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La Banque du Canada hausse son taux directeur à 3,25 %

septembre 7, 2022

L’institution souhaite ralentir les dépenses et l’endettement des ménages qui, paradoxalement, doivent payer beaucoup plus cher leurs biens de consommation.

L'édifice de la Banque du Canada à Ottawa.

Il s’agit de la cinquième hausse consécutive du taux directeur de la Banque du Canada cette année. Photo : Radio-Canada/Jonathan Dupaul

Poursuivant ses efforts pour tenter de freiner la flambée inflationniste qui s’abat sur le pays, la Banque du Canada augmente son taux directeur de 0,75 point de pourcentage, à 3,25 %.

Il s’agit de la cinquième hausse consécutive du taux directeur de la Banque qui tente depuis des mois maintenant de ramener l’inflation annuelle dans une fourchette de 1 % à 3 %. Un seuil qui a été franchi en avril 2021.

L’inflation, qui a depuis atteint des sommets qu’on n’avait pas vus depuis près de 40 ans, s’établissait à 7,6 % en juillet, en léger recul par rapport aux 8,1 % de juin.

Malgré ce léger repli attribué à la baisse du prix de l’essence, il y a encore loin de la coupe aux lèvres, prévient la Banque du Canada.

D’autres hausses à prévoir

Abstraction faite de l’essence, l’inflation s’est accrue et les données indiquent que les pressions sur les prix se sont généralisées davantage, particulièrement du côté des services. Les mesures de l’inflation fondamentale de la Banque ont continué d’augmenter pour s’établir entre 5 et 5,5 % en juillet, constate l’institution.

Des enquêtes indiquent que les attentes d’inflation à court terme restent élevées. Et plus elles le resteront, plus la forte inflation risque de s’enraciner.

Pour toutes ces raisons, le Conseil de direction de la Banque estime que le taux directeur va devoir augmenter davantage.

« Les effets des éclosions de COVID-19, les perturbations persistantes de l’approvisionnement et la guerre en Ukraine continuent de freiner la croissance et de faire monter les prix. »— Une citation de  Extrait du communiqué de la Banque du Canada

En tenant compte de cette nouvelle hausse, le taux directeur a augmenté de 3 points de pourcentage depuis le début de l’année. Ce qui constitue un coup de frein majeur pour calmer l’économie en surchauffe en augmentant le coût du crédit.

Pour les consommateurs, cette nouvelle hausse du taux directeur entraînera des taux d’intérêt plus élevés et par conséquent des taux hypothécaires plus élevés. Tout comme pour les prêts automobiles, les cartes de crédit ou les marges de crédit.

Selon Equifax Canada, l’endettement à la consommation des Canadiens a augmenté de 8,2 % au deuxième trimestre de 2022 par rapport au même trimestre de l’année dernière.

Une hausse rapide des taux d’intérêt n’est pas non plus une bonne nouvelle pour les entreprises, qui doivent elles aussi composer avec des emprunts et un endettement élevé, alors que le prix des services et des matières premières demeure élevé.

Nouvelle hausse du taux directeur de la Banque du Canada qui passe à 3,25 %

La Banque du Canada hausse son taux directeur de 75 points de base, à 3,25 %, pour tenter de freiner la flambée inflationniste qui persiste au pays.

L’économie toujours en surchauffe

En ce qui a trait à l’économie canadienne, elle demeure en situation de demande excédentaire et les marchés du travail restent tendus, constate la banque centrale.

Au deuxième trimestre de 2022, le produit intérieur brut a crû de 3,3 %.

Bien que ce chiffre soit quelque peu inférieur à celui qu’avait projeté la Banque, les indicateurs de la demande intérieure ont été très forts : la consommation a progressé d’environ 9,5 % et les investissements des entreprises, de près de 12 %, écrit la direction de la Banque du Canada.

Malgré une demande qui tarde à réagir aux hausses successives de son taux directeur, l’institution anticipe néanmoins un ralentissement de l’économie au cours de la seconde moitié de l’année à mesure que la demande mondiale s’affaiblira et que le resserrement de la politique monétaire ici, au Canada, commencera à ramener la demande à un niveau plus comparable à celui de l’offre.

Radio-Canada par Stéphane Bordeleau

Canada: Hausse probable du taux directeur de trois quarts de point demain

septembre 6, 2022
Carolyn Rogers parle au micro

Mercredi, la première sous-gouverneure de la Banque du Canada, Carolyn Rogers, prendra la parole à la suite de l’annonce concernant la hausse attendue du taux directeur. Photo: La Presse Canadienne/Patrick Doyle

En cette période de forte inflation, voir le coût du crédit augmenter n’est pas une bonne nouvelle. Or c’est ce qui risque de se produire demain une fois que la Banque du Canada annoncera probablement une hausse du taux directeur. Les analystes pensent que la hausse sera de trois quarts de point, à 3,25 %.

Car la banque centrale veut mâter l’inflation à tout prix, après un léger ralentissement le mois dernier, qui a atteint un sommet vieux de 30 ans.

Le taux d’inflation s’est en effet établi à 7,6 % en juillet après avoir été de 8,1 % en juin. Malgré ce léger ralentissement, le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a affirmé dans un texte d’opinion publié le 16 août dernier que l’inflation restait une préoccupation majeure et qu’il était déterminé à ramener le taux à 2 %.

Il est prévu que la première sous-gouverneure de la Banque du Canada, Carolyn Rogers, prenne la parole une fois la décision annoncée.

En attendant la prochaine hausse

En attendant, la banque centrale espère qu’en augmentant le coût de la dette, les dépenses dans l’économie ralentiront et que l’inflation diminuera.

Karyne Charbonneau, directrice générale des études économiques de la Banque CIBC, croit que la hausse du taux directeur, mercredi, pourrait être la dernière avant un moment. À son avis, d’ici le mois prochain, la situation économique du Canada pourrait être suffisamment confortable pour que la banque fasse une pause.

Toutefois, ce n’est pas l’avis de tous les experts. Certains estiment qu’il pourrait y avoir une autre hausse, légère celle-ci, d’un quart de point.

Plus coûteux pour les emprunteurs

Pour le consommateur, cela veut dire que le coût des hypothèques variables ou des nouvelles hypothèques sera plus élevé. Car si le taux directeur augmente, les banques et les coopératives ajustent leurs propres taux.

Le taux préférentiel du Canada, soit le coût d’emprunt pour les meilleurs clients d’une banque, s’établit à 4,7 % à l’heure actuelle. À un taux préférentiel de 4 %, le coût du crédit pour le consommateur serait probablement bien supérieur à 6 %. Cela représente plusieurs dollars de plus chaque mois à n’en pas douter.

D’ailleurs, pour le deuxième trimestre, l’endettement à la consommation des Canadiens a augmenté de 8,2 % par rapport au même trimestre de l’année dernière, selon Equifax Canada.

Risque accru pour les entreprises

L’économiste David Macdonald, du Centre canadien de politiques alternatives, prévient pour sa part que la cadence rapide des hausses des taux d’intérêt pourrait avoir de graves répercussions en raison du niveau élevé d’endettement des entreprises et des ménages.

M. Macdonald souligne que la dette du secteur privé s’élève à 225 % du produit intérieur brut (PIB) du Canada. En comparaison, la dernière fois que la banque a relevé ses taux d’intérêt aussi rapidement, la dette du secteur privé s’établissait à 142 % du PIB.

Malgré les hausses des taux, qui font que presque tout coûte plus cher tant pour les entreprises que les particuliers, l’argent reste bon marché, rappelle l’économiste de BMO, Doug Porter, dans une entrevue à CBC, en raison des coûts d’emprunt pour les grandes entreprises qui sont inférieurs au taux d’inflation actuel.

Radio-Canada avec des informations de La Presse canadienne et de Don Pittis, de CBC

Recensement : les revenus des Canadiens en hausse presque partout en 2020

juillet 13, 2022
Un travailleur polit une pièce d'acier dans une aciérie de Colombie-Britannique.

Les deux tiers des adultes ont reçu de l’aide financière lors la pandémie en 2020, selon Statistique Canada. Photo : La Presse Canadienne/Darryl Dyck

Les revenus des ménages canadiens ont augmenté partout sauf en Alberta et à Terre-Neuve-et-Labrador en 2020, au moment où des millions de personnes ont bénéficié de mesures de soutien liées à la pandémie, selon les nouvelles données du recensement de Statistique Canada.

Le revenu médian des ménages après impôts s’élève à 73 000 $ au Canada pour l’année 2020, en hausse de 9,8 % par rapport au dernier recensement, cinq ans plus tôt, une croissance qui s’explique en partie par l’élimination d’emplois moins bien rémunérés.

En comparaison, au Québec, le revenu médian des ménages après impôts est de 63 200 $ pour 2020, en hausse de 12,1 % par rapport à 2015. En Ontario, cette croissance s’élève à 12,8 % sur cinq ans, pour un revenu médian de 79 500 $.

C’est en Colombie-Britannique que le revenu médian des ménages après impôts a connu la plus forte croissance, en hausse de 14,3 %, à 76 000 $.

Quant à l’Alberta (83 000 $, en baisse de 4,6 %) et à Terre-Neuve-et-Labrador (63 200 $, en baisse de 1,3 %), la baisse des revenus après impôt s’explique majoritairement par la chute des prix du pétrole entre 2015 et 2020, en plus des ralentissements attribuables à la pandémie de COVID-19.

Bien que moins de Canadiens aient reçu un revenu d’emploi pendant la pandémie, les données du recensement suggèrent que les pertes d’emplois ont été en partie compensées par les prestations liées à la COVID-19, car environ les deux tiers des adultes canadiens (68,4 %) ont reçu des paiements des programmes de soutien.

Au-delà des programmes de soutien mis sur pied pendant la pandémie, Statistique Canada estime que les prestations plus généreuses de l’Allocation canadienne pour enfants ont aussi compensé les pertes de revenus, srutout pour les familles les moins nanties.

D’ailleurs, le nombre de Canadiens gagnant moins de 20 000 $ a augmenté de plus de 415 000, au moment où de nombreux emplois moins bien rémunérés ont disparu. Mais le taux de faibles revenus a diminué, dans l’ensemble, et le nombre de Canadiens qui n’ont déclaré aucun revenu a reculé de près d’un million par rapport à 2019.

En somme, 11,1 % des Canadiens se trouvaient dans une situation de faible revenu en 2020. Il s’agit d’une baisse de 3,3 % comparativement au taux de 14,4 % observé en 2015, soit la plus forte diminution du taux de faible revenu de toute période quinquennale depuis 1976.

Chez les Canadiens de 65 ans et plus, ce taux était toutefois en hausse de 0,6 %. Ainsi, 15 % d’entre eux se trouvaient dans une situation de faible revenu en 2020, comparativement à 14,4 % en 2015. La situation s’est aussi assombrie pour les Canadiens âgés de 80 ans et plus : 19,3 % étaient en situation de faible revenu en 2020, une hausse de 2 % par rapport à 2015.

Les experts avaient averti que les données sur le revenu, qui s’appuient sur les dossiers fiscaux et de prestations de l’Agence du revenu du Canada, présenteraient une image compliquée du début de la pandémie et devraient être considérées comme un instantané du moment.

Par Radio-Canada avec les informations de La Presse canadienne

Canada: Forte hausse des hospitalisations au Québec en lien avec la COVID-19

avril 12, 2022

Les hospitalisations liées à la COVID-19 ont bondi de 40 % en deux semaines au Québec. Photo : Getty Images/Patrick T. Fallon

Le Québec a enregistré mardi 145 hospitalisations de plus en lien avec la COVID-19, ainsi que 35 décès supplémentaires.

Les hospitalisations ont bondi de 20 % à travers la province depuis une semaine et de 40 % depuis deux semaines.

On dénombre maintenant 1938 patients hospitalisés en raison du virus. Parmi ces patients, 67 se trouvent aux soins intensifs, soit deux de moins que lundi.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS) rapporte 294 admissions et 149 sorties dans les 24 dernières heures. Selon l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), la durée moyenne d’un séjour à l’hôpital pour les gens infectés par le variant Omicron est de six jours.

Les 35 nouveaux décès enregistrés portent à 14 579 le total de gens qui sont morts des suites de la COVID-19 au Québec. Depuis le 5 décembre et le début de la cinquième vague, pas moins de 2929 Québécois ont succombé au coronavirus.

Par ailleurs, 2596 nouveaux cas ont été décelés, pour un total de 1 003 491 depuis le début de la pandémie.

Le nombre de cas recensés n’est toutefois pas représentatif de la situation puisque l’accès aux centres de dépistage est réservé aux groupes jugés prioritaires.

Jusqu’à aujourd’hui, 170 230 tests rapides autodéclarés ont été effectués, et 138 069 se sont avérés positifs. Parmi les 1347 tests déclarés lundi, 1129 étaient positifs.

Concernant la vaccination, 26 567 nouvelles doses ont été administrées, pour porter le grand total à 18 923 834 au Québec.

Par ailleurs, 317 172 Québécois qui sont présentement à l’extérieur de la province ont reçu une dose de vaccin depuis la dernière mise à jour du ministère.

Avec Radio-Canada

La sixième vague provoque une nouvelle hausse des hospitalisations au Canada

avril 9, 2022

L’Ontario fait face à une résurgence des infections et des hospitalisations. Photo : CBC/Evan MitsuiI

La sixième vague de COVID-19 est bel et bien amorcée au Canada, et particulièrement au Québec et en Ontario, où les hospitalisations montent rapidement.

Le nombre d’hospitalisations est de nouveau en hausse dans plusieurs régions au Canada. En date du 7 avril, plus de 5000 Canadiens étaient hospitalisés en raison de la COVID-19, une augmentation de 25 % depuis la mi-mars. Au plus fort de la dernière vague, plus de 10 000 Canadiens étaient hospitalisés.

Le nombre de décès commence également à augmenter de nouveau. À la fin mars, la moyenne quotidienne était de 30 décès; en date du 3 avril, c’était plus de 40 décès par jour.

Depuis le 1er décembre 2021, 8536 Canadiens sont morts de la COVID-19. Comparativement, environ 3500 Canadiens meurent de la grippe annuellement.

Au Québec, selon les dernières estimations du CIRANO(Nouvelle fenêtre), entre 23 500 et 43 500 Québécois sont infectés par jour, une hausse d’environ 30 % par rapport à la semaine précédente. Près de 6 % des Québécois (plus de 500 000) auraient été en isolement en raison d’une infection du 30 mars au 4 avril.

Cette semaine, le nombre d’hospitalisations au Québec a dépassé les 1600, soit une hausse de 40 % depuis 14 jours. Le directeur par intérim de santé publique du Québec, Luc Boileau, affirme que le nombre d’hospitalisations ne devrait pas dépasser le sommet atteint lors de la vague en janvier (3351 hospitalisations).

Par contre, on voit qu’au Royaume-Uni, qui vient de connaître une hausse importante des cas, les hospitalisations dépassent le sommet atteint lors de la dernière vague. Les hospitalisations sont aussi en hausse en France, en Belgique et en Italie.

En Ontario, le directeur scientifique du comité d’experts qui conseille le gouvernement Ford sur la pandémie a indiqué mercredi que l’Ontario connaît en ce moment entre 100 000 et 120 000 nouvelles infections chaque jour. Cette estimation est basée sur les analyses des eaux usées.

La quantité de virus dans les eaux usées est en fait au même niveau que lors de la dernière vague, et la courbe continue d’augmenter.

Il y a un peu d’inquiétude en ce moment parce que la courbe [est] plus élevée que prévua indiqué à CBC(Nouvelle fenêtre) Earl Brown, un expert en virologie et professeur à l’Université d’Ottawa.

La surveillance des eaux usées en Ontario montre que le niveau de COVID-19 dans la communauté pourrait dépasser les niveaux vus lors de la dernière vague en janvier. Photo : Ontario’s COVID-19 Science Table

Le nombre d’hospitalisations dans cette province est également en hausse. Plus de 1100 Ontariens sont hospitalisés, soit 40 % de plus que la semaine dernière. Les hospitalisations sont au même niveau qu’au début de janvier, juste avant la hausse fulgurante des hospitalisations.

La Colombie-Britannique, la Nouvelle-Écosse et le Manitoba observent pour leur part une légère hausse des hospitalisations.

En Ontario, le taux de positivité est de 18 %; au Québec, il oscille autour de 17 %; au Canada, on estime qu’il est de 19 %.

Symptômes, isolement et réinfections

Sans test, il est impossible de savoir avec certitude si vos symptômes sont causés par la COVID-19 ou par une autre maladie.

Il y a plus d’une dizaine de symptômes associés à la COVID-19, dont :

  • maux de gorge
  • nez qui coule
  • éternuement
  • toux nouvelle ou qui s’aggrave
  • fatigue
  • essoufflement ou difficulté à respirer
  • température égale ou supérieure à 38 °C
  • diarrhée
  • douleurs abdominales
  • vomissements

La perte d’odorat et de goût ne semble pas être un symptôme courant avec Omicron. Toutefois, le variant XE – une combinaison des sous-variants d’Omicron, BA.1 et BA.1 – semble provoquer ce symptôme. Il faut noter que seulement une poignée de cas de ce variant ont été détectés au Canada en date du 7 avril.

Est-ce que vos symptômes pourraient être causés par la grippe? Possiblement, mais c’est fort peu probable. Les taux de grippe demeurent faibles pour cette période de l’année, selon le rapport ÉpiGrippe de l’Agence de la santé publique du CanadaASPC(Nouvelle fenêtre). En fait, selon l’Agence, il n’y a eu aucune preuve de circulation communautaire de la grippe pendant toute la saison 2021-2022.

Le taux de positivité au Canada des tests pour la grippe est exceptionnellement bas, soit à 0,13 %, comparativement à plus de 20 % lors des années prépandémiques. Cette saison grippale (qui a commencé le 29 août 2021) n’a vu que 551 détections de grippe signalées, contre plus de 38 000 à ce stade au cours des six dernières saisons grippales prépandémiques.

Du 29 août 2021 au 12 mars 2022, moins de cinq hospitalisations associées à la grippe ont été signalées par les provinces et territoires participants.

Il faut aussi rappeler que si vous avez contracté la COVID-19 lors des dernières vagues, il est possible que vous soyez réinfecté. Il est encore difficile de dire quel est le taux de réinfection avec le sous-variant BA.2.

Encore contagieux après cinq jours

Si plusieurs provinces ont réduit les temps d’isolement à cinq jours, il faut rappeler qu’une personne infectée peut être contagieuse jusqu’à 10 jours. D’ailleurs, une étude du Royaume-Uni(Nouvelle fenêtre) estime que 31 % des personnes seraient encore infectieuses après cinq jours, 16 % après sept jours. C’est seulement à la dixième journée que ça tombe sous 5 %.

C’est pourquoi une personne qui sort de son isolement après cinq jours doit continuer de porter un masque.

Tests : frottez l’intérieur des joues et la gorge

Même si vos symptômes sont légers, les médecins recommandent de faire un test. D’abord, confirmer son infection permet d’avertir les personnes avec qui on a été en contact qu’elles ont été exposées au virus.

De plus, en ayant un test positif, les personnes à risque pourraient avoir accès à un traitement antiviral, qui doit être pris rapidement après le début des symptômes. Enfin, avoir un test positif pourrait être nécessaire par la suite si on développe des symptômes à long terme de la COVID-19.

Certains auront remarqué que les tests rapides antigéniques (autotests à la maison) semblent dépister plus tardivement les infections à Omicron. Lors de cette nouvelle vague, certaines personnes obtiennent un résultat positif quatre à cinq jours après le début de leurs symptômes.

Précisons que ce n’est pas parce que le test prend plus de temps à détecter la présence du virus qu’il n’est pas efficace. C’est plutôt que la charge virale prend plus de temps à atteindre son maximum (retardant ainsi la détection) dans le cas d’Omicron.

Et ce n’est pas parce que votre test est négatif que vous n’avez pas la COVID, rappellent les experts. Dès que vous développez des symptômes de rhume, c’est un signe que vous pourriez l’avoir, a déclaré à CBC(Nouvelle fenêtre) le Dr Kashif Pirzada, urgentologue à Toronto. Le test rapide, même s’il est négatif, ne le prenez pas comme parole d’Évangile, surtout en ce moment.

C’est pourquoi on recommande, si vous avez accès à plusieurs tests, de vous tester toutes les 24 heures pendant que vous êtes symptomatique. Sinon on peut se tester tous les deux à trois jours pour rationner les tests.

Les gouvernements de l’Ontario et de la Nouvelle-Écosse suggèrent aussi aux gens de prélever un échantillon en frottant l’écouvillon dans leur gorge et à l’intérieur des joues avant de le faire dans les narines. Le gouvernement du Québec a aussi annoncé cette recommandation vendredi.

Selon une analyse de la Nouvelle-Écosse(Nouvelle fenêtre) faite en janvier 2022, l’efficacité des tests rapides augmente de 65 % à 89 % lorsqu’on prélève un échantillon dans la gorge et le nez.Une image montre où frotter l'écouvillon, soit à l'arrière de la joue et dans les narines.

Les directives du gouvernement du Québec suggèrent maintenant de frotter l’écouvillon à l’intérieur de la joue avant de le frotter dans les narines. Photo : Gouvernement du Québec

Le port du masque et la vaccination, toujours les meilleures armes

Les meilleurs moyens d’éviter la COVID-19 sont de continuer à porter un masque et d’être vacciné. L’administratrice en chef de la santé publique du Canada, Theresa Tam, a d’ailleurs répété cette semaine que tout assouplissement des mesures sanitaires provoquerait des résurgences des cas de COVID-19. La Dre Tam encourage les gens à continuer de porter des masques et à recevoir trois doses du vaccin contre la COVID-19.

Au Canada, seuls le Québec, l’Île-du-Prince-Édouard et le Nunavut imposent le port du masque dans les endroits publics. Aux États-Unis, très peu d’endroits l’exigent.

Par contre, à travers le monde, cette mesure est encore obligatoire. C’est notamment le cas en Italie, au Portugal, en Finlande, en Norvège, en Espagne, en Grèce, en Corée du Sud, au Japon, en Nouvelle-Zélande, en Turquie, au Chili, au Pérou, en Bolivie, en Inde et en Indonésie.

D’autres pays, comme l’Allemagne, la Pologne, la France, la Belgique, la Hongrie et le Brésil, imposent encore le port du masque dans les établissements de santé et dans les transports en commun.

Les règles entourant les masques diffèrent d’une province à l’autre. Photo : Istock

Les personnes entièrement vaccinées et celles qui ont reçu une dose additionnelle sont largement protégées contre les conséquences graves d’une infection. Plus de 70 % des Canadiens hospitalisés et décédés de la COVID-19 depuis la mi-décembre 2020 sont des personnes non vaccinées ou partiellement vaccinées.

Par rapport aux personnes ayant reçu deux doses, les cas non vaccinés sont 4 fois plus nombreux à avoir été hospitalisés et 5 fois plus nombreux à être décédés. Comparativement aux personnes ayant eu une dose de rappel, les personnes non vaccinées sont 9 fois plus nombreuses à avoir été hospitalisées et 16 fois plus nombreuses à être décédées.

Selon des données publiées cette semaine par l’Ontario Science Table, les personnes vaccinées ayant reçu au moins deux doses sont 75,6 % moins susceptibles de se retrouver à l’hôpital et 84,9 % moins susceptibles de se retrouver aux soins intensifs, par rapport aux personnes non vaccinées.

Au Canada(Nouvelle fenêtre), moins de 50 % de la population a reçu trois doses du vaccin.

Avec Radio-Canada par Mélanie Meloche-Holubowski

Congo-Brazzavillle : vers des réserves de change records dopées par le pétrole en 2022

avril 5, 2022
Le conflit en Ukraine a porté les cours de l’or noir à ses plus hauts niveaux depuis 2015. © Antonin Borgeaud pour JA.

Selon l’agence de notation Fitch Ratings, les ressources en devises étrangères du pays devraient tripler cette année, portées notamment par la hausse des revenus pétroliers. La dette du Congo présente toutefois un risque de défaut.

Dans un récent rapport, les analystes de Fitch Ratings ont revu substantiellement à la hausse leurs estimations des rentrées financières du gouvernement congolais au cours des prochains mois. L’agence internationale table désormais sur un cours moyen de 100 dollars le baril de brut en 2022 et de 80 dollars le baril en 2023, alors que le conflit en Ukraine a porté les cours de l’or noir à ses plus hauts niveaux depuis 2015. En juin 2021, Fitch n’anticipait qu’un cours de 53 dollars le baril de brut.

L’agence anticipe par conséquent un net renforcement de la situation financière extérieure du Congo-Brazzaville. « La liquidité extérieure du Congo devrait s’améliorer sensiblement, les réserves internationales brutes devant passer de 1,0 milliard de dollars US en 2021 à 3,2 milliards de dollars en 2022, puis diminuer légèrement pour atteindre 2,9 milliards de dollars en 2023, soit l’équivalent de 4,1 et 3,9 mois de paiements extérieurs courants, respectivement », estiment les analystes de Fitch.

Une avance de quatre ans sur le calendrier du FMI

Début février, les équipes du FMI estimaient les réserves brutes de change de Brazzaville à 788 milliards de F CFA (1,36 milliard de dollars au 31 décembre 2021). Et n’anticipaient qu’une croissance progressive jusqu’à un niveau de 1 492 milliards de F CFA seulement à l’horizon 2026.

Une amélioration due pour l’essentiel à la hausse des revenus tirés du pétrole, Fitch prévoit que « les recettes pétrolières de l’État augmenteront de 74 % en 2022, ce qui entraînera une hausse de 50 % des recettes publiques totales (subventions comprises) ». La production pétrolière, en recul depuis plusieurs années, devrait également repartir à la hausse (+0,9 % en 2022, après des baisses de 8,6 % et de 2,7 % en 2020 et 2021 respectivement, selon les calculs de Fitch).

Évolution du cours du baril de Brent (pétrole), en dollars US. © http://www.boursorama.com

Renégociation de la dette

Ces bonnes perspectives devraient continuer d’améliorer les relations de Brazzaville avec ses créanciers. À la suite du net recul des prix du pétrole à partir de 2015, le pays a enregistré deux défauts de paiement sur son eurobond de 478 millions de dollars émis en 2007 et qui arrive à maturité en 2029. De tels épisodes ont des effets sévères sur le coût d’endettement du pays, mais également des institutions privées établies sur son territoire.

Après d’âpres négociations, le gouvernement congolais est parvenu à renégocier sa dette envers les traders pétroliers Trafigura et Glencore. Le pays a également bouclé un programme triennal de financement avec le FMI, d’une valeur de 456 millions de dollars, soumis à un examen périodique de l’avancée de plusieurs réformes économiques et de gouvernance. Dans son rapport, Fitch estime que « la réalisation des critères de performance quantitatifs du programme en 2022 sera probablement facilitée par la forte hausse des recettes pétrolières ». Ce qui permettra, entre autres, de « débloquer des prêts multilatéraux supplémentaires à des conditions concessionnelles ».

Fitch anticipe un recul du ratio dette publique/PIB de 88,5 % en 2021 à 64,3 % en 2023, ainsi que des excédents de trésorerie de 2,5 % du PIB en 2022 et de 0,6 % en 2023, contre 1,0% du PIB en 2021, « grâce à la hausse des prix du pétrole ».

Avec Jeune Afrique par Joël Té-Léssia Assoko

Covid: le cap du million de contaminations quotidiennes dépassé

décembre 30, 2021
Covid: le cap du million de contaminations quotidiennes depasse
Covid: le cap du million de contaminations quotidiennes dépassé© AFP/LOUISA GOULIAMAKI

Le cap symbolique du million de contaminations quotidiennes par le Covid-19 dans le monde a été franchi pour la première fois sur la semaine du 23 au 29 décembre, à quelques heures des festivités de Nouvel An sur lesquelles la pandémie pèsera une fois de plus.

En moyenne, 1.045.000 de nouveaux cas quotidiens ont été détectés sur la période, en hausse de 46 % par rapport à la semaine précédente, selon un comptage jeudi de l’AFP établi à partir des bilans communiqués par chaque pays.

Le précédent record de 817.000 cas quotidiens avait été enregistré entre le 23 et le 29 avril 2021.

Face à ce « tsunami » de contaminations qui met sous pression les systèmes de santé, de nombreuses villes, comme Paris, Athènes ou Barcelone, ont décidé d’encadrer les célébrations du Nouvel An, en sus de mesures prises ces derniers jours pour tenter de réduire la circulation du coronavirus.

Et certaines ont même annulé les festivités prévues, à l’instar de nombreuses villes brésiliennes, dont São Paulo, la plus grande métropole d’Amérique latine.

En France, où un record de plus de 200.000 nouveaux cas en 24 heures a été annoncé mercredi, les discothèques, fermées depuis le 10 décembre, resteront fermées au moins les trois premières semaines de janvier.

À Paris, le masque redevient obligatoire dans les rues vendredi comme dans presque toute la région parisienne, et les débits de boissons ne pourront ouvrir au-delà de 02h00 les 1er et 2 janvier.

En Grèce, les bars et restaurants devront fermer à 02h00 la nuit de la Saint-Sylvestre, mesure exceptionnelle car les autres jours, ils fermeront à minuit. Les tablées dans les restaurants sont limitées à six personnes jusqu’au 16 janvier. Et la musique y est interdite.

En Espagne, les festivités sont annulées dans la plupart des régions, et neuf des dix villes les plus peuplées du pays ne célèbreront pas les « campanadas », les cloches du passage à la nouvelle année. La tradition veut que les Espagnols avalent douze grains de raisin au son des douze coups de minuit.

Seule Madrid a maintenu une cérémonie a minima sur la célèbre place de la Puerta del Sol, avec une jauge limitée à 7.000 personnes -masquées-, contre 18.000 en 2019, en période pré-pandémique.

À Mexico, la mairie a annulé les célébrations du Nouvel An et Chypre a interdit la danse dans les lieux publics.

De son côté, le pape François a renoncé à sa traditionnelle visite du Nouvel An à la crèche de la place Saint-Pierre vendredi, du fait des risques de contamination induits par ce type de rassemblements.

En Allemagne, où les discothèques resteront portes closes pour la Saint-Sylvestre, les réunions privées de plus de dix personnes sont interdites, même pour les vaccinés et les personnes guéries. Pour les non-vaccinés, la limite tombe à deux membres de foyers différents.

Mais le ministre allemand de la Santé Karl Lauterbach a averti que ces nouvelles restrictions ne « suffir(aient) pas » face au variant Omicron.

Morts en baisse

Omicron, qui circule en même temps que son prédécesseur Delta, occasionne actuellement une forte hausse des cas de Covid-19 dans de nombreux pays européens.

Plus de 85 % des contaminations actuelles se concentrent d’ailleurs dans deux régions où Omicron est fortement présent: l’Europe (4.022.000 cas au cours des sept derniers jours) ainsi que les États-Unis et le Canada (2.264.000 cas). Seule l’Asie (268.000 cas, -12 %) a vu la pandémie reculer au cours de la semaine écoulée.

En Europe, plusieurs pays battent des records de contaminations, comme l’Islande ou encore la Finlande (près de 10.000 nouvelles infections en 24 heures), ce qui l’a conduite à suspendre le pass vaccinal pour accéder à certains évènements, le jugeant insuffisant.

Au Danemark, qui compte actuellement le plus grand nombre de nouveaux cas dans le monde par rapport à sa population, celui-ci a de nouveau dépassé jeudi les 20.000 pour la deuxième journée consécutive.

L’Espagne, pourtant un des champions de la vaccination, a aussi battu un record mercredi avec 100.760 nouveaux cas en recensés en 24 heures.

Avec plus de 265.000 cas quotidiens en moyenne depuis une semaine, les États-Unis font également face à un record d’infections.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a évoqué mercredi un « tsunami » faisant peser « une immense pression sur un personnel de santé épuisé et des systèmes de santé au bord de l’effondrement », deux ans après le début d’une pandémie aux plus de 5,4 millions de morts.

Les hôpitaux britanniques, « sur le pied de guerre » face à Omicron, vont ainsi mettre en place des structures provisoires permettant d’ouvrir jusqu’à 4.000 lits supplémentaires pour se préparer à une vague d’admissions, ont annoncé jeudi les services de santé. En Angleterre, plus de 10.000 personnes étaient hospitalisées avec le Covid, une première depuis début mars.

En Italie aussi la situation est tendue. « Nous sommes débordés de demandes d’hospitalisations (…) la pression est constante », confie à l’AFP le Dr Marchese, directeur sanitaire de l’hôpital Casalpalocco, dans la banlieue de Rome, qui accueille actuellement 111 patients pour une capacité de 120 lits, dont 35 en réanimation. « Cette situation dure déjà en gros depuis un mois. Nous sommes systématiquement pleins », déplore-t-il.

Jusqu’à présent, l’explosion de la pandémie ne s’est cependant pas traduite par une augmentation du nombre des morts, en baisse au contraire depuis trois semaines dans le monde.

En Chine, qui enregistre une poussée épidémique à moins de 40 jours des JO d’hiver de Pékin, les mesures sont plus radicales.

Après la ville de Xi’an, soumise depuis huit jours à une quarantaine et qui connaît désormais des difficultés d’approvisionnement, plusieurs dizaines de milliers d’habitants d’un arrondissement de l’agglomération de Yan’an, à 300 kilomètres de Xi’an, ont été confinés, eux aussi.

Par Le Point avec AFP

COVID-19 : la tendance à la hausse se poursuit en Mauricie et au Centre-du-Québec

décembre 7, 2021

La Mauricie et le Centre-du-Québec n’échappent pas à l’augmentation du nombre de nouveaux cas de COVID-19 dans la province. Au cours des trois derniers jours, la santé publique régionale a rapporté 226 nouvelles infections et un décès supplémentaire.

La clinique de dépistage de la COVID-19 à Trois-Rivières est située sur le boulevard Gene-H.-Kruger.

© Jean-François Fortier/Radio-Canada La clinique de dépistage de la COVID-19 à Trois-Rivières est située sur le boulevard Gene-H.-Kruger.

Cette hausse se chiffre à environ 75 nouveaux cas par jour.

Répartition des nouveaux cas de COVID-19

  • Ville de Trois-Rivières : 69
  • MRC d’Arthabaska : 58
  • MRC de Drummond : 31
  • MRC de Nicolet-Yamaska : 16
  • Ville de Shawinigan : 13
  • MRC de Maskinongé : 12
  • MRC des Chenaux : 8
  • Agglomération de La Tuque : 8
  • MRC de Bécancour : 6
  • MRC de l’Érable : 5
  • MRC de Mékinac : 0

Source :CIUSSS MCQ

Les cas actifs sont également en forte hausse, avec 91 de plus que lors du dernier bilan. Le Centre intégré de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ) en recense maintenant 564 sur l’ensemble du territoire.

Si les hospitalisations demeurent stables, avec neuf personnes hospitalisées, dont deux aux soins intensifs, un décès s’est ajouté. Celui-ci est survenu à domicile. C’est le 11e décès attribuable à la maladie qui est répertorié dans la région depuis le début de la quatrième vague de COVID-19.

En ce qui concerne la couverture vaccinale, 79,1 % des personnes admissibles ont reçu une première dose de vaccin et 76,3 % sont adéquatement vaccinées. Tous les groupes d’âge, sauf les 5 à 11 ans, ont dépassé le seuil de 75 % qui ont reçu deux doses du vaccin ou une dose, en plus d’avoir contracté la COVID-19.

En date de lundi, le CIUSSS MCQ indiquait que 9551 enfants avaient reçu une première dose, soir près du quart des jeunes visés par l’opération.

Avec Radio-Canada par Sébastien St-Onge 

Le fossé se creuse entre pays riches et pauvres, alerte le FMI

octobre 5, 2021

Alors que la croissance mondiale sera plus faible qu’attendu, Kristalina Georgieva s’inquiète de la hausse des inégalités causée par la crise sanitaire.

La directrice generale du Fonds monetaire international, Kristalina Georgieva,  s'est montree inquiete du fosse grandissant entre les pays riches qui profitent globalement de la reprise et les pays pauvres affectes par le manque de vaccins et les poussees inflationnistes.
La directrice générale du Fonds monétaire international, Kristalina Georgieva,  s’est montrée inquiète du fossé grandissant entre les pays riches qui profitent globalement de la reprise et les pays pauvres affectés par le manque de vaccins et les poussées inflationnistes.© SALVATORE DI NOLFI / KEYSTONE / EPA

La croissance économique mondiale sera « légèrement » plus faible qu’attendu cette année, a prévenu mardi 5 octobre la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, inquiète du fossé grandissant entre les pays riches qui profitent globalement de la reprise et les pays pauvres affectés par le manque de vaccins et les poussées inflationnistes.

« Nous sommes confrontés à une reprise mondiale qui reste entravée par la pandémie et son impact », a résumé Kristalina Georgieva lors d’une conversation virtuelle à l’université de Bocconi, à Milan, avant les réunions d’automne du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale. Kristalina Georgieva devait initialement se rendre en personne en Italie. Sollicitée par l’Agence France-Presse, sa porte-parole n’a pas précisé pour l’heure pourquoi ce voyage a finalement été annulé.

En juillet, le Fonds avait révisé à la hausse sa prévision de croissance mondiale à + 6 % cette année. Mais c’était avant que le variant Delta ne fasse de nouveaux ravages dans le monde. « Nous sommes incapables d’avancer correctement, c’est comme si nous marchions avec des pierres dans nos chaussures ! » a expliqué la dirigeante dans une métaphore. L’institution de Washington publiera dans une semaine ses prévisions actualisées en ouverture des réunions annuelles.

De lourdes conséquences sur le long terme pour les pays émergents et en développement

Les États-Unis et la Chine, les deux premières puissances économiques, restent « les moteurs essentiels de la croissance, même si leur élan ralentit », constate Kristalina Georgieva. Quelques économies avancées et émergentes poursuivent leur expansion, « dont l’Italie et plus largement l’Europe ». En revanche, « dans de nombreux autres pays, la croissance continue de se dégrader, entravée par le faible accès aux vaccins et une réponse politique limitée, en particulier dans certains pays à bas revenus », déplore-t-elle.

La « divergence » dans la reprise est telle que les économies avancées vont revenir à leurs niveaux d’avant la pandémie « d’ici à 2022 » quand la plupart des pays émergents et en développement « mettront encore de nombreuses années à se remettre » de la crise provoquée au printemps 2020 par la pandémie de Covid-19. Plus la reprise prend du temps, plus l’impact à long terme sera important dans ces pays, notamment en termes de pertes d’emplois, qui frappent durement les jeunes, les femmes et les personnes travaillant au noir, déplore Kristalina Georgieva.

L’obstacle le plus immédiat est la « grande fracture vaccinale », dit-elle. « Trop de pays avec trop de peu d’accès aux vaccins laissent trop de personnes sans protection contre le Covid », déplore-t-elle, exhortant à augmenter « fortement » la livraison de doses. La pandémie a fait près de 4,8 millions de morts dans le monde depuis fin décembre 2019, selon un bilan établi par l’Agence France-Presse lundi.

La vaccination et la hausse des prix de l’énergie au cœur des inquiétudes

« Les nations plus riches doivent tenir leurs promesses de dons immédiatement », tempête la directrice générale du Fonds alors que le FMI et la Banque mondiale ont fixé comme objectif de faire vacciner 40 % de la population mondiale d’ici à la fin de cette année et 70 % d’ici à la première moitié de 2022. Outre les problèmes d’immunisation, certains pays émergents et économies en développement sont confrontés à des pressions sur les prix qui « devraient persister », selon le FMI.

L’augmentation des prix alimentaires mondiaux, plus de 30 % au cours de l’année écoulée, est « particulièrement préoccupante », souligne Kristalina Georgieva. « Conjuguée à la hausse des prix de l’énergie, cela met encore plus de pression sur les familles les plus pauvres. » Kristalina Georgieva estime ainsi que les risques et les obstacles à une reprise mondiale équilibrée « sont encore plus marqués » qu’il y a quelques mois.

Elle recommande aux banques centrales de se tenir « prêtes à agir rapidement si la reprise se renforçait plus promptement que prévu ou si les risques inflationnistes devenaient tangibles ». De plus, elle appelle les gouvernements à accélérer les réformes pour assurer une transition vers une économie verte générant de nouveaux emplois. Elle pointe enfin le problème de la dette publique mondiale qui, selon les calculs du FMI, atteint désormais près de 100 % du PIB mondial.

Par Le Point avec AFP

Québec-Montréal/Hausse des loyers : des propriétaires interdisent illégalement les cessions de bail

juin 21, 2021

La hausse des loyers de la dernière année est la plus importante à survenir depuis près de trois décennies, selon la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL). Toutefois, quelques outils, comme la cession de bail, de plus en plus populaire, en atténuent l’effet. Mais encore faut-il que ce droit soit respecté par les propriétaires.

Étienne Lapointe a bien l'intention de mener à terme la cession de son bail, malgré les obstacles.

© Fannie Bussières McNicoll/Radio-Canada Étienne Lapointe a bien l’intention de mener à terme la cession de son bail, malgré les obstacles.

Étienne Lapointe est un de ces locataires qui a frappé un mur lorsqu’il a voulu céder son bail. Il s’est trouvé un nouvel appartement qui lui convient mieux, il y a quelques semaines, et désire éviter au prochain locataire une hausse de loyer importante.

Puisqu’il a déjà renouvelé son bail pour l’année 2021-2022, deux scénarios s’offrent à lui pour le libérer de ses responsabilités contractuelles.

Le premier est la résiliation de bail, qui rend l’appartement au propriétaire. Celui-ci sera alors libre de choisir un nouveau locataire en débutant un nouveau bail. Le deuxième scénario est la cession de bail, qui permet à un candidat qu’il sélectionne, et qu’approuve le propriétaire, de reprendre son bail actuel aux mêmes conditions et, surtout, au même prix.

Après réflexion, Étienne Lapointe opte pour la cession de bail, même si cela lui demande davantage de démarches.

Je suis conscient des enjeux, je le sais que les loyers montent à Montréal. Donc, il fallait absolument que je fasse ma part pour garder des loyers abordables», explique-t-il.

Mais il rencontre rapidement de la résistance de la part de sa gestionnaire d’immeuble. Après une première tentative d’envoi par lettre recommandée infructueuse, Étienne décide d’avoir recours à un huissier pour s’assurer que l’avis de cession de bail est bien reçu.

C’est sûr que c’est un peu stressant tout ce processus-là. J’aurais préféré que ça se passe plus facilement», avoue l’étudiant en littérature.

Quelques jours après l’envoi de l’huissier, Étienne reçoit une lettre de sa gestionnaire invoquant notamment des réparations majeures nécessaires dans [son] appartement et [son] immeuble» pour refuser sa demande.

On lui offre plutôt trois mois de loyer afin qu’il résilie son bail et on lui donne l’option de sous-louer l’appartement à son candidat, mais pour une seule année, alors qu’il n’a jamais été question de sous-location du côté d’Étienne.

Étienne Lapointe devra aller devant le Tribunal administratif du logement pour défendre son droit à la cession de bail.

© Yves Chartrand/Radio-Canada Étienne Lapointe devra aller devant le Tribunal administratif du logement pour défendre son droit à la cession de bail.

Me Antoine Morneau-Sénéchal, avocat spécialisé en droit du logement, affirme que le refus de faire une cession de bail en raison de travaux n’est pas un motif valable» et que cet argument ne fait pas échec au droit à la cession de bail du locataire».

La cession de bail, un droit pour tous les locataire

Il n’est pas rare de voir des propriétaires refuser des cessions de bail sous de mauvais motifs, surtout qu’on est dans un contexte d’échauffement du marché immobilier», explique Me Morneau-Sénéchal.

Plusieurs propriétaires, voyant les prix du marché locatif augmenter, préfèrent éviter les cessions de bail, qui les empêchent d’augmenter le prix du loyer, ajoute-t-il. D’autres préfèrent les éviter parce que cela les empêche de choisir eux-mêmes leur prochain locataire.

Il est donc important que les locataires connaissent leurs droits en matière de cession de bail, selon l’avocat.

Lorsque les motifs pour refuser la cession n’ont pas trait au candidat lui-même, que le candidat est solide, [le refus du propriétaire] va être rejeté par le tribunal», assure l’auteur de l’ouvrage Le louage résidentiel.

Qu’est-ce qu’une cession de bail?

La cession de bail permet à un locataire de se libérer des obligations liées à son bail en le transférant à une autre personne qui le reprend tel quel, aux mêmes conditions. Une cession de bail est généralement utilisée lorsque le locataire décide de quitter de manière définitive son logement locatif. Le propriétaire ne peut pas refuser une cession de bail sans motifs sérieux.

Qu’est-ce qu’une sous-location?

Une sous-location est le plus souvent temporaire. Un locataire qui sous-loue son appartement à un tiers demeure responsable de son bail. Lorsque le contrat de sous-location est terminé, le locataire peut retourner dans son appartement. Le propriétaire ne peut pas refuser une sous-location sans motifs sérieux.

Qu’est-ce qu’une résiliation de bail?

Une résiliation de bail peut avoir lieu à n’importe quel moment du bail et met fin au contrat de location signé entre le locataire et le propriétaire, avec l’accord de ce dernier.

Mouvement de solidarité des locataires en ligne

Dans la dernière année, le loyer moyen de l’ensemble des appartements locatifs de la région métropolitaine de Montréal a augmenté de 6 %, la plus forte hausse depuis près de 30 ans, selon la SCHL.

Le porte-parole du Regroupement des comités logement et des associations de locataires du Québec (RCLALQ), Maxime Roy-Allard, déplore les impacts de cette hausse des prix sur le marché locatif.

C’est vraiment une situation critique. Je pense qu’on est en train de perdre la bataille du logement abordable, dénonce-t-il. Ce n’est pas normal que les loyers augmentent de 5 %, 6 % par année alors que l’inflation est autour de 1 % à 2 %. Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas!»

Comme pour faire front commun contre ce phénomène, Maxime Roy-Allard dit avoir remarqué un intérêt renouvelé des locataires pour la cession de bail.

Maxime Roy-Allard indique d’ailleurs que le RCLALQ a l’intention de lancer l’an prochain une campagne sur le thème « Cède-moi ton bail » dans le but de sensibiliser les locataires à cet outil à leur disposition.

Claudia Leduc, qui est gestionnaire de groupes Facebook d’entraide entre locataires, a elle aussi remarqué un intérêt grandissant pour les cessions de bail.

Claudia Leduc, gestionnaire de plusieurs groupes Facebook d'entraide et de défense des droits des locataires

© Fannie Bussières McNicoll/Radio-Canada Claudia Leduc, gestionnaire de plusieurs groupes Facebook d’entraide et de défense des droits des locataires

C’est un des rares outils, encore trop peu connu, que les locataires ont pour contrer la hausse des loyers et la crise du logement en ce moment», souligne celle qui modère le groupe J’te cède mon bail – dont le nombre de membres, qui s’élève à 17 000, ne cesse d’augmenter.

« Il faut tenir son bout »

Comme Étienne Lapointe, Camille Bardou a rencontré de la résistance lorsqu’elle a indiqué à son propriétaire qu’elle voulait faire une cession de bail après l’achat d’un condo dans un autre quartier.

Il s’opposait farouchement à la cession de bail, explique-t-elle. Moi, ça me causait un stress de procéder alors qu’il n’était pas d’accord.»

Se sentant frustrée et brimée dans ses droits, elle ne savait pas quels étaient ses recours. Et je n’avais pas envie de me lancer dans de grandes démarches, avec des frais et des délais», ajoute-t-elle.

Camille Bardou a beaucoup aimé vivre dans son appartement montréalais. Elle souhaite que le locataire qui la suivra en profite au même prix.

© Fannie Bussières McNicoll/Radio-Canada Camille Bardou a beaucoup aimé vivre dans son appartement montréalais. Elle souhaite que le locataire qui la suivra en profite au même prix.

Camille a finalement abandonné l’idée d’entamer un processus de cession de bail.

Elle a toutefois l’intention de protéger le prochain locataire de son appartement d’une hausse abusive de loyer. La solution? Lui laisser une copie de son bail, afin qu’il sache à combien s’élevait son loyer.

Le RCLALQ, qui réclame d’ailleurs auprès du gouvernement l’instauration d’un registre obligatoire des loyers public et gratuit, salue le réflexe de Camille. La campagne Passe-moi ton bail en cours depuis la mi-mai encourage cette pratique.

Étienne, lui, est bien décidé à aller de l’avant avec sa cession de bail, malgré la pression qu’il ressent pour qu’il en fasse autrement. Il dit avoir pris rendez-vous au Tribunal administratif du logement. C’est quelque chose d’important et je veux continuer ce combat-là. Je veux aller jusqu’au bout et je veux faire respecter mes droits», insiste-t-il.

Son dossier sera évalué par le Tribunal le 30 juin prochain.

Selon Me Morneau-Sénéchal, les demandes sont généralement entendues en urgence». En quelques semaines, on va avoir une solution au litige», assure-t-il. La peur des délais ne devrait donc pas décourager un locataire d’entreprendre une cession de bail.

Le droit devrait être précisé, selon la CORPIQ

Hans Brouillette, directeur des affaires publiques pour la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ), dénonce ce mouvement de cessions de bail dans le but avoué d’éviter les hausses de loyers.

Cette initiative dénature la cession de bail, qui devrait selon lui être un moyen pour le locataire de se libérer de ses obligations face à son propriétaire en cours de bail sans subir de préjudice financier.

Hans Brouillette, directeur des affaires publiques pour la Corporation des propriétaires immobiliers

© Fannie Bussières McNicoll/Radio-Canada Hans Brouillette, directeur des affaires publiques pour la Corporation des propriétaires immobiliers

« Forcer une cession de bail » contre le gré du propriétaire est « inacceptable », ajoute-t-il. Il est tout à fait naturel, à son avis, que les propriétaires veuillent éviter les cessions de bail afin de pouvoir augmenter leurs loyers « au prix du marché » alors que les prix de l’immobilier, de la main-d’œuvre et des matériaux augmentent.

Hans Brouillette estime que la cession de bail devrait être interdite lorsque le propriétaire accepte sans pénalité de résilier un bail avant son terme. Le droit doit être précisé. Il y aura assurément une bataille devant les tribunaux un jour ou l’autre là-dessus et la CORPIQ en fera partie», assure-t-il.

Avec Radio-Canada par  Fannie Bussières McNicoll