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Burundi: Ndayishimiye doit rompre avec l’héritage brutal de Nkurunziza

juillet 7, 2020

Des Imbonerakure pourchassent des manifestants de l'opposition, sans en être empêchés par les forces de l'ordre, à Bujumbura, le 25 mai 2015

Des Imbonerakure pourchassent des manifestants de l’opposition, sans en être empêchés par les forces de l’ordre, à Bujumbura, le 25 mai 2015 © /AP/SIPA

 

Les Imbonerakure, la ligue des jeunes du parti au pouvoir, terrorisent depuis trop longtemps la population du Burundi. Le nouveau président Évariste Ndayishimiye doit mettre un terme à leurs exactions.

À l’approche des récentes élections au Burundi, certains membres des Imbonerakure ont joué un rôle déterminant dans les assassinats, arrestations arbitraires, disparitions, et dans l’intimidation et le harcèlement d’opposants politiques. La ligue des jeunes du parti au pouvoir, le Conseil national pour la défense de la démocratie – Forces pour la défense de la démocratie [CNDD-FDD] a terrorisé la population, comme elle le fait depuis déjà de nombreuses années.

En 2011, j’ai rencontré des proches de Wilson Ndayishimiye, un garçon de 4 ans tué deux mois plus tôt chez lui, dans la périphérie de Bujumbura. « Voilà ce qui peut arriver quand vous refusez de rejoindre les Imbonerakure », m’avait alors confié l’un deux. Le père de Wilson, un combattant rebelle démobilisé, avait en effet refusé de rejoindre les Imbonerakure et avait été menacé de représailles. Le 17 mai, des hommes armés, sans doute des Imbonerakure, ont tiré dans les bouches d’aération de la maison et tué le petit garçon.

Exactions en série

Pendant les neuf années qui ont suivi, les Imbonerakure sont devenus des sbires du CNDD-FDD. Entre le 30 décembre 2014 et le 3 janvier 2015, certains membres ont participé avec des soldats et des policiers burundais aux exécutions extrajudiciaires d’au moins 47 membres d’un groupe armé, dont certains s’étaient rendus.

Début 2015, je me suis rendu sur le lieu de ces meurtres. Dès qu’ils ont eu vent de notre arrivée, les Imbonerakure locaux ont encerclé notre véhicule. L’autorité éhontée avec laquelle ces jeunes membres du parti nous menaçaient était frappante.

Les Imbonerakure sont devenus plus puissants, protégés par une impunité quasi-totale qui a encouragé les abus.

En avril 2015, des manifestations ont éclaté après à la décision de Nkurunziza de briguer un troisième mandat malgré la limite de deux mandats fixée dans les accords d’Arusha, l’accord de paix négocié à la fin d’une guerre civile sanglante qui a fait environ 300 000 morts. Alors que les forces de sécurité gouvernementales réprimaient les opposants réels ou supposés au parti au pouvoir et au gouvernement, les Imbonerakure sont devenus plus puissants, protégés par une impunité quasi-totale qui a encouragé les abus.

Les réfugiés que nous avons rencontrés en RD Congo en 2019 ont raconté les abus généralisés dont les Burundais sont victimes, entre des actes mesquins d’extorsion et d’intimidation et la terreur des passages à tabac et des assassinats.

Avant les élections du mois dernier, la population burundaise nous a également expliqué que les Imbonerakure, qui portent souvent des t-shirts les identifiant au parti au pouvoir, étaient postés devant les marchés, les hôpitaux, les écoles, les bâtiments administratifs ou sur les routes, pour vérifier que chacun s’était bien acquitté de sa contribution financière soi-disant « volontaire » aux scrutins.

Les Imbonerakure incarnent aujourd’hui l’héritage brutal laissé par Pierre Nkurunziza, dont la mort a été confirmée par une déclaration du gouvernement le 9 juin dernier. Si le défunt président s’était finalement retiré en faveur du candidat de son parti, Évariste Ndayishimiye – qui a remporté l’élection du 20 mai avec 68,72 % des voix – il a établi d’une main de fer le système en place aujourd’hui. Et, avec la victoire du CNDD-FDD, le risque est réel que les abus des Imbonerakure se poursuivent.

« J’ai été piégé »

En 2018, avant la tenue d’un référendum constitutionnel, nous avons pu interviewer cinq anciens membres des Imbonerakure. Ces entretiens ont donné un rare aperçu du fonctionnement du groupe depuis 2015. Les jeunes nous ont expliqué que leur principale motivation pour le rejoindre était l’argent. « La pauvreté a permis aux Imbonerakure de recruter énormément de jeunes. Nous sommes tous au chômage et on nous promet un travail stable », nous a raconté un ancien membre issu de la province de Gitega, âgé de 21 ans.

Ils m’ont promis un emploi dans le gouvernement et maintenant j’ai du sang sur les mains. »

Cet appât du gain n’est pas surprenant dans l’un des pays les plus pauvres du monde. Mais ceux avec qui nous nous sommes entretenus ont aussi expliqué que ces promesses d’argent n’avaient jamais été tenues. En revanche, la violence est entrée dans leur quotidien.

Un jeune de 21 ans originaire de Bujumbura, et qui s’est enfui en RDC, nous a raconté comment il a rejoint les Imbonerakure en 2015, quand il avait 19 ans : « J’ai été piégé. Ils m’ont promis un emploi dans le gouvernement et maintenant j’ai du sang sur les mains. » Le groupe, affirme-t-il, s’est habitué à une impunité croissante : « Parfois on nous envoyait faire le travail des forces de sécurité et parfois on travaillait avec la police et l’armée. Nous pouvions très facilement arrêter ou enlever des gens, passer les opposants à tabac… La police aidait à effacer toute trace des Imbonerakure. »

En avril 2014, un document interne envoyé par le bureau des Nations unies au Burundi a été divulgué, signalant que dans une province, deux membres des forces armées avaient fourni des armes et des uniformes de l’armée et de la police à des Imbonerakure. Le gouvernement a nié ces allégations mais n’a pris aucune mesure pour enquêter sur cette question.

Enquêtes transparentes

Ndayishimye a été le chef du parti au pouvoir pendant certaines des années les plus sanglantes de la ligue des jeunes. Mais le nouveau gouvernement peut rompre avec le passé et ordonner immédiatement et publiquement aux membres des Imbonerakure de cesser de détenir, de maltraiter et de tuer en toute illégalité. De même, des ordres devraient être donnés pour qu’ils n’extorquent plus d’argent à la population.

C’est maintenant au nouveau président de bâtir l’héritage qu’il souhaite léguer à son pays.

Les autorités judiciaires devraient aller au-delà des quelques cas isolés de poursuites contre des membres du groupe, et mener des enquêtes approfondies et transparentes sur le rôle des Imbonerakure dans les crimes commis sous le règne de Nkurunziza. « Dieu ne pardonnera jamais les péchés des Imbonerakure », reconnaissait face à nous, en 2018, un des membres du groupe.

Mais ces exactions sont la marque de l’ère Nkurunziza. C’est maintenant au nouveau président de bâtir l’héritage qu’il souhaite léguer à son pays.

Par Lewis Mudge Chercheur auprès de la division Afrique de Human Rights Watch, notamment sur la Centrafrique.

Burundi: un gouverneur rappelle à l’ordre les Imbonerakure

avril 14, 2018

Nairobi (Kenya) – Un gouverneur du sud du Burundi a adressé un rappel à l’ordre inédit à la très redoutée ligue des jeunes du parti au pouvoir, les Imbonerakure, qualifiée de milice par l’ONU, a-t-on appris samedi de sources administratives.

Ce rappel à l’ordre a été adressé par Christian Nkurunziza, un cadre du parti au pouvoir CNDD-FDD du président Pierre Nkurunziza, à la suite d’une augmentation des incidents impliquant les Imbonerakure dans la province de Bururi (sud), et est le premier ciblant de la sorte cette ligue controversée.

Un haut responsable administratif local a confirmé samedi à l’AFP que Christian Nkurunziza, gouverneur de cette province acquise à l’opposition, a signé le 2 avril une ordonnance – qui avait fuité sur les réseaux sociaux – interdisant « le sport de masse de nuit avec des gourdins » dans sa région administrative.

Les mots utilisés dans l’ordonnance, qui met en garde contre des « sanctions très sévères », peuvent sembler sibyllins. Christian Nkurunziza, un proche allié du président Pierre Nkurunziza, n’y nomme pas les Imbonerakure, et s’est publiquement défendu de s’en prendre à ce groupe considéré comme un des principaux outils de répression du régime.

Mais des responsables administratifs locaux, contactés par téléphone et sous couvert d’anonymat, ont indiqué à l’AFP que le gouverneur souhaite par cette interdiction adresser un « rappel à l’ordre » aux Imbonerakure, dont il veut « calmer les ardeurs », alors que de nombreux habitants de la province se plaignent d’eux.

Un des habitants explique que depuis plusieurs mois, « des centaines d’Imbonerakure, organisés en compagnie comme les militaires, courent chaque nuit sur les collines du chef-lieu de la commune, armés de gourdins et d’armes blanches, en chantant des chansons de menace envers les opposants ».

Plusieurs habitants évoquent des patrouilles, des arrestations et des morts « suspectes », d’autres des « entraînements militaires qui sèment l’effroi » au sein de la population. D’autres accusent les Imbonerakure de « rançonner » les habitants.

Début avril, des Imbonerakure (« Ceux qui voient de loin » en kirundi) ont même « arrêté des policiers et les ont désarmés » en pleine nuit à Bururi, a indiqué un responsable provincial sous couvert d’anonymat.

L’annonce en avril 2015 de la candidature de M. Nkurunziza à un troisième mandat avait plongé le Burundi dans une crise politique qui a fait depuis au moins 1.200 morts et plus de 400.000 déplacés, et sur laquelle la Cour pénale internationale a ouvert une enquête.

Les Imbonerakure sont accusés par les ONG, l’ONU et la CPI d’être responsables aux côtés de la police, des services secrets et de l’armée, de graves violations des droits de l’homme commises au Burundi depuis avril 2015.

Samedi, la coalition d’opposition Amizero y’Abarundi a accusé les Imbonerakure d’avoir tabassé vendredi à Bujumbura un de ses députés ainsi que plusieurs de ses militants.

« Nous dénonçons avec force ces violences, qui sont le fait de la ligue des jeunes du parti au pouvoir, et de l’impunité dont jouissent les Imbonerakure », a martelé Pierre-Célestin Ndikumana, chef du groupe parlementaire de cette coalition.

Romandie.com avec(©AFP / 14 avril 2018 13h04)                                            

Burundi: des milliers de jeunes Imbonerakure défilent dans Bujumbura

juillet 23, 2017
Des membres de la ligue des jeunes du parti au pouvoir au Burundi, les « Imbonerakure », affrontent des opposants au président Pierre Nkurunziza, le 25 mai 2015 à Bujumbura. © CARL DE SOUZA / AFP

La ligue des jeunes du parti au pouvoir au Burundi, que l’ONU qualifie de milice, s’est livrée samedi à une « démonstration de force » lors de sa première grande manifestation dans la capitale Bujumbura.

Des milliers de jeunes « Imbonerakure » (« Ceux qui voient de loin » en kirundi) ont sillonné les rues de Bujumbura en marchant ou en courant au rythme de chansons à la gloire du président Pierre Nkurunziza que déversaient des hauts-parleurs montés sur des camionnettes.

Des habitants de Bujumbura interrogés par l’AFP ont évalué leur nombre entre 5.000 et 10.000.

Ces rassemblements sont fréquents en province, mais il s’agit de la première manifestation de cette ampleur à Bujumbura, une capitale considérée comme acquise à l’opposition.

La ligue de jeunesse s’est félicitée sur son compte Twitter de cette initiative des « Imbonerakure de la mairie de Bujumbura, qui avaient (depuis) longtemps soif de démontrer leur force ».

Le cortège, sous bonne escorte policière, a fini sa manifestation dans le quartier populaire de Nyakabiga dans le centre-est de Bujumbura, une zone totalement acquise à l’opposition et un des haut lieux des manifestations contre le président Nkurunziza, au plus fort de la contestation de son 3e mandat en 2015.

« Quelle démonstration de force ? Le parti CNDD-FDD règne désormais par la terreur et la plupart des gens sont obligés. Cela vient confirmer encore une fois que l’espace politique est verrouillé au Burundi car aucun autre parti, surtout d’opposition, ne peut manifester ainsi à part eux », a réagi auprès de l’AFP Léonce Ngendakumana, vice-président du parti d’opposition Frodebu et l’un des rares leaders d’opposition burundais qui ne vit pas en exil.

Plusieurs ambassades, notamment celles de Belgique et des USA, avaient envoyé dès vendredi soir des messages d’avertissement à leurs ressortissants, leur demandant d’éviter les secteurs où les Imbonerakure allaient manifester.

Ces derniers sont accusés par les ONG locales, internationales et l’ONU d’être responsables aux côtés de la police, des services secrets et de l’armée, des graves violations des droits de l’homme commises depuis avril 2015, dont de nombreux cas de viols. La FIDH a dénoncé dans son nouveau rapport la « militarisation » de ce groupe.

Le Burundi traverse une grave crise politique émaillée de violences depuis la candidature en avril 2015 du président Nkurunziza à un troisième mandat controversé et sa réélection en juillet de la même année.

Ces violences ont déjà fait de 500 morts à 2.000 victimes, selon les sources (ONU et ONG), des centaines de cas de disparition forcée et de torture et ont poussé à l’exil plus de 400.000 Burundais

Jeuneafrique.com avec AFP

Burundi: l’ONU dénonce les chants appelant au viol d’opposantes

avril 18, 2017

Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, le 13 juin 2016 à Genève / © AFP/Archives / FABRICE COFFRINI

Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme a dénoncé la multiplication d’incidents dans lesquels les Imbonerakure, la ligue de jeunesse du parti au pouvoir au Burundi, appellent au « viol » d’opposantes.

« Les slogans choquants appelant au viol repris par de jeunes hommes appartenant aux Imbonerakure dans plusieurs provinces du Burundi sont profondément inquiétants », car ils sont une preuve supplémentaire de « la campagne de terreur » menée par ces derniers, a estimé M. Zeid Ra’ad Al Hussein, dans un communiqué.
M. Zeid fait référence à une vidéo, diffusée sur les réseaux sociaux début avril, montrant des centaines de jeunes Imbonerakure dans une pose martiale, en rangs, qui chantent en kirundi – la langue nationale: « Engrossez les opposantes, (pour) qu’elles enfantent des Imbonerakure ».

Cette vidéo tournée à Ntega, dans la province de Kirundo (nord) au début de l’année, avait fait scandale et contraint le CNDD-FDD, le parti au pouvoir dont les Imbonerakure forment la ligue de jeunesse, à s’en démarquer.

Ce chant « ne concorde ni avec les m?urs ni avec l’idéologie du parti CNDD-FDD », avait-il fait savoir, disant condamner « avec la dernière énergie cet écart de langage » et promettant des sanctions.

Mais dans son communiqué, le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme cite plusieurs incidents similaires, plus récents. Ainsi, le 1er avril, dans la province de Kayanza (nord), près de 2.500 Imbonerakure ont défilé le long de la route centrale en incitant « au viol et à la violence » contre les opposants.

Des « slogans similaires seraient également scandés chaque fin de semaine » lors de réunions d’Imbonerakure dans la province de Makamba (sud), selon la même source.

Enfin, le 8 avril, dans la province de Ruyigi (est), environ 200 personnes, dont des Imbonerakure, auraient aussi appelé à « mettre enceintes les opposantes », selon le communiqué.

M. Zeid a appelé le gouvernement burundais à reconnaître « que la manifestation de Ntega n?était pas un incident isolé, mais la partie émergée de l’iceberg ».

« De tels discours éhontés de haine manifeste et d’incitation à la violence ne doivent être ni tolérés, ni encouragés », a-t-il ajouté.

Les Imbonerakure sont sur la sellette depuis le début de la grave crise que traverse le Burundi, déclenchée par l’annonce en avril 2015 de la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat controversé et sa réélection en juillet de la même année.

Ce groupe, qualifié de milice par l’ONU, malgré les dénégations de Bujumbura, est accusé par les ONG locales, internationales et l’ONU d’être responsable, aux côtés de la police, des services secrets et de l’armée, des graves violations des droits de l’homme commises depuis avril 2015, dont de nombreux cas de viols.

Ces violences ont fait 500 morts selon l’ONU, et 2.000 selon les ONG. Des centaines de cas de torture et de personnes disparues ont également été recensés, et quelque 400.000 personnes ont quitté le pays.

Romandie.com avec(©AFP / 18 avril 2017 15h49)

Burundi: HRW dénonce les viols commis par des jeunes proches du parti au pouvoir

juillet 27, 2016

Nairobi – Des jeunes miliciens proches du pouvoir burundais et des policiers se sont livrés à des viols collectifs répétés sur des femmes considérées comme proches de l’opposition, depuis le début de la crise en avril 2015, a dénoncé mercredi Human Rights Watch (HRW).

Des membres des Imbonerakure, la ligue des jeunes du parti au pouvoir (CNDD-FDD) que l’ONU qualifie de milice, ont violé collectivement, de manière répétée, des femmes depuis 2015, accuse l’organisation de défense des droits de l’homme dans un rapport.

Nombre de ces viols paraissent avoir été dirigés contre des parentes d’individus perçus comme des opposants au gouvernement. Des policiers ou des hommes portant des uniformes de police ont aussi commis des viols, affirme HRW.

Des accusations similaires avaient été lancées en janvier par l’ONU. Le Haut commissaire aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, avait dénoncé des violences sexuelles commises par des membres des forces de sécurité.

Il avait évoqué 13 cas de violences sexuelles contre des femmes, commis dans les quartiers perçus comme soutenant l’opposition.

Le Burundi est plongé dans une grave crise émaillée de violences depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé en avril 2015 sa candidature pour un troisième mandat, avant d’être réélu en juillet.

Les violences ont déjà fait plus de 500 morts et poussé plus de 270.000 personnes à quitter le pays.

Human Rights Watch décrit un schéma d’abus en plusieurs endroits et dans plusieurs provinces, où des hommes armés de fusils, de bâtons ou de couteaux ont violé des femmes lors d’attaques sur leur maison, le plus souvent de nuit.

Les membres masculins de ces familles, pour certains appartenant à des partis d’opposition, ont aussi été ciblés et parfois tués ou enlevés, assure HRW.

Pour les femmes violées, les séquelles sont multiples: blessures, infection par des maladies sexuellement transmissibles, grossesses non souhaitées, angoisse et dépression.

Les assaillants de la ligue des jeunes du parti au pouvoir au Burundi ont attaché, brutalement battu et violé collectivement des femmes, souvent avec leurs enfants à côté. De nombreuses femmes ont souffert de conséquences physiques et psychologiques à long terme, s’est indignée Skye Wheeler, chercheuse pour HRW.

L’organisation dit avoir interrogé en mai 2016 plus de 70 de ces victimes de viols, rencontrées dans le camp de réfugiés de Nduta, dans l’ouest de la Tanzanie.

Des dizaines de femmes ont indiqué avoir été violées chez elles ou près de leur domicile, selon HRW.

Quatorze d’entre elles ont dit avoir reconnu au moins un de leurs agresseurs comme étant un Imbonerakure. D’autres ont déclaré que les violeurs portaient des uniformes de la police. D’autres n’ont pu identifier les assaillants.

Une femme âgée de 36 ans a raconté à HRW avoir été violée par trois Imbonerakure, dont l’un qu’elle connaissait, dans le quartier de Mutakura à Bujumbura, la capitale, en octobre 2015.

Il me tenaient par les bras et les jambes, a-t-elle expliqué. Pendant qu’ils me violaient, ils disaient: +Tuons-la, c’est la femme d’un (membre du parti d’opposition des) FNL+. Le lendemain, le corps de son mari a été retrouvé dans un fossé près de leur maison.

HRW dit avoir sollicité un commentaire de Pascal Nyabenda, le président du CNDD-FDD, mais n’avoir obtenu aucune réponse.

L’organisation déplore également que ceux qui ont fui en Tanzanie ne sont pas à l’abri des violences sexuelles dans les camps, où le nombre de viols est de manière alarmante très élevé, et notamment les viols d’enfants.

Selon les témoignages recueillis par HRW, ces viols sont commis par d’autres réfugiés burundais ou des Tanzaniens.

Romandie.com avec(©AFP / 27 juillet 2016 11h48)