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Canada-Québec: Retour des infirmières d’agence à 100 $ l’heure

janvier 24, 2023

Depuis le début de l’année, de nombreux propriétaires de centres d’hébergement pour aînés doivent composer avec des hausses tarifaires de 30 % à 40 % de la part des agences de placement de personnel infirmier. Toutefois, selon ces agences, ces hausses s’imposaient en raison de l’inflation.

Une personne âgée se déplace avec une marchette dans le corridor d'une résidence privée pour aînés.

Une personne âgée se déplace avec une marchette dans le corridor d’une résidence privée pour aînés. Photo : Radio-Canada/Josée Ducharme

Au début du mois de janvier, l’équipe de gestion du Groupe Santé Arbec a sursauté lorsqu’elle a reçu de nouvelles grilles tarifaires des agences de placement d’infirmières.

On a eu plusieurs agences qui ont fait des tentatives pour hausser les tarifs horaires de façon assez exagérée, explique le président directeur général du Groupe, Paul Arbec.

Une agence est par exemple passée de 72 $ à 95 $ l’heure pour du personnel infirmier, précise-t-il, soit une hausse de plus de 30 %.

Le Groupe Santé Arbec gère plus d’une quinzaine de milieux d’hébergement, dont des CHSLD privés non conventionnés sous contrat avec le gouvernement.

M. Arbec, qui est aussi porte-parole de l’Association des établissements de longue durée privés du Québec (AELDPQ), constate que plusieurs membres de l’Association reçoivent des augmentations de 35 %, 40 %.

Jusqu’à maintenant, le plus élevé qu’on a vu pour du temps simple, c’est 107 $ […] pour une infirmière qui, en temps normal, nous coûterait 50 $ de l’heure, dit le président de l’AELDPQ.

Un homme dans son bureau.

Paul Arbec, président-directeur général du Groupe Santé Arbec Photo : Radio-Canada

Au début de la pandémie, des agences avaient facturé jusqu’à 150 $ l’heure.

Un arrêté ministériel de 2021, échu le 31 décembre dernier, avait plafonné le tarif horaire à près de 72 $, tant au public qu’au privé.

Le PDG du Groupe Santé Arbec, tout comme le président-directeur général du Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA), espère une intervention rapide de Québec.

On pourrait dire que c’est le free for all, c’est vraiment du n’importe quoi au niveau des agences, affirme Marc Fortin, du RQRA. Il va vraiment falloir que le gouvernement [s’occupe de régler] cette question-là, dit-il.

Selon le dernier rapport sur l’effectif infirmier 2021-2022 de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), plus de 3,2 % du personnel infirmier, soit 2400 personnes, exerçait cette profession principalement auprès d’agences de placement ou de soins privés en mars dernier.

Cependant, pour le représentant des agences privées de placement, des ajustements tarifaires s’imposaient.

De façon générale, les prix ont été plafonnés par le gouvernement lors des deux dernières années en utilisant des données datant de 2018, alors que la planète entière traversait la pire crise inflationniste des dernières décennies, explique Patrice Lapointe, de l’Association des entreprises privées de personnel soignant du Québec (EPPSQ). Il est donc possible que certains ajustements tarifaires puissent avoir été nécessaires dans certains cas.

Des contrats octroyés sans appel d’offres par le réseau public durant la pandémie ont également eu un impact sur les salaires versés aux infirmières d’agence, selon l’EPPSQ. M. Lapointe espère une rencontre avec le gouvernement.

Abolir Recrutement Santé Québec

La pénurie d’infirmières dans le réseau de la santé et de l’hébergement privé pour aînés s’est accentuée depuis la pandémie.

Radio-Canada dévoilait la semaine dernière que les établissements publics avaient mandaté Recrutement Santé Québec (RSQ) afin de recruter plus de 3300 infirmières à l’étranger. RSQ est le service de recrutement officiel du ministère de la Santé à l’extérieur du Canada.

Au RQRA, on suggère une transformation de RSQ.

On a demandé au gouvernement d’abolir RSQ pour créer un organisme à but non lucratif qui s’occuperait des besoins [de recrutement dans le secteur] de la santé, que ce soit au public, au privé ou au communautaire, lance Marc Fortin, du RQRA.

Un homme dans son bureau.

Marc Fortin, président-directeur général, Regroupement québécois des résidences pour aînés Photo: Radio-Canada

Pour le moment, il n’y a pas d’ouverture, mais c’est quelque chose qu’on devrait regarder parce qu’on est tous interreliés dans un écosystème, soutient M. Fortin.

Entre-temps, l’association qu’il représente a recours depuis l’an dernier à des intermédiaires pour recruter du personnel à l’étranger.

On travaille avec des entreprises privées […] qui recrutent pour des entreprises comme St-Hubert et Olymel, où on essaie d’avoir une économie d’échelle, précise M. Fortin.

Les bureaux du ministère de l’Immigration dans des pays francophones sont également utilisés

Avec Radio-Canada par Daniel Boily et Davide Gentile

Crise dans les urgences : manque-t-il d’infirmières partout dans le monde?

janvier 22, 2023
Des infirmiers sont dans le couloir d'un hôpital.

Pour palier le manque de personnel, les gestionnaires des hôpitaux utilisent régulièrement le temps supplémentaire obligatoire, imposant des quarts parfois très longs aux employés. Photo : Radio-Canada/Evan Mitsui

« Il manque d’infirmières partout dans le monde », a déclaré le premier ministre du Québec, François Legault, mercredi dernier, alors que son gouvernement devait répondre, une fois de plus, à la question du manque de personnel dans les hôpitaux de la province. Mais est-ce vraiment le cas? Et si oui, existe-t-il des solutions à cette pénurie?

Il manque effectivement d’infirmières dans les autres provinces et territoires du Canada, et dans plusieurs pays d’Europe qui, contrairement à certains systèmes comme celui exclusivement privé des États-Unis, peuvent être comparables au Québec en ce sens qu’ils gèrent également des réseaux de santé publics.

Selon Pascal Garel, de la Fédération européenne des hôpitaux qui représente les réseaux d’une trentaine de pays, c’est un problème partout, que ce soit en Grèce, où on a une infirmière pour un médecin, ou en Irlande, où on a cinq infirmières pour un médecin.

La situation est assez proche chez vous et chez nous, en Europe. On a un vieillissement de la population [et] on a reçu la triple claque cet hiver – la pandémie, la grippe et la bronchiolite – qui a touché nos enfants. Ça a fait exploser la situation dans certains pays.

Et là aussi, en plus de l’augmentation de la clientèle, les conditions de travail liées à la surcharge poussent de nombreuses infirmières à quitter le réseau de la santé et à changer de carrière. Il y a une pression insupportable et encore plus quand on a vécu la COVID. On a beaucoup donné et on a le sentiment de ne rien voir venir en termes de salaire et de conditions de travail, explique Pascal Garel, en entrevue à l’émission Les faits d’abord, sur les ondes d’ICI Première.

Mais alors, quand François Legault dit qu’on va essayer avec l’immigration et la requalification, est-ce une solution réaliste pour renflouer les rangs des infirmières du Québec?

Non, parce que tout le monde joue à la même chose, lance sans hésitation Sylvain Brousseau, président de l’Association des infirmières et infirmiers du Canada.

« Toutes les provinces canadiennes essayent d’aller piocher des infirmières chez leurs voisins et, au niveau international, tous les pays riches essayent d’aller piocher des infirmières dans les pays où les conditions sont moins bonnes. »— Une citation de  Sylvain Brousseau, président de l’Association des infirmières et infirmiers du Canada

On a essayé [en Europe] et ça n’a pas marché, ajoute Pascal Garel, qui souligne d’ailleurs que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande des pratiques éthiques en matière de recrutement international pour éviter de piller les professionnels se trouvant dans des pays pauvres, qui ont déjà besoin de ce personnel médical.

Le nerf de la guerre : les conditions de travail

Sylvain Brousseau compare le problème à une baignoire qui fuit : il faut arrêter de tenter d’y remettre de l’eau, mais plutôt s’attaquer à pourquoi elle fuit.

D’ailleurs, comment se fait-il qu’on parle de pénurie d’infirmières au Québec, alors que 80 000 membres sont inscrits à l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), soit un nombre environ 10 % plus élevé que dans les dernières années?

Quand on parle de la pénurie d’infirmières, on parle de pénurie dans un secteur en particulier, répond Damien Contandriopoulos, professeur en soins infirmiers à l’Université de Victoria, en Colombie-Britannique. Ce n’est pas que les infirmières ont disparu, c’est que les infirmières, comme professionnelles assez qualifiées, sont capables de choisir les milieux de travail qui sont les moins pires.

« Et en ce moment, le milieu qui est le pire, c’est le milieu hospitalier. […] C’est une pénurie concentrée. Ce n’est pas que les infirmières ne sont pas là, c’est que les infirmières ont la possibilité d’aller travailler dans des milieux qui ne les rendent pas folles ni malades. »— Une citation de  Damien Contandriopoulos, professeur en soins infirmiers à l’Université de Victoria, en Colombie-Britannique

Ces infirmières vont donc dans les agences privées ou dans toutes sortes de secteurs dans la santé ou la parasanté avec de meilleures conditions de travail.

Et c’est là, selon les trois intervenants, le nerf de la guerre : les conditions de travail, dont le temps supplémentaire obligatoire (TSO).

Lorsqu’on travaille dans un milieu où on perçoit constamment de la toxicité, de la violence, du racisme, ce n’est pas tenable, lance Sylvain Brousseau. Lorsqu’on demande constamment à une infirmière de rester 22, 23, 24 heures, ce n’est pas tenable. Et il en va de la qualité des soins : lorsqu’elles terminent leur quart de travail, elles se remettent en question parce qu’elles sont constamment sous pression. Ce n’est pas tenable.

C’est un problème de gestion catastrophique, généralisé et autorenforçant, précise Damien Contandriopoulos. Quand on est un hôpital avec des conditions de travail pourries, c’est un petit milieu, tout le monde le sait. Donc, les infirmières ne veulent pas y aller et le problème fait juste se renforcer.

« Il faut que les employeurs dans les hôpitaux deviennent des employeurs de choix. Ça veut dire des salaires compétitifs, des conditions de travail décentes et que les gens puissent exercer complètement leurs compétences. Ce qui n’est pas le cas présentement. »— Une citation de  Sylvain Brousseau, président de l’Association des infirmières et infirmiers du Canada

Le plus décourageant selon Damien Contandriopoulos? Je commente ce sujet-là depuis 15 ans maintenant et rien ne bouge. […] Les pistes d’action qui sont mises de l’avant par le gouvernement sont généralement unidirectionnelles – c’est juste de l’argent – et trop timides.

Il y a une panoplie de solutions qui existent depuis très longtemps, on les mentionne depuis une quinzaine d’années, ajoute Sylvain Brousseau, qui suggère aux provinces canadiennes de consulter le document préparé par la Fédération canadienne des syndicats infirmiers en 2022, Soutenir les soins infirmiers au Canada.

Avec Radio-Canada par Anaïs Brasier

Royaume-Uni: les infirmières à nouveau en grève pour des hausses de salaire

janvier 18, 2023
Royaume-Uni: les infirmieres a nouveau en greve pour des hausses de salaire
Royaume-Uni: les infirmières à nouveau en grève pour des hausses de salaire© AFP/CARLOS JASSO

Après une première grève historique en décembre, des milliers d’infirmières ont à nouveau cessé le travail mercredi en Angleterre pour deux jours, réclamant de meilleurs salaires et conditions de travail, dans un Royaume-Uni confronté à une forte inflation.

Près d’un quart des services de santé publics étaient affectés.

Après des années de vaches maigres, les infirmières réclament des augmentations supérieures de 5 % à l’inflation, qui a atteint 10,5 % en décembre, en très légère baisse par rapport à novembre (10,7 %).

Les discussions entre le gouvernement conservateur de Rishi Sunak et le principal syndicat d’infirmières, le Royal College of Nursing (RCN) sont au point mort. Après une première grève de deux jours en décembre, du jamais vu en un siècle d’existence du syndicat, deux autres journées de grève sont annoncées pour les 6 et 7 février, touchant davantage d’hôpitaux.

Alors que les grèves affectent de nombreux autres secteurs, les infirmières seront rejointes par des milliers d’ambulanciers et personnel de ce secteur le 6 février, à l’appel du syndicat GMB qui a annoncé mercredi quatre nouveaux jours de grève, les 6 et 20 février et les 6 et 20 mars.

Les infirmières ne protestent pas seulement pour obtenir de meilleurs salaires, mais aussi contre la dégradations des conditions de travail.

« Si je devais choisir une formation aujourd’hui, je ne serais pas infirmière. C’est un boulot tellement dur en ce moment », explique à l’AFP Orla Dooley, 29 ans dont dix en tant qu’infirmière. « C’est quelque chose que j’aimais, c’est vraiment triste ».

En cette matinée glaciale, elle a rejoint le piquet pour soutenir les grévistes après son service de nuit à l’hôpital Saint-George de Londres.

Il manque souvent « 10, 12 infirmières, soit la moitié de l’effectif », souligne-t-elle. « Les problèmes de sécurité des patients ne surviennent pas que les jours de grève, mais tous les jours ».

Le sort des patients est au centre de leurs préoccupations, assurent les grévistes.

Service minimum

Faire grève est « la dernière chose qu’on veut faire », explique Steven Bedford, qui travaille dans la santé mentale. « On sait que les urgences vont probablement avoir du mal aujourd’hui, mais on doit se faire entendre ».

Le gouvernement, qui veut faire voter une loi instaurant un service minimum dans certains secteurs, dont la santé, dénonce lui les perturbations que vont engendrer ces grèves pour la population en plein hiver.

Avec « 47.000 postes vacants » en Angleterre, « je ne sais pas comment le gouvernement va faire » pour instaurer un service minimum, a déclaré la secrétaire générale du RCN Pat Cullen sur la chaîne ITV. Elle a également appelé le gouvernement à revenir à la table des négociations.

Le ministre de la Santé Steve Barclay a jugé « inabordable » une augmentation de 10 % pour les infirmières, soulignant que cela coûterait 3,6 milliards de livres par an (4,1 milliards d’euros. « Cela enlèverait de l’argent au service des patients », a-t-il ajouté lors de la visite d’un hôpital à Harrow (nord-ouest de Londres).

Selon lui, les deux jours de débrayage des infirmières en décembre avaient entraîné l’annulation de 30.000 opérations et rendez-vous.

Selon la NHS Confederation, qui représente les hôpitaux, cette nouvelle grève pourrait entrainer l’annulation de 4.500 opérations et 25.000 rendez-vous.

« Conflit dommageable »

Son président, Matthew Taylor, a appelé le gouvernement à « faire tout ce qu’il peut pour mettre fin à ce conflit dommageable » pour le service public de santé, le NHS.

« Nous ne pensons pas que c’est la bonne manière d’agir, nous continuons d’appeler les syndicats à quitter les piquets de grève et à continuer les discussions », a affirmé un porte-parole du Premier ministre Rishi Sunak, évoquant aussi la grève à venir des enseignants à partir du 1er février, à laquelle s’ajoutera un nouveau débrayage des cheminots.

Le mouvement des infirmières est le plus populaire de tous ceux qui secouent le Royaume-Uni ces derniers mois, confronté à sa pire crise sociale depuis des décennies.

Selon un sondage Ipsos pour l’agence PA, 57 % des Britanniques estiment que le gouvernement est le plus à blâmer pour la longueur de la grève des infirmières.

82 % des personnes interrogées éprouvent de la sympathie pour les infirmières et 80 % pour les ambulanciers.

Par Le Point avec AFP

Canada: L’Est-de-Montréal cherche 565 infirmières à l’international

janvier 18, 2023

De tous les établissements de santé du Québec, le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal est celui dont les espoirs de recrutement à l’étranger sont les plus élevés afin de juguler la pénurie d’infirmières dont souffre notamment Maisonneuve-Rosemont.

L'Hôpital Maisonneuve-Rosemont.

L’urgence de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont est aux prises avec une crise de personnel. (Photo d’archives) Photo : Radio-Canada/Charles Contant

Ces derniers mois, le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal a confié au ministère de la Santé un nombre record de mandats pour recruter des infirmières, que ce soit en France, au Maroc ou en Amérique du Sud.

Selon les informations obtenues par Radio-Canada, les attentes sont particulièrement élevées pour l’Est-de-Montréal, où le CIUSSS souhaite en recruter 565, en hausse de plus de 200 par rapport aux demandes de mai 2022.

Ce CIUSSS emploie environ 4400 infirmières dans les hôpitaux, CHSLD et CLSC qui relèvent de lui.

Pour l’ensemble du Québec, les cibles de recrutement à l’international s’élèvent à plus de 3300 infirmières, indique-t-on au ministère de la Santé.

À l’inverse, le CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal en recherche actuellement 240, une baisse marquée par rapport au printemps dernier. L’établissement du Nord-de-Montréal s’est doté en 2021 d’une équipe de ressources humaines(Nouvelle fenêtre) qui se consacre au recrutement de personnes de l’étranger afin de les intégrer, les suivre dans leur cheminement d’immigration, les accueillir.

De la Montérégie aux Laurentides, la grande région de Montréal représente 70 % des mandats pour recruter à l’international.

De passage mercredi à l’émission Tout un matin, diffusée sur les ondes d’ICI Premières, pour parler de la crise à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, le PDG du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal a expliqué l’ampleur des besoins de main-d’œuvre infirmière dans l’Est-de-Montréal par rapport au CIUSSS voisin du Nord-de-l’Île-de-Montréal.

La première chose qui explique cette différence, c’est l’intensité de la COVID, car lors de la première vague avec 17 % des lits (…) on a servi 40 % des patients COVID à Montréal, a mentionné Jean-François Fortin Verreault.

Suite à cette première vague, on a eu 200 infirmières qui ont quitté et ç’a laissé des traces, a ajouté le PDG.

À la base, notre enjeu, c’est la pénurie de main-d’œuvre qui frappe fort dans l’Est, a indiqué la directrice générale adjointe (DGA) des programmes de santé physique généraux et spécialisés au CIUSSS, la docteure Martine Leblanc.

De l’avis de la docteure Leblanc, c’est sûr qu’actuellement, on n’a pas bonne presse, on en est conscient et ça n’attire pas les gens à venir travailler […] à [re]joindre nos équipes, mais il faut trouver le moyen de renverser ça et de se redonner une image plus positive pour que les gens aient le goût de [re]joindre nos équipes.

Selon nos informations, une campagne de recrutement dotée d’un budget publicitaire a été suspendue, le temps d’apaiser la crise à l’hôpital.

Christian Dubé en mêlée de presse devant l'hôpital.

Le ministre de la Santé Christian Dubé a rencontré le PDG du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal lundi soir et mardi matin en raison de la crise qui sévit à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont. (Photo d’archives) Photo : La Presse Canadienne/Ryan Remiorz

Une poignée de recrues

Si les attentes de recrutement se chiffrent par milliers, le nombre de recrues de l’étranger se chiffre par centaines.

Selon les données du ministère de la Santé, 92 infirmières ont été recrutées à l’international depuis le mois de septembre.

Pour la période de 12 mois de septembre 2021 à août 2022, 394 ont été embauchées, dont les deux tiers dans la grande région de Montréal.

Le recrutement à l’étranger ne s’est donc pas révélé jusqu’ici la panacée espérée. Dans l’immédiat, on se penche sur le temps supplémentaire obligatoire (TSO) qui nuit à l’embauche.

Je peux vous dire que là où il n’y a plus de TSO et un meilleur climat de travail, il y a beaucoup moins de problèmes de personnel, a lancé le ministre Christian Dubé mardi devant l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont.

Le député solidaire Vincent Marissal appelle quant à lui à réquisitionner les infirmières qui travaillent dans des agences privées. Il y a un seul bassin de main-d’œuvre […] Les infirmières ont été formées à nos frais, on a juste à les réquisitionner […] on va le faire à la guerre comme à la guerre, s’est-il exclamé.

C’est le fun d’éteindre des feux et de régler des urgences, mais moi, je ne suis pas là pour ça […] mais pour avoir des effets structurants qui vont changer des choses, avait déclaré Christian Dubé lors de sa première mêlée de presse de l’année la semaine dernière.

Visiblement, l’actualité a bousculé ses plans.

Avec Radio-Canada par Daniel Boily et Davide Gentile

Canada-Québec: Une centaine d’infirmières de l’urgence de Maisonneuve-Rosemont de Montréal menacent de démissionner

janvier 14, 2023

Les infirmières exigent le départ de la cheffe d’unité de l’urgence à qui elles reprochent notamment de générer une ambiance toxique.

L'Hôpital Maisonneuve-Rosemont.

L’Hôpital Maisonneuve-Rosemont Photo : La Presse Canadienne/Paul Chiasson

Un bras de fer s’installe entre le personnel infirmier de l’urgence de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR) et la direction du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal.

L’équipe complète d’infirmières et d’infirmières auxiliaires de l’urgence de l’hôpital exige la démission immédiate de notre cheffe d’unité […] sans quoi nous nous engageons à remettre notre démission, peut-on lire dans une pétition consultée par Radio-Canada.

Environ 90 % des 110 travailleuses de l’équipe avaient signé la pétition vendredi après-midi avec un ultimatum fixé à mercredi prochain.

Nous lui reprochons de n’avoir rien mis en place depuis son arrivée pour tenter de retenir son personnel. Son manque de soutien, d’écoute et d’empathie envers l’équipe contribue à générer une ambiance toxique et des conditions de travail inhumaines, affirme-t-on.

En place depuis juillet 2022, la cheffe de l’urgence occupait auparavant un poste similaire dans un autre hôpital de la région de Montréal.

Cette initiative des syndiquées n’étonne pas le président du Syndicat des professionnelles en soins de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, Denis Cloutier.

La fréquence à laquelle les professionnelles en soins de l’urgence de HMR sont forcées de travailler en temps supplémentaire obligatoire est inhumaine et constitue un réel abus de gestion, écrit Denis Cloutier.

Denis Cloutier en entrevue à l'extérieur.

Denis Cloutier, président du Syndicat des professionnelles en soins de l’Est-de-l’Île-de-Montréal Photo : Radio-Canada

Selon lui, les gestionnaires de premier niveau qui sont responsables d’appliquer les TSO ont souvent recours à la menace et à l’intimidation pour parvenir à leurs fins.

Au CIUSSS, un porte-parole a précisé qu’aucun commentaire ne serait fait pour l’instant.

Questionné plus tôt cette semaine sur cet hôpital de l’est de Montréal, le ministre Dubé avait répondu que l’établissement figurait parmi ceux qui ont le plus de difficulté à implanter des mesures.

Le ministre se demandait alors pourquoi il y a une trentaine d’hôpitaux qui ont réussi à implanter la gestion locale des horaires alors que le recours aux heures supplémentaires obligatoires demeure élevé à l’urgence de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont.

Radio-Canada dévoilait récemment que le gouvernement du Québec a fermé la porte à un projet pilote visant à réduire les heures supplémentaires obligatoires à Maisonneuve-Rosemont.

L’établissement peine à recruter du personnel. La pénurie nationale de personnel y est donc exacerbée, particulièrement à l’urgence de l’établissement.

Le taux d’occupation des civières à l’urgence a oscillé entre 94 % et 141 % au cours de la dernière semaine.

L’Hôpital Maisonneuve-Rosemont est l’un des plus vétustes du Québec. Des travaux de plusieurs milliards de dollars pourraient s’étendre sur une période de 11 à 13 ans, au-delà de 2033.

Avec Radio-Canada par Daniel Boily et Davide Gentile

Canada-Québec/Pénurie d’infirmières: la population invitée à ne pas aller à l’Hôpital du Lakeshore

juin 11, 2022

MONTRÉAL — En raison d’un manque de personnel, le Syndicat des professionnelles en soins de santé de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal (SPSSODIM) demande à la population d’éviter de se rendre à l’Hôpital général du Lakeshore, situé à Pointe-Claire, pour cette fin de semaine. 

La présidente du syndicat, Johanne Riendeau, indique par voie de communiqué qu’il «manque la moitié des infirmières sur plusieurs quarts de travail», soulignant que par endroit jusqu’à six infirmières de plus seraient nécessaires.  

Ce n’est pas la première fois que l’Hôpital du Lakeshore est aux prises avec une pénurie d’employés. En août 2020, le SPSSODIM invitait également la population à se présenter aux autres urgences de la région pour se faire soigner en raison d’un manque criant de professionnels de la santé. 

Mme Riendeau estime que la situation actuelle n’est plus sécuritaire à l’urgence, ni pour la population ni pour les membres qui sont épuisées, dit-elle.  

«Nous avons un taux d’occupation qui dépasse 150 % […], il ne nous est plus possible d’assurer des soins sécuritaires et de qualité à la population normalement desservie par notre établissement», a déclaré Mme Riendeau dans un communiqué.

En soirée vendredi, le site web Index Santé indiquait que le taux d’occupation de l’Hôpital du Lakeshore était de 126%. Au total, 18 personnes patientaient depuis au moins 24 heures sur une civière et neuf patients depuis 48 heures. 

Ailleurs dans le réseau montréalais, le taux d’occupation était également alarmant à certains endroits. Vendredi vers 21h30, l’Hôpital Royal Victoria affichait un taux d’occupation de 155% et l’Hôpital général juif, un taux de 187%. 

Par ailleurs, le SPSSODIM soutient que le personnel de la santé appréhende la saison estivale. Il lance un appel au gouvernement afin de mettre en place «des mesures incitatives pour pouvoir traverser l’été et obtenir des ratios sécuritaires pour prodiguer des soins de qualité à la population de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal». 

Sur son site web, le CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal mentionne qu’il existe des solutions de rechange à la visite à l’urgence, telles que consulter son pharmacien de quartier ou téléphoner au 8-1-1.  

Également desservis par le CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal, l’Hôpital LaSalle affichait un taux d’occupation de 60% vendredi soir, et l’Hôpital de Lachine, un taux de 57%, selon le site web Index Santé. 

Avec La Presse Canadienne

Canada-Québec: Des démissions d’infirmières à répétition qui pèsent lourd sur le réseau de la santé

juin 4, 2022

Deux femmes de dos arborant un chandail noir sur lequel est écrit «La Chaudière déborde». En arrière-plan, la façade d'un hôpital.

En Chaudière-Appalaches, 700 postes d’infirmières sont à pourvoir. Conséquence de quoi, celles qui sont sur le front croulent sous le travail. Photo : Radio-Canada/Camille Carpentier

La pandémie a découragé les meilleures volontés. Beaucoup de professionnelles de la santé, épuisées par la crise sanitaire, ont quitté le réseau public, préférant exercer dans le privé où elles ont trouvé de meilleures conditions de travail.

Cette réalité se vérifie partout dans la grande région de Québec et en Chaudière-Appalaches. Depuis le début de l’année – qui n’est pas terminée -, 526 infirmières en poste au CHU de Québec ont démissionné. Elles étaient 478 en 2021 et 417 en 2020.

Le CISSS de Chaudière-Appalaches rapporte 310 départs pour la période 2021-2022, alors qu’il y en avait eu 240 en 2020-2021 et 213 en 2019-2020.

Les embauches ne parviennent pas à compenser cette fuite de main-d’œuvre. Résultat, il manque 800 infirmières au CHU de Québec et 700 au CISSS de Chaudière-Appalaches.

Les gens n’en peuvent tout simplement plus, alerte Patricia Pouliot, la co-présidente par intérim du Syndicat des professionnelles en soins de Chaudière-Appalaches.

Les primes du gouvernement ont eu peu d’effet

Le gouvernement a bien tenté de convaincre les professionnelles de la santé de rester dans le public ou d’y venir, en accordant des primes. Hélène Gravel, la présidente de l’Association des entreprises privées de personnel soignant du Québec, juge que l’initiative n’a pas eu l’effet escompté.

On n’a vu aucune différence. À notre avis, ce n’est pas une question d’argent, c’est une question de qualité de vie.

Brigitte Martel, la directrice des soins infirmiers au CHU de Québec, abonde dans le même sens. Il y a beaucoup d’offres de travail. Les infirmières font des choix pour leur vie personnelle.

Parce que le manque d’employés est criant dans les hôpitaux, le recours à des agences de placement augmente.

En 2019-2020, la proportion des heures travaillées par le personnel infirmier provenant d’agences au sein du CIUSSS de la Capitale-Nationale était de 1,15 %. En 2021-2022, elle a atteint les 4,24 %.

Tandis que la saison estivale s’annonce, Patricia Pouliot craint le pire.

On est rendu, je pense, et je n’aime pas tenir ce discours, à devoir couper des services. (…) La ligne est mince avant que les gens disent on lâche tout, on abandonne.

Acec Radio-Canada d’après les informations de Camille Carpentier

Canada: Les infirmières non vaccinées contre la COVID-19 ne pourront plus exercer au Québec

octobre 11, 2021

Le président de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec a confirmé la suspension imminente du permis des infirmières qui ne sont pas adéquatement vaccinées contre la COVID-19.

La mesure concernerait plus de 4000 infirmières au Québec.

© /Shutterstock / Alliance Images La mesure concernerait plus de 4000 infirmières au Québec.

Cette décision intervient sur les recommandations du ministre de la Santé, Christian Dubé, qui a suggéré à tous les ordres professionnels du milieu de la santé de suspendre le permis d’exercer de leurs membres qui refusent de se faire vacciner à compter du 15 octobre.

Chez les infirmières, 4338 ne sont pas adéquatement vaccinées, et 2807 ne le sont pas du tout, a précisé Luc Mathieu, président de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, au micro de l’émission Tout un matin.

À ce nombre s’ajoutent 5716 infirmières dont le statut vaccinal n’est pas encore connu pour des problèmes administratifs et qui seront contactées d’ici mercredi pour clarifier leur situation.

Seules les employées en télémédecine sont exemptées d’obligation vaccinale, a ajouté le président de l’Ordre.

Luc Mathieu, président de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ).

© /Radio-Canada Luc Mathieu, président de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ).

Les infirmières suspendues pourront, par la suite, retrouver leur droit de pratique en fournissant la preuve d’un parcours vaccinal complet. L’Ordre précise qu’il n’exigera pas d’examen pour réintégrer ses rangs, même après plusieurs mois de suspension.

Le décret sur la vaccination obligatoire du personnel de santé a soulevé une multitude de questions, a reconnu M. Mathieu, et ce, jusqu’à tout récemment.

Suspendre ou même limiter le permis d’un membre, ce n’est pas rien. On voulait s’assurer qu’avant de transmettre les informations à nos membres et de prendre une position éclairée, on ait eu des échanges avec les représentants du ministère pour clarifier des choses», a-t-il précisé.

Sa décision a été immédiatement saluée par le ministre de la Santé, Christian Dubé, sur Twitter, dans un gazouillis où il encourage aussi les infirmières à se faire vacciner, car il n’est jamais trop tard».

Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec.

© Paul Chiasson/La Presse canadienne Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec.

Le Collège des médecins avait déjà annoncé qu’il suspendrait le droit d’exercer de ses membres non vaccinés, et ce, jusqu’à ce qu’ils régularisent leur situation.

Cela inclut notamment l’interdiction d’effectuer des téléconsultations et le suivi de résultats d’examens ou de tests de laboratoire», avait indiqué le Collège, considérant que la vaccination est un devoir déontologique et une obligation sociale.»

Une pression additionnelle »

À quelques jours de l’entrée en vigueur de l’obligation de vaccination pour les soignants, la suspension de permis est loin de faire l’unanimité, faisant craindre des difficultés d’organisation pour le secteur infirmier.

La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), qui représente quelque 76 000 membres, estime que la mesure est excessive» et s’engage à contester devant les tribunaux toute décision des ordres professionnels qui pourrait porter un préjudice démesuré à [nos] membres».

Elle n’est pas la seule à exprimer son mécontentement. Nous, on manque déjà de monde, déplore de son côté Nancy Hogan, présidente du Syndicat interprofessionnel du CHU de Québec. La vaccination, ça fait seulement en rajouter qui vont quitter.»

Mme Hogan aurait préféré que d’autres mesures soient envisagées dans un contexte de pénurie de personnel. Elle cite les tests de dépistage de la COVID-19 qui auraient pu être imposés aux infirmières trois fois par semaine, par exemple.

Il faut que le gouvernement donne son plan pour arrêter le TSO [temps supplémentaire obligatoire]», lequel risque de s’accentuer avec la suspension de centaines d’infirmières, craint-elle.

Ses inquiétudes sont partagées par Laurier Ouellet, président du syndicat des professionnels en soins de Chaudière-Appalaches: Ceux qui restent vont être obligés de faire encore plus de temps supplémentaire, anticipe-t-il, ça va être le chaos. Il y a des services qui vont être suspendus, ça c’est sûr.»

Par La Presse canadienne avec les informations de Pierre-Alexandre Bolduc

Canada-Québec/Opération recrutement en santé : « les renforts s’en viennent », promet Dubé

octobre 7, 2021

Christian Dubé a dévoilé jeudi les premiers résultats de son opération de recrutement dans le réseau de la santé. Plus de 1000 personnes ont déjà levé la main pour travailler à temps complet et 1900 autres candidats sont en négociation pour venir prêter main-forte, selon le ministre de la Santé du Québec.

Christian Dubé a donné une conférence de presse jeudi pour dévoiler les premiers résultats de la campagne de recrutement dans le réseau de la santé lancée par Québec il y a deux semaines.

© Jacques Boissinot/La Presse canadienne Christian Dubé a donné une conférence de presse jeudi pour dévoiler les premiers résultats de la campagne de recrutement dans le réseau de la santé lancée par Québec il y a deux semaines.

«Il y a 1007 personnes à temps complet qui arrivent en renforts», a indiqué M. Dubé en conférence de presse, se disant excessivement encouragé» de voir comment la stratégie de recrutement annoncée il y a deux semaines a porté fruit».

Sur ces 1007 personnes, 56 retraités vont effectuer un retour au travail, 231 personnes ont été embauchées et 720 employés à temps partiel du réseau ont levé la main pour passer à temps complet.

De plus, 1900 candidats sont en train de négocier leurs conditions de travail pour venir prêter main-forte. «On se rappelle qu’on en cherche 4000» au total, a souligné Christian Dubé. «Ça augmente toutes les heures.»

« Ce que je dirais au réseau, je leur parle ce matin là : les renforts s’en viennent. […] La machine est partie. » – Christian Dubé, ministre de la Santé du Québec

C’est un début. Ça prend un mouvement positif pour que les gens reviennent», a-t-il ajouté.

À la fin septembre, le gouvernement de François Legault a promis une petite révolution», proposant des primes de 12 000 $ à 18 000 $ pour ramener 4300 infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionnistes à temps plein dans le réseau.

Le député solidaire Vincent Marissal n’a pour sa part pas semblé convaincu par les résultats de la campagne de recrutement lancée par Québec. «Vous avez vu comme moi que les premiers chiffres qu’on a, ça démontre que ça ne marche pas trop, trop sa petite révolution, c’est en train de virer en flop», a-t-il commenté jeudi matin.

Québec exige que les travailleurs de la santé soient adéquatement vaccinés d’ici le 15 octobre, ce qui fait craindre des bris de service dans le réseau.

«On va être ferme sur le 15 octobre», a dit le ministre, qualifiant au passage d’irresponsable» la sortie du Parti québécois et de syndicats du milieu de la santé mercredi réclamant le report de la date butoir.

Bris de service ou réorganisation?

Christian Dubé s’est engagé il y a trois semaines à ce qu’il n’y ait pas de bris de service dans le réseau de la santé en raison d’employés non vaccinés qui se verraient mis en congé sans solde, en plus de la pénurie de main-d’oeuvre qui sévit déjà. La solution passe par une «réorganisation» des ressources, selon le ministre.

Les partis d’opposition à Québec estiment que le gouvernement joue sur les mots et ne parviendra pas à maintenir tous les services. Pour le Parti libéral, Québec solidaire et le Parti québécois, cette «réorganisation» mènera nécessairement à des coupures.

«Oui, il y aura des bris de service, c’est clair», a lancé Vincent Marissal jeudi matin. «Mais ce n’est pas en se rentrant la tête dans le sable et en appelant ça de la réorganisation, qu’il n’y en aura plus.»

Le porte-parole du Parti québécois en matière de santé a laissé entendre que les réorganisations proposées par le gouvernement ne sont nulle autre que des «coupures planifiées» dans les services. «On demande au gouvernement de faire preuve de réelle transparence […] pour qu’on sache vers quelle catastrophe on se dirige», a affirmé Joël Arseneau, qui souligne que «le 15 octobre, c’est une date arbitraire».

Il réclame en outre, comme les autres partis d’opposition, «un plan de contingence réaliste» pour l’après 15 octobre, lorsque des milliers de travailleurs de la santé seront mis en congé sans solde faute d’être adéquatement vaccinés. Si le gouvernement a un plan, qu’il le dépose. On est inquiets, les organisations syndicales sont inquiètes.

Avec CBC/Radio-Canada 

Les infirmières d’urgence sonnent l’alarme dans les hôpitaux du Québec

septembre 29, 2021

MONTRÉAL — Les infirmières d’urgence sonnent l’alarme au sujet de la pénurie de personnel qualifié dans les urgences du Québec. Une situation qui entraîne de nombreuses ruptures de service à travers la province.

© Fournis par La Presse Canadienne

Dans un communiqué publié mercredi matin, l’Association des infirmières et infirmiers d’urgence du Québec (AIIUQ) se dit «extrêmement préoccupée» par le manque de personnel et ses conséquences «pour les établissements, les équipes de soins et les patients».

L’association rappelle que l’urgence de l’Hôpital de Gatineau est partiellement fermée et fonctionne en mode réduit depuis juin. D’autres pertes de service ont été récemment observées à l’Hôpital du Suroît, à l’Hôpital de Coaticook, au Centre multiservices de santé et de services sociaux de Port-Cartier et à l’Hôpital de Senneterre.

Les infirmières d’urgence craignent également que la situation s’aggrave au cours des prochaines semaines en raison de la quatrième vague de la pandémie de COVID-19.

Selon l’association, la pénurie d’infirmières spécialisées entraîne six impacts majeurs, soit l’intégration de personnel non qualifié dans les urgences; une hausse des ratios infirmière-patients; une réduction des activités de soins; une réduction de la formation continue des infirmières; une augmentation du temps supplémentaire obligatoire; et un exode du personnel infirmier vers d’autres secteurs d’activité et vers le privé.

Toujours selon le communiqué, l’AIIUQ dit saluer «la volonté politique» du gouvernement de s’attaquer à l’enjeu de la pénurie de main-d’œuvre dans le réseau. Elle aurait toutefois aimé voir «des engagements concrets» pour réduire le temps supplémentaire obligatoire et pour améliorer la conciliation travail-famille difficile des infirmières.

L’association estime que les primes financières non récurrentes n’auront qu’un effet à court terme, sans régler le problème.

Avec La Presse Canadienne