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Musique : « Les mamans du Congo », de la cuisine à la scène

janvier 14, 2021

Créé en 2018, sous l’impulsion de la chanteuse et percussionniste Gladys Samba, le groupe « afro féministe » scande le quotidien de la femme africaine en général et de la femme congolaise en particulier sur des rythmiques complexes, réalisées avec des ustensiles de cuisine et du matériel de récupération.

Le groupe, Les mamans du Congo, en pleine prestation/DR

Elles sont jeunes, belles, pleines d’énergie et ont la verve musicale dans les veines. L’aventure des « Mamans du Congo » force l’admiration; car peu de femmes oseraient s’affirmer comme elles l’ont fait. Tout est parti d’un simple constat: « La femme n’est pas faite que pour rester dans la cuisine ».

« Nous utilisons les ustensiles de cuisine pour remporter le combat face à certains hommes qui estiment toujours que la place de la femme se trouve dans la cuisine et non dans un bureau ou sur  scène. Ainsi, à travers l’utilisation des ustensiles de cuisine comme instruments de musique, nous voulons montrer que la femme peut faire autre chose de ses mains et exercer le même travail que l’homme » a indiqué la fondatrice du groupe, Gladys Samba.

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Leurs créations se situent à mi-chemin entre la tradition et la modernité. Les mamans du Congo mettent essentiellement en valeur des berceuses congolaises chantées en diverses langues vernaculaires du pays. Dans leurs chants, elles peignent le quotidien des femmes africaines et plus particulièrement de celles du Congo, avec une poignée d’humour. Leur vision se résume à pérenniser et valoriser le côté traditionnel de la femme d’aujourd’hui. Comme instruments leur permettant de créer des rythmes, figure tout ce qui se trouve dans la cuisine, à savoir : les fourchettes, cuillères, assiettes, paniers, pilons, marmites et biens d’autres matériels de récupération.

Dans ses débuts, le groupe regorgeait douze femmes et quatre hommes. Chemin faisant, certaines mamans ont fini par jeter l’éponge;  car n’appréciant pas l’idéologie du groupe et d’autres se sont retirées sous la pression de leurs époux  qui ne jugeaient  pas dignes de voir leurs femmes faire partie d’un groupe musical. Aujourd’hui, elles sont restées  cinq à faire vivre le  projet, soutenu depuis le début par l’Institut français du Congo. Qualifiées de « femmes battantes », il s’agit précisément de : Gladys Samba, Odette Valdemar Ghaba Koubende, Argéa Déodalsy Kimbembe, Penina Sionne Livangou Tombet et Emira Fraye Milisande Madieta et la plus jeune de la fratrie âgée de 21 ans.

Congo : les « mamans du Congo » sont de retour ! Contes et berceuses bantous rythmés par des musiques électroniques, c’est l’histoire de leur premier album, né d’une rencontre avec le producteur et DJ français Robin

Leur premier album concocté avec la participation du beatmaker hip-hop et house français, Rrobin, est déjà disponible sur le marché du disque. Le 13 janvier, en début de soirée, « Les mamans du Congo » ont livré un spectacle haut en couleur qui a émerveillé le public présent.

Avec Adiac-Congo par Grace Merveille Ngapia (stagiaire)

I.f.c (Institut français du Congo), Brazzaville : Kosmos Mountouari à l’affiche, à l’occasion de ses 50 ans de carrière artistique

septembre 10, 2015

Kosmos Mountouari.

Le vendredi 25 septembre 2015, Kosmos Mountouari, l’une des valeurs sûres de la musique congolaise et ex-membre du mythique orchestre Les Bantous de la capitale, sera à l’affiche, à I.f.c (Institut français du Congo), Brazzaville. A l’occasion du concert qu’il donnera, pour marquer ses 50 ans de carrière musicale, débutée, justement, dans l’ensemble musical précité, en 1965.

Ce concert, qui s’annonce explosif, sera l’occasion, pour le grand-frère de Pierre Mountouari, de faire déguster à ceux qui effectueront le déplacement de l’I.f.c, ses chefs-d’œuvre tels que Ebandeli ya mossala, Jossène, Makiri, Tabali, Etat civil, Madou Seselese, Liberté, Ba camarades, Ba tâ Mbiemo, Kembo na Nzambe, et Kamani Mado, composés aussi bien dans les Bantous de la capitale, que dans d’autres ensembles musicaux, comme le Trio Cépakos (Célestin Kouka, Pamelo Mounk’a et Kosmos Mountouari), fondé en 1973, et qui deviendra, en 1974,  l’orchestre Le Peuple. Cet ensemble musical a connu un succès fou, notamment sur les deux rives du fleuve Congo et a obtenu le 1er prix de la chanson congolaise, en 1976, décerné par le président Marien Ngouabi, en personne.

Pour la petite histoire, Kosmos Moutouari est né dans le village Kivimba, dans le district de Kinkala, département du Pool, un certain 25 juillet. Il a fait ses débuts dans la musique, vers les années 1965, lorsqu’il a réussi à un concours pour être cadre statisticien. «Lorsque Moujos quitte les Bantous, je saisis l’opportunité avec l’insistance de mes amis qui m’ont poussé à aller voir Célestin Nkouka, et j’y suis allé. Ce dernier m’a fait passer un test, avant de me dire que je chantais bien… Pendant des mois, après mon stage, j’allais assister aux répétitions et un jour, Serges Essous demande «que fait ce jeune?» On lui répond que je venais pour apprendre à chanter.

Quelques jours plus tard, toujours Essous me dit: petit, il paraît que tu veux apprendre à chanter, est-ce tu ne peux venir chanter? Je dis «oui, je vais essayer!». Et on devait interpréter, avec Pablito (Pamelo), sa chanson qui n’est jamais sortie intitulée «Maria». À la fin, les gens commençaient à chuchoter quoiqu’avec une certaine indifférence, mais c’était un bel élan pour moi. Et on me fait miroiter que j’avais une chance de chanter en public au cours des prestations des Bantous. Pour moi, c’était une occasion de faire ma pub que je vais chanter… Malheureusement, on ne me faisait jamais chanter.

Le 2 mai 1965, au bar Macedo, pendant que les musiciens chantaient, j’étais toujours-là. Quelques temps, personne n’était sur la piste et je regardais l’orchestre en face de moi, au milieu, c’est la piste qui nous séparait. Et à un moment, j’ai senti une puissance en moi qui me pousse à traverser la piste pour aller voir le chef Essous et je lui demande: «Chef, chef, faites-moi chanter», et un peu sidéré, il appelle Nino en ces termes «my friend, on n’a qu’à lancer le petit. Essous prend le micro et annonce au public: «nous allons vous présenter un jeune au nom de Côme Moutouari…» dès qu’il finit j’ai eu un trac grave, et je n’arrivais pas à me contenir, c’est à ce moment que le chef Essous s’est approché de moi pour m’encourager. Pour dissiper cette peur, j’ai emprunté les lunettes d’un ami. Moi et Pablito avons commencé à chanter. Dès que j’ai fini, Kouka Célestin me demande de me mettre à genou et prend une bouteille de bière et fait un cercle avec la boisson, et me la reverse sur la tête en signe de bénédiction. Depuis ce jour, j’ai intégré l’orchestre Bantou de la capitale…», expliquait-il, en 1994, dans le magazine en ligne ‘’Afrique actualité’’, pour parler de ses premiers pas dans la musique.

Lasemainafricaine.net par Véran Carrhol YANGA