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IAAF/Enquête: Corruption massive présumée dans l’athlétisme

novembre 25, 2016

 

De hauts responsables de la Fédération internationale d’athlétisme auraient soutiré de l’argent à 6 athlètes russes dopés en échange de son silence.

 

L'ancien président de l'IAAF Lamine Diack, poursuivi depuis novembre 2015 pour corruption et blanchiment aggravé, est soupçonné dans cette affaire d'avoir reçu un virement de 1,5 million d'euros de Balakhnichev.

L’ancien président de l’IAAF Lamine Diack, poursuivi depuis novembre 2015 pour corruption et blanchiment aggravé, est soupçonné dans cette affaire d’avoir reçu un virement de 1,5 million d’euros de Balakhnichev. Image: AFP

«La justice française, indique Le Monde vendredi sur son site internet, enquête depuis un an sur des soupçons de corruption dans l’athlétisme mondial (…) le Sénégalais Papa Massata Diack, fils de l’ancien président de la Fédération internationale (Lamine Diack), promettait depuis fin 2011 une protection totale des dopés contre rémunération».

Au moins six athlètes russes, selon Le Monde et la télévision allemande ARD qui se sont alliés pour mener cette enquête commune, ont payé en 2011 entre 300’000 (321’000 euros) et 700’000 euros (750’900 francs) chacun pour ne pas être suspendus et pouvoir s’aligner notamment aux jeux Olympiques de Londres-2012.

Les six athlètes cités sont la marathonienne Liliya Shobukhova, les marcheurs Vladimir Kanaykin, Valery Borchin (or à Pékin-2008), Olga Kaniskina (or à Pékin-2008, argent à Londres-2012), et Sergey Kirdyapkin (or à Londres-2012), et la spécialiste du 3000 mètres steeple Ioulia Zaripova (or à Londres-2012).

Il est à noter que Liliya Shobukova, qui malgré ses paiements s’est retrouvée suspendue par la suite, est à l’origine de la mise au jour du scandale, en demandant le remboursement des sommes versées puisque la protection n’avait pas fonctionné, et en parlant à l’Agence mondiale antidopage (AMA).

La liste des cas d’athlètes russes dopés que l’IAAF aurait pu couvrir, selon la justice, comporte au total 23 noms.

Des passeports anormaux

La Fédération russe, furieuse de ne pas avoir ensuite obtenu l’immunité promise, a menacé de dénoncer publiquement ce pacte en 2014. Le Monde et ARD produisent notamment des courriels de Valentin Balakhnichev, à l’époque président de la Fédération russe d’athlétisme, menaçant l’IAAF de tout révéler: «Permettez-nous de vous rappeler que dès l’origine, le contexte de ces six cas était très éloigné de tout cadre légal et éthique», écrit M. Balakhnichev «En 2011, lorsque nous nous sommes retrouvés face à 19 cas de passeports biologiques anormaux, incluant des champions olympiques et du monde, vous nous avez proposé un marché. Qualifier cela de marché est trop diplomatique. Il s’agissait d’un chantage cynique et cruel».

L’ancien président de l’IAAF Lamine Diack, poursuivi depuis novembre 2015 pour corruption et blanchiment aggravé, est soupçonné dans cette affaire d’avoir reçu un virement de 1,5 M d’euros de Balakhnichev.

«A aucun moment il n’a été question de paiement par des athlètes russes. Jamais je n’aurais demandé de l’argent à un athlète, ou accepté, et c’est la même chose pour Valentin» Balakhnichev, a répondu Lamine Diack, cité par ARD.

 

Lematin.ch avec (afp/nxp)(Créé: 25.11.2016, 13h08)

Athlétisme – Sénégal : le Qatar a versé 2,5 millions de dollars au fils de Lamine Diack

novembre 19, 2016

Le fils de l’ex-président de l’IAAF Lamine Diack Papa, Massata Diack, le 8 février 2015 à Dakar. © AFP

Le fonds d’investissement qatari QSI a versé près de 3,5 millions de dollars (2,5 ME de l’époque) à une société de marketing sportif dirigée par le fils de l’ex-président de l’IAAF Lamine Diack pour obtenir les Mondiaux d’athlétisme 2017, finalement organisés par Londres, selon le quotidien le Monde.

Le journal a eu accès à deux virements, d’un montant total de 3 499 950 dollars, parmi des données rassemblées par le fisc américain.

Ces sommes ont été virées par Oryx Qatar Sports Investments (QSI) vers la société Pamodzi Sports Consulting dirigée par Papa Massata Diack, les 13 octobre et 7 novembre 2011.

Quelques semaines plus tôt, le 5 septembre, Doha avait annoncé sa candidature pour les Mondiaux 2017. Quatre jours après le second virement, Londres, entré dans la course après la capitale qatarie, avait obtenu l’organisation de la compétition.

En 2013, le Qatar avait obtenu l’organisation des Mondiaux-2019 devant Eugene (Etats-Unis/Orégon) et Barcelone en promettant notamment de verser 37 millions de dollars (32 millions d’euros) en sponsoring et droits télévisuels.

Consultant de l’IAAF jusqu’en 2014, Papa Massata Diack est soupçonné d’être l’un des acteurs du système de corruption mis en place au sommet de l’IAAF pour couvrir des cas de dopage dans l’athlétisme russe en échange d’argent.

Il réside actuellement au Sénégal et fait l’objet d’un mandat d’arrêt international lancé par la justice française, qui enquête sur ce dossier. Son père, Lamine Diack, président de l’IAAF de 1999 à 2015, est mis en examen depuis novembre 2015 pour corruption et blanchiment aggravé dans la même affaire.

« Contactés par Le Monde, Papa Massata Diack et QSI n’ont pas répondu », a précisé le journal.

Jeuneafrique.com avec AFP

Corruption: nouvelle inculpation en France pour l’ex-patron sénégalais de l’athlétisme mondial

décembre 21, 2015

Paris – L’ex-patron de la fédération internationale d’athlétisme (IAAF), le Sénégalais Lamine Diack, a été de nouveau inculpé en France pour corruption lundi dans le scandale sur des cas de dopage étouffés moyennant finances, a appris l’AFP de source proche de l’enquête.

Lamine Diack est soupçonné d’avoir fermé les yeux sur des cas de dopage, notamment d’athlètes russes, en échange d’argent.

Les juges le suspectent aussi d’avoir remis en espèces, en plusieurs fois, la somme de 140.000 euros à Gabriel Dollé, le médecin qui était en charge de la lutte antidopage à l’IAAF jusqu’à fin 2014, selon la source proche de l’enquête.

Lamine Diack, 82 ans, nie avoir remis ces fonds au médecin.

Ce sont ces soupçons qui valent au Sénégalais cette nouvelle mise en examen (inculpation) qui lui a été signifiée lundi matin au pôle financier du tribunal de grande instance de Paris où il est venu avec ses avocats, a constaté l’AFP.

Il avait déjà été inculpé début novembre pour corruption passive et blanchiment aggravé. Gabriel Dollé et un conseiller juridique de Lamine Diack, Habib Cissé, ont également été mis en examen.

Sollicité par l’AFP, l’avocat de Lamine Diack, Me Daouda Diop, n’a pas donné suite. Un autre de ses conseils, Me Alexandre Varaut, s’est refusé à tout commentaire.

Le 9 novembre dans un rapport, l’Agence mondiale antidopage (AMA) avait accusé la Russie de Vladimir Poutine d’avoir mis sur pied un système de dopage organisé dans l’athlétisme.

La Russie a dans la foulée été suspendue par l’IAAF et pourrait donc être bannie des épreuves d’athlétisme des jeux Olympiques de Rio, dans huit mois.

Le scandale a suscité des remous au Sénégal, après que le journal Le Monde a révélé la semaine dernière des extraits des déclarations de Lamine Diack en garde à vue début novembre.

L’octogénaire avait expliqué que la Russie, via le président d’alors de sa fédération d’athlétisme, Valentin Balakhnichev, également trésorier de l’IAAF, avait apporté une contribution de 1,5 million d’euros.

Cette somme aurait été distribuée à des associations et des sphères d’influence pour contribuer à éviter une réélection à un troisième mandat d’Abdoulaye Wade à la présidentielle de 2012, selon ses déclarations.

Romandie.com avec(©AFP / 21 décembre 2015 18h59)

Lamine Diack confesse une corruption à des fins politiques

décembre 19, 2015

Lamine-Diack-confesse

 

Le Monde s’est procuré les déclarations de Lamine Diack, le président de la Fédération internationale d’athlétisme, auprès des enquêteurs chargés du scandale liant corruption et dopage en Russie. Des aveux pour le moins détonants en matière de… politique internationale.

Le scandale frappant la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) a pris, ce vendredi, une tournure pour le moins étonnante après les révélations du Monde. En effet, le quotidien est parvenu à se procurer les déclarations de Lamine Diack, le président de l’IAAF mis en examen pour «corruption passive» et «blanchiment aggravé», auprès des enquêteurs de l’Office central de lutte contre les infractions financières et fiscales (OCLCIFF). Plutôt que de déclarations, il convient cependant de parler d’aveux pour le moins édifiants. Et très embarrassants sur le plan politique car ce que révèle l’ex-président, âgé de 82 ans, s’avère digne d’un film hollywoodien.

Diack voulait remporter la «bataille de Dakar»

Ainsi, l’argent qu’aurait perçu Diack lui aurait servi à faire chuter ni plus ni moins que le président du Sénégal, Abdoulaye Wade, lors des élections présidentielles de 2012 face à Macky Sall. Ce qu’il expliquait dans ces termes lors de son audition le 2 novembre dernier : «Je vous ai dit qu’il fallait à cette période gagner la « bataille de Dakar », c’est-à-dire renverser le pouvoir en place. Il fallait pour cela financer notamment le déplacement des jeunes afin de battre campagne, sensibiliser les gens à la citoyenneté (…) J’avais donc besoin de financements pour louer les véhicules, des salles de meetings, pour fabriquer des tracts dans tous les villages et tous les quartiers de la ville.» Des financements qu’il estime devoir être d’une valeur d’1,5 million d’euros. C’est alors qu’intervient Valentin Balakhnichev, le président de la Fédération russe, désireux de «protéger» un certain nombre de ses athlètes présentant des passeports biologiques anormaux…

«Nous nous sommes entendus, la Russie a financé, déclare Diack au juge Van Ruymbeke, chargé de l’instruction. C’est Balakhnichev qui a organisé tout ça. Papa Massata Diack (Ndlr : l’un des fils de Lamine Diack toujours activement recherché par les enquêteurs) s’est occupé du financement avec Balakhnichev.» Une accusation dont se défend le Russe dans les colonnes du Monde : «Ni moi ni ma fédération n’avons été impliqués dans une telle discussion ou affaire avec M. Diack. Ce type de business n’est pas de notre intérêt et pouvoir. Nous ne pouvons pas interférer dans les affaires intérieures du Sénégal.» Sauf qu’évidemment, le but recherché par la Fédération russe n’était pas de soutenir l’opposition sénégalaise mais bien de couvrir ses propres dérives en matière de dopage. Et la corruption ne s’est pas arrêtée là puisque Diack a également révélé que la Russie avait aussi donné une somme comprise entre 400.000 et 450.000 euros en 2009, une somme qui avait permis la défaite du fils d’Abdoulaye Wade lors des élections municipales à Dakar.

J’ai accepté de ralentir la procédure.

Gabriel Dollé

Autre personne impliquée dans ce scandale, le Français Gabriel Dollé, le médecin chargé de la lutte antidopage à l’IAAF jusqu’en décembre 2014, est lui aussi passé par la case aveux : «Il m’a été suggéré pour le cas de dopage de Lilya Shobukhova (Ndlr : une marathonienne russe) d’être accommodant afin de ralentir la procédure. A cette époque-là, il y avait des discussions avec un sponsor et Papa Massata Diack, et il m’avait dit qu’une mauvaise publicité nuirait aux négociations avec ce sponsor, dans la perspective des Jeux de Londres. J’ai accepté de ralentir la procédure la concernant.» Bref, comme un résumé de cet accord gagnant-gagnant entre l’IAAF et la Fédération russe, Diack conclut : «Il fallait reporter la suspension des Russes soupçonnées de dopage après les Championnats du monde 2013. S’il n’y avait pas eu de droits de télévision, de droits marketing et si des athlètes avaient été suspendus, c’était une catastrophe.» Finalement, la catastrophe, c’est maintenant pour l’athlétisme mondial, et de manière aggravée…

Lefigaro.fr par Cédric Callier