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Canada: Le Québec accueillera un record de plus de 100 000 immigrants en 2022

mai 12, 2022
Entrée d'un bureau d'Immigration, Francisation et Intégration du Québec.

Environ 70 000 immigrants permanents seront reçus au Québec en 2022, une hausse de plus de 50 % par rapport à 2021. Photo : Radio-Canada/Ivanoh Demers

Le Québec va accueillir plus de 100 000 immigrants permanents, irréguliers et temporaires en 2022, un nombre record. De ce nombre, environ 70 000 immigrants permanents seront reçus, une hausse de plus de 50 % par rapport à 2021 en raison du rattrapage que le gouvernement Legault effectue pour compenser la baisse du nombre d’immigrants durant la pandémie.

Aux 70 000 immigrants réguliers accueillis cette année, Québec permet également l’accueil d’un nombre grandissant de travailleurs étrangers temporaires. Depuis 2017, ce nombre est en hausse d’environ 80 %. On est passé de près de 18 000 travailleurs étrangers temporaires en 2017 à environ 33 000 qui ont été autorisés en 2019 et 2020, avec une tendance semblable en 2021 et 2022.

À ces arrivées régulières et encadrées s’ajoutent aussi les demandeurs d’asile. Au cours des trois premiers mois de 2022, on signale plus de 7000 interceptions à la frontière québécoise, au chemin Roxham de Saint-Bernard-de-Lacolle, de personnes qui passent la frontière de façon irrégulière et qui demandent refuge.

Le gouvernement Legault s’attend, au rythme actuel, à l’arrivée de 30 000 à 35 000 personnes par le chemin Roxham cette année. 

Fermer le chemin Roxham : une image simpliste

Québec demande au gouvernement fédéral de « fermer le chemin Roxham ». C’est une image simpliste, que les politiciens aiment bien utiliser pour tenter de frapper l’imaginaire dans la population. Dans les faits, la demande est beaucoup plus complexe et implique à la fois le gouvernement Trudeau à Ottawa et l’administration Biden à Washington.Une famille avec des valises.

Québec s’attend, au rythme actuel, à l’arrivée de 30 000 à 35 000 personnes par le chemin Roxham en 2022. Photo: Radio-Canada/Romain Schué

Ce qui est en cause, c’est l’entente sur les tiers pays sûrs entre le Canada et les États-Unis, qui se reconnaissent mutuellement comme étant des pays d’accueil, de refuge, où les gens peuvent demander l’asile et la protection. Donc, une personne qui est en sol américain et qui veut demander l’asile au Canada ne peut pas emprunter un chemin régulier, celui de la douane. Elle doit passer par un chemin irrégulier et demander refuge auprès des autorités.

C’est ainsi que s’est formé, avec le temps, un passage informel qui est celui du chemin Roxham, facile d’accès entre l’État de New York et le Québec. Avec le temps, et le nombre de personnes qui empruntaient ce chemin, la GRC y a installé un poste pour formaliser l’accueil et encadrer ce mouvement migratoire.

Alors, vous comprenez que l’image qui est celle de fermer physiquement le chemin Roxham, d’y installer une clôture comme l’évoquait l’ancien chef du Parti québécois Jean-François Lisée en 2018 est particulièrement simpliste. Fermer un chemin, c’est en ouvrir des milliers d’autres. Autrement, il faudrait appeler, comme Donald Trump, à la construction d’un mur, immense, d’un bout à l’autre du pays.

C’est l’entente entre le Canada et les États-Unis qui doit être revue et le gouvernement Trudeau dit être en train de négocier cela avec l’administration américaine.

En attendant, la proposition du ministre Jean Boulet d’assurer un transfert ailleurs au Canada de personnes qui passent de façon irrégulière au chemin Roxham est probablement la plus appropriée dans les circonstances.

Les passages irréguliers se font pratiquement tous au chemin Roxham alors que les demandeurs d’asile se trouvent pour la plupart dans l’est des États-Unis, surtout à New York ou en Floride. L’accès à la frontière entre l’État de New York et le Québec est facile, en plusieurs endroits.

Des immigrants pour atténuer la pénurie de main-d’œuvre

Le gouvernement de François Legault semble comprendre que le Québec a besoin d’immigrants. Dans les débats en Chambre, le premier ministre accuse les libéraux de ne compter que sur l’immigration pour atténuer la pénurie de main-d’œuvre, sans tenir compte de leur intégration et de leur connaissance du français.

Mais, dans les faits, le gouvernement Legault a décidé d’accueillir un nombre record d’immigrants sur le territoire du Québec en 2022. Ces immigrants font partie des nombreuses solutions à mettre en œuvre pour tenter de réduire la pression économique que cause le manque de main-d’œuvre.

D’abord, Québec a décidé de rattraper le manque à gagner provoqué par la pandémie, qui est venue ralentir les mouvements de population. Le Québec a accueilli un peu plus de 40 000 immigrants en 2019, puis 25 000 en 2020, avant de remonter à plus de 40 000 en 2021.

En 2022, le Québec accueillera un nombre record d’environ 70 000 immigrants.

Par ailleurs, après avoir abaissé la cible d’accueil à 40 000 immigrants à son arrivée au pouvoir, François Legault a annoncé qu’il allait porter ce nombre à 50 000 par année, une hausse de 20 à 25 %. Il a indiqué qu’il voulait plafonner ce nombre à 50 000.

Le gouvernement de François Legault a aussi choisi d’augmenter de façon marquée le nombre de travailleurs immigrants étrangers temporaires en sol québécois. Au rythme actuel, le Québec en accueillera plus de 30 000 cette année, s’approchant ou dépassant, on verra bien, le record établi dans les dernières années.

Fin 2021, une entente a été conclue avec le gouvernement fédéral pour faire venir plus d’immigrants temporaires dans des emplois à plus bas salaire. De plus, les entreprises peuvent embaucher autant qu’elles le souhaitent des travailleurs temporaires pour des professions peu spécialisées. Et il y a davantage de professions qui n’ont plus besoin de passer par un affichage.

Avec Radio-Canada par Gérald Fillion

Canada: « L’enfer » d’immigrants ayant investi au Québec, épuisés par l’attente

février 4, 2022

La voix teintée d’ironie, David Boisselier soupire. « Il aurait fallu venir par Roxham. Notre dossier aurait déjà été traité », lâche cet entrepreneur et chef d’entreprise, lassé par des années d’attente et d’absence de perspective.

Assis sur le canapé de son appartement montréalais, aux côtés de son épouse, ce Français d’origine ne cache plus son agacement. Arrivé au Québec à l’automne 2015, par le biais d’un programme réservé aux entrepreneurs, avec ses deux enfants, le couple patiente depuis presque sept ans pour finaliser son dossier d’immigration.

Sept ans de galère» et d’enfer administratif» avec Immigration Canada, insiste David Boisselier, qui dirige, entre autres, un café dans l’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie. On a tout vendu en France. On a été convaincus par l’ambassade du Canada à Paris, qui cherchait des chefs d’entreprises.»

De la capitale française à Montréal, rien, finalement, ne se passe comme prévu. Après avoir obtenu un certificat de sélection du Québec (CSQ) moins de deux ans après leur installation, ils doivent désormais faire preuve de patience pour recevoir leur résidence permanente. Un sésame indispensable.

Sans ce papier, je ne peux quasiment rien faire. Je ne peux développer aucun gros projet, les banques demandent une résidence permanente. Je fais donc des affaires à minima», détaille ce quinquagénaire, en déplorant un enfer administratif».

Au total, le couple assure avoir effectué 34 demandes de renouvellement de permis de travail ou d’études pour les enfants. Près de 30 000 $ ont aussi été dépensés en frais administratifs par cette famille, qui, en raison de ces délais, a connu de nombreuses péripéties, dont une interdiction de travailler, une inscription repoussée dans un cégep et une absence de protection médicale durant des mois.

Mon fils déprime, il est bloqué. Il veut faire une école en aéronautique, mais elle exige la résidence permanente», illustre Sandrine Boisselier, directrice marketing dans le secteur informatique.

Leur avocat, Guillaume Audet, est quant à lui perplexe. C’est la famille, normalement, que l’on veut ici. Ils sont éduqués, francophones, ils travaillent et génèrent de la richesse pour le Québec. Mais on les fait languir».Selon l'avocat en immigration Guillaume Audet, les délais de traitement sont actuellement inacceptables.© Ivanoh Demers/Radio-Canada Selon l’avocat en immigration Guillaume Audet, les délais de traitement sont actuellement inacceptables.

Plus de cinq ans d’attente en moyenne

Depuis plusieurs années, les délais d’attente pour l’obtention d’une résidence permanente ont littéralement explosé dans de multiples catégories, y compris celle des gens d’affaires» sélectionnés par le Québec. Celle-ci regroupe des entrepreneurs, des investisseurs et des travailleurs autonomes, qui s’engagent à investir dans l’économie québécoise.

Désormais, pour ces derniers, Immigration Canada évoque 65 mois d’attente pour l’obtention de la résidence permanente. Soit plus de 5 ans pour les candidats concernés, qui ont déjà dû patienter, au préalable, plusieurs mois avant de recevoir leur CSQ.

À l’heure actuelle, Sandrine et David Boisselier ne sont pas les seuls à attendre et à s’agacer. Selon Québec, 19 800 personnes, déjà sélectionnées par la province, sont dans l’entonnoir fédéral.

Avec Radio-Canada par Romain Schué

Canada-UMQ: promotion du français chez les jeunes, les immigrants et les commerçants

novembre 5, 2021

MONTRÉAL — L’Union des municipalités du Québec (UMQ) entend promouvoir et valoriser la langue française auprès des jeunes, des personnes immigrantes et des commerçants.

 

© Fournis par La Presse Canadienne

L’organisme regroupant 390 membres lancera bientôt un appel de projets sous la thématique «Fous du français» qui invitera les municipalités et MRC membres à soumettre différents projets qui feront la promotion de la langue.   

L’appel de projets sera lancé dans le cadre d’une séance d’information «Êtes-vous fous du français», qui aura lieu le 24 novembre. Les membres de l’UMQ seront ensuite invités à déposer un projet avant le 25 février prochain.  

L’initiative profite d’une contribution financière du gouvernement du Québec.  

L’UMQ a pris note de récentes statistiques démontrant que l’usage de la langue française est en déclin dans plusieurs endroits au Québec, notamment dans la grande région de Montréal. Elle croit que les municipalités peuvent agir pour favoriser et promouvoir son usage dans la population.   L

L’UMQ regroupe des municipalités de toutes tailles dans toutes les régions du Québec. Ses membres représentent plus de 85 % de la population et du territoire du Québec.

Avec La Presse Canadienne

Québec-Shawinigan: La diversité pour répondre à la pénurie de main-d’œuvre

octobre 21, 2021

Dans un contexte de pénurie de main-d’oeuvre, le Service d’accueil aux nouveaux arrivants (SANA) de Shawinigan observe que la demande pour ses services est grandissante. Alors que la Semaine québécoise des rencontres interculturelles bat son plein, un organisme de Shawinigan se mobilise avec le SANA pour l’élaboration d’un plan d’action tourné vers davantage d’accueil et d’inclusion, notamment en milieu de travail.

Le Centre national en électrochimie et en technologies environnementales (CNETE) a remporté le prix Diversité culturelle au Gala de la Chambre de commerce et d’industrie de Shawinigan (CCIS) l’an dernier.

© Josée Ducharme/Radio-Canada Le Centre national en électrochimie et en technologies environnementales (CNETE) a remporté le prix Diversité culturelle au Gala de la Chambre de commerce et d’industrie de Shawinigan (CCIS) l’an dernier.

L’organisme Autrement d’ici, qui travaille depuis 15 ans à développer les compétences interculturelles de professionnels, vient de conclure une semaine de consultations publiques auprès de citoyens, d’employeurs, d’organismes et de personnes immigrantes de Shawinigan sur le sujet.

La fondatrice de l’organisme, Suzie Yeo, mentionne que l’inclusion ne va pas de soi. Si on a de la difficulté à aller au-delà des différences, croyant que ces différences-là insinuent que les gens ne travaillent pas de la même façon, qu’on n’a pas la même vision, qu’on collaborera de façon difficile, bien naturellement, ça ne permet pas cette rencontre interculturelle et ça ne permet pas à tous et chacun de participer pleinement à l’organisation. »

Suzie Yeo, fondatrice de l'organisme Autrement d'ici

© Josée Ducharme/Radio-Canada Suzie Yeo, fondatrice de l’organisme Autrement d’ici

Une soixantaine de nationalités sont représentées à Shawinigan, mais le SANA fait le constat qu’une plus grande place pourrait leur être faite en entreprise. L’organisme offre nouvellement des formations et ateliers qui misent sur cet objectif, comme l’explique le chargé de projet au SANA de Shawinigan Éric Champoux.Comment éviter les biais inconscients, ou comment gérer ça dans une équipe? C’est toujours une méconnaissance de l’autre, donc d’aller vers l’autre, de se parler. »

Le SANA note que la demande pour ces formations est en forte croissance, à l’heure où plusieurs domaines souffrent d’un manque criant de personnel.

L’exemple du CNETE

Une entreprise se démarque particulièrement en matière d’inclusion. Le Centre national en électrochimie et en technologies environnementales (CNETE) a remporté le prix Diversité culturelle au Gala de la Chambre de commerce et d’industrie de Shawinigan (CCIS) l’an dernier.

On les a choisis parce que ce sont les plus performants, tout simplement ,» indique la directrice générale du CNETE Nancy Déziel pour expliquer qu’un grand nombre de ses employés est issu de la diversité. Non seulement on retrouve dans le laboratoire des travailleurs de diverses origines, mais on y observe également la parité hommes femmes.

Je pense que l’ouverture est là. Maintenant il y a peut-être des domaines où c’est moins évident, peut-être les domaines professionnels. Peut-être qu’il y a des ouvertures à faire de ce côté-là», poursuit Nancy Déziel.

Au CNETE, c’est une question de progrès et de vitalité économique, d’autant plus en contexte de pénurie de main-d’œuvre.

Avec CBC/Radio-Canada avec les informations de Marie-Ève Trudel

Canada-Ontario: Doug Ford refuse de s’excuser pour ses propos sur les immigrants

octobre 19, 2021

TORONTO — Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, refuse de s’excuser pour les commentaires qu’il a faits lundi au sujet des immigrants.

© Fournis par La Presse Canadienne

Après une annonce à Windsor, lundi, M. Ford a repris sa rhétorique familière au sujet du plus gros problème de l’Ontario: la pénurie de main-d’oeuvre, en particulier dans les métiers et la construction.

Il a déclaré que les personnes qui veulent venir trimer dur comme tous les autres nouveaux Canadiens devraient venir en Ontario, mais que ceux qui veulent «toucher l’allocation et s’asseoir» devraient aller ailleurs.

Lors de la période des questions à l’Assemblée législative, mardi, la néo-démocrate Doly Begum a déclaré que ces commentaires étaient offensants pour des familles comme la sienne, qui sont venues en Ontario pour bâtir un avenir meilleur, et elle a demandé des excuses au premier ministre.

M. Ford a assuré qu’il est pour l’immigration, d’où qu’elle vienne, et que sa base est composée de gens originaires du monde entier – mais il ne s’est pas excusé pour ses propos de lundi.

Le Conseil ontarien des agences au service des immigrants estime que M. Ford ne devrait pas utiliser des figures de rhétorique xénophobes en parlant des immigrants.

Avec La Presse Canadienne

Québec/Un emploi en sol québécois: la CCIHSM veut attirer les immigrants à La Tuque

mai 11, 2021

La Chambre de commerce et d’industrie du Haut Saint-Maurice (CCIHSM) continue de multiplier ses efforts en matière d’attraction et de rétention de main-d’œuvre en sol latuquois. La CCIHSM s’est jointe au programme «Un emploi en sol québécois», un projet d’intégration à l’emploi des personnes immigrantes initié par la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ).

Karine Rochette est directrice générale de la Chambre de commerce et d’industrie du Haut Saint-Maurice.

© ARCHIVES Karine Rochette est directrice générale de la Chambre de commerce et d’industrie du Haut Saint-Maurice.

Ce programme vise dans un premier temps à faire connaître aux nouveaux arrivants les attraits des différentes régions du Québec ainsi que les emplois qui y sont offerts, facilitant ainsi leur intégration sociale et professionnelle.

«Ce programme permet à la Chambre de poursuivre dans sa lancée pour aider concrètement ses entreprises à traverser cette période difficile pour le recrutement de main-d’œuvre», mentionne la directrice générale de la CCIHSM, Karine Rochette.

«Nous sommes confiants de réussir à conquérir de nombreux immigrants, déjà installés à Montréal, parfois laissés-pour-compte, sans emploi, dans un environnement qui ne reflète pas ce qu’on leur avait dépeint de notre beau Québec», ajoute-t-elle.

Au cours des prochaines semaines, la CCIHSM souhaite recruter une vingtaine d’entreprises. Elle invite les entrepreneurs du Haut Saint-Maurice qui sont en recherche de main-d’œuvre à s’inscrire gratuitement. Ils pourront y afficher leurs postes vacants et identifier les caractéristiques des candidats recherchés. Par la suite, la FCCQ s’assurera de l’arrimage par le biais de cette plateforme de maillage intelligent.

La Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières (CCI3R) participe depuis déjà quelques mois au programme, elle représente également les autres Chambres de la région. 

«Au final, on veut que les gens viennent en Mauricie et il y a une belle collaboration dans la région par rapport à ça», note la directrice générale de la CCI3R, Andréanne Guilbert.

Jusqu’à maintenant, 35 entreprises se sont inscrites au programme sur un objectif de 50. Il est toutefois un peu tôt pour en tirer des conclusions selon la CCI3R.

«Ils se sont inscrits sur la plateforme et le maillage est en cours entre le bassin de candidats et les employeurs […] Le nombre de postes offerts est très variable, il y a des entreprises qui en ont 1 ou 2 et il y en a d’autres qui en ont 80. C’est assez variable! C’est dans tous les secteurs d’activités aussi», explique-t-elle.

«Dans d’autres régions du Québec, il y a eu des résultats concluants. Il y a eu de belles histoires […] On a hâte de faire une annonce pour présenter une histoire concluante!», note-t-elle.

Tout comme pour la CCI3R, une vidéo de charme sera tournée dans le Haut Saint-Maurice afin de faire découvrir la région aux nouveaux arrivants.

La CCCIHSM veut donner une première impression réaliste du milieu de vie local afin de les aider à se projeter dans la communauté, et ainsi répondre à leurs appréhensions.

La Chambre a fait affaire avec l’équipe du Complexe Culturel Félix-Leclerc afin d’assurer le tournage et le montage de cette production, qui sera dévoilée en juin prochain. L’équipe du Carrefour Emploi a aussi apporté son soutien au projet pour la production vidéo, et s’impliquera à promouvoir les avantages de s’inscrire à cette activité.

En plus d’y découvrir de magnifiques paysages, il sera possible d’entendre plusieurs intervenants du milieu ainsi que les témoignages de personnes immigrantes qui ont fait le choix de s’installer en Haute-Mauricie.

Avec Audrey Tremblay – Le Nouvelliste

Canada-Québec: Manifestation à Montréal pour la régularisation des personnes migrantes

juillet 26, 2020

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© Valérian Mazataud photo Le Devoir

Des migrants sans papiers, des travailleurs agricoles temporaires, des demandeurs d’asile et des étudiants internationaux ont manifesté dimanche devant les bureaux d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, dans le Vieux-Montréal.

Plus d’une centaine de personnes ont manifesté à Montréal dimanche pour réclamer la régularisation de toutes les personnes migrantes, sans aucune exception, qui se sentent complètement délaissées depuis le début de la pandémie de coronavirus.

« Statut pour tous » ; « Solidarité avec les sans-papiers » ; « Nous sommes tous essentiels », ont scandé les manifestants en début d’après-midi, rassemblés à l’appel du réseau Solidarité sans frontières, devant les bureaux d’Immigration, réfugiés et citoyenneté Canada (IRCC), dans le Vieux-Montréal.

D’une seule et même voix, des migrants sans papiers, des travailleurs agricoles temporaires, des demandeurs d’asile et des étudiants internationaux ont interpellé Québec et Ottawa pour que chacun puisse obtenir un statut au Canada, où certains vivent depuis plusieurs années déjà.

« La pandémie est venue remettre les pendules à l’heure et montrer comment nous sommes tous dans le même bateau, peu importe notre statut et notre rang social. Notre combat est le combat de tous, celui de la dignité, l’égalité, la liberté et la justice », a lancé devant la foule Samira, une membre de Solidarité sans frontières et animatrice de l’événement de dimanche.

Elle a ensuite invité ceux qui le souhaitent à prendre la parole publiquement pour « briser le silence, briser la peur ».

Adi, un demandeur d’asile, s’est avancé pour raconter son histoire, soulignant à quel point le lieu choisi pour la manifestation était symbolique puisque c’est dans les bureaux d’IRCC que l’on donne rendez-vous aux migrants qui devront être déportés.

Originaire de Mauritanie, il est arrivé de manière irrégulière au Canada par le chemin Roxham, en Montérégie, il y a plusieurs années, mais n’a toujours pas été reconnu comme réfugié. Rappelons que les demandeurs d’asile risquent l’expulsion s’ils n’arrivent pas à prouver que leur sécurité est menacée dans leur pays d’origine.

« Je vous demande d’aller sur Google pour voir c’est quoi [la Mauritanie]. C’est un des derniers foyers d’esclavage et du racisme », dénonce-t-il.

De son côté, Hamida — d’origine algérienne — a pris la parole au nom de son fils de 20 ans, venu étudier au Québec il y a quatre ans. Son permis d’étude a expiré au mois d’avril, mais le gouvernement fédéral a refusé de lui en livrer un autre pour continuer son DEC. Son fils se retrouve maintenant sans statut. « Les sans-papiers ne sont pas des envahisseurs. Ils cherchent un meilleur monde, une vie meilleure », a-t-elle lancé.

« Ici, c’est devenu chez nous, on est des citoyens du Canada dans notre cœur, mais on ne nous donne pas la chance de le devenir sur papier », a renchéri Mohamed, également demandeur d’asile. Il a raconté les difficultés qu’il a rencontrées pour obtenir un permis de travail lors de son arrivée dans le pays il y a sept ans. Il a également été confronté à la complexité du système de santé en raison de son statut de sans-papiers. « J’ai vécu un accident de travail et j’ai été négligé à l’hôpital à cause de mon statut. J’ai perdu des orteils et sept ans plus tard, je suis encore sous traitement. Heureusement, ç’a été remboursé par la CNESST puisque c’était un accident de travail, mais ça aussi, ç’a a été un cauchemar pour y avoir droit », confie-t-il.

Solidarité sans frontières avait déjà organisé une marche à Montréal le 4 juillet pour défendre cette même cause. Une autre manifestation aura lieu le 8 août prochain dans la métropole, devant le bureau du premier ministre fédéral Justin Trudeau, sur Crémazie Est. L’organisme prévoit également organiser une grande marche de Montréal vers Ottawa plus tard dans l’été.

Avec Le Devoir par Annabelle Caillou

Trois-Rivières(Québec)/Intolérance envers les immigrants: «oui, il y a un climat toxique»

décembre 16, 2019

 

Plusieurs dizaines de familles étaient à la fête de Noël organisée par le SANA Trois-Rivières.
© OLIVIER CROTEAU
Plusieurs dizaines de familles étaient à la fête de Noël organisée par le SANA Trois-Rivières. TROIS-RIVIÈRES — Dimanche après-midi, des dizaines de familles venues d’ailleurs étaient réunies au Centre Landry de Trois-Rivières, pour une fête de Noël organisée par le Service d’accueil des nouveaux arrivants de Trois-Rivières (SANA). Des adultes et des parents, rassemblés dans la joie, le partage et, surtout pour les enfants, l’émerveillement, alors qu’ils ont pu voir le père Noël, recevoir de ses mains un cadeau et prendre part à plusieurs activités organisées pour eux. Plusieurs bénévoles québécois étaient sur place pour les accueillir, leur servir un bon repas et leur parler en toute amitié.

Toutefois, ces nouveaux arrivants ne reçoivent pas que de la bienveillance dans leur quotidien. Alors que la division entourant la loi sur la laïcité est toujours bien présente. Les immigrants ont été particulièrement la cible de commentaires haineux, constatent des intervenants qui les côtoient au quotidien.

Le clown humanitaire Guillaume Vermette, alias Yahou, était au Centre Landry, dimanche après-midi, pour donner un spectacle devant les enfants. Selon celui qui a travaillé dans des camps de réfugiés un peu partout dans le monde, l’intolérance et la haine étaient particulièrement présentes cette année, en particulier sur les réseaux sociaux.

«Oui, il y a un climat toxique, il y a quelque chose qui se passe, c’est sûr. Il y a des mouvements en ce moment, qui se veulent d’intolérance ou raciste, ou qui vont se donner d’autres noms, comme nationalistes, et qui ne sont pas ouverts aux réfugiés. Je le vois et il est fort, mais il y a l’autre côté de la médaille, un mouvement en réponse à tout ça», confirme-t-il.

À ce climat toxique contribue selon lui une intransigeance, tant chez ceux qui manifestent de la méfiance envers les immigrants que chez ceux qui défendent ces derniers. Une polarisation qui est particulièrement visible sur les réseaux sociaux et qui nuit à la communication.

Le clown humanitaire Guillaume Vermette.

© OLIVIER CROTEAU Le clown humanitaire Guillaume Vermette.
«Je trouve qu’on est très polarisés sur des questions, notamment le port du voile et l’accueil des réfugiés, deux sujets délicats. Et j’aimerais ça qu’on soit capable de se parler, peu importe notre opinion sur le sujet. J’ai l’impression que l’absence de communication respectueuse entre les deux côtés rend le sujet encore plus chaud, encore plus complexe. Parce qu’on a sûrement un peu de vérité tous les deux: il n’y a rien de tout blanc ou de tout noir dans la vie. Ce serait le fun qu’on se parle, pour vrai, et les réseaux sociaux n’aident vraiment pas à ça», estime Guillaume Vermette.

«Ça me fait peur»

Le clown humanitaire se dit par ailleurs inquiet des mouvements d’intolérance qu’il a vus naître au Québec, puisqu’il a déjà observé ce phénomène lors de ses passages en Europe. Dans certains pays, ces mouvements ont même mené à l’élection de gouvernements anti-immigration très à droite.

«J’ai peur que ça prenne des proportions que j’ai vues dans d’autres pays, des pays européens, des pays qui nous ressemblent beaucoup, que ces mouvements ici deviennent aussi importants que des mouvements que j’ai vus en Grèce. J’ai vu des parents, des gens bien normaux, lancer des roches sur des enfants qui avaient des voiles, faire preuve d’une violence psycho et physique envers des enfants, simplement parce qu’ils ont un bout de vêtement sur la tête. Oui, ça me fait peur», concède-t-il.

Selon lui, pour éviter les dérives qu’il a observées en Europe, la clé est dans la communication. «Ça passe par l’éducation, la sensibilisation et la discussion. Il faut qu’on jase», conclut-il avec le sourire.

Le directeur général du SANA Trois-Rivières, Ivan Suaza, reconnaît également avoir observé une montée de l’intolérance au cours de l’année. Il l’attribue à un manque d’information et de connaissance sur la situation des réfugiés auquel la désinformation qui a lieu sur les réseaux sociaux contribue. «Oui, l’année a été difficile. On a vécu toutes sortes d’affaires, mais je pense que la vie est faite de ça. Le bon côté, c’est que ça nous a permis d’approcher les gens et de leur expliquer comment ça fonctionne (l’immigration). Et quand des théories bizarres sortent sur Facebook, des gens viennent nous voir pour nous demander: c’est quoi cette histoire? Et on leur explique», souligne-t-il.

Le clown humanitaire Guillaume Vermette a escorté le père Noël jusqu’aux enfants réunis au Centre Landry.

© OLIVIER CROTEAU Le clown humanitaire Guillaume Vermette a escorté le père Noël jusqu’aux enfants réunis au Centre Landry.
 

D’un naturel optimiste, M. Suaza croit d’ailleurs que l’intolérance envers les immigrants vient avant tout d’une méconnaissance de leur réalité.

«Les gens sortent tous leurs démons. Ils parlent ouvertement de ce qui ne leur plaît pas et des fois, ils sont maladroits et souvent, ils ne sont pas capables de reconnaître que ce qu’ils expriment, en fait, ce sont des craintes. Ils attaquent simplement des personnes ou une culture. Mais quand on s’assoit ensemble, ces personnes-là se rendent compte que les immigrants travaillent, ont des familles et les mêmes besoins que tout le monde. Alors, leur attitude et leurs points de vue commencent à changer. Il faut se permettre de connaître les gens», croit-il.

Un Noël comme les autres

Ce climat de tension sociale n’est toutefois pas une grande source d’inquiétude chez les nouveaux arrivants qui ont recours aux services du SANA, assure cependant M. Suaza. «Les gens ne s’attendaient pas à avoir des réactions négatives à leur arrivée, c’est certain. Mais il y en a beaucoup d’entre eux qui ont déjà vécu des situations bien plus négatives (dans leur pays d’origine), comme des menaces de mort et des tentatives de meurtre», rappelle-t-il.

À l’activité de Noël du SANA, les familles présentes étaient tout simplement heureuses de voir leurs enfants s’amuser et d’avoir l’occasion de discuter entre elles et avec les bénévoles.

«On trouve ça vraiment parfait, ça permet aux gens de se retrouver, de partager et d’avoir un réseau entre eux. Ça permet aussi aux enfants d’avoir une activité de Noël avec d’autres enfants. Ça donne cette chaleur», dit Aimé Akoba, originaire de la Côte d’Ivoire, nouvellement arrivé à Trois-Rivières, après avoir vécu plusieurs temps en Alberta.

Ivan Suaza, directeur général du SANA Trois-Rivières.

© OLIVIER CROTEAU Ivan Suaza, directeur général du SANA Trois-Rivières.
Si M. Akoba a eu le temps de s’habituer au froid qui s’installe avec le début de l’hiver, après plusieurs années passées au Canada, ce n’est pas le cas de tout le monde. Mexicaine d’origine, Béatrice est arrivée à Trois-Rivières avec ses enfants depuis un peu plus d’un an.

«Il fait vraiment froid! Mais mes enfants aiment beaucoup la neige, ils sont vraiment contents», raconte-t-elle.

Matthieu Max-Gessler – Le Nouvelliste

Canada/Québec: Opération contre des agences qui embaucheraient illégalement des immigrants

juin 5, 2019
© Jean-Philippe Robillard
 

Le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale du Québec mène des opérations dans la région de Montréal et en Montérégie dans le cadre d’une enquête sur des agences de placement de personnel qui embaucheraient illégalement des immigrants.

Le ministère a visé huit endroits, dont une usine de transformation de viande à Sherrington, en Montérégie. Le réseau d’agences recrutait des immigrants, parfois sans permis de travail, pour les faire travailler dans des entreprises avec une rémunération « parfois » inférieure au salaire minimum.

Selon le ministère, les agences ne respectent pas toujours les normes du travail et privent parfois les travailleurs d’une protection sociale en cas de maladie ou de perte d’emploi.

Le ministère a entamé son enquête après avoir obtenu des renseignements sur un possible stratagème frauduleux qui viserait des travailleurs vulnérables.

« Advenant que les perquisitions permettent de confirmer certains éléments de l’enquête, les dirigeants du réseau visé pourraient faire face à des poursuites judiciaires », explique-t-on au ministère.

Avec Radio-Canada.ca par Jean-Philippe Robillard

Pauvre cerveau de Trump

février 25, 2017

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Dans le cerveau de Donald Trump

Repose un éléphant avec sa trompe

Dont la mémoire fertile et gigantesque

Invente des histoires grotesques et ubuesques

 

Personnage grandiose et trouble

Véritable moulin incontrôlé à paroles

Il jette librement du discrédit sur la Suède

Enrôle et fustige aussi Paris au coude à coude

 

Dans la cuisine calfeutrée de ses pensées

Germe et pousse d’épineuses cactacées

Qui exhalent un parfum d’inquiétudes

Apeurant les immigrants de toutes latitudes.

 

Bernard NKOUNKOU