Posts Tagged ‘Idriss Déby Itno’

Tchad: Moment de recueillement des Chefs d’État aux obsèques d’Idris Déby

avril 23, 2021

Avec AlghadTV

Mort d’Idriss Déby : le président tchadien « serait mort lors de son transfert à N’Djamena »

avril 20, 2021

Avec France 24

Tchad : le jour où Idriss Déby Itno a été tué au combat

avril 20, 2021
Selon la télévision nationale tchadienne, le chef de l’État a succombé à des blessures reçues au combat dans la région du Kanem.

Au lendemain de l’annonce de sa réélection à la présidence pour un sixième mandat, le chef de l’État tchadien, Idriss Déby Itno, est décédé, ce mardi 20 avril. Selon la télévision nationale tchadienne, il aurait succombé à des blessures reçues au combat ces derniers jours.

Idriss Déby Itno est décédé, ce mardi 20 avril. Selon la télévision nationale tchadienne, le chef de l’État aurait succombé à des blessures reçues au combat le 19 avril dans la région du Kanem face aux rebelles du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT). Il avait été annoncé vainqueur quelques heures plus tôt de la présidentielle tchadienne avec 79,32 % des voix et aurait entamé son sixième mandat.

« Idriss Déby Itno vient de connaître son dernier souffle en défendant l’intégrité territoriale sur le champ de bataille », a déclaré le porte-parole de l’armée, le général Azem Bermandoa Agouna, dans un communiqué lu à l’antenne de Télé Tchad ce 20 avril en fin de matinée.

IL A ÉTÉ BLESSÉ AU COURS DES ACCROCHAGES ET A RENDU L’ÂME UNE FOIS RAPATRIÉ À N’DJAMENA

« Le maréchal du Tchad, Idriss Déby Itno, comme il le fait chaque fois que les institutions républicaines sont gravement menacées, a pris la tête des opérations lors du combat héroïque mené contre les hordes terroristes venues de la Libye. Il a été blessé au cours des accrochages et a rendu l’âme une fois rapatrié à N’Djamena », a précisé l’armée.

Selon nos informations, Idriss Déby Itno était monté au front dans le Kanem dans la journée de lundi, afin de pousser ses hommes au combat. Les affrontements avec les rebelles du FACT avaient alors été très violents, occasionnant de nombreuses pertes dans les deux camps. Touché dans une manœuvre, Idriss Déby Itno a été rapatrié à N’Djamena dans la soirée, avant de succomber quelques heures plus tard, vers 1 heure du matin.

Une transition de dix-huit mois

Aussitôt le décès du président connu de ses proches, les hauts gradés de l’armée se sont réunis autour du général Mahamat Idriss Déby, fils du défunt, afin de se mettre d’accord sur les grands axes d’une charte de la transition et les modalités de cette dernière. Ils ont alors décidé la dissolution du gouvernement et de l’Assemblée nationale et la mise en place d’une transition de dix-huit mois, dont l’annonce a été faite dans la matinée du 20 avril.

Un deuil national de quatorze jours a également décrété sur toute l’étendue du territoire et des obsèques nationales seront organisées. Un couvre-feu allant de 18 heures à 5 heures du matin est aussi instauré dans tout le pays et les frontières terrestres et aériennes sont fermées jusqu’à nouvel ordre. Selon des sources à N’Djamena, la capitale est pour le moment calme, même si des mouvements de population ont été observés du Tchad vers le Cameroun en milieu de journée.

« Un conseil militaire de transition [CMT] est mis en place pour assurer la défense de notre cher pays dans cette situation de guerre contre le terrorisme et les forces du mal afin d’assurer la continuité de l’État », a déclaré l’armée. Le CMT, précise-t-elle encore, assurera le pouvoir durant dix-huit mois, à l’issue desquels de nouvelles institutions seront établies par l’organisation d’élections « libres, démocratiques et transparentes ».

La transition sera dirigée par Mahamat Idriss Déby. Ce dernier, fils d’Idriss Déby Itno, est général de l’armée tchadienne et dirigeait depuis de nombreuses années la Direction générale des services de sécurité des institutions de l’État (DGSSIE), dont fait partie la garde présidentielle.

Avec Jeune Afrique par Mathieu Olivier

Fête de l’indépendance du Tchad : le président Idriss Déby reçoit le titre de maréchal

août 11, 2020

 

Idriss Déby Itno, à l'Assemblée nationale le 11 août, lors de la cérémonie l'élevant au grade de Maréchal du Tchad, organisée à l'occasion du 60e anniversaire de l'indépendance du pays.

Idriss Déby Itno, à l’Assemblée nationale le 11 août, lors de la cérémonie l’élevant au grade de Maréchal du Tchad, organisée à l’occasion du 60e anniversaire de l’indépendance du pays. © DR / Présidence tchadienne

 

 

Le Tchad a célébré le 11 août 2020 ses 60 ans d’indépendance. En raison du coronavirus, la journée a été marquée par une cérémonie à l’Assemblée nationale pour élever le chef de l’Etat Idriss Déby Itno au grade de maréchal.

Les députés tchadiens viennent d’élever à l’ultime niveau de la hiérarchie militaire, le rang de maréchal, le président Idriss Déby Itno. Cette élévation a été approuvée par la majorité parlementaire et une partie de l’opposition.

Maître Jean-Bernard Padaré, porte-parole du MPS (Mouvement patriotique du salut), le parti au pouvoir, estime qu’il est tout à fait normal que le président soit honoré le jour de la fête de l’indépendance.

« Les députés, élus du peuple, jettent un regard rétrospectif sur ce qui a été accompli en 60 ans et ils ont identifié un des enfants du pays qui a consacré le plus clair de son temps à défendre l’intégrité du Tchad, la sécurité de nos concitoyens, donc ils ont décidé de l’élever à la dignité de maréchal le jour des 60 ans de notre pays. C’est symbolique, pour lui dire : nous sommes fiers de votre engagement pour assurer l’intégrité de notre territoire et la défense de nos concitoyens », a déclaré Jean-Bernard.

Toutefois, certains estiment que cette cérémonie d’élévation au rang de maréchal ne devrait pas avoir lieu le jour de la commémoration de l’indépendance du pays.

« C’est un crime national que de faire coïncider cet événement avec l’anniversaire de notre indépendance. Le mode de fonctionnement que nous connaissons va faire en sorte que chaque année, on va plutôt privilégier le maréchalat et donc on va reléguer le 11 août 1960 aux calendes grecques. C’est irresponsable et personne ne peut l’accepter », s’est insurgé l’opposant Saleh Kebzabo, président de l’Union nationale pour la démocratie et le renouveau.

Avec Adiac-Congo par Yvette Reine Nzaba

 

Le président turc Erdogan en visite au Tchad signe des accords

décembre 26, 2017

N’Djamena – Les présidents turc, Recep Tayyip Erdogan, et tchadien, Idriss Déby Itno, ont signé mardi cinq accords au terme d’une visite d’un jour d’Erdogan à N’Djamena, une première dans le pays qui revêt une forte connotation économique, a appris l’AFP de source officielle.

Des accords relatifs à l’impôt sur le revenu, la coopération en matière de jeunesse et sports, la coopération technique et de développement, la promotion et la protection des investissements et la coopération dans le partage d’informations et d’archives diplomatiques, ont été signés ce mardi par les deux présidents, selon le communiqué final.

Le Tchad a aussi sollicité l’implication de la Turquie dans la recherche et l’exploitation pétrolière, alors que le gouvernement tchadien négocie depuis plusieurs mois avec l’entreprise suisse Glencore au sujet de prêts gagés sur le pétrole tchadien, et concernant une restructuration de dette s’élevant à 1 milliard de dollars.

Les deux dirigeants se sont félicités de la parfaite convergence de vues entre les deux pays sur les questions internationales, notamment la question du terrorisme et le conflit israélo-palestinien. Le Tchad a été placé fin septembre sur la « liste noire » des Etats-Unis, interdisant l’entrée sur leur territoire à tout ressortissant tchadien.

Concernant Jérusalem, les deux délégations ont estimé que les décisions « unilatérales et illégales » sont « inacceptables et nulles ». La principale condition principale pour la paix et la stabilité dans la région est, selon les délégations, la création de l’Etat de Palestine indépendant et souverain avec une intégrité géographique et ayant pour Capitale Jérusalem-Est dans les limites des frontières de 1967.

La reconnaissance de Jérusalem comme Capitale de l’Etat d’Israël pourrait, selon elles, avoir des répercussions négatives sur la paix et la stabilité dans la région et comporterait un risque de détruire complètement les fondements pour la paix.

Idriss Déby Itno a enfin demandé l’implication de la Turquie dans deux grands projets : la construction de l’aéroport de Djermaya et du pont sur le Chari. Les dossiers relatifs seront soumis à la partie turque, selon le communiqué officiel.

En marge de cette visite, un Forum économique entre la Turquie et le Tchad, auquel ont participé des entreprises et des hommes d’affaires tchadiens ainsi qu’une centaine d’hommes d’affaires turcs, a été organisé.

A l’issue d’un premier entretien à l’arrivée du président turc, la présidence a indiqué que ce déplacement « ouvre une nouvelle page dans la densification des relations entre les deux pays ».

Le chef de l’Etat turc était accompagné d’une dizaine de ministres, dont ceux de la Défense et des Affaires étrangères, et d’une délégation d’hommes d’affaires.

Avant N’Djamena, M. Erdogan a séjourné dimanche et lundi au Soudan pour une « visite historique », marquée par la signature d’une douzaine d’accords bilatéraux. Il est attendu ensuite en Tunisie, troisième et dernière étape de sa tournée régionale.

Comme au Soudan, le Tchad traverse une grave crise économique, et la visite avait de forts enjeux économiques.

La Turquie est également au coeur des rivalités régionales autour de la crise en Libye (voisine du Soudan, du Tchad et de la Tunisie), en tête des préoccupations sécuritaires pour le président Déby.

Romandie.com avec(©AFP / 26 décembre 2017 18h28)                                            

Tchad: vaste remaniement ministériel, réduction du nombre de portefeuilles

décembre 25, 2017

N’Djamena – Le président tchadien Idriss Déby Itno a remanié son gouvernement, réduisant le nombre de ministres de 37 à 24 pour des raisons d’économie, et changeant les titulaires de ministères clés comme la Sécurité publique, les Affaires étrangères, la Justice et les Finances, a appris l’AFP lundi.

Un décret présidentiel, lu à la télévision dimanche soir, réduit le nombre de portefeuilles ministériels, alors que l’Assemblée nationale tchadienne doit voter entre le 28 et le 30 décembre le budget pour l’année 2018 et que le Tchad traverse une crise économique.

Cette réduction « se justifie par les mesures d’austérité que prône le gouvernement », a indiqué à l’AFP un conseiller du Premier ministre sous couvert de l’anonymat.

« Par cette restriction, les plus hautes autorités veulent réduire les dépenses de l’Etat face à la situation de crise financière que connaît le pays », a-t-il ajouté.

La nouvelle équipe gouvernementale est marquée par le départ de 18 ministres tandis que 8 nouvelles personnalités y font leur entrée.

Les ministres des Affaires étrangères, Hissein Brahim Taha, et de la Sécurité publique, Ahamat Bachir, cèdent leur portefeuille.

Aux Finances, Abdoulaye Sabre Fadoul, ministre par intérim depuis la démission de Christian Georges Diguimbaye le mois dernier, est confirmé à ce poste. Cette nomination intervient alors que le gouvernement tchadien négocie depuis plusieurs mois avec l’entreprise suisse Glencore au sujet de prêts gagés sur le pétrole tchadien, et concernant une restructuration de dette s’élevant à 1 milliard de dollars.

Le portefeuille des Affaires étrangères et de la Coopération est confié à Mahamat Zen Cherif, actuel ambassadeur du Tchad en Éthiopie.

Le ministère de la Sécurité publique devient le ministère de l’Administration, de la Sécurité publique et de la bonne Gouvernance. A sa tête est nommé Ahmadaye Abdelkerim Bhakit, ancien gouverneur de la région du Logone (sud).

Enfin, le secrétaire général de la présidence, Djimet Arabi, devient ministre de la Justice et garde des sceaux.

Romandie.com avec(©AFP / 25 décembre 2017 12h40

ONU: conciliabules en aparté avec certains chefs d’États africains

octobre 3, 2017

En marge du sommet des Nations Unies, les chefs d’ États de l’ Afrique centrale se sont réunis avec le secrétaire général de l’ ONU. Acculés et menacés par les grandes puissances pour leur longévité au pouvoir, ils ont demandé des garanties à l’ ONU pour ne plus être candidats à leur propre succession. L’ ONU leur a proposé une immunité avec tous les membres de leurs familles et un salaire mensuel minimum de 6000 euros par mois, un logement , deux véhicules, un chauffeur et quatre gardes du corps chacun.

Paul BIYA 35 ans au pouvoir, a accepté ne pas se présenter en 2018, à condition qu’on ne saisisse pas ses biens en France, en Suisse et dans les paradis fiscaux.

OBIANG NGUEMA  38 ans au pouvoir,  a accepté la proposition de ne plus se présenter en 2022 tout en exigeant que sa fortune estimée à 600 millions d’euros par FORBES, ne soit pas gelée.

SASSOU NGUESSO a accepté le principe tout en restant catégorique sur un accord écrit avec la CPI pour abandonner toute tentative de poursuite pour crimes contre l’humanité.

Idriss DÉBY s’est braqué.

TRUMP a donc  décidé qu’aucun Tchadien ne mettra plus ses pieds aux États-Unis. Mis au courant qu’il allait tomber sous le coup d’un mandat d’arrêt international, DÉBY vient finalement de céder et envisage se retirer pour aller s’installer en Guinée.

Avec congomfoa.com

Le Tchad exprime son « sentiment d’injustice » après le décret migratoire de Donald Trump

septembre 26, 2017
Le président tchadien Idriss Deby Itno lors d’une conférence de presse en octobre 2016. © Markus Schreiber/AP/SIPA

« Sentiment d’injustice », « incompréhension »… Le gouvernement tchadien s’est plaint mardi auprès de l’ambassadrice américaine à N’Djamena, suite à la publication du décret migratoire du président Donald Trump. Celui-ci interdit de façon permanente aux ressortissants tchadiens d’entrer aux États-Unis.

« Nous avons fait part à l’ambassadrice du sentiment d’injustice et d’incompréhension parce que cette décision ne reflète pas le niveau de coopération entre nos deux pays », a expliqué à la presse le ministre secrétaire général du gouvernement assurant l’intérim des Affaires étrangères, Abdoulaye Sabre Fadoul.

« Les excellentes relations entre nos deux pays »

« Nous avons pris bonne note de cette décision regrettable qui n’a aucune dimension politique », a ajouté Abdoulaye Sabre Fadoul, qui parle de motivations « techniques » justifiant la nouvelle mesure américaine.

L’ambassadrice américaine au Tchad, Geeta Pasi, a déclaré pour sa part avoir discuté avec le ministre de « cette décision qui n’entame en rien les excellentes relations entre nos deux pays ». « On est le pays le plus important pour soutenir le Tchad, car on intervient dans le domaine militaire et de la police, et on est en train de lancer un programme (pour les réfugiés, ndlr) dans le Lac », la région au nord-ouest de N’Djamena en crise humanitaire et touchée par le groupe jihadiste Boko Haram, a ajouté l’ambassadrice.

Le manque de coopération de N’Djamena dénoncé par Washington

Avec la Corée du Nord et le Venezuela, le Tchad est le dernier pays en date à intégrer la liste des personæ non grata sur le sol américain. Une décision motivée selon le président Donald Trump par le manque de coopération de N’Djamena, qui « ne partage pas de manière adéquate les informations concernant la sécurité du public et le terrorisme ». Selon le décret, les groupes jihadistes comme l’État islamique, Aqmi et Boko Haram sont présents sur le sol tchadien.

Le Tchad, qui a subi des attentats de Boko Haram, participe au Mali à la lutte contre les groupes jihadistes et abrite la force multinationale du G5 Sahel, se dit actif dans la lutte contre le terrorisme.

Jeuneafrique.com avec AFP

Tchad: la répression se durcit chez l’allié africain de l’Occident, selon des témoignages

juillet 29, 2017

Le président tchadien Idriss Deby, le 29 décembre 2016 à N’Djamena / © POOL/AFP/Archives / ALAIN JOCARD

Tortures, détention au secret, manifestations interdites, des activistes de la société civile témoignent d’un durcissement ces derniers mois de la répression dans le Tchad du président Idriss Déby Itno, l’un des alliés africains de l’Occident contre les jihadistes où la ministre française des Armées, Florence Parly, se rend dimanche.

« Aujourd’hui, le gouvernement du Tchad est appuyé par les pays occidentaux au nom de la lutte contre le terrorisme. Les gens ont sacrifié la démocratie, les droits de l’homme, la bonne gouvernance, la liberté d’expression, au nom de la lutte contre le terrorisme », dénonce Nadjo Kaina, du mouvement Iyina (« Nous sommes fatigués » en arabe dialectal).

Lui-même a été arrêté à plusieurs reprises, dont la dernière fois en avril: « J’ai été détenu au secret pendant 21 jours », raconte-t-il, détaillant des faits relatés par l’AFP au moment de son interpellation par l’Agence nationale de sécurité (ANS, renseignement).

« J’étais les pieds enchaînés, les mains menottées, et pendant l’interrogatoire, on me mettait un sac avec des piments sur la tête. Je ne pouvais pas respirer pendant trois ou quatre minutes. J’agonisais. On l’enlevait, on m’arrosait avec de l’eau, on remettait et l’interrogation continuait toujours », poursuit le jeune de homme de 28 ans.

L’activiste affirme qu’il a été interpellé à la suite d’un appel de son mouvement contre le chômage des jeunes, l’injustice et les privations des droits de l’homme.

Nadjo Kaina a finalement été libéré après avoir été condamné à six mois de prison avec sursis pour « tentative de rassemblement », tout comme un autre activiste d’Iyina, Bertrand Sollo, qui affirme avoir subi le même sort en détention.

Président du Collectif tchadien contre la vie chère, Dingamnayal Nely Versinis témoigne également à visage découvert pour l’AFPTV après son interpellation musclée par l’ANS: « J’ai été soumis à des humiliations et des traitements inhumains », dit-il.

« A la seconde séance de torture, ils m’ont allongé, ils ont pris un tuyau, ils l’ont enfilé dans ma bouche, ils ont ouvert le robinet à haut débit. Mon ventre ballonnait. l’eau sortait par l’anus, tous les orifices », raconte M. Versinis, reprenant un récit qu’il avait publié en mai sur internet.

« On me demandait qui me finance, les Américains, les Français. J’ai répondu non. Ils me répondent que si ce ne sont pas des Blancs, ce sont des hommes de l’opposition », ajoute l’activiste, finalement relaxé faute d’éléments à charge.

« Je suis en liberté provisoire pour des raisons de santé », raconte à l’AFP un autre activiste, Maoundé Decladore, du collectif « Ca doit changer! ».

« Après mon enlèvement et ma détention secrète, j’ai été soumis à des interrogatoires sous lumière irritante. Et aussi on m’a fait avaler un aliment qui a déclenché une diarrhée. Au quatrième jour, j’ai vomi du sang en prison », poursuit-il.

M. Decladore affirme avoir été inquiété à la suite d’un entretien donné à Radio France internationale (RFI) quelques mois auparavant.

– Préoccupation des Occidentaux –

Ces mauvais traitements sont pratiqués au secret dans des centre de détention « non-officiels », d’après Amnesty International.

La situation n’est guère meilleure dans des prisons ouvertes aux observateurs. « Nous avons pu constater à plusieurs reprises lors de notre passage dans ces prisons que les gens meurent par manque de nourriture, par manque de soins et pour cause de conditions déplorables d’hygiène », affirme Mahamat Nour Ibedou, de la Convention tchadienne pour la défense des droits humains.

Des journalistes ont aussi été inquiétés ces derniers mois et un blogueur, Tadjeddine Mahamat Babouri, se trouve en détention depuis fin septembre 2016, indique Amnesty qui s’inquiétait début juillet de son état de santé.

Les grandes chancelleries occidentales à N’Djamena (Union européenne, France, Etats-Unis, Suisse, Allemagne) ont aussi déclaré qu’elles étaient préoccupées « par la détention de plusieurs militants de la société civile, par l’absence d’information sur les charges retenues contre eux, ainsi que sur les conditions de leur détention » dans une déclaration commune du 25 avril.

La torture a été pratiquée à grande échelle au Tchad sous le prédécesseur du président Déby, Hissène Habré, renversé en 1990 et condamné définitivement à perpétuité en avril pour « crime contre l’humanité » par une Cour africaine spéciale.

« Je pense que ceux qui osent la comparaison entre Habré et Déby font injure aux dizaines de milliers de victimes qui ont subi les pires tortures dans les prisons de la DDS (ndr: les services de sécurité sous Habré), et à ceux qui, depuis 1990, peuvent s’exprimer librement », affirme le cinéaste Mahamat Saleh Haroun, auteur d’un documentaire « Hissène Habré, une tragédie tchadienne » – et ministre de la Culture du président Déby depuis février.

Romandie.com avec(©AFP / 29 juillet 2017 13h12)                

France: La visite de Déby à l’Élysée critiquée par l’opposition tchadienne

juillet 12, 2017

Le président du Tchad Idriss Déby Itno, le 18 janvier 2017, au palais présidentiel. © Vincent Fournier/JA

Le président tchadien Idriss Déby Itno a été reçu par son homologue français, Emmanuel Macron, mardi 11 juillet, à l’Elysée. Les jeunes du principal parti d’opposition tchadien, l’Union nationale pour le développement et le renouveau (UNDR), ont publié le jour même une lettre ouverte par laquelle ils demandent aux pays occidentaux, en particulier à la France, de cesser immédiatement « les soutiens de toutes formes au régime illégal et illégitime de Déby ».

Le chef de l’État français, Emmanuel Macron, a reçu mardi 11 juillet 2017, son homologue tchadien, le président Idriss Déby Itno, peut-on lire sur le compte Twitter d’Emmanuel Macron. Une visite en toute discrétion, puisque les journalistes n’en ont été avertis qu’une heure avant et qu’elle n’a donné lieu à aucune déclaration. Seule information diffusée officiellement : la mention du sujet des discussions qui ont eu lieu entre les deux chefs d’État. Il s’agissait d’assurer le « suivi des décisions du G5 Sahel », assure le message diffusé sur Twitter.

Une réunion de suivi qui intervient quelques jours seulement après la réunion du G5 Sahel qui s’est tenue à Bamako, le 2 juillet dernier, en présence d’Emmanuel Macron. Les questions du financement de la future force conjointe antijihadiste ont été au cœur des débats, et le président français avait également profité de sa présence à Bamako pour annoncer le lancement d’un nouveau programme d’aide au développement dans le Sahel baptisé « Tiwara ».

Au Tchad, la réaction ne s’est pas fait attendre. L’Union des jeunes pour le renouveau (UJR) du principal parti d’opposition tchadien, l’UNDR, a publié le jour même une lettre ouverte critique à l’égard des grandes puissances occidentales, en premier lieu la France, « soutien » de ce qu’ils nomment le « régime illégal et illégitime de Déby » et dénonçant « les fraudes massives et grossières » qui ont entaché, selon eux, les dernières élections.

« Le peuple tchadien est totalement pris en otage »

Dans cette lettre ouverte adressée aux ambassadeurs français, américains, allemands, suisse et de l’Union européenne au Tchad, l’UJR affirme qu’elle « ne lésinera pas sur les moyens pour l’instauration de la justice sociale et le rétablissement de la vraie démocratie au Tchad et tiendra pour responsables de ce qu’il adviendra, Déby et ses soutiens ».

L’UJR dénonce également le fait qu’au Tchad, « l’administration est presque inexistante, les services de santé à l’agonie, l’éducation dans une situation chaotique » et elle soutient que « le peuple tchadien est totalement pris en otage par un groupuscule qui, chaque jour, emprisonne, détourne ».

« Le Tchad est un pays ami et partenaire »

L’ONG française Survie est également montée au créneau. Fabrice Tarrit, co-président de Survie, estime dans un communiqué que « voir le nouveau président français recevoir un dictateur emblématique de la Françafrique deux mois après son élection, c’est un signal désolant de continuité avec la politique de ses prédécesseurs ». Le co-président de Survie juge également que « le dogme de la « stabilité », qui a permis de justifier le soutien à des dictateurs qui laissent leur pays exsangue et sapent les efforts des forces démocratiques, a trouvé un nouveau promoteur. Avec des pratiques aussi éculées, Emmanuel Macron ne peut plus prétendre incarner la modernité en matière diplomatique ».

Des critiques auxquelles le gouvernement français a tenu à apporter une réponse, ce mercredi, lors du point de presse quotidien qui se tient au Quai d’Orsay. La porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Agnès Romatet-Espagne, a tenu à souligner que « le Tchad est un pays ami et partenaire». « Nous saluons son engagement déterminé dans la lutte contre le terrorisme dans le Sahel », a-t-elle ajouté, assurant que « la France est attachée, partout dans le monde, au respect des libertés fondamentales. Nous promouvons cette approche dans nos échanges bilatéraux réguliers avec le Tchad. »