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Inondations en Indonésie: au moins 44 personnes perdent la vie

avril 4, 2021

JAKARTA, Indonésie — Des glissements de terrain et des crues soudaines provoquées par des pluies torrentielles dans l’est de l’Indonésie ont tué au moins 44 personnes et entraîné le déplacement de milliers d’autres, a indiqué dimanche une agence de secours en cas de catastrophe. Plusieurs autres étaient toujours portées disparues.

© Fournis par La Presse Canadienne

De la boue provenant des collines environnantes a recouvert des dizaines de maisons dans le village de Lamenele, peu après minuit sur l’île de Florès dans la province de Nusa Tenggara. Les sauveteurs ont récupéré 38 corps et cinq blessés, a évoqué Lenny Ola, qui dirige l’agence locale de gestion des catastrophes.

Les corps de trois personnes ont été retrouvés après avoir été emportés par des inondations soudaines dans le village d’Oyang Bayang alors que 40 maisons ont été détruites, a-t-elle expliqué. Des centaines de personnes ont fui les maisons submergées, dont certaines ont été emportées par les eaux.

Les averses saisonnières provoquent de fréquents glissements de terrain et inondations, et tuent des dizaines de personnes chaque année en Indonésie.

Dans un autre village, Waiburak, trois personnes ont été tuées et sept sont toujours portées disparues lorsque des pluies nocturnes ont fait sortir des rivières de leur lit, envoyant de l’eau boueuse. Quatre personnes blessées étaient soignées dans une clinique de santé locale.

Des centaines de personnes ont été impliquées dans les efforts de sauvetage, mais la distribution de l’aide et des secours a été entravée par les coupures de courant, les routes bloquées et l’éloignement de la zone entourée par des eaux agitées et de hautes vagues, a détaillé le porte-parole de l’Agence nationale de gestion des catastrophes, Raditya Jati.

Les autorités collectaient toujours des informations sur l’ampleur des pertes et des dégâts dans les endroits touchés, a-t-il précisé.

Des photos publiées par l’agence montraient des sauveteurs, des policiers et des militaires emmenant les habitants dans des abris ainsi que des ponts coupés alors que les routes étaient couvertes de boue épaisse et de débris.

De graves inondations ont également été signalées à Bima, une ville de la province voisine, forçant près de 10 000 personnes à fuir, a indiqué M. Jati.

En janvier, 40 personnes sont mortes dans deux glissements de terrain dans la province de Java occidental.

– Par The Associated Press avec La Presse Canadienne

Indonésie: les sauveteurs retrouvent une dizaine de survivants du séisme de Célèbes

janvier 16, 2021

– Au moins 46 personnes sont mortes dans le tremblement de terre de magnitude 6,2.

Les sauveteurs indonésiens ont retrouvé samedi au moins une dizaine de survivants dans les décombres sur l’île de Célèbes, frappée la veille par un fort séisme qui a fait plusieurs dizaines de morts et plus de 10.000 sans abri.

Au moins 46 personnes sont mortes dans le tremblement de terre de magnitude 6,2, selon un porte-parole de l’agence de gestion des catastrophes. Ce séisme a déclenché la panique chez les habitants de l’ouest de l’île de Célèbes, déjà frappée en 2018 par un très fort séisme suivi d’un tsumani dévastateur.

Des dizaines de corps sans vie ont été retirés des décombres de bâtiments effondrés à Mamuju, la capitale provinciale de l’ouest de Célèbes. D’autres victimes ont été retrouvées plus au sud, où une forte réplique s’est faite sentir samedi matin.

Une pénurie d’équipement lourd a ralenti les efforts des sauveteurs pour dégager les victimes, mais ils sont parvenus à extraire des ruines «au moins dix survivants», a annoncé un responsable des services de secours sur place.

Les autorités n’ont pas précisé combien de personnes pourraient encore en être prisonnières.

Ice, un habitant de Mamuju, était bloqué avec sa famille sous les décombres de sa maison quand il a entendu des jeunes qui cherchaient des survivants. «Ils criaient ‘qui est vivant?’ et après avoir répondu ‘oui je suis vivant’, on a pu ramper hors des décombres», avec l’aide des jeunes, raconte à l’AFP l’homme, qui avait le bras cassé.

Des feuilles de cocotiers pour abri

Des avions et des bateaux arrivent avec des vivres et des équipements d’urgence, et la marine a envoyé un bateau médical pour suppléer les hôpitaux encore en fonctionnement, débordés par l’afflux de blessés, selon les médias locaux.

Quelque 190 personnes sont traitées pour des blessures graves, ont précisé les autorités.

Par ailleurs, quelque 15.000 habitants ont gagné des abris temporaires, souvent de fortune comme des tentes et des cabanes de tôles, où il s’abritent des fortes pluies.

Pour éviter la propagation du Covid-19, les autorités ont séparé les groupes à haut risque et à risque plus faible.

«Nous sommes à court de nourriture. Il n’y a pas encore eu d’aide du gouvernement», dit à l’AFP Desti, 24 ans, qui a fui son domicile de Majene, près de l’épicentre du séisme. «Nous avons besoin de couvertures et de matelas. Certains dorment sur des feuilles de cocotier», explique-t-elle.

Ils sont nombreux à ne pouvoir regagner leurs habitations que le séisme a rendu inhabitables, ou par crainte de répliques ou d’un tsunami, note Desti, qui comme de nombreux Indonésiens ne porte qu’un nom.

Par ailleurs, des glissements de terrain qui ont suivi le séisme et les fortes pluies ont coupé l’accès à l’une des principales routes de la province. L’aéroport a aussi été endommagé ainsi qu’un hôtel et le siège du gouverneur alors qu’une partie de la ville reste sans électricité.

L’épicentre du tremblement de terre de magnitude 6,2 a été localisé à 36 km au sud de Mamuju, à une profondeur relativement faible de 18 km, a précisé l’USGS.

Le pape François s’est déclaré vendredi «attristé par le séisme et a fait part de »sa solidarité« à tous ceux qui sont affectés».

Une autre région d’Indonésie, Kalimantan, sur l’île de Bornéo, est frappée depuis quelques jours par de fortes inondations. Elles ont fait cinq morts et plusieurs dizaines d’habitants sont portés disparus, ont rapporté samedi les médias locaux.

L’archipel indonésien, qui se trouve sur la «ceinture de feu» du Pacifique, une zone de forte activité sismique, connaît souvent des tremblements de terre et des éruptions volcaniques.

La région de Palu, plus au nord sur l’île de Célèbes, avait été déjà frappée en septembre 2018 par un très fort tremblement de terre de magnitude 7,5 suivi d’un tsunami. Cette catastrophe avait fait plus de 4300 morts et disparus, et au moins 170.000 déplacés.

Un autre séisme dévastateur de magnitude 9,1 avait frappé au large des côtes de Sumatra en 2004, entraînant un tsunami qui avait tué 220.000 personnes dans la région, dont environ 170.000 en Indonésie

Par Le Figaro avec AFPP

Indonésie: un responsable impose le voile au lieu du masque contre le virus

juillet 10, 2020

 

Un responsable indonésien a demandé aux femmes fonctionnaires de sa région de porter un voile sur le visage au lieu d’un masque pour se protéger du coronavirus, déclenchant une controverse dans l’archipel.

Des défenseurs des droits des femmes ont souligné qu’un voile cachant le nez et le bas du visage, appelé aussi niqab, n’offrait pas de protection suffisante et apparaissait comme une nouvelle tentative d’imposer un code vestimentaire conservateur aux femmes dans le pays qui compte la plus grande population musulmane au monde.

«Pour être sûr que les fonctionnaires couvrent leur bouche et leur nez»

«C’est uniquement pour la prévention du Covid-19. Ce n’est pas fondé sur les enseignements religieux radicaux ou le fanatisme», s’est défendu Mohammad Suhaili Fadhil Thohir, régent du district central de Lombok, île indonésienne voisine de Bali. Il a souligné à l’AFP que la règle n’était imposée que le vendredi, aux seules musulmanes et qu’aucune sanction n’était prévue pour celles qui ne s’y plieraient pas.

Cette décision a été prise le mois dernier après que des fonctionnaires se sont plaintes de devoir porter un masque lors des exercices sportifs organisés chaque vendredi, a-t-il noté. «Pour être sûr que les fonctionnaires couvrent leur bouche et leur nez, nous leur avons demandé de porter un voile».

Ce type de voile sur le visage est courant dans certains pays du Golfe mais pas en Indonésie où la majorité des musulmanes portent un hidjab, un voile qui couvre les cheveux. Même si la règle n’est obligatoire que le vendredi, de nombreuses employées de l’administration locale ont commencé à porter un voile sur le visage les autres jours de la semaine, a constaté un journaliste de l’AFP.

90% des femmes employées par Lombok centre sont musulmanes

Environ 90% des quelque 4000 femmes employées par l’administration de Lombok centre sont musulmanes. Yayuh, une fonctionnaire interrogée par l’AFP, a indiqué s’attendre à ce que la mesure devienne de rigueur tout au long de la semaine. «Mais ça ne me dérange pas, c’est une façon d’apprendre quels sont les vêtements recommandés par les enseignements de l’islam», a-t-elle observé. Les défenseurs des droits ont protesté contre cette mesure.

«Un masque doit remplir certains critères pour éviter la contamination», a relevé Andy Yentriyani, membre de la Commission contre les violences faites aux femmes. «Cette politique doit être révoquée parce qu’elle menace le droit des femmes à protéger leur santé».

Andreas Harsono, collaborateur de l’ONG Human Rights Watch en Indonésie a observé que cette mesure était «de toute évidence une extension» de la politique qui a rendu le hidjab obligatoire pour les filles musulmanes dans les quelque 300.000 écoles publiques de l’archipel. Certaines régions parmi les plus conservatrices, comme Aceh sur l’île de Sumatra ont imposé le hidjab à toutes les femmes, tandis qu’à Lombok il est obligatoire pour les fonctionnaires.

Dans un communiqué, HRW a appelé le gouvernement indonésien à réagir pour préserver la liberté des femmes, faute de quoi cette mesure «pourrait déboucher sur une nouvelle régulation locale demandant à toutes les femmes de porter le niqab» à Lombok. L’Indonésie, qui a eu longtemps la réputation de pratiquer un islam très tolérant, a vu les courants musulmans conservateurs gagner du terrain ces dernières décennies.

Par Le Figaro avec AFP

Indonésie: nouvelles émeutes en Papouasie, plusieurs bâtiments incendiés

août 29, 2019

 

Des manifestants ont incendié plusieurs bâtiments jeudi dans la plus grande ville de Papouasie, selon un journaliste de l’AFP, alors que la province indonésienne est le théâtre depuis près de deux semaines d’émeutes qui ont fait au moins trois morts.

Plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés dans la ville de Jayapura, certains ont mis le feu à une assemblée régionale et ont lancé des pierres sur des commerces et des hôtels, a constaté un journaliste sur place. Plusieurs autres bâtiments officiels ont été ensuite incendiés ainsi que le siège local d’un opérateur de télécommunications. Nombre de manifestants réclamaient l’indépendance de la province et dénonçaient le traitement de la population autochtone de l’île, les Papous, par les autorités indonésiennes accusées de racisme.

Mercredi, les affrontements les plus graves depuis le début du mouvement se sont produits dans le district isolé de Deiyai. Des heurts entre manifestants et forces de l’ordre indonésiennes ont fait au moins un mort parmi les soldats et deux parmi les manifestants, selon les autorités. Des témoins et des médias locaux ont fait état de 6 manifestants tués par balle par des militaires au cours de ces incidents.

Les autorités ont démenti ce bilan et indiqué que les forces de l’ordre avaient été attaquées par des centaines de Papous armés de machettes et de flèches. Ce bilan n’a pas pu être indépendamment vérifié alors qu’un blocage de l’internet mobile, imposé en Papouasie depuis la semaine dernière, rend les communications particulièrement difficiles.

Trois cents membres des forces de l’ordre ont été envoyés en renfort à Deiyai pour rétablir l’ordre, a indiqué jeudi le chef de la police nationale Tito Karnavian. De nombreuses localités de Papouasie connaissent depuis près de deux semaines des manifestations, des émeutes et des incendies de bâtiments, dans un mouvement de colère déclenché par l’arrestation le 17 août à Surabaya, sur l’île de Java, de 43 étudiants papous.

La police antiémeutes avait investi un dortoir pour en déloger les étudiants, accusés d’avoir détruit un drapeau indonésien le jour de la fête de l’Indépendance de l’Indonésie. Les policiers les ont arrêtés et interrogés avant de les libérer. Des manifestants s’en étaient pris aux étudiants, proférant des injures racistes et les traitant de «singes» ou de «chiens».

Aujourd’hui divisé en deux provinces, l’ouest de l’île de Nouvelle Guinée, riche en ressources naturelles, est en proie à une rébellion indépendantiste sporadique contre le gouvernement indonésien. L’Indonésie a pris par la force le contrôle de ce territoire en 1963, l’année ayant suivi le départ des Néerlandais qui en avait fait une colonie, et l’a officiellement annexé en 1969. De nombreux Papous réclament l’indépendance. La Papouasie Nouvelle-Guinée, l’autre moitié de la grande île, l’a obtenue en 1975 après avoir appartenu à l’Australie.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Papouasie: les troubles continuent et l’Indonésie envoie des renforts

août 21, 2019

 

La province indonésienne de Papouasie a connu ce mercredi un troisième jour de manifestations qui ont par endroits dégénéré en affrontements, poussant Jakarta à envoyer quelque 1200 militaires et policiers en renfort.

Le gouvernement a appelé au retour au calme dans cette province pauvre de l’extrême est de l’archipel. Les émeutes ont commencé lundi après l’arrestation pendant le week-end de 43 étudiants papous et des injures racistes prononcées à leur égard. Un millier de personnes a manifesté mercredi dans les rues de Timika (sud de la Papouasie), où un journaliste de l’AFP a vu des manifestants jeter des pierres vers les fenêtres du parlement local et tenter de détruire la barrière y donnant accès. La foule n’a été dispersée dans cette ville qu’après des tirs de sommation de la police. Plusieurs centaines de manifestants ont aussi défilé dans les rues des villes de Sorong et de FakFak à l’ouest de l’île.

Plusieurs villes de cette région riche en matières premières étaient paralysées ce mercredi, dont Manokwari où des magasins et le parlement local ont été incendiés par des émeutiers lundi. Plusieurs policiers ont été blessés, selon les autorités. Des informations non confirmées ont fait état de manifestants blessés. Quelque 900 policiers et 300 militaires ont été déployés à Manokwari et Sorong, ont indiqué mercredi le gouvernement et les autorités de Papouasie. Le porte-parole de la police nationale Muhammad Iqbal a estimé que la situation restait «globalement sous contrôle», précisant les forces de l’ordre n’étaient pas équipées de balles réelles.

La colère s’est répandue à travers la Papouasie après des informations sur l’arrestation samedi de 43 étudiants papous par la police à Surabaya, la deuxième ville du pays, sur l’île de Java.

a police anti-émeute a investi un dortoir pour déloger des étudiants papous qui avaient été accusés d’avoir détruit un drapeau indonésien le jour de la fête de l’Indépendance de l’Indonésie. Les policiers les ont arrêtés et interrogés avant de les libérer. Parallèlement, une manifestation contre la présence des étudiants papous a été organisée au cours de laquelle des injures raciales ont été proférées. Le président indonésien Joko Widodo a promis une enquête sur les incidents survenus à Surabaya et devrait se rendre dans la province prochainement.

La région, riche en ressources naturelle, connait une rébellion indépendantiste sporadique contre le gouvernement indonésien. La Papouasie s’est déclarée indépendante en 1961, mais l’Indonésie en a pris le contrôle par la force en 1963 et l’a officiellement annexée en 1969. De nombreux Papous réclament l’indépendance, comme la Papouasie Nouvelle-Guinée, autre moitié de cette grande île qui l’a obtenue en 1975 après avoir été une colonie australienne.

Par Le Figaro.fr avec AFP

L’Indonésie va renvoyer 49 conteneurs de déchets en Europe et aux Etats-Unis

juillet 2, 2019

 

L’Indonésie va renvoyer des dizaines de conteneurs de déchets vers la France et d’autres pays occidentaux, à l’instar de plusieurs pays d’Asie du Sud-Est qui ne veulent plus être des décharges, ont annoncé ce mardi les autorités. Les 49 conteneurs contiendront des détritus, des déchets plastiques et des substances dangereuses en violation des règles d’importation, selon les responsables des douanes de l’île indonésienne de Batam.

«Nous nous coordonnons avec l’importateur afin de procéder à leur renvoi immédiat», a déclaré à l’AFP le porte-parole des services douaniers de cette île. Ces déchets proviennent des Etats-Unis, d’Australie, de France, d’Allemagne et de Hongkong, a-t-il précisé. Mi-juin, Jakarta avait renvoyé cinq conteneurs de déchets aux Etats-Unis, se joignant ainsi à plusieurs pays d’Asie du Sud-Est mécontents de servir de dépotoir à l’Occident.

En 2018, la Chine a soudainement cessé d’accepter les déchets plastiques du monde entier, suscitant le chaos sur le marché mondial du recyclage et obligeant les pays développés à trouver de nouvelles destinations pour leurs déchets. Depuis, d’énormes quantités de déchets ont été ré-acheminées vers l’Asie du Sud-Est.

En mai, la Malaisie avait promis de renvoyer des centaines de tonnes de déchets plastiques. De leur côté, les Philippines ont renvoyé fin mai vers le Canada 69 conteneurs de détritus, provoquant un vif contentieux entre les deux pays. Environ 300 millions de tonnes de plastique sont produites chaque année. Une grande partie finit dans des décharges ou dans les mers, selon le Fonds mondial pour la nature (WWF.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Cadavres ensevelis en Indonésie: un risque sanitaire infime

octobre 6, 2018

Sauveteurs à Palu (Indonésie) le 5 octobre 2018. / © AFP / ADEK BERRY

Si « traiter avec les morts est l’une des choses les plus difficiles après une catastrophe naturelle », les très nombreux cadavres toujours ensevelis huit jours après le séisme et le tsunami en Indonésie ne présentent pas de risque épidémique, selon les experts, qui bousculent une idée reçue.

– Les cadavres représentent-ils un risque sanitaire ?

« Les morts causés par des événements traumatiques (catastrophes naturelles, accidents ou guerres) ne représentent pas de danger pour la santé », des population survivantes note l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) dans une de ses notices techniques.

Même en décomposition, ces corps ne sont pas plus vecteur de contamination qu’avant le décès de la personne.

La situation serait différente s’il s’agissait de cadavres de personnes décimées par une épidémie mais les séismes, les éruptions volcaniques, les tsunamis ou encore les cyclones n’ont jamais été suivis d’épidémies majeures.

« La priorité doit être donnée aux vivants », rappelle l’organisation.

– Quels risques réels représentent ces corps ?

Si les risques d’épidémie restent un mythe, les répercutions psychiques sont bien réelles.

Les survivants sont confrontés à un double traumatisme: la perte d’êtres chers et le fait de s’être trouvé face à la mort à grand échelle, d’où la nécessité « de procéder à la collecte des cadavres le plus tôt possible », note l’OMS.

Même si ce n’est pas le plus grave, l’odeur et l’aspect des cadavres présentent tout de même un problème, estiment certains spécialistes.

Dans les climats chauds, un corps va commencer à se décomposer dans les 12 à 48 heures.

Les cadavres en décomposition triplent de volume et changent de couleurs. Ils émettent également des odeurs souvent intolérables pour les vivants.

– Cette peur d’épidémie, injustifiée, est-elle nuisible ?

Si les cadavres doivent être rapidement soustrais du regard des survivants pour des raisons psychologiques et par respect pour la dignité des personnes décédées, il est contre-productif de les enterrer rapidement.

« Il est beaucoup plus important que les survivants identifient leurs morts et les enterrent conformément à leurs coutumes », estiment les médecins, suggérant que les corps soient, dans un premier temps, simplement rassemblés dans des lieux où ils pourront être identifiés.

Car, selon l’OMS, « lorsque les victimes ont été enterrées dans des fosses communes ou incinérées sans avoir été dûment identifiées, une situation de douleur prolongée et d’incertitude s’installe chez les proches ».

De plus, la peur des épidémies provoquée par les cadavres ou les charognes entraîne souvent un gaspillage de ressources vers des programmes de vaccination ou de désinfection, très visibles politiquement mais inutiles.

Il est beaucoup plus important que les ressources disponibles soient utilisées pour soigner les vivants, fournir de l’eau potable, évacuer les eaux usées…

– Qu’en est-il des sauveteurs ?

S’il n’y a pas de risque d’épidemie, manipuler un mort n’est pas sans risque. Les équipes, souvent composées de simples survivants et de bénévoles, doivent porter des gants et des bottes et se laver les mains avec du savon après avoir touché un cadavre.

Vu les conditions difficiles de travail, l’OMS conseille de vacciner les sauveteurs contre le tétanos et d’intervenir rapidement en cas de blessure.

Mais surtout, les services de santé doivent se préparer: « le traitement d’un grand nombre de cadavres peut avoir un sérieux impact sur la santé mentale des membres de l’équipe ». « Les effets peuvent prendre une variété de formes et peuvent se produire immédiatement après l’événement ou beaucoup plus tard ».

Romandie.com avec(©AFP / (06 octobre 2018 18h23)

Indonésie: le bilan dépasse 1.400 morts, l’espoir de retrouver des survivants s’éloigne

octobre 3, 2018

Un survivant explore le 3 octobre 2018 les ruines laissées à Wani, sur l’île indonésienne de Sulawesi, par le séisme et le tsunami du 28 septembre / © AFP / JEWEL SAMAD

Le bilan du séisme suivi d’un tsunami sur l’île indonésienne des Célèbes a dépassé les 1.400 morts mercredi alors que les besoins sont « immenses » dans les zones sinistrées et que le temps presse pour dégager des survivants.

Le bilan s’élève à 1.411 morts, a affirmé M. Tohir, un porte-parole de l’armée. L’agence de gestion des catastrophes naturelle a précisé que 519 corps avaient déjà été enterrés.

Les autorités se sont fixé jusqu’à vendredi, soit une semaine après la catastrophe, pour retrouver d’éventuels survivants. Au-delà, les chances seront proches de zéro.

Quelque 1.600 personnes ont été évacuées par mer par un navire militaire indonésien qui a pu accoster, chargé d’aide humanitaire, dans la ville côtière de Palu.

Les secours se concentrent sur quelques sites autour de Palu, qui a été ravagée, et notamment à l’hôtel Roa-Roa où une soixantaine de personnes seraient toujours ensevelies sous les gravats. Les efforts se focalisent aussi sur un centre commercial, un restaurant ou encore le quartier de Balaroa, sinistrés.

Indonésie : destructions à Palu / © AFP / Simon MALFATTO

Près de 200.000 personnes ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence, parmi lesquelles des dizaines de milliers d’enfants, selon le bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha). On estime à 66.000 le nombre de logements détruits vendredi par la secousse de magnitude 7,5 et le raz-de-marée destructeur qu’elle a engendré.

Le gouvernement indonésien a beau avoir affirmé aux équipes étrangères intervenant dans les zones sinistrées que la situation était sous contrôle, les habitants de localités éloignées comme Wani, dans la province de Donggala, disent n’avoir pas, ou presque pas, vu la couleur de l’aide.

– « Frustration » des secouristes –

La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) a fait part de la frustration des équipes sur place face à la lenteur de la réponse.

Un rescapé du séisme et du tsunami qui a frappé les Célèbes devant une mosquée détruite à Wani, le 3 octobre 2018. / © AFP / JEWEL SAMAD

« Le sentiment des équipes travaillant sur place est un sentiment de frustration », a expliqué Matthew Cochrane, porte-parole de l’IFRC. « Des portions importantes de ce qui pourrait être la zone la plus touchée n’ont toujours pas été complètement atteintes. Mais les équipes se démènent et font ce qu’elles peuvent », a-t-il ajouté.

Les survivants combattent la faim et la soif. L’eau potable et la nourriture manquent et les autorités sont dépassées par le nombre de blessés.

Sur le terrain, des responsables expliquent que, si le gouvernement a indiqué que toute aide était la bienvenue, les « mécanismes de mise en oeuvre » de cette aide manquent.

– Tirer sur les pilleurs –

Une habitante de Palu en Indonésie, près des décombres de sa maison détruite par le séisme et le tsunami qui ont touché les Célèbes, le 3 octobre 2018 / © AFP / ADEK BERRY

L’aéroport de Palu, utilisé jusqu’alors par les seuls militaires, devrait rouvrir jeudi matin. Les installations portuaires de Palu, porte d’accès cruciale dans cette région accidentée, ont été fortement endommagées.

Dans la ville de Palu, la police avait effectué mardi des tirs de semonce et utilisé les gaz lacrymogènes pour disperser des pilleurs. Elle a d’ores et déjà arrêté des dizaines de personnes pour pillage, alors que des survivant se servaient dans les stocks de magasins, à la recherche de nourriture et d’eau potable.

Un officier a indiqué mercredi que les militaires avaient désormais l’ordre de tirer sur les pilleurs, après sommation.

« Nous pouvions le tolérer le premier ou le deuxième jour parce qu’ils avaient besoin de ces choses. Mais le troisième jour, ils se sont mis à piller des choses comme les équipements électroniques », a déclaré le colonel Ida Dewa Agung Hadisaputra.

Indonésie : comment le tsunami s’est intensifié jusqu’à Palu / © AFP / Laurence CHU

Sur la route qui part la ville vers le nord, un journaliste de l’AFP a vu des jeunes élever des barrages et exiger des « donations » pour ouvrir la voie. Ailleurs des centaines de personnes arpentent les décombres d’une usine effondrée pour tenter de récupérer ce qui pouvait l’être.

Le président indonésien Joko Widodo, qui fait campagne pour sa réélection l’an prochain, a affirmé que la police et l’armée avaient le contrôle de la zone, au cours de sa deuxième visite à Palu depuis la catastrophe.

Le Centre de coordination de l’aide humanitaire de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Asean), basée à Jakarta, a pour sa part fait état d’un besoin urgent de sacs mortuaires.

Dans le climat équatorial chaud et humide qui prévaut en Indonésie, la décomposition est accélérée et fournit un terrain propice aux maladies.

Le volcan Soputan, situé dans l’extrême nord-est des Célèbes, crache le 3 octobre des cendres à plus de 5.800 mètres d’altitude. Photo fournie par l’Agence indonésienne des gestion des catastrophes (BNPB). / © Indonesia’s National Disaster Agency/AFP / Handout

– Eruption volcanique –

Les secours manquent aussi d’équipements lourds. Ils peinent également du fait de la coupure des routes et face à l’ampleur même des dégâts.

L’électricité a été rétablie mardi soir dans certains quartiers de Palu. Mais dans d’autres, des habitants se pressaient autour de rallonges électriques dans les quelques bâtiments disposant encore de courant. Les files d’attente pour obtenir quelques litres d’essence pouvaient dépasser 24 heures.

Le manque d’installations sanitaires est par ailleurs un problème de plus en plus grave.

Séisme en Indonésie: les populations réclament de l’aide / © AFP /

« Partout, les gens veulent aller aux toilettes mais il n’y en a pas. Alors il faut faire ses besoins de nuit, au bord de la route », explique Armawati Yarmin, 50 ans.

Archipel de 17.000 îles et îlots formé par la convergence de trois grandes plaques tectoniques (indo-pacifique, australienne et eurasienne), l’Indonésie se trouve sur la ceinture de feu du Pacifique, zone de forte activité sismique.

Un risque qui a été illustré mercredi par l’éruption du volcan Soputan, situé dans l’extrême nord-est des Célèbes, à un millier de km de Palu, et qui crachait des cendres à plus de 5.800 mètres d’altitude.

Les autorités ont demandé aux civils de ne pas approcher du volcan à moins de quatre kilomètres. Mais aucune évacuation n’a été pour l’instant décidée.

Après l’appel à l’aide de l’Indonésie, le Fonds central d’intervention d’urgence de l’ONU a annoncé mardi soir le déblocage de 15 millions de dollars. Mercredi, l’Australie a annoncé qu’elle dépêchait une équipe médicale ainsi qu’une enveloppe de cinq millions de dollars d’aide.

Romandie.com avec(©AFP / (03 octobre 2018 16h44)

Indonésie: 34 étudiants en théologie morts dans une église, 52 disparus

octobre 1, 2018

Palu (Indonésie) – Les secouristes indonésiens ont découvert les corps de 34 étudiants en théologie dans une église sur l’île des Célèbes, envahie par une coulée de boue après le séisme de vendredi, a annoncé mardi une porte-parole de la Croix Rouge locale.

« Trente-quatre corps au total ont été retrouvés par l’équipe » de secouristes, a déclaré à l’AFP Aulia Arriani.

Elle a précisé que 86 étudiants avaient été initialement portés disparus alors qu’ils participaient à une retraite religieuse dans le district de Sigi Biromaru, dans le nord de l’île.

Selon Mme Ariani, l’endroit est très difficile d’accès. « Le problème le plus important, c’est de se déplacer à pied dans la boue pendant une heure et demie tout en portant les corps », a-t-elle rapporté.

Le centre de l’île des Célèbes a été dévasté par un séisme suivi d’un tsunami vendredi soir, qui a tué au moins 844 personnes. Dans la ville côtière de Palu notamment, les vagues ont emporté des habitants, des morceaux de bâtiments, des voitures et la végétation.

Le bilan final devrait être plus élevé, certaines zones n’ayant pas encore été atteintes par les secours mardi. Le district de Sigi Biromaru est l’une de ces zones reculées, au sud-est de Palu.

Romandie.com avec(©AFP / 02 octobre 2018 00h45)

À Palu, le pillage seule solution pour ceux qui n’ont plus rien

septembre 30, 2018

Des habitants de Palu pillent des magasins dans la ville de Palu, dans l’île indonésienne des Célèbes, le 30 septembre 2018 / © AFP / BAY ISMOYO

Biscuits, chips, couches, bouteilles de gaz… Dans le supermarché aux vitres cassées, hommes et femmes remplissent leurs sacs de tout ce qu’ils y trouvent, avec l’assentiment des autorités face à l’aide qui tarde dans la ville indonésienne de Palu, dévastée par un séisme.

« On ne nous aide pas, on a besoin de manger. Nous n’avons pas d’autre choix pour manger », se justifiait dimanche l’un des pillards.

« Les magasins sont fermés et les marchés sont vides », explique « Eddy », 33 ans. « Donc on doit piller les magasins les uns après les autres ».

Les autorités indonésiennes ont annoncé qu’elles ne sanctionneraient pas les pilleurs et rembourseraient les propriétaires des magasins.

« On a demandé (aux distributeurs) Alfamart et Indomaret de laisser les gens prendre des marchandises. Il faut qu’ils enregistrent tout et nous paierons, ce ne sera pas du pillage », a annoncé le ministre de l’Intérieur, Tjahjo Kumolo, selon un communiqué.

Des habitants de la ville de Palu, sur l’île indonésienne des Célèbes dévastée par un séisme, pillent un magasin le 30 septembre 2018 / © AFP / BAY ISMOYO

Deux jours après le tremblement de terre de magnitude 7,5, suivi d’un tsunami, qui a secoué l’île des Célèbes faisant au moins 832 morts, tout manque: nourriture, eau et carburant. Et ils sont des centaines à piller supermarchés et stations-services.

« C’est une crise : il n’y a pas de nourriture, rien! », lance un autre. « A manger, de l’eau, c’est ce dont nous avons désespérément besoin! ».

Tout d’un coup, deux petites répliques se font ressentir dans le bâtiment: les gens crient: « tremblement de terre! tremblement de terre! ». Beaucoup d’habitants ont dormi dehors, craignant de nouvelles secousses.

Mais une fois l’angoisse passée, de plus en plus de pillards se massent devant le magasin.

La police assiste, sans intervenir, au pillage d’un magasin à Palu, sur l’île indonésienne des Célèbes frappée par un séisme, le 30 septembre 2018 / © AFP / BAY ISMOYO

– Cuisines mobiles –

« C’est la situation qui nous force à faire cela, on a besoin de tout », argumente un adolescent, venus avec d’autres jeunes. « On a pris tout ce qu’on pouvait, on ne peut même pas cuisiner, c’est pour ça que nous pillons ».

L’aide commence seulement à parvenir dans l’île située au centre de l’archipel indonésien.

Les autorités sont en train d’acheminer des cuisines mobiles capables de fournir quelque 36.000 repas par jour, des milliers de matelas, des couvertures et des nouilles instantanées.

Pillage dans un magasin de Palu, sur l’île indonésienne des Célèbes frappée par un séisme, le 30 septembre 2018 / © AFP / BAY ISMOYO

Mais ces vivres n’arrivent pas assez rapidement pour les habitants.

Quelques policiers, stationnés devant le magasin ou encore dans le commissariat en face, sont témoins de la scène. Dépassés, il n’essayent pas d’intervenir.

Dans une station-service voisine, un groupe essaye de siphonner une réserve de carburant en sous-sol.

« Il n’y a qu’une station service qui fonctionne, les gens sont désespérés », explique à l’AFP Ray Pratama, un photographe local, qui n’a pas pris part au pillage.

La foule remplit des jerrycans, des bouteilles, et même des casseroles avec le précieux carburant.

« Si vous vendez à un prix raisonnable ok, mais ils ont augmenté énormément les prix, pour les produits essentiels », s’indigne une femme.

Romandie.com avec(©AFP / (30 septembre 2018 13h06)