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Canada/Ralentissement à Immigration Québec : de nouveaux arrivants s’inquiètent

mai 24, 2020
Rémy et Christelle craignent de devoir retourner en France en l'absence d'un traitement rapide de leur dossier d'immigration.
© /Radio-Canada Rémy et Christelle craignent de devoir retourner en France en l’absence d’un traitement rapide de leur dossier d’immigration.
Plusieurs familles immigrantes du Québec se demandent si elles devront quitter le pays en raison d’un ralentissement des opérations au ministère de l’Immigration. Les retards causés par la pandémie s’accumulent pour obtenir l’autorisation de travailler dans la province.

Pour Rémy Masdéu et sa conjointe Christelle Carulla, c’est tous leurs plans d’avenir qui sont désormais remis en question. Établi à Sherbrooke il y a un an, le couple originaire de la France a rapidement intégré le marché du travail.

Rémy qui est pilote de drone était la perle rare pour son employeur, Pixel Nord, qui l’a aidé à s’installer dans la région.

Le caméraman et pilote de drone Rémy Masdéu pourrait être forcé de retourner en France en raison du ralentissement à Immigration Québec.

© Pixel Nord Le caméraman et pilote de drone Rémy Masdéu pourrait être forcé de retourner en France en raison du ralentissement à Immigration Québec.
«Il peut un jour être caméraman, un autre jour, il peut être réalisateur, il peut piloter le drone donc cette polyvalence-là pour nous ça vaut de l’or», souligne Willam Levasseur, le copropriétaire de Pixel Nord.

50 jours sans nouvelles

Comme tous leurs projets s’enchaînaient avec facilité, l’obtention d’un certificat de sélection du Québec leur semblait être une simple formalité. En mars dernier, ils en font la demande du CSQ, un document qui leur permet de continuer à travailler jusqu’à l’obtention de leur résidence permanente.

La consultante indépendante en immigration canadienne, Caroline Morin, confirme que ce genre de démarche prend en moyenne 20 jours ouvrables pour être complétée.

Toutefois, 50 jours plus tard, le couple n’a toujours aucune nouvelle de leurs démarches. Travailler leur est maintenant interdit. Par courriel, le ministère de l’Immigration indique que les délais de traitement ont augmenté avec la pandémie.

Avec la crise sanitaire actuelle et les contraintes qu’elle exerce (télétravail, nombre limité de personnel sur le plancher, etc.) nos délais d’ouverture de dossiers ont augmenté de plusieurs semaines, indique le ministère par écrit.

Avec ces délais, le rêve de Rémy et Christelle s’effondre. Le couple a maintenant deux choix :  Repartir en France ou rester au Québec en tant que visiteur. Mais s’ils restent, ils renoncent à leurs avantages sociaux.

Une décision déchirante, puisque Christelle a récemment reçu un diagnostic de sclérose en plaques. «C’est quelque chose qu’on voulait traiter assez rapidement. Et là tout s’arrête parce qu’on n’a plus de couverture sociale», se désole Rémy.

L’attente est intenable et le couple est inquiet. «Je suis dans l’attente depuis maintenant le mois de mars de pouvoir recevoir un traitement et là ça va être très très compliqué par rapport aux délais», souligne Christelle.

Des dizaines de cas semblables au Québec

Rémy et Christelle sont loin d’être les seuls dans cette situation au Québec. Selon Andrès Fontecilla, le porte-parole en matière d’immigration de Québec Solidaire, des dizaines de personnes vivent un tel dilemme. «On a des gens qui attendent depuis trois mois, six mois, même avant la pandémie et ces gens-là ne reçoivent aucune réponse», dénonce-t-il.

Leur dernier espoir de ces demandeurs serait de tomber dans les bonnes grâces du ministère de l’Immigration. La consultante indépendante Caroline Morin souligne qu’elle tentera de plaider la cause de Rémy et Christelle auprès de Québec. «On va leur expliquer qu’à cause des délais de la COVID on n’a pas reçu le CSQ, mais on vous demande s’il vous plait de considérer la demande étant donné des circonstances», illustre Caroline Morin.

Rémy espère que cette stratégie portera ses fruits afin de poursuivre son rêve au Québec. «On espère qu’il y a des gens humains derrière l’immigration qui vont entendre notre histoire», dit-il.

Le ministère de l’Immigration demande au couple d’être patient. Dans leur cas, la patience a toutefois ses limites, surtout quand la santé et leurs économies sont en jeu.D’après le reportage de Marion Bérubé

Avec CBC/Radio-Canada

Immigration: la cible du Québec appelée à changer?

avril 10, 2020

 

© (Photo by Patrick ESCUDERO/Gamma-Rapho via Getty Images)
QUÉBEC — Le Québec devra revoir ses seuils d’immigration à la baisse si la relance économique se fait plus lente que prévu, affirment à présent des représentants du milieu économique.

Il s’agit d’un virage à 180 degrés pour ceux qui, jusqu’à tout récemment, réclamaient au moins 60 000 immigrants par année pour combler la pénurie de main-d’oeuvre.

Le gouvernement Legault prévoyait hausser en 2020 le nombre maximum de nouveaux arrivants à 44 500, puis à 47 500 en 2021. En 2022, le nombre d’immigrants admis devait se situer entre 49 500 et 52 500.

Tout a changé avec la crise de la COVID-19, a déclaré en entrevue jeudi le président du Conseil du patronat, Yves-Thomas Dorval.

«En 2020, il y aura énormément de main-d’oeuvre sans emploi, a-t-il affirmé. Il va falloir s’attarder bien sûr à essayer de s’assurer que cette main-d’oeuvre-là se retrouve un emploi.

«La cible pour 2021 va (…) peut-être même excéder les besoins, étant donné que 2021 risque d’être une période où on est en chômage», a-t-il ajouté.

Le Québec pourrait tout aussi bien vivre une pénurie de main-d’oeuvre étant donné sa démographie, nuance-t-il. Quatre-vingts pour cent des besoins de main-d’oeuvre sont reliés aux départs à la retraite, selon M. Dorval.

«Le gouvernement doit se garder une porte de sortie pour que si en 2021, il y a des besoins très importants, (…) qu’on inclut dans la cible de 2021 les manques qu’on a eus en 2020, donc avoir une certaine flexibilité.»

Autrement dit, la cible sera sûrement appelée à changer, croit également le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc.

«Le gouvernement était sur un objectif d’environ 50 000, nous on demandait 60 000, on va devoir réévaluer ça, a-t-il déclaré en entrevue, jeudi. On pourrait envisager de diminuer temporairement.»

À l’instar de M. Dorval, il rappelle toutefois que le Québec a une tendance structurelle lourde de resserrement démographique. Parallèlement à cela, la province n’a pas abandonné ses grands projets d’infrastructure, dit-il.

«Je m’attends à ce que le Québec retrouve sa robustesse économique», affirme M. Leblanc, en disant guetter les indicateurs d’embauche. Ceux d’octobre prochain seront révélateurs, selon lui, car la relance aura été amorcée.

Québec solidaire est d’accord

Québec solidaire (QS) s’attend également à une révision des seuils d’immigration en raison de la crise de la COVID-19. L’an dernier, QS était en faveur d’un retour immédiat à un seuil d’environ 52 000 immigrants admis chaque année.

En entrevue, son porte-parole en matière d’immigration, Andrés Fontecilla, a cité le contexte «tout à fait extraordinaire» pour dire qu’il fallait faire preuve au Québec d’une grande «flexibilité».

«Si la situation l’impose, oui, il faut revoir les objectifs qu’on s’était donnés, a-t-il affirmé. Il est fort probable que le ministère procède à une réévaluation de ces cibles-là.»

Entre-temps, le député de Laurier-Dorion exhorte le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, à exiger du gouvernement fédéral qu’il prolonge de 90 jours les permis des étudiants internationaux ainsi que des travailleurs étrangers temporaires.

Normalement, l’expiration du permis d’études ou de travail signifie que la personne doit quitter le pays. Mercredi, l’organisme d’aide aux immigrants ALPA a sonné l’alarme en disant traiter plusieurs cas de détresse psychologique.

«Pour ces personnes-là, les couchent de difficultés s’ajoutent, a déclaré M. Fontecilla. Déjà, il y a la crainte de la maladie, ensuite il y a la perte de revenus (…) et ensuite on rajoute la crainte du statut d’immigration.»

Prolongation des permis: le ministre Jolin-Barrette s’en mêle

Le ministre Jolin-Barrette a déjà soulevé cet enjeu avec le gouvernement fédéral, assure son attachée de presse, Élisabeth Gosselin-Bienvenue.

«Nous comprenons tout à fait l’inquiétude des personnes. La situation de certains étudiants ainsi que des travailleurs étrangers fait effectivement partie des enjeux soulevés et portés à l’attention du gouvernement fédéral. Les discussions se poursuivent», a-t-elle déclaré à La Presse canadienne.

M. Jolin-Barrette n’a pas répondu aux demandes d’entrevue, jeudi.

Le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain se dit quant à lui «surpris» que l’enjeu n’ait pas encore été réglé. «Nous l’avions demandé il y a trois semaines. C’est essentiel pour les entreprises (…) qui ont besoin de ces employés-là», a insisté M. Leblanc.

La Presse canadienne avec Caroline Plante

France/Immigration : avec 132.600 demandes en 2019, l’asile poursuit sa hausse en France

janvier 21, 2020

Les principaux pays d’origine des demandeurs d’asile étaient l’Afghanistan, la Guinée, la Géorgie et l’Albanie, les demandes provenant de ces deux dernières nations constituant une «anomalie», selon Beauvau.

Evacuation d'un camp de migrants et de demandeurs d'asile au parc de La Vilette, en août 2019 à Paris.
Evacuation d’un camp de migrants et de demandeurs d’asile au parc de La Vilette, en août 2019 à Paris. Martin BUREAU / AFP

Les demandes d’asile ont augmenté de 7,3% l’an dernier, avec 132.614 dossiers déposés à l’agence chargée d’attribuer le statut de réfugié, tandis que les expulsions ont augmenté de 19%, selon les statistiques de l’immigration publiées mardi par le ministère de l’Intérieur.

Après une hausse de 22% en 2018, les demandes enregistrées par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) ont enregistré une progression moins forte l’an dernier. Elles ont atteint leur niveau le plus élevé depuis la crise migratoire de 2015, lorsque la France n’enregistrait que 80.000 demandes.

Si cette demande augmente alors que les «flux irréguliers entrant en Europe ont beaucoup baissé», c’est «en raison des mouvements secondaires» qui font de la France un «pays de rebond» pour des personnes ayant cherché asile dans un autre pays dans un premier temps, explique-t-on au ministère de l’Intérieur.

Demandeurs d’asile : faut-il durcir les critères ?
Débat dans Points de vue sur les demandes d’asile en France, alors que près de 10.000 demandes de statut de réfugié déposées en France depuis le 1er janvier 2019 par des Géorgiens et des Albanais.

Les principaux pays d’origine des demandeurs d’asile en 2019 restaient, comme l’année précédente, l’Afghanistan (9163 demandes) et la Guinée (6027). En troisième et quatrième position, la Géorgie (5780) et l’Albanie (5599), deux pays dits «sûrs», continuent de représenter une «anomalie», relève l’Intérieur.

«On est le premier pays en Europe de destination des demandeurs d’asile multiples. Et en 2019, on devrait encore être le premier pays d’Europe pour les demandes d’asile issues de ces deux nationalités, qui se caractérisent par un taux de protection faible», poursuit-on au ministère.

Aux 132.614 dossiers déposés, comprenant les mineurs accompagnants et les réexamens, il convient d’ajouter les 39.630 personnes ayant déposé une demande d’asile en préfecture et relevant de la procédure dite Dublin, c’est-à-dire des personnes dont la demande relève du premier pays d’entrée en Europe.

L’année 2019 a par ailleurs vu une augmentation significative de 9,5% du nombre de personnes ayant obtenu l’asile, avec 36.512 dossiers acceptés contre 33.330 l’année précédente.

Par ailleurs, le total des expulsions d’étrangers en situation irrégulière a augmenté de 19%, avec 23.746 éloignements.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Immigration: des étudiants étrangers «piégés» avec une fausse université

novembre 30, 2019

PHOTO FRANCISCO KJOLSETH, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Plus de 250 étudiants étrangers ont été appréhendés grâce au stratagème de l’agence fédérale de contrôle de l’immigration (ICE).

Des centaines d’étudiants étrangers ont été « piégés » aux États-Unis par l’agence fédérale de contrôle de l’immigration (ICE), qui a mis sur pied et fait fonctionner pendant plus d’un an une fausse université pour détecter des fraudes dans le système d’attribution de visas.

L’organisation avait pris les grands moyens pour donner un vernis d’authenticité à l’établissement, qui montrait sur son site internet des photos trompeuses d’étudiants lisant des livres sur un campus ou dans une vaste bibliothèque.

Les agents d’ICE personnifiant en ligne les dirigeants de l’Université de Farmington faisaient valoir aux candidats potentiels qu’ils recevraient, en échange de frais annuels de l’ordre de 15 000 $, une formation à distance dans le domaine de la gestion ou des sciences appliquées.

Leur inscription devait du même coup leur permettre de bénéficier d’un visa étudiant les autorisant à demeurer légalement au pays.

Dans un document dévoilé en janvier, le département de la Justice avait évoqué pour la première fois le stratagème utilisé, relevant qu’il avait permis d’appréhender une centaine de personnes accusées de vouloir abuser du système de visa en place aux États-Unis pour les étudiants étrangers.

Les autorités avaient alors assuré que les accusés « n’avaient aucune intention d’aller à l’école ou de suivre une seule classe et n’étaient pas de vrais étudiants » puisqu’ils savaient que l’université, théoriquement située en banlieue de Detroit, « n’avait pas de professeurs et pas de classes ».

Plus de 250 étudiants appréhendés

Le Detroit Free Press a révélé il y a quelques jours, évoquant un nouveau bilan de l’agence fédérale, que plus de 250 étudiants étrangers avaient finalement été appréhendés grâce au stratagème d’ICE.

La vaste majorité de ces étudiants, note le quotidien, ont quitté le pays volontairement plutôt que de s’opposer aux procédures d’expulsion engagées contre eux.

Le ministère de la Justice a aussi déposé des accusations contre huit personnes qui ont été incitées par la fausse université à recruter des étudiants. Ils ont reçu, au total, plus de 200 000 $ de dédommagement pour leurs efforts.

Rahul Reddy, avocat du Texas qui a conseillé près d’une centaine des étudiants concernés, indique que la vaste majorité d’entre eux ont été recrutés dans la communauté indienne.

Contrairement à ce que prétend ICE, dit-il, la plupart ont agi de bonne foi en s’inscrivant à l’Université de Farmington.

Ils avaient souvent achevé une première formation au pays après avoir obtenu un visa en bonne et due forme et souhaitaient poursuivre leurs études de manière à pouvoir demeurer légalement au pays.

L’Université de Farmington, relève Me Reddy, figurait sur la liste des établissements accrédités recensés par le département de la Sécurité intérieure, ce qui inspirait confiance, et disait prodiguer ses cours à distance, ce qui réduisait les risques que l’absence de campus soit découverte.

Les étudiants étaient poussés à s’inscrire par les intermédiaires responsables du recrutement, qui étaient conscients de participer à une fraude sans savoir qu’ils étaient payés, en fait, par des agents d’ICE.

Anguille sous roche

Après avoir constaté que les cours ne débutaient pas, nombre des étudiants représentés par Me Reddy ont conclu qu’il y avait anguille sous roche et ont décidé de demander un transfert vers un autre établissement.

Beaucoup d’autres, reconnaît-il, ont cependant décidé de poursuivre leurs « études » en faisant comme si tout était normal.

« Ils auraient dû agir, mais ne l’ont pas fait », a relevé l’avocat, qui accuse ICE d’avoir utilisé un stratagème illégal pour tromper ses clients.

Aucun des étudiants visés par des mesures de renvoi n’a entrepris de contester leur légalité devant les tribunaux, souligne Me Reddy, qui n’exclut pas de piloter un recours judiciaire à ce sujet.

ICE, qui n’a pas donné suite aux demandes d’entrevue de La Presse, a affirmé mercredi au site Vox que la mise sur pied d’une fausse université lui avait permis de recueillir directement des preuves de fraude et de mieux comprendre comment des réseaux se développent pour exploiter les failles du système de visa étudiant.

Une fausse université similaire avait été créée par les autorités fédérales au New Jersey, en 2013. Une vingtaine d’intermédiaires avaient été appréhendés lorsque sa vraie nature avait été divulguée, trois ans plus tard.

La Presse.ca par Marc ThibodeauMarc Thibodeau

Canada: Acceptés par l’immigration, ils devront quand même payer l’accouchement

novembre 21, 2019
La RAMQ refuse de couvrir l’accouchement pour un couple de Vénézuéliens pourtant acceptés par l’immigration au Québec.

© Alexandre DUVAL
 

Natifs du Venezuela, Erick et Daniela ont tous deux quitté leur pays natal en quête d’une vie meilleure. Erick a été le premier à faire le saut. Il a étudié au Canada, il est résident permanent depuis 2017 et il a obtenu un emploi à temps plein dans un commerce de Québec.

Daniela est venue le rejoindre en janvier 2019, puis ils se sont mariés. Au printemps, ils ont entamé les démarches de parrainage pour que Daniela puisse aussi devenir résidente permanente.

Les choses allaient bon train. En septembre, la jeune femme de 24 ans a obtenu un permis de travail. Puis le 1er novembre dernier, elle recevait son certificat de sélection du Québec (CSQ).

Daniela Garrido a reçu son certificat de sélection du Québec le 1er novembre 2019

© Fournis par Canadian Broadcasting Corporation Daniela Garrido a reçu son certificat de sélection du Québec le 1er novembre 2019
La Belle Province venait donc de l’accepter comme immigrante, soit l’étape qui précède l’obtention de la résidence permanente au Canada. Erick s’est alors précipité à la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ), croyant que sa femme serait désormais couverte.

Or, il lui manquait un document : une lettre remise par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), démontrant que Daniela a la volonté de s’établir au pays.

Cette fameuse lettre devrait être envoyée au couple tôt ou tard, car Erick a déjà payé les frais liés à la future résidence permanente de sa conjointe. Or, le temps presse : l’accouchement est prévu le 26 novembre.

Faute d’avoir ce document, le couple devra lui-même payer pour l’accouchement sans possibilité de remboursement. C’est compliqué. Mon seul mot à dire, c’est que je souhaite ça à personne, lance le futur père de famille de 28 ans.

Erick Hurtado a payé tous les frais nécessaires - y compris ceux liés à la résidence permanente - dans sa demande pour parrainer Daniela Garrido

© Fournis par Canadian Broadcasting Corporation Erick Hurtado a payé tous les frais nécessaires – y compris ceux liés à la résidence permanente – dans sa demande pour parrainer Daniela Garrido

«La madame que j’avais en face de moi au comptoir [de la RAMQ], elle était super gentille. Elle était même désolée envers nous. Elle était comme « je m’excuse énormément pour votre situation, mais il n’y a absolument rien que je peux faire. »»

-Erick Hurtado

Des frais exorbitants

L’enjeu est énorme pour ce couple. À l’hôpital Saint-François d’Assise, là où aura lieu l’accouchement, les frais d’hospitalisation pour la mère sont de 3651 $ par tranche de 24 heures.

À cela s’ajoutent les honoraires du médecin, qui peuvent facilement représenter plus de 1000 $.

Si une complication devait survenir et que la mère se retrouvait aux soins intensifs, les frais seraient alors de 10 299 $ par jour.

Pour ne prendre aucun risque, Erick a donc contracté un prêt ouvert de 20 000 $.

«Je ne sais pas qu’est-ce qui peut arriver après l’accouchement […] peut-être qu’on peut retourner à la maison et qu’ensuite il y a quelque chose qui ne marche pas et il faut retourner à l’hôpital.»

-Erick Hurtado

Erick Hurtado et Daniela Garrido

© Fournis par Canadian Broadcasting Corporation Erick Hurtado et Daniela Garrido
C’est beaucoup plus de stress pour nous deux, comme famille, mentionne Erick, qui ne sait pas encore s’il prendra son congé de paternité tellement la pression financière est forte.

Je ne peux pas travailler maintenant, rappelle Daniela dans un anglais hésitant. Erick travaille beaucoup et je reste seule à la maison […] C’est stressant actuellement, mais je ne sais pas si ce sera mieux demain.

Lightbound appuie le couple

Dans une lettre datée du 8 novembre dernier, le député fédéral de Louis-Hébert, Joël Lightbound, implore la RAMQ de couvrir les soins de santé de Daniela.

Le processus dans lequel ils se sont engagés en juin dernier est assez long certes, mais l’issue est pour ainsi dire certaine : Mme Garrido obtiendra, à terme, la résidence permanente au Canada, écrit le député.

«Mme Garrido obtiendra la lettre d’acceptation d’IRCC d’ici quelques semaines, mais son enfant lui n’attendra pas. »

-Joël Lightbound

Joël Lightbound, député fédéral de Louis-Hébert

© Fournis par Canadian Broadcasting Corporation Joël Lightbound, député fédéral de Louis-Hébert
Les délais de traitement de ces demandes sont très longs, en raison du volume important de demandes, poursuit M. Lightbound dans sa missive. Mme Garrido et son enfant ne devraient en aucun cas faire les frais de cette situation.

La RAMQ exige la lettre

La RAMQ n’a pas voulu commenter le cas de Daniela ni accorder d’entrevue à Radio-Canada. Par courriel, la porte-parole Caroline Dupont explique néanmoins que le règlement sur l’admissibilité en assurance maladie est clair.

Pour admettre une personne au régime, nous devons au minimum avoir la lettre des autorités canadiennes de l’immigration qui atteste de la volonté de s’établir de la personne et une preuve de résidence au Québec, dit-elle.

Et si Daniela recevait ladite lettre dans les jours suivant son accouchement? Elle ne serait quand même pas remboursée, assure Mme Dupont.

«Il faut effectivement que la personne soit admissible le jour où des soins médicaux sont prodigués afin de pouvoir demander un remboursement.»

-Caroline Dupont, porte-parole de la RAMQ

Au moment d’écrire ces lignes, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada n’avait pas encore répondu à nos questions concernant les délais d’envoi de la lettre que Daniela et Erick attendent.

De l’humanité

Le couple dit s’être fait demander à quelques reprises pourquoi il ne retournait pas au Venezuela pour l’accouchement. Or, leur pays d’origine est plongé dans une crise depuis des années.

La situation des hôpitaux chez nous, c’est très grave, au point où les femmes accouchent dehors de l’hôpital parce qu’il n’y a pas d’électricité à l’intérieur, résume Erick.

De toute façon, c’est ici que le couple veut vivre, sans aucune hésitation. Erick aimerait simplement que des solutions soient trouvées lorsque des cas exceptionnels, comme celui de sa famille, surviennent.

On est dans un pays très libre, un pays très chaleureux, un pays qu’on a adopté, qu’on aime beaucoup aussi. On remercie tout le monde, mais je répète la même phrase : il est où, le côté humain?

Par Alexandre Duval avec la collaboration de David Rémillard

Canada: Des appels menaçants pour frauder les immigrants

novembre 19, 2019

 

© Alexandre DUVAL
 

Malheureusement, certains tombent dans le panneau. C’est le cas d’Aline Bimenyimana, une jeune mère de famille arrivée de la République démocratique du Congo il y a tout juste un an et qui a utilisé les services du Centre multiethnique.

Au début du mois d’octobre dernier, elle a reçu un appel en anglais. Au bout du fil, l’homme se faisait passer pour un agent d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC).

Quand ils ont commencé à me poser leurs questions, moi, l’idée n’est pas venue dans ma tête que ce sont des fraudeurs, raconte la femme de 33 ans. Devant l’insistance de son interlocuteur, elle a fini par se compromettre.

Aline Bimenyimana retrace l'appel frauduleux dont elle a été victime le 9 octobre.

© Fournis par Canadian Broadcasting Corporation Aline Bimenyimana retrace l’appel frauduleux dont elle a été victime le 9 octobre.
 

Les choses que je leur ai données, c’était mon numéro d’assurance sociale, mon numéro de carte de crédit, de carte de débit, le montant dans mon compte et l’argent limite de ma carte de crédit, énumère-t-elle, sachant bien qu’elle n’aurait pas dû.

Des menaces

L’appel est ensuite devenu agressif. L’homme l’accusait notamment d’être une consommatrice de drogues et une fraudeuse.

Résidente permanente, Mme Bimenyimana s’est mise à paniquer. Si on t’accuse de choses pareilles, je me suis dit l’immigration va dire : « pourquoi on a emmené une telle chose au Canada »! J’avais tellement peur!

«Ils m’ont dit madame, tu es fraudeur. On va envoyer la police pour te chercher. Si tu ne veux pas que la police t’arrête, il faut que tu nous donnes 1000 $.»

-Aline Bimenyimana

Aline Bimenyimana consulte le registre de ses appels sur son téléphone cellulaire

© Fournis par Canadian Broadcasting Corporation Aline Bimenyimana consulte le registre de ses appels sur son téléphone cellulaire
Mme Bimenyimana n’a finalement jamais transféré d’argent. Elle aurait alors demandé le nom et les coordonnées de son interlocuteur pour assurer un suivi. Ils ont coupé [l’appel] directement, dit-elle.

À ce jour, le fait qu’elle ait transmis son numéro d’assurance sociale ne lui a toujours pas causé d’ennui. Elle craint toutefois que cela finisse par rebondir tôt ou tard.

Préoccupant

Aussi inquiétant soit-il, le cas de Mme Bimenyimana n’est pas unique. Le Centre multiethnique de Québec a eu vent d’autres appels semblables, commis au nom de l’Agence de revenu du Canada (ARC) ou d’IRCC.

C’est inquiétant parce qu’on n’a pas d’emprise là-dessus, se désole la directrice, Dominique Lachance.

C’est vraiment la personne [seule] avec son téléphone. On va vraiment chercher la corde sensible : « vous allez perdre votre statut, on va venir vous chercher, les agents d’immigration vont venir chez vous. »

Dominique Lachance, directrice du Centre multiethnique de Québec

© Fournis par Canadian Broadcasting Corporation Dominique Lachance, directrice du Centre multiethnique de Québec
Pour contrer ce stratagème, le Centre multiethnique de Québec souhaite adapter rapidement ses activités de prévention. Actuellement, les immigrants sont surtout sensibilisés aux tentatives de fraude qui ont lieu en personne.

«Le contenu était plus pour la fraude faite en mode porte-à-porte. On va actualiser, ça c’est sûr. On va informer les gens dès leur arrivée que le numéro d’assurance sociale ne doit pas être donné à qui que ce soit.»

-Dominique Lachance, directrice du Centre multiethnique de Québec

Selon Dominique Lachance, entre 800 et 1200 nouveaux arrivants utilisent les services du Centre multiethnique de Québec chaque année.

Des stratégies qui évoluent

Depuis 2014, des fraudes totalisant plus de 17 millions de dollars ont été commises au nom de l’ARC et de l’IRCC, selon les données du Centre antifraude du Canada.

C’est une bonne portion des rapports qu’on reçoit à notre bureau, analyse Lisanne Roy-Beauchamp, superviseure des opérations du centre d’appels au Centre antifraude du Canada.

Or, les tentatives de fraude en utilisant l’IRCC et l’ARC semblent à la baisse cette année, par rapport à 2018. Les fraudeurs ont changé leur modus operandi, explique Mme Roy-Beauchamp.

Selon elle, les noms d’autres organismes, comme Service Canada ou le ministère de la Justice du Canada, sont de plus en plus utilisés par les fraudeurs.

Mme Roy-Beauchamp explique également que les fraudeurs savent désormais comment usurper les vrais numéros de téléphone de ces organismes, ce qui rend leurs manœuvres encore plus crédibles.

«Le numéro de téléphone que vous voyez sur votre afficheur, à ce point-ci, vous ne pouvez plus lui faire confiance.»

-Lisanne Roy-Beauchamp, superviseure des opérations du centre d’appels au Centre antifraude du Canada

Pour éviter de se retrouver pris au piège, Mme Roy-Beauchamp suggère carrément de ne pas répondre aux appels non sollicités. Si vous répondez et qu’on vous demande de donner des renseignements personnels, raccrochez la ligne, dit-elle.

Pour joindre le Centre antifraude du Canada : 1-888-495-8501

Par Alexandre Duval

Les nouvelles mesures du programme d’immigration au Québec

novembre 6, 2019

 

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© simonjolinbarrette.borduas | Facebook

François Legault avait promis une certaine réforme dans l’immigration lors des dernières élections qui l’ont vu prendre le pouvoir au Québec. Dernièrement, annonçant que les arrivants étrangers devraient passer un test des valeurs et le réussir pour obtenir leur citoyenneté, la CAQ avait beaucoup fait jaser dans les médias et la population québécoise aussi semblait divisée sur le sujet. Cette nouvelle n’était vraisemblablement qu’une entrée en matière pour le ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, Simon Jolin-Barrette, alors qu’on apprend maintenant une réforme du programme de l’expérience québécoise qui accueille les étudiants et travailleurs étrangers.

En effet, des changements au Programme de l’expérience québécoise (PEQ) auront un impact plus important que ce test des valeurs.

La nouvelle réforme sur l’immigration qui est désormais appliquée aura des conséquences assez lourdes sur plusieurs étudiants et travailleurs. En effet, ça ne fait pas l’affaire de tous et certains points forts doivent être soulignés. Le PEQ a été modifié, en partie, afin de satisfaire les besoins du Québec dans des domaines d’emplois précis, alors qu’auparavant, tous les domaines d’études pouvaient permettre d’accéder à ce programme.

En date du 1er novembre 2019, seulement 218 programmes, tous niveaux confondus, sont maintenant admissibles. Parmi ces derniers se retrouvent 37 DEP, 23 AEC, 59 DEC, 65 BAC et 23 MAI. Des programmes qui touchent la santé, l’administration, les communications, l’ingénierie, les affaires et l’enseignement se retrouvent toujours dans la liste, alors que d’autres, comme ceux qui touchent l’art, ont été retirés et ne sont plus considérés.

Dès maintenant, ces changements s’appliquent à tous les étudiants qui appliquent au PEQ dans les 3 ans qui suivent l’obtention d’un diplôme. De plus, les conditions suivantes s’appliquent aussi à tous ceux qui feront une demande:

– doit avoir obtenu un diplôme d’études universitaires (baccalauréat, maîtrise, doctorat) ou un diplôme d’études collégiales techniques

– doit avoir obtenu une attestation d’études collégiales (AEC), un diplôme d’études professionnelles (DEP) ou une attestation de spécialisation professionnelle (ASP) sanctionnant 900 heures ou plus de formation

– les diplômes et attestations sanctionnant 900 heures de formation (mais moins de 1 800 heures) nécessitent en plus de posséder une expérience de travail au Québec de 6 mois minimum, acquise après son programme de formation, dans son domaine de formation.

Le volet travailleur étranger temporaire a aussi vu ses conditions être modifiées. En effet, la liste des emplois donnant accès au Programme de l’expérience québécoise a été amincie, alors que seulement les emplois qui sont en demande s’y retrouvent désormais.

Cette nouvelle a en quelques sortes causé une commotion dans la population et les partis de l’opposition se sont tous levés contre le ministre Jolin-Barrette afin qu’il recule devant ces nouvelles politiques, qu’ils jugent « insensibles, maladroites et pouvant causer des dommages humains graves chez beaucoup de gens, voire briser des vies ».

De la même manière, les instituts d’enseignement, qui devront faire face à une nouvelle réalité par rapport à l’admission de leurs étudiants, se sont levées contre la décision du gouvernement caquiste. Certains, comme le recteur de l’UdeM, Guy Breton, mettent même de l’avant les répercussions de ces modifications au PEQ, alors que la majorité de leurs étudiants étrangers ne pourront plus être admissibles au PEQ.

Bref, c’est une décision qui ne fait pas l’unanimité chez la population québécoise et encore moins chez les différents partis politiques, qui souhaitent tous voir François Legault et son équipe faire demi tour. D’ailleurs, le principal intéressé a réitéré son désir d’aller de l’avant avec ce projet plus tôt mardi, mentionnant les priorités du Québec par rapport à l’économie et les emplois qui sont à combler.

Par Vincent Dupont

 

France/Immigration: comment Macron a durci son discours

septembre 17, 2019

FILE PHOTO: French President Emmanuel Macron delivers a speech at the Elysee Palace in Paris

POOL New/REUTERS

– La position de fermeté adoptée par le chef de l’État contraste avec la bienveillance affichée sur le sujet pendant la campagne présidentielle.

S’agit-il vraiment de la même personne? Alors qu’Emmanuel Macron a lancé lundi soir un appel à la fermeté sur l’immigration, une plongée rapide dans les archives permet de constater le changement de ton du chef de l’État sur cette question sensible. Pour en saisir l’ampleur, il faut remonter à septembre 2015, lorsqu’Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie de François Hollande, aborde publiquement le sujet pour la première fois. Alors que le flux de migrants entrant sur le sol européen est en sensible augmentation, il déclare à la chaîne israélienne i24 : «Je crois que si cela est fait dans le bon ordre, de manière intelligente, c’est une opportunité pour nous. (…) C’est d’abord notre dignité mais c’est aussi une opportunité économique, car ce sont ces hommes et des femmes qui ont des qualifications remarquables.»

Pour le candidat Macron, «l’immigration est une chance»

Pour Emmanuel Macron, le contexte politique est évidemment différent d’aujourd’hui: il s’agit alors pour lui de se distinguer de Manuel Valls, autre challenger de François Hollande au sein du gouvernement en vue de la présidentielle de 2017. Le premier ministre multiplie alors les messages de fermeté sur la question migratoire: début 2016, alors que la crise des migrants bat son plein, il s’oppose à Angela Merkel et son accueil inconditionnel des migrants. «Les réfugiés sont une force», réplique Emmanuel Macron en avril 2016, dans un entretien au quotidien belge Le Soir . Puis, en janvier 2017, le candidat enfonce le clou dans une tribune au Monde : «La chancelière Merkel et la société allemande dans son ensemble ont été à la hauteur de nos valeurs communes (…) en accueillant des réfugiés en détresse» , assure-t-il, dénonçant l’«abjecte simplification» de ceux qui affirment qu’«en ouvrant ses frontières aux migrants, la chancelière aurait exposé l’Europe aux pires dangers».

C’est probablement dans son interview à l’hebdomadaire protestant Réforme , le 2 mars 2017, que le candidat Macron est le plus clair. «Contrairement à ce que certains disent, nous ne sommes pas confrontés à une vague d’immigration. (…) Le sujet de l’immigration ne devrait pas inquiéter la population française. […] L’immigration fait partie du monde dans lequel nous vivons.(…) De surcroît, l’immigration se révèle être une chance d’un point de vue économique, culturel, social», juge-t-il.

Un changement de ton amorcé dès le début du quinquennat

Une position bien éloignée de celle défendue ce lundi soir par le président de la République devant les parlementaires de la majorité. «En prétendant être humaniste, on est parfois trop laxiste», a averti le chef de l’État. «Nous n’avons pas le droit de ne pas regarder le sujet (de l’immigration) en face». «Les bourgeois n’ont pas de problème avec (l’immigration): ils ne la croisent pas. Les classes populaires vivent avec. La gauche n’a pas voulu regarder ce problème pendant des décennies», a-t-il poursuivi. Avec ce virage rhétorique, le président, qui se place déjà dans la perspective de la présidentielle de 2022, espère fracturer un peu plus la droite et endiguer l’essor du Rassemblement national.

Si la volte-face est spectaculaire par rapport à la campagne présidentielle, elle est en réalité l’aboutissement d’un changement de ton amorcé dès les premiers mois du quinquennat. Début 2018, le président défend avec la loi Collomb une refonte de la politique d’immigration. En visite à Calais, en janvier, il prononce un discours de fermeté, chargeant les associations qui «encouragent les migrants à l’installer dans l’illégalité» et les «contrevérités» des «commentateurs». Le même mois, à Rome, il assure que sur la question migratoire, il «faut se garder des faux bons sentiments».

L’année sera ensuite marquée par l’épisode de l’Aquarius, puis par la crise des «gilets jaunes», au cours de laquelle Emmanuel Macron a identifié un besoin de clarification sur le sujet de l’immigration. «Je veux aussi que nous mettions d’accord la Nation avec elle-même sur ce qu’est son identité profonde, que nous abordions la question de l’immigration. Il nous faut l’affronter», avait-il assuré le 10 décembre dans une allocution destinée à présenter le grand débat national. À l’époque, l’idée avait provoqué des crispations à Matignon, et le thème de l’immigration avait supprimé de la consultation. C’était sans compter la volonté du chef de l’État de replacer ce sujet au cœur des débats, à l’occasion, notamment, d’un débat organisé le 30 septembre prochain à l’Assemblée

Par Le Figaro.fr par Jim Jarrassé

Canada: Comment vont désormais être sélectionnés les immigrants au Québec?

juin 18, 2019
© Stadtratte
 

Avec l’adoption du projet de loi 9 sur l’immigration débute désormais un nouveau système dans la sélection des immigrants économiques au Québec. Comment ces nouveaux arrivants seront-ils choisis?

Depuis le début de la semaine, un nouveau système d’immigration est officiellement en vigueur au Québec. Annoncé dans un premier temps par le précédent gouvernement libéral avant de voir son entrée en vigueur repoussée, le système Arrima est désormais « opérationnel », a certifié lundi le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette.

Concrètement, beaucoup de choses vont changer dans la sélection des nouveaux arrivants. Ces mesures prendront cependant plusieurs mois avant de devenir pleinement applicables.

La loi, qui a obtenu la sanction du lieutenant-gouverneur dimanche soir, met fin à la procédure du « premier arrivé, premier servi ». Désormais, les ressortissants étrangers souhaitant venir au Québec dans le cadre du Programme régulier des travailleurs qualifiés (PRTQ) doivent remplir un formulaire de déclaration d’intérêt.

À ce jour, près de 115 000 personnes ont déjà rempli ce document.

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Fournis par Canadian Broadcasting Corporation
 

Dans cette déclaration d’intérêt, il est demandé au candidat des renseignements sur sa situation familiale, son parcours professionnel, sa scolarité et ses connaissances du français et de l’anglais. Le candidat peut également mentionner s’il a une offre d’emploi.

Le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) invite par la suite les candidats répondant aux besoins du marché du travail à remplir leur dossier, qui sera analysé ultérieurement selon une grille de sélection.

Des critères d’invitation qui évolueront

Comment le MIDI sélectionnera-t-il les candidats invités à soumettre une demande?

« Les critères d’invitation seront modulés en fonction des besoins du Québec », explique le ministère.

L’objectif est d’inviter des personnes qui ont le plus grand potentiel d’intégration au Québec. L’accès à un emploi étant un des facteurs favorisant l’intégration, le potentiel de la personne permettant de répondre aux besoins de main-d’œuvre de la société québécoise sera évidemment considéré.

Émilie Vézina, porte-parole du MIDI

Les premières invitations seront lancées « au cours des prochaines semaines », a affirmé le ministre Jolin-Barrette.

Une grille de sélection qui devrait être revue

Dans les faits, pour le moment, l’étude de ces demandes d’immigration ne changera pas, puisque la grille de sélection datant du 2 août 2018 est toujours en vigueur. Cette méthode de sélection est d’ailleurs critiquée par le milieu des affaires, qui déplore la place trop importante accordée aux diplômes des candidats.

© Fournis par Canadian Broadcasting Corporation« Les deux tiers de nos postes vacants requièrent un secondaire 5 ou moins, détaille Véronique Proulx, présidente de Manufacturiers et exportateurs du Québec. On n’a pas besoin uniquement d’ingénieurs, mais de commis, de journaliers. »

Le président de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), Stéphane Forget, tient un discours similaire.

Il faut revoir le pointage et améliorer cette grille. Il ne faut pas que les gens ayant un diplôme professionnel ou technique aient moins de points, car ils n’ont pas de diplôme universitaire.

Stéphane Forget, président de la FCCQ

« Le MIDI travaille continuellement à améliorer ses différents processus », répond une porte-parole du ministère. Des consultations publiques auront par ailleurs lieu en août, et le MIDI a déjà invité les intervenants à se prononcer sur les « objectifs de sélection et d’admission ».

« On espère des changements dès cet automne », mentionne de son côté Yves-Thomas Dorval, qui dirige le Conseil du patronat.

Un portail pour les employeurs en février 2020

La principale nouveauté verra le jour en février 2020 avec le lancement du « portail employeurs libre-service ». Il s’agit du fameux « Tinder de l’immigration », évoqué en février par le ministre Jolin-Barrette.

Avec cet outil, les employeurs québécois pourront directement consulter les profils des candidats ayant déposé une déclaration d’intérêts et communiquer avec eux. Ils pourront ainsi faire une offre d’emploi à un candidat, ce qui pourrait faciliter et accélérer son arrivée au Québec.

Les employeurs pourront aller directement sur le site du ministère, consulter les profils des candidats à l’immigration pour leur faire une offre d’emploi, pour les inviter. Et à partir du moment où il y aura un maillage entre les employeurs et les candidats à l’immigration, on va les inviter en priorité.

Simon Jolin-Barrette, ministre de l’Immigration

Dès cet été cependant, « une interface pour les conseillers en partenariat du MIDI sera lancée afin que ces derniers puissent appuyer les employeurs dans les régions du Québec à entrer en contact avec les personnes qui ont les profils recherchés à venir travailler au Québec », précise le MIDI.

© Fournis par Canadian Broadcasting Corporation
 

Ultérieurement, des tests de valeurs québécoises et de français pourraient voir le jour, comme l’a déjà clamé le premier ministre. Ceux-ci pourraient faire partie des « conditions » concernant la résidence permanente, mais devront être instaurés par le biais d’un règlement. Québec devra également obtenir l’aval du gouvernement fédéral s’il souhaite prendre cette voie.

La priorité aux candidats déjà au Québec

Dans un premier temps, tel que l’avait annoncé François Legault à la fin de février, après l’annonce de l’abandon de plus de 18 000 dossiers d’immigration en attente, les candidats à l’immigration permanente vivant et travaillant déjà au Québec auront priorité.

Un amendement a été déposé en ce sens par le gouvernement quelques heures avant l’adoption de ce projet loi. Cette décision concerne environ 3700 dossiers, soit près de 5500 personnes.

D’ici sept mois, le ministre s’engage ainsi à « inviter » les candidats « à présenter une demande de sélection à titre permanent » dans le cadre du PRTQ à condition d’avoir rempli une déclaration d’intérêt dans Arrima.

Le ressortissant étranger invité aura alors 60 jours pour présenter cette demande.

© Fournis par Canadian Broadcasting Corporation

Près de 2000 dossiers traités

Par ailleurs, depuis la décision à la fin de février de la Cour supérieure forçant le MIDI à continuer d’étudier ces milliers de dossiers, près de 2000 dossiers ont été traités, a confirmé le ministre Jolin-Barrette.

Entre mars et mai, le taux d’acceptation a été d’environ 13 %. Dans son jugement, le juge Frédéric Bachand soulignait que le MIDI était « en mesure de traiter mensuellement entre 1000 et 2000 demandes dans le cadre du PRTQ ». Le taux d’acceptation se situait quant à lui « autour de 50 % » au cours des trois dernières années.

Tout compte fait, en retirant les dossiers des candidats vivant au Québec qui pourront être sélectionnés par l’entremise d’Arrima, de 12 000 à 13 000 dossiers présents dans l’inventaire du MIDI ne seront donc pas traités.

Ces candidats seront défrayés des dépenses liées à la présentation de leur demande, pour un montant d’environ 1000 $.

Cependant, les frais de traduction, de conformité de documents, ainsi que les frais d’examens de connaissances linguistiques ne seront pas remboursés. Cette demande, faite par Québec solidaire en fin de semaine, a été rejetée par le gouvernement.

Radio-Canada.ca par Romain Schué

Québec: adoption d’un projet de loi controversé sur l’immigration

juin 16, 2019

 

L’Assemblée nationale du Québec a adopté ce dimanche un projet de loi controversé sur l’immigration, qui entraînera notamment l’abandon de 18.000 dossiers d’immigration déposés dans cette province francophone du Canada.

Le projet de loi 9 a été adopté dimanche vers 4h du matin (8h GMT), à l’issue une séance-marathon exceptionnelle convoquée par le parti Coalition Avenir Québec (CAQ, centre-droit) au pouvoir, a annoncé Simon Jolin-Barrette, ministre québécois de l’Immigration, sur Twitter.

Le texte prévoit une réforme du processus de sélection des candidats, qui sera désormais basée sur l’adéquation des compétences professionnelles avec les besoins de main-d’œuvre du Québec.

Il entraînera ainsi l’annulation de 18.000 dossiers de candidatures, qui touchent au total quelque 50.000 personnes. Ces dossiers avaient été déposés sous l’ancien système, basé sur le principe du premier arrivé premier servi.

Ces candidats à l’immigration vont devoir déposer une nouvelle demande dans le cadre du nouveau système. Le gouvernement provincial a promis que les délais de traitement des dossiers pour les travailleurs qualifiés passeraient de 36 à 6 mois grâce à cette réforme.

L’opposition a dénoncé jusqu’au bout un projet de loi «inhumain», fustigeant l’«incapacité» du gouvernement à justifier l’abandon de ces 18.000 dossiers en souffrance. Le parti du premier ministre François Legault a été porté au pouvoir en octobre avec la promesse de réduire de plus de 20 % le nombre d’immigrants et de réfugiés que le Québec accueille chaque année.

Après une courte nuit de sommeil, les députés québécois ont repris leurs travaux dimanche peu après 9 heures pour l’examen d’un autre projet de loi controversé, cette fois sur la laïcité. Il prévoit d’interdire le port de symboles religieux à plusieurs catégories de fonctionnaires en position d’autorité, dont les policiers, les juges et les enseignants.

Par Le Lefigaro.fr avec AFP