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Iran: Rohani a dit à Macron qu’il fera « tout pour rester dans l’accord »

mai 9, 2018

Le président iranien Hassan Rohani, à Téhéran, le 17 janvier 2017 / © AFP/Archives / ATTA KENARE

Le président iranien Hassan Rohani a dit à Emmanuel Macron mercredi qu’il « fera tout pour rester dans l’accord » sur le nucléaire, mais réclamé aux Européens des garanties très rapidement montrant que leurs entreprises continueront à travailler avec l’Iran, a indiqué l’Elysée.

Lors d’un entretien téléphonique de plus d’une heure, les deux présidents ont convenu de mettre en place « sans délai » des « groupes de travail » entre Europe et Iran sur les moyens de présenter dans les semaines à venir « de premières garanties » montrant que les Européens pourront « poursuivre leurs activités économiques en Iran », a précisé la présidence française.

Hassan Rohani a expliqué que lui-même pourrait ainsi « exposer au peuple iranien ces garanties pour le convaincre de rester dans l’accord », en soulignant qu' »en Iran maintenant la pression est forte pour sortir de l’accord ».

Il a cité plus précisément les entreprises des secteurs de la banque, du pétrole et du gaz ainsi que des transports, selon l’Elysée.

Les ministres des Affaires étrangères des trois pays européens signataires, France, Allemagne et Royaume-Uni, se réuniront dès la semaine prochaine avec leur homologue iranien sur ces groupes de travail, a ajouté la présidence.

Les Européens doivent donc maintenant obtenir de Washington que leurs entreprises échappent aux sanctions que les Etats-Unis rétabliront dans quelques semaines ou mois contre les entreprises américaines et étrangères qui commercent avec l’Iran.

Paris prévoit donc des discussions « dures » avec Washington. La France compte faire valoir que les Etats-Unis risquent d’être isolés sur la scène internationale, ou que des entreprises russes ou chinoises pourraient profiter du marché iranien et affaiblir la portée des sanctions, tout en nuisant aux intérêts des entreprises européennes et américaines.

Le président français a averti M. Rohani qu’en retour il était « très important que l’Iran reste en conformité avec l’accord dans les prochaines semaines et qu’il n’y ait aucun acte pouvant être pris comme une violation de l’accord ».

La France a répété qu’elle estimait que Téhéran respectait ses obligations et ne préparait pas secrètement d’arme nucléaire, contrairement à ce qu’a affirmé Donald Trump. « Nous n’avons aucune information sur un programme clandestin nucléaire en Iran. Nous croyons à la robustesse de l’accord nucléaire et au contrôle international de l’Agence internationale de l’énergie atomique », a répété l’Elysée.

Romandie.com avec (©AFP / 09 mai 2018 21h09)                

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Le président iranien Rohani pourrait perdre gros à cause de Trump

mai 8, 2018

Une photo fourni par la présidence iranienne montre le président Hassan Rohani s’exprimant à Sabzevar, dans le nord-out de l’Iran, le 6 mai 2018 / © Iranian Presidency/AFP / –

Le président iranien Hassan Rohani a misé gros sur une politique d’ouverture vis-à-vis de l’Occident mais les menaces du président américain Donald Trump contre l’accord nucléaire pourraient lui coûter cher sur le plan intérieur.

Que M. Trump déchire, comme il l’a promis, ou non cet accord conclu en 2015 et dont M. Rohani a été l’un des principaux artisans côté iranien, l’animosité traditionnelle entre Washington et Téhéran depuis la révolution iranienne de 1979 est revenue sur le devant de la scène.

« Rohani a parié gros sur l’accord nucléaire et y a investi tout son capital politique », déclare à l’AFP Mojtaba Moussavi, analyste politique à Téhéran. « Désormais, l’accord nucléaire est à bout de souffle et Rohani est en train de tout perdre: tous les projets économiques et politiques qu’il a bâtis sur cet accord s’envolent ».

Dès le départ, les détracteurs conservateurs de M. Rohani, un modéré, ont vu d’un très mauvais œil les négociations sur le nucléaire ayant impliqué l’Iran, la Chine, les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, la Russie et l’Allemagne. Pour eux, les Occidentaux ne sont pas des interlocuteurs dignes de confiance.

Ces opposants à M. Rohani au sein du sérail ont pu considérer que leurs craintes étaient fondées lorsqu’il est apparu clairement que le maintien des pressions et de nombreuses sanctions de Washington continuaient d’entraver les relations commerciales et économiques de l’Iran avec le monde.

Mardi, le président américain doit trancher sur cet accord qui prévoit une levée progressive et conditionnelle des sanctions internationales en échange de la garantie que l’Iran ne se dotera pas de l’arme atomique.

Les menaces répétées de M. Trump contre l' »Iran deal » depuis son arrivée à la Maison Blanche en janvier 2017 n’ont cessé d’alimenter la crainte des acteurs économiques des autres pays de faire des affaires avec l’Iran.

– Promesses non tenues –

« L’incertitude autour de l’accord est une victoire pour les conservateurs iraniens qui se nourrissent de l’hostilité de la politique étrangère américaine pour renforcer la répression interne et limiter le champ de compétence des institutions élues » de l’Iran », estime Clément Therme, chercheur spécialiste de l’Iran pour l’Institut international pour les études stratégiques de Londres.

Depuis plusieurs mois, l’empreinte des conservateurs sur la scène politique intérieure se fait davantage sentir comme en témoigne une vague d’arrestations de binationaux et de membres d’ONG accusés d’espionnage, le blocage de la messagerie Telegram (réseau social le plus populaire d’Iran) et la démission, après des pressions, du maire de Téhéran et d’un haut responsable du ministère de l’Environnement.

Si M. Rohani prône une politique garantissant davantage de libertés individuelles, il doit s’accommoder d’autres centres de pouvoir, aux mains des ultraconservateurs, dans un système politique complexe soumis en tout état de cause à l’autorité du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.

« Rohani a failli à toutes ses promesses, mais il a récemment durci sa rhétorique sur les réformes, essayant de satisfaire sa base populaire en pointant du doigt les conservateurs », dit à l’AFP Ardavan Amir-Aslani, avocat franco-iranien, cofondateur du cabinet parisien Cohen Amir-Aslani, représenté à Téhéran depuis 2016.

« Mais autoriser l’ouverture de quelques cafés et permettre à des femmes de baisser leur foulard de quelques centimètres en arrière, cela n’a rien à voir avec les réformes fondamentales dont l’Iran a besoin », ajoute-t-il.

– « Homme du système » –

En 2013, M. Rohani a été le premier président iranien à avoir un contact avec un président américain, en l’occurrence Barack Obama, depuis la rupture en 1980 des relations entre Washington et Téhéran.

Elu en 2013, le président iranien a été réélu en 2016 en mettant au cœur de sa campagne les bénéfices supposés de l’accord nucléaire et en promettant d’obtenir la fin de toutes les sanctions étrangères qui ont asphyxié l’Iran.

Mais la désillusion est grande aujourd’hui parmi ses soutiens qui espéraient une plus grande libéralisation et davantage d’ouverture au monde.

Et la vague de protestations qui a touché l’Iran autour du Nouvel An dernier a montré que la colère contre la situation économique et sociale est bien plus profonde que par le passé.

« Certaines critiques sont injustes », dit à l’AFP un journaliste réformateur, sous le couvert de l’anonymat. « Rohani a fait de grandes choses: il y a plus d’ouverture, moins de police des mœurs, les journalistes sont un peu plus libres ». « Mais au bout du compte c’est un homme du système et qui veut le rester ».

Aujourd’hui, il doit faire face à un défi difficile, répondre à la politique agressive de Donald Trump, sans renier les efforts diplomatiques entrepris pour améliorer les relations de l’Iran avec le reste du monde.

Pour M. Amir-Aslani, « la décision intelligente serait d’attendre la fin du mandat de Trump, de rester dans l’accord nucléaire et de construire quelque chose avec les Européens, aussi limité cela soit-il ».

Romandie.com avec(©AFP / 08 mai 2018 16h01)                

Syrie: de nouvelles frappes occidentales provoqueraient « le chaos » (Poutine à Rohani)

avril 15, 2018

Moscou (Russie) – Le président russe Vladimir Poutine a averti dimanche que de nouvelles frappes occidentales contre la Syrie provoqueraient « le chaos » dans les relations internationales, après une attaque coordonnée menée samedi par les Etats-Unis et leurs alliés.

M. Poutine a souligné, lors d’une conversation téléphonique avec son homologue iranien Hassan Rohani, que « si de telles actions, menées en violation de la Charte des Nations unies, venaient à se reproduire, cela provoquerait inévitablement le chaos dans les relations internationales », selon un communiqué du Kremlin.

Les deux dirigeants ont « constaté que cette action illégale endommageait sérieusement les perspectives d’un règlement politique en Syrie », selon la même source.

Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont lancé samedi des frappes concertées en Syrie contre le régime de Bachar al-Assad, une semaine après l’attaque chimique présumée du 7 avril dans la ville syrienne alors rebelle de Douma, imputée aux forces gouvernementales.

Vladimir Poutine avait déjà dénoncé samedi « avec la plus grande fermeté » ces frappes qu’il a qualifiées d' »acte d’agression à l’encontre d’un Etat souverain qui se trouve à l’avant-garde de la lutte contre le terrorisme ».

Romandie.com avec(©AFP / 15 avril 2018 14h08)                                            

Iran: Rohani demande à Macron d’agir contre « les terroristes » basés en France

janvier 2, 2018

Téhéran – Le président iranien Hassan Rohani a demandé mardi à son homologue français Emmanuel Macron de prendre des mesures contre les activités d’un « groupe terroriste » iranien basé en France et impliqué selon lui dans les récentes manifestations en Iran, a rapporté la télévision d’Etat.

« Nous critiquons le fait qu’un groupe terroriste ait une base en France et agisse contre le peuple iranien et encourage la violence. Nous attendons du gouvernement français qu’il agisse contre ce groupuscule terroriste », a déclaré le président iranien lors d’une conversation téléphonique, dans une claire allusion aux Moudjahidine du peuple.

Les autorités iraniennes accusent les Moudjahidine du peuple, qualifiés par le pouvoir iranien d’hypocrites (monafeghines) d’alimenter les violences et d’être liés à l’Arabie saoudite, rivale régionale de l’Iran.

La demande de M. Rohani intervient au sixième jour d’un mouvement de contestation marqué par des violences meurtrières et des centaines d’arrestations dans son pays.

Le général Rassoul Sanaïrad, l’adjoint politique du chef des puissants Gardiens de la révolution, a affirmé mardi que le groupe Moudjahidine du peuple « avait été chargé par les Al-Saoud (la dynastie qui règne sur l’Arabie saoudite) et certains pays européens de créer de l’insécurité », selon l’agence Tasnim.

Enfin, le vice-gouverneur de Téhéran a affirmé qu’aucun incident n’avait été signalé mardi soir à Téhéran, selon l’agence Isna.

La capitale iranienne a connu de petites manifestations les trois nuits précédentes avec à chaque fois quelques centaines de personnes lançant des slogans contre le pouvoir dans le quartier de l’université dans le centre de Téhéran.

Romandie.com avec(©AFP / 02 janvier 2018 19h21)                                            

Iran: Macron dit à Rohani sa « préoccupation », appelle à « retenue »

janvier 2, 2018

Paris – Le président français Emmanuel Macron a dit mardi à son homologue iranien Hassan Rohani sa « préoccupation » face « au nombre de victimes liées aux manifestations » des derniers jours en Iran et a appelé à « la retenue et à l’apaisement », a indiqué la présidence française.

Lors d’un entretien téléphonique, les deux dirigeants ont décidé de reporter à une date ultérieure la visite que devait effectuer le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, à Téhéran à la fin de la semaine, a précisé le palais de l’Elysée.

Cet entretien est intervenu au sixième jour d’un mouvement de contestation marqué par des violences meurtrières et des centaines d’arrestations dans plusieurs villes iraniennes.

Au cours de cet appel, prévu avant ces évènements, M. Macron a fait « part de sa préoccupation face au nombre de victimes liées aux manifestations » et a « encouragé son homologue à la retenue et l’apaisement. Les libertés fondamentales, notamment les libertés d’expression et de manifestation, doivent être respectées », a indiqué l’Elysée dans un communiqué.

Rendant compte un peu plus tôt de cette discussion, la télévision iranienne a indiqué que M. Rohani avait demandé à M. Macron de prendre des mesures contre les activités d’un « groupe terroriste » iranien basé en France et impliqué selon lui dans les récentes manifestations. Téhéran accuse notamment les Moujahidine du peuple, qualifiés par le pouvoir iranien d’hypocrites (monafeghines), d’alimenter les violences et d’être liés à l’Arabie saoudite, rivale régionale de l’Iran.

« Ces propos reflètent avant tout l’affolement du régime des mollahs face à l’étendue du soulèvement contre la dictature religieuse et face à la popularité grandissante de l’organisation des Moujahidine du peuple d’Iran (OMPI) et de la Résistance iranienne », a affirmé dans un communiqué envoyé dans la nuit à l’AFP à Paris Afchine Alavi, membre du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI). Il affirme, sans préciser ses sources, que « jusqu’à ce jour, on dénombre des dizaines de manifestants sans défense tués par les gardiens de la révolution et des milliers d’autres arrêtés ».

Selon des chiffres officiels, 21 personnes ont été tuées depuis le début le 28 décembre à Machhad (nord-est) des rassemblements contre les difficultés économiques et le pouvoir.

Le communiqué de l’Elysée n’a pas fait état de la présence en France de moujahidine mais a précisé que les deux présidents avaient évoqué l’accord nucléaire de 2015, « dont la France soutient l’application stricte, sous supervision internationale ». M. Rohani « a demandé l’appui de la communauté internationale pour défendre cet accord et respecter les engagements pris », a précisé la présidence française.

L’avenir de cet accord est incertain après la décision du président américain Donald Trump de le remettre en cause.

MM. Rohani et Macron ont également discuté de la situation au Moyen-Orient, notamment en Irak et en Syrie, le président français appelant à « un dialogue renforcé sur le contrôle des armements, y compris balistiques, dans la région » selon l’Elysée.

La visite de M. Le Drian, pour laquelle une nouvelle date sera trouvée selon l’Elysée, doit préparer celle de M. Macron, qui a annoncé mi-octobre son intention de se rendre en Iran en 2018.

Romandie.com avec(©AFP / 03 janvier 2018 00h53)                                            

Iran: le frère du président Rohani arrêté pour délits « financiers »

juillet 16, 2017

Hossein Fereydoun, le frère et conseiller spécial du président iranien Hassan Rohani, le 3 avril 2015 à Téhéran / © AFP/Archives / Atta KENARE

Le frère et conseiller spécial du président iranien Hassan Rohani a été arrêté pour délits « financiers », a annoncé dimanche le porte-parole de la justice.

Hossein Fereydoun ainsi que « des personnes qui lui sont liées ont été interrogés à plusieurs reprises. Une caution a été fixée mais comme il n’a pas pu la payer, il a été transféré à la prison », a déclaré le porte-parole Gholamhossein Mohseni-Ejeie.

Les charges pesant contre le frère du président portent sur des délits « financiers », a-t-il précisé lors d’une conférence de presse.

« S’il verse la caution, il sera libéré. Mais l’affaire poursuivra son cours », a ajouté M. Mohseni-Ejeie en soulignant que « d’autres personnes ont également été arrêtées ».

Le nom du frère du président a été cité depuis plus d’un an dans plusieurs affaires de corruption, notamment des délits bancaires.

Il y a un an, le chef de l’Inspection générale, Nasser Seraj, avait affirmé que M. Fereydoun avait « fait pression » pour nommer à la tête de la banque Refah un de ses proches, Ali Sedghi, qui a été accusé de nombreuses « infractions financières ». Il a été ensuite écarté de la direction de la banque.

Le nom du frère de M. Rohani a été également cité dans un autre dossier impliquant Ali Rastegar Sorkheie, le patron de la banque Melat, qui a été arrêté pour son implication dans une « grande affaire de corruption bancaire » par les services de renseignements des Gardiens de la révolution, selon l’agence Tasnim liée aux conservateurs. Il est originaire de la même ville que M. Rohani.

Les conservateurs avaient demandé à plusieurs reprises l’arrestation de Hossein Fereydoun pour corruption.

Ces derniers mois, le président Rohani et les responsables du pouvoir judiciaire contrôlé par les conservateurs, n’ont cessé de se lancer des attaques virulentes.

Romandie.com avec(©AFP / 16 juillet 2017 14h52)                

Le président iranien Rohani annule sa visite en Autriche pour raisons de sécurité

mars 29, 2016

Vienne – Le président iranien Hassan Rohani a annulé pour raisons de sécurité une visite prévue mercredi et jeudi en Autriche, a indiqué mardi la présidence autrichienne.

Le déplacement du dirigeant iranien et de la délégation qui devait l’accompagner est reporté par la présidence iranienne pour des raisons de sécurité dont la nature n’est pas précisée, selon le communiqué diffusé à Vienne.

Un message sur le site internet du gouvernement iranien a confirmé ce report décidé d’un commun accord et assuré que la visite aurait lieu en temps voulu, sans donner de date.

Le ministère autrichien de l’Intérieur a indiqué qu’il n’y avait eu aucun indice concret d’une menace sur la sécurité à l’occasion de cette visite, pour laquelle les mesures de protection habituelle avaient été prévues

Après Rome et Paris en janvier, il s’agissait du second déplacement du président iranien en Europe depuis la levée des sanctions économiques contre Téhéran. Celle-ci a été permise par l’accord nucléaire historique signé en juillet dernier dans la capitale autrichienne.

Hassan Rohani devait arriver mercredi matin et rencontrer dans la foulée son homologue autrichien Heinz Fischer puis le chancelier social-démocrate Werner Faymann jeudi.

Une part importante de la visite était aussi consacrée aux échanges économiques entre les deux pays alors que les entreprises autrichiennes, à l’instar des autres pays de l’Union européenne, entendent profiter de la levée des sanctions économiques occidentales liées au programme nucléaire iranien pour faire leur retour dans le pays.

De nombreux points de friction demeurent néanmoins entre Téhéran et les diplomaties occidentales, liés notamment à de récents tirs d’essai de missile ou au soutien de l’Iran au président syrien Bachar al-Assad.

Romandie.com avec(©AFP / 29 mars 2016 19h19)

Iran: Rafsandjani et Rohani élus à l’Assemblée des experts

février 27, 2016

Téhéran – Le président modéré iranien Hassan Rohani et son allié l’ex-président Akbar Hachemi Rafsandjani ont été élus à Téhéran à l’Assemblée des experts, qui nomme le guide suprême, selon des résultats définitifs publiés samedi soir par les médias iraniens.

Sur les 88 sièges de l’Assemblée des experts, 16 sont réservés à des élus de Téhéran.

 Autre fait significatif, deux religieux conservateurs importants, l’ayatollah Ahmad Janati, chef du Conseil des gardiens de la constitution, et l’ayatollah Mohammad Yazdi, chef de l’Assemblée des experts, ont également été élus. En revanche, l’ayatollah Mohammad-Taghi Mesbah Yazdi, un important religieux de Qom, ne l’a pas été.

MM. Janati et Yazdi arrivent respectivement en 11ème et 15ème position.

MM. Jenati, Yazdi et Mesbah Yazdi ont toujours adopté des positions hostiles aux réformateurs qui avaient fait campagne pour les éliminer.

Parmi les dix candidats arrivés en tête, sept religieux étaient soutenus à la fois par les conservateurs et les réformateurs.

Selon le ministère de l’Intérieur, sur les 8,5 millions d’électeurs de la province de Téhéran, 3,9 millions ont participé au scrutin qui était couplé à des élections législatives, soit une participation d’environ 45%. A Téhéran même, la participation a été de 42%.

Sur l’ensemble du pays, environ 60% des électeurs ont voté à ce double scrutin.

Romandie.com avec(©AFP / 27 février 2016 20h28)

Les Femen simulent une pendaison pour « accueillir » le président iranien à Paris

janvier 29, 2016

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La mise en scène des Femen à Paris pour la visite du président de l’Iran.

REUTERS/Charles Platiau

Une femme nue, peinte d’un drapeau iranien, a été suspendue sous un pont près de la Tour Eiffel. Les militantes dénoncent la peine de mort en Iran, deuxième pays en nombre d’exécutions dans le monde.

Communication choc pour une pratique choquante. Les militantes Femen, dont les combats ne se limitent pas au féminisme, ont décidé de mettre en scène une fausse pendaison à Paris ce mercredi, jour de la visite officielle en France du président iranien, Hassan Rohani.

Le mouvement entend dénoncer et interpeler sur la réalité de la peine de mort en Iran, le deuxième pays en nombre d’exécutions dans le monde après la Chine et avant les États-Unis.

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La fausse pendaison des Femen sous un pont parisien, où une militante entourée d’une corde épaisse autour du cou mime une mise à mort à l’Iranienne. REUTERS/Charles Platiau

En Iran, les peines de mort sont majoritairement appliquées lors d’une pendaison, jusqu’à ce que la strangulation tue le condamné, parfois en public. En 2014, le pays a mis à mort 289 personnes, mais Amnesty International estime que « des sources crédibles laissent à penser que le chiffre réel était au moins de 743 », dont certaines ne sont pas reconnues officiellement.

La question des droits de l’Homme

Surtout, la République islamique serait le pays qui exécute le plus de mineurs au monde. Reporters Sans Frontières y voit, de son côté, « l’une des cinq plus grandes prisons au monde pour les journalistes ».

La question des droits de l’Homme en Iran ne doit pas être escamotée des discussions diplomatiques lors de cette visite historique, a-t-on assuré de source française. Les relations entre Paris et Téhéran ont été marquées par plusieurs crises depuis la révolution islamique de 1979. Ce n’est que depuis l’accord international sur le programme nucléaire iranien, en juillet dernier, qu’un apaisement a lieu et la volonté d’une « relation nouvelle »… et d’accords économiques avec Total et PSA Peugeot Citroën.

Sur Twitter, celle qui dirige le mouvement Femen à l’international, Inna Shevchenko, a expliqué que la mise en scène était un « cadeau d’accueil » au président iranien, lui qui est venu apporter un « nouvel élan » aux relations bilatérales. « L’Iran peut compter sur la France », a déclaré le Premier ministre français Manuel Valls, lors d’un discours d’introduction face à des industriels français. L’Iran peut aussi visiblement compter sur les Femen pour ne pas faire oublier leur application de la peine de mort.

Lexpress.fr

Rohani en Italie et en France pour sa première visite officielle en Europe

janvier 23, 2016

Téhéran – Le président iranien Hassan Rohani se rend en Italie et en France la semaine prochaine, sa première visite officielle en Europe qui survient après la fin de l’isolement de l’Iran avec l’entrée en vigueur de l’accord nucléaire et la levée des sanctions.

M. Rohani, qui sera dans ces deux pays du 25 au 27 janvier, devait effectuer ce voyage en novembre 2015, mais il avait dû l’annuler à la suite des attentats jihadistes meurtriers de Paris le 13 novembre.

Cette visite intervient dans un contexte favorable à l’Iran qui peut désormais relancer ses relations économiques avec l’Italie et la France, ses principaux partenaires économiques avant le renforcement des sanctions internationales en 2012 pour obliger Téhéran à limiter son programme nucléaire.

A la tête d’une importante délégation politique et d’hommes d’affaires, M. Rohani aura lundi un déjeuner de travail avec le président italien Sergio Mattarella avant de rencontrer le Premier ministre Matteo Renzi et de prononcer un discours devant un forum économique.

Ce modéré qui prône une ouverture politique, économique et sociale, rencontrera également le pape François. La dernière visite d’un président iranien au Vatican a été effectuée en 1999 par l’ex-président réformateur Mohammad Khatami.

L’Italie était le premier partenaire économique de l’Iran en Europe avant 2012 et leurs échanges commerciaux s’élevaient à sept milliards d’euros avant de tomber à 1,2 milliard.

Les industriels italiens attendent beaucoup de la levée des sanctions économiques qui ont asphyxié l’économie de l’Iran, pays membre de l’Opep qui détient les quatrièmes réserves de brut au monde et les deuxièmes de gaz.

– Voitures, avions –

Le vice-ministre italien du Développement économique, Carlo Calenda, avait conduit fin novembre à Téhéran une délégation de représentants de 178 entreprises, de 20 associations entrepreneuriales et 12 groupes bancaires.

Après l’Italie, M. Rohani ira en France pour s’entretenir avec son homologue François Hollande, alors que Paris espère elle aussi revenir en force en Iran.

Les constructeurs automobiles Renault et Peugeot étaient des partenaires privilégiés de l’Iran et contrôlaient plus de 30% du marché automobile, aujourd’hui en pleine expansion. Ils espèrent retrouver une partie de la place perdue, mais doivent faire face à la concurrence des constructeurs allemands, sud-coréens, chinois ou encore japonais.

L’Iran construit actuellement plus 1,1 million de véhicules mais veut en produire 1,6 million en 2016 puis 3 millions, en collaboration avec des fabricants européens et asiatiques.

Nous allons discuter à propos de Peugeot lors de la visite. Il faut voir quelle sera l’attitude de la partie française et ensuite nous déciderons de la signature d’un accord, selon les Affaires étrangères iraniennes.

Une importante délégation économique française de 150 entrepreneurs s’est rendue en Iran en septembre pour y reprendre pied, deux mois après la signature en juillet de l’accord nucléaire qui vise à garantir la nature strictement pacifique du programme nucléaire iranien.

Des discussions sont également en cours pour acheter des Airbus afin de moderniser la flotte civile iranienne qui a souffert de plus de 36 ans de sanctions américaines.

– ‘La confiance, ça se construit’ –

Les conflits et crises au Proche-Orient vont aussi dominer les discussions de M. Rohani, dont le pays chiite est un poids lourd de la région avec le rival saoudien sunnite.

M. Hollande a estimé que le retour de l’Iran sur la scène internationale était désormais possible.

Il a appelé à la désescalade entre l’Iran et l’Arabie saoudite qui ont rompu leurs relations diplomatiques début janvier après l’exécution d’un dignitaire chiite par Ryad et le saccage de l’ambassade saoudienne à Téhéran.

Ryad, allié de longue date des Occidentaux, et Téhéran, qui était encore il y a quelques mois au ban des nations, s’affrontent par conflits interposés en Syrie et au Yémen notamment.

Longtemps opposés à un rôle de l’Iran dans un règlement en Syrie, la France et les Etats-Unis ont fini par inviter Téhéran aux négociations de Vienne en novembre 2015. Mais leurs positions restent toujours éloignées, l’Iran soutenant le régime de Bachar al-Assad.

La confiance, ça se construit (…) Sur ce dossier spécifique du nucléaire, la relation est plus détendue. Pas sur les autres. Il n’y a pas de changement de ligne iranienne pour le moment sur les sujets régionaux, a estimé une source diplomatique française. Mais la visite de Rohani, c’est quand même l’idée d’ouvrir une page nouvelle.

Romandie.com avec(©AFP / 23 janvier 2016 11h40)