFP / 02 août 2018 18h21)                                                        

Égypte: une militante arrêtée après une vidéo contre le harcèlement sexuel

mai 11, 2018

Le Caire – Une militante égyptienne a été arrêtée vendredi après avoir publié sur les réseaux sociaux une vidéo critique des institutions égyptiennes et contre le harcèlement sexuel qui a suscité la polémique, ont indiqué des sources sécuritaires.

Dans la vidéo postée cette semaine sur Facebook, Amal Fathi critique de manière virulente les institutions égyptiennes, en particulier la Banque Misr. Elle accuse notamment les hommes de la sécurité de l’une des agences de l’institution bancaire publique de l’avoir lourdement « draguée ».

« Sales types » ou encore « saleté de peuple », scande-t-elle dans la vidéo.

Mère de famille de 33 ans, Mme Fathi a été placée en détention pour 15 jours le temps de l’enquête sur ordre du Parquet, selon un communiqué de la Commission égyptienne pour les droits et libertés, une importante ONG locale dirigée par son mari Mohamed Lofti.

Mme Fathi est accusée d' »incitation à renverser le régime égyptien », de « diffusion de fausses rumeurs » et d' »utilisation abusive des réseaux sociaux », toujours selon la même source.

« C’est un jour sombre lorsque les autorités égyptiennes sont plus soucieuses de faire taire une femme qui parle du harcèlement sexuel plutôt que de prendre des mesures pour résoudre le problème », a dénoncé Najia Bounaim, directrice des campagnes d’Amnesty International pour l’Afrique du Nord.

« Nous appelons les autorités égyptiennes à libérer immédiatement et sans condition Amal Fathi », a-t-elle déclaré dans un communiqué publié par l’ONG de défense des droits de l’Homme basée à Londres.

Après la publication de la vidéo, la presse égyptienne prorégime a largement dénoncé le discours tenu par Mme Fathi. Le journal gouvernemental Al-Ahram a ainsi annoncé vendredi l’arrestation de « l’auteure de la vidéo insultante contre l’Egypte et les citoyens ».

Militante des droits de l’Homme, Mme Fathi fait par ailleurs l’objet d’une procédure devant le Parquet de la Sécurité d’Etat suprême pour avoir tenté « de faire échouer les dernières élections présidentielles et de provoquer un soulèvement populaire ».

Le président Abdel Fattah al-Sissi, dont le régime est régulièrement accusé par les défenseurs des droits de l’Homme de violer les libertés publiques, a été réélu à plus de 97% des voix en avril.

Romandie.com avec (©AFP / 11 mai 2018 22h13)

Japon: le ministère des Finances admet le harcèlement sexuel d’une journaliste

avril 27, 2018

Tokyo – Le ministère japonais des Finances a admis vendredi que son plus haut fonctionnaire avait harcelé sexuellement une jeune journaliste après avoir été vivement critiqué pour sa réaction jugée légère.

« Le ministère des Finances a conclu que s’était produit un acte de harcèlement sexuel et a décidé de prendre des mesures disciplinaires », a déclaré Koji Yano, vice-ministre adjoint des Finances, au sujet de l’ancien vice-ministre Junichi Fukuda, qui a démissionné cette semaine à la suite d’accusation de harcèlement d’une journaliste de la chaîne TV Asahi.

« Le harcèlement sexuel et l’abus de pouvoir ne peuvent être tolérés. Nous ne devons pas être considérés comme une organisation laxiste sur ces questions. Nous devons changer », a déclaré M. Yano au cours d’une conférence de presse télévisée.

Ces aveux interviennent dans un contexte de scandales qui ont récemment affecté la cote de popularité du gouvernement du Premier ministre Shinzo Abe, dont deux affaires de favoritisme accompagnées d’accusations de falsifications de documents. L’incident semble également marquer le début d’un mouvement #MeToo dans un pays resté jusqu’ici relativement à l’écart.

M. Fukuda a rejeté les allégations le concernant, qui avaient été publiées dans un hebdomadaire. Le magazine avait ensuite diffusé un enregistrement de propos à connotation sexuelle, disant qu’ils avaient été prononcés par M. Fukuda dans un bar où il se trouvait avec la jeune femme.

« Je vais t’attacher les mains. Je peux toucher tes seins? », dit une voix d’homme. « Si on avait une liaison, une fois que le budget sera approuvé? ».

Le magazine affirme que plusieurs autres femmes journalistes ont dit avoir été harcelées par ce haut fonctionnaire, qui leur aurait demandé de pouvoir les embrasser et les emmener dans un hôtel.

Quand les accusations étaient sorties dans la presse, le ministre des Finances Taro Aso avait d’abord semblé minimiser les accusations, affirmant avoir lancé un « avertissement oral » au fonctionnaire au sujet de sa conduite et estimant que son subalterne s’était montré « suffisamment repentant ». Il avait aussi dit qu’il ne comptait pas engager d’enquête.

Les critiques prenant de l’ampleur, il avait ensuite assuré que M. Fukuda serait licencié si les faits étaient prouvés, puis le ministère a finalement ouvert une enquête.

M. Fukuda nie tout harcèlement mais admet avoir rencontré la journaliste de TV Asahi, a précisé le ministère, ajoutant que le fonctionnaire n’a pas fourni d’explications suffisantes pour démentir ses accusations.

Romandie.com avec(©AFP / 27 avril 2018 13h51)                                            

GB: démission du président de l’ONG Save The Children

avril 19, 2018

Londres – Le président de l’ONG britannique Save The Children, Alan Parker, a annoncé jeudi sa démission, invoquant un « besoin de changement » pour l’organisation, deux mois après un scandale de comportements sexuels inappropriés qui a largement ébranlé le secteur humanitaire.

Déclenché par des révélations visant l’ONG Oxfam, ce scandale avait également touché l’organisation Save The Children: deux anciens membres, Brendan Cox et l’ex-directeur général Justin Forsyth, avaient fait l’objet d’accusations pour comportements déplacés envers des collègues féminines.

« Étant donnée la combinaison complexe de défis auxquels notre organisation et le secteur font face, je pense qu’un changement est nécessaire », a écrit Alan Parker dans sa lettre de démission publiée par l’ONG.

Le mandat d’Alan Parker, qui a passé dix ans au sein de l’organisation, devait se terminer en décembre prochain. Il a salué le travail effectué par l’ONG, qui, pendant cette période, « a aidé plus d’enfant qu’à n’importe quel autre moment de son histoire ».

Il a également mentionné les « comportements inacceptables » au sein de la branche britannique de l’ONG, citant les cas de Brendan Cox et de Justin Forsyth, « maintenant soumis à un examen approfondi » par la Commission caritative, l’institution britannique qui contrôle les organisations humanitaires.

« Il s’agit d’une enquête importante, et je travaillerai avec eux (les membres de la commission) pour les aider de tout mon possible », a-t-il souligné. « Il existe un besoin urgent de rétablir la confiance » dans le secteur.

Selon un rapport interne de l’ONG rédigé en 2015, la relation « très proche » entre Alan Parker et Justin Forsyth, qui avait quitté l’organisation en 2016, pourrait avoir eu une incidence sur la façon dont l’organisation à répondu aux plaintes.

Le 22 février, Justin Forsyth avait démissionné de son poste de numéro deux de l’Unicef suite aux accusations de comportement inapproprié formulées par trois employées de Save the Children.

Il avait expliqué sa démarche par la volonté de ne pas causer un « préjudice à l’Unicef comme à Save The Children », tout en estimant que les « erreurs commises » avaient été « traitées » plusieurs années auparavant.

Save The Children avait aussi été accusée d’avoir laissé partir sans sanction Brendan Cox – par ailleurs mari de la députée britannique assassinée en 2016 Jo Cox – alors qu’il lui était reproché un comportement sexuel déplacé.

La directrice général de l’ONG, Helle Thorning-Schmidt, a remercié Alan Parker pour son travail « sans relâche », qui a selon elle permis à l’ONG d’être présente dans « plus de 120 pays » et d’agir pour « 50 millions d’enfants chaque année ».

Romandie.com avec(©AFP / 19 avril 2018 20h20)                                            

Russie: la porte-parole de la diplomatie russe dit avoir été harcelée sexuellement

mars 10, 2018

La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, le 15 janvier 2018 à Moscou / © AFP/Archives / Yuri KADOBNOV

La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a révélé samedi avoir été harcelée sexuellement par le député Léonid Sloutski, déjà accusé des mêmes faits par plusieurs journalistes russes.

A Saint-Pétersbourg, dans le nord-ouest de la Russie, « Léonid a commencé à dire au restaurant des choses que je n’ai vraiment pas trouvé agréables », a-t-elle répondu sur la chaîne de télévision russe NTV après avoir été interrogée sur les accusations de harcèlement sexuel visant ce député.

« J’ai été surprise de voir que ceux qui étaient présents (…) n’ont rien dit à ce moment-là et ne m’ont pas soutenue », a poursuivi Mme Zakharova, précisant que les faits remontent à cinq ans, « lorsqu'(elle) n’était pas une personne connue ».

« Je m’oppose absolument à ceux qui disent que, enfin voyons, elle invente, c’est ce genre de fille, elle ne s’habille pas comme il faut, tout ça ce sont des inventions », a-t-elle ajouté, appelant les femmes victimes de harcèlement sexuel à « parler maintenant et ici ».

Quatre journalistes, dont trois à visage découvert, ont accusé au cours des dernières semaines le député Léonid Sloutski, à la tête de la Commission des Affaires internationales, de les avoir harcelées sexuellement, notamment en faisant des commentaires à connotation sexuelle ou en voulant les forcer à l’embrasser.

Après avoir dénoncé « une vile et basse provocation » puis s’être félicité que ces accusations « renforcent (son) autorité », Léonid Sloutski, 50 ans, a pour la première fois présenté jeudi ses excuses aux victimes présumées.

« A celles d’entre vous à qui j’ai causé volontairement ou involontairement des soucis, je voudrais demander de me pardonner. Croyez-moi, je ne le faisais pas par méchanceté », a-t-il écrit sur Facebook.

Jusqu’à présent, M. Sloutski a été largement soutenu par ses collègues, dont le chef de file du mouvement nationaliste LDPR Vladimir Jirinovski, qui a accusé les victimes présumées d’avoir « reçu des ordres de l’Occident ».

« Vous avez peur de travailler à la Douma ? Si c’est le cas, changez de travail », a également lancé mercredi à une journaliste le président de la chambre basse du Parlement, Viatcheslav Volodine.

Romandie.com avec(©AFP / 10 mars 2018 20h19)                

Royaume-Uni: accusée de harcèlement, la cheffe d’une organisation patronale démissionne

mars 9, 2018

Barbara Judge, le 17 décembre 2013 à Tokyo / © AFP/Archives / Yoshikazu TSUNO

La présidente de l’organisation patronale britannique Institute of Directors, Barbara Judge, a démissionné vendredi après avoir été suspendue à la suite d’accusations de racisme, sexisme et harcèlement moral, a annoncé l’institution.

Barbara Judge a « démissionné (…) aujourd’hui », a indiqué l’Institute of Directors (IoD) dans un communiqué.

« Le conseil se réunira la semaine prochaine pour discuter de la nomination d’un président du conseil par intérim », a ajouté la plus ancienne instance patronale du Royaume-Uni, créée en 1903.

Dans un communiqué publié plus tôt vendredi, l’IoD avait indiqué avoir pris la décision de « suspendre la présidente de l’IoD dans l’attente de plus amples investigations ».

Mme Judge avait déclaré au quotidien conservateur The Times jeudi qu’elle avait de son propre chef décidé de se retirer provisoirement et qu’elle contestait les accusations.

Ce scandale est un coup dur pour l’IoD qui bénéficie depuis un siècle de la « Royal Charter », titre confié à des organisations œuvrant dans l’intérêt public, et censée encourager la bonne gouvernance.

La direction s’est appuyée sur un rapport du cabinet d’avocats Hill Dickinson, engagé par l’IoD pour examiner des accusations qui ont émergé il y a plus de quatre mois.

Ce rapport, vu par le quotidien financier City AM, est particulièrement accablant pour Lady Barbara Judge, 71 ans et présidente de l’organisation depuis 2015. Il détaille pas moins de 41 accusations, dont, pour les plus graves, celles de racisme, sexisme et harcèlement moral envers des membres de l’IoD.

Selon un des nombreux témoignages cités par le cabinet d’avocats, elle s’est adressée au directeur général de l’IoD Stephen Martin en expliquant qu’il y avait un « problème » parce que « nous avons (dans le secrétariat de l’IoD, ndlr) un noir et une femme enceinte et c’est la pire combinaison possible ».

Toujours selon le rapport, elle a regretté qu’une critique de l’Iod envers la rémunération confortable du directeur général de Rolls-Royce pourrait affecter sa relation personnelle avec le président de ce groupe industriel.

De même, elle a voulu s’opposer à la position de l’IoD sur le budget du gouvernement en raison de ses liens d’amitié avec le ministre des Finances Philip Hammond et la Première ministre Theresa May.

Il lui est reproché aussi d’avoir demandé à du personnel de l’IoD d’organiser un événement destiné à promouvoir la marque de vêtement qu’elle gère pour son propre compte par ailleurs.

« C’est une victoire pour les membres du personnel ordinaires, qui ont eu le courage de risquer leur carrière, de s’exprimer et de se plaindre de la conduite et du langage de gens occupants des postes très élevés », a commenté le directeur général de l’IoD, Stephen Martin.

Deux autres membres du conseil d’administration ont également démissionné, Kenneth Olisa et Arnold Wagner.

« C’est aussi une victoire pour la bonne gouvernance », a ajouté M. Martin

Romandie.com avec (©AFP / 09 mars 2018 21h39)                

Trump dénonce ses accusatrices, s’en prend à une sénatrice

décembre 12, 2017

Le président américain Donald Trump le 11 décembre 2017 à Washington / © AFP / SAUL LOEB

Donald Trump a dénoncé mardi les « histoires inventées » des femmes qui l’accusent de comportements sexuels déplacés et s’en est pris avec agressivité à une sénatrice démocrate, affirmant dans une formulation chargée d’ambiguïté qu’elle était « prête à tout » pour de l’argent.

Si, pendant plusieurs semaines, le mouvement #MeToo lancé après les révélations sur Harvey Weinstein a semblé épargner le locataire de la Maison Blanche, la donne pourrait être en train de changer.

Et loin d’apaiser la polémique ou d’apporter des éléments de réponse, sa virulente riposte, qui a suscité une avalanche de réactions indignées, pourrait contribuer à braquer les projecteurs un peu plus sur son comportement vis-à-vis des femmes.

Trois d’entre elles, qui l’avaient déjà mis en cause durant la campagne de 2016, se sont en effet retrouvées ensemble lundi sur un plateau de télévision pour réclamer au Congrès l’ouverture d’une enquête sur le président des Etats-Unis.

Rachel Crooks, ancienne réceptionniste à la Trump Tower de New York, a raconté comment, en 2005, alors qu’elle était âgée de 22 ans, le magnat de l’immobilier l’avait embrassé sans son consentement. « J’étais choquée, anéantie », a-t-elle témoigné, expliquant s’être sentie « un peu menacée ».

Comme souvent, c’est via Twitter, en début de journée, et surnoms moqueurs à l’appui, que Donald Trump a réagi.

« En dépit de milliers d’heures perdues et de millions de dollars gaspillés, les démocrates ont été incapables de démontrer la moindre collusion avec la Russie », a-t-il lancé, dans une allusion à l’enquête du procureur spécial Robert Mueller sur les liens présumés de membres de son équipe avec Moscou.

« Du coup, ils se tournent vers les fausses accusations et les histoires inventées de femmes que je ne connais pas et/où que je n’ai jamais rencontrées. FAKE NEWS! ».

Lundi, un groupe de 54 élues démocrates de la Chambre des représentants a adressé à la commission de Contrôle de la Chambre une lettre réclamant une enquête. « Nous ne pouvons pas ignorer la multitude de femmes qui ont formulé des accusations contre M. Trump », écrivent-elles.

– ‘Tweet répugnant’ –

Dans un autre tweet, le locataire de la Maison Blanche s’en est aussi pris, sur un ton particulièrement violent, à la sénatrice démocrate Kirsten Gillibrand, qualifiée de « poids plume ».

La décrivant comme quelqu’un qui, « il n’y a pas si longtemps, venait dans (son) bureau en suppliant pour des dons pour sa campagne », il a ajouté qu’elle était « prête à tout » pour obtenir ces financements.

« Je ne me tairai pas sur ce sujet, pas plus que les femmes qui ont tenu tête au président hier », a immédiatement réagi cette dernière, dénonçant des « calomnies sexistes ».

La sénatrice de New York, avait été la première a appeler à la démission son collègue démocrate Al Franken, accusé de gestes déplacés par plusieurs femmes.

Elle fait partie des (nombreuses) personnes dont le nom circule comme candidat potentiel pour porter les couleurs démocrates lors de l’élection présidentielle de 2020.

La sénatrice Elizabeth Warren, elle-même cible d’attaques récurrentes de la part de M. Trump, a elle aussi donné de la voix pour dénoncer les propos et les insinuations du 45e président des Etats-Unis.

« Essayez-vous vraiment d’intimider et d’impressionner la sénatrice Gillibrand et de la faire taire par des sous-entendus salaces? », a-t-elle lancé à l’adresse de M. Trump. « Savez-vous à qui vous vous attaquez ? Bon courage Donald Trump ».

La sénatrice démocrate de Californie Dianne Feinstein, a de son côté fustigé un « autre tweet répugnant » de la part de Donald Trump. « Cet homme a un problème, c’est aussi simple que cela », a-t-elle ajouté, lui suggérant de supprimer son compte Twitter « pour le bien du pays ».

La Maison Blanche, elle, a vigoureusement contesté tout connotation sexuelle dans ce tweet matinal.

« Il faut avoir l’esprit mal tourné pour le lire comme ça », a déclaré Sarah Sanders, porte-parole de l’exécutif américain.

Donald Trump, a-t-elle assuré, a utilisé plusieurs fois la même terminologie par le passé, visant des femmes comme des hommes, pour dénoncer le clientélisme et la place de l’argent dans un système politique « qui ne fonctionne plus ».

Romandie.com avec(©AFP / 13 décembre 2017 00h02)                

Harcèlement sexuel au Congrès américain: le ménage commence

novembre 27, 2017

Le sénateur Al Franken, lors d’une réunion au Sénat le 13 novembre 2017 / © GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives / MARK WILSON

Le Congrès américain commence à se réformer pour traiter les affaires de harcèlement sexuel à l’intérieur de l’institution, après de multiples accusations lancées par des femmes contre des parlementaires en exercice.

Les élus reviennent lundi après leurs congés de Thanksgiving et voteront mercredi, à la Chambre des représentants, pour rendre obligatoire une formation anti-harcèlement sexuel pour tous les élus et leurs collaborateurs. Cette formation est aujourd’hui facultative.

Les chefs du Congrès sont sous pression pour réagir, vite, au déballage d’affaires en cours.

Un sénateur démocrate, Al Franken, fait l’objet d’une enquête de la commission éthique du Sénat pour des gestes déplacés et un baiser forcé. Le doyen démocrate de la Chambre, John Conyers, a été accusé de harcèlement mais refuse de démissionner. Et le président Donald Trump soutient coûte que coûte un candidat au Sénat, l’ancien magistrat ultra-conservateur Roy Moore, accusé d’attouchements sur des mineures il y a plusieurs décennies.

Plusieurs élus, emmenés par la démocrate Jackie Speier et la républicaine Barbara Comstock, veulent aller plus loin et réformer une loi de 1995 sur la façon dont les victimes, à l’intérieur du Congrès, peuvent rapporter des faits de harcèlement et obtenir réparation.

Cette loi avait été adoptée en moins de deux semaines en janvier 1995, à une voix de l’unanimité. Mais l’époque a changé et les procédures établies à l’époque sont aujourd’hui dénoncées comme obsolètes et trop en défaveur des plaignants.

Les nouvelles règles proposées permettraient d’accélérer la procédure interne après une plainte, alors qu’aujourd’hui les victimes sont obligées de recourir dans un premier temps à une médiation. Un poste d’avocat des victimes serait créé. La clause de confidentialité ne serait plus obligatoire. Les versements d’indemnités viendraient désormais de la poche de l’élu responsable du harcèlement, alors qu’aujourd’hui c’est le contribuable qui paie.

Et surtout, la liste et le montant des règlements de plaintes devrait être rendue publique annuellement.

– Roy Moore persiste –

« Le système mis en place en 1995 protégeait le harceleur », a dit Jackie Speier sur la chaîne ABC dimanche. « Une victime m’a dit que le processus était presque pire que le harcèlement lui-même ».

Aucun parti n’est épargné par le harcèlement, comme l’affaire John Conyers le montre. L’élu de Detroit, âgé de 88 ans, est une légende au Congrès, héros de la lutte pour les droits civiques des Noirs. Il nie tout harcèlement sexuel mais a reconnu le versement d’indemnités pour régler une affaire avec une ancienne collaboratrice.

Critiquée pour une réaction initiale jugée trop indulgente, la chef des démocrates de la Chambre, Nancy Pelosi, a fini par déclarer que les accomplissements d’un élu, aussi importants fussent-ils, ne donnaient pas « un permis de harceler ».

Mais elle n’a pas appelé à sa démission… et John Conyers est décidé à se battre.

Les chefs démocrates veulent pourtant exploiter l’affaire Roy Moore pour convaincre les électeurs qu’ils sont le véritable parti défenseur des femmes, le parti qui croit les femmes.

Ils pointent du doigt le comportement de Donald Trump qui, en défendant Roy Moore, soutient la ligne de défense du candidat consistant à traiter ses accusatrices de menteuses. Comme le milliardaire l’avait fait concernant la dizaine de femmes l’ayant accusé de harcèlement ou pire, l’an dernier.

Tous les chefs et sénateurs républicains ont coupé les ponts avec Roy Moore, mais ils craignent qu’il ne soit élu le 12 décembre, lors de la sénatoriale partielle de l’Alabama.

Plusieurs membres de la majorité semblent dire qu’ils préféreraient perdre le siège républicain et voir le candidat démocrate, Doug Jones, élu, plutôt que de voir Roy Moore rejoindre leurs rangs.

« Je veux être du bon côté de l’histoire dans cette affaire », a déclaré le sénateur de Caroline du Sud Tim Scott sur ABC.

Le locataire de la Maison Blanche voit les choses à plus court-terme: il a besoin du plus de sénateurs républicains possibles pour faire adopter sa réforme de la fiscalité avant la fin de l’année. La majorité sénatoriale actuelle est de 52 sièges sur 100. Pas question de descendre à 51, dit le président américain.

Romandie.com avec(©AFP / 27 novembre 2017 17h32)

La politique américaine (et Trump) face au fléau du harcèlement sexuel

novembre 17, 2017

Donald Trump, le 16 novembre 2017 à Washington / © AFP / NICHOLAS KAMM

Après Hollywood, le monde de la politique américaine est à son tour ébranlé par le débat sur le harcèlement sexuel, et le président Donald Trump, jusqu’à présent très discret, commence à s’impliquer – malgré les accusations qui pèsent contre lui.

Cette semaine, un sénateur démocrate, Al Franken, s’est excusé pour avoir embrassé une animatrice en 2006 et touché sa poitrine; deux femmes parlementaires ont révélé qu’au moins deux de leurs collègues masculins, non nommés, ont été des harceleurs sexuels; le directeur de cabinet d’une élue, accusé de harcèlement, a démissionné jeudi; et de nouvelles femmes ont accusé un candidat républicain au Sénat, Roy Moore, d’agression sexuelle il y a des décennies.

Le Congrès a connu sa part de scandales sexuels dans son histoire, y compris pour des faits de harcèlement ou d’agression.

L’un des plus connus est Dennis Hastert, ancien président de la Chambre des représentants, qui a admis l’an dernier avoir abusé sexuellement de lycéens alors qu’il était entraîneur de lutte, des décennies auparavant. Ou Clarence Thomas, dont la nomination à la Cour suprême en 1991 a failli être rejetée en raison d’accusations de harcèlement sexuel.

Mais le harcèlement n’était pas vraiment reconnu, dans le monde politique, comme un fléau nécessitant une réponse systémique. La vague de révélations déclenchées par l’affaire Harvey Weinstein, depuis le 5 octobre, a changé la donne.

Désormais, chaque élu et collaborateur de la Chambre devra suivre une formation anti-harcèlement et anti-discrimination, a annoncé cette semaine son président, Paul Ryan. Même mouvement au Sénat, où ces formations étaient facultatives.

La transparence s’améliore. Pour la première fois, l’office spécialisé du Congrès a publié le nombre et le montant des indemnités versées à la suite de plaintes de personnels: 264 règlements de 1997 à 2017, pour un total de 17 millions de dollars. Ces chiffres incluent toutes les plaintes internes, et non les seules affaires de harcèlement.

« Les gens sont nerveux et se demandent: qui sera le prochain? » a dit sur Fox News Kellyanne Conway, conseillère présidentielle, qui en profite pour appeler le parti démocrate à un « examen de conscience ».

– ‘Le couvercle va exploser’ –

Le harcèlement sexuel et la politique forment un mélange hautement combustible, et il était sans doute inévitable que les médias et commentateurs conservateurs ravivent l’affaire Monica Lewinsky, la jeune stagiaire de la Maison Blanche avec qui le président Bill Clinton a eu des relations sexuelles.

Mais il ne s’agit plus que de Fox News. Une sénatrice démocrate, Kirsten Gillibrand, a dit jeudi au New York Times que Bill Clinton aurait dû démissionner. Des journalistes progressistes, comme Matthew Iglesias (Vox.com) et Chris Hayes (MSNBC), ont appelé les démocrates à faire amende honorable, notamment auprès de Juanita Broaddrick, qui accuse Bill Clinton de viol depuis des décennies.

Tout cela conduit naturellement à l’actuel président, accusé par une dizaine de femmes de baisers ou contacts forcés.

« Quand on est une star, elles nous laissent faire, on peut faire ce qu’on veut… Les attraper par la chatte », s’était-il vanté en 2005, selon une vidéo divulguée peu avant l’élection présidentielle.

Donald Trump et ses alliés ont toujours accusé ses accusatrices de faux témoignages… mais le milliardaire a en revanche donné crédit aux accusatrices de Roy Moore, indirectement, et surtout à celles de Bill Clinton, qu’il a publiquement soutenues.

Pourquoi croire certaines femmes et pas d’autres?

« Le président sait évidemment mieux ce qu’il a fait ou n’a pas fait personnellement », a dit sa porte-parole Sarah Sanders jeudi.

En Asie jusqu’à son retour à Washington cette semaine, le dirigeant a évité les questions sur le sujet du harcèlement.

Jusqu’à jeudi soir, peu après 22 heures, quand il a tweeté contre Al Franken. « Et dire que la semaine dernière encore il faisait la leçon sur le harcèlement sexuel et le respect des femmes », a-t-il écrit, à l’offensive.

Un terrain dangereux pour le milliardaire.

Natasha Stoynoff, qui l’a accusé de l’avoir embrassée de force en 2005, a repris la parole jeudi, dans le magazine People. Depuis un an, écrit-elle au magazine, le problème « mijote sur le feu, comme une cocotte-minute. Mais désormais le feu est rallumé, ça va bouillir et le couvercle va exploser ».

Romandie.com avec(©AFP / 17 novembre 2017 19h45)