Posts Tagged ‘Inde’

Inde: des corps incinérés sur un parking de Delhi

avril 27, 2021

« J’ai perdu le compte », soupire Sanjay, un prêtre administrant les derniers sacrements d’un énième défunt dans un crématorium de Delhi, tellement saturé que ses funestes activités s’étendent désormais jusque sur le parking adjacent.

 Des proches préparent les bûchers funéraires de victimes du Covid-19 dans un crématorium de New Delhi, le 27 avril 2021

© Prakash SINGH Des proches préparent les bûchers funéraires de victimes du Covid-19 dans un crématorium de New Delhi, le 27 avril 2021

« Nous commençons au lever du soleil et les crémations se poursuivent au-delà de minuit », déclare-t-il à l’AFP, le regard perdu dans les flammes des bûchers et de tas de cendres fumantes qui, il y a peu, étaient des êtres humains avant que le Covid-19 ne les terrasse.

Des proches et des ambulanciers portent des corps de personnes décédées du Covid-19 dans un crématorium de New Delhi, le 27 avril 2021

© Prakash SINGH Des proches et des ambulanciers portent des corps de personnes décédées du Covid-19 dans un crématorium de New Delhi, le 27 avril 2021

Des familles se lamentent en silence sur le bord de la route de ce quartier défavorisé de la capitale, attendant le tour de leurs proches enveloppés dans des linges blancs et des guirlandes de soucis jaunes.

Des bûchers funéraires décédées du Covid-19 dans un crématorium de New Delhi, le 27 avril 2021

© Prakash SINGH Des bûchers funéraires décédées du Covid-19 dans un crématorium de New Delhi, le 27 avril 2021

Des sirènes d’ambulances qui charrient d’autres corps ne cessent de résonner. Les habitants des immeubles qui surplombent l’établissement subissent la puanteur des corps calcinés et les lamentations des familles en deuil. 

Les hôpitaux indiens et leurs personnels sont mis à rude épreuve par cette deuxième vague dévastatrice de l’épidémie de coronavirus.

Des gens meurent aux portes des hôpitaux ou chez elles, faute de lits, de médicaments et d’oxygène.

Les crématoriums ne connaissent pas de trêve, leurs cheminées se fissurent et les armatures métalliques des fours finissent par fondre sous l’intensité de la chaleur.

Le bois commence à manquer aussi dans certains établissements, des familles sont priées d’apporter leur propre combustible.

De nombreux crématoriums et cimetières affirment que le bilan officiel des décès dus au virus est loin de correspondre à la réalité, compte tenu de l’afflux de corps qu’ils voient défiler.

Au cours des trois derniers jours, le crématorium de Seemapuri, dans le nord-est de Delhi, a organisé plus de 100 funérailles par jour et ne dispose plus de place désormais.

« Nous avons essayé d’accueillir les crémations dans les allées et partout où nous pouvions trouver de l’espace, mais les corps ne cessaient d’affluer », raconte à l’AFP le coordinateur Jitender Singh Shanty, coiffé d’un turban jaune, vêtu d’une combinaison de protection bleue.

« Nous avons dû demander aux autorités de nous permettre d’étendre l’installation jusqu’au parking », ajoute le sikh, des flammes orange faisant rage sur des bûchers derrière lui à la fin du jour. Selon Jitender Singh Shanty, son crématorium a incinéré environ 600 corps depuis le début du mois, et les familles continuent d’attendre des heures avant de pouvoir accomplir les derniers rites mortuaires.

Des bûchers funéraires de personnes décédées du Covid-19 dans un crématorium à New Delhi, le 26 avril 2021

© Jewel SAMAD Des bûchers funéraires de personnes décédées du Covid-19 dans un crématorium à New Delhi, le 26 avril 2021

« Si la situation ne s’améliore pas », ajoute-t-il, « nous pourrions être obligés de procéder aux crémations à même la route, puisque nous n’avons plus de place maintenant. » 

Avec AFP par ja/stu/lth/slb

Virus : gravité sans précédent en Inde, prudent relâchement en Europe

avril 26, 2021
Virus : gravite sans precedent en Inde, prudent relachement en Europe
Virus : gravité sans précédent en Inde, prudent relâchement en Europe© AFP/Jewel SAMAD

La pandémie atteint une gravité sans précédent en Inde, où les patients continuent de mourir par manque d’oxygène dans des hôpitaux saturés, tandis que l’Europe relâche prudemment ses restrictions avec la réouverture lundi de terrasses de cafés et de restaurants en Italie et le retour des écoliers en France.

Partout dans le monde, les campagnes de vaccination tentent de dompter le Covid-19 mais le processus se heurte à la propagation express du virus et à l’émergence de variants responsables de virulentes poussées épidémiques.

Avec ses 1,3 milliard d’habitants, l’Inde, qui a enregistré dimanche un record mondial de près de 350.000 personnes contaminées en une seule journée, a été plongée dans le chaos en quelques jours par le variant « indien ».

A New Delhi, des témoins décrivent des couloirs d’hôpitaux encombrés de lits et de brancards et des familles suppliant en vain qu’on leur fournisse de l’oxygène ou une place pour leurs proches. Certains meurent au seuil de l’hôpital.

« Les ravages du coronavirus se poursuivent et il n’y a pas de répit », a déploré le chef du gouvernement de la capitale Arvind Kejriwal. New Delhi, l’agglomération indienne la plus touchée, est confinée pour une semaine supplémentaire.

Avec plus de 192.000 morts, l’Inde figure au quatrième rang des pays les plus endeuillés par le Covid-19.

Les Etats-Unis ont annoncé dimanche qu’ils allaient « immédiatement » lui envoyer des composants pour la production de vaccins et des équipements médicaux.

L’Union européenne, où la détection du variant « indien » en Belgique, en Suisse et en Grèce inquiète, a promis une « assistance » à l’Inde. Même le Pakistan, son rival de toujours, lui a proposé des équipements médicaux.

L’UE poursuit AstraZeneca

Sur le front des vaccins, la clé de voute d’une potentielle sortie de crise, l’UE a annoncé lundi qu’elle attaquait en justice AstraZeneca pour ses retards de livraisons. Une procédure que le laboratoire suédo-britannique a aussitôt jugée « sans fondement ».

AstraZeneca n’a livré au premier trimestre aux pays de l’Union européenne que 30 millions de doses sur les 120 millions contractuellement prévues. Au deuxième trimestre, ce groupe ne compte en fournir que 70 millions sur les 180 millions initialement programmées.

Le cap du milliard de doses de vaccins contre le Covid, administrées dans 207 pays ou territoires, a été franchi ce week-end, selon un comptage de l’AFP à partir de sources officielles.

Et le laboratoire français Sanofi va produire aux Etats-Unis jusqu’à 200 millions de doses du vaccin américain Moderna « pour satisfaire à la demande mondiale ».

L’heure reste néanmoins à l’inquiétude dans de nombreux pays.

La Thaïlande recense désormais au total 57.500 cas de coronavirus contre seulement 29.000 début avril. Tandis que de nouvelles restrictions ont été mises en place lundi, le Premier ministre s’est vu infliger une amende pour non-port du masque.

L’Iran, le pays du Moyen-Orient le plus frappé par la pandémie, a dépassé les 70.000 morts, selon les chiffres officiels lundi, avec un record national de mortalité quotidienne (496).

« Un peu d’air frais » en Italie

Face à des opinions publiques de plus en plus rétives aux mesures réduisant leur liberté de circulation et leurs activités, certains gouvernements choisissent de desserrer l’étau avec prudence, lorsque la situation sanitaire montre quelque embellie.

En Italie, où le Premier ministre Mario Draghi a subi les pressions des dirigeants des régions et de manifestants réclamant un assouplissement des dispositifs, bars et restaurants peuvent depuis lundi servir en terrasse ; ainsi que le soir pour la première fois en six mois, même si le couvre-feu reste en vigueur à partir de 22 heures. Les salles de spectacle ont aussi rouvert.

Daniele Vespa, 26 ans, chef de salle au restaurant Baccano à Rome, ne cache pas sa joie : « C’est un début de retour à la normalité qui apporte un peu d’air frais ».

Fermé depuis six mois, le cinéma Beltrade à Milan (nord) a été le premier à ouvrir ses portes dès six heures (04H00 GMT), accueillant 82 clients qui ont commencé à faire la queue dès 5H20 pour voir « Journal intime » de Nanni Moretti.

M. Draghi a reconnu qu’il prenait un « risque calculé », l’Italie continuant d’enregistrer en moyenne plus de 300 morts du Covid-19 chaque jour, même si les contagions et le nombre des admissions en réanimation diminuent.

Le chef du gouvernement présentait en outre lundi au parlement les détails de son plan de relance grâce aux prêts et aux subventions de l’UE.

En France, où le virus continue de circuler activement avec un nombre de personnes en réanimation supérieur à celui enregistré pendant la deuxième vague épidémique, les enfants des plus petites classes ont repris le chemin de l’école lundi après trois semaines de fermeture de tous les établissements scolaires.

Collégiens et lycéens devraient retourner à l’école le 3 mai, souvent en demi-jauge.

Mais cette réouverture décidée par le président Emmanuel Macron suscite les critiques d’une partie du corps médical et les craintes d’enseignants.

En Espagne, les fêtes de San Fermin à Pampelune, qui attirent en juillet des touristes du monde entier, ont été annulées pour la deuxième année consécutive.

Le virus a fait au moins 3.109.991 millions de morts dans le monde depuis que le bureau de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en Chine a fait état de son apparition fin décembre 2019, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles lundi.

Par Le Point avec AFP

Les États-Unis et l’Union européenne vont apporter leur soutien à l’Inde

avril 25, 2021

Les États-Unis sont profondément préoccupés par l’augmentation massive des cas de coronavirus en Inde et prévoient de déployer rapidement un soutien supplémentaire au gouvernement indien et aux travailleurs de la santé, a déclaré samedi une porte-parole de la Maison-Blanche.

Un agent de santé recueille un échantillon sur écouvillon d'une femme dans une gare routière, à New Delhi, en Inde, le 16 mars 2021.

© Anushree Fadnavis/Reuters Un agent de santé recueille un échantillon sur écouvillon d’une femme dans une gare routière, à New Delhi, en Inde, le 16 mars 2021.

«Nous sommes en conversation active à des niveaux élevés et prévoyons de déployer rapidement un soutien supplémentaire au gouvernement indien et aux travailleurs de la santé indiens qui luttent contre cette dernière vague de l’épidémie. Nous aurons plus d’informations à partager très bientôt», a indiqué la porte-parole à Reuters dans un courriel.

Washington est de plus en plus pressé de faire davantage pour aider l’Inde, la plus grande démocratie du monde et un allié stratégique dans les efforts du président Joe Biden pour contrer la Chine, alors qu’elle est aux prises avec une augmentation record des infections au coronavirus.

Bruxelles active son mécanisme de protection civile

L’Union européenne (UE) va fournir une «assistance» à l’Inde en activant son Mécanisme européen de protection civile, a annoncé dimanche sur Twitter la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Institué en 2001, ce mécanisme permet aux États membres de l’UE participants de coordonner leur aide et de déployer des moyens dans le monde entier en cas de situation d’urgence de grande ampleur à laquelle ne peut pas faire face seule la protection civile d’un pays.

Plus tôt, la chancelière allemande Angela Merkel a, elle aussi, déclaré que son gouvernement se préparait à fournir une aide d’urgence à l’Inde, sans toutefois préciser la nature de l’aide en question.

« Où commencent les droits universels, après tout? Ils commencent près de chez soi, en des lieux si proches et si petits qu'on ne peut les voir sur aucune carte du monde [...] Si dans ces lieux les droits n'ont pas de sens, ils n'en ont guère ailleurs. Sans l'action de citoyens engagés pour les faire respecter dans leur entourage, nous ne verrons pas de progrès à l’échelle du monde. »– Eleanor RooseveltAvez-vous déjà pensé à vos droits fondamentaux? Quels sont-ils? Comment ont-ils été acquis, et comment les conserver? L'histoire nous a montré que les droits humains fondamentaux peuvent être retirés, compromis ou complètement ignorés s'ils ne sont pas défendus par des lois, des actions civiles et, dans de nombreux cas, par des luttes. Si le sujet des droits de la personne peut unir des personnes qui vivent aux quatre coins de la planète, il peut aussi mettre en évidence les disparités qui existent dans les libertés accordées aux différents peuples, en fonction des lois de leurs États-nations. Si vous jetez un coup d'œil à l'article 1 de la Déclaration universelle des droits de l'homme, vous comprendrez pourquoi les manifestations, les marches et les débats publics animés concernant les droits humains fondamentaux sont nécessaires et plus fréquents aujourd'hui et plus que jamais. Cet article précise : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. » À la suite des atrocités de la Seconde Guerre mondiale, la Déclaration, adoptée en 1948 par les Nations unies (ONU), alors nouvellement constituées, recense 30 droits et libertés de la personne. L’ONU a été instituée par les représentants de ses 50 États membres, sous l’impulsion d'Eleanor Roosevelt.Nous avons beaucoup progressé en tant que société depuis l'introduction de cette déclaration, notamment en ce qui concerne le droit de vote, la propriété et l'éducation. Cependant, force est de constater que les droits humains, considérés comme acquis par beaucoup de personnes privilégiées qui partent du principe qu'ils nous sont donnés à la naissance, se sont transformés en droits civils exigeant une action civique. Comme le suggère Roosevelt dans la citation ci-dessus, ces « droits humains » doivent être revendiqués. Il est de notre devoir civique d’agir pour défendre les droits et libertés universels énoncés dans cette déclaration.Dans la suite de cette galerie, vous trouverez 20 droits et libertés universels pour lesquels les gens ont dû se battre, y compris des problèmes sociaux et des droits humains à propos desquels les militants et les communautés continuent de lutter aujourd'hui.

Le gouvernement indien a déployé des avions et des trains militaires pour acheminer à Delhi l’oxygène dont les hôpitaux ont besoin.

Il a également prolongé le confinement à New Delhi, la ville la plus touchée par la COVID-19 en Inde.

«Nous avons décidé de prolonger d’une semaine le confinement», a annoncé le ministre en chef de Delhi, Arvind Kejriwal. «Les ravages du coronavirus se poursuivent et il n’y a pas de répit», a-t-il dit.

Des patients atteints de la COVID-19 partagent un lit au service des urgences de l'hôpital Lok Nayak Jai Prakash Narayan de New Delhi.

© Danish Siddiqui/Reuters Des patients atteints de la COVID-19 partagent un lit au service des urgences de l’hôpital Lok Nayak Jai Prakash Narayan de New Delhi.

L’Inde a fait état de 349 691 cas supplémentaires dimanche, pour un total de 16,96 millions de cas, dont 192 311 décès, a indiqué le ministère de la Santé.

Le pays de 1,3 milliard d’habitants est au bord d’une catastrophe humanitaire, a averti Ashish Jha, doyen de l’école de santé publique de l’université Brown, dans une tribune publiée samedi dans le Washington Post.

Selon lui, quelque 2000 personnes meurent chaque jour, mais la plupart des experts estiment que le nombre réel est cinq à dix fois supérieur.

Les responsables des deux pays sont engagés à différents niveaux pour assurer «la production des vaccins contre la COVID-19 en Inde», a déclaré à Reuters un porte-parole de l’ambassade indienne à Washington.

Avec CBC/Radio-Canada

Coronavirus/Inde: Un incendie dans un hôpital fait 12 victimes

avril 23, 2021

 CORONAVIRUS/INDE: UN INCENDIE DANS UN HÔPITAL FAIT 12 VICTIMES

© Reuters/FRANCIS MASCARENHAS

BOMBAY (Reuters) – Un incendie s’est déclaré vendredi dans un hôpital indien dans lequel des patients étaient soignés pour des infections au COVID-19, faisant douze victimes, a annoncé un responsable des pompiers.

« Douze personnes sont mortes dans l’incendie, selon les informations dont nous disposons actuellement », a déclaré le responsable des pompiers.

L’incendie s’est déclaré dans une unité de soins intensifs dans un hôpital de la banlieue de Bombay.

Il s’agit du dernier accident en date à frapper un établissement où se trouvent des personnes infectées par le coronavirus en Inde.

Mercredi, 22 patients atteints du COVID-19 sont décédés dans un hôpital public de l’État du Maharashtra lorsque leur alimentation en oxygène s’est épuisée à la suite d’une fuite de réservoir.

Avec Reuters par (Shilpa Jamkhandikar et Neha Arora; version française Camille Raynaud)

France: Les «Rafale Papers», enquête explosive de Mediapart

avril 9, 2021

Une enquête de Mediapart révèle les dessous de l’un des plus gros contrats d’armement jamais conclus par l’État français : la vente de trente-six chasseurs Rafale à l’État indien pour 7,8 milliards d’euros.
Une enquête de Mediapart révèle les dessous de l’un des plus gros contrats d’armement jamais conclus par l’État français : la vente de trente-six chasseurs Rafale à l’État indien pour 7,8 milliards d’euros. AP

Une enquête de Mediapart révèle les dessous de l’un des plus gros contrats d’armement jamais conclus par l’État français : la vente de trente-six chasseurs Rafale à l’État indien pour 7,8 milliards d’euros. Entre commissions occultes, documents confidentiels qui ont fuité ou encore clauses anticorruption supprimées, Yann Philippin, le journaliste auteur de l’enquête en trois volets, explique ce que son équipe a découvert. 

RFI : Que dévoile votre enquête en trois volets ?

Yann Philippin : Notre enquête dévoile beaucoup de choses. Mediapart révèle des documents qui montrent que, d’une part, Dassault et son partenaire Thales ont versé des millions d’euros de commissions occultes à un intermédiaire qui était au cœur du contrat Rafale, que cet intermédiaire, dans une note, fait des avertissements très explicites, par exemple, « des gens en fonction demandent de l’argent, si on ne les paie pas, on va aller en prison… »

D’autre part, ce même intermédiaire, trois ans plus tard – en 2015 – en pleine négociation sur le prix des Rafale, a obtenu des documents confidentiels du ministère indien de la Défense, sur l’activité des négociateurs indiens et notamment la manière dont ils calculaient les prix, ce qui est évidemment, dans une négociation, un élément très fort.

Enfin, nous avons découvert que, parallèlement à toutes ces manœuvres que l’on peut qualifier de suspectes, c’est la France et les industriels français, dont Dassault, qui se sont battus pour que les clauses anticorruption soient retirées des annexes à l’accord gouvernemental.

C’est là que c’est embarrassant pour le pouvoir, parce que c’était un contrat d’État à État qui a été signé par Jean-Yves Le Drian, à l’époque ministre de la Défense, aujourd’hui ministre des Affaires étrangères d’Emmanuel Macron. Donc c’est lui qui avait l’autorité sur les négociations et nous aimerions bien savoir s’il a accepté le retrait de ces clauses anticorruption et s’il en a été informé. Il ne nous a malheureusement pas répondu précisément. Tout ce qu’il nous a dit, c’est : « Je ne valide pas vos informations ».

En quoi cette enquête peut-elle être explosive pour le gouvernement français ?

Cette enquête est explosive pour le gouvernement français, d’une part, de par le rôle qu’a joué un éminent ministre, qui est Jean-Yves Le Drian. Et d’autre part, parce qu’il y avait déjà eu des soupçons en 2018 au sujet du partenaire de Dassault en Inde, Reliance, qui aurait été imposé par le gouvernement indien. Ce monsieur est un très proche du Premier ministre indien. Il y avait deux épisodes qui étaient susceptibles de concerner, d’une part l’ancien président François Hollande et d’autre part, l’actuel président Emmanuel Macron, qui était à l’époque du deal, ministre de l’Économie.

Dans votre enquête, vous dites que l’Agence française anticorruption (AFA) a découvert des choses suspectes, mais n’a rien fait ?

C’est vraiment un mystère. Ce que l’on révèle, c’est que l’AFA, lors d’un contrôle de routine de Dassault, a découvert un paiement suspect d’un million d’euros à cet intermédiaire, au cœur du contrat Rafale, pour l’achat de maquettes de Rafale. Et malgré les suspicions, l’Agence française anticorruption n’a pas signalé ces faits à la justice.

De son côté, le Parquet national financier avait reçu un signalement de Sherpa, une ONG anticorruption. Ce que nous révélons dans l’enquête, c’est que cette affaire a été classée dans des circonstances troubles, étant donné que l’ancienne patronne du Parquet national financier a classé l’affaire contre l’avis d’un de ses adjoints en charge du dossier et n’a effectué aucune vérification sérieuse. À tel point que, la seule personne qu’elle a reçue dans son bureau, c’est l’avocat de Dassault et ce, sans qu’aucun procès-verbal de cette rencontre ne soit rédigé.

Éliane Houlette a dit publiquement dans Paris Match que, si elle l’a classée, c’est en partie parce qu’elle jugeait que les soupçons n’étaient pas assez sérieux, mais aussi parce que – dit-elle – il fallait « préserver les intérêts de la France ». Or, c’est une déclaration qui n’avait pas fait beaucoup de bruit à l’époque, mais c’est quand même très étonnant de voir une figure de la lutte anticorruption comme madame Houlette – qui a été la toute première patronne du Parquet national financier – justifier ainsi le classement d’une affaire sensible, au nom de la raison d’État.

À quoi vous attendez-vous suite à vos révélations ?

Ce qui nous a frappés, dans cette enquête, c’est que cette affaire a été enterrée en France, et que – semble-t-il – les autorités indiennes ne se sont pas montrées très diligentes non plus. Je ne suis que journaliste, mais j’ai la conviction qu’aujourd’hui il y a suffisamment d’éléments sur la table, entre les premières révélations de 2018 et ces nouvelles révélations de Mediapart avec les Rafale Papers, pour qu’une enquête soit ouverte.

Avec RFI Texte par :Clea Broadhurst

Pandémie: la vaccination connaît des ratés, contaminations record en Inde

avril 8, 2021
Pandemie: la vaccination connait des rates, contaminations record en Inde
Pandémie: la vaccination connaît des ratés, contaminations record en Inde© AFP/Pascal GUYOT

Défiance vis-à-vis du vaccin AstraZeneca et problèmes d’approvisionnement font patiner les campagnes de vaccination contre le coronavirus, qui continue sa progression mortelle, notamment en Inde avec un record de contaminations.

Jeudi, plusieurs pays ont annoncé limiter les injections du vaccin d’AstraZeneca au lendemain de rapports confirmant un lien avec de rares mais graves cas de caillots sanguins: les Philippines ont suspendu son utilisation pour les moins de 60 ans, l’Australie pour les moins de 50 ans.

La veille déjà, l’Italie et l’Espagne avaient choisi la prudence, annonçant réserver le vaccin du laboratoire anglo-suédois aux plus de 60 ans, tandis que la Belgique le destine désormais aux plus de 55 ans et le Royaume-Uni aux plus de 30 ans.

La région de Castille-et-Leon, dans le nord-ouest de l’Espagne, a elle totalement suspendu son utilisation, tout comme le Danemark, tandis que plusieurs autres pays de l’Union européenne avaient déjà décidé de ne plus administrer ce vaccin en-dessous d’un certain âge, comme la France et l’Allemagne.

Ces décisions ont été prises malgré l’appel de la commissaire européenne à la Santé Stella Kyriakides aux 27 Etats membres de l’UE à « parler d’une seule voix », afin de ne pas nourrir la défiance contre ce vaccin sur lequel Bruxelles table pour mener à bien sa campagne, en retard par rapport aux Etats-Unis ou au voisin britannique.

L’Allemagne discute sur le Spoutnik V

L’Allemagne a annoncé jeudi vouloir discuter avec Moscou de possibles livraisons de son vaccin contre le Covid-19 Spoutnik V, sans attendre le feu vert de Bruxelles.

« J’ai expliqué au nom de l’Allemagne au Conseil des ministres de la Santé de l’UE, que nous discuterions de manière bilatérale avec la Russie, tout d’abord pour savoir quand et quelles quantités pourraient être livrées », a déclaré le ministre de la Santé Jens Spahn, selon qui la Commission européenne refuse de négocier au nom des Vingt-Sept l’achat de Spoutnik V.

Le commissaire européen Thierry Breton s’est montré très réservé sur l’utilité pour l’UE de recourir aux vaccins chinois ou russe, estimant qu’ils n’aideront pas l’UE « à atteindre (son) objectif d’immunité (de la population) d’ici l’été 2021 ».

L’UE n’est pas la seule à s’inquiéter des ratés de sa campagne: l’Australie n’a pas atteint son objectif de quatre millions de doses administrées (elle en est à un million) tandis que l’Indonésie a dénoncé jeudi des retards pris dans la livraison de plus de 100 millions de doses d’AstraZeneca, du fait notamment de restrictions aux exportations observées par l’Inde.

Ce dernier pays, qui abrite le plus grand fabricant de vaccins au monde (SII), a décidé de privilégier l’immunisation de sa propre population, alors qu’il connaît un record de contaminations. Plus de 126.000 nouvelles infections ont été enregistrées au cours des dernières 24 heures. Or seules 87 millions de doses ont été administrées jusqu’ici pour une population de 1,3 milliard d’habitants et selon les médias locaux, plusieurs Etats sont confrontés à une pénurie de sérum, comme le Maharashtra où se trouve la mégapole Bombay.

Le ministre de la santé de cet Etat a averti mercredi que les stocks risquaient d’être épuisés dans les trois jours. « Nous devons dire aux gens que, puisque les vaccins ne sont pas arrivés, ils doivent rentrer chez eux », a déclaré Rajesh Tope.

Au moins 708,4 millions de doses de vaccins anti-Covid ont été administrées dans le monde, selon un comptage réalisé jeudi par l’AFP à partir de sources officielles.

Inégalités d’accès

Mais de fortes inégalités subsistent entre pays à « revenu élevé » au sens de la Banque mondiale, qui concentrent près de la moitié des doses administrées, et pays à « faible revenu », où n’ont été administrées que 0,1 % des doses.

L’Afrique demeure « en marge », avec seulement « 2 % des vaccins administrés dans le monde », a déploré jeudi la directrice pour l’Afrique de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) Matshidiso Moeti. Amnesty International a dénoncé le « quasi-monopole » des pays riches sur les vaccins face à une pandémie qui a fait plus de 2,89 millions de morts dans le monde, selon un bilan établi par l’AFP.

Aux Etats-Unis, la vaccination « est en pleine effervescence », s’est réjoui le président Joe Biden, assurant qu’à partir du 19 avril tous les adultes américains seraient éligibles.

Pays le plus endeuillé avec près de 560.000 morts, les Etats-Unis en sont à plus de trois millions d’injections quotidiennes en moyenne sur les sept derniers jours.

Pour autant, le nombre d’infections quotidiennes a recommencé à augmenter et reste à un niveau très élevé (plus de 74.000 nouveaux cas mercredi).

Des pays comme l’Argentine, l’Inde, le Qatar, Cuba ou encore la Tunisie ont annoncé un renforcement des restrictions en vigueur dans l’espoir d’enrayer la hausse des contaminations. L’Ontario, province la plus peuplée du Canada, se reconfine à partir de jeudi.

Au Brésil, plus de 4.000 personnes sont mortes du Covid-19 mardi et plus de 3.800 mercredi.

L’institut de référence en santé publique Fiocruz a estimé mardi « absolument nécessaire » le confinement pour faire face à la saturation des hôpitaux. Mais le président d’extrême droite Jair Bolsonaro l’a exclu.

La Pologne a annoncé jeudi 954 décès dus au Covid-19, un record journalier. L’Iran a elle franchi la barre des deux millions de cas confirmés.

Par Le Point avec AFP

Des milliers de personnes dans les rues pour la fête des couleurs en Inde

mars 29, 2021

Des cris de joie résonnent dans les petites rues bondées de Vrindavan, dans le nord de l’Inde, à trois heures de route de Delhi. Des milliers de festivaliers s’aspergent de poudre colorée.Des festivaliers colorés défient la pandémie en Inde.© /Radio-Canada Des festivaliers colorés défient la pandémie en Inde.

C’est la fête la plus joyeuse et la plus colorée en Inde. Elle est célébrée par les citoyens de toutes les castes et de tous les horizons depuis le 4e siècle.

Même en temps de pandémie, les foules ont accouru.Plusieurs villes indiennes ont banni les célébrations de la fête de Holi cette année.© /Radio-Canada Plusieurs villes indiennes ont banni les célébrations de la fête de Holi cette année.

Ces rassemblements ont lieu au moment où la deuxième vague progresse de façon inquiétante et où les autorités envisagent d’imposer un nouveau confinement.

L’Inde rapportait lundi 68 020 nouveaux cas de COVID-19, un sommet depuis le 11 octobre dernier.

Plusieurs villes indiennes, dont Mumbai, le principal foyer d’éclosion du pays, ont banni les célébrations de la fête de Holi cette année afin de limiter les rassemblements.

Les Indiens étaient encouragés à ne pas voyager et à célébrer à la maison.La distanciation sociale ne semble plus exister, et seules quelques rares personnes portent un masque.© /Radio-Canada La distanciation sociale ne semble plus exister, et seules quelques rares personnes portent un masque.

La fête, malgré les mises en garde

Une jeune femme, toute de rouge vêtue et le visage traversé par des traits de peinture verte, a tout de même fait cinq heures de route pour venir fêter à Vrindavan. Avec un grand sourire contagieux, elle peint en vert le visage des festivaliers.

«C’est la joie, dit-elle simplement. Le festival me remplit de bonheur et me permet de rencontrer tout plein d’étrangers.»Philippe Leblanc et Maxime Beauchemin avant le tournage

© /Radio-Canada Philippe Leblanc et Maxime Beauchemin avant le tournage

Un peu plus loin, des enfants ciblent des passants avec leurs fusils remplis d’eau rosée. Personne n’échappe aux gentilles attaques d’eau et de poudre colorée. Pas le droit d’être fâché la journée de Holi.

Philippe Leblanc et le caméraman Maxime Beauchemin après leur tournage

© Philippe Leblanc/Radio-Canada Philippe Leblanc et le caméraman Maxime Beauchemin après leur tournage

Les assaillants s’excusent : «Bura na mano, Holî hai.» Ce qui signifie «Ne soyez pas fâché, c’est Holi» en hindi.

Un peu plus loin dans la rue, des amis se serrent dans les bras les uns des autres. La distanciation sociale n’existe plus ici, et seules quelques rares personnes portent un masque.

«Il faudra reprendre la distanciation physique après la fête. Mais d’ici là, joyeux Holi à tous», lance un homme couvert de poudre rose.

Chaque couleur a sa signification : orange pour l'optimisme, jaune pour la joie.

© /Radio-Canada Chaque couleur a sa signification : orange pour l’optimisme, jaune pour la joie.

Un hommage à Krishna

Holi est aussi une fête spirituelle. Les fidèles viennent au temple rendre hommage au dieu Krishna.

«J’ai prié pour qu’il mette un terme à la pandémie de COVID-19», explique un homme dans le temple.

Pour fêter, il faut bien s’équiper et passer chez le marchand de poudre colorée conservée dans de grands sacs.

Chaque couleur a sa signification : orange pour l’optimisme, jaune pour la joie, vert pour le renouveau et bleu pour la vitalité.

Aujourd’hui, c’est l’insouciance, la joie, la fête. Demain, ce sera le brutal retour à la réalité, à la progression inquiétante de la COVID-19 en Inde et au spectre d’un nouveau confinement.

Avec Radio-Canada 

L’Inde utilise l’arrivée des Rafale comme avertissement envers la Chine

juillet 29, 2020

 

L’Inde a acheté 36 avions de combat Rafale à la France pour une somme estimée à 9,4 milliards de dollars. La livraison du dernier appareil est prévue avant la fin 2021.

Le ministre de la Défense indien a profité de l’atterrissage mercredi 29 juillet des cinq premiers avions de combat Rafale arrivés de France pour lancer un avertissement à peine voilé à la Chine sur fond de tensions territoriales. L’arrivée des cinq avions, accueillis par une haie d’honneur de canons à eau sur la base d’Ambala dans le nord du pays, marque «le début d’une nouvelle ère» dans l’histoire militaire de l’Inde, a affirmé le ministre de la Défense Rajnath Singh.

Les appareils rendront l’Indian Air Force «bien plus forte pour faire face à une quelconque menace», a-t-il ajouté sur Twitter. Si le ministre n’a pas nommé directement la Chine, les médias et observateurs du pays ont affirmé que ses déclarations visaient clairement le géant voisin. «Si quelqu’un devait être inquiet ou critique sur ces nouvelles capacités de l’Indian Air Force, ce devrait être ceux qui veulent menacer notre intégrité territoriale», a affirmé le ministre.

L’Inde a acheté 36 avions de combat Rafale à la France pour une somme estimée à 9,4 milliards de dollars. La livraison du dernier appareil est prévue avant la fin 2021. Le Rafale était attendu avec impatience par New Delhi en raison du vieillissement de la flotte disparate d’avions de combat indiens et de tensions frontalières récurrentes avec Islamabad et Pékin.

Le 15 juin, une confrontation meurtrière, la première en 45 ans, a opposé militaires indiens et chinois au Ladakh (nord de l’Inde), le long de leur frontière contestée, coûtant la vie à au moins 20 soldats indiens. L’incident, dont chaque pays attribue la responsabilité à l’autre, a entraîné les mouvements de milliers de troupes dans la région. La Chine et l’Inde ont cependant poursuivi les discussions dans le but selon elles d’apaiser les tensions.

Un retard militaire avec la Chine

L’Inde a reconnu son retard derrière la Chine et d’autres puissances dans ses capacités militaires, et l’achat des avions Rafale représente un projet parmi d’autres dans le renforcement de son armée forte d’1,4 million de membres. L’arrivée des avions Rafale «aidera l’Inde à faire face à la menace chinoise grandissante , puisqu’il devient clair que l’affrontement territorial actuel au Ladakh se prolongera jusqu’en hiver», a soutenu Sameer Patil, expert sur la sécurité internationale pour le groupe de réflexion Gateway House.

L’an passé, l’opposition indienne a accusé le gouvernement d’avoir favorisé le conglomérat privé, Reliance Group, comme partenaire de Dassault(*), aux dépens de l’entreprise publique Hindustan Aerospace Industries (HAL). Reliance Group est dirigé par l’homme d’affaires Anil Ambani, réputé proche du Premier ministre Narendra Modi.

L’avionneur, dont l’Inde a été le premier client international dès 1953, espère vendre des Rafale supplémentaires à New Delhi. Le géant d’Asie du Sud avait formulé en mai 2017 une demande officielle d’informations pour la fourniture de 57 avions de combat destinés à la marine indienne et une autre en juillet 2018 pour 110 appareils destinés à l’Indian Air Force.

Par Le Figaro avec AFP

Coronavirus: la France fournit à l’Inde des respirateurs et des tests

juillet 28, 2020

 

La France a livré mardi 28 juillet à l’Inde une centaine de respirateurs et des dizaines de milliers de tests de dépistage du coronavirus. Cette cargaison, acheminée par un avion militaire français, vient en réponse à l’aide en médicaments que l’Inde avait accordée à la France au plus fort de la pandémie en avril.

Les 130 respirateurs et 50.000 kits de dépistage ont été remis à la Croix-Rouge indienne sur une base aérienne à New Delhi. Depuis le début de l’épidémie en Inde, quelque 35.000 personnes sont mortes du coronavirus et le nombre de cas d’infection vient de dépasser le million et demi.

Avec près de 50.000 nouveaux cas chaque jour, l’Inde est le pays où la pandémie progresse le plus rapidement et le troisième pays le plus touché en nombre de cas après le Brésil et les États-Unis. Cette aide médicale de Paris intervient alors que les cinq premiers avions de combat français Rafale commandés en 2016 par New Delhi viennent de s’envoler pour rejoindre leur base indienne. La commande porte au total sur 36 exemplaires et les livraisons des appareils restants doivent s’étaler jusqu’en 2022.

Par Le Figaro avec AFP

Le coronavirus en Inde entre reconfinement et amendes

juillet 14, 2020

Coronavirus : les 120 millions d’habitants de l’État indien du Bihar reconfinés du 16 au 31 juillet

Le grand État du Bihar, dans le nord de l’Inde, a annoncé mardi 14 juillet le reconfinement à partir de jeudi et pour deux semaines de ses quelque 120 millions d’habitants afin de freiner l’épidémie de coronavirus.

«Le gouvernement du Bihar a décidé d’un confinement de quinze jours du 16 juillet au 31 juillet», a tweeté le vice-ministre en chef de l’État, Sushil Kumar Modi. C’est le plus vaste reconfinement local en Inde depuis la levée du confinement à l’échelle nationale début juin, alors que la maladie Covid-19 continue de flamber dans le pays d’Asie du Sud.

En Inde, les amendes pleuvent pour non port du masque

Le gouvernement indien impose le port du masque dans l’espace public, dans les transports et au travail. Les amendes grimpent jusqu’à 11 euros.

Depuis qu’il a pu recommencer à travailler il y a plus d’un mois, Munish Tiwari, un chauffeur de VTC indien, a déjà écopé de deux amendes de 500 roupies (5,8 euros) pour non-respect du port obligatoire du masque.

«Ce n’est pas confortable et je n’arrive pas à respirer lorsque je le porte», explique à l’AFP ce conducteur de New Delhi, qui a perdu les revenus d’une journée de travail en contraventions. «Je dois le porter lorsqu’il y a des passagers, mais aussitôt que les portes se ferment et qu’ils sont partis, je l’enlève normalement. Je suis une proie facile pour la police.»

L’épidémie de coronavirus fait actuellement rage en Inde, qui compte à ce jour 23.727 morts sur 906.752 cas déclarés de la maladie Covid-19. Les spécialistes estiment que le pic de l’épidémie n’est toujours pas atteint dans la deuxième nation la plus peuplée de la planète, où les chiffres grimpent rapidement.

Dans ce contexte de crise sanitaire, le gouvernement impose le port du masque dans l’espace public, dans les transports et au travail. Si la mesure semble globalement respectée dans les grandes villes, de nombreux Indiens portent cependant leur inconfortable masque de façon baroque, pendant à l’oreille, glissé sous le nez ou le menton.

«Négligence»

Depuis mars, la police de Delhi a distribué plus de 42.000 amendes pour non port du masque ou non respect de la distanciation physique. À travers l’Inde, les forces de l’ordre ont ainsi récolté des centaines de milliers d’euros en contraventions, qui vont de 200 roupies à Bangalore (2,3 euros) à 1.000 roupies (11,7 euros) à Bombay.

Les amendes données pour non-respect des mesures de protection sanitaire s’élèvent à près de 117.000 euros en un mois dans la ville de Bangalore (sud), a annoncé la semaine sur Twitter le chef de la police locale, Hemant Nimbalkar. «Nous ne sommes pas fiers de cette prouesse», a-t-il commenté, appelant les habitants à respecter les consignes destinées à freiner la propagation du coronavirus.

Dans une récente adresse télévisée à la nation, le Premier ministre Narendra Modi a fustigé la «négligence» d’une partie de ses concitoyens face au virus et les a enjoints à ne pas relâcher leur vigilance. Dans la ville de Firozabad (nord), les contrevenants au port du masque n’écopent pas d’amende mais doivent suivre un cours de quatre heures sur la distanciation physique et recopier 500 fois «Un masque doit être porté».

Dans une rue d’Hyderabad, l’AFP a rencontré la professeure Sunitha Michael portant son masque sous le menton, une lanière coincée entre ses dents. Pour pouvoir parler au téléphone, a-t-elle expliqué. «Franchement, je déteste devoir porter un masque car c’est pénible, mais je dois respecter les règles», a-t-elle témoigné.

Par Le Figaro avec AFP