Posts Tagged ‘immersion’

Le Premier ministre australien en immersion chez les Aborigènes

août 23, 2015

Le Premier ministre australien, Tony Abbott, a entamé dimanche sa première journée au sein de communautés aborigènes avec lesquelles il va passer une semaine dans le nord du pays. Sa démarche vise à accélérer le développement de cette population « négligée ».

M. Abbot espère que ce voyage va l’aider à « se familiariser avec les véritables problèmes des indigènes d’Australie. Passer simplement une semaine sur 52 à se concentrer sur les problèmes des indigènes n’est pas trop », a déclaré le chef du gouvernement à des journalistes à Kununurra, une ville du nord-ouest.

« Ce n’est franchement pas trop, étant donné que cette partie de notre population a été en grande partie négligée au cours des quelques dernières centaines d’années », a-t-il ajouté.

« Il y a donc un sentiment qui fait que les Aborigènes obtiennent enfin l’attention qu’ils méritent, et cela va certainement être mon attention totale et l’attention totale du gouvernement pour la semaine qui vient », a souligné M. Abbott.

Espérance de vie réduite
Tony Abbott avait promis d’être « le Premier ministre pour les affaires aborigènes » avant son arrivée au pouvoir en septembre 2013. Il avait alors annoncé qu’il dirigerait le pays une semaine par an depuis un endroit isolé de la communauté indigène.

Les Aborigènes et les indigènes vivent en Australie depuis plus de 40’000 ans et forment la population la plus pauvre et la plus marginalisée du pays. Lors de l’arrivée des colons européens en Australie en 1788, les Aborigènes étaient environ un million.

Ils ne représentent plus aujourd’hui que 470’000 des 23 millions d’habitants du pays et sont les citoyens les plus désavantagés. Leur espérance de vie par exemple est nettement plus courte que celle de leurs concitoyens.

Amnesty International a publié en juin dernier un rapport sur la jeunesse aborigène et indigène du détroit de Torrès (population autochtone du nord de l’Australie). L’organisation de défense des droits humains y déplore que les enfants de ces communautés ont 26 fois plus de risques de se retrouver derrière les barreaux que les autres.

Romandie.com

Conte : La Poule de Hienghène

septembre 4, 2012

Il était une fois dans la Grande Terre, en Nouvelle Calédonie, Polynésie française, deux enfants se lavaient au confluent de la mer et de la rivière, à ce bel endroit de l’embouchure en bordure des falaises noires.

Un jour dans la chaleur du climat tropical pendant qu’ils nageaient, s’amusaient, se touchant du bout des pieds, ils se poursuivaient entre le flot de petites vagues candides et timides. Au moment où ils plongeaient en faisant le sous-marin et le dauphin, Jocelyne demanda à Élodie de la rattraper au fond de l’eau dès sa première immersion devant son attention. Elle la suivit quelques instants après. Mais dans la joie de la douceur et la profondeur des eaux, elles entendirent un bruit insolite de glouglou. Prises de panique et de peur, elles remontèrent précipitamment à la surface de l’eau et gagnèrent le rivage avec leur sauvetage.

Sur la vaste baie où elles étaient sur le sable noir, elles virent, à la surface de l’eau, des bulles chaudes dégageant des vapeurs de fumée qui s’élevaient au ciel. Une crête brûlante sortie se dressait sur une tête accompagnée de son cou et d’un plumage de roches qui prenaient la forme d’une poule. Quand elle essaya de remuer ses ailes, la terre trembla et la poussière de la rosée mouilla Jocelyne et Élodie qui assistaient au spectacle. Irrésistiblement, leurs yeux ne pouvaient plus supporter de regarder la poule qui devenait de plus en plus grande et d’un noir de jais. Elles coururent au village pour informer les anciens.

Le chef du village ayant appris la nouvelle rassembla tous les chefs de clan de Tiendanite, Werap et Tendo. Chacun d’eux invita les membres de sa communauté pour se rendre au bord de la mer, y apportant leurs objets de la tradition pour une cérémonie nocturne. Ils y apprêtèrent aussi des noix de coco, des goyaves, des fruits à pain, des ignames pour offrir à cette étrange nature qui apparut dans leur milieu de proximité et de liberté.

Quand ils arrivèrent sur le lieu de l’apparition et de la contemplation, le chef fut stupéfait, frappé d’une vive émotion, il prit la parole, la salua, présenta les membres de sa communauté puis lui posa la question d’où venait-elle ? Elle répondit qu’elle vient du fond des eaux pour les aider à vivre en ce lieu si reculé du monde. Il lui offrit les offrandes qu’il jeta dans l’eau et mangea une bonne quantité avec le reste de chaque village.

A la fin du repas, la poule remua sa tête et ses ailes en forme de remerciements ainsi que sa belle queue qui produisit des vagues éclaboussant la population qui était sur le sable noir. Elle se recroquevilla sur ses pattes et pondit un œuf qui flotta de sa coquille blanche et reçut l’acclamation de la communauté. Elle le tira de son bec et le plaça sous ses grandes ailes. Le chef, portant ses deux mains ouvertes autour de la bouche, lui demanda encore si elle pouvait lui pondre d’autres œufs. Quand la puissance de l’écho fit le tour de la nuit puis se reposa au-dessus de la poule, sous la forme d’une belle nuée éclatante et scintillante, un calme plat envahit l’espace de la plage. Elle recommença l’exercice et arriva jusqu’à six œufs.

Dès cet instant, elle les couva, transforma l’eau de la mer en chaleur jusqu’à l’éclosion d’où l’on vit sortir trois poussins. Elle gloussa et firent la ronde devant les spectateurs et leur demanda de gagner le rivage. Dès qu’ils arrivèrent sur le sable, le Chef du village des Kanaks les prit et les plaça dans un panier d’osier tout en la remerciant. Il  plaça une lampe torche pour les réchauffer avec quelques grains. Ensuite, elle pondit d’autres œufs d’où sortir des poissons qui sautillaient à la surface de l’eau sous l’acclamation de tous les membres du village. Ceux-ci aussi partirent vers le Chef qui prit dans ses mains, les jeunes fretins, les couvrit de câlins, les éleva aux cieux, les bénit et les jeta dans la mer pour se reproduire. Des acclamations fusaient de la foule pour honorer cette divinité ancestrale qui venait de voir le jour sur la terre des Kanaks. On la baptisa « Hienghène » qui signifie pleurer en marchant. Il demanda à la population de veiller sur le bord de la mer. Les hommes et les femmes cherchèrent du bois sec et firent un feu de campagne, vêtirent leurs habits traditionnels, fabriqués avec d’écorces, des feuilles et des fibres de cocotiers teintés, attachés autour des reins, la peau badigeonnée de poudre blanche. Il invita, Jocelyne et Élodie, les deux enfants témoins de l’apparition d’inaugurer la veillée de la soirée culturelle par d’élégants petits pas, chantant et dansant au son des bambous creux frappés au sol produisant différents sons folkloriques. La population rentra dans le cercle illuminé, s’exhiba toute la nuit jusqu’au lever du soleil pour rendre gloire à cet heureux évènement vécu offert par la grâce céleste.

De retour au village, la joie était grande, chaque chef de village de Tiendanite, Werap et Tendo partit avec un poussin pour l’élevage. Quand, les duvets cédèrent la place au plumage et que le sexe se fit connaître, deux femelles et un mâle sortirent du lot. A la maturité, les deux chefs qui avaient des femelles apportèrent leur poule chez celui qui avait le coq. Les animaux s’accouplèrent jusqu’à la ponte et à l’approche de la couvaison chacun emmena sa femelle chez lui pour attendre l’éclosion des poussins. Les propriétaires des poules donnèrent deux femelles à celui du coq pour sa solidarité à la contribution et la participation à la reproduction.

Le Chef, par ce grand signe, organisa sa communauté. Il trouva des boutures d’ignames, de taros qu’il distribua à toutes les femmes. Elles plantèrent et veillèrent jusqu’à la croissance de leurs tubercules quand les feuilles se flétrissent et devinrent jaunes. A la récolte, elles apportèrent leur production au chef qui célébra l’évènement par une grande fête populaire, dite « fête de l’igname ».

Après avoir passé une belle saison agricole pleine d’ignames, pendant qu’il dormait dans sa maison traditionnelle, en forme de ruche, surmontée d’une flèche faîtière en bois, symbolisant les ancêtres, il rêva d’une conversation avec la poule de Hienghène qui lui annonça que les eaux de la mer étaient poissonneuses.

Le lendemain matin, il informa toute la communauté qui descendit à la mer avec leurs filets et d’autres objets de pêche. Les hommes montèrent dans les embarcations des pirogues et à chaque coup d’épervier dans l’eau, ils ramenaient une grande quantité de poisson. Même les femmes qui plaçaient leur nasse dans l’eau pouvaient avoir du poisson, réalisant la promesse de la poule de Hienghène. Chaque famille avait trouvé une grande provision pour manger désormais à sa faim.

Un rite d’adoration fut institué pour adorer et honorer la poule de Hienghène, incarnation d’ancêtre Kanaks vivant dans l’eau qui vaut respect et considération envers toute personne habitant ou en séjour dans la Grande Terre.

Depuis lors, ce monument gigantesque est devenu le symbole généreux du peuple de la Nouvelle-Calédonie.

© Bernard NKOUNKOU

Les pieds de l’arbre

août 24, 2012

 

Les pieds de l’arbre

ne quittent jamais la route

attendant leur mort dans sa chute

mais ils traversent la route

en écartant la terre secrète

avec la racine de leur pointe

simulant de dormir en douce

sous la couverture de l’écorce.

Quand arrivent les inondations

ils sauvent l’arbre de l’immersion

dans la hauteur de sa croissance.

Ne pouvant plus fuir l’incendie

ils se résignent sous le lit

de la terre sacrifiant le végétal

sous la virulence du feu brutal.

Les pieds de l’arbre

portent la pointure de son existence

à la base élégante de sa robustesse

sans jamais se tordre.

 

Bernard NKOUNKOU