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France: L’imam Chalghoumi fait l’objet de milliers de menaces depuis la mort de Samuel Paty

novembre 8, 2020

L’imam à la mosquée de Drancy en Seine-Saint-Denis, dont la représentativité est souvent contestée dans la communauté musulmane, est connu pour ses prises de position contre l’intégrisme.

L’imam Hassen Chalghoumi, un pourfendeur de l’intégrisme islamiste, fait l’objet de «menaces exacerbées» depuis la mort de Samuel Paty, selon son avocat qui a écrit un courrier à Emmanuel Macron et obtenu l’ouverture de trois enquêtes notamment pour «menaces de mort», a appris l’AFP dimanche 8 novembre.

Hassen Chalghoumi, imam à la mosquée de Drancy en Seine-Saint-Denis, dont la représentativité est souvent contestée dans la communauté musulmane, est connu pour ses prises de position contre l’intégrisme et ses rapports d’amitié avec la communauté juive, qui lui valent critiques et menaces, largement relayées sur internet. Selon son avocat Me David-Olivier Kaminski, il fait l’objet d’une menace «complètement exacerbée» depuis la décapitation mi-octobre du professeur d’histoire-géographie au collège de Conflans-Sainte-Honorine. «Il ne s’exprime pas au nom des musulmans mais est une des voix, et défend les valeurs de la République», a souligné son avocat.

Trois enquêtes

Me Kaminski a écrit le 27 octobre un courrier au chef de l’Etat, révélé par Le Parisien et consulté par l’AFP, pour demander un «renfort» de la protection policière autour de son client. Me Kaminski a aussi adressé trois plaintes au parquet de Paris, également consultées par l’AFP, concernant les menaces «par milliers» et la «fatwa» dont Hassen Chalghoumi, âgé de 48 ans, fait l’objet.

Trois enquêtes ont été ouvertes et confiées à la Brigade de répression de la délinquance aux personnes, a indiqué dimanche à l’AFP le parquet de Paris, confirmant une information du Parisien. «L’une porte sur des faits d’apologie du terrorisme et de menace de mort, une autre sur des faits de provocation à la commission d’atteinte à l’intégrité physique ou à la vie et la dernière sur des faits de menaces de mort», a précisé le parquet.

Hassen Chalghoumi a notamment été la cible du collectif pro-palestinien Cheikh Yassine, dont le fondateur Abdelhakim Sefrioui, un militant islamiste radical, a été mis en examen dans l’enquête sur l’assassinat de Samuel Paty. Le collectif avait déclenché en 2010 une cabale contre cet imam, en manifestant pendant des mois devant la mosquée de Drancy. Deux membres de l’organisation avaient même été condamnés à deux mois de prison avec sursis pour avoir tenté de s’introduire au domicile de l’imam.

Par Le Figaro avec AFP

Burkina Faso : le grand imam de Djibo retrouvé mort

août 15, 2020
Des soldats burkinabè, lors d'un exercice (Illustration).
Des soldats burkinabè, lors d’un exercice (Illustration). © DR / état-major des armées Burkina Faso

 

Souaibou Cissé, important imam du nord du Burkina Faso enlevé mardi par un groupe armé, a été retrouvé mort samedi près du lieu du rapt.

« Après plusieurs jours de recherches infructueuses, le corps sans vie du grand imam a été retrouvé ce (samedi) matin, malheureusement sans vie, non loin du lieu de son enlèvement », a déclaré un élu local, joint de Ouagadougou.

« C’est triste, mais c’est son corps qui a été retrouvé. Dès membres de sa famille ont procédé à l’identification du corps et s’apprêtent à procéder à l’inhumation qui aura lieu dans l’après-midi même », a confirmé un habitant de Djibo.

Un leader religieux modéré

Souaibou Cissé, grand imam de Djibo, 73 ans, avait été enlevé mardi « par un groupe d’individus armés, qui ont intercepté le car dans lequel il regagnait Djibo après un séjour à Ouagadougou », avait-on appris de sources de sécurité. Président de la communauté musulmane de Djibo, présenté comme un « leader religieux modéré, qui prônait la tolérance », Souaibou Cissé faisait parti de « ceux qui avaient refusé de quitter la ville malgré les menaces », selon des proches, rappelant qu’il avait à plusieurs reprises échappé à des attaques, notamment contre son domicile.

Depuis plusieurs mois, Djibo est de plus en plus menacé, des groupes armés imposant un blocus à cette grande ville du nord, entraînant des pénuries régulières de produits de première nécessité (denrées alimentaires, gaz, carburant et médicaments), selon des habitants. Lors d’une visite surprise en juin, le président Roch Marc Christian Kaboré avait promis le retour des forces de sécurité dans cette ville.

 Par Jeune Afrique avec AFP 

Burkina Faso : enlèvement du grand imam de Djibo

août 12, 2020

Des soldats burkinabè lors d'un exercice en février 2019 (image d'illustration).

Des soldats burkinabè lors d’un exercice en février 2019 (image d’illustration). © DR / Forces armées burkinabè

 

Souaibou Cissé, le grand imam de Djibo, dans le nord du Burkina Faso, a été « enlevé par des individus non identifiés » mardi 11 août, a-t-on appris de source sécuritaires et locales.

Le grand imam « a été enlevé par un groupe d’individus armés, qui ont intercepté le car dans lequel il regagnait Djibo après un séjour à Ouagadougou », a déclaré une source sécuritaire. « Ils ont arrêté le car et procédé à une fouille et un contrôle d’identité avant de repartir avec le grand imam. Ils ont laissé les autres occupants du car poursuivre leur trajet », selon cette source, citant des témoignages de voyageurs.

« Toute la communauté est attristée et sans nouvelle du grand imam depuis cet après-midi », a indiqué un habitant de Djibo, précisant que le rapt s’est déroulé « entre Namsiguia et Gaskindé, sur l’axe Kongoussi – Djibo ».

Menaces

Président de la communauté musulmane de Djibo, présenté comme un « leader religieux modéré, qui prônait la tolérance » Souaibou Cissé « était de ceux qui avaient refusé de quitter la ville malgré les menaces », selon la même source. « La ville est de plus en plus menacée. Depuis quelques semaines, les terroristes ont imposé un blocus. Tous les cars qui quittent ou arrivent à Djibo sont systématiquement arrêtés et fouillés », a témoigné un fonctionnaire de la localité, sous le couvert de l’anonymat.

« Le risque est réel tant pour les différents leaders que pour les populations », a-t-il estimé, rappelant l’enlèvement d’un chef traditionnel sur le même axe fin-juillet. Lors d’une visite surprise en mi-juin à Djibo, le président burkinabé Roch Marc Christian Kaboré avait promis le retour des forces de sécurité dans cette ville en proie à des attaques terroristes.

Par Jeune Afrique avec AFP

Niger : une église incendiée après l’arrestation d’un imam

juin 16, 2019

 

Une église a été incendiée dans la nuit de samedi à dimanche à Maradi (centre sud), troisième ville du Niger, par des manifestants qui protestaient contre l’arrestation d’un influent imam, libéré ce dimanche, a-t-on appris de sources concordantes.

«Depuis deux heures du matin, on est restés éveillés, l’église de Zaria (quartier populaire de Maradi) a été brûlée, la voiture du pasteur a été brûlée par des individus qu’on ne connaît pas. La gendarmerie est sur place, soyons prudents» a affirmé un responsable de l’église dans un message adressé à ses paroissiens et transmis à l’AFP. Une source sécuritaire locale a «confirmé» à l’AFP l’incendie de cette église.

Cheick Rayadoune, influent imam de la mosquée de Zaria, a été arrêté samedi par la police après avoir qualifié vendredi «d’anti-islam» un projet de loi du gouvernement sur «l’organisation de l’exercice du culte au Niger». Il a toutefois été «remis en liberté ce dimanche après-midi, il a reconnu son erreur et s’est excusé», a indiqué à l’AFP une source policière. «Tous mes partisans doivent cesser de brûler et de créer des troubles en ville, l’islam ne recommande pas cela, je n’ai aucunement été maltraité par la police», a déclaré Cheick Rayadoune dans un message peu avant sa libération. «J’ai été induit en erreur par ceux qui m’ont traduit (du français au haoussa) un texte supposé être le document officiel», a-t-il regretté et il «promet de rectifier» lors de «la prière hebdomadaire vendredi prochain».

Des précédents pour des caricatures de Charlie Hebdo

Le projet de loi a été adopté fin avril en conseil de ministres, qui soulignait alors une «absence totale de normes rigoureusement définies» concernant «l’exercice du culte» dans le pays, sur fond d’un «développement de tendances religieuses fondamentalistes et extrémistes». Le texte qui doit encore être adopté par le Parlement dispose notamment que «la liberté du culte doit s’exercer dans le respect de l’ordre public» et que «l’exercice du culte en lieu public (sera) soumis au régime de l’autorisation préalable». Il consacre «le droit de l’Etat de contrôler les sources de financement» pour «la construction et l’exploitation des lieux privés de cultes» qui seront «soumises à une autorisation préalable».

«Cette loi est le fruit des plusieurs consultations et concertations profonde (…). Dans le texte il n’y a rien d’anti-islam», a commenté à l’AFP un haut responsable du ministère nigérien de l’Intérieur, pour qui il s’agit d’éviter que «les dérives prônées par les organisations obscurantistes terroristes» ne prennent de l’ampleur dans le pays. En 2017, le ministère nigérien de l’Intérieur avait regroupé tous les oulémas nigériens pour un colloque pour travailler sur le sujet.

Le Niger est un pays très majoritairement musulman, avec 1 à 2% de chrétiens sur une population de plus de 20 millions d’habitants. Il a déjà connu des troubles religieux graves. Après la publication de caricatures du prophète Mahomet par le journal français Charlie Hebdo en 2015, des émeutes antichrétiennes avaient fait dix morts à Niamey et détruit la plupart des églises de la capitale et de Zinder, la deuxième ville du pays

Par Le Figaro.fr avec AFP

L’imam d’Al-Alzhar rencontre le pape et promet de lutter contre le terrorisme

novembre 7, 2017

Une photographie fournie par les services du Vatican, montrant l’imam d’Al-Azhar, Ahmad Al-Tayeb (D), reçu par le pape François, le 7 novembre 2017 / © OSSERVATORE ROMANO/AFP / Handout

Le grand imam de l’influente institution sunnite Al-Azhar, Ahmad Al-Tayeb, a rencontré mardi à Rome le pape François et promis la plus grande collaboration dans la lutte contre le terrorisme.

Face à « un cancer qui se métastase en divers endroits dans le monde », Al-Azhar « propose ses ressources et sa plus grande contribution pour une collaboration permanente afin de chercher des solutions au terrorisme », a déclaré l’imam lors d’un colloque organisé dans l’après-midi par la communauté catholique Sant’Egidio.

Il a aussi évoqué « un islam en guerre contre lui-même », et rappelé que les musulmans étaient « victimes du terrorisme » et payaient « un tribu plus lourd que les autres ».

Le haut responsable sunnite est aussi revenu sur sa rencontre dans la matinée avec son « cher frère le pape François ».

« Nos avons discuté des nombreuses questions qui tourmentent le monde et nous avons cherché à sonder l’avenir pour trouver ensemble les moyens de réduire les souffrances qui frappent le pauvres et les malheureux », a-t-il expliqué, se déclarant « optimiste ».

Le pape François, qui l’avait déjà reçu en mai 2016 au Vatican et lui a rendu visite en avril au Caire, est « un homme symbole, profondément bon. Il a un coeur inondé d’amour et du désir que l’humanité puisse bénéficier de l’échange entre les cultures », a ajouté l’imam.

Le Vatican avait annoncé la rencontre dans la journée mais sans faire le moindre commentaire.

« Je veux dire ma conviction de la nécessité d’un dialogue entre les religions, entre les sages, au risque de retomber dans des périodes de violence et d’obscurité », a insisté l’imam.

« Le siècle le dernier a connu deux guerres mondiales qui ont tué plus de 70 millions de personnes et ceux qui sont arrivés ensuite se sont vite rendu compte de l’absurdité qui a conduit aux conflits et qui ne méritait pas une seule goutte du sang versé », a-t-il insisté.

Romandie.com avec(©AFP / 07 novembre 2017 21h19)

Togo: flambée de violence dans plusieurs villes après l’arrestation d’un imam proche de Tikpi Atchadam

octobre 17, 2017

 

Tikpi Atchadam au début du mois d’août, à Lomé. © Baudoin Mouanda pour JA

Un mouvement d’humeur parti de la ville de Sokodé (centre), où un imam proche de Tikpi Atchadam, leader de la contestation contre le pouvoir togolais, a été arrêté lundi, a touché plusieurs villes du pays et la banlieue nord de la capitale. Deux militaires et un jeune manifestant ont été tués.

Tout a commencé lundi peu après dix-huit heures  à Sokodé, lorsque des éléments des forces de l’ordre ont procédé à l’interpellation de l’imam Al Hassan. Ce dernier, réputé proche de Tikpi Atchadam, est le coordonnateur du Parti national panafricain (PNP) à Sokodé, deuxième ville la plus peuplée du pays. Très vite, les militants du PNP ont envahi les rues de la ville pour protester contre cette interpellation. Plusieurs édifices sont partis en feu, dont le siège de l’Union pour la République (Unir), le parti au pouvoir.

Les affrontements entre forces de sécurité et jeunes ont duré une bonne partie de la nuit selon des témoignages recueillis sur place. Plusieurs résidences de ministres et cadres du parti au pouvoir ont été pillées et saccagées, la succursale de l’Union togolaise de banque (UTB) a également été attaquée.

Trois morts dans les affrontements

Le bilan de ces affrontements est lourd. Deux militaires ont été tués alors qu’ils étaient en faction devant le domicile du ministre de l’Agriculture, le colonel Ouro-Koura Agadazi, originaire de Sokodé. Ils « ont été lynchés et exécutés et leurs armes et munitions ont été emportées », précise un communiqué du gouvernement. Un jeune manifestant a également été tué, et une vingtaine de blessés a été recensé parmi les civils et les forces de sécurité, selon le gouvernement, qui qualifie les attaques d’« actes à visée terroriste ».

Le ministre de la Sécurité, contacté par une radio locale mardi matin, a indiqué que l’imam Al Hassan, coutumier des prêches appelant à des violences, aurait récidivé lors de sa prédication du 13 octobre, et demandé à la population de s’en prendre aux forces de l’ordre. À la suite de quoi il a été interpellé sur ordre du parquet.

Contagion

Ces manifestations se sont rapidement propagées dans d’autres villes du pays et dans la banlieue nord de la capitale. Il était impossible par exemple de circuler sur la nationale numéro 1 à hauteur d’Agoè Zongo lundi dans la nuit. « De nombreux passants ont été passés à tabac par les manifestants qui ont érigé des barricades et qui semblaient vouloir en découdre avec les forces de l’ordre », témoigne un riverain.

Une source sécuritaire contactée par Jeune Afrique indique qu’il y a eu des blessés dans les rangs des manifestants et des forces de l’ordre, et même parmi les simples passants, sans toutefois donner de chiffres. Le siège du Parti national panafricain à Lomé a été saccagé dans la nuit par des éléments pour le moment non-identifiés.

Ces tensions se produisent à la veille de nouvelles marches de l’opposition sur l’Assemblée nationale (le 18 octobre) et sur le siège de la Cedeao à Lomé (le 19 octobre) alors même que le gouvernement interdit désormais ces manifestations pendant les jours ouvrables. « Il faut qu’on se ressaisisse, notre pays ne mérite pas ça », a déclaré le ministre de la Sécurité, lançant un appel au calme.

Jeuneafrique.com par Edmond dalmeida

Espagne: l’imam marocain qui aurait  » mangé le cerveau » des jeunes

août 20, 2017

Un policier sur un rond-point à Ripoll, le 20 août 2017 / © AFP / PAU BARRENA

Dans la petite ville des Pyrénées catalanes où il vivait depuis deux ans, un imam marocain est soupçonné d’avoir « mangé le cerveau » de jeunes compatriotes pour les amener à former la cellule jihadiste derrière les attentats de Barcelone et Cambrils.

Du deux-pièces décrépi où résidait Abdelbaki Es Satty – loué « 150 euros » par mois, selon son colocataire – on a vue sur la montagne boisée des Pyrénées et les toits de tuiles de la jolie petite ville catalane de Ripoll, à 90 km au nord de Barcelone.

« Mardi matin, il était parti en disant qu’il s’en allait en vacances au Maroc », raconte le vendeur de fruits sur les marchés Nordeen El Haji, 45 ans, venu vivre il y a quatre mois dans l’appartement.

Mais depuis mardi, il a disparu. La police a évoqué la possibilité qu’il ait péri dans l’explosion mercredi soir dans une maison à Alcanar, où la cellule à l’origine des attaques de Barcelone et de Cambrils préparait « un ou plusieurs attentats » à la bombe.

« Il parlait peu, passait du temps avec son ordinateur dans la chambre, avait un vieux téléphone portable sans internet, peu de livres », dit Nordeen El Haji.

Sur un meuble se trouve encore l’ordre officiel de perquisition des lieux, daté de vendredi, quelques heures après les deux attentats aux voitures-béliers qui ont fait 14 morts et plus de 120 blessés en Catalogne (nord-est de l’Espagne).

– Sorti de prison –

Le journal El Mundo a cité des sources antiterroristes selon lesquelles Abdelbaki Es Satty était sorti en janvier 2012 de prison, « où il avait noué une amitié particulière avec Rachid Aglif, dit El conejo (le lapin), condamné à 18 ans » pour participation aux attentats jihadistes dans des trains de banlieue du 11 mars 2004, qui avaient fait 191 morts à Madrid.

« L’imam avait eu un problème judiciaire, mais pas lié au terrorisme », a déclaré dimanche le chef de la police catalane, Josep Lluis Trapero.

Selon El Mundo, Abdelbaki Es Satty avait été incarcéré en lien avec un « trafic de drogue », du haschich, entre Ceuta et Algesiras (sud).

Alors que la presse se perd en conjectures sur l’influence déterminante qu’il aurait pu avoir sur les jeunes – parfois mineurs – impliqués dans les attentats, son colocataire assure en tous cas qu' »en quatre mois, il n’a reçu aucun jeune » chez lui.

« Cet imam était normal et ordinaire quand il était en public », affirme à l’AFP Mohamed Akhayad, un électromécanicien marocain de 26 ans, qui fréquentait la nouvelle salle de prières ouverte en 2016 où il prêchait.

« S’il a mangé le cerveau de ces jeunes, c’est en cachette, dans un endroit secret », dit-il, à la cafétéria marocaine Esperanza.

– Passé par la Belgique –

« Il était très solitaire, fréquentait plus des jeunes que des personnes de son âge », souligne – anonymement – un Marocain de 43 ans, disant avoir organisé les matches de football en salle auxquels participaient des jeunes impliqués dans les attentats, tel Moussa Oukabir, 17 ans – tué pendant l’attaque de Cambrils – décrit comme « un des meilleurs joueurs, des plus joyeux ».

Dans la rue où vivait le religieux, un Catalan de 64 ans, Francesc Gimeno, un peintre décorateur, affirme qu’il « avait la réputation d’être très islamiste, voulait que tous les Marocains pensent comme lui, mettait la religion au-dessus de tout ».

Il l’accuse aussi d’avoir voulu « obliger les femmes marocaines de la ville à se couvrir ».

« C’est un mensonge », réagit Hammou Minhaj, 30 ans, secrétaire marocain de la communauté musulmane de Ripoll « Annour ». « Ici à la mosquée, il ne disait pas ça. En dehors, je ne sais pas ».

– Séjour en Belgique –

Selon lui, Abdelbaki Es Satty était arrivé en 2015 à Ripoll, puis « était allé en Belgique en tant qu’imam – c’est ce qu’il disait – avant de revenir à Ripoll : « il avait commencé en avril 2016 comme imam dans notre nouvelle mosquée ».

Cependant, « fin juin (2017), il avait demandé trois mois de vacances pour partir en vacances au Maroc ».

L’imam Abdelbaki Es Satty a bien séjourné en Belgique en 2016, dans la commune de Machelen, dans la grande banlieue de Bruxelles « entre janvier et mars 2016 », a affirmé à l’AFP le maire de la commune limitrophe de Vilvorde, Hans Bonte, qui supervise la police municipale des deux communes.

Dans la salle de prières, les noms de deux des 12 suspects des attentats apparaissent dans la liste des donateurs de fonds à la mosquée, dont celui de Younes Abou Yacoub, un Marocain de 22 ans recherché depuis les attentats.

A M’rirt, petite ville de 35.000 habitants du centre du Maroc, ses proches accusent justement « un imam de Ripoll » d’être le « cerveau » des attentats d’Espagne.

« Cela fait deux ans que Younès et Houssein (son frère) ont commencé à se radicaliser, sous l’influence de cet Imam +djebli+ (originaire du Pays Djbala, région du nord du Maroc) », a ainsi déclaré à l’AFP leur grand-père.

Romandie.com avec(©AFP / 20 août 2017 23h31)                

Maroc: une figure de l’islam officiel dénonce la nudité obscène

août 18, 2016

Rabat – L’un des plus hauts dignitaires musulmans du Maroc a dénoncé la nudité obscène qui aurait envahi été comme hiver les villes marocaines selon lui, dans un message sur les réseaux sociaux repris par de nombreux médias locaux.

La nudité n’est plus affaire de saison, elle est étalée sous nos yeux, hiver comme été, a estimé Omar al-Kazabri, imam de la mosquée Hassan II de Casablanca, la plus grande mosquée du pays.

 Regardez nos rues. Cela brise le coeur de voir la situation dans laquelle nous nous trouvons, la nudité obscène, l’étrange audace contre les commandements de Dieu, un défi et un outrage à la population, accuse-t-il dans ce message publié sur sa page facebook.

Des femmes jeunes, dénudées, fumant des cigarettes. Où sont leurs tuteurs’ Des filles dénudées, des garçons perdus, tombés dans les filets de la séduction. Ils sont tous victimes d’un complot contre cette nation, un complot dont les responsables ont voulu tuer la pudeur, les valeurs, les principes, affirme l’imam Kazabri.

Le religieux, l’une des principales figures de l’islam officiel marocain, vitupère les bandits de grand chemin qui sèment la confusion, et qui combattent les défenseurs de la pudeur, les accusant de ne pas respecter la liberté de celle qui a choisi le voile ou le niqab.

Sa longue déclaration, mise en ligne en début de semaine, a été reprise par plusieurs médias locaux, dont certains ont vivement dénoncé cette prise de position.

Quelle mouche l’a donc piqué?, s’interrogeait jeudi le site Média24 (privé), tandis que Telquel, autre site privé, s’étonnant de cette conception assez particulière de la nudité, jugeait l’imam n’en est pas à sa première sortie hasardeuse.

Ce discours fait peur et est d’autant plus dangereux qu’il est très audible et qu’il n’est pas celui de l’imam d’une mosquée de quartier, soulignait Média24, rappellant qu’au Maroc le monopole du religieux est exercé sous l’autorité du roi Mohamed VI.

Devant cet emballement médiatique, Omar al-Kazabri a publié un nouveau message sur facebook, dans lequel il déplore les attaques de certains médias: ce n’est pas moi qui a dit que les impudiques iront en enfer, (…) moi je n’ai fait que répéter le Hadith de notre prophète, s’est-il défendu.

L’islam est religion d’Etat au Maroc (à 99% musulman), où le souverain, figure tutélaire de tous les musulmans du pays, est également conféré du titre de Commandeur des croyants.

Chantre d’un islam tolérant et modéré, le Maroc se positionne dans le monde musulman comme le maillon fort de la lutte contre le jihadisme, en particulier en Afrique.

De très nombreuses Marocaines sont vêtues à l’occidentale et ne portent pas le voile dans les grands centres urbains. La situation est sensiblement différente dans les campagnes, plus conservatrices, mais varie également d’une région à l’autre, ou en fonction des appartenances culturelles et sociales.

Le port du voile, en particulier à la mode plus stricte moyen-orientale, du burkini, ou à l’inverse les tenues jugées trop dénudées sont régulièrement sujet à polémique dans le pays, où les islamistes modérés du PJD sont au gouvernement depuis les législatives de 2011. Les controverses sur les moeurs -avortement, sexualité, prostitution…- sont également fréquentes.

Romandie.com avec(©AFP / 18 août 2016 18h45)

États-Unis: Un imam de New York tué d’une balle dans la tête

août 13, 2016

 

Les policiers sur la scène du crime le 13 août 2016 à New York.
© Craig Ruttle/AP Les policiers sur la scène du crime le 13 août 2016 à New York.
NEW YORK – Un imam de New York et son associé ont été tués lors d’une attaque en plein jour à la sortie de leur mosquée, samedi.

La police a annoncé que l’imam Maulama Akonjee, 55 ans, et son associé âgé de 64 ans, Tharam Uddin, avaient été atteints par des tirs à l’arrière de la tête alors qu’ils quittaient la mosquée Al-Furqan Jame Masjid, dans le Queens, peu avant 14 h samedi.

Une photo de l'imam Maulama Akonjee transmise aux médias.

© Abdul Chowdhury/AP Une photo de l’imam Maulama Akonjee transmise aux médias.
L’imam Akonjee a été tué sur le coup, tandis que Tharam Uddin a succombé à ses blessures à l’hôpital, a indiqué un responsable de la police, Henry Sautner. Le mobile de l’attaque n’a pas été déterminé et aucun suspect n’a été arrêté, a-t-il ajouté.

Un fidèle de la mosquée a toutefois mis l’attaque sur le compte de la rhétorique islamophobe de certaines personnalités politiques. Selon Millar Uddin, ce double meurtre «pourrait être le résultat direct de la politique en cours».

La mosquée est surtout fréquentée par des immigrants originaires du Bangladesh.

Des gens sont réunis près de la scène du crime à New York le 13 août 2016 après le meurtre de l'imam Maulama Akonhee.

© Craig Ruttle/AP Des gens sont réunis près de la scène du crime à New York le 13 août 2016 après le meurtre de l’imam Maulama Akonhee.
Un autre fidèle, Shahin Chowdhury, a déclaré que la communauté avait ressenti de l’animosité récemment, notamment de gens qui proféraient des insultes en passant devant la mosquée. Il a indiqué avoir conseillé aux autres fidèles d’être prudents lorsqu’ils se déplacent près de la mosquée, particulièrement lorsqu’ils portent des vêtements traditionnels.

Il a affirmé que l’imam Akonjee était «une personne merveilleuse» qui rendait ses lectures du Coran particulièrement convaincantes.

LaPressecanadienne.ca

L’Arabie exécute 47 personnes dont un chef religieux chiite

janvier 2, 2016

L’Arabie saoudite a exécuté samedi 47 personnes condamnées pour « terrorisme », dont des membres d’Al-Qaïda et l’imam chiite Nimr Baqer al-Nimr, figure de la contestation contre le régime. La mort de ce dignitaire religieux a suscité la colère dans le monde chiite.

L’Iran a immédiatement réagi, en promettant que Ryad paiera « un prix élevé » pour la mort du cheikh Nimr al-Nimr. « Le gouvernement saoudien soutient les terroristes et les extrémistes takfiri (sunnites radicaux) tout en exécutant et supprimant ceux qui le critiquent dans le pays », a dit le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Cette exécution aura des répercussions qui entraîneront la chute de la famille régnante en Arabie saoudite, a estimé pour sa part le dignitaire religieux iranien Ahmad Khatami. Au Yémen, le mouvement houthi a annoncé porter le deuil « d’un guerrier saint » exécuté « après une parodie de procès et en violation flagrante des droits de l’homme ».

Crainte d’une « poussée de colère »
Mohammed al-Nimr, le frère du religieux exécuté, a dit espérer que les réactions à la mort du cheikh seraient pacifiques. Il a averti que la mort de son frère pourrait provoquer une poussée de « colère des jeunes » de cette communauté minoritaire dans le royaume.

A Bahreïn, des dizaines de personnes ont manifesté contre cette exécution. La police locale a utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les protestataires, selon un témoin. Le parlementaire irakien Mohammed al Sayhoud a pour sa part dénoncé une mesure qui vise à « embraser à nouveau la région » et à provoquer des affrontements entre sunnites et chiites.

Nimr al-Nimr et six autres chiites, dont son neveu Ali, avaient été condamnés à la peine capitale et à avoir leur dépouille exposée en public, ce qui constitue la peine la plus dure en Arabie saoudite. Mineur au moment de son arrestation, Ali ne figure toutefois pas parmi les suppliciés qui, en règle générale, sont décapités au sabre.

Les condamnés – 45 Saoudiens, un Egyptien, un Tchadien – ont été exécutés dans douze villes du royaume, a précisé le ministère de l’Intérieur dans un communiqué. Ils avaient été condamnés, selon les autorités, dans différentes affaires, notamment pour avoir épousé l’idéologie radicale « takfiri », rejoint des « organisations terroristes » et mis à exécution des « complots criminels ».

Chiites marginalisés
Le cheikh Nimr al-Nimr, 56 ans, virulent critique de la dynastie sunnite des Saoud, a été la figure de proue d’un mouvement de contestation qui avait éclaté en 2011 dans l’est de l’Arabie où vit l’essentiel de la minorité chiite. Cette communauté se plaint d’être marginalisée dans ce pays majoritairement sunnite.

Il avait été condamné à mort pour « sédition », « désobéissance au souverain » et « port d’armes » par un tribunal de Ryad spécialisé dans les affaires de terrorisme. Son arrestation en juillet 2012 s’était déroulée de manière mouvementée et deux de ses partisans avaient été tués au cours des manifestations qu’elle avait provoquées.

Djihadistes d’Al-Qaïda
Parmi les personnes exécutées figurent aussi des djihadistes sunnites condamnés pour leur implication dans des attentats revendiqués par Al-Qaïda en 2003 et 2004. La liste inclut le nom de Fares al-Shuwail, présenté par des médias saoudiens comme étant un leader religieux d’Al-Qaïda en Arabie saoudite.

En 2011, les autorités saoudiennes avaient mis en place des tribunaux spéciaux pour juger des dizaines de Saoudiens et d’étrangers accusés d’appartenir à Al-Qaïda et d’avoir participé à une vague d’attentats sanglants (plus de 150 morts) dans le royaume entre 2003 et 2006.

C’est l’actuel prince héritier Mohammed ben Nayef qui avait supervisé la répression contre Al-Qaïda et il avait lui-même réchappé à un attentat. Le 1er décembre, la branche d’Al-Qaïda au Yémen avait menacé de faire « couler le sang » si les autorités saoudiennes décidaient de mettre à mort des djihadistes détenus en Arabie.

Il s’agit des premières exécutions de l’année 2016 dans ce royaume qui avait mis à mort plus de 150 personnes l’an dernier. Terrorisme, meurtre, viol, vol à main armée, apostasie et trafic de drogue sont passibles de la peine capitale dans ce pays régi par une version rigoriste de la charia (loi islamique).

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