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Canada: Des milliers de dossiers d’immigration confiés à des agents inactifs

décembre 12, 2022
Un stylo sur un formulaire d'immigration du gouvernement du Canada.

Certains agents ou utilisateurs qui se sont vu confier des dossiers dans les derniers mois ne se sont pas connectés au système depuis plusieurs années. Photo : Radio-Canada

Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) a assigné des dizaines de milliers de dossiers de demandes d’immigration à des agents et à des utilisateurs qui sont inactifs ou qui n’opèrent plus dans son système.

Certains d’entre eux ne se sont pas connectés au système depuis plus d’une décennie, selon les informations obtenues par CBC, le réseau anglais de Radio-Canada.

Les données du Système mondial de gestion des cas (SMGC) d’IRCC – un système interne utilisé à travers le monde pour traiter les demandes d’immigration et de citoyenneté – montrent que 59 456 dossiers de demandes d’immigration ouverts, en attente ou réouverts ont été confiés à 779 anciens employés ou utilisateurs dormants depuis février dernier.

Le ministère a indiqué à CBC qu’une fois que l’utilisateur devient inactif, cela signifie qu’il n’utilise plus son système et que ses accès ne sont alors plus disponibles.

Les données montrent aussi quand chaque employé ou utilisateur s’est connecté au système du ministère.

Des agents inactifs depuis 15 ans

On peut identifier publiquement les employés d’IRCC par des codes, qui consistent en une combinaison de lettres et de chiffres, par exemple AB12345.

Ainsi, la connexion la plus ancienne au système remonte au 6 octobre 2006, avec une demande attribuée à un code basé à Montréal. De plus, 19 demandes ont été attribuées à un code ou à un employé d’Edmonton qui s’est connecté au système pour la dernière fois le 9 mai 2007.

Je suis horrifiée que leur système puisse même faire ça, a dit Andrea Bote, qui a fait une demande pour obtenir sa résidence permanente au Canada et dont le dossier a été dirigé vers un utilisateur inactif.

« Comment une chose pareille peut-elle être ignorée pendant aussi longtemps? Ça fait beaucoup de dossiers qui se retrouvent entre les craques. »— Une citation de  Andrea Bote, candidate à la résidence permanente

L’avocat-conseil en immigration Jean-Sébastien Boudreault, lui, n’est plus surpris de ces histoires d’horreur.

Avant, on était capables de parler aux agents d’immigration, on était capables de parler aux gestionnaires, mais maintenant, il y a des murs un peu partout, on a de la difficulté à parler aux gens, a-t-il raconté, lundi matin, à l’émission D’abord l’info, sur ICI RDI.

C’est sûr qu’il faut mettre des procédures, convient Me Boudreault. Mais on a tellement mis de procédures, tellement mis de distance entre l’usager, l’immigrant, ses représentants et les fonctionnaires qu’on n’est plus capables de parler à personne.

Selon lui, les délais n’ont plus de sens. Pour cette raison, il conseille aux candidats à l’immigration de suivre leur dossier et d’agir rapidement lorsque les délais affichés sur le site web d’IRCC sont dépassés.

Des dossiers aux quatre coins de la planète

Plus tôt cette année, CBC a partagé les histoires de plusieurs personnes dont les dossiers se sont perdus dans les limbes après avoir été confiés à un même agent, connu sous l’identifiant DM10032. Pendant des années, leurs demandes sont restées intouchées.

Après la diffusion du reportage, des postulants assignés à cet agent – qui était devenu inactif, a confirmé le ministère – ont finalement vu leurs dossiers avancer dans les mois qui ont suivi.

CBC a rempli une demande d’accès à l’information en janvier auprès d’IRCC pour obtenir tous les codes d’employés ou utilisateurs inactifs auxquels avaient été confiés des dossiers.

En octobre, le ministère a finalement envoyé les données qui montrent la liste de centaines de codes, un mélange d’anciens employés et de noms d’utilisateurs qui n’étaient plus actifs en février 2022.

Ces codes sont basés partout dans le monde : dans les aéroports canadiens, aux douanes portuaires et dans les centres de traitement des demandes de visa, dans les ambassades et les consulats aux États-Unis, aux Philippines, en Inde, en Haïti, en Pologne, au Brésil et en Tunisie, pour n’en nommer que quelques-uns.

Ottawa, en tête de liste

C’est à Ottawa qu’on a recensé le plus grand nombre de codes inactifs. La capitale fédérale était suivie d’Edmonton, de Vancouver et de Sydney en Nouvelle-Écosse.

Le code SM10353 était le plus problématique, avec 9540 demandes d’immigration qui lui avaient été assignées. Cet ancien employé ou usager, basé à Sydney, s’était connecté pour la dernière fois le 23 mars 2021.

Le code d’usager est un identifiant unique. Une fois qu’il a été attribué, aucun autre utilisateur ne peut avoir le même, a expliqué un porte-parole d’IRCC. Si un usager n’a plus à utiliser le système, son code devient inactif.

Le ministère a indiqué qu’il était incapable d’effacer les comptes d’utilisateur qui ne sont plus en fonction puisque cela engendrerait une perte de traçabilité.

La raison pour laquelle IRCC a assigné des dossiers à des usagers inactifs ou ce qui se produit avec les demandes liées à ces codes n’est pas claire. Le ministère n’a pas fourni de réponse à ce sujet à CBC.

Le ministère a précisé que le traitement des demandes pouvait comprendre plus d’un agent et que les dossiers pouvaient être transférés d’un centre à l’autre dans un souci d’efficacité.

Avec Radio-Canada

Canada: Pas de hausse d’immigration au Québec, pour l’instant

décembre 8, 2022

En 2023, près de 50 000 résidents permanents devraient à nouveau être admis par le gouvernement Legault.

François Legault parle au Salon bleu.

Le gouvernement de François Legault pourrait revoir ses cibles d’immigration l’an prochain, après une consultation publique. Photo : La Presse Canadienne/Jacques Boissinot

La révision des seuils d’immigration au Québec, ce n’est pas pour tout de suite.

Comme il l’avait promis en campagne électorale, François Legault va dans un premier temps maintenir des cibles identiques d’immigrants permanents pour l’année prochaine.

Il y aura donc, en 2023, entre 49 500 et 52 500 résidents permanents qui seront admis au Québec.

Ces informations proviennent du premier plan d’immigration de la nouvelle ministre Christine Fréchette, qui vient d’être déposé à l’Assemblée nationale. Celui-ci est en fait un quasi-copier-coller du dernier plan réalisé par son prédécesseur Jean Boulet.

Une nouvelle fois, le gouvernement Legault compte mettre l’accent sur l’immigration économique, qui est essentiellement gérée par Québec. En vertu d’un accord avec Ottawa, Québec sélectionne les personnes de cette catégorie.

La part de l’immigration économique devrait représenter, l’an prochain, 65 % du nombre total d’immigrants admis, soit environ 33 000 personnes. Un chiffre similaire à 2022 et en nette hausse par rapport aux dernières années (51 % en 2020, 53 % en 2021).

Ces données montrent cependant un portrait partiel de l’immigration au Québec, puisqu’elles ne concernent que les résidents permanents.

Depuis l’arrivée au pouvoir de François Legault, un nombre record d’immigrants, toutes catégories confondues, se sont installés au Québec, principalement des travailleurs temporaires, avec des contrats généralement de deux ou trois ans.

Le nombre total d’immigrants temporaires au Québec reste flou. Au printemps, l’ex-ministre de l’Immigration, Jean Boulet, a évoqué le chiffre de 177 000 temporaires, y compris les étudiants étrangers.

68 000 résidents permanents en 2022

Selon les données présentées par Québec, les cibles prévues pour 2022 devraient globalement être atteintes.

Entre 68 000 et 69 000 résidents permanents seront admis dans la province d’ici la fin de l’année, a indiqué la ministre Christine Fréchette, devant les médias.

Ce total inclut les seuils prévus – environ 50 000 – ainsi qu’un rattrapage dû au retard du gouvernement fédéral au plus fort de la pandémie.

Pour combler un manque à gagner, selon les termes de la ministre Fréchette, Québec avait annoncé l’an passé l’admission de 18 000 autres résidents permanents. Une mission désormais réussie, a-t-elle soutenu.

« Ce retard dû à la pandémie est maintenant complété. On n’a plus à ajouter de gens au-delà de la cible officielle. »— Une citation de  Christine Fréchette, ministre de l’Immigration

Ce bilan présenté par Québec remet cependant en question des déclarations récentes du premier ministre Legault.

Ce dernier se vante régulièrement d’avoir considérablement augmenté la proportion d’immigrants connaissant la langue française. Selon ses propos, cette barre aurait dépassé les 80 %. Aucun autre gouvernement, a-t-il déjà clamé, n’a atteint un tel pourcentage.

Les chiffres présentés par son ministère de l’Immigration montrent des données différentes. En réalité, 61 % des immigrants admis au Québec, pour la cible totale de 2022, connaissent le français.

Ce pourcentage est cependant plus élevé dans le rééquilibrage prévu par Québec, qui ciblait les personnes déjà au Québec, avec un emploi. Dans cette catégorie, 86 % de ces immigrants connaissent le français.

Pour 2023, l’objectif du ministère de l’Immigration est d’admettre, au total, 66 % de personnes connaissant le français.

Un rééquilibrage sans les réfugiés

Initialement, le rééquilibrage prévu de 18 000 résidents permanents cette année ciblait l’ensemble des catégories d’immigration. Par exemple, 1500 réfugiés supplémentaires et 1000 personnes issues du regroupement familial devaient être admis au Québec, selon le plan 2022.

Finalement, le gouvernement Legault a revu ses projections. Aucun rééquilibrage n’a été fait dans ces deux catégories. L’essentiel de cet ajout a été consacré à l’immigration économique.

Révision à venir, hausse à prévoir

Ces cibles d’immigrants permanents devraient être revues dans les prochains mois. Comme l’a révélé Radio-Canada le mois passé, le gouvernement Legault songe à rehausser ces seuils en ciblant l’immigration francophone.

Des discussions sont en cours avec Ottawa pour créer, éventuellement, une autre voie de passage pour les étudiants étrangers, diplômés d’un établissement francophone, et pour les travailleurs temporaires francophones, déjà installés dans la province depuis plusieurs années.

On n’a pas statué [sur une révision à la hausse des cibles], a affirmé Christine Fréchette, tout en gardant une porte grande ouverte.

On veut faire en sorte de rehausser notre capacité d’accueil, dans les régions notamment. Elle n’est pas inamovible, a-t-elle précisé.

Québec devrait présenter ses orientations lors d’une consultation publique, ouverte au milieu des affaires et à la société civile, qui devrait avoir lieu au printemps ou durant l’été prochain.

S’il y a un ensemble d’éléments qui nous permet de considérer cette option [d’augmenter les seuils], ce sera considéré, a-t-elle ajouté.

Ces discussions mèneront à la présentation du prochain plan pluriannuel de l’immigration, pour la période 2024-2026.

Avec Radio-Canada par Romain Schué

Le Canada appelé à s’ouvrir davantage aux étudiants africains

novembre 20, 2022

Le Canada est montré du doigt depuis des mois pour son refus massif d’étudiants francophones en provenance du continent africain.

Un homme et une femme se serrent la main.

Justin Trudeau en compagnie de la secrétaire générale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo, à Djerba, en Tunisie. Photo: La Presse Canadienne/Sean Kilpatrick

Un délégué africain au Sommet de la Francophonie demande au Canada de s’ouvrir davantage à l’immigration en provenance de son continent. En Tunisie, cet enjeu délicat poursuit le gouvernement Trudeau alors qu’il tente de resserrer ses liens avec les pays d’Afrique.

Sur le site d’exposition nommé le Village de la Francophonie à Djerba, il y a toujours de l’activité devant les kiosques du Québec et du Canada. Beaucoup de gens s’informent des procédures d’immigration dans l’espoir d’obtenir leur laissez-passer vers le Canada.

J’ai un fils qui a eu son baccalauréat. Je voulais savoir s’il y a une possibilité pour qu’il puisse terminer ses études au Canada, explique une dame devant le comptoir. Je cherche comment faire et à qui m’adresser, ajoute-t-elle.

Toutefois, le processus n’est pas aussi facile qu’il n’y paraît. Le Canada est sévèrement critiqué pour son refus massif de permis d’études pour les ressortissants africains. Immigration Canada leur reproche, la plupart du temps, d’avoir l’intention de rester au Canada à la fin de leur formation.

Des gens font la file devant le kiosque du Canada.

Le kiosque du Canada est très fréquenté au Sommet de la Francophonie, à Djerba, en Tunisie. Photo: Radio-Canada/Louis Blouin

Avant le Sommet de la Francophonie, cette affaire a même attiré l’attention de la presse internationale. Le journal Le Monde titrait le 8 novembre dernier : Le rêve canadien, un mirage pour beaucoup d’étudiants d’Afrique francophone.

Les procédures peuvent paraître assez difficiles, assez complexes, souligne Maguèye Toure, directeur de la Francophonie du ministère des Affaires étrangères du Sénégal, au micro de Radio-Canada.

Il demande aux pays riches comme le Canada d’assouplir les procédures d’entrée surtout pour les étudiants, les artistes et les entrepreneurs.

« Il faut que la circulation des gens puisse se faire dans tous les sens entre les pays du Nord et les pays du Sud, et vice-versa. C’est important qu’on réfléchisse. »— Une citation de  Maguèye Toure, directeur de la Francophonie du ministère des Affaires étrangères du Sénégal

Le représentant sénégalais s’explique mal ces barrières pour entrer au Canada, dans le contexte de pénurie de main-d’œuvre. Je sais que le Canada a un besoin parce qu’il y a des emplois qui doivent être pourvus, souligne-t-il.

Dans un monde en circulation, M. Toure souligne que les jeunes ont particulièrement besoin de contacts en personne, et pas seulement virtuels, pour mener à bien leurs divers projets.

Ottawa promet des améliorations

Appelée à réagir lors d’une mêlée de presse au Sommet de la Francophonie, la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, a préféré renvoyer la balle à la secrétaire parlementaire du ministre de l’Immigration, aussi présente.

Dans une réponse vague, Marie-France Lalonde admet qu’il y a encore des défisOn travaille très, très fort pour améliorer les processus et les échanges entre ces demandeurs et nos agents, souligne-t-elle.

Interrogé à son tour, le premier ministre Justin Trudeau a dit être déçu des taux de refus des étudiants en provenance de l’Afrique et que la situation allait être corrigée.

« J’ai demandé directement au ministre [de l’Immigration Sean] Fraser de se pencher sur cet enjeu-là, on a besoin de plus en plus d’étudiants et d’immigrants francophones. »— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Mélanie Joly parle dans un micro. Une femme se tient à ses côtés.

Mélanie Joly au Sommet de la Francophonie, en Tunisie. Elle est accompagnée de la secrétaire parlementaire du ministre de l’Immigration, Marie-France Lalonde. Photo: Radio-Canada/Louis Blouin

Récemment, le ministre de l’Immigration, Sean Fraser, a promis de revoir le processus de sélection des étudiants étrangers pour que ces derniers soient évalués en fonction de critères davantage liés à leur potentiel et à leur valeur.

Dans un document publié en ligne en septembre, Immigration Canada a reconnu qu’il y avait du racisme dans sa propre organisation et a promis de mener une étude interne sur la question.

Une seule rencontre bilatérale avec un dirigeant africain

Pendant son passage de deux jours, Justin Trudeau n’avait aucune rencontre bilatérale officielle prévue dans son programme initial avec des dirigeants de pays africain, même s’ils sont nombreux au Sommet de la Francophonie.

Finalement, une rencontre s’est ajoutée à l’horaire dimanche avec le président du Niger.

Ce sont des retrouvailles entre le Niger et le Canada qui était l’un de nos plus grands partenaires de coopération dans les années 1970, a rappelé le président nigérien, Mohamed Bazoum. Il y a eu une petite distanciation, mais nous allons travailler pour faire en sorte que nos liens se resserrent.

Le premier ministre a aussi pris le temps de s’asseoir pour des tête-à-tête officiels avec les premiers ministres du Québec et de l’Arménie, et avec le président suisse.

Deux hommes discutent devant des drapeaux canadiens.

Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, s’entretient avec le président suisse, Ignazio Cassis. Photo: La Presse Canadienne/Sean Kilpatrick

Interrogée à ce sujet, Mélanie Joly rejette l’idée que son gouvernement a accordé peu de temps aux pays africains. En dehors des réunions bilatérales officielles, la ministre assure qu’elle et le premier ministre ont eu de nombreuses conversations avec des pays comme le Bénin, le Gabon et le Sénégal, par exemple. Je fais mon travail, c’est-à-dire établir des liens avec ces pays, a-t-elle souligné.

Présentement, on sait que la Chine et la Russie essaient d’exercer leur influence ici. C’est important pour le Canada d’être présent en Tunisie et aussi à travers le continent africain, a-t-elle expliqué.

Avec Radio-Canada par Louis Blouin

Des Russes fuyant la mobilisation militaire bloqués par les délais d’immigration canadiens

octobre 1, 2022
Un égoportrait de Pavel Slinkov-Albul et de sa femme.

Pavel Slinkov-Albul et sa femme attendent le traitement de leur demande de visa d’études par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada depuis plus de six mois. Photo : Fournie par Pavel Slinkov-Albul

Les longs délais dans le traitement des demandes d’immigration au Canada font craindre le pire à certains Russes qui cherchent à fuir la mobilisation militaire dans leur pays. Pendant que les convocations se multiplient partout en Russie, des hommes dont le dossier est en traitement depuis parfois plus d’un an craignent d’être forcés d’aller combattre en Ukraine.

Pavel Slinkov-Albul se souvient très bien du jour où Vladimir Poutine a annoncé la mobilisation de centaines de milliers de réservistes russes. Le père de famille de 35 ans venait de partir en voyage d’affaires. Dès que son avion a atterri, les messages textes ont commencé à retentir sur l’écran de son téléphone.

Même s’il y avait déjà des rumeurs concernant la mobilisation, nous étions tous sous le choc, se rappelle-t-il.

Le 21 septembre, le président russe, Vladimir Poutine, a annoncé une mobilisation partielle visant 300 000 jeunes réservistes pour combattre en Ukraine. Selon le média indépendant russophone Meduza, les autorités russes envisagent plutôt de conscrire 1,2 million de personnes.

Depuis, des centaines de milliers de personnes ont fui vers des pays voisins, comme la Géorgie, l’Arménie ou encore le Kazakhstan. Contrairement à elles, Pavel Slinkov-Albul, lui, n’a pas les moyens de quitter son pays et son emploi.

Un groupe de jeunes hommes marchent sur une route en Géorgie.

Un jeune homme fuit la Russie pour la Géorgie. Photo : Radio-Canada/Dimitri Bitsuleiman

Depuis l’annonce de la mobilisation, il vit donc dans la crainte de recevoir une convocation de l’armée. Il n’est pas un réserviste et n’a pas d’expérience militaire, mais il soutient que personne n’est à l’abri. Les autorités russes ont d’ailleurs admis, cette semaine, que de nombreux hommes censés être exemptés ont été convoqués.

J’ai peur pour mon avenir. J’ai peur d’aller en prison et que l’État détruise ma vie, raconte l’homme, qui affirme être prêt à aller en prison pour éviter d’être envoyé en Ukraine.

Son seul espoir est l’obtention de son visa d’études canadien, qu’il attend depuis le début du mois de février. Il a communiqué avec le gouvernement canadien, mais ignore toujours quand le traitement de son dossier sera réglé.

« J’ai très peu d’espoir. »— Une citation de  Pavel Slinkov-Albul

Pas un cas isolé

L’avocat spécialisé en immigration Lev Abramovich, de Toronto, dit avoir été contacté par de nombreux Russes dans la situation de Pavel Slinkov-Albul depuis le début du conflit.

Certains de ses clients attendent depuis plus d’un an. C’est le cas de Mariia, une ingénieure qui vit à Moscou. Elle a soumis une demande de visa d’études pour faire son doctorat à l’Université McMaster, à Hamilton, en Ontario, en septembre 2021. Son conjoint, lui, espère obtenir un permis de travail pour l’accompagner.

C’est injuste parce que nous souffrons aussi en raison de cette situation. Nous ne voulons pas être des réfugiés. Nous voulons contribuer [à la société canadienne], mais nous ne pouvons pas le faire parce que notre dossier est en attente, déplore-t-elle.

La jeune femme assure que son conjoint et elle feront tout pour éviter l’armée.

J’étais très jeune à l’époque, mais j’ai vu les soldats revenir d’Afghanistan. Ces gens souffrent toute leur vie, dit Mariia, qui craint que son conjoint subisse le même sort.

Dans une déclaration par courriel, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) explique que bon nombre des perturbations engendrées par la pandémie de COVID‑19 ont été résolues, mais que l’agence est toujours aux prises avec de multiples défis.

Cela s’est traduit par une importante accumulation de demandes à traiter au cours des 18 premiers mois de la pandémie et par une augmentation des délais de traitement, affirme l’agent en communications d’IRCC Jeffrey MacDonald.

Il ajoute qu’IRCC doit répondre à un nombre record de demandes de visa de résidence temporaire. Par exemple, l’agence dit avoir traité près de 560 000 demandes initiales de permis d’études en 2021, ce qui représente une hausse de 31 % par rapport au record établi en 2019.

Selon Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, le traitement complet de la plupart des demandes de visa d’études pour les citoyens russes est de 13 semaines, contre 15 pour un visa de travail.

Un système archaïque

Lev Abramovich affirme quant à lui que les retards d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada datent d’avant la pandémie.

Il qualifie le fonctionnement de l’agence fédérale d’archaïque et soutient qu’elle doit être réformée et faire preuve de plus de transparence.

IRCC s’appuie sur des consulats pour faire le travail dont le niveau de compétence et la capacité opérationnelle varient, explique l’avocat, en ajoutant que les délais de traitement des dossiers varient d’un consulat à un autre.

Il souligne que les demandes de visa des citoyens russes sont pour leur part gérées au bureau de Varsovie, qui priorise actuellement les dossiers des réfugiés ukrainiens.

C’est tout à fait normal, mais les dossiers des citoyens russes devraient être transférés ailleurs.

Des gens pleurent ou s'essuient les yeux dans la ville de Volzhsky, dans la région de Volgograd, en Russie.

Des parents et des connaissances de réservistes russes pleurent le départ de leurs proches dans la ville de Volzhsky, dans la région de Volgograd, en Russie, à la suite de la mobilisation partielle ordonnée par Vladimir Poutine. Photo : Reuters/Stringer

« La situation est extrêmement urgente. »— Une citation de  Lev Abramovich, avocat spécialisé en immigration

Il ajoute que ceux qui ont trouvé refuge dans des pays voisins, comme la Turquie, l’Arménie ou encore la Géorgie, ont souvent des statuts temporaires qui les rendent vulnérables.

De la chair à canon

Réfugié en Géorgie avec sa femme et son fils depuis février, Anton Chernyshev a récemment appris que les autorités russes se sont déjà présentées à son ancienne adresse pour le conscrire.

Mais pour lui, qui a fait son service militaire obligatoire, retourner dans l’armée russe est impensable.

Il s’inquiète du sort des nouvelles recrues sur le champ de bataille et craint les sévices qu’elles pourraient subir aux mains de leurs frères d’armes.

Un égoportrait d'Anton Chernyshev devant la mer.

Anton Chernyshev a trouvé refuge en Géorgie avec sa famille. Il craint d’être contraint à aller se battre en Ukraine s’il retourne dans son pays. Photo : Radio-Canada/Fournie par Anton Chernyshev

« Ils vont être considérés comme de la viande fraîche, littéralement. »— Une citation de  Anton Chernyshev

Le père de famille fait référence à la dedovshchina, une forme de bizutage institutionnalisé extrêmement brutal, qui s’accompagne généralement de sévices physiques et psychologiques et dont sont souvent victimes les nouvelles recrues.

Lorsque les soldats qui se battent déjà là-bas vont les voir arriver, ils vont leur faire subir toute leur colère et les choses terribles dont ils ont été témoins, déplore le trentenaire.

L’armée ne s’est pas modernisée. Elle demeure très semblable à ce qu’elle était au temps de l’Union soviétique. [Les nouvelles recrues] vont être utilisées comme de la chair à canon. Je doute qu’elles reçoivent une quelconque formation militaire, surtout celles qui n’ont pas d’expérience, ajoute le journaliste russe Yevgeny Kiselyov.

Anton Chernyshev espère que sa demande de visa en tant que travailleur spécialisé sera acceptée par le Canada, mais il attend déjà depuis plus d’un an et demi.

J’ai réalisé que, dans mon pays, je ne suis pas vu comme une personne, mais comme une chose qu’on peut envoyer à la guerre pour assouvir les ambitions de quelqu’un, dit-il.

Radio-Canada par Andréane Williams

Canada: 30 000 $ pour un visa de travailleur étranger temporaire

septembre 15, 2022

Heures travaillées et non payées, frais illégaux et menaces : une employée immigrante sonne l’alarme.

La devanture d'IRCC à Montréal.

Des immigrants se font demander des sommes importantes allant de quelques milliers de dollars à 75 000 $ US (environ 100 000 $ CAN), pour obtenir les documents nécessaires pour un visa de travail fermé au Canada. Photo : Radio-Canada/Ivanoh Demers

Une jeune femme, à qui on a demandé de débourser des milliers de dollars pour pouvoir obtenir un visa à travers le programme des travailleurs étrangers temporaires, sonne l’alarme, car ce système fait en sorte que des immigrants sont à la merci d’employeurs sans scrupule.

En théorie, obtenir un emploi aurait dû être facile pour Pawan, une jeune femme originaire de l’Inde, et dont nous avons accepté de n’utiliser que le prénom.

Arrivée au Canada en décembre 2016, l’immigrante, âgée aujourd’hui de 25 ans, maîtrise l’anglais, a suivi des cours postsecondaires en Colombie-Britannique et cherche du travail, alors que le taux de chômage n’a jamais été aussi bas au pays.

En réalité, pour une question de permis de travail, elle s’est retrouvée à la merci d’un intermédiaire lui réclamant 30 000 $ pour ses services afin d’obtenir un visa de travailleur étranger temporaire et un emploi au salaire minimum ne respectant pas les normes du travail.

Selon des experts consultés, de nombreux immigrants se font flouer chaque année par des employeurs leur réclamant illégalement des sommes importantes pour leur visa de travailleur étranger temporaire.

Pawan a décidé de raconter son histoire afin d’aider d’autres immigrants dans sa situation.

Une jeune femme regarde la caméra.

Pawan, une jeune femme originaire de l’Inde, partage son histoire pour dénoncer les abus associés au programme des travailleurs étrangers temporaires. Photo : Radio-Canada/Ken Leedham

Établie au Canada depuis six ans, Pawan s’est retrouvée dans une situation particulière l’année dernière, quelques mois avant l’expiration du permis de travail ouvert qu’elle avait obtenu avec son ex-conjoint.

Je devais obtenir mon propre statut et lorsque j’ai raconté mon histoire à une connaissance qui est maintenant consultante en immigration, il m’a dit qu’un de ses amis allait m’aider à obtenir un visa de travail.

L’ami en question était entrepreneur sur l’île de Vancouver. Il lui offrait un emploi et l’occasion d’obtenir un visa fermé grâce au programme des travailleurs étrangers temporaires.

L’employeur affirmait avoir en sa possession une étude d’impact sur le marché du travail (EIMT), un document lui permettant d’embaucher des travailleurs étrangers.

Il m’a demandé de payer 5000 $ pour ouvrir le dossier, explique la jeune femme. Une somme non remboursable qui devait servir au processus d’obtention du permis de travail.

Pawan était censée débourser de l’argent à chaque étape. Le montant total était de 30 000 $, dit-elle.

« En m’informant auprès d’amis et de collègues, on m’a dit que c’était le prix. Il faut payer 30 000 $ ou 25 000 $ pour obtenir l’EIMT. Maintenant, c’est environ 40 000 $. »— Une citation de  Pawan

Elle accepte donc de débourser les 5000 $ demandés.

Elle ne le sait pas encore, mais l’offre est illégale : un employeur ne peut pas – directement ou via un intermédiaire – réclamer des frais à un employé pour payer les coûts de l’EIMT, estimés à environ 1000 $ selon Emploi et Développement social Canada (EDSC).

Un problème systémique

Plus de 100 000 travailleurs étrangers temporaires déménagent au Canada chaque année. Le programme permet à des employeurs d’embaucher des travailleurs migrants si aucun citoyen canadien ou résident permanent n’est disponible pour effectuer le travail.

Celui-ci a gagné en popularité pendant la pandémie, alors qu’au premier trimestre 2022, Statistique Canada rapportait 890 385 postes vacants et que des employeurs font état de pénuries d’employés partout au pays.

Pour pouvoir en bénéficier, les employeurs doivent simplement réaliser une étude d’impact sur le marché du travail (EIMT). Par courriel, EDSC confirme que les frais pour les employeurs totalisent généralement 1000 $ par poste et que ces coûts, en vertu des règlements du programme, ne peuvent pas être rétrofacturés aux travailleurs étrangers temporaires.

Sur le terrain, plusieurs employeurs font toutefois appel à des intermédiaires qui demandent des sommes considérables aux chercheurs d’emploi pour leurs services, rapportent des organismes d’aide aux immigrants.

Le fait que ces travailleurs migrants viennent ici de façon temporaire avec un statut précaire associé à un employeur spécifique ouvre la porte à ces abus, explique Jonathon Braun, du Migrant Workers Centre, à Vancouver.

L’avocat reçoit régulièrement des appels d’immigrants dans des situations similaires. Les montants peuvent varier, mais je vois de plus en plus des gens à qui on charge des frais allant de 30 à 50 000 $ US, dit-il. Le montant le plus élevé que j’ai vu était de 75 000 $ US [soit environ 100 000 $ CAN].

Souvent, il s’agit d’immigrants qui découvrent, une fois arrivés au Canada, que l’emploi rattaché à leur visa n’existe pas.

Ils ont contracté une dette importante, et ils se retrouvent dans une situation où ils ne peuvent pas faire d’argent », explique-t-il. « Ils sont alors forcés de faire du travail non autorisé, ce qui pourrait compromettre leur statut d’immigrant.

Des recours parfois longs

La situation est connue à Ottawa : un rapport déposé au Parlement en 2020(Nouvelle fenêtre) fait état d’abus et de réseaux d’extorsion, de fraude et de vol de salaire par des recruteurs et des consultants en immigration qui exigent des droits illégaux en échange de la promesse trompeuse d’un travail et même de la résidence permanente au Canada.

« Ces gens s’endettent, vendent leur propriété pour bénéficier de ces opportunités, car ils pensent que c’est la façon dont les choses fonctionnent. Le gouvernement est au courant, il continue de profiter de cette main-d’œuvre temporaire et ne fait rien pour régler le problème. »— Une citation de  Jonathon Braun, avocat, Migrant Workers Centre

Les victimes de ce type de fraude peuvent déposer une plainte(Nouvelle fenêtre) auprès d’EDSC ou poursuivre l’employeur.

Mais récupérer ces montants peut prendre beaucoup de temps et il n’y a aucune garantie, explique l’avocat.

Deux de ses clients ayant payé 10 000 $ US en 2017 pour des emplois au Canada ont récemment eu gain de cause. Ils n’ont toujours pas reçu leur argent, déplore-t-il.

Que fait Ottawa?

Emploi et Développement social Canada (EDSC) dit effectuer 2800 inspections par année auprès de plus de 22 000 employeurs qui reçoivent une étude d’impact sur le marché du travail (EIMT).

En cas de non-conformité, des pénalités allant de 500 $ à 1000 $ par infraction peuvent être émises jusqu’à concurrence d’un million de dollars, ou la révocation d’EIMT délivrées. Les employeurs récalcitrants sont placés sur une liste noire accessible en ligne(Nouvelle fenêtre) (site externe).

Quand Pawan a accepté l’offre d’emploi associée à son visa, en décembre dernier, elle a déménagé sur l’île de Vancouver avec l’assurance que son EIMT arriverait avant l’expiration de son visa.

Sur l’offre d’emploi datée de décembre dernier et consultée par Radio-Canada, on peut y lire qu’il s’agit d’un emploi à temps plein, à 20 $ de l’heure, 7 h par jour, avec un temps supplémentaire payé temps et demi. Dans les faits, elle y travaillera au salaire minimum de 15,20 $, 9 h par jour, 6 jours par semaine, sans pause et sans qu’on lui paie les heures supplémentaires.

Si Pawan a accepté des conditions de travail allant à l’encontre des normes du travail, c’était pour pouvoir rester légalement au Canada.

Ils devaient m’aider pour obtenir l’EIMT [nécessaire pour mon visa], alors je n’ai rien dit, explique-t-elle.

Un échange de messages sur un téléphone cellulaire.

Un échange en février dernier au cours duquel Pawan s’informe sur son statut auprès de son employeur. Photo : Radio-Canada/Ken Leedham

Mais au fil des échanges consultés par Radio-Canada, il est devenu clair qu’aucune demande n’avait été faite auprès du gouvernement fédéral. À plusieurs reprises, Pawan presse son employeur, sans succès.

Le 16 juin dernier, après plusieurs mois de retards, la jeune femme reçoit finalement un message texte de son employeur : Ton EIMT est approuvée. Elle doit alors transférer 10 000 $ à une tierce partie pour que le document soit inclus à son dossier auprès d’IRCC.

Un téléphone cellulaire.

Après plusieurs mois d’attente, Pawan apprend au cours de cet échange que son employeur a finalement le document dont elle a besoin pour son visa. Elle devra effectuer deux paiements de 5000 $ pour l’obtenir. Après avoir appris que la procédure est illégale, elle ne fera pas le paiement et quittera son emploi. Photo : Radio-Canada/Ken Leedham

Durant la même période, elle tombe malade et ne peut travailler pendant plusieurs jours.

J’ai reçu un message texte de ma gérante et elle m’a dit que si je ne venais pas travailler, ils allaient me dénoncer à l’immigration, annuler mon visa de travail et me faire expulser, raconte-t-elle.

C’est à ce moment qu’elle commence à contacter des organismes d’aide aux immigrants. Ils m’ont dit que je ne devais pas payer autant, que l’employeur devait payer pour tout, raconte-t-elle. J’étais sous le choc.

Pawan a finalement quitté son emploi le mois dernier. La jeune femme a porté plainte auprès d’EDSC et a déménagé chez un proche à Surrey jusqu’à ce qu’elle puisse clarifier son statut au Canada.

L’expérience lui a laissé un goût amer.

« Quand nous arrivons au Canada, nous devons payer pour nos frais médicaux, pour vivre ici et en plus de ça, nous devons faire face à des employeurs qui demandent 30 000 $, 40 000 $ pour un visa. »— Une citation de  Pawan

Nous arrivons ici fraîchement diplômés, ça fait de nous des cibles faciles parce que nous ne connaissons pas les règles », dénonce-t-elle. « Les lois favorisent les employeurs. Le Canada doit sensibiliser les immigrants à ces situations, à propos des lois et règles en place pour les immigrants.

Son message aux autres immigrants est simple : n’écoutez pas tout ce que votre employeur vous dit. Faites vos recherches, il y a plusieurs organisations qui sont là pour vous aider.

Radio-Canada avec Francis Plourde

Canada-Passeports, immigration et aéroports : les temps d’attente diminuent, promet Ottawa

août 29, 2022
La devanture d'un bureau de Service Canada.

Un bureau de Service Canada à Ottawa Photo : Radio-Canada/Christian Millette

Les temps d’attente pour une foule de services gouvernementaux, y compris en matière de passeports, de documents d’immigration et de transport aérien, sont en baisse, ont assuré lundi de nombreux ministres fédéraux.

Or, « personne ne devrait nous féliciter de faire notre travail » et il reste beaucoup à faire, si bien qu’il « ne faut pas s’imaginer que nous sommes sortis du bois », a du même souffle ajouté le coprésident du Groupe de travail sur les services aux Canadiens, le ministre Marc Miller, lors d’une conférence de presse à Ottawa.

À ses côtés et virtuellement, une série de ministres n’étaient pas peu fiers en évoquant la situation actuelle.

Le temps d’attente au centre d’appel dédié au programme de passeports a chuté, passant de 108 minutes en avril à 24 minutes dans les derniers jours, a mentionné la ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, Karina Gould. Elle attribue cette baisse à l’ajout d’employés et à des changements technologiques au système téléphonique.

Le nombre d’employés dédiés au programme des passeports a été augmenté de 62 % depuis un an, un système de triage a été mis en place et la méthode de renouvellement simplifiée a été élargie aux adultes qui ont eu un passeport délivré dans les 15 dernières années, a-t-elle notamment évoqué.

Des gens qui font la file.

En juin, dans plusieurs villes canadiennes, les citoyens pouvaient attendre des heures, voire des jours, devant les bureaux de Service Canada pour obtenir un passeport. Photo : Radio-Canada/Stéphane Leclerc

Le ministre des Transports, Omar Alghabra, est ensuite venu dire que pas moins de 1800 agents de contrôle ont été embauchés depuis le mois d’avril et qu’ils peuvent désormais travailler durant leur période de formation.

« En ce moment, 85 % des passagers passent la sécurité en moins de 15 minutes, a-t-il déclaré. Les choses évoluent dans la bonne direction, mais nous savons qu’il reste des enjeux. Cela comprend des passagers qui dorment sur les planchers des aéroports. C’est inacceptable. »

Des voyageurs attendant en file à l'aéroport Pearson de Toronto

L’aéroport Pearson de Toronto a connu des problèmes de retards et d’annulations de vols durant une importante partie de l’été. Photo : La Presse Canadienne/Nathan Denette

« En matière d’immigration aussi, le gouvernement a ajouté du personnel : 1250 nouveaux employés pour augmenter la capacité de traitement et réduire les arriérés de demandes à court terme.

Le nombre de permis de travail délivrés a plus que triplé entre janvier et juillet par rapport à la même période un an plus tôt. Et le nombre de nouveaux citoyens canadiens accueillis est passé de 35 000 à 116 000.

Le gouvernement Trudeau a créé ce groupe de travail spécial à la fin juin pour l’aider à s’attaquer aux retards importants dans le traitement des demandes d’immigration et des demandes de passeport qui ont laissé les Canadiens frustrés.

Avec Radio-Canada

États-Unis-Immigration : Biden veut une « responsabilité partagée » avec les pays d’Amérique latine

juin 11, 2022
Salle de conférence.

Le Sommet des Amériques, lancé en 1994 à Miami et qui ne s’était plus tenu aux États-Unis depuis, est censé célébrer une nouvelle ère dans les relations sur le continent, notamment après les accrocs ayant marqué la présidence de Donald Trump. Photo : Getty Images/Mario Tama

Vingt pays ont lancé vendredi un partenariat sur l’immigration en Amérique latine, sous la houlette des États-Unis et en conclusion d’un « Sommet des Amériques » marqué par plus de frictions que d’annonces concrètes ou spectaculaires.

Aucun pays ne doit être laissé seul face aux mouvements de population croissants qui voient des milliers de personnes tenter de passer la frontière entre le Mexique et les États-Unis, fuyant la misère et l’insécurité, a dit le président américain Joe Biden vendredi.

Se tenant avec les autres signataires de la Déclaration de Los Angeles, alignés devant une rangée de drapeaux, il a affirmé que l’immigration sûre et légale bénéficiait au développement économique, mais jugé également qu’il fallait protéger les frontières contre les entrées illégales, avec humanité.

Joe Biden veut poser le principe d’une responsabilité partagée entre États sur un sujet qui lui vaut des attaques constantes de la droite américaine.

La Déclaration de Los Angeles recouvre divers engagements ou rappels d’engagements passés, en termes d’accueil de migrants et de régulation des flux, mais n’a pas de dimension contraignante.

Le texte, diffusé par la Maison-Blanche, a été signé par l’Argentine, La Barbade, le Bélize, le Brésil, le Canada, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, l’Équateur, le Salvador, le Guatemala, Haïti, le Honduras, la Jamaïque, le Mexique, les États-Unis, le Panama, le Paraguay, le Pérou et l’Uruguay.

Joe Biden a espéré vendredi que d’autres pays verront le potentiel de ce partenariat qu’il a qualifié d’historique.

Dans ce cadre, les États-Unis vont accueillir 20 000 réfugiés venus d’Amérique latine en 2023 et 2024, soit, selon l’exécutif américain, le triple du nombre de réfugiés accueillis cette année.

La Maison-Blanche a aussi annoncé vendredi une enveloppe de 314 millions de dollars d’aide humanitaire à destination surtout des migrants vénézuéliens.

Plus de six millions de Vénézuéliens ont fui leur pays, en proie à une très grave crise économique et sociale.

Des absents de taille

Ni le Venezuela, ni Cuba ni le Nicaragua n’ont été conviés par Washington, ce qui a suscité de vives critiques de certains dirigeants et le boycott pur et simple du président du Mexique, Andrés Manuel Lopez Obrador.

Le Sommet des Amériques, lancé en 1994 à Miami et qui ne s’était plus tenu aux États-Unis depuis, est censé célébrer une nouvelle ère dans les relations sur le continent, notamment après les accrochages ayant marqué la présidence de Donald Trump.

Mais il se conclut, pour les Américains, sur un bilan mitigé.

Joe Biden a ainsi connu un vrai moment d’embarras diplomatique jeudi quand le premier ministre du Belize puis le président argentin l’ont critiqué au sujet de l’absence de Cuba et du Venezuela, en pleine séance plénière, et alors qu’il était assis à quelques mètres.

Le chef de l’État américain a fait bonne figure, applaudissant toutes les interventions, même les plus critiques, et serrant la main des dirigeants concernés à leur descente de l’estrade. Il a assuré que sur le fond, l’unité était de mise avec les pays du continent.

Et vendredi, il a pu se réjouir des satisfecit du Mexique et du Brésil, qui ont semblé vouloir terminer sur une note positive.

L’ombre de la Chine

Le chef de la diplomatie mexicaine Marcelo Ebrard a ainsi salué des résultats très positifs.

Quant au président brésilien d’extrême droite Jair Bolsonaro, avec qui les sujets de frictions ne manquent pas, il a qualifié de fantastique son face-à-face de la veille avec Joe Biden et a tenu des propos conciliants sur l’environnement, assurant que le Brésil pouvait développer son agriculture tout en préservant l’Amazonie.

Les États-Unis s’inquiètent de l’influence croissante de la Chine sur une région qu’ils ont toujours considérée comme leur pré carré, et de la dépendance commerciale très forte de tous les pays, eux compris, envers Pékin.

Mais l’administration Biden a fait clairement comprendre qu’elle ne suivrait pas l’exemple chinois, synonyme de gros investissements et de grands projets d’infrastructures en Amérique latine.

Une anecdote est venue rappeler l’omniprésence de la Chine, dont le nom n’a été que très peu évoqué à Los Angeles, publiquement du moins.

La Chambre de commerce américaine a ainsi distribué en marge du sommet un sac bleu rempli de cadeaux censés promouvoir l’industrie américaine

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

Canada: Des collèges privés non subventionnés du Québec vivent « leur dernier souffle »

juin 8, 2022

Des établissements dénoncent vivement la décision de Québec et d’Ottawa de couper l’accès à l’immigration aux étudiants étrangers provenant de leur collège.

Enseigne du Collège Canada.

Le Collège Canada est l’un des plus importants établissements privés non subventionnés du Québec. Aux yeux de son fondateur, la décision de Québec et d’Ottawa aura d’importantes conséquences pour l’avenir des collèges privés. Photo : Radio-Canada/Ivanoh Demers

Dans une déclaration envoyée à Radio-Canada, le directeur et fondateur du Collège Canada, Cyrus Shani, ne cache pas son désespoir après l’annonce commune des gouvernements Legault et Trudeau.

Dès le 1er septembre 2023, les étudiants étrangers qui obtiendront un diplôme d’un collège privé non subventionné n’auront plus accès au permis de travail post-diplôme. Ce dernier permet de vivre et de travailler au Canada durant plusieurs années et est une porte d’accès à l’immigration permanente.

Cette mesure a été prise pour protéger l’intégrité des systèmes scolaire et d’immigration, a expliqué le ministre québécois de l’Immigration, Jean Boulet. Différents reportages avaient révélé des problématiques liées à la qualité de l’enseignement et dans le recrutement de milliers d’étudiants, principalement d’Inde.

À la suite d’une enquête gouvernementale, Québec, qui avait une dizaine d’établissements dans son viseur, avait lancé un plan d’action au printemps 2021 afin de faire le ménage dans ce réseau.Danielle McCann et Jean Boulet en conférence de presse.

Avant que le ministre Jean Boulet (à droite) ne prenne la décision de restreindre l’accès à l’immigration à certains étudiants étrangers, la ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann, avait lancé l’an passé un plan d’action visant à combler des « lacunes » dans le réseau des collèges privés non subventionnés. Photo : La Presse Canadienne/Jacques Boissinot

Des milliers d’étudiants indiens recrutés

Désormais, les étudiants internationaux ne sont plus intéressés à venir au Québec, affirme Cyrus Shani, le patron de Collège Canada.

« La nouvelle loi réduira à zéro le nombre d’étudiants internationaux. Les collèges privés [vivent] leur dernier souffle. »— Une citation de  Cyrus Shani, directeur de Collège Canada

Ce dernier est l’un des plus importants établissements privés non subventionnés du Québec. Des milliers d’étudiants indiens ont fréquenté les rangs de Collège Canada et de plusieurs autres collèges au cours des dernières années.

Leur nombre a d’ailleurs explosé au Québec en peu de temps. Pour l’année 2020-2021, la grande majorité des étudiants étrangers, dans le réseau collégial, provenait de l’Inde. Plus de 12 000 Indiens étaient inscrits dans un établissement québécois, contre environ 3000 Français et 700 Chinois, selon des données du ministère de l’Enseignement supérieur.

Comme le montrait un reportage d’Enquête(Nouvelle fenêtre), de nombreux établissements et firmes de recrutement ont utilisé l’argument de l’immigration et de ce permis de travail post-diplôme pour attirer des élèves. Québec était jusqu’à maintenant la seule province qui permettait l’accès à ce document au terme d’une formation professionnelle courte, qui coûtait près de 25 000 $.

Une quarantaine de collèges touchés

Le nombre de collèges privés non subventionnés a quasi doublé au Québec en seulement quelques années. Il y en avait 28 en 2015, puis 49 en 2020.

Selon le ministère de l’Enseignement supérieur, le resserrement des règles d’immigration annoncé par Québec et Ottawa va toucher spécifiquement 38 établissements qui accueillent, actuellement, des étudiants étrangers.Affiche du Collège Matrix à Montréal.

Le Collège Matrix, membre du groupe Hermès, a accueilli ses premiers élèves à l’automne 2017. Il fait partie de ces nouveaux établissements qui ont récemment vu le jour dans la région de Montréal. Photo : Radio-Canada/Dave St-Amant

Une catastrophe et un manque de transparence

À long terme, souligne Ginette Gervais, présidente du réseau des collèges Hermès, c’est une catastrophe.

Présidente également de l’Association des collèges privés non subventionnés (ACPNS), elle déplore, par voie de communiqué, l’absence de consultation et de préavis.

« Cette mesure est un pas en arrière dans ce qui devrait être un effort partagé pour former et retenir la main-d’œuvre hautement qualifiée dont le Québec et le Canada ont désespérément besoin. »— Une citation de  Ginette Gervais, présidente de l’ACPNS

Les enquêtes menées par le ministère auraient dû permettre d’identifier précisément ces collèges et leur adresser directement les problèmes […]. Au lieu de cela, le gouvernement a mis en place une politique unilatérale basée sur les conclusions d’un rapport que personne n’a eu l’occasion de lire, indique Ginette Gervais.

Ce manque de transparence ainsi que les incohérences entre les gouvernements provincial et fédéral autour des détails de la nouvelle politique ont laissé des milliers d’étudiants internationaux au Québec perplexes et sans réponse quant à leur avenir dans la province, estime-t-elle.

Nous n’avons rien fait de mal et nous sommes pénalisés, regrette quant à lui Michael McAllister, le directeur du Collège Herzing, un établissement fondé en 1968.

Depuis le début de cette controverse, il jure avoir déjà changé d’approche, pour se concentrer sur le marché francophone.

On a vraiment changé de stratégie pour attirer des étudiants francophones, soutient-il, en critiquant lui aussi le manque de dialogue du gouvernement du Québec. Personne n’a essayé de nous parler pour trouver une solution.Un homme assis derrière son bureau

Michael McAllister est le directeur du collège Herzing. Photo : Radio-Canada/Dave St-Amant

Une décision arbitraire

Aux yeux de l’avocat en immigration Ho Sung Kim, Québec et Ottawa auraient pu faire preuve de nuance. Je comprends l’objectif, mais c’est mal fait. On ne peut pénaliser ceux qui ont suivi les règles. Il va y avoir des dommages collatéraux. Il faut plutôt réglementer le domaine de l’éducation, croit-il.

« Est-ce qu’on est en train de dire que tous les collèges du Québec sont de mauvaise qualité? C’est ce qu’on est en train de faire. Il faudrait plutôt renforcer les règles d’émission des permis à ces écoles. »— Une citation de  Ho Sung Kim, avocat en immigration

Impliqué dans un processus judiciaire avec Rising Phoenix International, une firme de recrutement dont les dirigeants font l’objet d’accusations criminelles, l’Institut supérieur d’informatique (ISI) dénonce de son côté une décision arbitraire et injustifiée.

« Un collège privé non subventionné ne coûte pas un sou au gouvernement ou aux contribuables, contrairement aux institutions publiques, qui reçoivent des subventions pour l’infrastructure en plus de facturer les étudiants. »— Une citation de  Benoit Larose, vice-président d’ISI

Si le gouvernement québécois veut corriger la proportion d’étudiants internationaux francophones accueillis par le Québec, il se trompe de cible, reprend-il.

Les collèges privés non subventionnés ne demandent pas mieux que d’accueillir plus de francophones. Au lieu de nous aider à atteindre cet objectif, le ministre Boulet a décidé de retirer un avantage que le Québec avait obtenu afin d’attirer les étudiants internationaux.

Radio-Canada par Romain Schué avec la collaboration de Benjamin Shingler

Canada: Québec restreint l’accès à l’immigration aux étudiants des collèges non subventionnés

juin 7, 2022

La possibilité d’immigrer au Canada à travers un établissement privé était l’un des principaux arguments de vente de certains collèges québécois.

Portrait de Jean Boulet.

Le ministre québécois de l’Immigration, Jean Boulet, va resserrer les règles visant l’immigration des étudiants étrangers qui fréquentent un établissement privé non subventionné. Photo: Radio-Canada/ SylvainY Roy Roussel

Immigrer rapidement au Canada après avoir réalisé une formation courte dans un collège privé non subventionné du Québec ne sera bientôt plus possible.

Radio-Canada a appris qu’à l’initiative du gouvernement Legault, Québec et Ottawa ont décidé de revoir l’accès au permis de travail post-diplôme. Celui-ci est délivré aux étudiants étrangers à l’issue de leur formation. Il permet de rester et de travailler plusieurs années au Canada.

La possibilité d’un tel permis était l’un des arguments promotionnels de plusieurs établissements non subventionnés et firmes de recrutement, qui sont dans le viseur de Québec depuis plus d’un an.

À la suite des révélations(Nouvelle fenêtre) de Radio-Canada, concernant notamment la hausse massive d’étudiants indiens au Québec et des problématiques liées à l’enseignement, Québec avait lancé une enquête, qui a confirmé des stratagèmes douteux dans la venue de ces élèves.

Ces derniers payaient près de 25 000 $ pour suivre une formation courte, exclusivement en anglais, qui donnait accès à ce permis de travail. Par la suite, bon nombre d’entre eux pouvaient quitter le Québec pour s’installer, par exemple en Ontario.

Jusqu’à maintenant, le Québec est d’ailleurs la seule province qui octroie ce précieux document après la réussite d’un diplôme d’études professionnelles (DEP) d’au moins 900 heures ou d’une attestation d’études collégiales (AEC).

Un nombre de permis en forte croissance

Selon des chiffres fournis par Ottawa, le nombre d’étudiants étrangers ayant bénéficié d’un permis de travail post-diplôme après avoir fréquenté un établissement privé non subventionné au Québec a explosé ces dernières années.

Pour la période 2016-2018, il y en avait près de 4900. Entre 2019 et 2021, le nombre de permis délivrés a bondi à 11 500.

Dans le même temps, le nombre de collèges privés non subventionnés a sensiblement grimpé. Il y en avait 28 en 2015 au Québec, puis 49 en 2020.

Un resserrement en vigueur en septembre 2023

Ce resserrement des règles d’immigration ne figurait pas dans le plan d’action dévoilé en juin 2021 par la ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann.

Mais aux yeux du ministre de l’Immigration, couper cet attrait dans le recrutement est essentiel. C’est un élément fondamental. Il y avait des enjeux d’intégrité. On va harmoniser avec ce qui se fait partout ailleurs au Canada, rappelle Jean Boulet, en ne cachant pas qu’un ménage complet dans ce réseau devait être fait.

Des écoles privées non subventionnées utilisaient ce permis de travail post-diplôme pour recruter, attirer des personnes qui ont bénéficié de notre système scolaire, puis qui s’en allaient ailleurs au Canada, reprend-il.

« L’enquête a révélé des enjeux d’intégrité dans les façons de recruter les étudiants internationaux par certaines institutions privées au Québec. Ça m’apparaît extrêmement important de s’assurer d’une meilleure intégrité de notre système. »— Une citation de  Jean Boulet, ministre québécois de l’Immigration

Ce resserrement des règles, explique Jean Boulet, sera en vigueur dès le 1er septembre 2023. Toutes les personnes qui ont complété leurs études avant [cette date] pourront avoir accès à ce permis, précise-t-il.

Après cette date, seules les personnes diplômées d’un programme d’études subventionné pourront avoir accès à ce permis, qui ouvre la porte à une résidence permanente.

« Ça va évidemment contribuer à s’assurer que les personnes qui demeurent ici contribuent à notre marché de l’emploi, à notre communauté, plutôt que de se servir de ces programmes-là comme passerelle pour aller ailleurs au Canada. »— Une citation de  Jean Boulet, ministre québécois de l’Immigration

Pour le gouvernement Legault, qui a récemment annoncé un allégement des droits de scolarité pour les étudiants étrangers allant en région, cette mesure permettra également d’accroître l’immigration francophone.

Les étudiants internationaux sont un potentiel extraordinaire pour le Québec, soutient Jean Boulet. Souvent, ils viennent ici, s’installent, intègrent notre communauté ou notre marché de l’emploi.

Avec Radio-Canada par Romain Schué

Programme Nexus : près de 300 000 demandes sont en attente au Canada

mai 30, 2022
Une cliente à un poste Nexus.

Les dossiers des résidents canadiens souhaitant renouveler leur statut ne peuvent être traités que dans moins d’une douzaine de bureaux frontaliers où les disponibilités sont rares. Photo : La Presse Canadienne/Adrian Wyld

L’arriéré de demandes pour le traitement des demandes d’inscription au programme Nexus au Canada a grimpé à des centaines de milliers, malgré une forte baisse du nombre de demandeurs pendant la pandémie de COVID-19.

L’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) indique que plus de 295 000 demandes Nexus doivent encore être traitées en raison des fermetures de bureaux provoquées par la crise sanitaire.

Les demandeurs du programme Nexus, qui permet, entre autres, aux Canadiens préapprouvés de passer par des voies distinctes et rapides lorsqu’ils voyagent aux États-Unis par voie terrestre, doivent tous être évalués par l’ASFCAgence des services frontaliers du Canada et les autorités frontalières des États-Unis.

L’agence américaine a rouvert le 19 avril dernier ses centres d’inscription Nexus pour évaluer les candidats, mais ceux du Canada n’ont pas rouvert après leur fermeture en mars 2020, en début de pandémie.

L’arriéré qui en résulte signifie que certains membres de Nexus ont du mal à réserver des rendez-vous avant l’expiration de leur carte, car les dossiers des résidents canadiens souhaitant renouveler leur statut ne peuvent être traités que dans moins d’une douzaine de bureaux frontaliers où les disponibilités sont rares.

L’ASFCAgence des services frontaliers du Canada indique dans un courriel que le Canada et les États-Unis ont entamé des discussions à propos de la date de réouverture des centres d’inscription canadiens.

L’adhésion au programme Nexus est valide pour une durée de cinq ans. En temps normal, les détenteurs de carte Nexus peuvent notamment utiliser des postes de déclaration automatisés dans les neuf aéroports internationaux canadiens, et les postes Global Entry pour entrer aux États-Unis.

Quant aux voies réservées, elles peuvent être utilisées par les détenteurs dans 21 postes frontaliers terrestres désignés entre le Canada et les États-Unis.

Radio-Canada avec La Presse canadienne