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L’Europe rend hommage à Helmut Kohl, « un vrai Européen »

juillet 1, 2017

Une vingtaine de chefs d’États et de gouvernements, un ancien souverain et plusieurs centaines de personnalités lors de l’hommage rendu à l’ex-chancelier allemand Helmut Kohl dans l’hémicycle du Parlement européen à Strasbourg, le 1er juillet 2017 / © AFP / Patrick HERTZOG

Une vingtaine de chefs d’États et de gouvernements, un ancien souverain et plusieurs centaines de personnalités assistaient samedi à l’hommage européen rendu à l’ancien chancelier allemand Helmut Kohl dans l’hémicycle du Parlement européen à Strasbourg.

Le cercueil recouvert du drapeau européen et porté par huit militaires allemands a été installé sur un catafalque érigé au centre de l’hémicycle pour cette cérémonie sans précédent dans l’histoire de l’Union européenne.

Trois couronnes de fleurs ont été disposées devant le cercueil: l’une aux couleurs de la République fédérale d’Allemagne, l’autre au nom de l’Union européenne et la troisième, au nom de son épouse, porte l’inscription « In Liebe, deine Maike » (Avec Amour, Maike).

« Helmut Kohl était un vrai Européen et un ami. L’Europe lui doit beaucoup », a souligné avant la cérémonie le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, le seul des dirigeants européens encore en fonctions à l’avoir côtoyé.

Père de la réunification allemande, architecte de l’élargissement de l’Union européenne et héraut de l’amitié franco-allemande, Helmut Kohl est décédé le 16 juin à l’âge de 87 ans. Il a été chancelier pendant seize années, de 1982 à 1998, et son « héritage pour l’Europe est énorme », a insisté Jean-Claude Juncker. « Je prendrai la parole comme l’ami et non comme le dirigeant », a-t-il annoncé avant la cérémonie.

C’est la première fois dans son histoire que l’Union européenne organise un tel hommage. Il honore un des trois dirigeants faits « citoyens d’honneur de l’Europe », a souligné Jean-Claude Juncker, initiateur de cet hommage. Les deux autres sont les Français Jean Monet, décédé en 1979, et Jacques Delors, âgé de 91 ans. Beaucoup de dirigeants qui ont côtoyé Helmut Kohl, comme Jacques Delors, Valery Giscard d’Estaing, Jacques Chirac et le président russe Mikhail Gorbatchev, n’ont pu se déplacer en raison de leur santé.

Dix sept dirigeants de l’Union européenne étaient présents, dont la Première ministre britannique Theresa May. l’Espagne était représentée par son ancien souverain Juan Carlos et l’ancien chef du gouvernement Felipe Gonzalez, l’Italie par l’ancien président de la Commission européenne et ancien chef du gouvernement Romano Prodi, le Portugal par Jose Manuel Barroso, ancien président de la Commission et ancien Premier ministre.

Le président français Emmanuel Macron a voyagé avec l’ancien président Nicolas Sarkozy et l’a invité à prendre place sur la tribune à l’entrée du Parlement pour une photographie avec les présidents des trois institutions européennes qui accueillaient les invités.

Huit personnalités interviendront au cours de la cérémonie: le président du Parlement européen Antonio Tajani, le président du conseil européen Donald Tusk et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. Puis, « à la demande de sa veuve », trois hommages seront rendus par l’ancien Premier ministre espagnol Felipe Gonzales, par l’ancien président américain Bill Clinton et par le Premier ministre russe Dmitri Medvedev.

Le président français Emmanuel Macron puis la chancelière allemande Angela Merkel, toute de noir vêtue, prononceront les deux dernières allocutions.

Romandie.com avec(©AFP / 01 juillet 2017 14h23)                

Les funérailles d’Helmut Kohl tournent à la querelle familiale et politique

juin 22, 2017

Helmut Kohl pose sur fond d’un élément du mur de Berlin dans son jardin à Oggersheim, en Allemagne, le 16 mai 2014 / © AFP/Archives / Daniel ROLAND

La mort de Helmut Kohl a exposé au grand jour les profondes querelles au sein de la famille du « père de la Réunification allemande », jetant une ombre sur les hommages officiels qui se préparent pour saluer sa mémoire.

Le conflit entre la seconde épouse de l’ancien chancelier, Maike Kohl-Richter, et les deux fils issus de sa première union, a éclaté au grand jour mercredi devant la porte en bois du pavillon de Ludwigshafen (ouest) où Helmut Kohl vivait reclus depuis des années.

Face aux caméras qui campent devant la maison depuis l’annonce vendredi de la mort de cette figure majeure de l’histoire allemande, Walter, le fils aîné de 53 ans, s’est vu refuser l’accès à la demeure où il a grandi avec son frère, Peter, et leur mère, Hannelore, qui s’est suicidée en 2001.

C’est dans cette maison que Kohl est mort et qu’un cercueil a été transporté à l’intérieur mardi.

Les deux petits-enfants d’Helmut Kohl ont également été éconduits par les policiers.

Responsable immédiatement désignée: la deuxième épouse de Helmut Kohl, Maike Kohl-Richter, de 34 ans sa cadette et épousée en catimini il y a neuf ans.

– Portrait au vitriol –

La presse allemande, dans laquelle elle ne s’exprime quasiment jamais, dresse d’elle le portrait au vitriol d’une femme omniprésente qui contrôlait le vieil homme de 87 ans, considérablement affaibli.

L’organisation des cérémonies officielles a également tourné à la controverse politique. Maike Kohl-Richter souhaitait écarter la chancelière Angela Merkel en ne l’invitant pas à s’exprimer lors de la cérémonie européenne prévue le 1er juillet à Strasbourg (est de la France), a révélé Der Spiegel.

La veuve voulait en revanche que le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, très contesté en Europe pour ses dérives autoritaires, s’exprime.

Devant les craintes de scandale, elle a fini par obtempérer mais Angela Merkel ne sera qu’une dirigeante parmi d’autres à rendre hommage à l’ancien chancelier.

Les observateurs y voient là une vengeance alors qu’Angela Merkel, qui doit le lancement de sa carrière politique à Helmut Kohl, avait fini par le lâcher lors du scandale du financement occulte de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) à la fin des années 90. Un coup de poignard dans le dos pour Kohl qui ne lui a jamais pardonné.

– Père absent –

Walter Kohl, qui n’avait plus de contacts avec son père depuis des années, a appris la mort de son père à la radio. Dans un livre best-seller, il avait raconté les souffrances de son enfance dans l’ombre d’un « géant » politique qui n’était pour lui qu’un père absent.

Si la mort de Helmut Kohl a finalement peu ému les Allemands, les images de cet homme, aux yeux rougis et à la ressemblance frappante avec son père, planté devant l’entrée de la maison de Ludwigshafen, ont fait le tour de l’Allemagne.

Par la voix de son avocat, Maike Kohl-Richter a justifié son refus de lui ouvrir la porte, affirmant que Walter Kohl n’avait pas honoré un rendez-vous téléphonique pour organiser les funérailles de Kohl. L’intéressé a répondu qu’il s’agissait de « mensonges ».

Pour de nombreux journaux, Maike Kohl-Richter est la gardienne jalouse de l’héritage politique de son époux. Elle ne supporte pas la moindre critique sur le bilan des 16 années de Kohl à la chancellerie, entre 1982 et 1998.

Très diminué à la suite de plusieurs accidents graves de santé, Helmut Kohl était cloué dans une chaise roulante. Depuis deux ans, il pouvait à peine s’exprimer en raison d’une trachéotomie.

« Les gens qui ont rendu visite à Kohl ces derniers temps à Oggersheim (le quartier de Ludwigshafen où se trouve sa maison), doutent qu’il ait été encore capable d’exprimer une volonté », écrit le Spiegel.

Ancienne employée de la chancellerie à Bonn, Maike Kohl-Richter a rencontré Helmut Kohl en 1994. Il l’a épousée à 78 ans.

Sa nouvelle femme, dont les médias rapportent qu’elle portait parfois les tailleurs de la première épouse, l’a éloignée de sa famille et de ses proches. Leur maison a été transformée en musée à la gloire de ce vétéran de la politique, rapporte son fils cadet.

Historiens et experts redoutent aujourd’hui une « bataille des archives ». Que va-t-il advenir des milliers et milliers de lettres, agendas et autres documents détenus par Helmut Kohl et désormais aux mains de cette seconde épouse controversée?

Romandie.com avec(©AFP / 22 juin 2017 14h25)                

Macron, Merkel et Bill Clinton à la cérémonie d’hommage à Helmut Kohl

juin 21, 2017

La chancelière allemande Angela Merkel signe le registre de condoléances à la mémoire d’Helmut Kohl, le 18 juin 2017 à Berlin / © AFP/Archives / John MACDOUGALL

Emmanuel Macron, Angela Merkel et Bill Clinton participeront à la cérémonie européenne en mémoire de l’ex-chancelier allemand Helmut Kohl, pilier de la construction de l’UE, prévue le 1er juillet à Strasbourg (est de la France), a-t-on annoncé officiellement mercredi à Bruxelles.

Le chef d’Etat français, la chancelière allemande et l’ex-président américain prononceront chacun un discours, ainsi que les dirigeants des trois institutions de l’UE (Conseil, Commission et Parlement), au cours de cette cérémonie organisée au Parlement européen afin d’honorer la mémoire d’Helmut Kohl.

« Le cercueil de M. Kohl sera exposé en chapelle ardente et sera recouvert du drapeau européen », ont indiqué ces institutions dans un communiqué conjoint.

« Suite à la cérémonie européenne, qui devrait durer environ deux heures, le cercueil sera transporté en Allemagne, où l’ancien chancelier sera enterré après un requiem à la cathédrale de Spire (ouest de l’Allemagne) », précisent-elles.

Ce programme est annoncé alors que, selon les médias allemands, l’organisation des obsèques de M. Kohl suscitent des tensions entre les autorités allemandes et la famille, le magazine Spiegel affirmant même que sa veuve a tenté de s’opposer à un discours d’Angela Merkel à Strasbourg.

Cet hommage européen avait été proposé par le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, dont M. Kohl fut « l’ami et le mentor », et incarna à ses yeux « l’essence même de l’Europe ».

Il s’agit d’une première dans l’histoire de l’UE, pour honorer l’un des trois dirigeants à s’être vu décerner le titre de « citoyen d’honneur de l’Europe », avec les Français Jean Monnet et Jacques Delors.

Considéré comme le père de la réunification allemande 45 ans après la Deuxième guerre mondiale, et comme un pilier de la construction européenne, M. Kohl est mort vendredi à 87 ans.

Romandie.com avec(©AFP / 21 juin 2017 15h59)                

Décès d’Helmut Kohl, père de l’Allemagne unifiée et Européen convaincu

juin 16, 2017

L’ex-chancelier allemand Helmut Kohl, le 30 octobre 2009 à Berlin / © AFP/Archives / DAVID GANNON

Helmut Kohl, père de la réunification allemande, pilier de la construction européenne et détenteur du record de longévité à la chancellerie après-guerre (1982-1998), est mort vendredi à 87 ans, suscitant l’émotion de nombreux dirigeants dans le monde.

Il « a été une chance pour tous les Allemands et Helmut Kohl a aussi changé ma vie de manière décisive », a réagi, émue, la chancelière Angela Merkel au sujet de son père en politique.

« Il restera dans nos mémoires comme grand Européen, comme le chancelier de l’Unité » du pays, a-t-elle dit depuis Rome, où elle doit rencontrer le pape François samedi.

Helmut Kohl avait pris sous son aile Mme Merkel, qui a grandi en RDA communiste, après la réunification. Elle finira par lui succéder en 1999 à la tête de son parti conservateur, la CDU, à l’issue d’une bataille interne. Le chancelier ne lui a jamais pardonné.

Le quotidien populaire Bild, qui a été le premier à annoncer le décès et dont la direction était très proche de l’ex-chancelier, a précisé qu’il s’était éteint vendredi matin « dans sa maison de Ludwigshafen », dans le sud-ouest du pays.

Selon le journal, il est mort « paisiblement » avec à ses côtés sa seconde épouse, Maike Kohl-Richter. « Il n’allait pas bien depuis plusieurs jours », poursuit le journal.

Helmut Kohl était l' »essence même de l’Europe », a commenté le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Même réaction du président français Emmanuel Macron : « Artisan de l’Allemagne unie et de l’amitié franco-allemande : avec Helmut Kohl, nous perdons un très grand Européen ».

L’ex-chancelier avait été notamment avec le chef de l’Etat français d’alors, François Mitterrand, l’un des artisans de l’Union économique et monétaire qui conduira à l’Euro. Il a aussi jeté les bases de l’élargissement de l’UE vers l’Est après la fin de la Guerre Froide.

Helmut Kohl, en très mauvaise santé depuis des années et cloué dans un fauteuil roulant depuis 2009, avait notamment souffert d’un accident vasculaire cérébral et s’était cassé la hanche.

Il n’apparaissait que peu en public et avait de graves difficultés d’élocution.

– Un roc –

L’ancien chancelier restera dans l’histoire pour avoir forcé la main des dirigeants soviétique et américain Mikhaïl Gorbatchev et George H. W. Bush, mais aussi de ses alliés européens, afin que la RDA anciennement communiste rejoigne la RFA en 1990, moins d’un an après la chute du Mur de Berlin.

L’ancien président américain a d’ailleurs rendu un hommage appuyé à l’ex-chancelier allemand, saluant « un vrai ami de la liberté » et « l’un des plus grands leaders de l’Europe d’après-guerre ».

Le président russe Vladimir Poutine a lui salué un « homme remarquable » et d’un « partisan du développement des relations amicales entre nos deux pays ».

M. Kohl avait permis la fin de l’occupation militaire de l’Allemagne, imposée par les quatre puissances victorieuses du nazisme à partir de 1945, jetant ainsi les bases de l’émergence d’une Allemagne forte sur la scène internationale.

Pourtant, quand à 52 ans il prend la tête en 1982 du gouvernement d’Allemagne de l’Ouest, il est moqué pour son côté rustique et provincial et personne n’aurait alors parié que ce fils d’un fonctionnaire du fisc issu d’une famille de la petite bourgeoisie de Ludwigshafen entrerait dans la mémoire collective européenne.

Mais le 9 novembre 1989, le mur de Berlin s’effondre et le chancelier conservateur, alors contesté dans son propre parti (CDU), endosse, selon ses propres mots, « le manteau de l’Histoire ».

Il perçoit très vite l’appétit des Allemands de l’Est pour une unification des deux Etats et l’obtient au pas de charge malgré les craintes qu’elle suscite.

– Fin de carrière ternie –

Sa fin de carrière sera moins glorieuse, ternie par un scandale de caisses noires pour le financement de son parti. Il finira par reconnaître avoir recueilli des dons occultes, et Angela Merkel, sa protégée, en profitera pour l’évincer.

Plus récemment, en avril 2016, Helmut Kohl a dénoncé la politique d’accueil de Mme Merkel, qui a permis l’arrivée de 1,1 million de migrants en 2015. Il a aussi reçu le Premier ministre hongrois Viktor Orban, farouche détracteur de la chancelière.

Les soubresauts de sa vie privée, étalés dans divers livres et journaux allemands — brouilles avec ses enfants, polémique sur le rôle de sa nouvelle femme, le traitement de sa première épouse malade, Hannelore, qui s’est suicidée en 2001 — ont achevé d’assombrir ses dernières années.

Romandie.com avec(©AFP / 16 juin 2017 19h59)                

Décès Kohl: « nous perdons un très grand Européen » (Macron)

juin 16, 2017

Paris – Le président français Emmanuel Macron a rendu hommage à l’ex-chancelier allemand Helmut Kohl, décédé vendredi, un « très grand Européen » et un « artisan de l’Allemagne unie et de l’amitié franco-allemande ».

« Avec Helmut Kohl, nous perdons un très grand Européen », a réagi sur Twitter le président français, qui a également fait part de son « émotion » dans un communiqué, soulignant que « Helmut Kohl fut l’un des grands hommes de l’Europe et du monde libre ».

« Helmut Kohl avait, avec François Mitterrand (ancien président socialiste français, ndlr), forgé l’unité de l’Europe et approfondi la relation franco-allemande », a-t-il rappelé.

« Les grandes réalisations de notre Europe doivent beaucoup à Helmut Kohl : Schengen, la monnaie unique, les débuts de la défense européenne », a souligné M. Macron qui adresse à « Angela Merkel et à l’Allemagne, son témoignage de sympathie et d’amitié ».

Pour le Premier ministre français Edouard Philippe, « l’Allemagne et l’Europe perdent un grand Européen et un grand patriote qui sut réunifier l’Allemagne sans défaire l’Europe ».

« Avec François Mitterrand, auquel son geste magnifique l’unit pour toujours dans le souvenir national de Verdun, il fut un ardent réconciliateur des mémoires. Avec lui, puis avec Jacques Chirac, le couple franco-allemand fut le moteur d’une Europe confiante et porteuse d’espoir pour les peuples », a réagi M. Philippe.

Le 22 septembre 1984, le président français et le chancellier allemand s’étaient retrouvés dans la région de Verdun (nord-est), théâtre d’une des batailles les plus sanglantes de la Première guerre mondiale. Dans un geste inattendu, ensuite érigé en symbole, ils s’étaient pris la main pendant l’hommage aux morts de 1914-1918. « A travers sa disparition, c’est aussi toute une génération qui perd l’un de ses plus brillants représentants. Cette génération de femmes et d’hommes qui ont connu les horreurs de la guerre en Europe et qui ont tout fait pour que nous n’ayons jamais à les revivre », a ajouté le cehf du gouvernement français.

Romandie.com avec(©AFP / 16 juin 2017 20h04)