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Covid-19 : le masque bientôt obligatoire à l’extérieur dans presque toute l’Ile-de-France et à Lyon

décembre 30, 2021

Après Paris hier soir, les autres départements de la région francilienne ont à leur tour décrété la mesure, qui s’appliquera à toutes les personnes âgées de plus de 11 ans.

Après Paris, en fin de journée mercredi, puis d’autres départements d’Ile-de-France, les préfectures de la région Auvergne-Rhône-Alpes et du Rhône ont annoncé, jeudi 30 décembre, l’obligation du port du masque en extérieur à Lyon et Villeurbanne. Cette mesure s’applique désormais :

  • à Paris ;
  • dans le Val-d’Oise ;
  • dans les Hauts-de-Seine ;
  • en Seine-Saint-Denis ;
  • dans le Val-de-Marne ;
  • en Seine-et-Marne ;
  • dans les agglomérations de l’Essonne ;
  • dans les centres-villes des agglomérations des Yvelines ;
  • à Lyon et à Villeurbanne.

Mercredi soir, la Préfecture de police de la capitale avait précisé que le port du masque dans les rues concernerait toutes les personnes de 11 ans et plus, « à l’exception des personnes circulant à l’intérieur de véhicules, des cyclistes et des usagers des deux-roues » ou des « personnes pratiquant une activité sportive ». Le port du masque sera également exigé dans les lieux ouverts au public à Paris, « à l’exclusion des bois de Boulogne et de Vincennes, et sur les emprises des aéroports de Paris – Charles-de-Gaulle, du Bourget et de Paris-Orly »selon le communiqué.

Ces annonces surviennent alors que les taux d’incidence s’envolent en Ile-de-France pour toucher des niveaux jusque-là jamais atteints depuis le début de l’épidémie, en mars 2020. Le record est atteint à Paris, où on compte plus de 2 000 nouvelles contaminations pour 100 000 habitants en une semaine.

L’obligation du port du masque en extérieur, imposée progressivement sur tout le territoire à partir du mois d’août 2020, avait été levée le 17 juin 2021, trois jours avant la fin du couvre-feu. C’était un symbole fort du ralentissement de la dynamique épidémique à la faveur de l’été. Mais l’arrivée fulgurante du variant Omicron en cette fin d’année, qualifiée mercredi de « raz de marée » par le ministre de la santé, Olivier Véran, rebat les cartes.

« Vertu pédagogique »

Pour de nombreux épidémiologistes, ces mesures paraissent insuffisantes, compte tenu de la très forte circulation virale, mais aussi du caractère aéroporté du virus. « Il peut y avoir des contaminations en extérieur, surtout avec une incidence aussi élevée qu’elle l’est actuellement à Paris, donc c’est une mesure un peu utile, explique Mahmoud Zureik, professeur d’épidémiologie et de santé publique à l’université de Versailles – Saint-Quentin-en-Yvelines. Mais les vrais lieux de contamination publics sont en intérieur, comme les restaurants et les bars. » C’est pourquoi, selon l’épidémiologiste, « on ne s’attaque pas aux vraies causes de la transmission, puisque c’est un virus qui contamine sous forme avant tout d’aérosol ». « Imposer le port du masque en extérieur, c’est surtout la mesure la plus simple à afficher et à mettre en place pour les autorités », ajoute-t-il.

Selon la plupart des études, la part des contaminations en extérieur est résiduelle par rapport à celles en intérieur. En février, des épidémiologistes de l’université de Californie ont compilé différentes études menées sur le sujet : cinq d’entre elles ont conclu que moins de 10 % des infections par le SARS-CoV-2 se produisaient à l’extérieur. « Les probabilités de transmission à l’intérieur étaient très élevées par rapport à l’extérieur (18,7 fois) », ajoutent les auteurs dans cette méta-analyse publiée dans The Journal of Infectious Diseases. En France, en mars, l’étude ComCor menée par l’équipe de l’Institut Pasteur révélait que les contacts à l’origine d’une infection avaient « lieu à l’intérieur fenêtres fermées dans 80 % des cas, à l’intérieur fenêtres ouvertes dans 15 % des cas, et à l’extérieur dans 5 % des cas ».

S’il ne s’agit donc pas d’une mesure majeure, « elle peut avoir son utilité, car il ne faut se priver d’aucun moyen de lutter contre la circulation du virus », concède de son côté Yves Buisson, président de la cellule Covid-19 de l’Académie nationale de médecine. « Cette mesure a une vertu pédagogique, car beaucoup de gens ont perdu la conscience de l’importance de porter le masque pour protéger les gens autour de soi », affirme-t-il.

Néanmoins, ces annonces ne s’accompagnent pas de recommandations claires sur le type de masque à privilégier. « La doctrine initiale précise bien que porter un masque chirurgical évite les projections et protège son entourage, mais le masque FFP2 protège mieux la personne qui le porte », rappelle M. Buisson. « Dans les zones avec contact prolongé, comme les transports, le virus est si transmissible qu’il faut se protéger avec un masque FFP2 ; il faudrait plus communiquer sur ce point », selon l’expert. Les masques FFP2 sont mieux ajustés sur le visage et laissent donc passer moins de particules virales. Si leur usage s’est répandu dans de nombreux pays, comme l’Allemagne et l’Italie, la France ne l’a jamais imposé.

Avec Le Monde par Delphine Roucaute