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Le Tchad menace de retirer ses troupes des opérations de la Minusma et du G5 Sahel

juin 25, 2017

Le président tchadien Idriss Deby Itno au palais présidentiel de N’Djamena le 20 avril 2016. © Andrew Harnik/AP/SIPA

Le Tchad « sera dans l’obligation de se retirer » des opérations militaires en Afrique « si rien n’est fait » pour aider financièrement le pays qui traverse une sévère crise économique et sociale, a assuré dimanche le président tchadien Idriss Déby Itno.

« Nous n’avons pas du tout été soutenu sur le plan financier, économique. Si rien n’est fait, si ça continue, le Tchad sera dans l’obligation de se retirer » des opérations extérieures sur le continent, a expliqué le président dans un entretien à RFI, TV5 Monde, et le quotidien Le Monde.

« Nous ne pouvons pas continuer à être partout »

Au Mali, le Tchad forme le troisième contingent le plus important de la Mission des Nations unies au Mali (Minusma), avec 1.390 hommes. Par ailleurs, 2.000 soldats tchadiens sont engagés dans la Force multinationale mixte, créée en 2015 conjointement par le Niger, le Nigeria, le Tchad et le Cameroun, pour combattre le groupe islamiste nigérian Boko Haram.

« Nous ne pouvons pas continuer à être partout, au Niger, au Cameroun, au Mali. Tout cela coûte excessivement cher », a-t-il continué.

Concernant la formation de la force conjointe du G5 Sahel, le président tchadien a exprimé sa réticence quant à une participation tchadienne, arguant ne pas pouvoir « avoir 1.400 hommes au Mali (…) et dans le même temps avoir 2.000 soldats dans le G5 Sahel ».

« On ne peut pas faire les deux à la fois, être dans le G5 Sahel et en même temps dans une autre mission sur le même théâtre », a expliqué le chef de l’Etat, au pouvoir depuis 1990.

« Nous sommes arrivés au bout de nos limites »

En février à Bamako, les chefs d’Etat du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad), avaient annoncé la création d’une force militaire conjointe visant à enrayer l’expansion des groupes jihadistes dans la région.

Une résolution saluant le déploiement de cette force a été adoptée mercredi au Conseil de Sécurité des Nations Unies.

« Je suis absolument certain que les Tchadiens sont déçus. Ils estiment que le Tchad en a trop fait, qu’il doit se retirer. Nous sommes arrivés au bout de nos limites », a indiqué M. Déby.

« L’année 2018 va être une année déterminante. Fin 2017, début 2018, si cette situation devait perdurer, le Tchad ne serait plus en mesure de garder autant de soldats à l’extérieur de son territoire », a-t-il assuré.

Le Tchad est depuis plusieurs années en proie à une sévère crise économique et sociale, aggravée par la faiblesse des cours du pétrole.

Jeuneafrique.com avec AFP

Tchad: Marine Le Pen va rencontrer le président Déby

mars 21, 2017

N’Djamena – Marine Le Pen, candidate Front national à la présidentielle en France, est arrivée mardi à la mi-journée à N’Djamena pour une visite au Tchad au cours de laquelle elle doit rencontrer le président Idriss Déby Itno, a-t-on appris de source officielle tchadienne.

Arrivée peu avant 13H00 (12H00 GMT) à bord d’un vol privé, Mme Le Pen devait se rendre dans l’après-midi à Amdjarass (900 km au nord-est de N’Djamena), où se trouve la résidence familiale de M. Déby et être reçue par ce dernier, un des principaux alliés de Paris en Afrique dans la lutte contre les jihadistes, a indiqué à l’AFP la présidence tchadienne.

Mercredi, la présidente du Front National (FN) doit rencontrer les militaires français de l’opération Barkhane de lutte contre les groupes jihadistes dans le Sahel. L’état-major de la force est installé à N’Djamena.

« Tous les candidats qui en font la demande peuvent se rendre sur les théâtres d’opérations », avait-on expliqué vendredi dans l’entourage du ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian.

Le FN a confirmé mardi après-midi dans un communiqué que Mme Le Pen « s’entretiendrait sur la situation sensible de cette partie de l’Afrique » avec M. Déby.

« Elle prononcera une allocution précisant sa vision des relations franco-africaines à venir. Elle sera également reçue par la Première dame, Hinda Deby Itno, présidente de la Fondation Grand Coeur, et visitera avec elle un hôpital pour enfants », indique le parti d’extrême droite.

« Enfin, elle sera reçue par le Président de l’Assemblée nationale, Haroun Kabadi, et échangera avec la représentation nationale tchadienne », annonce encore le FN.

Interrogée sur ces trois rencontres par l’AFP dimanche, une source FN n’avait pas souhaité faire de commentaire.

Louis Aliot, vice-président du FN et compagnon de Marine Le Pen, avait lui démenti lundi, indiquant à l’AFP que M. Deby « est en déplacement », qu’il n’y avait « pas de déplacement prévu à l’extérieur de la capitale » et « pas d’intervention devant l’assemblée » car les députés tchadiens « sont en vacances ».

C’est la deuxième rencontre officielle de Mme Le Pen, qui domine les sondages de premier tour de la présidentielle française et qui est en quête de stature internationale, avec un chef d’Etat en activité en un mois, après sa rencontre le 20 février à Beyrouth avec le président libanais Michel Aoun.

Une source a assuré à l’AFP que Mme Le Pen avait aussi rencontré de manière officieuse le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi au Caire lors de son déplacement fin mai 2015, confirmant des informations publiées dans le livre paru fin novembre « Nos très chers émirs » (Georges Malbrunot et Christian Chesnot, éd. Michel Lafon).

Marine Le Pen avait par ailleurs démenti son ancien conseiller à l’international, l’eurodéputé Aymeric Chauprade, qui avait laissé entendre qu’elle avait déjà rencontré Vladimir Poutine, le président russe.

Romandie.com avec(©AFP / 21 mars 2017 14h59)                   

Tchad : Idriss Déby Itno doit accepter un dialogue inclusif avec l’opposition

mars 15, 2017


Le président du Tchad Idriss Déby Itno, le 18 janvier 2017, au palais présidentiel. © Vincent Fournier/JA

Aujourd’hui, force est de constater que la situation est bloquée au Tchad.

Tout ce qui nous oppose à M. Déby a refait surface, étalant au grand jour l’incurie de son gouvernement. Il a perpétré un coup d’État électoral, le 21 avril 2016, au soir des résultats donnés par la Ceni. Je l’ai bel et bien battu, il est arrivé en quatrième position et personne de son camp ne l’a contesté à ce jour. La défaite de M. Déby était prévisible, car le bilan de 26 ans de pouvoir est une catastrophe pour le Tchad. La banqueroute totale de l’État est un fait avéré. Les détournements massifs à ciel ouvert se pratiquent à tous les niveaux dans l’impunité. La confiscation des libertés individuelles et collectives avec une démocratie en trompe l’œil est une option constante.

Les conflits inter-communautaires sont exacerbés. Les forces de défense aux effectifs inconnus comptent plus de 500 généraux en majorité illettrés. Le niveau scolaire est sans cesse déclinant avec des infrastructures en paille, quand il y en a, et l’on observe un échec total du système de santé. Enfin, la fonction publique est pléthorique avec des fonctionnaires bardés de faux diplômes. En prime, une gestion patrimoniale de plus en plus accentuée… et j’en passe.

Le malheur du Tchad, qui en fait aussi un pays apparemment stable, c’est son armée aguerrie par des rebellions sans fin. Depuis plus de 20 ans, M. Déby a mis cette armée à son service et en récolte des bénéfices personnels, politiques et autres. Ainsi, il a organisé des interventions en RDC dans l’Équateur à la demande de Kabila père, au Congo pendant la guerre civile pour soutenir la faction de Sassou Nguesso, en RCA pour chasser d’abord Patassé et installer Bozizé qui sera à son tour chassé, au Mali, au Niger, au Nigeria et au Cameroun contre Aqmi et Boko Haram. Il faut y ajouter les interventions en Libye et au Soudan, sans oublier que Deby avait été sollicité au Togo et en Côte d’Ivoire !

Tout cela a coûté très cher en pertes humaines et matérielles. En Afrique, ce sont ces faits de guerre qui ont rendu M. Déby populaire, les gens restant dans l’ignorance de sa politique intérieure. Les Occidentaux, les Français en tête, ont adoubé M. Déby, considéré à juste titre comme le « fournisseur régional de sécurité à moindre coût ». M. Déby a su se vendre politiquement, et les partenaires du Tchad ont décidé de fermer les yeux sur ses dérives démocratiques et sa mauvaise gouvernance économique et financière.

L’un de ses plus grands crimes est la faillite de la gestion des revenus pétroliers. Il a trompé les Occidentaux en faisant semblant d’accepter les conditions de gestion des fonds pétroliers. À la première occasion, il a cassé les lois pour ne rendre de comptes à personne. Il a menti aux Tchadiens en leur promettant de financer l’agriculture et l’élevage avec les ressources pétrolières. Les résultats sont là, le monde rural n’a jamais été aussi pauvre et c’est lui qui va payer les pots cassés.

Le Tchad est une poudrière qui peut sauter à tout moment

L’opposition tchadienne est victime de cette situation inique où les Occidentaux peuvent encore décider du sort du Tchad, malgré tous les échecs de leur poulain. Jusqu’à quand ? Faut-il se résoudre à attendre que l’État soit définitivement bloqué ? Faut-il fermer les yeux sur la grave crise cotonnière qui sévit depuis quelques mois, privant près de quatre millions de personnes des revenus de leur production qui leur reste encore sur les bras ? Faut-il ignorer les chantiers arrêtés depuis deux ans au moins et qui ont coûté des centaines de milliards en pure perte ? Les chantiers non achevés des villas de l’Union africaine, des ministères des Finances et des Affaires étrangères, ainsi que ceux de la radio-télévision, notamment, constituent un scandale dont nous disposons des dossiers qui parleront un jour.

Sous des cieux plus démocratiques, la contestation serait amplifiée. Au Tchad, nous observons que la société civile et les acteurs politiques travaillent dans des conditions extrêmement difficiles où la police politique sévit comme à l’époque de la dictature de M. Hissène Habré dont M. Déby est le parfait apprenti. Les espaces de liberté sont de plus en plus réduits : les arrestations des opposants sont devenues fréquentes, les médias publics muselés sont quasiment fermés à l’opposition tandis que la presse privée est contrainte de pratiquer l’autocensure. Au Tchad, sous Déby, aucune manifestation n’est autorisée, le droit de grève a été galvaudé et les jeunes étudiants réduits à la mendicité parce que leur pitance de bourse est supprimée.

Le Tchad est une poudrière qui peut sauter à tout moment. L’année dernière, ce sont les partenaires du Tchad qui ont assuré toutes les charges régaliennes de l’État comme les salaires et les pensions. La société nationale Cotontchad, pour la première fois depuis près de 100 ans, n’a pas enlevé le coton chez les producteurs depuis octobre, faute de moyens financiers. Face à toutes ces crises, l’opposition appelle humblement à un dialogue inclusif qui est, selon elle, la seule solution au drame tchadien.

À l’évidence, 26 ans de pouvoir absolu, ça use, et M. Déby n’a plus rien de plausible à proposer aux Tchadiens. Toute la question est de savoir si, débarrassé de sa vanité, M. Déby accédera à notre demande pour sauver son pays. Mais qu’attendre d’un homme qui déclare qu’après lui, aucun Tchadien n’a la capacité de diriger le pays ?

PS : M. Déby dit que j’ai été 5 fois « son » ministre alors que je pensais travailler pour le Tchad. Je ne suis jamais entré au gouvernement en écoutant mon nom sur les antennes de la Radio nationale, mais à deux reprises, après un accord politique en bonne et due forme. Chaque fois que ces accords ont été violés, j’ai déposé le tablier. Déby le sait mieux que quiconque. C’est pour cela qu’il rumine une revanche inassouvie contre moi qui n’ai « jamais pillé, jamais volé et jamais tué ».

Jeuneafrique.com par Saleh Kebzabo, Député et président de l’Union nationale pour le développement et le renouveau (UNDR), également chef de file de l’opposition tchadienne.

Tchad : Idriss Déby Itno reporte la tenue des élections législatives « par manque de moyens »

février 3, 2017

Idriss Déby Itno à Abuja, en mai 2015. © Sunday Alamba/AP/SIPA

Le président tchadien Idriss Déby Itno a annoncé ce jeudi lors d’une conférence de presse le report des élections législatives à une date inconnue. Le chef d’Etat a justifié cette décision par un manque de moyens pour les organiser.

« Quand je dis que nous ne pouvons pas faire des législatives, c’est par manque des moyens. En période de vache maigre, on ne peut rien faire. Quand nous aurons des ressources, on pourra organiser des élections législatives », a-t-il précisé jeudi 02 février devant la presse.

Les élections législatives devaient se dérouler courant 2016 rappelle la FIDH. Aucune nouvelle date n’a été fixée. C’est donc le statu quo pour l’instant à l’Assemblée nationale, où le Mouvement patriotique du Salut (MPS), le parti du président Déby, occupe 133 des 188 sièges depuis les dernières législatives en février 2011.

Appel au dialogue avec l’opposition

De retour du sommet d’Addis Abeba où il a fait élire son ministre des Affaires étrangères, Moussa Faki Mahamat, à la tête de la commission de l’Union africaine (UA), Idriss Déby Into a lancé un appel au dialogue en direction de l’opposition.

« Qu’elle n’ait pas peur de dialoguer avec moi, je suis Tchadien comme eux », a-t-il insisté, ajoutant que « l’opposition doit cesser de cultiver la haine qui a pour conséquence la déchirure du pays. Le Tchad n’a pas besoin de cela ».

L’opposition, emmené par l’ancien ministre Saleh Kebzabo, a contesté la réélection d’Idriss Déby pour un cinquième mandat en avril dernier avec près de 60%. L’opposition n’a recueilli que 12, 80 % des voix. Une réélection dès le premier tour donc qui marquait néanmoins un recul de presque 30 points par rapport à la présidentielle de 2011 (88%).

« Boko Haram est terminé »

Idriss Déby Itno a également profité de cette conférence de presse pour témoigner de son optimisme sur l’issue de la lutte contre les terroristes de Boko Haram, très dans la région du Lac Tchad. Le Tchad est un allié majeur de l’Occident en Afrique sub-saharienne contre les jihadistes dans la région. « Boko Haram est terminé, dans le cas contraire il est très affaibli. En plus des efforts faits par notre armée, la force mixte (composée du Tchad, du Niger, Nigeria et du Cameroun) a réduit la capacité de nuisance de Boko Haram », a-t-il assuré, avant d’ajouter « nous parviendrons à endiguer totalement Boko Haram ».

Pour rappel, Idriss Déby Itno avait déjà déclaré que Boko Haram était « décapité » en août 2015. L’organisation jihadiste continue de semer la terreur dans le nord Cameroun et du Nigéria où elle a pris d’assaut un convoi sous escorte militaire, faisant au passage 15 morts.

Jeuneafrique.com

Tchad : comment la première dame est devenue française ?

janvier 27, 2017

idriss Déby Itno et Hinda Déby Itno, en août 2014. © Susan Walsh/AP/SIPA

Hinda Déby Itno, la femme du président, ainsi que ses cinq enfants, sont tchadiens et aussi français, depuis le 13 janvier 2017.

C’est avec une pièce d’identité de son grand-père maternel, Guillaume Debos, un chef méhariste français qui combattait à l’époque coloniale dans la région du Batha, que Hinda Déby Itno, née Hinda Mahamat Acyl en avril 1980, a déposé son dossier de demande de naturalisation auprès du consulat français à N’Djamena.

Le dossier de la première dame du Tchad a été traité au ministère français des Affaires étrangères, et c’est par un décret de la République française daté du 13 janvier 2017, publié au Journal officiel du 15 janvier, que Hinda et les cinq enfants du couple présidentiel, Ahmat, Malack, Soultana, Houno et Youssouf, qui sont tous nés à Neuilly-sur-Seine, près de Paris, ont acquis la nationalité française. La loi tchadienne autorise la binationalité.

Jeuneafrique.com

Tchad: le régime désamorce une motion de censure et une manifestation d’opposants

novembre 17, 2016

N’Djamena – Le régime d’Idriss Déby Itno au Tchad a désamorcé jeudi l’examen d’une motion de censure déposée par l’opposition ainsi qu’une manifestation dont les forces de l’ordre ont strictement fait observer l’interdiction, dans un pays en proie à une grave crise sociale.

A l’Assemblée, la séance d’examen de la motion de censure a été annulée faute de quorum de députés présents, a constaté un correspondant de l’AFP. Les élus de la majorité ne sont en effet pas venus en séance à l’appel du président.

Il y avait 110 absences sur 184 députés, a précisé à l’AFP le leader de l’opposition, Saleh Kebzabo. L’examen de la motion de censure a été reportée sine die, a-t-il ajouté.

Les députés d’opposition voulaient sanctionner le gouvernement du Premier ministre Albert Pahimi Padacké pour sa gestion de la grave crise que traverse le pays victime de la chute des cours du pétrole.

Le gouvernement a annoncé 16 mesures d’économie en septembre. Des voix se lèvent contre ces mesures d’austérité au sein même de la majorité présidentielle à l’Assemblée nationale, rapportait en octobre un média tchadien en ligne, TchadConvergence. Le vote devait se faire à bulletin secret.

Après ce premier revers, l’opposition a dû renoncer à tenir un meeting dont le ministère de la Sécurité publique avait annoncé l’interdiction mercredi.

Les accès ont été bouclés, a indiqué à l’AFP Saleh Kebzabo qui s’est replié avec ses partisans vers le siège de son parti. Nous sommes au siège de l’UNDR avec tous les membres du FONAC (Front de l’opposition nationale pour l’alternance et le changement).

M. Kebzabo a indiqué qu’il envisageait de saisir la Cour suprême contre l’interdiction de la manifestation mais les magistrats sont en grève.

La veille de l’investiture du président Déby le 8 août pour un cinquième mandat, un jeune homme avait été tué lors d’un rassemblement maintenue par l’opposition malgré son interdiction par les autorités.

L’opposition dénonce tout autant la situation sociale que le régime de fer d’Idriss Déby, dont elle qualifie la réélection en avril de hold-up électoral.

Premier allié de la France dans la région contre les jihadistes, M. Déby avait été réélu dès le premier tour avec près de 60% des voix devant M. Kebzabo crédité d’un peu plus de 12% des suffrages.

Romandie.com avec(©AFP / 17 novembre 2016 16h47)

Tchad: Risque d’une année blanche

novembre 5, 2016

La rentrée scolaire devait, officiellement, avoir lieu le 15 septembre. Mais plus de six semaines, après, toujours, rien. Enseignants, parents, élèves et étudiants, se tournent, encore, les pouces, chez eux. Et la situation ne risque pas de s’arranger, d’autres corps sociaux entrant, eux aussi, en grève. Il en est, par exemple, de la garde présidentielle, jusque-là, très choyée, qui a vu ses primes de septembre réduites, ce qui ne l’a pas du tout enchantée. Résultat, elle a gagné, à son tour, le mouvement de protestation. Le risque d’une année blanche n’est pas négligeable, même si, officiellement, le gouvernement se démène pour trouver des solutions à cette crise qui n’a pas commencé hier.

De manière générale, les salaires du mois dernier n’ont pas encore été payés. Cette situation est due, certes, par la baisse des recettes pétrolières, mais aussi, par la mal-gouvernance. Le budget de cette année, par exemple, est absorbée à 75% par le seul ministère de la Défense. Idriss Déby Itno qui joue la sécurisation à fond de son régime, avait prévu le recrutement de 8.000 soldats, pour renforcer ses forces de défense et de sécurité. Sauf que cette décision n’a pas été appréciée par les syndicats enseignants et de la fonction publique, qui désapprouvent de tels choix.

Le pouvoir a voulu remédier à cette situation en recourant au soutien de certains partenaires extérieurs, mais, l’aide sollicitée à l’Arabie Saoudite, par exemple, n’a pas été accordée. Le royaume wahhabite aurait alloué une forte aide à N’Djamena, l’année dernière, soit, l’équivalent de deux années de son budget national, pour lui permettre d’envoyer un fort contingent militaire tchadien destiné au renforcement de ses combattants au Yémen. Est-ce pour cela que le Tchad avait inscrit 8.000 nouveaux militaires à son budget de cette année ? Toujours est-il que personne ne sait où est passée cette grosse somme d’argent, le Tchad ayant sollicité, il y a quelque temps, une nouvelle aide auprès des autorités saoudiennes afin de renflouer son budget alors qu’il n’a, pas encore, satisfait à l’envoi des troupes.

Et même quand la rentrée aura eu lieu, au total, près de 200.000 enfants affectés par les crises (à l’Est, au Sud et à l’Ouest du pays) risquent de rester sans accès à l’éducation. Le dernier rapport du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) au Tchad, récemment, publié, souligne l’ampleur du phénomène.

Les cours ont, toutefois, repris dans certaines écoles, ainsi que, dans les camps de réfugiés dans la région du Lac Tchad et à l’Est, mais, avec des effectifs réduits. Beaucoup de ces structures fonctionnent grâce à l’aide étrangère (notre photo montrant des table-bancs don de l’Unicef).

La qualité de l’enseignement pose, aussi, problème. Selon l’UNESCO, le ratio élève par enseignant au niveau primaire au Tchad est de 96 élèves par enseignant formé, contre une moyenne de 53 en Afrique sub-saharienne. Par ailleurs, les espaces éducatifs font défaut. Certaines infrastructures éducatives du pays sont, particulièrement, exposées aux catastrophes naturelles, telles que les inondations (30% des écoles, soit 552 écoles), pouvant entraîner des dégâts matériels et humains importants. Les fournitures scolaires et autres matériels didactiques manquent également. Selon l’UNESCO, environ, 90% des élèves au Tchad doivent partager leur manuel scolaire avec, au moins, deux autres élèves. On est, très loin, des standards universels qui exigent un manuel par apprenant.

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Commission de l’Union africaine:Idriss Déby Itno lance son (propre) candidat tchadien pour la présidence

octobre 13, 2016

Président en exercice de l’Union africaine, le président du Tchad, Idriss Déby Itno (avec son grand-frère Teodoro Obiang Nguema sur notre photo), compte mettre le Sommet extraordinaire de l’Union africaine (UA) sur la sûreté et la sécurité maritimes, prévu, le 15 octobre, à Lomé, au Togo, pour promouvoir son candidat à la présidence de la Commission de l’UA. C’est une candidature surprise car personne ne s’y attendait.

Il a désigné comme candidat à ce poste convoité, son ancien premier ministre, Moussa Faki Mahamat, pour espérer damer le pion à l’autre candidat de l’Afrique centrale, le ministre équato-guinéen des Affaires étrangères, Agapito Mba Mokuy. C’est, donc, à la hâte qu’il a envoyé son actuel premier ministre, Albert Pahimi Padacke, en tournée sous-régionale, en informer les grands présidents de la sous-région. A tout seigneur tout honneur, ce dernier a commencé par le doyen des chefs d’Etat d’Afrique, président en exercice de la CEMAC et président comptant son propre candidat à cette compétition, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo. Après ce détour par Malabo, le premier ministre tchadien s’est rendu, à Yaoundé, où il a pu rencontrer le premier ministre, Philémon Yang, avant-hier, à la demande du président du Cameroun, Paul Biya, qui séjourne, actuellement, à l’étranger.

« Le Tchad a présenté la candidature du M. Moussa Faki Mahamat, ministre des Affaires étrangères du Tchad depuis des décennies, ancien Premier ministre et plusieurs fois ministre. Le président Idriss Deby Itno a estimé que cette candidature ne pouvait pas être celle du Tchad uniquement. Elle doit être également celle du Cameroun, celle de l’Afrique centrale, celle de la Ceeac. Et pour cela il était utile qu’il s’en ouvre prioritairement à son frère le président Paul Biya », a révélé le Premier ministre tchadien, à l’issue de l’entretien à l’Immeuble Etoile (Primature du Cameroun).

L’élection du président de la Commission de l’UA, reportée en juillet dernier, est prévue lors du 28e Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA, prévu, à Addis-Abeba, en Ethiopie, les 30 et 31 janvier 2017. Le processus de sélection des nouvelles candidatures au poste de président, de vice-président et des huit commissaires a été rouvert en août 2016.

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Tchad: début de la cérémonie d’investiture de Deby, l’opposition maintient sa journée ville morte

août 8, 2016

N’Djamena – La cérémonie d’investiture du président du Tchad Idriss Deby Itno pour un cinquième mandat de cinq ans a commencé en présence de 14 chefs d’Etats africains lundi à N’Djamena dans un climat tendu au lendemain de la mort d’un manifestant.

M. Deby, 64 ans, arrivé au pouvoir par la force en 1990, a fait son entrée à 12h50 (11h50 GMT) dans l’auditorium d’un grand hôtel où il devait prêter serment devant des dizaines d’invités dont 14 chefs d’Etat africains, a constaté l’AFP.

L’opposition, qui conteste sa réélection dès le 1er tour en avril, a de son côté maintenu une opération journée ville morte dans les rues de la capitale, a-t-elle indiqué à l’AFP.

Parmi les invités dans l’auditorium d’un grand hôtel de N’Djamena figurent les alliés du Tchad contre les groupes jihadistes au Nigeria (Boko Haram) et dans le Sahel: Muhammadu Buhari (Nigeria), Mahamadou Issoufou (Niger), Ibrahim Boubacar Keita (Mali), Roch Marc Christian Kaboré (Burkina Faso) et Mohamed Ould Abdel Aziz (Mauritanie).

Alliance française
Leur homologue français François Hollande avait envoyé comme représentant son ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

La cérémonie d’investiture devait ensuite être marquée par 21 coups de canon, selon l’Office national de radio télévision (ONRTV), qui a sorti les grands moyens pour couvrir l’arrivée des avions présidentiels à l’aéroport, ne mentionnant les contre-rassemblements de l’opposition qu’au détour du commentaire d’un consultant.

Lundi matin, le quartier administratif était calme et la circulation en ville très limitée, avec des boutiques fermées dans certains quartiers, a constaté un correspondant de l’AFP.

Des proches du pouvoir refusaient d’y voir une conséquence de l’opération ville morte lancée par l’opposition: C’est nous qui avions demandé à la population de se joindre à la fête, c’est pourquoi vous constatez que les activités sont au ralenti, a affirmé à l’AFP un responsable du MPS, le parti au pouvoir.

Les militants du MPS se sont massés sur les sept kilomètres entre l’aéroport international et l’hôtel Radisson pour ovationner le passage des chefs d’Etat.

Deby a prêté serment dans un pays sous haute tension

Le président tchadien Idriss Deby Itno, incontournable dans la lutte contre les djihadistes en Afrique, a prêté serment lundi pour un cinquième mandat. Ceci dans un climat tendu après la mort dimanche d’un manifestant à N’Djamena lors d’une marche d’opposants.

« Je suis le président de tous les Tchadiens », a déclaré M. Deby, 64 ans, au pouvoir depuis 1990, devant 14 chefs d’Etat africains et le ministre français de la Défense.

Boubou d’un blanc éclatant et coiffe assortie, s’appuyant sur une canne, l’ancien militaire a promis « une lutte implacable contre le terrorisme partout où il menace nos intérêts et notre sécurité », après avoir été officiellement proclamé vainqueur de l’élection du 10 avril dès le 1er tour avec 59,92% des voix.

L’ex-puissance coloniale considère le Tchad et son armée comme son meilleur allié dans la région depuis ses interventions au Mali en 2013 puis en Centrafrique. La capitale N’Djamena est aussi le QG de l’opération militaire française Barkhane au Sahel.

Le chef de file de l’opposition, Saleh Kebzabo, officiellement second du scrutin d’avril avec 12,77% des voix, s’est déclaré lundi « déçu » par la présence de M. Le Drian. M. Kebzabo et l’opposition demandent en vain à la France et la communauté internationale de reconnaître « la nature dictatoriale » du régime de M. Deby.

M. Kebzabo a indiqué que l’opposition avait maintenu lundi l’opération « ville morte » pour protester contre la réélection de M. Deby qu’il qualifie de « hold up électoral ». N’Djamena était bien calme lundi, une tranquillité imputée par le parti au pouvoir aux festivités de l’investiture.

Opposition interdite
Dimanche, un jeune Tchadien a été tué par balle alors qu’il manifestait à N’Djamena à l’appel de l’opposition, un rassemblement interdit pour des raisons de sécurité. Quatre personnes auraient aussi été blessées.

Comme samedi, où un meeting avait été dispersé par la police anti-émeute, l’opposition avait décidé de maintenir dimanche sa « marche pacifique », bravant l’interdiction décrétée par le ministre de l’Intérieur.
Romandie.com avec(©AFP / 08 août 2016 17h38)

Tchad: un manifestant tué à N’Djamena avant l’investiture de Deby

août 7, 2016

N’Djamena – Un jeune Tchadien a été tué par balle dimanche après-midi alors qu’il manifestait à N’Djamena à l’appel de l’opposition contre le régime du président Idriss Deby Itno, qui doit être investi lundi pour un cinquième mandat, a-t-on appris de source policière.

Selon un officier de police sous couvert d’anonymat, un jeune homme qui avait déchiré le drapeau du MPS (Mouvement patriotique du Salut), le parti du président Deby, a été tué par balles dimanche après-midi lors d’une manifestation de l’opposition préalablement interdite par le pouvoir.

Le corps du manifestant a ensuite été amené à la morgue, a précisé cette source.

Le chef de file de l’opposition, Saleh Kebzabo, a lui fait état d’un mort ayant succombé à ses blessures en fin de journée après des tirs à balles réelles des forces de l’ordre pour disperser les manifestants dans le 7e arrondissement de N’Djamena.

Selon l’opposant, un autre jeune a également été touché par une balle au thorax avant d’être conduit à l’hôpital pour être opéré. Cette information n’a pu être confirmée de source indépendante.

La manifestation a dans un premier temps été dispersée à coups de gaz lacrymogènes sans véritable violences, a expliqué à l’AFP M. Kebzabo. Plusieurs de nos militants étaient très remontés après qu’on nous ait empêché de marcher et ils sont retournés manifester. Ils ont été à nouveau dispersés. Un autre petit groupe est reparti à la charge, et là ça a dégénéré, a-t-il dit.

Comme la veille, où un meeting avait été dispersé par la police anti-émeute, l’opposition avait décidé de maintenir sa marche pacifique pour contester la réélection du chef de l’Etat, malgré l’interdiction décrétée par le pouvoir.

Le ministre de l’Intérieur Ahmat Mahamat Bachir avait affirmé jeudi à l’AFP que la marche était de nature à perturber l’ordre public, déstabiliser la population et intoxiquer l’opinion publique.

Les manifestants devaient emprunter quatre itinéraires différents, pour converger vers le Palais du 15 janvier (ex-Assemblée nationale).

Un important dispositif de forces de l’ordre quadrillait la capitale, et seul le Carrefour Dendé a finalement rassemblé une centaine de jeunes en début d’après-midi, a constaté un journaliste de l’AFP.

M. Deby, réélu en avril dès le premier tour avec près de 60% des voix, tient son pays d’une main de fer depuis son arrivée au pouvoir par la force en 1990.

La cérémonie d’investiture doit se dérouler lundi en présence d’une dizaine de chefs d’Etats africains et d’autres invités comme le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian, arrivé dimanche soir.

Romandie.com avec(©AFP / 07 août 2016 23h21)