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Côte d’Ivoire : Henri Konan Bédié souhaite un retour « dans les meilleurs délais » de Laurent Gbagbo

avril 10, 2021
Henri Konan Bédié, lors du meeting du PDCI à Yamoussoukro, le 12 septembre 2020.

L’ex-chef de l’État ivoirien Henri Konan Bédié a souhaité samedi un retour « dans les meilleurs délais » de l’ancien président Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé, après leur acquitement de crimes contre l’humanité par la justice internationale.

« Je me réjouis (…) de l’acquittement définitif du président Laurent Gbagbo et du ministre Charles Blé Goudé », a déclaré Henri Konan Bédié dans un discours à Abidjan, à l’occasion du 75e anniversaire du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) qu’il préside. « Je souhaite que le gouvernement prenne toutes les dispositions nécessaires pour favoriser leur retour en Côte d’Ivoire dans les meilleurs délais et dans des conditions sécurisées », a-t-il ajouté.PUBLICITÉ

« Libres de rentrer quand ils le souhaitent »

Il a affirmé que son parti continuerait « sans relâche toutes les actions avec l’ensemble de l’opposition en vue de créer les conditions d’un climat politique apaisé, propice à la réconciliation et à la reconstruction d’un État de droit ». Le PDCI a « construit » la Côte d’Ivoire « sur des bases solides qui ont permis et permettent encore aujourd’hui à notre pays, de plier sans fléchir sous les crises politiques, les crises économiques et sociales depuis trois décennies », a-t-il estimé.

Après l’acquittement définitif de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé par la CPI le 31 mars, le président Alassane Ouattara a indiqué le 7 avril que les deux hommes sont « libres de rentrer en Côte d’Ivoire quand ils le souhaitent », précisant que les frais de voyage de l’ancien président, ainsi que ceux de sa famille, seront pris en charge par l’État

Par Jeune Afrique avec AFP

Côte d’Ivoire : Ouattara et Bédié font vœux de « dialogue »

janvier 1, 2021
Si Alassane Ouattara (ici le 31 décembre 2020 à Abidjan) et Henri Konan Bédié (ici en 2019 à Paris) appellent tous deux au dialogue, l’opposant ivoirien refuse de reconnaître l’élection du président.

Le président ivoirien a appelé à la « réconciliation » dans son allocution télévisé de veille du Nouvel An. Son principal opposant, Henri Konan Bédié, a jugé que le dialogue était la « seule voie possible », mais refuse toujours de reconnaître la réélection d’Alassane Ouattara.

Se félicitant de la « qualité » du dialogue politique lancé depuis le 21 décembre avec l’opposition et la société civile pour « décrisper » le climat politique, le président ivoirien s’est dit, dans son allocution télévisée de veille du Nouvel An, « confiant qu’avec l’implication de tous, ce grand chantier de la réconciliation sera conduit avec succès ».

Il faut « intensifier toutes nos actions en faveur du pardon et de la concorde nationale », « nous avons tous la responsabilité de préserver la paix, de bannir la violence et d’unir nos forces pour la construction d’une nation apaisée », a plaidé Alassane Ouattara, élu le 31 octobre pour un troisième mandat jugé inconstitutionnel par l’opposition, qui a boycotté le scrutin et ne reconnaît pas sa réélection.

Dialogue et fermeté

Tout en se félicitant de la libération conditionnelle de « certains responsables » de l’opposition arrêtés après l’élection – évoquant, sans le nommer, Pascal Affi N’Guessan, remis en liberté sous contrôle judiciaire le 30 décembre, mais toujours poursuivi pour « atteinte à la sureté de l’État »  – Alassane Ouattara a également fait passer un message de fermeté, soulignant que « la justice fera son travail afin que les responsabilités soient situées et (que) la loi sera appliquée dans toute sa rigueur » dans le cadre des enquêtes sur les violences électorales qui ont fait 87 morts et près de 500 blessés.

Le chef de l’État a indiqué avoir signé un décret de grâce présidentielle pour « environ 2 000 » personnes « condamnées pour des infractions mineures », sans préciser s’il s’agissait d’infractions liées aux violences électorales.Plusieurs responsables de l’opposition sont en effet poursuivis par la justice pour avoir proclamé un régime de « transition », finalement abandonné.

Le chef de l’État a indiqué avoir signé un décret de grâce présidentielle pour « environ 2 000 » personnes « condamnées pour des infractions mineures », sans préciser s’il s’agissait d’infractions liées aux violences électorales.

Bédié dénonce « la forfaiture du 31 octobre »

Plus tôt dans l’après-midi, dans son propre message de voeux télévisés, l’ex-chef de l’État Henri Konan Bédié, principal opposant, a lui aussi renouvelé son appel au dialogue politique, se refusant cependant toujours à reconnaître la réélection du président Ouattara.https://www.youtube.com/embed/K96LSo4yB_4?feature=oembed

Une « majorité écrasante » d’Ivoiriens « ont dit non à la forfaiture du 31 octobre en s’opposant (…) à ce simulacre d’élection pour un troisième mandat inconstitutionnel et illégal », a notamment déclaré le chef du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), filmé dans sa résidence à Abidjan, encadré par les drapeaux de la Côte d’Ivoire et de son parti.

« Le dialogue national me paraît la seule voie pour sortir notre pays de l’impasse », a déclaré Bédié. Affirmant parler « au nom du PDCI et de l’opposition significative », il a par ailleurs réitéré son exigence de « la libération sans condition » des responsables et militants de l’opposition arrêtés lors de la présidentielle, « pour faciliter le dialogue national ».

La veille, Alassane Ouattara avait, lors du conseil des ministres, indiqué avoir parlé « à plusieurs reprises » avec Henri Konan Bédié, et affirmé que les deux hommes avaient « convenu de reprendre le dialogue bilatéral (…) dans la deuxième quinzaine du mois de janvier »

Par Jeune Afrique avec AFP

Côte d’Ivoire : entre Ouattara et Bédié, une rencontre pour « rétablir la confiance »

novembre 12, 2020
Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié, à l’issue de leur rencontre du 11 novembre 2020 à l’hôtel du Golf.

Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié se sont vus, mercredi 11 novembre. Leur première rencontre depuis plus de deux ans.

Ils s’étaient quittés le 8 août 2018 à l’issue d’un tête-à-tête glacial au palais présidentiel, à Abidjan. Ils se sont retrouvés plus de deux ans après dans un salon de l’hôtel du Golf, ce lieu qui forgea leur alliance contre Laurent Gbagbo. Entretemps, leurs divergences auront été à l’origine d’une nouvelle crise politique, qui a fait au moins 85 morts depuis le mois d’août, selon un bilan officiel publié ce mercredi.

Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié se sont rencontrés ce mercredi en fin de journée. Le chef de l’État ivoirien est arrivé le premier, peu avant 17h GMT, suivi de son aîné quinze minutes plus tard. « Et comment va Dominique ? », a d’abord demandé Bédié. « Dominique va bien », lui a répondu Ouattara.

Les deux anciens alliés ont échangé pendant 45 minutes en présence de Fidèle Sarrassoro, le directeur de cabinet du chef de l’État, et du général Gaston Ouassénan Koné, l’un des vice-présidents du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié se sont ensuite isolés quelques minutes avant de s’adresser à la presse.

« Nous avons brisé le mur de glace »

Le premier a évoqué « un entretien fraternel pour rétablir la confiance ». « Nous avons convenu que la paix est la chose la plus chère à tous les deux et à tous les Ivoiriens. Ceci était une première rencontre pour briser la glace pour rétablir la confiance. Nous avons convenu de nous revoir très prochainement pour continuer ce dialogue qui a bien démarré. La confiance est rétablie », a affirmé le président ivoirien.

NOUS ALLONS CONTINUER DE NOUS TÉLÉPHONER, DE NOUS RENCONTRER ».

« Par la rencontre d’aujourd’hui, nous avons brisé le mur de glace, le silence. Nous allons, dans les jours et les semaines à venir, continuer de nous téléphoner, de nous rencontrer pour que, enfin, le pays soit ce qu’il était avant », a enchaîné Bédié avant d’être raccompagné à son véhicule par le chef de l’État.

Photo de BrazzaNews.
Photo de BrazzaNews.
Photo de BrazzaNews.

Discrets intermédiaires

Selon nos sources, si le principe de la rencontre était acquis depuis au moins dix jours, tout s’est accéléré ces derniers jours sous l’impulsion de discrets intermédiaires et la pression de la communauté internationale – la France en tête. Et ce malgré les réticences de certains cadres du PDCI. Détenu depuis le 4 novembre, le neveu et chargé du protocole de Bédié, Jean-Claude N’dri, avait été libéré lundi. Le blocus imposé depuis le 3 novembre autour de la résidence de Bédié avait ensuite été levé mercredi à la mi-journée.

« Cette rencontre était avant tout symbolique, confie une source proche des négociations. C’est le début d’un long processus qui pourrait prendre plusieurs mois avant que la situation ne s’apaise complètement. »

Au lendemain du scrutin du 31 octobre, les principaux leaders de l’opposition, qui l’avaient boycotté, avaient annoncé ne pas reconnaître la victoire d’Alassane Ouattara et créé un Conseil national de transition (CNT), dirigé par l’ancien président Bédié. Cette décision avait provoqué la colère du chef de l’État ivoirien, l’ouverture d’une instruction judiciaire et l’arrestation de plusieurs personnalités, comme Pascal Affi N’Guessan, Albert Mabri Toikeusse, Maurice Kakou Guikahué ou Narcisse N’dri.

Avec Jeune Afrique par Vinecent Duhem- à Abidjan

Côte d’Ivoire: selon le PDCI, le principe d’une rencontre Bédié-Ouattara est acquis

novembre 11, 2020

 

En Côte d’Ivoire, l’ancien président Henri Konan Bédié répond favorablement à la proposition de dialogue qui lui a été faite par le chef de l’État, Alassane Ouattara. La rencontre pourrait avoir lieu ce mercredi soir ou ce jeudi.

Le président ivoirien Alassane Ouattara (g.) aux côtés d'Henri Konan Bédié, le 27 octobre 2015 (photo d'illustration).© AFP/SIA KAMBOU Le président ivoirien Alassane Ouattara (g.) aux côtés d’Henri Konan Bédié, le 27 octobre 2015 (photo d’illustration).

C’est un très proche du président Bédié qui l’annonce, le général Gaston Ouassénan Koné, vice-président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). Selon ce responsable, le principe d’une rencontre Bédié-Ouattara est acquis et celle-ci pourrait avoir lieu très rapidement.

« Vous savez, indique Gaston Ouassénan Koné à RFI, les deux présidents, à savoir le président Alassane Ouattara et le président Henri Konan Bédié sont des disciples du président Félix Houphouët-Boigny. Or le président Félix Houphouët-Boigny a toujours été un homme de dialogue et un homme de paix. De telle sorte que la proposition du président a été acceptée, et je peux vous dire que dans très peu de temps, ça peut être ce soir comme ça peut être demain, les deux vont se rencontrer, ils vont nouer le dialogue et nous espérons que cela va aboutir à la paix que le président Houphouët-Boigny a toujours recherchée. »

Selon le responsable, il ne s‘agira dans un premier temps que « d’une rencontre de contact », mais « le principe, lui, est acquis ».

Lors de l’adresse à la nation qu’il avait prononcée le lundi 9 novembre, après la proclamation des résultats définitifs de l’élection présidentielle par le Conseil constitutionnel, Alassane Ouattara avait renouvelé une invitation au dialogue à Henri Konan Bédié : « Je voudrais donc, avait-il déclaré, inviter mon aîné, le président Henri Konan Bédié, président du PDCI-RDA, à une rencontre, dans les tout prochains jours, pour un dialogue franc et sincère en vue de rétablir la confiance. »

Avec RFI

Côte d’Ivoire : le président Alassane Ouattara invite Henri Konan Bédié à une « rencontre »

novembre 10, 2020

Le chef de l’Etat dit vouloir engager « un dialogue franc et sincère » avec l’opposition, qui refuse de reconnaître sa réélection.

Le président ivoirien, Alassane Ouattara, à Abidjan, le 31 octobre 2020.
Le président ivoirien, Alassane Ouattara, à Abidjan, le 31 octobre 2020. Macline Hien / REUTERS

Le président Alassane Ouattara, réélu à la tête de la Côte d’Ivoire pour un troisième mandat controversé, a appelé son principal opposant, l’ex-président Henri Konan Bédié, à une « rencontre », lundi 9 novembre, après que le Conseil constitutionnel a validé sa victoire sur le score de 94,27 % à l’élection présidentielle du 31 octobre.

Lors d’une adresse télévisée à la nation, M. Ouattara, 78 ans, a invité son « aîné Henri Konan Bédié [86 ans] à une rencontre dans les tout prochains jours pour un dialogue franc et sincère en vue de rétablir la confiance », a-t-il dit alors que l’opposition a refusé de reconnaître sa réélection et a créé un Conseil national de transition (CNT). La journée de lundi, lors de laquelle l’opposition avait appelé à manifester, a été marquée par des violences qui ont fait au moins neuf morts dans le pays.

S’il a « demandé » à l’opposition de mettre un terme « définitif » au CNT, le président Ouattara, qui a dit deux fois qu’il serait le « président de tous les Ivoiriens », a « réaffirmé sa disponibilité pour un dialogue sincère et constructif avec l’opposition dans le respect de l’ordre constitutionnel »« Je demande à tous nos concitoyens, dans un élan d’apaisement des esprits et des cœurs, d’œuvrer pour renforcer la paix », a-t-il ajouté.

Appel au « pardon » et à la « tolérance »

Il a aussi exprimé sa « compassion » aux personnes mortes, citant même les noms d’une dizaine de victimes de tous âges et de toutes ethnies. « Je vous invite au pardon mutuel et à la tolérance pour continuer de vivre ensemble dans la paix », a-t-il ajouté. Les violences électorales, qui ont souvent dégénéré en affrontements intercommunautaires, ont fait une cinquantaine de morts depuis le mois d’août. La crainte d’une escalade des violences reste présente en Côte d’Ivoire, dix ans après la crise postélectorale de 2010-2011, qui avait fait 3 000 morts.

Elu en 2010, réélu en 2015, M. Ouattara avait annoncé en mars qu’il renonçait à une nouvelle candidature, avant de changer d’avis en août, à la suite de la mort de son dauphin désigné, le premier ministre Amadou Gon Coulibaly, à qui il a « dédié [sa] victoire ». La loi fondamentale ivoirienne prévoit un maximum de deux mandats, mais le Conseil constitutionnel a estimé qu’avec la nouvelle Constitution adoptée en 2016 le compteur des mandats présidentiels avait été remis à zéro. Ce que l’opposition conteste.

Le Monde avec AFP

Présidentielle en Côte d’Ivoire : Bédié et Affi N’Guessan « pas concernés par le processus électoral »

octobre 15, 2020

Henri Konan Bédié et Pascal Affi N'Guessan, le 15 octobre 2020 à Abidjan.

Lors d’une conférence de presse conjointe, Henri Konan Bédié et Pascal Affi N’Guessan ont annoncé qu’ils demandaient à leurs militants d’« empêcher la tenue de toute opération liée au scrutin et de mettre en application le mot d’ordre du boycott actif ».

« Nous ne sommes pas du tout concernés par le processus électoral en cours, ce processus électoral est illégal parce qu’il ne répond nullement à aucun critère international », a déclaré Pascal Affi N’Guessan lors d’une conférence de presse conjointe avec Henri Konan Bédié, ce jeudi 15 octobre à Abidjan.  « Nos militants, comme les électeurs ivoiriens, doivent s’abstenir d’y participer, tant en ce qui concerne la distribution des cartes électorales, qu’en ce qui concerne la campagne électorale », a-t-il ajouté.

« Empêcher la tenue de toute opération liée au scrutin »

Appelant à « faire barrage à ce coup d’État électoral que le président Ouattara s’apprête à commettre », il a invité ses militants « à empêcher la tenue de toute opération liée au scrutin et à mettre en application le mot d’ordre du boycott actif par tous les moyens légaux à leur disposition afin que le pouvoir actuel consente à convoquer l’ensemble des forces politiques nationales [pour] trouver des solutions acceptables ».

De son côté, Bédié ne s’est pas exprimé, mais participera à une conférence de presse de l’opposition, ce vendredi matin au siège du PDCI.

Cette déclaration a été faite le jour même de l’ouverture officielle de la campagne électorale. Quelques heures plutôt, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) avait présenté le programme de son candidat, Alassane Ouattara. Le chef de l’État doit lancer sa campagne le 16 octobre à Bouaké, la deuxième ville du pays.

Les candidatures d’Henri Konan Bédié, investi par le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), et de Pascal Affi N’Guessan, du Front populaire ivoirien (FPI), ont été validées par le Conseil constitutionnel, le 14 septembre. Si ces deux candidats se retirent effectivement de l’élection présidentielle, fixée au 31 octobre, seuls resteraient en lice le président sortant, candidat à un troisième mandat sous les couleurs du RHDP, et Kouadio Konan Bertin

Par Jeune Afrique avec Vincent Duhem

[Tribune] Ouattara, Bédié, Gbagbo… Présidentielle 2020, retour vers le futur?

août 4, 2020

Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo, Henri Konan Bédié et Guillaume Soro.

Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo, Henri Konan Bédié et Guillaume Soro. © Montage JA

 

À trois mois de la présidentielle ivoirienne, les principaux états-majors politiques semblent davantage miser sur leurs leaders historiques, laissant craindre un remake des présidentielles du passé.

Ce mercredi 29 juillet, la grande salle du Sofitel Hôtel Ivoire affiche complet. Les membres du Conseil politique du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, parti présidentiel) convoqués d’urgence par Alassane Ouattara, 78 ans, ont répondu massivement présents.

De la tribune, Adama Bictogo, directeur exécutif du RHDP, multiplie les paroles élogieuses à l’endroit du chef de l’État. « Monsieur le président, vous êtes notre boussole, le bouclier du RHDP, le manteau protecteur de notre pays contre les incertitudes et les aventures », lâche-t-il, salué par un tonnerre d’applaudissements.

ADO appelle à la patience

Après le décès de l’ex-Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, candidat du RHDP, le parti présidentiel est à la recherche d’un nouveau candidat. Tous les regards, au sein de la coalition au pouvoir, sont tournés vers Ouattara. Les instances du parti pressent ce dernier de se porter candidat, invoquant « le cas de force majeure ».

Ouattara prend son temps et appelle à la patience, réclamant pour répondre d’attendre l’issue de la période de deuil musulman, soit après le 18 août. Sauf surprise, cependant, il devrait être le porte-flambeau du RHDP à la présidentielle d’octobre 2020.

De l’autre côté, les deux autres principaux leaders politiques affûtent leurs armes, pour aller, une fois de plus, au combat. Henri Konan Bédié a obtenu l’onction de son parti, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). Il était l’unique candidat.

« Les jeunes savent que c’est pour eux que je me présente. C’est pour qu’ils aient accès à tous les postes de gestion de la nation ivoirienne. Donc, ma mandature sera consacrée à mieux les préparer, les former à assumer ces responsabilités, dans tous les secteurs », confie Bédié, 86 ans, à qui veut l’entendre. Une profession de foi qui rappelle ceux qu’il déployait lors de la présidentielle d’octobre 2010, alors qu’il était, avec Francis Wodié, 84 ans, l’un des deux doyens parmi les candidats.

La même affiche électorale qu’en 2010… ?

Autre parti, autre potentiel candidat. La dissidence du Front populaire ivoirien (FPI) est à l’œuvre pour faire de Laurent Gbagbo, 75 ans, son candidat, alors que la branche légale présidée par Pascal Affi N’Guessan a fait de ce dernier son candidat.

L’éligibilité de Gbagbo, qui vit en liberté conditionnelle à Bruxelles depuis qu’il a été acquitté par la Cour pénale internationale (CPI),  semble toutefois hypothétique. D’abord parce que son passeport ivoirien n’a pas encore été renouvelé. En outre, parce que son nom a été retiré de la liste électorale, par la Commission électorale indépendante (CEI).

Condamné en janvier 2018 à vingt ans de prison pour « vol en réunion par effraction, portant sur des caves à l’Agence nationale de la Bceao (Banque centrale des états de l’Afrique de l’ouest), et des numéraires; complicité de vol en réunion, par effraction; destruction d’une installation appartenant à autrui; détournement de deniers publics », Gbagbo, perd, selon le code électoral ivoirien, sa qualité d’électeur et de candidat éligible. Surtout, s’il met le pied à Abdijan, c’est la prison qui l’attend.

S’achemine-t-on vers la même affiche électorale de 2010, qui a vu les « trois Grands » s’affronter au premier tour, avant que Bédié rallie Ouattara contre Gbagbo, au second tour ? Rien n’est moins sûr. Sauf si le chef de l’État ivoirien décidait d’aller à l’apaisement avec ses adversaires, comme il l’avait fait deux ans plus tôt par l’amnistie de plusieurs prisonniers politiques, dont Simone Gbagbo.

« Le président Ouattara pourrait décider d’amnistier tous les politiques condamnés à l’occasion de son discours du 7 août, date commémorative de l’indépendance de la Côte d’Ivoire », espère ainsi Mamadou Traoré, responsable de Générations et peuples solidaires (GPS), le mouvement de Guillaume Soro, candidat déclaré mais en exil en France, après avoir été condamné à vingt ans de prison pour « recel de deniers publics détournés et de blanchiment de capitaux ». Dans un tel scénario, on se dirigerait vers un quasi-remake de la présidentielle d’octobre 2010, avec un Guillaume Soro non plus arbitre – il était alors Premier ministre -, mais acteur.

… Ou le scénario de la présidentielle de 2000 ?

En revanche, dans le cas où les candidatures de Gbagbo et de Soro étaient effectivement rejetées, « nous serions dans un scénario similaire à celui d’octobre 2000, avec d’un côté, un président sortant candidat à sa propre succession après avoir pourtant déclaré sa volonté de ne pas se représenter, comme le chef de la junte militaire Robert Guéï. Et de l’autre, un candidat issu du principal de l’opposition. En 2000, ce rôle avait été tenu par Gabgbo, cette fois, ce serait Bédié », estime l’analyste politique Sylvain N’Guessan.

Dans les deux cas, le spectre du passé hante les esprits. En 2000, la présidentielle qui a vu la victoire de Gbagbo face à Guéï s’est achevée par une crise postélectorale sanglante.

Dix ans plus tard, alors que le pays était divisé en deux depuis huit ans du fait de la rébellion de Guillaume Soro, l’après-second tour de la présidentielle a duré plus de quatre mois. Bilan officiel : plus de 3000 morts.

Une éventualité dont le nouveau Premier ministre Hamed Bakayoko a pleinement conscience : « Nos défis sont, entre autres, de réussir le pari de faire en sorte que nous ayons des élections dans la paix. Une élection qui est une compétition politique (…) Je veux m’investir avec cette génération parce que si nous réussissons, nous aurons mérité de nos aînés et nous aurons travaillé pour nos descendants ».

Par  André Silver Konan, Journaliste et éditorialiste ivoirien, collaborateur de Jeune Afrique depuis Abidjan.

Présidentielle en Côte d’Ivoire: Henri Konan Bédié entre investiture et « atout de l’âge »

juillet 27, 2020

Henri Konan Bédié, à Paris le 10 septembre 2019.

Henri Konan Bédié, à Paris le 10 septembre 2019. © Vincent Fournier pour Jeune Afrique 

L’ancien chef d’État ivoirien Henri Konan Bédié, 86 ans, a été désigné candidat à la présidentielle du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, opposition) avec 99,7% des voix à l’issue d’une convention de ce parti, a-t-il annoncé lundi 27 juillet à Abidjan.

Les résultats des votes des délégués dimanche, «mettent en évidence mon élection avec un score de 99,7%. C’est un véritable plébiscite», a déclaré M. Bédié, lors d’un point de presse à sa résidence d’Abidjan.

Le politicien de 86 ans a qualifié sa victoire de «véritable plébiscite».

« Pour nous au PDCI (Parti démocratique de Côte d’Ivoire), l’âge c’est un atout. L’âge réunit l’expérience et aussi la compétence », a déclaré Henri Konan Bédié à des journalistes après avoir voté, ce dimanche 26 juillet, au siège du parti à Abidjan lors de la convention d’investiture du parti.

L’ancien président ivoirien (1993-1999), chassé du pouvoir par un putsch, et qui espère retrouver la magistrature suprême après deux candidatures (invalidée en 2000 et infructueuse en 2010, où il était arrivé troisième), affirme « remplir une mission de salut public pour restaurer la Côte d’Ivoire ».

« Si nous nous présentons, c’est surtout pour les nouvelles générations », « les jeunes assaillis par le chômage » (…) pour esquisser avec eux un avenir meilleur », a assuré le dirigeant du PDCI, critiqué par ses adversaires pour son âge avancé et qui sera le doyen du scrutin présidentiel du 31 octobre.

L’issue du vote d’investiture ne fait guère de doute, puisque l’ex-chef d’État ivoirien est candidat unique au PDCI, après l’invalidation d’une candidature rivale.

Sept ans d’expérience à la magistrature suprême

Quelque 9 000 délégués sont inscrits dans 388 bureaux de vote sur tout le territoire et à l’étranger pour la diaspora, pour cette « convention éclatée » pour cause de coronavirus. Le résultat provisoire sera proclamé lundi 27 juillet à midi, a expliqué Maurice Kakou Guikahué, numéro deux du parti.

À la « Maison du PDCI » à Abidjan, militants et militantes portaient chemises, robes, casquettes et même masques anti-coronavirus aux couleurs du parti : un tissu aux motifs verts, avec le sigle frappé d’un éléphant, et la photo en médaillon de Félix Houphouët-Boigny, fondateur du PDCI, premier président ivoirien et « père de l’indépendance », toujours la figure tutélaire du pays 27 ans après sa mort, et mentor revendiqué de Henri Konan Bédié. 

« HKB » est apparu vers 11h30, marchant lentement mais apparemment en forme, vêtu de son traditionnel abacost, pour aller déposer son bulletin dans l’urne. Celui que l’on surnomme, du fait de sa parole rare, le « Sphinx de Daoukro » (la ville où il réside dans l’intérieur du pays), s’est ensuite adressé à quelques journalistes dans son bureau, s’exprimant posément.

« Mon parti estime que je suis le mieux placé, l’homme de la situation. Il ne faut pas oublier que j’ai gouverné ce pays pendant sept ans », a-t-il dit, après avoir dressé un bilan sévère de l’état de la Côte d’Ivoire.

Le PDCI a gouverné de conserve avec le parti du président Alassane Ouattara de 2011 à 2018, avant que l’alliance n’éclate, précisément sur la question du choix du candidat à la présidentielle de 2020.

Une candidature Ouattara se dessine

Ceux qui critiquent mon âge, « c’est leur problème ! Il n’y a pas d’âge limite au regard de la Constitution », a fait valoir Henri Konan Bédié. « Je réunis actuellement toutes mes forces physiques et intellectuelles », a-t-il assuré.

Il affrontera probablement le président Alassane Ouattara, 76 ans, dont la candidature pour un troisième mandat se dessine, après la mort brusque de son dauphin désigné, le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, terrassé à 61 ans par une crise cardiaque le 8 juillet.

Alassane Ouattara avait annoncé en mars ne pas se représenter pour laisser la place à la « nouvelle génération », critiquant de manière allusive la volonté de Henri Konan Bédié de se représenter. Mais le décès de son dauphin a bouleversé ses plans, et il va sans doute forcer le président à reprendre le flambeau du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, au pouvoir), faute d’autre candidat consensuel, selon les analystes.

Le troisième grand parti national, le Front populaire ivoirien (FPI, d’opposition) n’a pas encore fait connaître sa position pour la présidentielle. Son fondateur l’ex-président Laurent Gbagbo, 75 ans (au pouvoir de 2000 à 2010) est en liberté conditionnelle depuis son acquittement par la Cour pénale internationale, et la possibilité de son retour en Côte d’Ivoire n’est pas tranchée.

Enfin, l’ex-chef rebelle et ancien Premier ministre Guillaume Soro, 47 ans, ancien allié de Ouattara, s’est déclaré candidat, mais il vit en exil en France après sa condamnation par la justice ivoirienne à 20 ans de prison pour « tentative d’insurrection ».

Par Jeune Afrique avec AFP

 

Côte d’Ivoire: Henri Konan Bédié annonce sa candidature à l’investiture de son parti pour la présidentielle

juin 20, 2020

L'ancien président ivoirien, Henri Konan Bédié, s'exprime lors d'un rassemblement au stade Félix Houphouët-Boigny, à Abidjan, le 22 octobre 2016.

L’ancien président ivoirien, Henri Konan Bédié, s’exprime lors d’un rassemblement au stade Félix Houphouët-Boigny, à Abidjan, le 22 octobre 2016.

L’ex-président ivoirien Henri Konan Bédié, 86 ans, a annoncé samedi qu’il serait candidat à l’investiture de son parti pour l’élection présidentielle du 31 octobre, dans une déclaration devant des responsables de son parti le PDCI, principale formation de l’opposition.

« Je ferai don de ma personne », a déclaré l’ancien chef d’Etat (1993-99), demandant aux responsables du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) réunis chez lui à Abidjan de mobiliser les militants pour lui « assurer une victoire éclatante » lors de la convention d’investiture le 26 juillet.

Leader incontesté du PDCI, Henri Konan Bédié, « HKB », met ainsi fin à un faux suspense en répondant à un appel des responsables du parti, lui demandant « avec insistance », « de faire acte de candidature à la convention de désignation du candidat ». 

Les deux grands partis de l’opposition ivoirienne signent un accord politique

L’un des principaux responsables du parti, Jean-Louis Billon, qui était présenté comme un candidat possible, a annoncé son retrait en faveur de M. Bédié.

Le PDCI désignera son candidat à la présidentielle prévue le 31 octobre lors d’une « convention éclatée », pour cause de coronavirus, les 25 et 26 juillet.

La date limite pour le dépôt des candidatures est le 31 juillet.

Dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011 qui avait fait quelque 3.000 morts, la présidentielle d’octobre 2020 s’annonce tendue.

Les élections municipales et régionales de 2018 avaient été marquées par de nombreuses violences et des fraudes.

Deux candidats à la présidentielle se sont déjà déclarés.

Le parti au pouvoir a désigné en mars le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, qui se trouve en France depuis le début du mois de mai en raison de problèmes cardiaques.

L’ancien chef rebelle Guillaume Soro, ex-allié du président Alassane Ouattara, s’était déclaré le premier mais fait face à plusieurs procédures judiciaires dont une condamnation à 20 ans de prison avec déchéance des droits civiques et vit en exil en France.

Par VOA avec AFP

Côte d’Ivoire: Le FPI de Gbagbo et le PDCI de Bédié confirment leur rapprochement

juin 4, 2020

Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié.

Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié. © © ICC-CPI – Vincent Fournier/JA

 

Les partis de Laurent Gbagbo et de Henri Konan Bédié appellent leurs militants respectifs à collaborer en vue de la présidentielle d’octobre 2020.

C’est un nouveau pas dans leur rapprochement. Après avoir signé, le 30 avril, un « accord-cadre de collaboration » portant sur un projet commun de réconciliation nationale, le Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo et le Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA) de Henri Konan Bédié ont lancé, mercredi 3 juin, un appel solennel à leur militants pour qu’ils préparent ensemble la prochaine élection présidentielle.

À l’issue d’une réunion du Comité national paritaire de collaboration (CNPC) mis en place par les deux partis, à laquelle ont participé Assoa Adou, le secrétaire général du FPI, et Maurice Kakou Guikahué, le secrétaire exécutif du PDCI-RDA, les deux principaux partis d’opposition ivoiriens ont appelé leurs militants « à travailler de concert sur toute l’étendue du territoire pour la réconciliation et le retour de la paix » afin de « traduire en actions communes » les engagements pris dans l’accord-cadre de collaboration du 30 avril.

Pour la première fois, les dirigeants du FPI et du PDCI-RDA demandent surtout à leurs adhérents de collaborer pour préparer la prochaine présidentielle, dont le premier tour est programmé le 31 octobre. Dans leur déclaration, ils demandent notamment à tous les responsables de base de leurs partis de « mettre l’accent dès maintenant » sur la nécessité pour leurs militants d’acquérir leurs cartes nationales d’identité et de s’inscrire massivement sur les listes électorales.

Rapprochement progressif

Après des années de rivalité, Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié se sont revus pour la première fois à Bruxelles en juillet 2019. Depuis, les deux ex-présidents et leurs partis respectifs se sont progressivement rapprochés, avec pour objectif de faire front face au Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) de leur ennemi commun, le président sortant Alassane Ouattara.

En attendant la formation d’une éventuelle alliance électorale face au pouvoir, notamment en cas de second tour, le FPI et le PDCI ont annoncé leur intention de présenter leurs propres candidats à la magistrature suprême.

Dans les rangs du FPI, ce choix dépendra largement du sort de Laurent Gbagbo, qui a récemment vu son régime de liberté conditionnelle allégé par la Cour pénale internationale (CPI) et qui ambitionne de rentrer en Côte d’Ivoire dès que possible. Dans ceux du PDCI-RDA, tout laisse penser que Henri Konan Bédié, 86 ans, sera investi candidat lors de la prochaine convention du parti, prévue le 12 juin à Abidjan.

Avec Jeune Afrique par Benjamin Roger