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Venezuela: le chef de l’opposition bloqué à l’aéroport

mai 18, 2017

Le chef de l’opposition vénézuélienne Henrique Capriles pose pour un selfie à l’aéroport international Simon Bolivar de Maiquetia, à environ 30 km de Caracas, le 18 mai 2017 / © AFP / STR

Le chef de l’opposition vénézuélienne Henrique Capriles a accusé jeudi les autorités de l’empêcher de quitter le pays, où se poursuit la vague de manifestations émaillées de violences contre le gouvernement.

Cet ancien candidat à la présidentielle, qu’il avait perdue de peu contre le chef de l’Etat actuel Nicolas Maduro, devait se rendre à New York pour y rencontrer vendredi le Haut commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Zeid Ra’ad Al Hussein.

« Je ne vais pas pouvoir assister à la réunion avec le Haut commissaire aux droits de l’Homme », a affirmé M. Capriles dans une vidéo diffusée en direct sur internet depuis l’aéroport international de Maiquetia, à Caracas.

Sur d’autres images diffusées en ligne, il apparaît en train de réclamer son passeport dans un bureau de l’immigration de l’aéroport. « On m’a informé que mon passeport a été annulé », dit-il. « Mon passeport est valable jusqu’en 2020. Ce qu’ils veulent, c’est que je n’aille pas aux Nations unies », affirme-t-il, assurant être « retenu » par les autorités.

« J’espère que la confiscation du passeport d’Henrique Capriles n’est pas une mesure de représailles parce qu’il allait me rencontrer demain à l’ONU », a réagi sur Twitter le Haut commissaire.

M. Capriles avait indiqué sur le même réseau social qu’il comptait profiter de cette rencontre pour lui présenter les cas des manifestants « tombés (tués, ndlr), blessés, emprisonnés » ainsi que des preuves de la « répression » contre les manifestations hostiles au président socialiste.

Après cet épisode à l’aéroport, il a annoncé qu’il retournait à Caracas pour participer à une manifestation dans la capitale contre la « répression brutale ».

Pendant ce temps, dans la rue, les premiers manifestants criaient: « Qui sommes-nous? Le Venezuela! Que veut-on? La liberté! »

Des incidents ont éclatés entre les opposants et les forces de l’ordre lors d’un rassemblement à l’est de Caracas, alors que d’autres manifestations avaient lieu dans plusieurs villes du pays.

Honte pour l’humanité

Le Venezuela est secoué depuis le 1er avril par une vague de manifestations et de violences dont le bilan s’établit à 43 morts, autant que lors de la précédente grande série de protestations anti-Maduro entre février et mai 2014.

Déterminée à obtenir le départ du président via des élections générales anticipées, l’opposition, majoritaire au Parlement depuis fin 2015, ne faiblit pas et mobilise chaque jour des milliers de personnes.

« Nous n’allons pas cesser de dénoncer les violations des droits de l’Homme et d’exiger des élections. Nous allons continuer dans la rue », a déclaré à l’AFP Hasler Iglesias, l’un des leaders étudiants.

La colère populaire est alimentée par la profonde crise économique et sociale frappant ce pays pétrolier, ruiné par la chute des cours du brut et frappé par des pénuries d’aliments et de médicaments. L’inflation y est la plus élevée au monde et la criminalité incontrôlable.

« Ca, c’est de la résistance. On sait que l’on va être réprimés mais nous devons sortir pour protester, il y a des gens qui meurent de faim ou à cause du manque de médicaments », a confié à l’AFP un musicien de 45 ans se présentant comme Napolenrique.

Depuis le début du mouvement de protestation, les dirigeants de l’opposition dénoncent une « répression brutale » des autorités, tandis que le gouvernement accuse ses adversaires de promouvoir des « actes terroristes » en vue d’un « coup d’Etat ».

« Assassin Capriles! » a lancé M. Maduro dans la nuit de mercredi, l’accusant de diriger, avec le président de l’Assemblée nationale Julio Borges, « des bandes de terroristes ».

Dans ce climat d’extrême tension, le président a ordonné mercredi le déploiement de 2.600 militaires dans l’Etat de Tachira (ouest), près de la frontière colombienne, après des pillages et attaques contre des installations de la police et de l’armée.

La veille, il avait une nouvelle fois prolongé l’état d’urgence économique, en vigueur depuis janvier 2016, qui lui permet de restreindre les « garanties » constitutionnelles et de prendre des mesures spéciales d' »ordre social, économique, politique et juridique ».

Au niveau international, le président Donald Trump a qualifié jeudi la crise vénézuélienne de « honte pour l’humanité », tandis que la France a appelé à « l’arrêt des violences » et à une « médiation régionale ou internationale crédible ».

Romandie.com avec(©AFP / 18 mai 2017 23h49)

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Venezuela : le principal opposant écarté de la prochaine présidentielle

avril 7, 2017

 

Henrique Capriles, le 7 avril 2017, à Caracas / © AFP/Archives / FEDERICO PARRA

Au Venezuela le principal opposant au président socialiste Nicolas Maduro, Henrique Capriles, a été déclaré inéligible pour 15 ans, ce qui l’écarte de fait de la prochaine élection en 2018, dans un nouveau soubresaut de la crise politique qui ébranle ce pays.

L’organisme public chargé de contrôler l’action des fonctionnaires vénézuéliens lui a « imposé une sanction d’inéligibilité pour des mandats publics pour une période de 15 ans ».

La sanction répond à des « irrégularités administratives » durant la gestion de Capriles en tant que gouverneur de l’Etat de Miranda (nord), poste qu’il occupe actuellement.

L’opposant, âgé de 44 ans, qui s’était incliné de peu face à Nicolas Maduro lors de la présidentielle de 2013, donnait une conférence de presse vendredi.

« Ce n’est pas mon combat, mais celui de tous les Vénézuéliens ! (…) Nous allons défendre notre Constitution et notre pays ! », a-t-il lancé.

« Inéligibilité de a un seul objectif : la dictature veut choisir son opposition. Va-t-on se laisser faire ? Et bien non. Demain on continue ! », avait écrit un peu avant sur Twitter le vice-président du Parlement et opposant Freddy Guevara.

Cette mesure intervient dans un climat de forte tension au Venezuela.

– Manifestation samedi –

Une nouvelle manifestation était prévue samedi à l’appel des antichavistes (du nom de l’ancien président Hugo Chavez, 1999-2013), après celle de jeudi, où quelque 10.000 opposants ont défilé contre le pouvoir dans la capitale et à ses abords, et lors de laquelle plusieurs violentes échauffourées les ont opposés à la police.

Un jeune homme de 19 ans a été tué, 19 personnes blessés et 30 autres interpellées.

Le pays sud-américain, qui s’est effondré économiquement avec la chute des cours du pétrole, sa principale richesse, est déchiré par une profonde crise politique depuis la victoire de l’opposition de centre droit aux législatives de fin 2015.

La situation s’est enflammée ces derniers jours quand la Cour suprême, réputée proche du président Maduro, s’est brièvement arrogée les pouvoirs du Parlement, déclenchant un tollé international qui l’a poussée à faire machine arrière 48 heures plus tard.

L’opposition, réunie dans une vaste coalition, la MUD (Table pour l’unité démocratique), crie à la tentative de coup d’Etat et veut faire pression en mobilisant la population, étranglée par la crise économique.

Hormis le Parlement, le chavisme contrôle toutes les institutions au Venezuela. Et depuis janvier 2016, la Cour suprême a réussi à faire annuler toutes les décisions du pouvolr législatif.

Henrique Capriles a la possibilité de faire appel de son inéligibilité dans les 15 jours devant la « Contraloria », l’instance qui lui a infligé cette sanction, ou dans les six mois devant la Cour suprême. Mais l’opposition accuse ces deux organismes de servir le pouvoir.

Une fois ces recours épuisés, M. Capriles devra abandonner son poste de gouverneur.

Il est fini

Capriles, qui avait également été battu en 2012 par Hugo Chavez (décédé ensuite, entraînant de nouvelles élections en 2013), s’était déjà déclaré candidat aux primaires de la MUD pour la présidentielle de 2018.

Jeudi, le chef de l’Etat avait fortement critiqué cette figure des antichavistes.

Capriles « fait partie de l’histoire de la politique vénézuélienne. Il est fini politiquement », avait lancé le président Maduro, sans faire alors référence à de possibles sanctions contre le leader de l’opposition.

Très impopulaire et soumis à une importante pression internationale, le chef de l’Etat, 54 ans, refuse d’organiser des élections anticipées comme l’exige l’opposition et entend rester au pouvoir jusqu’au prochain scrutin, prévu en décembre 2018.

Dans ce pays, l’un des plus violents au monde et où de vastes manifestations en 2014 avaient fait officiellement 43 morts, l’impasse politique fait craindre que la situation ne dégénère dans la rue.

Outre la profonde crise politique en cours, le Venezuela, pays pétrolier qui a connu trois tentatives de coup d’Etat depuis 1992, est frappé par une pénurie qui concerne 68% des produits de base, et l’inflation y est devenue incontrôlable (1.660% fin 2017, selon une prévision du FMI).

Romandie.com avec(©AFP / 08 avril 2017 01h57)

Hugo Chavez réélu président du Venezuela jusqu’en 2019

octobre 8, 2012
Hugo Chavez dirige le Venezuela depuis 1998.
Hugo Chavez dirige le Venezuela depuis 1998. Crédits photo : JORGE SILVA/REUTERS

Hugo Chavez a réussi son pari: non seulement être réélu mais avec une marge de plus de 8 points. Il a obtenu 54,4 % des voix loin devant son concurrent Henrique Capriles, crédité de 44,19, soit une différence de plus d’un million de voix. Qui plus est, la participation a été exceptionnelle: plus de 80%. Le CNE a diffusé ces résultats à 22 heures. Toute la journée, l’affluence dans les bureaux de vote avait été notable.

Des queues de plusieurs centaines de mètres se déroulaient devant les centres de votes. Pour fluidifier le vote, un contrôle d’idendité préliminaire a été supprimé des procédures à respecter. Peu de bureaux ont pu fermer à l’heure prévue, 6 heures, et certains sont restés ouverts jusqu’à 21 heures. «Je suis très heureux comme tous les Vénézuéliens. Ce processus se termine en paix. Attendons avec maturité démocratique les résultats du CNE et nous appuierons tous ses résultats», a déclaré Hugo Chavez vers 19 heures. Jorge Rodriguez, le chef de l’équipe de campagne de Chavez, le «comando Carabobo», a rappelé un peu plus tard, alors que tout le pays attendait avec un peu de nervosité le résultat: «Le candidat de la patrie a dit qu’il reconnaitrait le résultat quel qu’il soit.»

Dans le quartier de Miraflores, une foule de plusieurs milliers de personnes avait convergé vers le palais présidentiel dès 21 heures. Selon la tradition mise en place par Hugo Chavez, les portes du palais s’ouvrent une fois le résultat connu et le président fait un discours du haut du balcon du peuple. Les motorizados, ses partisans qui se déplacent en motos, fendaient la foule comme à leur habitude en claxonnant. Des gros 4X4 portant des appareils de sonorisation très puissant sillonnaient les rues adjacentes en diffusant des chansons de soutien au «comandante».

A 22h30, de son commando de campagne, Henrique Capriles a voulu «félicité le président de la République». Il a remercié les six millions de Vénézuéliens «qui m’ont fait confiance… Ce matin je disais que pour gagner il faut savoir perdre. Pour moi la voix du peuple est sacrée… Je suis là pour respecter ce qu’a dit le peuple. Je continuerai à travailler pour construire ce nouveau chemin.» 

Forte participation

Cette déclaration du candidat de l’opposition avait beaucoup d’importance car dans l’opposition, certains secteurs menaçaient de ne pas reconnaître le résultat. En félicitant son adversaire immédiatement après l’annonce des résultats par le CNE, Henrique Capriles a lancé un message très important de confiance dans les institutions du pays. A 40 ans, il perd sa première élection après avoir été une fois député, deux fois maire, et enfin gouverneur de Miranda, l’un des états les plus peuplés du pays.

Hugo Chavez a été élu la première fois à la présidence de la république en 1998 avec 56,2% des voix. Il a ensuite été réélu en juin 2000 avec 59,76%. En 2006, il a gagné avec 62,85%. C’est donc sa victoire la plus courte, avec la plus forte participation car jamais elle n’a dépassé les 80%. Les troupes chavistes ont donc réussi à mobiliser les électeurs, comme ils l’ont fait lors de la manifestation de jeudi dernier qui a occupé les sept plus grandes avenues de Caracas. Certains doutaient de ses capacités de mobilisation après 14 ans de pouvoir. Le résultat leur apporte un démenti cinglant. Il gouvernera le Venezuela jusqu’en 2019. Si sa santé le lui permet…

Lefigaro.fr par Patrick Bèle