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Afrique du Sud: appel au calme après des incidents xénophobes

février 23, 2017

Johannesburg – Le gouvernement sud-africain a lancé jeudi un appel au calme après une récente vague d’incidents violents dirigés contre des immigrés qui ont ravivé le spectre des émeutes xénophobes meurtrières de 2015 et 2008.

Depuis deux semaines, des dizaines de bâtiments occupés par des étrangers et soupçonnés d’abriter des maisons de passe ou du trafic de drogue ont été brûlés par des riverains en colère à Johannesburg et dans la capitale du pays Pretoria.

Ces incidents n’ont pas fait de victimes mais conduit la police à renforcer sa présence et à procéder à de multiples arrestations.

Les flambées de violences anti-immigrés sont récurrentes en Afrique du Sud. Le pays accueille plusieurs millions d’étrangers souvent accusés, dans un contexte de fort chômage, de voler le travail de la population locale et de nourrir la criminalité.

« Je veux appeler tous les Sud-Africains à prendre leurs distances avec la rhétorique ou les actions xénophobes », a déclaré jeudi le ministre de l’Intérieur Malusi Gigaba devant la presse.

Un collectif d’habitants d’un quartier de Pretoria a annoncé une manifestation vendredi pour dénoncer « le gouvernement qui donne du travail aux Zimbabwéens et aux autres étrangers ».

« Nous travaillons avec eux pour nous assurer qu’il n’y aura pas de violence, de menaces », a assuré M. Gigaba.

Le ministre a également promis de « répondre aux inquiétudes » des organisateurs et de faire respecter les lois en matière d’entrée sur le territoire sud-africain et d’emploi.

Le Nigeria, dont les ressortissants constituent la principale cible des récents incidents, a exprimé mercredi sa « vive inquiétude » et exigé la protection de ses ressortissants.

Jeudi, une centaine de membres de l’Association nationale des étudiants nigérians ont défilé contre les violences dans la capitale nigériane Abuja, notamment devant les sièges des entreprises sud-africaines Multichoice (télévision) et MTN (téléphone).

« Tous les Sud-Africains du Nigeria doivent partir dans les quarante-huit heures, sinon nous ne serons plus en mesure de garantir leur sécurité », a menacé leur responsable, Aruna Kadiri.

De nombreuses ONG d’aide aux étrangers ont demandé à M. Gigaba d’interdire la manifestation de vendredi qui, selon elles, « ne peut que renforcer les attitudes xénophobes et les attaques ».

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a elle condamné les récentes attaques en rappelant qu’il n’existait « aucune preuve que les étrangers sont à l’origine de la montée de la criminalité et du chômage ».

En 2015, 7 personnes sont mortes lors d’émeutes et de pillages visant des commerces tenus par des étrangers à Johannesburg puis à Durban. L’Afrique du Sud a connu en 2008 sa vague de violences xénophobes la plus meurtrière, qui a fait 62 morts.

Romandie.com avec(©AFP / 23 février 2017 16h39)             

Certains groupes d’immigrés sont plus diplômés que la population française en général

février 15, 2017

Le chercheur de l’INED Mathieu Ichou publie une enquête qui montre que les pays d’accueil sont loin de recevoir « toute la misère du monde » lorsqu’ils octroient un titre de séjour.

 

Etudiants chinois à la cité universitaire de Compiègne, en octobre 2009.

En France, le migrant reste, souvent, perçu comme un pauvre hère débarqué en haillons. Cette mythologie s’éloigne pourtant de plus en plus de la sociologie réelle de l’exilé. Même assignés au maniement du balai ou à un poste de vigile, les migrants installés dans l’Hexagone ont souvent des diplômes en poche. C’est ce que relève Mathieu Ichou, chercheur à l’Institut national d’études démographiques (INED), dans un travail intitulé « Le niveau d’instruction des immigrés : varié et souvent plus élevé que dans les pays d’origine », publié, mardi 14 février, dans le dernier numéro de Population et Sociétés.

Le démographe relève que certains groupes sont plus diplômés que la population française en général. Ainsi, 37 % des immigrés nés en Roumanie et vivant en France possèdent un diplôme de l’enseignement supérieur, comme 43 % des Chinois, 35 % des Vietnamiens ou 32 % des Polonais, alors que « seulement » 27 % de la population générale adulte de France dispose d’un grade universitaire. Un taux d’ailleurs identique à celui des diplômés de l’université au sein de la population sénégalaise de France… Quelques autres diasporas sont en revanche en dessous de ce taux, comme les Tunisiens, dont 21 % ont au moins une licence, ou les Marocains (19 %) et les Algériens (18 %).

« Un triple capital : économique, social et intellectuel »

« Contrairement à ce que l’on croit a priori, les migrants maliens qui arrivent [en Europe] sont souvent issus des classes moyennes ou supérieures de leur pays », précise le chercheur, qui rappelle que « pour quitter l’Afrique, il faut désormais bénéficier d’un certain niveau de capital économique, social et intellectuel » et ajoute que « le taux de diplômés du supérieur est bien moindre sur le continent africain qu’en France ».

Cette analyse des différentes diasporas présentes en France à laquelle Mathieu Ichou se livre est confortée par les travaux menés sur les vagues d’arrivées plus récentes observées par la démographe Anne Goujon, de l’Institut de démographie de Vienne. Cette dernière s’est penchée sur les réfugiés entrés en Autriche au début de 2015. Elle a ainsi mesuré que 27 % de Syriens arrivés dans ce pays sont diplômés du supérieur, contre 10 % de ceux qui sont restés en Syrie.

Lire aussi :   L’afflux des réfugiés pourrait à terme profiter à l’Europe

On retrouve aussi ce différentiel pour les Afghans, dont 11 % de ceux qui ont rejoint l’Autriche sont diplômés de l’université, contre un taux global de 3 % de détenteurs d’un parchemin du supérieur dans ce pays.

De quoi mesurer en creux que les pays d’accueil sont bien loin de recevoir « toute la misère du monde » lorsqu’ils octroient un titre de séjour, que celui-ci soit accordé à un réfugié ou à un migrant dit « économique ». « La plupart des discours sur les migrations ne sont pas de l’ordre du rationnel mais de l’idéologique », note à ce propos Mathieu Ichou.

Des flux migratoires diversifiés

Dans ses travaux, le démographe s’est toutefois attardé sur un autre groupe de migrants : celui des « très peu diplômés », qui existe aussi, même s’il est sans doute en train de s’estomper, eu égard aux difficultés croissantes de la migration.

Le chercheur montre qu’au sein des diasporas présentes en France, un groupe d’exilés comprenant des populations qui n’ont pas terminé leur enseignement primaire a réussi le voyage vers l’Europe.

Au sein de la population générale française, ce groupe existe à peine, représentant 1 % des Français dans leur ensemble, mais il s’élève à 19 % chez les immigrés marocains, à 17 % chez les Sénégalais et 15 % chez les Turcs.

La jonction des surdiplômés et des sous-diplômés montre, comme le rappelle Mathieu Ichou, que « les flux migratoires se sont largement diversifiés au fil des décennies ». Ce qui permet certainement d’expliquer que le rêve « politique » d’une immigration choisie soit un des seuls points communs entre les différentes approches du sujet par les candidats à l’élection présidentielle.

 
Lemonde.fr  Maryline Baumard, Journaliste

 

Chassés par les feux, les travailleurs immigrés menacés d’expulsion du Canada

mai 8, 2016

Fort McMurray (Canada) – Comme des milliers de travailleurs immigrés, Jonathan Infante se retrouve sous le coup d’une expulsion du Canada, victime des feux de forêt en Alberta qui le privent de son emploi.

Leur permis de travail est attaché à la société ou à l’entreprise qui les embauchent et, licenciés ou arrivés en fin de contrat, ils deviennent automatiquement des clandestins.

Les énormes feux depuis une semaine en Alberta, dont les plus violents à Fort McMurray près des bassins d’emplois des compagnies pétrolières, ont provoqué l’évacuation de près de 100.000 personnes et la fermeture de tous les commerces, les sociétés de service ou les écoles.

Parmi ces évacués, des dizaines sont arrivés dans un centre d’hébergement à Edmonton, la capitale de l’Alberta, à 400 km au sud de Fort McMurray, parfois encore en tenue de travail, explique celui qui les a accueillis, Marco Luciano.

Ce membre du Comité de défense des droits des travailleurs migrants au Canada raconte à l’AFP qu’ils ont été évacués depuis leur lieu de travail sans avoir le temps ou la possibilité de repasser à leur domicile pour prendre quelques vêtements ou des effets personnels.

Ils ne sont pas sûrs de ce qui va leur arriver car il ont perdu leur travail et leur statut de résident est devenu précaire. Beaucoup s’attendent au pire, ajoute Marco Luciano.

Sans savoir ce qu’il est advenu au Wendy’s de Fort McMurray où il travaillait, Jonathan Infante est inquiet car le salaire de la chaîne de restauration rapide fait vivre sa femme et ses deux enfants restés aux Philippines.

– ‘Attendre de voir’ –

Notre employeur nous a dit d’attendre de voir l’évolution de la situation, dit-il à la sortie d’un centre d’évacuation de Lac La Biche, au nord d’Edmonton.

Pour le Comité de défense des migrants, environ 70.000 étrangers sont détenteurs d’un permis de travail en Alberta, mais il est trop tôt pour savoir combien d’entre eux pourraient perdre ce précieux sésame.

Fort McMurray est une destination de choix pour ces immigrés depuis plus d’une décennie où ils travaillent dans les restaurants, les magasins, les garderies d’enfants ou sur les immenses bases de vie des compagnies pétrolières, des emplois moins bien payés que ceux offerts et réservés par les compagnies pétrolières aux Canadiens.

Le secteur des services a poussé pour assouplir les règles d’emploi des travailleurs étrangers pour leur permettre de se développer pendant la période dorée de l’exploitation avant la dégringolade, il y a deux ans, des cours du brut et les dizaines de milliers de licenciements.

Les services de l’immigration canadienne ont fait savoir qu’ils allaient examiner la situation afin éventuellement de faire exception au principe du renvoi automatique.

Une situation compliquée pour ces étrangers qui ont, pour certains, perdu leurs papiers officiels et passeport dans les incendies sans avoir d’économies pour assurer le quotidien immédiat.

Des ambassades ont cependant offert l’assistance avec par exemple le remplacement des passeports.

Egdon Parra, proche de plusieurs travailleurs étrangers à Fort McMurray, espère que le gouvernement canadien fera preuve de compassion car ce serait une catastrophe si on leur demandait de quitter le Canada.

Les dernières heures ont été éprouvantes et plutôt angoissantes, et le gouvernement doit se souvenir que ce sont des membres importants de la communauté en contribuant à la croissance de l’économie tout en payant des impôts, ajoute Egdon Parra.

Ils ne travaillent pas simplement ici, ils y vivent même si c’est de façon temporaire.

Romandie.com avec(©AFP / 08 mai 2016 11h26)

Italie: La récupération des corps se poursuit à Lampedusa, 400 autres immigrés sauvés

octobre 8, 2013

Les plongeurs italiens ont poursuivi mardi à Lampedusa leur éprouvant travail de récupération des corps après le naufrage de jeudi, tandis que deux navires ont sauvé dans les eaux siciliennes plus de 400 immigrés.

C’est une opération difficile en raison des cordes et des câbles qui flottent dans l’eau. Les plongeurs nouent une corde autour de n’importe quelle partie du corps, un bras ou une jambe par exemple, puis ils le tirent de l’épave, a déclaré à l’AFP Leonardo Ricci, porte-parole des garde-côtes à Lampedusa.

C’est très fatigant de les tirer jusqu’à la surface de la mer et ensuite de les hisser sur la vedette. Une nouvelle équipe s’apprête d’ailleurs à descendre, a-t-il ajouté en milieu de matinée.

Selon le témoignage de Mussiie Ghebberhiert, un des survivants du naufrage, interrogé par le procureur d’Agrigente (Sicile) en début d’après-midi, le bateau transportait 545 personnes, parmi lesquelles environ 20 enfants, âgés de quelques mois à huit ans.

Seuls 155 personnes ont pu être sauvées, ce qui laisse craindre un bilan de 300 à 390 morts.

A ce jour, environ 288 corps ont été récupérés, dont 18 dans la matinée, 24 en début d’après-midi et 14 autres dans la soirée, selon le porte-parole des garde-côtes, le commandant Filippo Marini.

La grande partie d’entre nous est d’origine érythréenne, dix au maximum étaient éthiopiens, a ajouté M. Ghebberhiert, qui a précisé que les deux seules personnes à bord de peau claire étaient le capitaine et son assistant. Ce dernier, très jeune, voire mineur selon les témoins, fait partie des disparus.

En tout, six survivants, qui ont expliqué avoir payé chacun entre 1.000 et 2.000 dollars, ont répondu mardi aux questions des enquêteurs.

Les immigrés, regroupés au centre d’accueil de Lampedusa, ont protesté mardi contre leurs conditions de vie difficiles, jetant des matelas à l’extérieur et essayant de bloquer des autobus, sans que la situation ne dégénère cependant.

Le Haut commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR) a pour sa part demandé en premier lieu la restructuration du centre d’accueil de Lampedusa, dont la capacité doit être portée à 850 postes, contre 250 actuellement disponibles après l’incendie de septembre 2011, qualifiant les conditions actuelles d’absolument inacceptables.

Le parquet d’Agrigente, en charge de l’enquête sur ce naufrage, a émis un mandat d’arrêt contre le Tunisien Kaled Bensalam, 35 ans, accusé d’être un passeur et considéré comme le commandant du bateau qui a fait naufrage. L’homme avait été interpellé dès l’arrivée des premiers survivants à Lampedusa.

Expulsé une première fois en avril dernier d’Italie, Kaled Bensalam est accusé d’homicides multiples, de naufrage et d’aide à l’immigration illégale.

La direction antimafia de Palerme a de son côté décidé d’ouvrir une enquête pour trafic d’êtres humains.

Deux navires, l’un battant pavillon du Panama et l’autre du Danemark, ont sauvé plus de 400 immigrés dans la nuit de lundi à mardi.

La cargo panaméen Begonia G. a sauvé 263 immigrés, qui se disent syriens et palestiniens, alors que leur embarcation se trouvait en difficulté à plus de 100 kilomètres des côtes siciliennes.

Le groupe, comprenant 63 femmes et près de 80 mineurs, est arrivé à l’aube à Catane, dans l’est de la Sicile.

Le cargo danois a embarqué 141 immigrés qui se disent syriens, dont 39 femmes et 28 enfants, et faisait route vers le port de Pozzallo, en Sicile.

Mercredi sont attendus à Lampedusa le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et la commissaire européenne chargée des Affaires intérieures, Cecilia Malmström. Ils seront accompagnés du chef du gouvernement italien Enrico Letta et de son vice-Premier ministre Angelino Alfano.

Romandie.com avec (©AFP / 08 octobre 2013 20h50)