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Pèlerinage à la Mecque : l’incertitude autour du hajj 2020 persiste

juin 17, 2020

Des fidèles musulmans à La Mecque, en Arabie saoudite, le 7 mars 2020.

Des fidèles musulmans à La Mecque, en Arabie saoudite, le 7 mars 2020. © Amr Nabil/AP/SIPA 

Limiter le nombre de pèlerins ou annuler le hajj en raison du Covid-19 ? À quelques semaines du grand pèlerinage annuel à La Mecque, l’Arabie saoudite se trouve face à un choix délicat.

Prévu fin juillet, le hajj est l’un des plus grands rassemblements au monde. En 2019, le pèlerinage, que tout fidèle musulman doit accomplir au moins une fois dans sa vie s’il en a les moyens, a attiré quelque 2,5 millions de fidèles.

Des milliers de musulmans à travers le monde attendent encore de savoir s’ils pourront accomplir le hajj cette année

Aujourd’hui, des milliers de musulmans à travers le monde attendent de savoir s’ils pourront l’effectuer cette année. Les autorités religieuses de chaque pays sont toujours dans l’attente de précisions de la part de l’Arabie saoudite.

Le ministre tunisien des Affaires religieuses Ahmed Adhoum a ainsi déclaré ce 13 juin à l’agence tunisienne TAP attendre des indications des autorités saoudiennes. Son homologue algérien, Youcef Belmehdi, avait dit la même chose quelques jours auparavant.

Pèlerins en stand-by

Au Maroc aussi, les autorités n’ont pas encore donné d’indications aux potentiels pèlerins. Cette année, ils étaient environ 34.000 à avoir prévu de voyager vers l’Arabie saoudite.

Un voyagiste casablancais spécialisé dans le tourisme religieux confie attendre avec empressement des clarifications : il a déjà dû gérer l’annulation de la omra, plus petit pèlerinage et qui a été suspendu en mars, et il est pressé par les clients qui se demandent s’ils doivent penser à demander des remboursements –la plupart ayant déjà payé les frais relatifs au hajj depuis plusieurs mois. Même situation en Égypte, en Turquie ou encore au Liban.

« La décision sera bientôt prise et annoncée », assurent les autorités saoudiennes

Une affluence telle que celle de 2019 semble exclue cette année : Riyad a demandé dès fin mars aux pays musulmans, chargés de sélectionner les pèlerins candidats, de reporter leurs préparatifs.

« La décision sera bientôt prise et annoncée », assure de son côté un responsable saoudien.

L’Indonésie, pays musulman le plus peuplé, a pris l’« amère et difficile » décision de renoncer au hajj, tout comme la Malaisie et Singapour. Le Sénégal a dit, lui, suspendre « toutes les formalités pour le voyage » des pèlerins.

En France, les fidèles ont été appelés par le Conseil français du culte musulman à « différer» leur pèlerinage à 2021.

Risque de contagion

En raison de la promiscuité entre pèlerins, le hajj peut devenir un énorme vecteur de contagion de la maladie Covid-19.

Le pouvoir saoudien sait que la bonne gestion du hajj qui lui est dévolue de par son rôle de gardien des lieux saints de l’islam est une puissante source de légitimité politique, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur du royaume.

L’Arabie saoudite a la responsabilité du bon déroulement du pèlerinage

Mais cela engage aussi sa responsabilité. Déjà, des incidents mortels, dont une bousculade ayant fait en 2015 quelque 2 300 morts, avaient suscité des critiques sur la gestion du hajj par Riyad.

« Le retard dans l’annonce de sa décision montre que (l’Arabie saoudite) pèse les conséquences politiques de l’annulation du hajj ou de la réduction de son ampleur», estime Umar Karim, chercheur au Royal United Services Institute de Londres.

Une décision politique

Le royaume « gagne du temps», juge le responsable d’un pays d’Asie du sud.

« Si les Saoudiens disent, à la dernière minute, être prêts pour le hajj, de nombreux pays ne seront pas en mesure d’y participer», remarque-t-il.

De nombreux vols internationaux étant suspendus, un hajj n’accueillant que les personnes habitant en Arabie saoudite est un scénario possible

De nombreux vols internationaux étant suspendus, un hajj n’accueillant que les personnes habitant en Arabie saoudite est un scénario possible, ajoute-t-il.

Avec 120.000 cas, dont plus de 1000 décès déclarés officiellement, le pays cherche toujours à contenir le nouveau coronavirus. Les autorités ont ainsi renforcé les mesures de confinement à Jeddah (ouest), porte d’entrée de la Mecque.

Maintenu lors des épidémies d’Ebola et du MERS-CoV (syndrome respiratoire du Moyen-Orient), l’annulation du hajj serait une première depuis la fondation du royaume en 1932.

Double peine

« Si l’Arabie saoudite le maintient, elle accentuera la pression sur son propre système de santé», juge Yasmine Farouk, du centre Carnegie. Et si le virus se propage, « elle pourrait aussi en être tenue responsable », souligne-t-elle.

Un hajj annulé ou limité est une grosse perte de revenus pour le royaume, qui subit déjà le choc de la chute des prix du pétrole

Un hajj annulé ou limité serait aussi une perte de revenus pour le royaume, qui subit déjà le double choc de la pandémie et de la chute des prix du pétrole.

Lors du hajj et de la omra, les pèlerins injectent chaque année 10,6 milliards d’euros dans l’économie saoudienne, selon le gouvernement.

Une annulation serait sans aucun doute durement vécue pour des milliers de fidèles, qui ont parfois consacré toutes leurs économies à ce pilier de l’islam.

« Je ne peux pas m’empêcher d’avoir le cœur brisé. J’attends depuis des années ce moment », se désole, en pleurs, une fonctionnaire indonésienne Ria Taurisnawati, 37 ans.

Par Jeune Afrique avec AFP

Gabon : des législatives plus qu’incertaines

avril 25, 2017

Ali Bongo Ondimba le 7 décembre 2016. © Fred Dufour/AP/SIPA

Ce n’est pas encore officiel, mais plus personne ne semble douter du fait que les législatives gabonaises ne se tiendront pas en juillet, comme c’était prévu.

Au cours du dialogue national actuellement en cours à Libreville, l’opposition a en effet mis sur la table un certain nombre de réformes, parmi lesquelles une refonte des circonscriptions électorales. « Or la loi stipule qu’on ne peut pas tenir de scrutin l’année d’un redécoupage », explique un ancien ministre passé à l’opposition.

Autre changement exigé : l’augmentation du nombre de députés, qui pourrait passer de 120 à 150 afin de remédier aux déséquilibres régionaux actuels. Le nombre de sénateurs, quant à lui, baisserait – l’hypothèse la plus répandue étant le passage de 102 à environ 70 membres à la Chambre haute.

Si le report du scrutin est quasi acté, la nouvelle date n’a pas encore été fixée. Certains espèrent un couplage avec les locales, prévues en novembre 2018, tandis que d’autres évoquent déjà 2019.

Jeuneafrique.com

RD Congo : les sportifs de Kinshasa entre inquiétude et incertitude

décembre 18, 2016

Les manifestations anti-Kabila de septembre ont été réprimées dans le sang. C’est cette violence que l’UE et les États-Unis ont voulu sanctionner. © EDUARDO SOTERAS/AFP

Ils courent, boxent, jouent au foot au pied du vétuste stade Tata-Raphaël mais ils sont moins nombreux que d’habitude: comme beaucoup d’habitants de Kinshasa, les sportifs du dimanche vivent entre incertitude et inquiétude, à la veille d’un lundi redouté de tous.

L’opposition au président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, avait menacé de mettre le peuple dans la rue dès le lundi 19 décembre si le chef de l’État n’annonçait pas son départ au terme de son mandat, qui s’achève le lendemain.

Elle n’a cependant lancé aucun mot d’ordre public en ce sens après la suspension des discussions, alors que la communauté internationale, Occidentaux en tête, appelle avec insistance les deux parties à s’abstenir de mettre de l’huile sur le feu.

« Les gens attendent les conclusions de la Cenco ou que Tshisekedi parle », dit à l’AFP un responsable associatif dans un quartier populaire alors que des tracts circulent en ville rappelant que le mandat de M. Kabila « est fini » mardi et exhortant à reprendre Kinshasa « rue par rue, quartier par quartier (…) jusqu’à ce qu’on reprenne toute la RDC ».

Samedi, des négociations entre pouvoir et opposition ont été mises en suspens jusqu’à mercredi. M. Kabila entend rester au pouvoir au-delà du 20 décembre mais l’opposition n’a finalement pas appelé à manifester. Alors que se passera-t-il ce 19 décembre, dont tout le monde parle depuis des mois en RDC ?

Police et armée ont été déployées pour dissuader et prévenir d’éventuels troubles dans la tentaculaire et explosive capitale congolaise (10 millions d’habitants). Mais la population, déjà confrontée à de sanglantes émeutes, reste méfiante.

Autour du stade Tata-Raphaël, l’ancien stade du 20-Mai qui a accueilli en 1974 le célèbre combat de boxe « Rumble in the Jungle » entre Mohammed Ali et George Foreman, quelques centaines de jeunes hommes, et quelques femmes, ont conservé leurs habitudes dominicales.

Mais autour de Jean-Marie, alias « champion Mabanga », le cercle est plus restreint que d’habitude pour courir au rythme de ses slogans: « Ici, on ne vit que pour le ring ! », « Qui t’as dit de venir ici ? Tu sais qu’ici, c’est dur »…

Pour le coach, c’est un jour comme un autre. Et lundi le sera aussi: « Il ne se passera rien », prédit-il, le visage ruisselant de sueur, sa veste de survêtement vert trempée par l’effort.

Tout le monde ne partage pas ses certitudes. « Habituellement, on est 700 ou 800. Aujourd’hui, on doit être moins de 250 », remarque Michel Kabamba, « politologue » qui joue au foot un peu plus loin.

« Les militaires sillonnent la ville, ce qui crée un esprit de crainte. On ne sait pas ce que le peuple est en train de penser. Certains ont déjà fait des provisions, les étrangers ont quitté la RDC avec l’idée que le 19-20 décembre, le pays sera peut-être divisé. Dans l’esprit de beaucoup de Congolais, ce sera une journée de troubles », explique ce trentenaire, un maillot de la sélection nationale sur les épaules.

– Rumeurs –

Beaucoup de Kinois affirment qu’ils resteront chez eux lundi. « Tout le monde a peur parce que selon les rumeurs, la population va sortir. Moi, j’espère que ce sera une journée calme », confie Christian Mvuluzi, un boxeur au visage juvénile.

« On est moins nombreux au stade. Est-ce un signe de ce qui peut arriver demain ? » s’interroge toutefois cet étudiant en électricité au chômage: « Je ne sais qu’une chose, c’est que la Constitution dit que celui qui est en place doit partir. Mais je voudrais une solution dans la tranquillité ».

Les 19 et 20 septembre, en marge d’une manifestation de l’opposition après l’officialisation du report de l’élection présidentielle qui devait avoir lieu cette année, une cinquantaine de personnes avaient été tuées dans des affrontements entre jeunes et forces de l’ordre à Kinshasa.

Émile Kasungo, lui, assure qu’il descendra dans la rue. « Nous sommes le peuple le plus pauvre de la planète mais parmi les pays les plus riches. Depuis 1960, le peuple n’a fait que souffrir », s’emporte cet homme de 39 ans.

« Il n’y a rien qui marche, on meurt de faim, 90% des gens sont au chômage », énumère-t-il, le regard survolté sous sa casquette. « 99% ! » rectifie un autre.

Pour lui, « c’est simple comme bonjour » : « un vrai Congolais doit être dans la rue ! ».

« Champion Mabanga » sortira lui aussi de chez lui, mais pas pour manifester: « Je serai ici. Au stade ».

Jeuneafrique.com avec AFP

Haïti : les élections débutent dans un climat d’incertitude

octobre 25, 2015

Port-au-Prince – Haïti a entamé dimanche une journée cruciale pour sa stabilité politique en organisant des élections générales pour lesquelles une forte abstention est attendue en raison des craintes sur la sécurité.

Les 5,8 millions d’électeurs haïtiens sont invités à voter avant 16h00 (20h00 GMT) pour le premier tour de l’élection présidentielle, le second tour des législatives et le tour unique des municipales.

Cette concentration de scrutins est une conséquence de la crise politique profonde qui a marquée le mandat du président Michel Martelly, entamé en mai 2011. Faute de consensus entre le pouvoir exécutif et l’opposition, les élections législatives et locales n’ont pas pu être organisées comme prévues durant les années 2012 et 2013.

Le premier tour des présidentielles, organisé lui dans le délai prévu par la Constitution, concentre les passions.

54 candidats sont en lice pour succéder au chef de l’Etat, star de la chanson avant son entrée en politique en 2010. Plusieurs candidats minoritaires ont jeté l’éponge au cours de la semaine écoulée pour apporter leur soutien aux favoris.

Ces élections générales se tiennent dans un climat d’incertitude. Beaucoup craignent la répétition des violences observées durant le premier tour des législatives, le 9 août dernier. Deux personnes avaient été tuées et le scrutin annulé dans un quart des circonscriptions du pays.

Romandie.com avec(©AFP / 25 octobre 2015 11h09)

Tunisie: plus de 3.000 manifestants pro-islamistes et anti-français à Tunis

février 9, 2013
Tunisie: plus de 3.000 manifestants pro-islamistes et anti-français à Tunis Tunisie: plus de 3.000 manifestants pro-islamistes et anti-français à Tunis © AFP

Plus de 3. 000 manifestants scandaient samedi des slogans pro-islamistes et anti-français dans le centre de Tunis lors d’un rassemblement à l’appel du parti islamiste au pouvoir Ennahda alors que la Tunisie est plongée dans l’incertitude depuis l’assassinat d’un opposant.

« France dégage » et « Le peuple veut protéger la légitimité » du pouvoir en place, criaient ces militants qui défilent sur l’avenue Habib Bourguiba, axe névralgique du centre de la capitale où se trouve aussi l’ambassade de France.

Ils brandissaient de nombreuses pancartes en français: « France ça suffit! La Tunisie ne sera plus jamais une terre de colonisation », selon des journalistes de l’AFP.

Des militants salafistes se trouvaient dans la foule, brandissant leurs bannières noires et des slogans appelant à l’unité des différents courants islamistes.

La manifestation à l’appel des jeunesses d’Ennahda a débuté un peu avant 14H00 (13H00 GMT) avec pour mots d’ordre du rassemblement « la défense de la légitimité de l’Assemblée nationale constituante » (ANC) et la lutte « contre la violence » politique et « l’ingérence française ».

La référence à l’ANC vise clairement le Premier ministre Hamadi Jebali, pourtant numéro 2 d’Ennahda, qui a répété vendredi se tenir à sa « décision de former un gouvernement de technocrates », si besoin sans « l’aval de l’Assemblée nationale constituante ».

La manifestation vise aussi à condamner « l’ingérence française », à la suite de propos du ministre français de l’Intérieur, Manuel Valls, qui a dénoncé cette semaine un « fascisme islamiste » après l’assassinat mercredi de l’opposant Chokri Belaïd dont les proches accusent Ennahda.

Jeuneafrique.com avec AFP