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Déby, l’Union africaine et le devoir d’exemplarité

avril 1, 2016

Idriss Déby, le 7 février 2014 à Tunis.

Idriss Déby, le 7 février 2014 à Tunis. Crédits : FETHI BELAID / AFP
Ce n’est pas seulement le président tchadien sortant qui affrontera le 10 avril prochain treize autres prétendants au fauteuil présidentiel. Depuis le 30 janvier, Idriss Déby Itno est aussi président en exercice de l’Union africaine (UA). Sa désignation par ses pairs a été accueillie par ses partisans comme « un honneur fait au Tchad ». Elle lui impose pourtant d’énormes responsabilités : celles d’organiser, pour l’exemple, un scrutin présidentiel libre, transparent et démocratique.

C’est à cette seule condition que Déby, dont le mandat à la tête de l’UA est placé sous le signe de la promotion de la démocratie et des droits de l’homme, bénéficiera d’une écoute attentive auprès de ses homologues.

Autrement, comment le président en exercice de l’UA pourrait-il faire la leçon à Pierre NKurunziza du Burundi, si lui-même n’organisait pas une présidentielle crédible au Tchad ? Sur le Burundi, le président Déby soutient ouvertement le principe d’une intervention militaire africaine, y compris contre l’avis du régime de Bujumbura. Cette posture serait naturellement fragilisée, si l’organisation de l’élection présidentielle du 10 avril était calamiteuse.

De même, on ne voit pas comment « le président de l’Afrique » pour l’année 2016 s’investirait-il dans la résolution de la crise post-électorale qui couve au Congo-Brazzaville, si lui-même n’organisait pas un scrutin démocratique chez lui. De quels leviers disposerait-il si demain des contestations post-électorales suivaient les présidentielles du 8 avril à Djibouti, du 24 avril en Guinée-Equatoriale, du 28 août au Gabon ?

Et bien plus tard celle de la République démocratique du Congo (RDC) où le président Joseph Kabila maintient toujours le flou artistique sur son intention de s’accrocher ou non au pouvoir et sur le calendrier électoral.

En revanche, l’organisation d’une présidentielle exemplaire au Tchad conforterait son statut de président en exercice de l’UA et ouvrirait une brèche dans le mur de béton érigée contre la démocratisation en Afrique centrale. A la différence d’autres régions du continent qui ont connu des alternances même sporadiques, l’Afrique centrale concentre le plus fort taux de longévité des chefs d’Etat au pouvoir : 37 années pour l’Equato-Guinéen Téodoro Obiang Nguma, 37 années pour l’Angolais Eduardo Dos Santos, 34 années pour le Camerounais Paul Biya, 26 années pour le Tchadien Idriss Déby. A trois, les présidents angolais, équato-guinéen et camerounais totalisent plus d’un siècle au pouvoir.

La qualité de président en exercice de l’UA confère par ailleurs au président Déby une fonction de représentation dans les instances internationales. A ce titre, il devrait être présent en mai prochain au Japon, à la table des dirigeants des 7 pays les plus industrialisés du monde (G-7). Il devrait également prendre la parole en novembre 2016 à Tananarive lors du XVIe sommet de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF).

Déby aura aussi à s’exprimer au nom de l’Afrique dans d’autres rencontres internationales. Il ne fait aucun doute que ses hôtes lui réserveraient un accueil poli, pour ne pas froisser l’Afrique, mais peu chaleureux et enthousiaste, s’il n’était pas bien élu le 10 avril.

L’opposition tchadienne, quant à elle, est persuadée que le statut de président en exercice de l’UA, qu’elle a du reste décrié aussitôt Déby choisi par ses pairs, ne suffira pas à convaincre son régime de renoncer aux pratiques électorales frauduleuses. Elle en veut pour preuve le refus obstiné du camp présidentiel d’associer carte d’électeur et kit biométriques permettant de s’assurer finalement que le porteur de la carte est bien son titulaire.

Les adversaires du président Déby soulignent aussi les insuffisances observées dans la distribution des cartes d’électeurs et l’utilisation des moyens de l’Etat par le candidat du Mouvement pour le salut (MPS, pouvoir). Ils ajoutent comme autre preuve de la volonté du pouvoir de passer en force, la prétention du président Idriss Déby Itno de gagner le scrutin dès le premier tour comme, avant lui, ses homologues guinéen Alpha Condé, ivoirien Alassane Ouattara et burkinabé Roch Marc Christian Kaboré.

Pour sa part, le président en exercice de l’UA met en avant son bilan positif à la tête du Tchad et « l’indigence des programmes » du camp d’en face pour justifier son pari. La mode du « un coup K.-O. » s’était cependant arrêtée en février dernier au Niger, où le président sortant Mahamadou Issoufou a été contraint à un second tour.

Invoquant la sociologie électorale d’un Tchad qui n’a pas encore réussi à se libérer de l’interférence des réflexes ethno-régionalistes en politique, l’opposition soutient mordicus que Déby ne pourra pas réussir le pari du « coup K.-O. ». Son challenger le plus sérieux Saleh Kebzabo affirme même que Déby sera battu.

On n’ose pas, en tout état de cause, croire que le président sortant va engager son pays dans l’aventure d’une élection truquée, tant les risques sont nombreux et le résultat aléatoire. Au plan interne d’abord, la crispation préélectorale n’a jamais été aussi forte dans le pays.

Entre la vague d’indignation suscitée par le viol le 8 février de la jeune lycéenne de 16 ans Zouhoura et la levée de boucliers provoquée par l’incarcération le jeudi 24 mars de quatre acteurs de la société civile, il flotte un parfum de révolte populaire inédit sur N’Djamena. Le président Déby, unanimement décrit comme un excellent stratège militaire, serait bien inspiré d’en tenir compte.

Le passage en force présente également un risque énorme au plan sous-régional, avec la Libye voisine où l’Etat central s’est désintégré et où l’Etat islamique s’est solidement implanté. Et pour ne rien arranger, des mouvements politico-militaires tchadiens se sont installés dans le Sud libyen avec un agenda bien calé sur la présidentielle prévue le 10 avril dans leur pays. Soutenus par des islamistes libyens, qui veulent faire la peau à Déby, les politico-militaires rêvent de jouer les arbitraires de la crise post-électorale à N’Djamena. A tout le moins, d’être les acteurs du troisième tour.

Dans cette conjoncture, le meilleur service à rendre au Tchad, c’est de créer toutes les conditions pour éviter qu’il ne bascule dans l’instabilité, à la faveur de la présidentielle du 10 avril. En cela, le choix de la France contenu dans un document du ministère de la défense révélée par le site Médiapart, est absolument contre-productif. En effet, soutenir, comme l’indique cette « littérature » attribuée aux services de Jean-Yves Le Drian, qu’il faut aider à la réélection du président Déby est totalement irrespectueux envers les Tchadiens.

Si telle était la nature du deal conclu entre Déby et la France, la présidentielle, qui aura coûté des milliards de francs CFA et mobilisé tant d’énergie, ne sera donc qu’une mascarade dont les résultats étaient connus d’avance.

Le rapport étroit entre le président sortant et les milieux militaires français a été parfaitement établi dans une enquête crédible effectuée en 2015 par le chercheur français Roland Marchal, à la demande du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD).

Il n’est un secret pour personne qu’ici et là dans le Paris diplomatique et militaire, on soutient que « Déby est le moindre mal » pour la France et qu’après lui ce serait le chaos au Tchad. On sait par ailleurs que le pouvoir socialiste a renoncé, au nom de la realpolitik, à exiger toute la lumière sur la disparition en février 2008 à N’Djamena du « camarade » Ibni Oumar Mahamat Saleh, fondateur du Parti pour les libertés et le développement (PLD), membre de l’Internationale socialiste (IS).

Mais de là à envisager que la France s’associe à une réélection de Déby par « tous les moyens », il y a un pas dangereux et porteur de hauts risques à franchir. Comme pour se démarquer de ce retour à la Françafrique, le département d’Etat américain a publié, de son côté, le 28 mars sur le site allAfrica.com une tribune de la sous-secrétaire d’Etat aux affaires africaines Linda Thomas-Greenfield prônant l’alternance au pouvoir partout en Afrique. « Les Etats-Unis vont, affirme-t-elle, continuer à encourager des passations de pouvoir pacifiques et démocratiques en Afrique. Nous le ferons parce que nous croyons qu’elles donnent aux Africains la possibilité de profiter de la démocratie, de la paix et de la prospérité et qu’elles apportent la stabilité à tout le continent. L’alternance du pouvoir a bien servi les Etats-Unis, et elle fera de même pour l’Afrique. »

Au passage, elle rappelle la phrase prononcée en juillet 2015 par le président américain Barak Obama à Addis-Abeba : « Parfois, on entend des dirigeants dire : en fait, je suis la seule personne capable de maintenir l’unité de ce pays. Si c’est vrai, alors ce leader n’a pas réussi à édifier véritablement une nation. »

L’Afrique regardera le 10 avril vers Idriss Déby Itno, qui a accepté de bon gré, d’être pour un an le président en exercice de l’UA. Il se grandirait à ne pas se soustraire à son devoir d’exemplarité.

Lemonde.fr par Seidik Abba, chroniqueur Le Monde Afrique

Seidik Abba, journaliste et écrivain, auteur de La Presse au Niger. Etat des lieux et perspectives (Ed. L’Harmattan, 2009).

Centrafrique: le président tchadien réclame la fin de la transition et des élections avant fin 2015

octobre 5, 2015

Paris – Le président tchadien Idriss Deby, très influent en Centrafrique, a estimé lundi que la transition en cours dans ce pays devait s’arrêter et des élections être organisées avant la fin 2015, après une flambée de violences à Bangui.

Nous regrettons ce qui est arrivé en RCA, a souligné Idriss Deby devant la presse à l’issue d’un entretien à Paris avec le président François Hollande en réaction aux violences qui ont embrasé la capitale centrafricaine fin septembre, faisant 61 morts et 300 blessés, selon un dernier bilan.

Nous avons avec le président François Hollande la même position en ce qui concerne la RCA : cette transition doit s’arrêter. Il faut (mieux) une mauvaise élection plus qu’une transition chancelante, a déclaré le président Deby, dans une critique implicite des autorités de transition en place depuis janvier 2014.

Que la communauté internationale trouve les moyens financiers nécessaires pour permettre à la transition de faire les élections avant la fin de l’année 2015, a-t-il insisté.

Cela ne suffit pas, il faut régler la question des hommes en armes. Parallèlement, il faut que la communauté internationale trouve le moyen pour déclencher le système DDR (démobilisation, désarment, réinsertion) pour permettre aux anti-balakas (milices animistes et chrétiennes) et ex-Séléka (ex-rébellion à dominante musulmane) qui sont armés et dans la nature de regagner le bercail.

Avec le président français, M. Deby a aussi abordé la question-clé de la situation économique et financière difficile que traverse le Tchad aujourd’hui.

Ces difficultés sont les conséquences directes de l’implication du Tchad dans les questions de sécurité de la sous-région, a-t-il estimé, sans préciser cependant quelles demandes de contrepartie N’Djamena avait formulées sur ce point.

Romandie.com avec(©AFP / 05 octobre 2015 18h42)

Centrafrique: conseil restreint de défense à l’Elysée

février 14, 2014

François Hollande présidera ce vendredi à 11H00 un conseil restreint de défense consacré à la situation en Centrafrique, et recevra en fin de journée le président tchadien Idriss Deby, a annoncé l’Elysée.

Cette réunion intervient après que le chef de l’Etat a demandé jeudi à Ban Ki-moon « d?accélérer la préparation d?une opération de maintien de la paix » de l’ONU en Centrafrique, lors d’un entretien téléphonique avec le secrétaire général des Nations unies.

M. Hollande, qui n’a pas fait mention jeudi d’éventuels renforts français alors que M. Ban avait demandé à la France « d’envisager » de renforcer sa présence militaire dans ce pays, recevra en fin de journée à 18H00, le président tchadien Idriss Deby.

Sur le terrain, la situation s’envenime. Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) s’est dit vendredi « horrifié » par « la cruauté des auteurs des meurtres et des mutilations d' »enfants ».

« Ces dernières semaines ont été marquées par des niveaux de violence sans précédent contre les enfants lors d’attaques sectaires et de représailles menées par les milices (majoritairement chrétiennes) anti-balaka et d’ex-combattants Séléka (à dominante musulmane) », a indiqué l’organisation dans un communiqué.

Jeuneafrique.com

Aqmi confirme la mort dans le nord du Mali d’Abou Zeïd, un de ses chefs

juin 16, 2013

NOUAKCHOTT – Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a confirmé pour la première fois qu’un de ses chefs, l’Algérien Abdelhamid Abou Zeïd, a été tué lors de combats dans le nord du Mali, sans préciser de date, dans un communiqué diffusé dimanche par l’agence privée mauritanienne en ligne ANI.

Abou Zeïd et un autre chef d’unité combattante, le Mauritanien Mohamed Lemine Ould El-Hassen dit Abdallah Ac-Chinguitty, sont morts sur le champ de bataille en défendant la +Oumma+ (communauté musulmane) et la charia islamiques (loi islamique) dans le nord du Mali, selon le communiqué à l’Agence Nouakchott information (ANI), qui a toujours publié des textes d’Aqmi sans jamais être démentie.

Aucune date n’a été précisée par l’organisation islamiste dans ce communiqué intitulé Condoléances et félicitations. Selon le Tchad et la France, dont des militaires ont pourchassé des jihadistes dans le nord du Mali depuis janvier, Abou Zeïd a été tué fin février dans l’Adrar des Ifoghas (extrême nord-est malien).

C’est la première fois qu’Aqmi évoque officiellement dans un communiqué la mort d’Abou Zeïd, a assuré à l’AFP le directeur de l’ANI, Mohamed Mahmoud Ould Abou Al-Maali, par ailleurs spécialiste d’Aqmi.

Abou Zeïd était considéré comme l’un des chefs les plus radicaux d’Aqmi. Selon la présidence française, il a été tué fin février lors de combats menés dans l’Adrar des Ifoghas, massif montagneux de l’extrême nord-est du Mali où les soldats français bénéficient de l’appui des troupes tchadiennes pour l’opération militaire Serval en cours depuis janvier.

La mort de l’Algérien avait été annoncée dès le 1er mars par le président tchadien Idriss Deby Itno. Des interrogations demeurent toutefois sur les circonstances de son décès, attribué à des militaires français par Paris alors que le président Deby Itno a assuré à plusieurs reprises qu’Abou Zeïd avait été abattu par des soldats tchadiens.

D’après l’ANI, Mohamed Lemine Ould El-Hassen animait des conférences et sermons dans les camps d’Aqmi, et était considéré comme l’idéologue religieux de l’organisation jihadiste.

Il en avait été porte-parole avant d’être nommé en novembre 2012 à la tête de la katiba (unité combattante) Al-Fourghan en remplacement de l’Algérien Yahya Abou El Hamame. Ce dernier avait été désigné en octobre 2012 comme successeur d’un autre Algérien, Nabil Makhloufi dit Nabil Abou Alqama pour coiffer toutes les unités combattantes d’Aqmi au Sahel et au Sahara.

Selon le communiqué, Abou Zeïd et Mohamed Lemine Ould El-Hassen ont été tués au cours des derniers engagements avec les forces ennemies au nord du Mali. De même source, d’autres combattants jihadistes ont été également tués au cours des mêmes affrontements, et l’attaque ayant été fatale à Abou Zeïd a également occasionné à l’ennemi des pertes importantes.

Aucun détail supplémentaire de date et de nombre n’a été fourni. Aqmi met en garde la France contre la poursuite de ses réjouissances pour la mort de responsables jihadistes et la menace de conséquences sans tarder.

L’opération militaire franco-africaine est en cours depuis janvier contre les groupes jihadistes, dont Aqmi, ayant occupé pendant plusieurs mois en 2012 le nord du Mali. Cette opération a permis de chasser les jihadistes des grandes villes, mais des poches de résistance demeurent dans certaines zones

Romandie.com avec (©AFP / 16 juin 2013 16h05)

Centrafrique: le gouvernement demande à la rébellion de négocier

mars 23, 2013

Le Premier ministre centrafricain Nicolas Tiangaye, figure de l’opposition au président François Bozizé, a appelé samedi les rebelles de la Séléka, à négocier « pour éviter un bain de sang », a déclaré le porte-parole du gouvernement. Ils sont parvenus aux portes de Bangui.

« Le Premier ministre demande à nos frères de la Séléka de se mettre en rapport avec le gouvernement d’union nationale pour trouver une solution pacifique et éviter un bain de sang », a dit à l’AFP le porte-parole, M. Crépin Mboli Goumba, réaffirmant « l’attachement » du gouvernement et de la communauté internationale aux accords de paix de Libreville de janvier dernier.

« Il y a eu la déclaration des Nations unies, du département d’Etat américain, du président tchadien Idriss Deby, tous rappellent l’importance de l’application des accord de Libreville (signés le 11 janvier antre pouvoir, rebelles et opposition politique) et le rôle du gouvernement d’union nationale », a précisé M. Mboli Goumba, opposant au président Bozizé.

« Fort de la réaffirmation de cette légitimité », le Premier ministre lance cet appel au Séléka, a souligné M. Mboli Goumba, également ministre de l’Equipement et des Travaux publics. « Il faut réaffirmer l’attachement du gouvernement aux accords de paix de Libreville », a-t-il dit.

Demande

Dans la nuit de vendredi à samedi, le Conseil de sécurité des Nations unies a exprimé sa « vive inquiétude » face à l’avancée des rebelles de la Séléka vers la capitale centrafricaine alors qu’il avait appelé cette semaine les deux parties à respecter les accords de Libreville.

La coalition rebelle a repris les hostilités vendredi après l’expiration mercredi de son ultimatum au pouvoir dans lequel elle demandait le respect des accords de Libreville avec notamment la libération des prisonniers ou le départ des troupes étrangères. La Séléka réclame aussi l’intégration de ses combattants au sein de l’armée, pas prévue dans l’accord de paix.

Romandie.com

Mali : le Tchad appelle la Cedeao à accélérer le déploiement des armées ouest-africaines

février 28, 2013
Le président tchadien Idriss Deby Itno, le 6 décembre 2012. Le président tchadien Idriss Deby Itno, le 6 décembre 2012. © AFP

Idriss Deby Itno donne de la voix. Le président tchadien a exhorté  mercredi 27 février à Yamoussoukro, ses homologues ouest-africains à hâter le pas dans le déploiement de la force ouest-africaine au Mali, où les troupes tchadiennes combattent les djihadistes dans le massif des Ifoghas.

Idriss Deby Itno n’est pas satisfait de ses homologues chefs d’État de l’Afrique de l’Ouest. Lors du sommet consacré à la crise malienne, mercredi, à Yamoussokro, le président tchadien n’est pas passé par quatre chemin pour exprimer son impatience quant à la lenteur dans le déploiement de la Mission internationale de soutien au Mali (Misma), la force ouest-africaine censée venir combattre aux côtés des armées malienne, française et tchadienne, déjà en lutte contre les djihadistes dans le Nord-Mali. « L’heure n’est plus aux discours (…) mais plutôt à l’action, l’ennemi n’attend pas », a-t-il a signifié à l’ouverture d’un sommet de chefs d’État de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) à Yamoussoukro.

« Nous appelons l’état-major de la Cedeao à plus de célérité en accélérant l’envoi des troupes dans la zone libérée », a-t-il déclaré. Le président tchadien a tenu à rappeler l’armée malienne à l’ordre. « Votre place est au front, nous vous attendons dans le Nord à la lisière de la frontière de l’Algérie. »

Le Tchad qui n’est pas membre de la Cedeao, a dépêché plus de 2 000 soldats au Mali – le plus fort contingent africain – et déplore dans les rangs de son armée 27 morts et 50 blessés.

Les troupes tchadiennes  sont  en première ligne aux côtés de l’armée française dans le massif des Ifoghas, dans l’extrême nord du Mali, où se sont retranchés les groupes jihadistes après avoir été délogés des grandes villes du Nord qu’ils occupaient depuis l’an dernier.

Rallonge budgétaire

Le président en exercice de la Cedeao, le chef de l’État ivoirien Alassane Ouattara, a confirmé que la Misma devait compter à terme 8 000 hommes, affirmant que les trois quarts de ces effectifs étaient déjà présents au Mali.

Si le déploiement de la force de la Cedeao est jugé lent, c’est en partie dû à des difficultés budgétaires. Alassane Ouattara a lancé un appel à la mobilisation des fonds promis lors d’une conférence internationale à Addis Abeba fin janvier, mais aussi de ressources complémentaires.

« La concrétisation de ces promesses de fonds constitue une priorité », a-t-il souligné, appelant à  l’engagement de la communauté internationale afin de mobiliser les ressources additionnelles indispensables au plein déploiement de la Misma.

Alors que la communauté internationale s’est engagée fin janvier sur une enveloppe financière de plus de 455 millions de dollars (338 M EUR), destinée à la Misma, à l’armée malienne et à l’aide humanitaire, la Côte d’Ivoire a affirmé lundi que les besoins globaux se montaient à 950 millions de dollars (715 M EUR), soit plus du double.

Jeuneafrique.com avec AFP