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Harcèlement sexuel: un député britannique suspendu, nouvelle accusation contre Fallon

novembre 3, 2017

Londres – Un député a été suspendu du Parti travailliste, nouvelle tête à tomber dans le scandale de harcèlement sexuel qui touche la classe politique britannique, après le ministre de la Défense, démissionnaire mercredi et visé par de nouvelles accusations vendredi.

Le député Kelvin Hopkins, 76 ans, a été suspendu en raison d’allégations sur son comportement envers une jeune militante, à qui il aurait également envoyé des SMS suggestifs. Une enquête est menée par le parti à ce sujet.

L’incident s’est déroulé en 2014 lors d’un événement du parti, selon le journal The Daily Telegraph. « Il m’a pris dans ses bras pour me dire au revoir, m’a tenu trop près et a frotté son entrejambe contre moi, ce qui m’a révoltée », a témoigné la militante, Ava Etemadzadeh, 24 ans à l’époque, dans le journal.

Elle a expliqué s’être plainte dans le passé de ce comportement, sans résultat, ce qui risque de mettre en difficulté le chef du parti, Jeremy Corbyn, ami de Kelvin Hopkins qu’il avait nommé au sein de son « shadow cabinet », sorte de gouvernement virtuel d’opposition.

La députée travailliste Jess Phillips a assuré à BBC Radio 4 que l’affaire avait été « parfaitement bien traitée » selon les procédures du parti, mais s’est dite toutefois « un peu préoccupée par le fait que Kelvin a été promu ensuite ».

En fin de journée, Hopkins a nié « catégoriquement » les accusations dont il fait l’objet. « Je lui ai simplement mis un bras autour de l’épaule », a-t-il affirmé, dans un communiqué de ses avocats.

« Je ne l’ai pas serrée fort. Je n’ai frotté aucune partie de mon corps, encore moins mon entrejambe, contre Ava », a-t-il insisté.

Il est le deuxième député travailliste suspendu après Jared O’Mara, qui avait posté des commentaires misogynes et homophobes en ligne il y a plusieurs années.

Côté conservateur, la vague du scandale a emporté le ministre de la Défense, Michael Fallon, 65 ans. Ce poids lourd du gouvernement et proche de la Première ministre Theresa May avait été accusé d’avoir posé une main sur le genou d’une journaliste au cours d’un dîner en 2002. Il avait reconnu que son comportement passé « n’avait pas été à la hauteur ».

Vendredi, de nouvelles accusations ont surgi, concernant des propos tenus à une collègue du gouvernement. A Andrea Leadsom, qui se plaignait d’avoir les mains froides, Michael Fallon aurait répondu: « Je connais un endroit chaud où les mettre », selon The Sun. Des assertions qu' »il dément complètement », selon des sources proches de l’ancien ministre citées par l’agence PA, tandis que l’entourage de Mme Leadsom s’est refusé à tout commentaire.

Pour remplacer Fallon, le gouvernement a nommé Gavin Williamson, 41 ans, une décision critiquée dans les rangs du parti, certains doutant des compétences de ce député qui n’a jamais exercé de fonction ministérielle.

Deux autres membres du gouvernement, le vice-Premier ministre Damian Green et le secrétaire d’Etat au commerce international Mark Garnier, sont aussi mis en cause pour harcèlement.

Soumise à une pression grandissante, Theresa May a présenté vendredi, en tant que chef des conservateurs, un « nouveau code de conduite » applicable aux membres de son parti, parlementaires inclus.

Ce code, écrit-elle dans une lettre adressée au « Speaker » de la Chambre des Communes, John Bercow (équivalent du président de l’Assemblée nationale française), introduit de nouvelles mesures pour traiter les plaintes, « comme la présence d’une personne indépendante au sein du panel chargé » de les examiner.

Il prévoit également une ligne téléphonique « confidentielle » et une adresse électronique pour la réception des plaintes.

Theresa May recevra lundi les chefs de partis politiques pour discuter de la question du harcèlement sexuel au Parlement.

Romandie.com avec(©AFP / 03 novembre 2017 20h51)                   

Harcèlement sexuel: la classe politique britannique en pleine introspection

novembre 2, 2017

Le Palais de Westminster, abritant le Parlement britannique, où sévit une « culture du harcèlement sexuel » selon des assistants parlementaires et militants politiques, le 2 novembre 2017 / © AFP / Daniel LEAL-OLIVAS

Depuis l’affaire Weinstein, la parole s’est libérée au Royaume-uni qui s’interroge sur une « culture du harcèlement sexuel » proliférant dans les couloirs de Westminster.

Cette vague a déjà emporté le ministre de la Défense, Michael Fallon, qui a démissionné mercredi. Il était accusé d’avoir posé sa main sur le genou d’une journaliste.

Si le ministre a nié « beaucoup des allégations » le concernant, il a aussi reconnu « n’avoir pas été à la hauteur » dans le passé.

M. Fallon n’est pas le seul membre du gouvernement mis en cause: le vice-Premier ministre Damian Green est aussi mis en cause pour avoir touché le genou d’une militante et de lui avoir envoyé un SMS suggestif, des accusations qu’il nie farouchement.

Depuis plusieurs jours, les témoignages d’assistants parlementaires ou de militants se multiplient. Il y a ce groupe de discussion WhatsApp sur lequel on se conseille d’éviter tel ou tel politicien, à cause de ses « mains baladeuses », ou parce qu’on ne se sent pas en sécurité seul avec lui. Il y a aussi cette liste qui circule avec les noms de 40 parlementaires conservateurs visés par des accusations variées, de la liaison extraconjugale à l’agression sexuelle.

Avec ses 650 députés, dont une large majorité d’hommes, Westminster serait-il devenu un endroit dangereux pour les jeunes et les femmes?

Pour Dawn Butler, référente sur les questions de femmes et d’égalité au Parti travailliste, principal parti d’opposition, « le problème des abus envers les femmes et du harcèlement sexuel ne se limite pas à ceux qui font des avances non désirées aux femmes ».

« Il s’étend à une culture qui a toléré ou minimisé les abus trop longtemps », écrit-elle dans une lettre à la Première ministre Theresa May.

– ‘Attitude de dinosaure’ –

« Une culture dégradante existe et prospère dans les coulisses du pouvoir », a également dénoncé le chef du Parti travailliste, Jeremy Corbyn.

Son parti n’est d’ailleurs pas épargné, la plus grave accusation venant d’une militante, Bex Bailey, qui dit avoir été violée en 2011 lors d’un événement organisé par le parti. La militante, 19 ans à l’époque, a expliqué qu’on l’avait découragé de porter plainte, lui assurant que cela ruinerait sa carrière.

Face à la multiplication des accusations, une prise de conscience semble en train de s’opérer. Le ministre du Commerce international, Mark Garnier, qui a reconnu avoir affublé sa secrétaire d’un surnom à caractère sexuel et lui avoir demandé d’acheter des sextoys, a reconnu que ses actions pouvaient être vues comme une « attitude de dinosaure ».

Accusé de minimiser les agressions sexuelles, Michael Gove, le ministre de l’Environnement, a lui présenté ses excuses pour une blague douteuse. Entrer dans le studio de BBC Radio 4, « c’est comme entrer dans la chambre à coucher de Harvey Weinstein -on espère émerger avec sa dignité intacte », avait-il déclaré.

Certains soulèvent la question de la consommation d’alcool au Parlement, qui abrite plusieurs bars et restaurants.

Un stagiaire du Parlement, James Greenhalgh a raconté à la BBC qu’un député « puant l’alcool » avait posé son bras sur lui à l’extérieur d’un bar de la Chambre des Communes. « Son bras a soudain glissé vers mes fesses (…) et est allé un peu plus loin entre mes jambes », a-t-il décrit, expliquant s’être senti « violé ».

« Les frontières floues travail/social/alcool n’aident pas. Westminster est un lieu de travail », a tweeté la députée conservatrice Nadine Dorries qui demande la fermeture de ces bars.

D’autres, comme la cheffe des conservateurs écossais, Ruth Davidson, soulignent les rapports de « pouvoir » entre de jeunes diplômés et des députés seniors, capables de faire ou défaire leur carrière.

« Le barrage a cédé maintenant et ces professions dominées par les hommes, où la culture des vestiaires de garçons prévalait et tout le monde riait bien, doit maintenant cesser », a-t-elle déclaré.

« Profondément préoccupée », Theresa May réunira lundi les chefs de partis politiques pour discuter du harcèlement sexuel à Westminster.

Romandie.com avec(©AFP / 02 novembre 2017 13h40)                

Accusé de harcèlement sexuel, le ministre britannique de la Défense démissionne

novembre 1, 2017

Le ministre britannique de la Défense Michael Fallon quitte le 10 Downing Street, le 31 octobre 2017 / © AFP/Archives / Tolga AKMEN

Accusé de harcèlement sexuel, le ministre britannique de la Défense Michael Fallon, un poids lourd du gouvernement de Theresa May, a démissionné mercredi, alors que des révélations d’abus secouent la classe politique britannique.

Le ministre, en poste depuis juillet 2014, est accusé d’avoir posé sa main sur le genou d’une journaliste au cours d’un dîner lors du congrès du Parti conservateur en 2002, un incident pour lequel il avait présenté des excuses.

« Un certain nombre d’accusations ont fait surface ces derniers jours au sujet de parlementaires, dont certaines concernant ma conduite dans le passé. Beaucoup de ces allégations sont fausses mais je reconnais que dans le passé je n’ai pas été à la hauteur des hautes normes requises dans les forces armées que j’ai l’honneur de représenter. J’ai réfléchi à ma position et je présente donc ma démission du ministère de la Défense », écrit Michael Fallon dans sa lettre de démission. Il précise qu’il continuera à siéger au Parlement.

« Mon dieu. Sir Michael Fallon vient de démissionner du ministère de la Défense », a twitté son accusatrice, Julia Hartley-Brewer, ajoutant: « Je doute que la raison en soit mon genou ».

Interrogée sur la chaîne SkyNews, elle s’est dit « incroyablement choquée », rappelant que l’incident avait eu lieu il y a quinze ans. « J’imagine qu’il y a d’autres accusations à venir », a-t-elle commenté, ajoutant: « Je doute vraiment que ce soit à cause de mon genou, et si c’est le cas c’est vraiment absurde et fou ».

Mme May a en revanche salué cette décision. « J’apprécie la manière particulièrement sérieuse avec laquelle vous avez considéré votre position et l’exemple particulier que vous souhaitez donner aux militaires et aux femmes », a-t-elle commenté.

– Réunion sur le harcèlement –

Le départ de ce ministre de 65 ans prive Mme May d’un des membres les plus expérimentés du gouvernement, la forçant à opérer un remaniement à un moment où son leadership est contesté.

Pour les Libéraux-démocrates, « le gouvernement de Theresa May s’effondre comme un meuble bon marché ».

Elle perd aussi en Michael Fallon un soutien dans le dossier du Brexit, auquel il s’était opposé. Ceci risque d’affaiblir un peu plus sa position face aux partisans les plus durs d’un divorce du Royaume uni et de l’Union européenne, en pleines négociations avec Bruxelles.

A Washington, le Pentagone a assuré que « cela ne devrait en aucun cas avoir un impact » sur la relation américano-britannique.

Cette démission intervient au moment où de nombreux hommes politiques britanniques sont visés par des accusations du même type, qui se sont multipliées dans la foulée de l’affaire Weinstein, du nom du producteur américain accusé de viols, agressions sexuelles et harcèlement sexuel.

Les médias britanniques ont rapporté l’existence d’une liste contenant les noms de 40 parlementaires, dont six ministres, accusés d’abus, une liste établie par d’anciennes collaboratrices.

Theresa May a invité les chefs de partis politiques à discuter de la question du harcèlement sexuel lundi. Elle souhaite que soit mise en place « une procédure de plainte commune, transparente, et indépendante pour tous ceux qui travaillent au parlement ».

Un autre de ses proches alliés, le vice-Premier ministre Damian Green, est accusé de harcèlement sexuel, des accusations qu’il réfute. Une ancienne militante du Parti conservateur, Kate Maltby, l’accuse d’avoir posé sa main sur son genou lors d’un rendez-vous dans un pub en 2015, et de lui avoir envoyé un SMS « suggestif ».

Le secrétaire d’Etat chargé du commerce international Mark Garnier a lui reconnu avoir affublé sa secrétaire d’un surnom à caractère sexuel et de lui avoir demandé d’acheter des sex toys.

En outre, une membre du Parti travailliste, Bex Bailey, a déclaré avoir été victime d’un viol par un autre membre du parti, plus âgé et plus expérimenté qu’elle, lors d’un événement organisé par sa famille politique en 2011, alors qu’elle avait 19 ans.

Samedi, le chef des travaillistes, Jeremy Corbyn avait affirmé qu’une « culture dégradante existe et prospère dans les coulisses du pouvoir (…) une culture qui a toléré les violences faites aux femmes depuis bien trop longtemps ».

Romandie.com avec(©AFP / 01 novembre 2017 22h56)                

Harcèlement sexuel: les documents relatifs aux accusations visant Trump requis en justice

octobre 16, 2017

Le président américain Donald Trump, le 13 octobre 2017 à Washington / AFP/Archives

 

L’équipe de campagne de Donald Trump lors de la présidentielle 2016 a reçu l’ordre par la justice de remettre tous les documents en sa possession relatifs aux diverses accusations de harcèlement sexuel ayant visé le candidat, selon le document judiciaire publié par BuzzFeed News dimanche.

Cette injonction, faite en mars dernier à l’équipe de campagne de celui qui était alors officiellement devenu le nouveau président des Etats-Unis, a été émise par la justice américaine dans le cadre d’une plainte en diffamation déposée par Summer Zervos, une ancienne candidate du programme de télé-réalité « The Apprentice » présenté durant des années par Donald Trump, quand il n’était encore qu’un riche homme d’affaires.

Cette plainte accuse le président des Etats-Unis d’avoir fait « plusieurs déclarations mensongères et diffamatoires » à l’encontre de Mme Zervos après que celle-ci l’a accusé de l’avoir caressée et d’avoir tenté de l’embrasser de force, en 2007, dans un hôtel de Los Angeles.

L’injonction émise à l’encontre de l’équipe de campagne de Donald Trump oblige celle-ci à remettre à la justice l’ensemble des documents qu’elle pourrait détenir ayant un lien avec « toute accusation » ayant visé le candidat républicain durant sa campagne victorieuse de 2015 et lui reprochant « d’avoir soumis » une femme « à des contacts sexuels non consentis et/ou à des comportements sexuels inappropriés ».

Summer Zervos, une ancienne candidate du programme de télé-réalité 'The Apprentice', lors d'une conférence de presse, le 17 janvier 2017 à Los Angeles / AFP/Archives

Summer Zervos, une ancienne candidate du programme de télé-réalité « The Apprentice », lors d’une conférence de presse, le 17 janvier 2017 à Los Angeles / AFP/Archives

 

Et ce que ces documents concernent Mme Zervos « ou toute autre femme » ayant accusé M. Trump, insiste le document publié par le site d’informations BuzzFeed News.

De fait, Mme Zervos et plusieurs autres femmes avaient fait des accusations similaires visant M. Trump après la diffusion en octobre 2016 d’un enregistrement vidéo datant de 2005 dans lequel le futur candidat républicain se vantait « de pouvoir choper (les femmes) par la chatte ». « Quand t’es une star, elles te laissent faire », ajoutait-il.

M. Trump avait banalisé ses déclarations comme de simples « propos de vestiaires » et avait contre-attaqué en qualifiant ses accusatrices de menteuses.

Selon la plainte en diffamation déposée par Mme Zervos, « M. Trump était devenu totalement obsédé, qualifiant Mme Zervos et toutes ses accusatrices de menteuses ayant des arrière-pensées inavouées ».

M. Trump est « un menteur et un misogyne » qui a « dénigré et diffamé Mme Zervos avec des déclarations mensongères », ajoute cette plainte, citée par BuzzFeed.

La-croix-com avec afp

Suisse: Les étudiants victimes de harcèlement sexuel mal protégés

novembre 15, 2016

Le harcèlement sexuel devrait aussi être puni lorsqu’il survient dans la sphère de la formation. La loi actuelle ne protège que les salariés. Plusieurs associations d’étudiants lancent une campagne nationale en ce sens.

En Suisse, il n’existe aucune législation protégeant contre le harcèlement sexuel dans les établissements de formation, font valoir des associations d’étudiants de Vaud, Valais, Neuchâtel, Genève, Fribourg, Berne et Zurich mardi dans un communiqué. La Loi sur l’égalité (LEg) ne couvre que les salariés.

Pourtant, le harcèlement sexuel peut très bien survenir dans les lieux de formation, car tous les ingrédients sont réunis: rapports hiérarchisés et concentration de personnes, soulignent-elles. Conséquence: les cas d’étudiants harcelés sexuellement sont rarement dénoncés, les victimes souvent isolées et mises sous pression. Et les campagnes de prévention sont inexistantes, arguent les associations estudiantines.

Elles demandent donc que la définition et les protections contre le harcèlement sexuel contenues dans la LEg soient étendues à la sphère de la formation. La direction du lieu de formation doit protéger celles et ceux qui viennent étudier, ajoutent les organisations.

Pour une loi unifiée

Elles appellent ainsi les directions d’établissements, les politiques et les cantons à se coordonner et à inscrire dans leurs lois, règlements et directives les règles de la LEg concernant le harcèlement sexuel. Il est nécessaire d’avoir une loi fédérale qui protège de manière unifiée l’ensemble des personnes en formation en Suisse, estiment les associations d’étudiants.

Parmi ces règles, il convient d’informer et de faire de la prévention régulière, de désigner une instance d’aide aux victimes, de former du personnel d’encadrement, de créer une instance indépendante pour mener les enquêtes sur dénonciation, d’appliquer des sanctions efficaces qui préviennent la récidive ou encore de réaliser une enquête dans les établissements de l’enseignement supérieur.

Milliers de tracts

Dans le cadre de leur campagne, le syndicat SUD Etudiants et Précaires de Vaud, Valais et Neuchâtel, la Conférence universitaire des associations d’étudiants (CUAE) et le Collectif d’étudiants en lutte contre les violences sexistes et le harcèlement sexuel (CELVS) de Genève, l’Association féministe universitaire de Lausanne, la kriPofrauensternli (Zurich) et la kriPo-SUD (Fribourg, Berne) distribueront des milliers de tracts et colleront des centaines d’affiches partout en Suisse.

Le 25 novembre, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, les associations estudiantines mèneront plusieurs actions au sein des campus.

Romandie.com avec(ats / 15.11.2016 13h23)             

GB: le Prince Harry dénonce le harcèlement envers sa petite amie

novembre 8, 2016

Londres – Le prince Harry a officialisé mardi le nom de sa nouvelle petite amie, l’actrice américaine Meghan Markle, dans un communiqué de presse inhabituel qui dénonce le harcèlement et les propos racistes dont elle est victime.

Sa petite amie Meghan Markle a été l’objet d’une série d’abus et de harcèlement, écrit le palais de Kensington qui gère la communication du prince, confirmant pour la première fois la romance entre le fils cadet de Diana, âgé de 32 ans, et l’actrice métisse de 35 ans, connue pour son rôle dans la série télévisée Suits: avocats sur mesure.

Le prince Harry est inquiet pour la sécurité de Mlle Markle et est profondément déçu de ne pas avoir été en mesure de la protéger. Il n’est pas normal que Mlle Markle soit sujette à une telle tempête après quelques mois de relation, ajoute son chargé de communication Jason Knauf dans ce communiqué qu’il qualifie lui-même d’inhabituel.

Il dénonce notamment le dénigrement en une d’un quotidien national, le sexisme et le racisme des médias sociaux, les combats juridiques pour empêcher la publication d’histoires diffamatoires et les tentatives d’intrusions illégales de journalistes ou photographes au domicile de l’actrice.

Harry, cinquième dans l’ordre de succession au trône britannique derrière son père Charles, son frère William et les deux enfants de celui-ci, sait que les commentateurs vont dire que c’est +le prix qu’elle doit payer+ ou que +ça fait partie du jeu+. Ce n’est pas un jeu, c’est sa vie à elle et celle du prince, note encore le communiqué.

La jeune femme, qui vit au Canada, est la fille de Thomas W. Markle, directeur de la photographie de séries télévisées et de Dorias, professeure de yoga noire américaine. Selon les médias, la jeune femme a divorcé du producteur américain Trevor Engelson après deux ans de mariage entre 2011 et 2013.

Elle se présente sur son compte Twitter officiel comme une actrice, activiste, lady, gourmet, voyageuse de ce monde magnifique et créatrice de TheTig.com, un site internet réunissant des articles sur l’art de vivre, la mode et les voyages.

En page d’ouverture de ce site figure un appel à voter à l’élection présidentielle américaine. J’ai coché les cases de mon bulletin la semaine dernière en fermant les yeux et en pensant à mes arrières-grand-parents qui n’avaient pas ce droit (en pensant combien cela aurait changé la vie de mes grands-parents s’ils l’avaient eu), écrit Meghan Markle avant de rappeler les grandes dates qui ont marqué l’acquisition du droit de vote aux Etats-Unis, notamment pour les femmes.

Le prince de Galles, dont les frasques de jeunesse lui avaient valu une réputation de joyeux fêtard, s’est efforcé ces dernières années de se forger une image plus mature. Son engagement dans l’armée, en Afghanistan notamment, a joué un rôle central dans cette évolution.

Normalement, le palais ne fait pas de commentaires sur la vie privée de la famille royale.

Mais Harry a demandé à ce que ce communiqué soit publié dans l’espoir que la presse fasse une pause et réfléchisse avant de faire d’autres dégâts, explique Jason Knauf.

Kensington Palace n’avait pas fait de commentaires quand le prince avait rompu en 2014 avec Cressida Bonas qui travaille dans le marketing à Londres.

Auparavant, il avait eu une relation avec Chelsy Davy, la fille d’un organisateur de safari, de 2004 à 2011.

Romandie.com avec(©AFP / 08 novembre 2016 14h29)

France: « Nous ne nous tairons plus » : l’appel de 17 anciennes ministres face au harcèlement sexuel

mai 15, 2016

De gauche à droite et de haut en bas, Christine Lagarde, Aurélie Filippetti, Fleur Pellerin, Valérie Pécresse, Nathalie Kosciusko-Morizet et Cécile Duflot.

De gauche à droite et de haut en bas, Christine Lagarde, Aurélie Filippetti, Fleur Pellerin, Valérie Pécresse, Nathalie Kosciusko-Morizet et Cécile Duflot. AFP/Reuters
« Nous ne nous tairons plus », lancent dix-sept anciennes ministres, de gauche comme de droite, dans un appel publié dimanche 15 mai dans Le Journal du dimanche où elles annoncent qu’elles dénonceront désormais « systématiquement toutes les remarques sexistes, les gestes déplacés, les comportements inappropriés ».

Quelques jours après les accusations de harcèlement visant le député écologiste Denis Baupin, ces anciennes ministres, dont Roselyne Bachelot, Cécile Duflot, Aurélie Filippetti et Nathalie Kosciusko-Morizet, écrivent :

« Comme toutes les femmes qui ont accédé à des milieux auparavant exclusivement masculins, nous avons eu à subir et à lutter contre le sexisme. Ce n’est pas aux femmes à s’adapter à ces milieux, ce sont les comportements de certains hommes qui doivent changer. »

« Ce fléau n’est pas propre à notre univers, loin de là, mais le monde politique a un devoir d’exemplarité », ajoutent-elles, en soulignant que « cela concerne tous les partis, tous les niveaux de pouvoir ».

« L’immunité, c’est fini »

« Cela suffit. L’immunité, c’est fini. Nous ne nous tairons plus », continuent les signataires, parmi lesquelles figurent la communiste Michelle Demessine, la présidente Les Républicains de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, la socialiste Elisabeth Guigou, l’écologiste Dominique Voynet ou encore la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde :

« Nous encourageons toutes les victimes de harcèlement sexuel et d’agressions sexuelles à parler et à porter plainte. Nous demandons à nos partis et à nos groupes politiques de vérifier si de tels actes ont été commis et, si tel a été le cas, d’aider les victimes à faire éclater la vérité. »

« Aujourd’hui, l’arsenal judiciaire existe, mais les lois ne sont pas suffisamment appliquées, déplorent les signataires. Le code du travail protège la salariée, mais il n’est pas respecté. Peu de femmes portent plainte et très peu de plaintes débouchent sur des condamnations. » 

« Plusieurs pistes doivent être étudiées », assurent-elles, en citant notamment l’« allongement des délais de prescription en matière d’agression sexuelle, la possibilité pour les associations compétentes de porter plainte en lieu et place des victimes, la fin de la correctionnalisation des viols », ou bien encore l’« instruction donnée aux parquets de poursuivre systématiquement en cas de harcèlement ».

L’appel est signé par Roselyne Bachelot, Michelle Demessine, Cécile Duflot, Elisabeth Guigou, Aurélie Filippetti, Chantal Jouanno, Nathalie Kosciusko-Morizet, Christine Lagarde, Marylise Lebranchu, Corinne Lepage, Monique Pelletier, Fleur Pellerin, Valérie Pécresse, Yvette Roudy, Catherine Trautmann, Dominique Voynet, Rama Yade.

Lemonde.fr

Comment les partis politiques prennent en charge le harcèlement sexuel

mai 14, 2016

Le buste de Marianne, le 9 décembre 2015.

Le buste de Marianne, le 9 décembre 2015. ROMAIN LAFABREGUE / AFP
Les accusations d’agressions sexuelles visant Denis Baupin l’ont une nouvelle fois prouvé : le sexisme n’épargne aucune sphère de la société, encore moins la très masculine sphère politique. « Dans tous les partis, il y a du sexisme », « les remarques déplacées, les gestes équivoques, ça arrive, comme partout », « il y a du sexisme dans tous les lieux de pouvoir », lâchent pêle-mêle des élus Les Républicains, socialistes ou communistes, encore marqués par l’affaire DSK, qui avait mis au jour le sentiment de toute-puissance de certains hommes politiques.

Quels dispositifs ont-ils été mis en place par les différents partis pour lutter contre ce sexisme ambiant, qui peut parfois se muer en situation de harcèlement, d’agression sexuelle, voire de viol ? A la différence du milieu de l’entreprise, où les employeurs sont tenus de sanctionner tout salarié reconnu coupable de violences sexuelles, les partis politiques n’ont pas l’obligation légale de sanctionner leurs élus ou leurs militants. C’est donc la loi du cas par cas. Et force est de constater que les solutions apportées sont aussi nombreuses qu’il y a de partis politiques, allant de l’absence de dispositif spécifique chez Les Républicains à la « tolérance zéro » des communistes.

Des instances consacrées aux droits des femmes à gauche

Point de convergence entre les partis de gauche historiques, le Parti communiste (PCF) et le Parti socialiste (PS) : tous deux ont créé un secrétariat national chargé du droit des femmes et de la parité. « Ce secrétariat est inscrit dans nos statuts depuis plus de vingt ans », informe la socialiste Claude Roiron, secrétaire nationale aux droits des femmes et à la parité. Au PS, comme au Parti communiste, ces secrétaires siègent au bureau national, ils ont donc droit de cité au sein de la direction. Au sein des Parti de gauche (PG) et Europe Ecologie-Les Verts (EELV), c’est la sémantique qui diverge : les questions des droits des femmes reviennent aux commissions féministes. Les prérogatives de ces instances varient en fonction des partis, notamment concernant la gestion des cas de harcèlement et d’agressions sexuelles.

Au PCF et au PG, le mot d’ordre est à la « tolérance zéro », répètent leurs dirigeants comme un leitmotiv. Perçus comme « une atteinte à l’intégrité et à la dignité humaine », ces faits constituent un motif d’exclusion, inscrit dans les statuts du Parti communiste. « Il y a eu des élus exclus, c’est arrivé, car, si un cas est avéré, il n’y a pas de complaisance. Nous sommes très fermes sur ce sujet », assure la sénatrice Laurence Cohen, qui préside la commission féminisme-droits des femmes. En 2011, Guy Rouveyre, conseiller général (PCF) et premier adjoint d’Echirolles, avait démissionné de ses deux mandats, après que son parti avait appris sa condamnation pour agressions sexuelles.

Même ligne directrice au Parti de gauche, qui refuse d’« être gouverné par des harceleurs », lance Danielle Simonnet, coordinatrice du PG :

« Nous sommes attachés au fait de révoquer les élus, même quand les affaires n’ont pas encore été jugées, et que les faits rapportés sont avérés et accablants. »

Jusqu’ici, le jeune parti créé en 2008, n’a jamais eu à prendre de telles mesures. Layla Yakoub, secrétaire nationale au féminisme, rapporte seulement le cas d’un militant accusé d’avoir harcelé une élue par téléphone. « Le groupe local avait réagi immédiatement en lui demandant de quitter le parti », rapporte Layla Yakoub. Le militant indélicat s’était alors exécuté, sans que l’affaire ait besoin de passer devant la commission de résolution des conflits.

Des sanctions prises au cas par cas

Le PS tient peu ou prou le même discours, même s’il « n’est pas prévu dans les statuts du parti de sanction spécifique contre le harcèlement et les agressions sexuelles », rapporte Claude Roiron. La commission des conflits du PS, ayant autorité dans ce genre d’affaire, statue donc au cas par cas. Et peut décider d’engager des procédures d’exclusion. « Jusqu’ici, il n’a jamais été rapporté, à ma connaissance, des faits de cette nature entre deux camarades socialistes », assure Claude Roiron, qui précise que le recueil des témoignages s’opère généralement au niveau des fédérations départementales.

En réalité, des faits d’agressions sexuelles ont déjà été mis au jour au sein du Parti socialiste, lequel laisse la justice trancher avant de prendre la moindre décision. En 2002, deux employées de mairie avaient accusé Jacques Mahéas, sénateur et maire de Neuilly-sur-Marne, d’agressions sexuelles. Après plusieurs recours successifs devant la justice, l’élu avait été condamné définitivement pour agressions sexuelles en mars 2010. L’affaire DSK, qui a éclaté quelques mois plus tard, en mai 2011, avait rendu le cas de Jacques Mahéas « gravement préjudiciable » au PS. L’élu avait donc été auditionné en juillet 2011 par la commission des conflits, qui n’avait finalement pas eu à statuer sur son éviction, Jacques Mahéas ayant fait le choix de démissionner de lui-même.

A Europe Ecologie-Les Verts, la politique est la même qu’au PS, où il n’existe pas de sanction spécifique pour gérer les cas de violences faites aux femmes. L’article 20 des statuts d’EELV prévoit toutefois la possibilité de radier des membres pour motifs graves. « Le bureau exécutif national, composé de quinze membres, dispose également de la possibilité d’agir en justice en son nom », rappelle, dans une tribune au HuffingtonPost où il réagit à l’affaire Baupin, Jean-Baptiste Soufron, avocat indépendant.

Au sein de parti écolo, ces dispositifs n’ont jamais été appliqués. Pourtant, en mai 2015, quelques jours après la publication dans Libération d’une tribune de femmes journalistes dénonçant le sexisme en politique, la présidente de la commission féminisme, Dominique Trichet-Allaire, avait expliqué, lors d’un conseil fédéral du parti, que des faits relevant de harcèlement et d’agressions sexuels lui avaient été rapportés en interne. Dans la foulée, le bureau exécutif du parti avait convoqué une réunion pour aborder la question. Une adresse mail à l’attention des journalistes, élues et militantes qui souhaiteraient alerter sur des comportements déplacés de la part d’élus écologistes avait été créée. Et un groupe de réflexion mis en place. Autant de démarches qui se sont révélées infructueuses. Aucun mail n’a été envoyé à l’adresse ad hoc, par peur que la présidente du parti de l’époque, Emmanuelle Cosse, la compagne de Denis Baupin, ne les lise. La suite est connue de tous : les faits éclatent lundi 9 mai, un an après, à la faveur du témoignage de huit femmes ayant décidé de briser l’omerta.

« Briser la loi du silence »

A la lumière de l’affaire Baupin, accusé d’avoir bénéficié d’une forme de bienveillance, qui n’est pas sans rappeler celle qui s’était manifestée envers Dominique Strauss-Kahn, différents partis politiques ont amorcé des réflexions pour « briser la loi du silence » et « libérer la parole des femmes ». En première ligne, EELV a publié un communiqué le jour même des révélations :

« Dans l’immédiat, Europe Ecologie-Les Verts entend mettre en œuvre de nouveaux dispositifs internes pour faciliter la libération de la parole, en accompagnant les personnes victimes de comportements répréhensibles, en recueillant leur parole, en les accompagnant vers des associations spécialisées et en mettant à disposition des moyens pour les soutenir dans d’éventuelles démarches juridiques. »

Le 28 mai, le Parti socialiste tiendra une commission droit des femmes pour réfléchir aux manières de « mieux écouter leurs souffrances ». « Il faut essayer de leur donner des lieux, pour instaurer une confidentialité, permettant de libérer leur parole. Cela pourrait être un site Internet ou une boîte mail », détaille la socialiste Claude Soiron, secrétaire nationale du droit des femmes et de la parité, qui envisage également de créer un réseau de femmes en interne :

« Ce réseau serait organisé avec des militantes, des personnes de la vie associative et des femmes de gauche qui souhaitent faire progresser le droit des femmes dans le pays. »

Une initiative similaire est en réflexion à l’Assemblée nationale, où Claude Bartolone a décidé, après avoir eu écho en 2013 de cas de sexisme, de nommer au sein de son cabinet une personne référente – en dehors de toute hiérarchie – pouvant être contactée dans des cas d’agressions ou de harcèlement. « En deux ans, un seul signalement a été enregistré. Il faut donc que ce poste soit plus visible, plus connu et plus facile d’accès », estime Catherine Coutelle, présidente de la délégation de l’Assemblée nationale aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes. Cette dernière envisage, elle aussi, l’instauration d’une plate-forme Internet, ou d’une adresse mail, « comme cela a été fait dans l’armée. »

Le Parti de gauche mise également sur une meilleure communication auprès de ses élus et de ses militants et prévoit de distribuer prochainement un document récapitulant les positions du parti sur le sexisme. Ce document listerait également les contacts de personnes à interpeller en cas de besoin. « Dans certaines régions, il n’y a pas forcément de militants suffisants pour recueillir la parole, ou les réseaux de militants sont trop restreints pour que les femmes osent parler. Ces contacts individuels peuvent être de bon relais », estime Layla Yakoub, dont le parti organise également des « apéros informels » pour mettre des mots sur les causes du sexisme.

L’UDI, qui ne dispose pas de commission pour le droit des femmes, donne également la parole aux femmes, au sein de ses clubs féministes Femmes au centre et le Club des 52. « Les femmes politiques et les collaboratrices peuvent s’y exprimer librement », rapporte la vice-présidente de l’UDI Chantal Jouanno, contactée par Le Figaro.

« Dire aux femmes de saisir la justice »

« Mettre les mots », Valérie Debord, porte-parole des Républicains estime, elle, que « les femmes politiques ont les ressources intellectuelles nécessaires pour le faire. » Le parti Les Républicains ne dispose d’ailleurs pas d’instance consacrée aux droits des femmes. Valérie Debord précise toutefois que le bureau de l’Assemblée, qui exerce une compétence générale sur l’organisation et le fonctionnement interne, est habilité à répondre à d’éventuelles accusations. A l’entendre, celles-ci seraient toutefois inexistantes au sein de son parti :

« Il y a du sexisme en politique, mais pas plus qu’ailleurs. (…) Dans mon parti, ce genre de chose n’existe pas, si un homme dérape, on lui dit, et ça s’arrête. (…) Il faut encourager à libérer la parole. Mais surtout, il faut dire aux femmes de saisir la justice, notre armement pénal est très largement suffisant pour lutter contre ça. (…) Il faut arrêter d’avoir des paroles et passer aux actes. »

Certaines femmes sont justement passées aux actes pour dénoncer les comportements d’agresseurs de certains élus de droite. Pour ne citer qu’eux : Eric Raoult s’est mis en retrait de la vie politique en 2014 après avoir été visé par une plainte pour harcèlement sexuel et moral d’une ancienne collaboratrice qui affirmait avoir reçu des milliers de textos de sa part. Toujours maire de Draveil (Essonne) sous l’étiquette Les Républicains, George Tron, lui, doit être jugé devant les assises de Seine-Saint-Denis à Bobigny pour viols et agressions sexuelles.

Mais, au sein des Républicains, tous ne sont pas sur la même ligne que la porte-parole. Nathalie Kosciusko-Morizet estime, elle, que « l’affaire Baupin n’est pas un problème lié qu’aux Verts », assure un de ses proches, contacté par Le Monde. L’ancienne numéro deux du parti, qui regrette l’absence d’instance et de système d’alerte chez Les Républicains, « réfléchit depuis plusieurs mois à des propositions pour être proactifs sur ce genre de questions ».

Comme chez Les Républicains, le Front national (FN) ne dispose pas de structure consacrée aux droits des femmes, mais affirme que le parti n’est pas particulièrement touché par les problèmes de sexisme. « Le FN est dirigé par une femme, nous avons la plus jeune députée de France qui est une femme, nous ne sommes pas un parti macho », estime l’avocat Wallerand de Saint-Just, trésorier du Front national. Il précise qu’en cas de harcèlement ou d’agression les fédérations départementales sont chargées de remonter les faits aux secrétaires nationaux. « Cela peut donner lieu à des procédures disciplinaires et, pourquoi pas, des exclusions. Pour le reste, il y a la loi française », insiste Wallerand de Saint-Just.

A gauche comme à droite, tous invoquent l’importance de saisir la justice. Force est de constater qu’au vu des mesures internes mises en place, et de leur très relative efficacité, la justice semble être aujourd’hui encore l’ultime garde-fou pour éloigner les politiques inconvenants. Encore faut-il que les femmes osent faire la démarche d’aller porter plainte. La politique n’échappe pas aux statistiques : en France, seules 10 % des femmes victimes d’agressions sexuelles dénoncent les faits en justice.

Lemonde.fr par Cécile Bouanchaud , Journaliste au Monde

Une étudiante arrêtée pour avoir harcelé Emmanuel Macron

février 26, 2016

Une étudiante en droit de Montpellier a été placée en garde à vue pour avoir harcelé durant des mois Emmanuel Macron, a déclaré vendredi Christophe Barret, procureur de la République de la ville. La jeune femme lui envoyait des messages d’amour et des photos osées.

Depuis septembre, cette étudiante gabonaise de 29 ans inondait la boîte mail personnelle du ministre français de l’économie, qui a fini par déposer plainte le 16 février. La police judiciaire de Montpellier a localisé l’auteur des messages à Juvignac, une commune de l’agglomération montpelliéraine, où elle a perquisitionné le domicile de l’étudiante, emmenant téléphone portable et ordinateur.

« C’est une personne perturbée sur le plan psychiatrique qui envoyait depuis plusieurs mois des mails et des photos déclarant sa flamme à Emmanuel Macron », a déclaré Christophe Barret.

L’étudiante a été placée en garde à vue jeudi pour « messages réitérés malveillants en vue de troubler la tranquillité d’autrui ». Elle a été relâchée vendredi après une expertise psychiatrique.

« Au vu de la répétition des mails, le ministre a déposé plainte mais c’est une personne qui ne présente pas un danger à proprement parler », a précisé le procureur. La jeune femme sera convoquée par la justice dans le cadre d’un rappel à la loi.

Romandie.com

« Le harcèlement sexuel à l’université n’est pas un phénomène marginal »

décembre 3, 2015

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Le point sur le harcèlement sexuel dans l’enseignement supérieur. REUTERS/Susana Vera © Susana Vera / Reuters / REUTERS
Comment reconnaître que l’on est victime de harcèlement sexuel, comment réagir, vers qui se tourner ? C’est pour répondre aux questions des étudiants que le collectif de lutte anti-sexiste contre le harcèlement sexuel dans l’enseignement supérieur, le Clasches, intervient auprès des établissements, des associations et des syndicats étudiants.

Cette association, féministe, a participé à la rédaction d’un vade-mecum à destination des établissements, mis en ligne le 25 novembre, en parallèle de l’envoi d’une circulaire par le ministère de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la recherche. Camille *, membre du Clasches depuis deux ans, vous donne des clés pour comprendre, dénoncer et combattre le harcèlement sexuel.

Le harcèlement sexuel est-il très répandu dans l’enseignement supérieur ?

Il est très difficile d’avoir une idée de l’ampleur du phénomène, car nous n’avons pas de chiffres officiels. Le nombre de procédures pénales engagées n’est pas significatif : comme elles sont longues et coûteuses, les victimes y ont rarement recours. Quant aux procédures disciplinaires au sein des établissements, elles ne sont pas centralisées au niveau national. Cette absence de statistiques contribue pour beaucoup à l’invisibilité du problème.

Un certain nombre d’indicateurs montrent cependant que le harcèlement sexuel n’est pas un phénomène marginal. Nous recevons beaucoup de témoignages de personnes harcelées à l’université, même si nous avons du mal à les quantifier car nous ne suivons pas les dossiers d’un bout à l’autre. Il est frappant de voir que quand une victime parle, cela déclenche une réaction en chaîne : tout le monde se met à parler et donc tout le monde savait. Ces pratiques font partie de la vie courante à l’université et ne sont presque jamais dénoncées.

L’université de Lille 3, parmi d’autres, vient de mettre en place une cellule d’écoute et d’information sur le harcèlement sexuel qui regroupe enseignants, personnels administratifs et étudiants, et qui commence à produire des chiffres. Le simple fait que ce genre de structures se créent est une preuve que le problème est bien réel et que les universités commencent à s’en saisir.

Le harcèlement prend-il des formes particulières dans l’enseignement supérieur ?

Cela se rapproche beaucoup du harcèlement sexuel au travail. Les harceleurs sont presque toujours des hommes, qu’ils soient enseignants, personnels administratifs ou étudiants. Le rapport hiérarchique n’est pas une circonstance nécessaire à l’établissement du harcèlement, c’est une circonstance aggravante.

Il y a tout de même une spécificité dans l’enseignement supérieur : les victimes étudiantes sont dans un contexte qui mêle monde professionnel et environnement scolaire. La relation entre un directeur de thèse et sa doctorante par exemple implique une grande dépendance qui peut favoriser le harcèlement et rendre plus difficile la dénonciation. Il est presque impossible pour une étudiante de changer de directeur de thèse, à moins de renoncer à ses financements. Toutes les relations de dépendance, comme lors des stages ou de l’internat en milieu hospitalier sont propices au harcèlement sexuel. Il existe par ailleurs beaucoup de cas entre étudiants, dans le cadre de bizutages par exemple.

Comment identifier un harceleur et le différencier d’un « dragueur lourd » ?

Tout d’abord, si on se sent mal à l’aise, c’est déjà qu’il y a un problème : un tel ressenti doit être pris au sérieux. La différence fondamentale avec la drague se situe au niveau du non-consentement. Celui-ci peut être exprimé explicitement, en disant stop, ou de manière plus implicite : les stratégies d’évitement ou le fait de baisser les yeux par exemple sont des signaux de refus.

Il faut savoir que les harceleurs qui ne font pas exprès d’harceler n’existent pas. Ils ne savent pas toujours que leur comportement est puni par la loi, mais ils savent très bien que ce n’est plus de la drague. Le harceleur est le seul responsable de la situation, il prend le contrôle de la relation et décide que la réaction de l’autre ne compte pas. S’il est difficile de faire cesser un harcèlement c’est parce que, par définition, le harceleur ne prend pas en compte les limites de l’autre et n’accepte pas le refus.

Comment réagir quand on est victime ?

Il est important d’essayer d’exprimer son refus, d’une manière ou d’une autre. Pas tant pour faire cesser le harcèlement que pour se rendre compte soi-même que l’on n’est pas d’accord, que ce n’est pas une situation de drague. C’est difficile pour les victimes de dire non explicitement, mais il existe des stratégies pour se protéger : éviter au maximum de se retrouver seul avec le harceleur, refuser les rendez-vous au domicile, éviter l’isolement physique et surtout psychologique. Pour cela, il faut essayer d’en parler, dès que possible. Une des stratégies des harceleurs est justement d’isoler sa victime, d’organiser sa décrédibilisation si elle parle, en propageant des rumeurs sur elle par exemple.

Dans un second temps, il faut garder les preuves du harcèlement sexuel, qui sont plus courantes que ce que l’on croit. Le sentiment de toute-puissance et d’impunité des harceleurs les conduit à laisser des traces, comme des e-mails ou des SMS. La victime peut enregistrer des conversations, fournir des certificats médicaux (même s’ils n’établissent pas de lien direct entre des symptômes physiques et le harcèlement), écrire un récit circonstancié et chronologique des faits, racontant l’accumulation d’allusions et de regards par exemple. Cela permet à la fois de prendre conscience de ce qui se passe et d’établir des preuves pour un éventuel procès, les condamnations se basant la plupart du temps sur un faisceau d’indices concordants.

Et que faire si l’on est témoin ?

Quand on est témoin, il faut essayer de créer un climat de confiance avec la victime, lui montrer qu’on la croit, qu’on voit ce qui se passe, que ce n’est pas normal et qu’on peut l’aider. Un témoignage indirect du type : « Mon amie est arrivée tel jour à tel endroit avec une demi-heure de retard. Au bord des larmes, elle m’a raconté son entretien avec son professeur… », peut également servir de preuve dans un procès.

Quand on est victime de harcèlement sexuel, vers qui peut-on se tourner ?

Avant tout, il faut se tourner vers des personnes avec qui on se sent à l’aise. Les structures existent mais ne sont pas toujours visibles, ce n’est pas évident pour les étudiants de s’y retrouver. Nous avons créé un guide pratique disponible en ligne pour les aider à s’orienter.

Selon les établissements, plusieurs structures peuvent accueillir les victimes : service de médecine préventive, assistants sociaux du Crous, chargés de mission égalité entre hommes et femmes, qui sont présents dans chaque université depuis la loi Fioraso de 2013, les syndicats étudiants ou de personnel ou encore les associations étudiantes, notamment féministes. Pour recevoir une aide juridique, les victimes peuvent se tourner vers l’Association européenne conte les violences faites aux femmes au travail qui les reçoit, les écoute et les accompagne dans leurs démarches.

Nous ne conseillons pas forcément de porter plainte, cela dépend de chacun. Ce qui est sûr, c’est que les victimes qui dénoncent leur harceleur seront pointées du doigt par certains – même si c’est de moins en moins le cas – mais elles seront aussi très soutenues par d’autres. C’est un moyen de sortir de son isolement et de faire cesser le harcèlement, pour soi et pour les autres qui viendront après. Les cas isolés sont rares, les harceleurs sont presque toujours récidivistes.

* Il a choisi ce prénom d’emprunt pour se protéger d’éventuelles pressions de son établissement et dans sa future vie professionnelle.

 Lemonde.fr par Laura Buratti , Journaliste au Monde