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L’Allemagne va faciliter l’immigration face à la pénurie de main d’œuvre

octobre 2, 2018

Berlin – Attirer les travailleurs étrangers qualifiés pour répondre à la pénurie de main d’œuvre dans certains secteurs: les partis de la coalition au pouvoir en Allemagne sont tombés d’accord mardi pour légiférer afin de faciliter l’immigration.

Les trois partis, les conservateurs de la CDU et de la CSU ainsi que les sociaux-démocrates du SPD, sont parvenus à un accord dans la nuit sur cette délicate question migratoire, dans un contexte politique marqué par une forte poussée de l’extrême droite en raison de l’arrivée de plus d’un million de demandeurs d’asile en 2015-2016.

Ils se sont entendus sur l’adoption courant 2019 d’une loi pour faciliter l’accès au marché du travail allemand d’étrangers extracommunautaires qualifiés.

« Nous ne voulons pas d’une immigration de personnes non qualifiées venant de pays tiers », notent sociaux-démocrates et conservateurs dans le document présenté mardi résumant les grandes lignes du projet.

Les demandeurs d’emploi de l’extérieur de l’UE — en particulier évoluant dans des secteurs sous tension comme la cuisine, les mathématiques ou l’informatique– pourront obtenir un permis de séjour en Allemagne de six mois s’ils peuvent assurer leurs moyens de subsistance durant ce laps de temps. Il sera prolongé s’ils trouvent un emploi. Une condition néanmoins, ils devront démontrer un niveau d’allemand suffisant.

« Nous avons besoin de travailleurs de pays tiers, » a reconnu le ministre de l’Intérieur (CSU), Horst Seehofer, par ailleurs très critique à l’égard de la politique d’accueil des réfugiés décidée par Angela Merkel en 2015.

Quelque 338.200 emplois étaient non pourvus en septembre en Allemagne dans les seuls secteurs de l’informatique, des mathématiques et des technologies de l’information, selon le quotidien économique Handelsblatt, qui cite l’Institut économique allemand, basé à Cologne.

Le document présenté mardi souligne que la « forte croissance économique de ces dernières années » a en partie été atteinte grâce à des une « immigration en provenance des États membres de l’Union européenne ». Mais, relève le document, « ce solde migratoire est actuellement en baisse ».

La CDU-CSU et les sociaux-démocrates du SPD ont dû trancher un désaccord au sujet des étrangers déboutés d’une demande d’asile mais qui occupent un emploi en Allemagne et parlent allemand. Le SPD souhaitait qu’ils puissent rester, ce à quoi la CSU s’opposait.

Finalement, M. Seehofer a donné son accord pour que les plus qualifiés puissent rester.

« Il s’agit de ne pas renvoyer chez elles les mauvaises personnes », a résumé Hubertus Heil, ministre SPD du Travail.

Le leader de l’AfD (extrême droite), Alexander Gauland, a réagi en accusant les partis de la coalition de vouloir « tromper les Allemands », en semant la confusion entre droit d’asile et immigration économique.

Du côté des Verts, Filiz Polat, chargé des questions migratoires, a mis en garde contre un trop-plein de « bureaucratie et des réglementations opaques ». Jan Korte, un des responsables parlementaires de Die Linke, a pour sa part demandé à ce que l’accord soit élargi à tous les demandeurs d’asile disposant d’une activité.

L’organisation patronale BDA a salué cet accord, regrettant cependant qu’il manque d’ambition en matière de reconnaissance des diplômes étrangers.

Après l’arrivée depuis d’un million de demandeurs d’asile dans la première économie européenne en 2015 et 2016, ce nombre devrait être inférieur à 200.000 cette année.

L’intégration des demandeurs d’asile via le travail montre des succès en Allemagne notamment, grâce à une économie florissante. Mais une partie de l’opinion, de même que le parti d’extrême droite AfD et une part de la CDU-CSU, accuse les demandeurs d’asile d’être responsables d’une hausse de l’insécurité.

Romandie.com avec(©AFP / 02 octobre 2018 14h46)                                                        

Londres traitera les Européens comme les autres immigrés après le Brexit (May)

octobre 2, 2018

Birmingham (Royaume-Uni) – La Première ministre britannique Theresa May a annoncé mardi de nouvelles règles en matière d’immigration au Royaume-Uni, qui entreront en vigueur après le Brexit, et donneront la priorité aux travailleurs qualifiés en supprimant la libre circulation des citoyens européens.

« Quand nous quitterons (l’Union européenne), nous mettrons en place un système d’immigration qui met fin, une fois pour toutes, à la libre circulation » des citoyens européens au Royaume-Uni, a déclaré la cheffe du gouvernement dans un communiqué. « Ce sera un système basé sur les compétences des travailleurs, et non sur leurs origines ».

« Ce nouveau système permettra de réduire l’immigration des personnes peu qualifiées », a ajouté la cheffe du gouvernement. « Il mettra le Royaume-Uni sur la voie d’une immigration réduite à des niveaux viables, comme promis ».

Theresa May s’était engagée, dans le programme présenté pour les élections législatives de juin 2017, à réduire le solde migratoire à moins de 100.000 personnes par an, contre 273.000 en 2016. La dirigeante britannique devrait détailler ce nouveau système dans un discours qu’elle prononcera mercredi au congrès du Parti conservateur, à Birmingham (centre de l’Angleterre).

Selon ces nouvelles règles, les personnes souhaitant s’installer outre-Manche devront attester d’un certain niveau de revenu, pour garantir qu’elles n’occupent pas des emplois « qui pourraient être pourvus » par la population britannique.

Les visas délivrés aux étudiants ne seront pas soumis aux mêmes critères.

Le ministre de l’Intérieur Sajid Javid a de son côté proposé une réforme du test que doivent passer les personnes souhaitant obtenir un passeport britannique, en y intégrant des références aux « valeurs britanniques ».

Le test actuel, qui porte sur la culture du pays, son histoire, le sport ou encore la cuisine, « n’est pas suffisant », a déclaré mardi le ministre lors d’un discours devant le congrès des Tories.

« Certes, a-t-il développé, il est peut-être utile de connaître le nom de la sixième épouse d’Henri VIII (NDLR: Catherine Parr). Mais le plus important pour moi, c’est (de) comprendre aussi les valeurs progressistes et démocratiques qui unissent notre société ».

« Nous devons en faire un test sur les valeurs britanniques – et c’est exactement ce que je vais faire », a-t-il dit.

Les citoyens de l’Union européenne sont actuellement libres de s’installer et de travailler au Royaume-Uni, une situation qui doit prendre fin à l’issue de la période de transition post-Brexit, en décembre 2020, en cas d’accord entre Londres et Bruxelles sur les conditions de la sortie britannique de l’UE.

Le nouveau système présenté par Mme May s’appuie sur les recommandations du Comité consultatif sur les migrations (CAM) dans un rapport publié le 18 septembre.

Dans ce rapport, le CAM recommandait d’élaborer un système d’immigration qui n’offre aucune préférence aux citoyens issus de l’Espace économique européen si la question de l’immigration n’est pas intégrée aux négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE.

Downing Street a précisé qu’un Livre blanc sur l’immigration serait publié dès cet automne, tandis qu’un projet de loi sera présenté en 2019.

Romandie.com avec(©AFP / 02 octobre 2018 12h42)                                                        

États-Unis/Italie: Trump et Conte défendent la fermeté de Washington et Rome sur l’immigration

juillet 30, 2018

Donald Trump et le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte, s’apprêtent à donner une conférence de presse conjointe à la Maison Blanche, le 30 juillet 2018 / © AFP / SAUL LOEB

Donald Trump a salué lundi la fermeté sur l’immigration du nouveau chef du gouvernement italien Giuseppe Conte, reçu avec chaleur à la Maison Blanche, où le président des Etats-Unis a mis l’accent sur ses affinités avec ce dirigeant européen populiste.

« Nous sommes tous les deux des outsiders en politique », a lancé le milliardaire républicain lors d’une conférence de presse commune.

« Mon gouvernement et l’administration Trump représentent tous deux le changement. Ils ont été choisis par les citoyens pour changer le statu quo et améliorer leurs conditions de vie », a renchéri Giuseppe Conte.

Selon la presse italienne, la visite à Washington de ce professeur de droit sans expérience politique devait lui permettre de se doter d’une stature internationale, lui qui, en Italie, est régulièrement dans l’ombre de ses deux encombrants vice-Premiers ministres qui l’ont choisi pour diriger le gouvernement: Luigi Di Maio, chef des antisystème du Mouvement 5 Etoiles, et Matteo Salvini, patron de la Ligue, une formation d’extrême droite.

Le président du Conseil italien a en tout cas reçu un hommage appuyé de Donald Trump pour sa politique migratoire résolument ferme — adoptée sous l’impulsion de Matteo Salvini, également ministre de l’Intérieur.

« J’ai décrit au président Trump l’approche novatrice de l’Italie », a-t-il dit, assurant que, grâce au bras de fer engagé par Rome, le reste de l’Union européenne avait désormais la « responsabilité de ne pas laisser toute la charge de la gestion de l’immigration sur les épaules des pays » en première ligne face aux arrivées par la mer Méditerranée.

Le président américain Donald Trump (à droite) reçoit le premier ministre italien Giuseppe Conte, dans le Bureau ovale, le 30 juillet 2018 / © AFP / SAUL LOEB

« C’est un homme qui fait un travail formidable », « je sais qu’il a une position très ferme à la frontière », a estimé le président américain, qui en a profité pour plaider la cause d’une réforme restrictive sur l’immigration aux Etats-Unis, qu’il peine à imposer au Congrès.

« Beaucoup d’autres pays en Europe devraient faire pareil », a estimé le locataire de la Maison Blanche, volontiers critique à l’égard de l’UE.

« Giuseppe » et « Donald » ont échangé plusieurs marques de chaleur et de proximité tout au long de leur rencontre, comme ils avaient commencé à le faire lors du sommet du G7, début juin au Canada, lorsque M. Trump avait trouvé le Premier ministre italien « super ». Ce dernier a assuré que son interlocuteur américain avait reconnu le rôle de l’Italie en faveur de la stabilisation de la Libye.

– Amis de la Russie –

Autre point commun entre les deux hommes: leur volonté d’améliorer les relations avec la Russie.

Photo des dirigeants du G7, le 8 juin 2018 à La Malbaie, au Canada / © POOL/AFP/Archives / Ludovic MARIN

« L’Italie est favorable à un dialogue avec la Russie, mais l’Italie considère également que le dialogue entre les Etats-Unis et la Russie est fondamental », a dit l’Italien alors que le récent sommet entre Donald Trump et Vladimir Poutine a été vivement critiqué à Washington. Il a aussi estimé que les sanctions contre Moscou ne devaient pas être « une fin en soi », tout en reconnaissant qu’elles ne pourraient pas être levées du jour au lendemain.

Tout en défendant à nouveau sa « magnifique rencontre » avec le président russe, l’Américain a lui tenu à préciser que les sanctions américaines contre la Russie seraient « maintenues en l’état », soucieux de ne pas donner prise à ceux qui l’accusent de faiblesse face au maître du Kremlin.

Sur le commerce, les deux hommes partagent le même scepticisme à l’égard du libre-échange: M. Trump a dénoncé plusieurs accords internationaux comme l’Aléna (avec le Canada et le Mexique) ou l’accord de libre-échange transpacifique (TPP), tandis que le gouvernement de M. Conte refuse de ratifier l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (CETA).

Donald Trump a toutefois estimé que « quelque chose » serait fait pour réduire le déficit commercial américain à l’égard de l’Italie.

Selon Nick Ottens, de l’Atlantic Council, le président américain « risque de ne pas trouver l’allié auquel il s’attend » avec le chef du gouvernement italien.

Sur les échanges commerciaux, le rejet par le nouveau gouvernement italien des accords multinationaux risque de compromettre l’objectif de M. Trump de parvenir à éliminer tout tarif douanier avec l’Union européenne, explique cet expert.

Romandie.com avec(©AFP / 30 juillet 2018 22h02)

Immigration: New York passe à l’attaque face aux séparation d’enfants

juin 20, 2018

New York – Des enfants séparés de leurs parents migrants à la frontière mexico-américaine sont-ils menés incognito dans des centres d’accueil new-yorkais? La question se pose après des images filmées dans la nuit par une chaîne de télé, tandis que le gouverneur démocrate a promis d’attaquer l’administration Trump en justice pour sa politique de séparation des familles.

Alors que la colère monte chez les démocrates et les défenseurs des migrants face à cette politique que Donald Trump a revendiquée mardi au Congrès, la chaîne New York 1 a diffusé mercredi matin des images de cinq fillettes accompagnées d’adultes, parlant espagnol, marchant peu avant 01 heure du matin (05H00 GMT) en pleine nuit vers un centre d’accueil du quartier de Harlem.

Le journaliste a indiqué avoir eu des informations selon lesquelles il s’agirait d’enfants séparés de leurs parents à la frontière mexicaine, mais ne pas avoir pu les confirmer officiellement.

La chaîne a aussi montré des images d’enfants ressortant du centre une heure plus tard, la tête couverte de couvertures, impossibles à identifier.

Le centre d’accueil, identifié comme appartenant à l’association des Cayuga Centers, n’a fait aucun commentaire sur ces informations dans l’immédiat.

Sur son site web, l’association explique qu’elle place des enfants de migrants dans des familles d’accueil hispanophones, en attendant de pouvoir être confiés à des membres de leur famille installés aux Etats-Unis ou renvoyés dans leur pays d’origine.

Mardi, le gouverneur de l’Etat de New York, Andrew Cuomo, a annoncé que l’Etat allait attaquer en justice l’administration Trump pour « violation des droits constitutionnels » des enfants migrants et de leur famille.

« Nous avons maintenant connaissance de plus de 70 enfants placés dans des centres fédéraux de l’Etat de New York et l’on s’attend à ce que ce nombre augmente puisque d’autres centres ont été contactés », a-t-il indiqué dans un communiqué, évoquant 10 centres différents.

« New York va agir et assigner en justice (l’administration NDLR) pour mettre fin à cette attaque impitoyable et délibérée contre les communautés immigrées, et mettre fin à cette cruelle politique une fois pour toutes », a-t-il ajouté.

Selon le journal new-yorkais Daily News, citant une source fédérale, plus de 300 enfants auraient déjà été envoyés à New York.

New York, bastion démocrate et ville-monde qui incarne l’image de l’Amérique comme terre d’immigration, s’oppose depuis l’arrivée de Donald Trump au pouvoir à toutes les mesures de restrictions migratoires de son administration.

Tant le gouverneur que le maire de New York, Bill de Blasio, ont fermement dénoncé ces derniers jours la politique dite de « tolérance zéro » face à l’immigration illégale qui a vu plus de 2.300 enfants séparés de leurs parents depuis début mai, selon les chiffres du gouvernement fédéral.

L’association New York Immigration Coalition, qui avait été début 2017 à la pointe du combat contre le décret migratoire bloquant l’arrivée aux Etats-Unis de migrants venant de certains pays à majorité musulmane, a prévu mercredi après-midi un grand rassemblement devant le siège de l’ONU à Manhattan pour protester contre cette politique de séparation et marquer la journée mondiale des réfugiés.

Romandie.com avec(©AFP / 20 juin 2018 14h05)                                                        

Immigration: malaise autour de la « tolérance zéro » de Trump

juin 1, 2018

/ © AFP/Archives / SAUL LOEB

La « tolérance zéro » de l’administration Trump face à l’immigration illégale provoque le malaise aux États-Unis et la Maison Blanche s’est vue accusée de violations des droits de l’Homme en séparant les enfants de leurs parents arrêtés après avoir passé clandestinement la frontière avec le Mexique.

Des manifestations sont prévues vendredi dans plusieurs dizaines de villes américaines pour protester contre cette mesure, censée décourager les candidats à l’immigration mais considérée comme cruelle et inutile.

« Cela ne représente pas ce que nous sommes, nous Américains, ce n’est pas ce pourquoi nous luttons », a lancé l’élu démocrate Joachin Castro lors d’un rassemblement jeudi soir à San Antonio (Texas). « Ce pays est un phare de la liberté, de la démocratie et surtout du respect des droits de l’Homme ».

« On ne devient pas non humain simplement en passant la frontière », a-t-il ajouté.

A Los Angeles, un autre élu démocrate, Jimmy Gomez, a lancé jeudi un vibrant plaidoyer en faveur des migrants. « Ces familles n’essaient pas d’entrer illégalement, elles se présentent à la frontière et demandent de l’aide », a-t-il affirmé.

Les passages clandestins ont repris depuis quelques mois à la frontière mexicaine après une baisse significative à la suite de l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, qui a fait de la lutte contre l’immigration illégale une priorité.

En avril, près de 51.000 personnes dont plus de 9.500 familles, ont été arrêtées après être entré illégalement aux Etats-Unis, selon la police aux frontières.

Pour stopper le flot, le ministre de la Justice Jeff Sessions a annoncé le 7 mai une « tolérance zéro » pour les clandestins arrêtés, particulièrement les familles, qui seront systématiquement inculpés pour entrée illégale avant même de pouvoir déposer une demande d’asile.

« Si vous faites passer (illégalement, ndlr) un enfant, nous vous poursuivrons. Et cet enfant sera séparé de vous, comme requis par la loi », avait notamment déclaré le ministre.

– « Monnaie d’échange » –

La mesure vise notamment les ressortissants des pays d’Amérique centrale qui déposent des demandes d’asile en raison d’une « peur crédible » pour leur vie. La plupart des candidats viennent du Guatemala, du Salvador et du Honduras, trois pays gangrénés par la violence des groupes criminels.

Les enfants sont placés en famille d’accueil ou chez des proches pendant que leurs parents déposent une demande d’asile. Selon les chiffres officiels, plus de 90% d’entre elles ont été approuvées après un examen qui peut durer plusieurs mois.

Pour sa défense, le président Donald Trump a rendu la précédente administration responsable de ces mesures de détention, ainsi que l’opposition démocrate au Congrès, pourtant dominé par les républicains.

« Mettez la pression sur les démocrates pour mettre fin à la loi horrible séparant les enfants de leurs parents quand ils ont passé la frontière », a-t-il dit dans un tweet la semaine dernière. Il a lié la fin de cette mesure au financement d’un mur à la frontière mexicaine pour stopper les clandestins.

La loi était en effet déjà en vigueur sous l’administration Obama, mais rarement appliquée. Selon l’éditorialiste du Washington Post Greg Sargent, « le changement n’est pas qu’une nouvelle règle a provoqué la séparation des familles (mais que) l’administration inculpe délibérément plus de familles en sachant parfaitement que plus d’enfants seront séparés de leurs parents ».

L’organisation de défense des droits civiques ACLU a quant à elle dénoncé jeudi l’utilisation des familles « comme monnaie d’échange contre un mur à la frontière et d’autres mesures répressives ».

Dans le Washington Post trois anciens responsables de la police aux frontières ont fustigé vendredi « une menace qui est en fait un, coup de bluff (et qui) va faire du tort à la sécurité aux frontières », citant le manque de financement, de juges et de lieux de détention adéquats.

Ivanka Trump a également été victime de cette controverse quand elle a posté la semaine dernière sur son compte Twitter une photo d’elle serrant son fils dans les bras.

« N’est-ce pas la meilleure chose que de câliner son petit — en sachant exactement où il est, en sécurité dans vos bras ? (…) N’est-ce pas, Ivanka? », s’est insurgé sur Twitter l’humoriste Patton Oswalt.

Romandie.com avec(©AFP / 01 juin 2018 16h28)                  

France: ce que contient la nouvelle loi « asile immigration »

avril 23, 2018
Emmanuel Macron et son ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, en février 2018 en Corse. © Benoit Tessier/AP/SIPA

En France, l’Assemblée nationale a voté en première lecture la nouvelle loi « asile-immigration ». Décrié par les associations, qui dénoncent des atteintes aux droits des personnes, et l’opposition, qui le juge trop laxiste ou trop restrictif, ce texte a notamment pour objectif affiché d’accélérer la procédure pour obtenir l’asile en France.

Le projet de loi « pour une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif » a été voté par les députés français – avec 228 voix pour, 139 contre et 24 abstentions -, ce qui en fait le projet de loi le moins bien voté depuis le début du mandat d’Emmanuel Macron. Un projet de loi ardemment porté par le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, malgré des résistances au sein de la majorité, qui l’a défendu en mettant en exergue sa « mesure ». L’ancien maire de Lyon a aussi souligné devant la Commission des lois, le 3 avril dernier, que cette loi nouvellement votée permettrait de combattre la « submersion » supposée de certaines régions françaises face au « flux » de demandeurs d’asile.

Du côté des associations de défense des droits de l’homme et de l’opposition de gauche, la pilule a du mal à passer. Quelques minutes après le vote de l’Assemblée, Amnesty International a diffusé un communiqué s’indignant d’un texte « qui n’a pas permis de répondre aux difficultés auxquelles sont confrontés les migrants et les demandeurs d’asile en France, au premier titre desquelles le respect scrupuleux de leurs droits ».

Le projet de loi a également été l’occasion de violentes critiques de la part de la droite et du groupe parlementaire des Républicains, qui ont considéré le texte défendu par Gérard Collomb comme trop tiède. « Avec Emmanuel Macron, l’immigration est en marche. La majorité silencieuse doit être entendue », a ainsi tweeté sur son compte Laurent Wauquiez, le chef de file de la droite française, dans une rhétorique empruntée au Front national.

« Finalement cette loi «  asile et immigration » aura été une formidable tribune pour le Front National. C’est lui qui sort gagnant de ce débat en mêlant asile et immigration » a pour sa part commenté Jean-Michel Clément, seul député de la majorité à voter contre le texte, avant de claquer la porte du parti d’Emmanuel Macron.

L’effort pour le demandeur

Le principal point de la loi, et sur lequel se focalisent les critiques, demeure la volonté affichée d’accélérer la procédure pour obtenir l’asile dans l’Hexagone. Un objectif a priori louable et consensuel, mais dont les dispositions font reposer l’effort uniquement sur le demandeur, et non sur l’administration – en l’occurrence l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofra).

Ainsi, sans que des moyens supplémentaires soient alloués pour accélérer le traitement des dossiers, le délai pour déposer une demande d’asile est désormais réduit de 120 à 90 jours.

Un temps jugé beaucoup trop court par les opposants du texte, notamment le Défenseur des droits Jacques Toubon, qui rappellent l’extrême précarité de nombreux demandeurs et l’immanquable lenteur du parcours administratif – il faut en moyenne patienter une vingtaine de jours avant de pouvoir décrocher un rendez-vous au Guichet unique de demande d’asile, avec d’importantes disparités suivant les régions.

La nouvelle loi prévoit également de raccourcir de 30 à 15 jours le délai pour faire appel d’une décision de refus auprès de la Cour nationale du droit d’asile. « C’est quatre fois plus court que le délai consenti pour faire appel d’une décision administrative dans le cadre du droit commun », s’indigne Amnesty dans son communiqué. Dans un entretien au journal Le Monde, Jacques Toubon estimait pour sa part que « (le demandeur d’asile) se retrouve pris dans des procédures tellement accélérées qu’elles confinent à l’expéditif ».

Le cas des mineurs en rétention

Autre disposition particulièrement contestée : l’allongement de la durée maximale de rétention des étrangers en attente d’expulsion, qui passe de 45 à 90 jours. Qualifiée de « fondamentale » par Gérard Collomb, cette disposition vise à accroître l’effectivité des mesures d’éloignement – seulement 13,9 % des obligations de quitter le territoire français sont exécutées, contre 45,8 % pour ceux passant en rétention. Une disposition inutile aux yeux de la Cimade (le Comité inter-mouvements auprès des évacués), qui rappelle qu’au-delà de 15 jours, le taux d’éloignement chute drastiquement.

Surtout, les détracteurs du texte soulignent les risques encourus par les enfants, dont le nombre en centres de rétention augmente d’année en année – plus de 300 mineurs détenus en 2017.

« Nous sommes ici un certain nombre à être absolument, totalement radicalement (…) opposés à la rétention des enfants », a tancé à l’Assemblée Jean-Luc Mélenchon, député et chef de file de la France insoumise. Le problème n’est d’ailleurs pas nouveau : la France a été condamnée à six reprises en 2016 par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), au sujet de la rétention des enfants. Sans que Paris ne décide de changer sa législation en la matière.

Le « délit de solidarité » assoupli

Quelques assouplissements ont néanmoins été concédés aux adversaires du texte, à l’image du « délit de solidarité » envers les migrants. Introduit en 1938 dans le droit français, cette disposition est à l’origine de la condamnation de plusieurs militants, notamment ceux de l’association La Roya à la frontière franco-italienne, pour être venus en aide à des migrants.

Désormais, le délit devrait connaître certaines exemptions, notamment « lorsque l’acte reproché consiste à fournir des conseils et de l’accompagnement, notamment juridiques, linguistiques ou sociaux, ou des prestations de restauration, d’hébergement ou de soins médicaux destinées à assurer des conditions de vie dignes et décentes à l’étranger. »

Les députés ont aussi voté la possibilité pour les mineurs réfugiés de faire venir leur fratrie, et non plus seulement leurs parents, afin que « la réunification familiale ne se fasse pas au détriment de l’unité familiale ». Malgré le nombre très restreint de personnes concernées, les députés de droite et d’extrême droite ont dénoncé « les belles âmes » de la majorité parlementaire et de l’opposition de gauche.

Jeuneafrique.com par

États-Unis: en Californie, terre de « résistance », Trump défend son mur

mars 13, 2018

Le président américain examine des prototypes du mur qu’il veut construire à la frontière avec le Mexique lors d’une visite à San Diego le 13 mars 2018 / © AFP / MANDEL NGAN

Le président américain Donald Trump a examiné mardi à San Diego les huit prototypes du mur qu’il veut construire tout le long de la frontière avec le Mexique afin de freiner l’immigration clandestine, l’une de ses principales promesses de campagne, et parmi les plus controversées, particulièrement en Californie.

Dans ce bastion démocrate, sa venue a provoqué plusieurs rassemblements restés pacifiques, avec d’un côté une petite centaine de ses partisans et de l’autre, environ 200 opposants dont beaucoup d’origine hispanique.

Vers midi, le président républicain est arrivé sur le vaste terrain désaffecté et lourdement protégé à Otay Mesa où sont alignés les huit modèles d’un peu plus de neuf mètres de haut sur autant de large, en béton ou en acier, au pied des collines mexicaines verdoyantes.

« Ils ont rétabli la loi et l’ordre à San Diego quand ils ont construit un mur », a déclaré le magnat de l’immobilier, tandis qu’au loin s’entendaient par instants les chants en espagnol de manifestants depuis le versant mexicain de la frontière.

Les clôtures existantes « arrêtent 90%, 95% » des immigrants qui veulent passer aux Etats-Unis depuis le Mexique et « quand nous installerons le vrai mur nous en arrêterons 99%, peut-être plus. Ce qu’on a maintenant n’est pas un très bon mur (…) les gens passent à travers », a-t-il ajouté.

– Plus de familles séparées –

Au pied de la bordure qui sépare les deux pays, du côté mexicain, Yolanda Barona était venue manifester son opposition à la politique du président américain: « Ce mur veut dire plus de familles séparées, de familles qui souffrent ».

C’est la première visite en Californie de l’hôte de la Maison Blanche, le président qui a mis le plus de temps depuis Franklin D. Roosevelt à rendre visite au « Golden State », l’Etat le plus peuplé de la fédération et opposition frontale à sa politique sur de nombreux sujets, particulièrement l’immigration.

Le gouverneur Jerry Brown a proclamé la Californie, où la plus grande partie des habitants sont d’origine hispanique, Etat sanctuaire pour ses très nombreux sans-papiers et le procureur de Californie Xavier Becerra a porté plainte plusieurs fois contre l’administration Trump, qui a contre-attaqué en justice la semaine dernière.

Donald Trump a profité de questions de journalistes pour lancer une pique à Jerry Brown, qualifié de « type sympa qui fait du très mauvais travail ».

La veille, le gouverneur lui avait adressé une lettre ouverte rappelant que le « Golden State » est, à lui seul, la sixième économie du monde, une prospérité batie grâce à l’accueil « d’immigrants et d’innovateurs venus des quatre coins du monde ».

Malgré cette visite hautement symbolique pour le président républicain, rien n’indique que le « magnifique » mur annoncé soit sur le point de sortir de terre.

Plus d’un an après son arrivée au pouvoir, le Congrès n’a pas débloqué le moindre dollar pour une construction qui pourrait coûter jusqu’à 20 milliards de dollars et contre laquelle nombre d’élus démocrates sont vent debout.

– Surpasser les obstacles –

Une centaine de partisans du président, certains en longues barbes ou vestes militaires, s’étaient toutefois rassemblés à Otay Mesa, à l’instar de Geneviève Peters, enseignante de 54 ans, en robe aux couleurs de la bannière étoilée.

« J’adore notre président. Nous avons finalement quelqu’un pour le peuple américain, qui met son peuple d’abord et qui comprend que nous sommes souverains pour décider qui vient chez nous ».

Les autres pro-Trump, en majorité des personnes âgées, portaient des pancartes telles que « Restez calme et construisez le mur ».

Soucieux d’éviter des affrontements, la plupart des opposants au président s’étaient rassemblés à une dizaine de kilomètres de là dans une église de San Ysidro.

Environ 200 personnes portaient des panneaux comme « Le président le plus stupide » ou « Pas de haine dans le Golden State ».

Une jeune femme aux cheveux bleu-gris portait un panneau où on lisait: « Pourquoi construire des murs plus hauts, les immigrés sont très forts pour grimper et surpasser les obstacles ».

« Nous sommes vraiment opposés au mur, aux interdictions d’entrée des immigrés, aux préjugés, aux comportements non éthiques », explique Lou Adamo, océanographe retraité de 76 ans, accompagné de sa femme.

« Nous sommes venus pour protester contre un président très ignorant » et « lâche », poursuit Susan Hicks, scientifique de 41 ans, parmi une foule de tous âges et multi-ethnique, depuis une place où s’aperçoit la ville mexicaine de Tijuana.

Son ami Ron McCullough, généticien de 40 ans, estime que Trump s’est finalement rendu en Californie parce que « le mur c’est son grand truc et parce qu’il a besoin d’argent » pour sa campagne de réélection.

Après la visite des prototypes, Donald Trump s’est envolé pour une soirée de levée de fonds à Beverly Hills, municipalité cossue qui jouxte Los Angeles.

Romandie.com avec(©AFP / 13 mars 2018 23h05)

Canada/Québec: Couillard s’en prend à Legault

janvier 23, 2018

 

© Jacques Boissinot La Presse canadienne
 

Le premier ministre Philippe Couillard juge que François Legault va «à l’encontre des intérêts économiques du Québec» en proposant d’accueillir moins d’immigrants dans les prochaines années.

En marge de sa mission économique en Chine, mardi, le premier ministre Couillard était appelé à commenter la volonté du chef de la Coalition Avenir Québec de présenter plus de candidats issus de différentes communautés culturelles.

La CAQ a présenté lundi un potentiel candidat aux élections, le docteur Lionel Carmant, qui est d’origine haïtienne.

M. Couillard s’en est plutôt pris à la proposition de la CAQ de diminuer les seuils d’immigration. Le docteur Carmant a d’ailleurs appuyé cette proposition, affirmant qu’il fallait mieux préparer l’immigration pour s’assurer que les nouveaux arrivants contribuent à leur nouvelle société.

Selon le premier ministre, cette position n’est pas dans l’intérêt économique du Québec puisque les employeurs sont en recherche urgente de main d’oeuvre.

M. Couillard a reconnu qu’il était possible de «faire mieux» sur la francisation des immigrants, mais selon lui, ce processus «fonctionne bien» en général.

«Moi, j’aime mieux être optimiste et dire qu’on travaille bien. On va faire mieux. On a investi plus de 100 millions $ dans la francisation il y a quelques mois à peine et on va continuer de le faire», a-t-il déclaré.

«On a besoin de cet ajout de population active au Québec. De proposer de réduire l’immigration, c’est contraire aux intérêts économiques du Québec.»

Lapresse canadienne par Vicky Fragasso-Marquis et Caroline Plante

États-Unis: la Cour suprême va examiner le décret anti-immigration de Trump

janvier 19, 2018

Washington – La Cour suprême des États-Unis a annoncé vendredi qu’elle allait examiner sur le fond la troisième mouture du décret anti-immigration du président Donald Trump, objet comme les précédentes d’une âpre bataille judiciaire.

Ce décret interdit le territoire américain de façon permanente aux ressortissants de sept pays (Yémen, Syrie, Libye, Iran, Somalie, Corée du Nord et Tchad) et suspend l’entrée dans le pays de responsables gouvernementaux vénézuéliens.

Cette troisième version avait été signée le 24 septembre, puis suspendue le 17 octobre, la veille de son entrée en vigueur, par un juge de Hawaï.

Celui-ci estimait que le texte peinait à démontrer en quoi l’entrée autorisée à plus de 150 millions de ressortissants étrangers des pays visés « nuirait aux intérêts des Etats-Unis ». Un juge du Maryland avait également bloqué la mesure.

Le gouvernement avait fait appel de ces décisions, prolongeant ainsi une bataille épique devant les tribunaux qui a débuté fin janvier, avec de multiples rebondissements en première instance et en appel devant diverses juridictions du pays.

En novembre, une cour d’appel de San Francisco avait autorisé son application partielle, exemptant les « étrangers qui peuvent démontrer une relation authentique avec une personne ou une entité aux Etats-Unis ».

La Cour suprême a également remis en vigueur le décret, mais sans se prononcer sur le fond, ce qu’elle a accepté de faire vendredi.

L’audience d’examen du texte devrait se tenir au printemps et la décision devrait être rendue d’ici fin juin.

« Chaque version du décret a été déclarée anticonstitutionnelle, illégale, ou les deux, par les tribunaux fédéraux et les cours d’appel. La Cour suprême peut et doit mettre un terme définitif aux efforts du président Trump de saper l’égalité religieuse garantie par la Constitution et les principes fondamentaux de nos lois migratoires », a commenté Omar Jadwat, avocat de l’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU).

Romandie.com avec(©AFP / 19 janvier 2018 20h20)                                            

La Cour suprême remet en vigueur le décret anti-immigration de Donald Trump

décembre 4, 2017

Vue de la Cour suprême américaine à Washington le 15 juin 2017 / © AFP/Archives / JIM WATSON

La Cour suprême des Etats-Unis a autorisé lundi l’application dans sa totalité du décret anti-immigration signé par Donald Trump, en attendant l’examen sur le fond de cette mesure bloquant l’arrivée de citoyens de sept pays, en majorité musulmans.

La troisième version de ce décret très controversé avait été suspendue par un juge de Hawaï, estimant que le texte peinait à démontrer en quoi l’entrée autorisée à plus de 150 millions de ressortissants étrangers des pays visés « nuirait aux intérêts des Etats-Unis ».

Romandie.com avec(©AFP / 04 décembre 2017 22h47)