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Génocide des Tutsi : un prêtre franco-rwandais incarcéré en France

avril 17, 2021
Exposition au Mémorial du génocide de Kigali

Un prêtre rwandais, installé depuis plus de 20 ans en France et naturalisé, est incarcéré depuis mercredi, rattrapé par des accusations sur son rôle lors du massacres de Tutsi réfugiés dans son église en avril 1994, au début du génocide.

Marcel Hitayezu, né en 1956, a été mis en examen (inculpé) mercredi, accusé d’avoir « privé de vivres et d’eau des Tutsi s’étant réfugiés dans son église » et d’avoir « fourni des vivres aux miliciens ayant attaqué les Tutsi réfugiés » dans sa paroisse de Mubuga, dans le Sud du Rwanda, a-t-on appris vendredi auprès du Parquet national antiterroriste (Pnat), également chargé du suivi des dossiers de crimes contre l’humanité.

« Marcel H. a contesté ces faits lors de son interrogatoire devant le juge d’instruction », a précisé le Pnat dans un communiqué.

Selon une source proche de l’enquête, le prêtre a été interpellé mercredi par les enquêteurs de l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité (OCLCH), à son domicile d’un village du Sud-Ouest de la France, dont il était, selon le diocèse, vicaire de la paroisse.

Génocide et complicité de crimes contre l’humanité

Cette arrestation a été ordonnée par un magistrat du pôle « Crimes contre l’humanité » du tribunal de Paris, chargé depuis le 26 juillet 2019 d’une enquête visant le prêtre, ouverte trois ans après le refus définitif de la justice française, en octobre 2016, d’extrader Marcel Hitayezu vers le Rwanda.

À l’issue de son interrogatoire, le prêtre été mis en examen, notamment pour « génocide » et « complicité de crimes contre l’humanité », puis placé en détention provisoire.

Selon le quotidien catholique français La Croix, le prêtre, après trois ans passés dans des camps de réfugiés dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), était « arrivé entre 1998 et 1999 » dans le diocèse de La Rochelle (Sud-Ouest), avant de se voir accorder le statut de réfugié en « janvier 2011 ».

« Cachée dans les cadavres »

Cette mise en examen « est une excellente nouvelle », a réagi Alain Gauthier, cofondateur du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR), partie civile dans le dossier. « L’Église doit s’interroger sur la façon de donner des responsabilités à des gens soupçonnés d’avoir participé au génocide », a-t-il estimé.

Un autre prêtre catholique réfugié en France, Wenceslas Munyeshyaka, lui aussi accusé d’avoir joué un rôle dans les massacres de 1994, a bénéficié d’un non-lieu en 2015.

En décembre, une journaliste de l’AFP, qui accompagnait Alain Gauthier dans ses enquêtes au Rwanda, a recueilli les témoignages de deux rescapées de Mubuga.

Ces deux femmes, qui ont souhaité gardé l’anonymat, ont affirmé que le prêtre avait l’habitude d’entonner devant les réfugiés terrorisés des « chants habituellement chantés pendant les veillées des morts », alors que rôdaient les « Interahamwe », milices extrémistes hutu et bras armés du génocide. « On était comme des morts-vivants », a lâché l’une d’elles.

L’une de ces rescapées, âgée de 10 ans en 1994, a raconté, secouée de pleurs, être restée dans l’église « deux semaines cachée dans les cadavres de sa famille » tant elle était effrayée après l’attaque des miliciens, jusqu’à ce qu’un bulldozer venu ramasser les corps la fasse émerger de cet abîme.

C’EST MARCEL QUI A LIVRÉ LES TUTSI QUI ÉTAIENT DANS L’ÉGLISE

Joint par téléphone vendredi au Rwanda, Bernard Kayumba, 52 ans, qui a passé trois jours dans l’église de Mubuga avant de pouvoir s’enfuir, a réagi avec émotion. « Vraiment ? », a-t-il lancé, ajoutant: « je suis très content, c’est une nouvelle très bien reçue ».

Bernard Kayumba était en 1994 étudiant au grand séminaire et connaissait l’abbé Hitayezu depuis sa paroisse natale. « J’ai été extrêmement déçu; il a montré le comportement d’un criminel », a estimé Bernard Kayumba.

« Il faisait des réunions avec les autorités génocidaires locales, avec le bourgmestre, avec les gendarmes, sous nos yeux; c’est Marcel qui a livré les Tutsi qui étaient dans l’église », a-t-il assuré, « il faut que Marcel puisse répondre de ses actes ».

Entre avril et juillet 1994, le génocide contre les Tutsi a fait entre 800 000 (selon l’ONU) et 1 million de victimes (selon Kigali).

Le sort judiciaire des suspects réfugiés en France est un des points de tension entre Paris et Kigali, relation empoisonnée par la question du rôle des autorités françaises en 1994. Le ton est désormais à l’apaisement depuis le rapport de l’historien français Vincent Duclert, qui a conclu en mars à des « responsabilités lourdes et accablantes » de Paris lors des massacres.

Sept accusés ont été renvoyés aux assises en France pour des crimes liés à ce génocide, mais seuls trois ont été déjà jugés et condamnés. Une trentaine d’enquêtes se poursuivent.

Par Jeune Afrique avec AFP

Mali : pourquoi Ras Bath et ses coaccusés restent incarcérés

mars 4, 2021
L’activiste malien Ras Bath lors d’un rassemblement en amont du second tour de la présidentielle, à Bamako, le 11 août 2018.

Malgré l’annulation de la procédure pour « complot contre le gouvernement » par la cour d’appel de Bamako, l’activiste Ras Bath et ses coaccusés restent incarcérés, après un pourvoi en cassation du procureur général.

C’est un nouveau rebondissement qui relance l’affaire. Et les prévenus, qui ont espéré un temps retrouver la liberté, restent derrière les barreaux. Alors que la Chambre d’accusation de la cour d’appel de Bamako avait prononcé mardi l’annulation des procédures visant sept personnalités poursuivies pour « complot contre le gouvernement et association de malfaiteurs », et demandé leur remise en liberté, le procureur général du parquet s’y est opposé. Il s’est pourvu en cassation mercredi, a-t-on appris auprès d’avocats de la défense.

« Le procureur avait laissé entrevoir cette possibilité mardi, lors d’une intervention à la télévision. Nous avons donc décidé de le rencontrer pour comprendre exactement ce qu’il comptait faire. Il nous a dit qu’il avait formalisé un pourvoi en cassation, ce mercredi », confie Me Ben Mamata Touré, avocat de l’activiste et animateur radio Mohamed Youssouf Bathily – dit Ras Bath – et de l’ancien secrétaire général de la présidence, Sékou Traoré.

Cour suprême

Depuis ce pourvoi, les deux parties s’affrontent sur l’interprétation du code de procédure pénal, et plus précisément de son article 505. Tandis que, pour le procureur général Idrissa Arizo Maïga, il est suspensif de l’arrêt, les avocats des prévenus estiment que non.

C’est, pour l’heure, l’interprétation livrée par le procureur qui l’emporte. Ras Bath, ainsi que ses autres coaccusés, Mahamadou Koné, trésorier payeur général, Vital Robert Diop, directeur général de la société PMU-Mali, Aguibou Tall, directeur général adjoint de l’AGEFAU, et Souleymane Kansaye, receveur général du district, arrêtés depuis fin décembre, restent donc à la maison centrale d’arrêt de Bamako, en attendant le jugement de la chambre criminelle de la Cour suprême.

Sékou Traoré qui avait un rang de ministre de par ses anciennes fonctions, est, lui, en liberté. L’ancien Premier ministre, Boubou Cissé, également cité dans l’affaire, est quant à lui « en lieu sûr », selon ses proches.

Vers une nouvelle procédure ?

Le 16 février, Alou Nampé, alors avocat général de la chambre d’accusation, avait demandé « l’annulation des procédures et la levée des mandats de dépôt » à l’encontre des personnes arrêtées. Cette position, en contradiction avec le réquisitoire écrit du procureur, a été suivie quelques semaines plus tard par les nouveaux magistrats en charge du dossier, nommés après une recomposition de la Cour qui avait retardé le rendu du jugement. La décision, ce mardi 2 mars, de la Chambre d’accusation de la cour d’appel de Bamako d’annuler la procédure avait suscité de l’espoir chez leurs proches. Mais ce nouveau rebondissement ouvre la voie à une nouvelle étape de procédure qui pourrait s’annoncer longue.

« Nous pensons que cela est injuste. Quant à nos clients, ils ne comprennent pas ce qui leur arrive », regrette Ben Mamata Touré. En attendant de passer devant la Cour suprême, « la défense compte introduire, mardi 9 mars, un recours en interprétation auprès de la Cour d’appel, pour que celle-ci tranche sur la question du caractère exécutoire ou non de sa décision, explique Me Kassoum Tapo, avocat de Aguibou Tall et Boubou Cissé. Si la Cour d’appel dit qu’elle l’est, les cinq prévenus incarcérés doivent sortir. »

Par Jeune Afrique

Tunisie: polémique autour de l’incarcération de l’ex-opposant Taoufik Ben Brik

juillet 28, 2020

 

Déjà emprisonné sous Ben Ali, Taoufik Ben Brik vient d’être condamné à un an de prison ferme pour «diffamation» des magistrats.

Le journaliste tunisien Taoufik Ben Brik, connu pour s’être opposé au régime de Ben Ali, a été incarcéré en Tunisie pour des appels aux armes en faveur d’un politicien, déclenchant une polémique, dix ans après la révolution. Des poursuites avaient été lancées contre M. Ben Brik durant la campagne électorale de l’automne 2019, après qu’il a protesté à la télévision contre l’incarcération du candidat à la présidentielle Nabil Karoui. Il avait notamment lancé: «dans d’autres pays, on prend les armes et les gens descendent se battre pour ceux qu’ils soutiennent» et critiqué à l’époque les juges l’ayant incarcéré.

Sur la chaîne Nessma appartenant à M. Karoui, Ben Brik avait vivement soutenu cet «ami et frère», un homme d’affaires poursuivi pour blanchiment d’argent et en campagne contre le parti d’inspiration islamiste Ennahdha. M. Karoui avait été placé en détention préventive durant la quasi-totalité de la campagne dans le cadre d’une affaire remontant à plusieurs années, ce qui avait poussé nombre d’observateurs à déplorer une instrumentalisation de la justice à des fins politiques.

Après cette émission, la Haica, instance de contrôle de l’audiovisuel tunisien, avait condamné une énième fois la chaîne, qui émet sans licence. M. Ben Brik, condamné pour ces propos à deux ans de prison par contumace en avril, a demandé à être rejugé lorsqu’il s’est rendu en Tunisie en juillet à l’occasion des funérailles de son frère.

À l’issue de ce nouveau procès, il a été condamné la semaine passée à un an de prison ferme pour «diffamation» des magistrats, et incarcéré sur le champ, bien qu’ayant fait appel, ont indiqué ses avocats, déplorant une arrestation «arbitraire». Selon l’Association des magistrats tunisiens, il est également condamné pour «incitation à la violence». La décision rendue par le tribunal n’a pas encore été transmise aux parties.

Harcelé par la police de l’ancien régime

Ses avocats ont dénoncé cette nouvelle incarcération du pamphlétaire, qui avait déjà fait de la prison en 2010 après avoir critiqué le régime de Zine el-Abidine Ben Ali. «Cette arrestation constitue un très mauvais signal», ont souligné dans un communiqué Me William Bourdon et Me Nabil Akrimi. «Dans une démocratie, si des propos excessifs peuvent être poursuivis (…), ils ne (…) doivent jamais faire l’objet d’une procédure expéditive, ni conduire à un placement en détention», ont ils fait valoir.

«L’histoire retiendra que mon mari a été emprisonné sous Ben Ali, puis de nouveau dix ans après sa chute», a déploré son épouse Azza Zarrad, jointe par l’AFP, soulignant que la prison pourrait lui être fatale en raison des dysfonctionnements de son système immunitaire.

Taoufik Ben Brik, 59 ans, connu pour ses écrits souvent satiriques ou ironiques dénonçant la dictature de Ben Ali, a été censuré en Tunisie et régulièrement harcelé par la police de l’ancien régime.

Par Le Figaro avec AFP

Tchad : le chef rebelle centrafricain Abdoulaye Miskine incarcéré à N’Djamena

juin 3, 2020

Des combattants de l'ex-Séléka, à Bangui en 2013 (Archives).

Des combattants de l’ex-Séléka, à Bangui en 2013 (Archives). © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

 

Le chef rebelle centrafricain Abdoulaye Miskine et trois de ses compagnons, qui avaient été arrêtés au Tchad, ont été placés sous mandat de dépôt et sont incarcérés à N’Djamena. Ils sont notamment accusés de « la création et la direction d’un mouvement insurrectionnel ».

Le leader et fondateur du groupe armé Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC), signataire en février d’un accord de paix entre le gouvernement centrafricain et 14 groupes armés, avait été arrêté en novembre 2019 au Tchad, à la frontière avec la Centrafrique.

« Il est reproché à Abdoulaye Miskine la création et la direction d’un mouvement insurrectionnel (ainsi que des) viols », a indiqué à l’AFP son avocat Me Mognan Kembetiade, qui affirme qu’il a été entendu par un juge d’instruction lundi et mis sous mandat de dépôt. Le gouvernement centrafricain avait alors demandé son extradition, et l’ONU l’avait mis sous sanction.

« Le temps de finir l’instruction »

« Il y a eu une plainte d’une famille tchadienne, la demande d’extradition des autorités centrafricaines et la manifestation d’intérêt de la Cour pénale internationale (CPI) », a égrainé le ministre tchadien de la Justice, Djimet Arabi, qui a confirmé que le chef rebelle avait « été mis sous mandat de dépôt le temps de finir l’instruction ».

Son homologue centrafricain, le ministre Flavien Mbata, s’est félicité d’ »un pas vers la justice, pour l’intérêt des victimes ». »Les autorités tchadiennes vont le juger et, respectant leur parole, assurer son transfèrement à la RCA et à la CPI, qui a une primauté de compétence. Si la CPI se dit prête, nous allons le confier à la CPI », a-t-il expliqué.

Figure historique de la rébellion depuis la première guerre civile centrafricaine en 2004, année au cours de laquelle il a créé le FDPC, Abdoulaye Miskine, de même que son groupe, a perdu de son pouvoir sur le terrain, mais garde des soutiens politiques et financiers.

Après avoir rejoint l’ex-rébellion Séléka, une coalition de groupes armés qui avait renversé le régime du président François Bozizé en 2013, le « général » autoproclamé Miskine avait signé l’accord de paix de Khartoum du 6 février 2019 entre le gouvernement et 14 groupes armés, par lequel les signataires se partageaient notamment des postes au gouvernement.

Depuis l’accord de Khartoum, les violences ont baissé en Centrafrique mais n’ont pas réellement cessé, et près d’un quart des quelque 4,7 millions d’habitants de ce pays parmi les plus pauvres du monde ont été contraints de fuir leurs domiciles depuis 2013.

Par Jeune Afrique avec AFP

Congo: des jeunes activistes incarcérés à la Maison d’arrêt de Brazzaville

janvier 21, 2020

Le saviez-vous au Congo Brazzaville plusieurs jeunes activistes sont actuellement incarcérés à la Maison d’arrêt de Brazzaville depuis plusieurs mois pour un seul crime celui de dénoncer la dictature de Denis Sassou Nguesso.
Il s’agit de :
•SABOUKOULOU LOUBAKI FRANCK DONALD arrêté, le 13 Décembre 2019, à l’Angola libre, par la DGST (Brazzaville) à 14heures.

•HOJOYJ MABIALA PARFAIT arrêté, le 23 Novembre 2019, par la DGST, à Pointe-Noire et déféré, à Brazzaville, le 06 Décembre 2019.

•OSSEBI MIANGUE GUIL arrêté, à son domicile, par la DGST, à 6 heures, à Brazzaville.

•DISSIVOULOUD MELDRY ROL, arrêté, à son domicile, à 6 heures, par la DGST, à Brazzaville.

• MAKELA N’LEMVO CELESTE arrêté, le 22 Décembre 2019, à Pointe-Noire, dans un restaurant, à 18 heures, par la DGST, ensuite déféré, à Brazzaville, le 23 Décembre 2019.

BrazzaNews exige la libération sans condition de ces jeunes activistes. Nous nous demandons parfois si Denis Sassou Nguesso et ses acolytes de magistrats, connaissent le mot « HONTE » !

 

Photo de BrazzaNews.
Avec Brazzanews.fr

France: Incarcérée après avoir craché au visage d’un maire de la Loire

septembre 30, 2019

 

Une femme de 34 ans a été écrouée lundi soir après avoir injurié et craché au visage du maire de Montbrison (Loire) dimanche, a appris l’AFP auprès du parquet de Saint-Etienne.

Dimanche après-midi, le maire DVD Christophe Bazile a été pris à partie par cette femme, après avoir fait connaître sa qualité de premier magistrat de cette sous-préfecture. Il tentait de calmer la bruyante altercation qui l’opposait à son compagnon dans un jardin public de la ville. D’après les déclarations contenues dans sa plainte, elle a réagi en l’injuriant et en lui crachant dessus à plusieurs reprises, au visage et sur ses vêtements.

Le juge des libertés et de la détention a validé le placement en détention de cette habitante de Montbrison au centre de détention de La Talaudière (Loire), dans l’attente de son jugement, mercredi, en comparution immédiate, devant le tribunal correctionnel de Saint-Etienne. Connue pour son addiction à l’alcool, elle avait été jugée par défaut et condamnée en octobre dernier à quatre mois de prison avec obligation de soin à la suite de l’agression d’un gendarme, indique encore le parquet qui précise qu’elle n’a pas respecté son contrôle judiciaire.

Par Le Figaro.fr avec AFP

En Angola, le fils de l’ex-président Dos Santos incarcéré pour « détournement de fonds »

septembre 25, 2018

Ancien patron du Fonds souverain angolais, José Filomeno dos Santos avait été inculpé en mars mais laissé jusque-là sous contrôle judiciaire.

L’ex-président angolais José Eduardo dos Santos passe le relais à son successeur, Joao Lourenço, lors du congrès extraordinaire du Mouvement populaire pour la libération de l’Angola (MPLA, au pouvoir), le 8 septembre 2018 à Luanda.
L’ex-président angolais José Eduardo dos Santos passe le relais à son successeur, Joao Lourenço, lors du congrès extraordinaire du Mouvement populaire pour la libération de l’Angola (MPLA, au pouvoir), le 8 septembre 2018 à Luanda. Crédits : AMPE ROGERIO / AFP

Zenu

La justice angolaise a placé en détention, lundi 24 septembre, l’un des fils de l’ancien président José Eduardo dos Santos, dans le cadre d’une vaste affaire de détournement de fonds. C’est une nouvelle étape du grand nettoyage engagé contre l’ancien régime par le nouveau chef de l’Etat, Joao Lourenço.

 

Inculpé en mars mais jusque-là laissé sous contrôle judiciaire, José Filomeno dos Santos, ancien patron du Fonds souverain angolais, est le premier membre de la famille de l’ancien dirigeant du pays incarcéré.

« En raison de la complexité et de la gravité des faits et afin de garantir l’efficacité de l’enquête […], le ministère public a décidé d’appliquer aux accusés une mesure de détention préventive », a annoncé le procureur général, Alvaro Da Silva Joao. « Les éléments de preuve rassemblés dans le dossier constituent des preuves suffisantes que les accusés se sont engagés dans des activités de corruption. »

L’homme d’affaire angolo-suisse Jean-Claude Bastos de Morais, un proche du fils Dos Santos qui a géré une partie du fonds souverain, a lui aussi été placé en détention provisoire.

Transfert suspect de 500 millions de dollars

Surnommé Zenu, José Filomeno dos Santos est poursuivi pour « fraude, détournement de fonds, trafic d’influence, blanchiment d’argent et association criminelle » avec d’autres personnalités, dont l’ancien gouverneur de la Banque centrale (BNA) Valter Filipe da Silva.

Selon le ministère angolais des finances, le fils de l’ex-président est soupçonné d’avoir mis au point, alors qu’il dirigeait le fonds souverain, une gigantesque fraude qui aurait pu lui permettre de détourner, avec ses complices, jusqu’à 1,5 milliard de dollars. Cette escroquerie avait été maquillée en un plan qui devait permettre à l’Angola de bénéficier de 35 milliards de dollars de financements, avec une fausse garantie de la banque Credit suisse. Elle avait été découverte à la faveur d’un transfert suspect de 500 millions de dollars vers le compte londonien du Crédit suisse, bloqué par les autorités britanniques.

Le ministère public suisse a de son côté annoncé en mai avoir ouvert une enquête pour « blanchiment d’argent » dans cette affaire et mené plusieurs perquisitions.

José Filomeno dos Santos avait été nommé en 2013 par son père à la tête d’un fonds souverain créé un an plus tôt et doté d’un capital de 5 milliards de dollars, puisés dans les revenus pétroliers du pays. Il a été limogé en janvier 2018 par le nouveau président angolais, Joao Lourenço.

« Ceux qui se sont enrichis illicitement »

José Eduardo dos Santos a quitté la tête du pays en septembre 2017, après trente-huit ans d’un règne sans partage pendant lequel il a mis l’économie en coupe réglée au profit d’une poignée de proches.

Au nom de la lutte contre la corruption, Joao Lourenço a depuis un an limogé de nombreux barons du régime de son prédécesseur, fonctionnaires, patrons d’entreprises publiques ou hauts responsables de l’armée et de la police. Il a ainsi écarté sa fille, Isabel dos Santos – considérée comme la femme la plus riche d’Afrique –, de la présidence de la compagnie pétrolière publique Sonangol. Ce grand ménage a suscité de vives tensions entre les partisans de l’ancien et du nouveau chef de l’Etat.

Joao Lourenço a pris au début du mois à José Eduardo dos Santos les rênes du parti au pouvoir, le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA). A cette occasion, il a confirmé, devant son prédécesseur, sa volonté de purger le pays de « la corruption, le népotisme, la flatterie et l’impunité qui [y] ont régné ces dernières années et [ont] fait tant de mal à [son] économie ». Il a ensuite fustigé, sans les nommer, « ceux qui se sont enrichis facilement, illicitement et donc de façon injustifiable aux dépens […] de tous les Angolais ».

L’incarcération de José Filomeno dos Santos a été saluée par le principal parti d’opposition. « Le président tient ses promesses », s’est félicité auprès de l’AFP Alcides Sakala, député et porte-parole de l’Unita. « L’Angola doit devenir un pays normal […] un Etat de droit et démocratique. »

« Nous respectons la séparation des pouvoirs », a de son côté réagi Joao Pinto, député du MPLA (au pouvoir). « Si des fautes ont été commises, il appartient aux tribunaux de les juger et, le cas échéant, de les réprimer. »

Lemonde.fr

 

Le beau-frère du roi d’Espagne, Iñaki Urdangarin, incarcéré

juin 18, 2018

Photo d’archives du 23 février 2017 du beau-frère du roi d’Espagne, Inaki Urdangarin, à sa sortie du tribunal de Palma de Majorque / © AFP/Archives / JAIME REINA

Le beau-frère du roi d’Espagne, Iñaki Urdangarin, a été incarcéré lundi après sa condamnation pour détournement de fonds à cinq ans et 10 mois de prison, épilogue d’une affaire qui a terni l’image de la monarchie espagnole.

Ce dénouement apporte « la certitude que la justice est la même pour tous et que personne n’est au-dessus de la loi », a commenté lundi soir le Premier ministre Pedro Sanchez lors d’une interview télévisée.

Ex-handballeur deux fois médaillé de bronze aux Jeux olympiques avec l’Espagne, le mari de l’infante Cristina s’est présenté vers 08H00 (06H00 GMT) à la prison de Brieva, une localité située à une centaine de kilomètres au nord de Madrid, a indiqué à l’AFP un porte-parole de l’administration pénitentiaire.

Comme les autres condamnés en liberté, Urdangarin, 50 ans, a pu choisir lui-même l’établissement dans lequel effectuer sa peine, à condition de s’y rendre volontairement.

La prison choisie par le beau-frère de Felipe VI est un petit établissement d’une capacité d’accueil de 162 personnes, réservé principalement aux femmes mais disposant d’un pavillon pour les hommes, qui était jusqu’à son arrivée inoccupé.

Après sa condamnation en appel mardi, la justice lui avait donné jusqu’à lundi soir à minuit (22H00 GMT) pour se rendre en prison.

Le feuilleton judiciaire entamé au début des années 2010 et qui a terni l’image de la monarchie espagnole se finit donc derrière les barreaux pour l’ex-« gendre idéal » de l’ancien roi Juan Carlos.

Urdangarin avait été condamné en première instance en février 2017 par le tribunal de Palma de Majorque (archipel des Baléares) à six ans et trois mois de prison pour avoir détourné entre 2004 et 2006 avec un associé des subventions attribuées à la fondation à but non lucratif Noos qu’il présidait.

Une peine légèrement revue à la baisse à cinq ans et dix mois en appel par la Cour suprême de Madrid.

Urdangarin dispose toujours d’un recours possible devant le tribunal constitutionnel, qui n’est toutefois pas suspensif pour les peines supérieures à cinq ans, selon la jurisprudence observée jusqu’ici par cette instance.

– Image de la monarchie ternie –

L’incarcération d’Urdangarin intervient alors que Felipe VI est en visite officielle aux Etats-Unis où il doit rencontrer le président américain Donald Trump mardi. Interrogée la semaine dernière après la condamnation d’Urdagarin, la maison royale s’était contenté de faire part de son « respect absolu pour l’indépendance du pouvoir judiciaire ».

L’enquête impliquant Urdangarin avait démarré au début des années 2010, alors que l’Espagne s’enfonçait dans la crise économique.

Combinée à d’autres scandales concernant cette fois le roi Juan Carlos, comme un voyage au Botswana pour une partie de chasse à l’éléphant en 2012 ou ses relations avec une aristocrate allemande, cette affaire avait sérieusement terni l’image de la monarchie. Au point de précipiter l’abdication du roi en faveur de son fils Felipe en juin 2014.

Avant cette affaire, Urdangarin avait été durant 14 ans membre de plein droit de la famille royale. Du 4 octobre 1997, jour de ses noces somptueuses avec Cristina de Bourbon, jusqu’au 12 décembre 2011, date à laquelle il a été déclaré persona non grata au palais, écarté pour conduite « non exemplaire »…

Ecarté avec l’infante Cristina des cérémonies officielles, Urdangarin s’est vu retirer ensuite par le nouveau roi Felipe VI le titre de duc qui lui avait été concédé le jour de son mariage.

Le couple s’était installé en 2013 à Genève, loin des paparazzis, avec ses quatre enfants.

Romandie.com avec(©AFP / 18 juin 2018 23h46)

Maroc: le patron de presse jugé pour violences sexuelles nie en bloc

mai 12, 2018

 

Taoufik Bouachrine, directeur de la publication du quotidien Akhbar al-Youm. © ABDELHAK SENNA/AFP

Le patron de presse marocain Taoufiq Bouachrine nie toutes les accusations de violences sexuelles et conteste les vidéos présentées comme des preuves, lors de son procès à huis clos devant un tribunal à Casablanca.

Arrêté le 23 février et incarcéré depuis à Casablanca, le directeur du quotidien indépendant Akhbar Al-Yaoum est jugé depuis le 8 mars notamment pour « traite d’êtres humains », « abus de pouvoir à des fins sexuelles », « viol et tentative de viol ».

Dès que la parole lui a été donnée, jeudi après plusieurs journées d’audience consacrées à des questions de forme, le journaliste de 49 ans a dénoncé un « procès politique » en rejetant toutes les accusations, selon ces sources.

Un procès à huis clos

La chambre criminelle de la cour d’appel de Casablanca a décidé la semaine dernière que le procès se tiendrait à huis clos à la demande des victimes.

Public, journalistes et observateurs dépêchés par les organisations de défense des droits de l’Homme n’ont désormais plus accès aux débats et il faut s’adresser aux différents avocats pour obtenir des éléments sur le contenu des audiences.

À la barre, M. Bouachrine a nié avoir eu des « relations consenties » avec les femmes enregistrées comme parties civiles, selon ces sources. Il a aussi affirmé « ne pas connaître l’origine des vidéos » saisies dans son bureau le jour de son arrestation, qui, selon l’accusation comprennent des images explicites.

« Aucun signe politique dans son procès »

Selon le journal Akhbar al-Yaoum, qui consacre régulièrement sa Une au procès de son patron, le journaliste a aussi revendiqué que l’audience soit ouverte pour « démontrer le complot dont il est victime ».

« Bouachrine est poursuivi pour ce qu’il a commis, je ne vois aucun signe politique dans son procès, ses écrit était ordinaires », a pour sa part commenté Habib Hajji, avocat de quatre parties civiles, joint par l’AFP.

L’audition des victimes présumées pourrait commencer la semaine prochaine.

La justice a répertorié 15 parties civiles mais au moins trois des femmes considérées comme des victimes présumées assurent n’avoir rien à reprocher à M. Bouachrine. L’une des trois, salariée du journal, a été condamnée à six mois de prison ferme pour avoir accusé la police d’avoir falsifié sa déposition.

L’affaire focalise l’intérêt des médias marocains, avec des réactions et des avis partagés, du fait de la notoriété de l’accusé et de la gravité des charges.

Belgique: « Dodo la Saumure » incarcéré pour traite humaine

juillet 27, 2017

Dominique Alderweireld, dit « Dodo la Saumure », le 12 juin 2015 à Lille / © AFP/Archives / PHILIPPE HUGUEN

Dominique Alderweireld, dit « Dodo la Saumure », connu pour avoir comparu dans l’affaire du Carlton en 2015, a été placé sous mandat d’arrêt mercredi en Belgique, notamment pour traite humaine et fraude sociale, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.

M. Alderweireld et sa compagne Béatrice Legrain ont été inculpés de traite d’êtres humains, de fraude à ONSS (l’équivalent de l’URSSAF en Belgique) ainsi que de bris de scellés placés sur deux maisons closes, a expliqué à l’AFP le procureur belge chargé du droit pénal du travail de la région francophone du Hainaut (sud-ouest du pays), Charles-Eric Clesse.

M. Alderweireld exerçait ses activités à Tournai et dans la région, tout près de la frontière française.

« Plusieurs filles avaient été contrôlées sans être déclarées à l’ONSS et certaines d’entre elles étaient en séjour illégal en Belgique », a précisé M. Clesse.

Parmi la vingtaine de filles qui travaillaient dans les deux établissements du couple, certaines étaient Françaises et d’autres venaient d’Europe de l’Est, a affirmé le procureur.

« Il y avait également une Belge, mère chômeuse de cinq enfants, et l’on peut imaginer qu’il abusait de sa situation précaire », a-t-il poursuivi.

« A quatre reprises, M. Alderweireld a brisé les scellés placés sur ses deux établissements, l’un à Tournai, en face du commissariat de police, l’autre dans un village des environs », a ajouté M. Clesse.

M. Alderweireld, qui a été incarcéré, comparaîtra vendredi matin devant une chambre du conseil qui doit statuer sur le sort du prévenu.

Le proxénète est passible d’une amende – pouvant aller de 4.800 à 48.000 euros par jeune femme exploitée – ainsi que d’une peine de 6 mois à 3 ans d’emprisonnement, selon M. Clesse.

En septembre 2013, la cour d’appel du Hainaut avait déjà condamné « Dodo la Saumure » à une peine de cinq ans avec sursis pour proxénétisme.

« Dodo », de nationalité française et tenancier de maisons closes en Belgique, avait été propulsé sur le devant de la scène médiatique française pour ses liens avec l’ex-patron du FMI Dominique Strauss-Kahn.

Accusé de proxénétisme aggravé dans le procès du Carlton à Lille (hôtel où plusieurs notables avaient profité de services de prostituées), il avait été relaxé en juin 2015.

Personnage haut en couleur, Dominique Alderweireld, alias « Dodo la Saumure », se définit comme un « souteneur » toujours prêt à aider ses « filles » plutôt qu’un vulgaire proxénète, même s’il dit regarder les femmes « avec l’œil du maquignon ».

Né à Annoeullin dans le Nord le 5 février 1949, il racontait dans son ouvrage « Moi, Dodo la saumure », vendu à près de 20.000 exemplaires (Denoël), avoir traversé une « enfance difficile » dans différentes localités du Nord, où il ne pouvait se laver qu’une fois par semaine.

Romandie.com avec(©AFP / 27 juillet 2017 13h38)