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Canada: Embauche d’agents d’immigration anglophones : « Un manque de respect », dénonce Québec

novembre 4, 2021

Le gouvernement Legault, appuyé par les partis d’opposition, ne digère pas la volonté d’Immigration Canada de recruter, au Québec, des agents anglophones pour répondre aux questions des immigrants.

Le gouvernement Legault dénonce vivement la décision d'Immigration Canada d'embaucher, à Montréal, des agents unilingues anglophones.

© Sylvain Roy Roussel/Radio-Canada Le gouvernement Legault dénonce vivement la décision d’Immigration Canada d’embaucher, à Montréal, des agents unilingues anglophones.

« C’est un manque de respect », clame Simon Jolin-Barrette, ministre de la Justice et responsable de la Langue française.

Dans une déclaration transmise à Radio-Canada, l’élu caquiste ne mâche pas ses mots contre la décision d’Immigration Canada de modifier ses critères d’embauche.

Désormais, Ottawa va aller de l’avant avec le recrutement d’agents parlant exclusivement anglais pour son Centre de service à la clientèle, basé à Montréal, responsable de répondre aux questions des immigrants installés dans l’ensemble du pays.

Une mesure « inacceptable », juge Simon Jolin-Barrette.

Les critiques sont unanimes à Québec.

C’est choquant. C’est un signal vraiment honteux», affirme le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon.

Que ce soit Air Canada, Immigration Canada ou l’ensemble de la fonction publique canadienne, c’est un faux bilinguisme. C’est un bilinguisme de façade», dénonce-t-il.

Nous sommes en droit de nous attendre à ce que le gouvernement du Canada donne l’exemple quant à l’importance et à l’exigence du français à Montréal et au Québec», note la porte-parole libérale pour la protection de la langue française, Hélène David, sur Twitter.

La députée de Québec solidaire Ruba Ghazal a fait adopter unanimement, jeudi à l’Assemblée nationale, une motion visant à défendre la langue française au travail». La Charte de la langue française doit s’appliquer aux ministères fédéraux», assure l’élue montréalaise, qui doute de l’argumentation d’Immigration Canada.

Pour justifier sa décision, le ministère fédéral de l’Immigration dit avoir des difficultés pour recruter des agents qualifiés bilingues, tout en expliquant qu’une grande majorité d’appels se font en anglais.

Ça ne tient pas la route, c’est un recul incroyable», lance Mme Ghazal.

Nous ne pouvons pas croire qu’au Québec, où la majorité de la population est francophone, il soit impossible pour Immigration Canada de recruter des employés compétents maîtrisant le français», ajoute le ministre Jolin-Barrette.

Invité à réagir, le ministre fédéral et lieutenant du Québec pour le gouvernement de Justin Trudeau, Pablo Rodriguez, n’a pas caché son malaise.

Je m’attends à ce que tout francophone qui appelle [à Immigration Canada] soit servi en français. C’est clair», a-t-il déclaré sur les ondes de Midi info.

Ce dernier aura, a-t-il indiqué, une discussion» avec le nouveau ministre fédéral de l’Immigration, Sean Fraser.

Avec Radio-Canada par Romain Schué 

Un intellectuel iranien menacé d’expulsion du Canada

octobre 27, 2013

Il est de plus en plus fréquent qu’Ottawa expulse des ressortissants étrangers en raison de leur casier judiciaire. Cette fois-ci, Immigration Canada a ciblé un intellectuel iranien qui s’oppose au régime islamique de Téhéran, le soupçonnant d’activités terroristes.

Il s’agit de Djaber Kalibi, un homme de 77 ans que le Canada considère comme une menace à la sécurité nationale.

« Mon travail, c’est intellectuel. C’est pas quelque chose qu’on soupçonne que quelqu’un est dangereux pour la sécurité publique. »
— Djaber Kalibi
Né en Iran, M. Kalibi a fui son pays en 1981 pour des raisons politiques, après l’arrivée au pouvoir du régime islamique. Un régime qu’il dénonce haut et fort depuis plus de 30 ans.

« Oui, il en est fier et j’en suis fière également. Je pense que c’est extrêmement bien d’avoir dédié toute sa vie à vouloir mettre fin à ce régime de terreur en Iran », estime sa belle-fille, Nastaran Daniali.

Djaber Kalibi vit au Québec depuis 2005 avec sa femme et ses deux belles-filles. Huit ans sans histoire. Mais tout récemment, il a reçu un avis d’Immigration Canada sur lequel il est écrit qu’on veut l’expulser « pour des motifs de sécurité » et parce qu’on le soupçonne « de se livrer au terrorisme ».

Immigration Canada reproche à Djaber Kalibi d’avoir omis de déclarer à son arrivée qu’il avait fait trois ans de prison en France dans les années 80 pour avoir entreposé des explosifs destinés à la résistance iranienne. M. Kalibi explique qu’il ne se croyait pas obligé de le faire puisqu’il a obtenu un pardon pour ce crime.

« J’étais condamné par la France il y a une trentaine d’années. Après, on a été relaxé par la Cour de cassation et on a obtenu la nationalité française. On est revenu ici. [Ça fait] huit ans qu’on est ici. Quel acte de terrorisme on a fait? Rien du tout », dénonce Djaber Kalibi.

« On n’est pas seulement en train de lui dire qu’il va être expulsé, mais ça serait également une interdiction de territoire. Il ne pourrait plus jamais remettre les pieds au Canada. »
— Nastaran Daniali
« Pour nous, c’était vraiment une surprise énorme. C’était incroyable d’avoir cette situation », affirme Djaber Kalibi, qui a appris la nouvelle cet été.

Mouvement d’appui

Une vingtaine de professeurs de niveau collégial et universitaire ont signé une pétition qui dénonce l’expulsion de Djaber Kalibi. Parmi eux figure Hadi Qaderi, professeur de politique au Cégep de Maisonneuve, qui connaît bien la famille Kalibi.

« Ça veut dire que s’il est ici depuis neuf ans, et qu’on croyait qu’il était dangereux ou pour des activités terroristes, on ne l’aurait pas laissé ici. Et sa femme a une garderie avec des enfants. Je trouve que c’est vraiment en soi quelque chose qui est illogique », souligne Hadi Qaderi.

M. Qaderi ne comprend pas pourquoi le Canada veut mettre à la porte un homme qui dénonce l’Iran, un régime que le gouvernement canadien condamne durement, et ce, depuis longtemps.

« On ne peut pas expulser quelqu’un qui milite pour les droits de l’homme et pour les droits des femmes. C’est vraiment deux raisons pour lesquelles le Canada est allé à l’étranger pour faire la guerre. Et qu’on expulse quelqu’un qui a fait ça, c’est vraiment scandaleux. »
— Hadi Qaderi, professeur de politique au Cégep de Maisonneuve

Citoyenneté et Immigration Canada considère que Djaber Kalibi a commis une faute importante et qu’on doit l’expulser du pays. M. Kalibi pourra quant à lui défendre sa cause une dernière fois mardi prochain devant la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada (CISR).

Radio-Canada.ca d’après un reportage de Normand Grondin

Immigration: Expulsée du Canada l’an passé, elle revient l’air confiant

avril 13, 2012

Expulsée du Canada en septembre 2011, la Mexicaine Paola Ortiz rentre à Montréal où elle avait dû quitter ses deux enfants, ses amis et son travail.

La mère de famille avait été expulsée après avoir épuisé tous ses recours légaux, mais le gouvernement fédéral est revenu sur sa décision pour finalement consentir à lui accorder le statut de résidente permanente. Le Canada lui avait refusé ce statut au moment où elle se trouvait au Canada.

Mme Ortiz plaidait qu’elle fuyait le Mexique pour échapper à la violence de son ancien conjoint, un officier de la police mexicaine. Ce statut lui avait été refusé sous prétexte que le Mexique assurait une protection adéquate aux femmes victimes de violence conjugale.Plusieurs politiciens québécois et des groupes de pression avaient plaidé la cause de Mme Ortiz auprès d’Immigration Canada, mais sans obtenir plus de succès.

Une nouvelle vie au Québec

Mme Ortiz est arrivée au Québec en 2006 pour demander le statut de réfugié. Une fois à Montréal, elle s’est mariée et elle a eu deux enfants qui bénéficient de la citoyenneté canadienne. Elle avait également obtenu un certificat de sélection du Québec, dans le but de décrocher une résidence permanente au Canada.

Son enracinement au Québec n’a toutefois pas suffi à lui permettre d’obtenir la résidence permanente et elle a été expulsée. Mme Ortiz avait dû laisser ses enfants de 2 et 4 ans derrière elle en quittant le Canada le 23 septembre 2011.

Son retour met fin à des mois passés en quasi-clandestinité dans le pays qu’elle avait cherché à fuir, il y a six ans.

Paola Ortiz est attendue vendredi matin à l’Aéroport Montréal-Trudeau où elle participera à une conférence de presse organisée par Solidarité sans frontières.

Radio-Canada.ca avec  PC