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Canada: Les infirmières non vaccinées contre la COVID-19 ne pourront plus exercer au Québec

octobre 11, 2021

Le président de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec a confirmé la suspension imminente du permis des infirmières qui ne sont pas adéquatement vaccinées contre la COVID-19.

La mesure concernerait plus de 4000 infirmières au Québec.

© /Shutterstock / Alliance Images La mesure concernerait plus de 4000 infirmières au Québec.

Cette décision intervient sur les recommandations du ministre de la Santé, Christian Dubé, qui a suggéré à tous les ordres professionnels du milieu de la santé de suspendre le permis d’exercer de leurs membres qui refusent de se faire vacciner à compter du 15 octobre.

Chez les infirmières, 4338 ne sont pas adéquatement vaccinées, et 2807 ne le sont pas du tout, a précisé Luc Mathieu, président de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, au micro de l’émission Tout un matin.

À ce nombre s’ajoutent 5716 infirmières dont le statut vaccinal n’est pas encore connu pour des problèmes administratifs et qui seront contactées d’ici mercredi pour clarifier leur situation.

Seules les employées en télémédecine sont exemptées d’obligation vaccinale, a ajouté le président de l’Ordre.

Luc Mathieu, président de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ).

© /Radio-Canada Luc Mathieu, président de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ).

Les infirmières suspendues pourront, par la suite, retrouver leur droit de pratique en fournissant la preuve d’un parcours vaccinal complet. L’Ordre précise qu’il n’exigera pas d’examen pour réintégrer ses rangs, même après plusieurs mois de suspension.

Le décret sur la vaccination obligatoire du personnel de santé a soulevé une multitude de questions, a reconnu M. Mathieu, et ce, jusqu’à tout récemment.

Suspendre ou même limiter le permis d’un membre, ce n’est pas rien. On voulait s’assurer qu’avant de transmettre les informations à nos membres et de prendre une position éclairée, on ait eu des échanges avec les représentants du ministère pour clarifier des choses», a-t-il précisé.

Sa décision a été immédiatement saluée par le ministre de la Santé, Christian Dubé, sur Twitter, dans un gazouillis où il encourage aussi les infirmières à se faire vacciner, car il n’est jamais trop tard».

Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec.

© Paul Chiasson/La Presse canadienne Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec.

Le Collège des médecins avait déjà annoncé qu’il suspendrait le droit d’exercer de ses membres non vaccinés, et ce, jusqu’à ce qu’ils régularisent leur situation.

Cela inclut notamment l’interdiction d’effectuer des téléconsultations et le suivi de résultats d’examens ou de tests de laboratoire», avait indiqué le Collège, considérant que la vaccination est un devoir déontologique et une obligation sociale.»

Une pression additionnelle »

À quelques jours de l’entrée en vigueur de l’obligation de vaccination pour les soignants, la suspension de permis est loin de faire l’unanimité, faisant craindre des difficultés d’organisation pour le secteur infirmier.

La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), qui représente quelque 76 000 membres, estime que la mesure est excessive» et s’engage à contester devant les tribunaux toute décision des ordres professionnels qui pourrait porter un préjudice démesuré à [nos] membres».

Elle n’est pas la seule à exprimer son mécontentement. Nous, on manque déjà de monde, déplore de son côté Nancy Hogan, présidente du Syndicat interprofessionnel du CHU de Québec. La vaccination, ça fait seulement en rajouter qui vont quitter.»

Mme Hogan aurait préféré que d’autres mesures soient envisagées dans un contexte de pénurie de personnel. Elle cite les tests de dépistage de la COVID-19 qui auraient pu être imposés aux infirmières trois fois par semaine, par exemple.

Il faut que le gouvernement donne son plan pour arrêter le TSO [temps supplémentaire obligatoire]», lequel risque de s’accentuer avec la suspension de centaines d’infirmières, craint-elle.

Ses inquiétudes sont partagées par Laurier Ouellet, président du syndicat des professionnels en soins de Chaudière-Appalaches: Ceux qui restent vont être obligés de faire encore plus de temps supplémentaire, anticipe-t-il, ça va être le chaos. Il y a des services qui vont être suspendus, ça c’est sûr.»

Par La Presse canadienne avec les informations de Pierre-Alexandre Bolduc

Canada-Québec/Opération recrutement en santé : « les renforts s’en viennent », promet Dubé

octobre 7, 2021

Christian Dubé a dévoilé jeudi les premiers résultats de son opération de recrutement dans le réseau de la santé. Plus de 1000 personnes ont déjà levé la main pour travailler à temps complet et 1900 autres candidats sont en négociation pour venir prêter main-forte, selon le ministre de la Santé du Québec.

Christian Dubé a donné une conférence de presse jeudi pour dévoiler les premiers résultats de la campagne de recrutement dans le réseau de la santé lancée par Québec il y a deux semaines.

© Jacques Boissinot/La Presse canadienne Christian Dubé a donné une conférence de presse jeudi pour dévoiler les premiers résultats de la campagne de recrutement dans le réseau de la santé lancée par Québec il y a deux semaines.

«Il y a 1007 personnes à temps complet qui arrivent en renforts», a indiqué M. Dubé en conférence de presse, se disant excessivement encouragé» de voir comment la stratégie de recrutement annoncée il y a deux semaines a porté fruit».

Sur ces 1007 personnes, 56 retraités vont effectuer un retour au travail, 231 personnes ont été embauchées et 720 employés à temps partiel du réseau ont levé la main pour passer à temps complet.

De plus, 1900 candidats sont en train de négocier leurs conditions de travail pour venir prêter main-forte. «On se rappelle qu’on en cherche 4000» au total, a souligné Christian Dubé. «Ça augmente toutes les heures.»

« Ce que je dirais au réseau, je leur parle ce matin là : les renforts s’en viennent. […] La machine est partie. » – Christian Dubé, ministre de la Santé du Québec

C’est un début. Ça prend un mouvement positif pour que les gens reviennent», a-t-il ajouté.

À la fin septembre, le gouvernement de François Legault a promis une petite révolution», proposant des primes de 12 000 $ à 18 000 $ pour ramener 4300 infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionnistes à temps plein dans le réseau.

Le député solidaire Vincent Marissal n’a pour sa part pas semblé convaincu par les résultats de la campagne de recrutement lancée par Québec. «Vous avez vu comme moi que les premiers chiffres qu’on a, ça démontre que ça ne marche pas trop, trop sa petite révolution, c’est en train de virer en flop», a-t-il commenté jeudi matin.

Québec exige que les travailleurs de la santé soient adéquatement vaccinés d’ici le 15 octobre, ce qui fait craindre des bris de service dans le réseau.

«On va être ferme sur le 15 octobre», a dit le ministre, qualifiant au passage d’irresponsable» la sortie du Parti québécois et de syndicats du milieu de la santé mercredi réclamant le report de la date butoir.

Bris de service ou réorganisation?

Christian Dubé s’est engagé il y a trois semaines à ce qu’il n’y ait pas de bris de service dans le réseau de la santé en raison d’employés non vaccinés qui se verraient mis en congé sans solde, en plus de la pénurie de main-d’oeuvre qui sévit déjà. La solution passe par une «réorganisation» des ressources, selon le ministre.

Les partis d’opposition à Québec estiment que le gouvernement joue sur les mots et ne parviendra pas à maintenir tous les services. Pour le Parti libéral, Québec solidaire et le Parti québécois, cette «réorganisation» mènera nécessairement à des coupures.

«Oui, il y aura des bris de service, c’est clair», a lancé Vincent Marissal jeudi matin. «Mais ce n’est pas en se rentrant la tête dans le sable et en appelant ça de la réorganisation, qu’il n’y en aura plus.»

Le porte-parole du Parti québécois en matière de santé a laissé entendre que les réorganisations proposées par le gouvernement ne sont nulle autre que des «coupures planifiées» dans les services. «On demande au gouvernement de faire preuve de réelle transparence […] pour qu’on sache vers quelle catastrophe on se dirige», a affirmé Joël Arseneau, qui souligne que «le 15 octobre, c’est une date arbitraire».

Il réclame en outre, comme les autres partis d’opposition, «un plan de contingence réaliste» pour l’après 15 octobre, lorsque des milliers de travailleurs de la santé seront mis en congé sans solde faute d’être adéquatement vaccinés. Si le gouvernement a un plan, qu’il le dépose. On est inquiets, les organisations syndicales sont inquiètes.

Avec CBC/Radio-Canada 

Les infirmières d’urgence sonnent l’alarme dans les hôpitaux du Québec

septembre 29, 2021

MONTRÉAL — Les infirmières d’urgence sonnent l’alarme au sujet de la pénurie de personnel qualifié dans les urgences du Québec. Une situation qui entraîne de nombreuses ruptures de service à travers la province.

© Fournis par La Presse Canadienne

Dans un communiqué publié mercredi matin, l’Association des infirmières et infirmiers d’urgence du Québec (AIIUQ) se dit «extrêmement préoccupée» par le manque de personnel et ses conséquences «pour les établissements, les équipes de soins et les patients».

L’association rappelle que l’urgence de l’Hôpital de Gatineau est partiellement fermée et fonctionne en mode réduit depuis juin. D’autres pertes de service ont été récemment observées à l’Hôpital du Suroît, à l’Hôpital de Coaticook, au Centre multiservices de santé et de services sociaux de Port-Cartier et à l’Hôpital de Senneterre.

Les infirmières d’urgence craignent également que la situation s’aggrave au cours des prochaines semaines en raison de la quatrième vague de la pandémie de COVID-19.

Selon l’association, la pénurie d’infirmières spécialisées entraîne six impacts majeurs, soit l’intégration de personnel non qualifié dans les urgences; une hausse des ratios infirmière-patients; une réduction des activités de soins; une réduction de la formation continue des infirmières; une augmentation du temps supplémentaire obligatoire; et un exode du personnel infirmier vers d’autres secteurs d’activité et vers le privé.

Toujours selon le communiqué, l’AIIUQ dit saluer «la volonté politique» du gouvernement de s’attaquer à l’enjeu de la pénurie de main-d’œuvre dans le réseau. Elle aurait toutefois aimé voir «des engagements concrets» pour réduire le temps supplémentaire obligatoire et pour améliorer la conciliation travail-famille difficile des infirmières.

L’association estime que les primes financières non récurrentes n’auront qu’un effet à court terme, sans régler le problème.

Avec La Presse Canadienne

(Mauricie et du Centre-du-Québec)/Primes aux infirmières à temps plein: «c’est le début de quelque chose»

septembre 23, 2021

L’annonce de plusieurs mesures visant à embaucher et inciter des milliers d’infirmières à travailler à temps plein est bien reçue par le Syndicat des professionnelles en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec (SPSMCQ-FIQ). Mais si elle reconnaît qu’il s’agit d’un pas dans la bonne direction, la présidente du syndicat demeure très inquiète pour les semaines et les mois à venir.

Nathalie Perron, présidente du SPSMCQ-FIQ.

© FRANÇOIS GERVAIS, LE NOUVELLISTE Nathalie Perron, présidente du SPSMCQ-FIQ.

«Je pense que cet argent, c’est une belle façon de ‘’prendre soin des infirmières’’, comme l’a mentionné le premier ministre. C’est bien, on ne peut pas être contre ça. C’est le début de quelque chose», convient Nathalie Perron.

Cette dernière estime toutefois qu’il faudra davantage de mesures «pour garder les gens et arrêter de les faire fuir». Elle salue donc la volonté exprimée par le gouvernement de changer la culture de gestion au sein des CISSS et des CIUSSS, puisqu’il s’agit selon elle du nœud du problème.

«Ça va prendre un gros coup de barre. À court terme, je n’ai pas de grosses attentes: avec la pandémie, les effets ne se feront pas sentir dans les prochains mois. Mais je pense que si la volonté (de changement) est là, les gens seront plus heureux, il y aura moins de départs et un équilibre va se créer. Il y aura moins d’arrêts de travail», avance-t-elle.

Mme Perron abonde dans le même sens que le premier ministre, le ministre de la Santé et la présidente du Conseil du trésor lorsque ceux-ci disent miser sur la nouvelle convention collective des infirmières, «pierre angulaire» de leur «révolution» du réseau public de la santé et des services sociaux.

«Il y a d’excellentes mesures dans la convention, comme la possibilité d’auto confectionner ses horaires. Encore faut-il que ce soit mis en application par les gens qui gouvernent, mais à moyen terme, ça va donner des résultats», estime-t-elle.

Mme Perron déplore toutefois que le gouvernement n’ait pas pensé aux infirmières qui ne peuvent travailler à temps plein, pour diverses raisons. La présidente du syndicat dit également espérer que les primes ne seront pas assorties de conditions aussi strictes que d’autres incitatifs instaurés en raison de la pandémie, ce qui fait en sorte qu’un faible nombre d’infirmières peuvent en bénéficier.

«Difficile d’être positive»

Si les mesures annoncées jeudi devraient avoir un impact positif à moyen terme, Mme Perron demeure extrêmement préoccupée quant aux semaines à venir. Elle redoute particulièrement les conséquences de l’obligation d’être vacciné pour travailler dans le réseau de la santé, mesure qui entrera en vigueur dans trois semaines.

«On sait que dans certains départements, jusqu’à une dizaine de personnes vont partir. C’est inquiétant pour celles qui restent et ça peut faire en sorte que d’autres vont partir parce qu’elles n’arriveront plus à gérer la pression et à concilier travail et famille. Il faut se rappeler que parmi nos membres, la grande majorité sont des femmes. On sait que ce sont les femmes qui assurent la plus grande charge familiale et certaines sont monoparentales. C’est très inquiétant», souligne-t-elle.

Québec estime en effet qu’à partir du 15 octobre, le réseau devra se priver de 7500 membres de son personnel soignant refusant de se faire vacciner. Il n’a pas été possible d’obtenir des données régionales auprès du CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec, jeudi.

«C’est un non ferme»

Pour certaines infirmières, manifestement, ces incitatifs ne suffisent pas pour qu’elles acceptent d’allonger leur semaine de travail.

«C’est un non ferme. Je changerais de profession avant d’accepter de faire du temps plein», répond d’emblée Amélie (nom fictif), qui a préféré garder l’anonymat.

Cette dernière précise qu’il y a quelques années encore, la prime offerte par Québec l’aurait peut-être intéressée, mais plus maintenant.

«Ça fait 12 ans que je suis dans le milieu et ça se dégrade vraiment d’année en année, estime-t-elle. Les valeurs (dans le réseau) ne sont plus les mêmes qu’il y a une dizaine d’années.»

Selon Amélie, il y a par ailleurs peu de chances pour que la prime offerte incite des infirmières travaillant dans des agences de placement à retourner dans le réseau public.

«J’ai un ami qui m’a dit: ‘’ce ne sera jamais assez payant pour que je revienne. Je travaille aussi avec des infirmières d’agences et je sais très bien qu’elles ne reviendront pas non plus, parce qu’elles gagnent le triple de mon salaire», évoque-t-elle.

«Le raisonnement n’est pas mauvais»

Émilie Ricard, une infirmière qui a dénoncé à plusieurs reprises au cours des dernières années les conditions de travail éprouvantes du personnel soignant de la santé, est plus nuancée dans ses propos.

«Le raisonnement n’est pas mauvais. Si tout ce que le gouvernement a imaginé fonctionne, ça va avoir un effet positif», croit-elle.Émilie Ricard, infirmière.© TIRÉE DE FACEBOOK Émilie Ricard, infirmière.

L’infirmière craint toutefois qu’une fois la prime empochée, un an plus tard, plusieurs infirmières retournent à leur ancien mode de travail. Elle aurait plutôt espéré une bonification du salaire de toutes les infirmières, qu’elles travaillent à temps plein ou à temps partiel.

«Dans un an, nos salaires vont encore être, excusez le mot, médiocres. On nous dit: oui, mais on va appliquer la nouvelle convention collective. Mais à ce que je sache, elle n’est pas encore signée, le gouvernement travaille encore sur le texte. On attendait de nouvelles conditions, une façon de les améliorer. Mais on n’a pas mis fin au temps supplémentaire obligatoire et tout repose encore sur nous», critique-t-elle.

Même si elle dit vouloir demeurer optimiste, Mme Ricard ne peut s’empêcher de demeurer sceptique quant à l’efficacité des mesures annoncées.

«Au début de l’annonce, je n’étais pas déçue, le discours était très bien. Mais là, la poussière retombe, je fais le calcul et je me dis que c’est peut-être de la poudre aux yeux», avance-t-elle.

La jeune femme craint par ailleurs de ne pas pouvoir bénéficier de la prime. En effet, même si elle occupe un poste à temps plein, elle est considérée à temps partiel, puisqu’elle va à l’université une journée par semaine.

«Il va falloir vérifier que ce n’est pas comme la prime de 1000 $ qu’on perd dès qu’on prend une journée maladie ou qu’on demande une journée de congé. Il va falloir surveiller les petits caractères, les exceptions», prévient Mme Ricard.

«C’est tout le réseau qui s’effondre»

L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec (APTS-MCQ) a pour sa part crié à l’injustice après l’annonce de Québec.

«Pour le gouvernement, il n’y a que des infirmières dans le réseau de la santé et des services sociaux.

Le gouvernement semble ne pas comprendre que c’est tout le réseau qui s’effondre. Il ne propose aucune solution pour le personnel professionnel et technique qu’il identifie lui-même comme des secteurs prioritaires», déplore Véronique Neth, présidente de l’APTS-MCQ.

Mme Neth indique par ailleurs que son syndicat exige «la parité avec les infirmières pour l’ensemble de nos membres qui vivent les mêmes conditions».

Avec Matthieu Max-Gessler – Le Nouvelliste

Canada-Québec/Manque d’infirmières : « Je suis ouvert à tous les incitatifs », dit Legault

septembre 15, 2021

 

Le premier ministre du Québec est prêt à sortir une nouvelle fois le chéquier pour faire revenir les infirmières dans le réseau public de la santé.

Le premier ministre François Legault.

© Sylvain Roy Roussel/Radio-Canada Le premier ministre François Legault.

En conférence de presse mercredi matin, François Legault a rappelé les efforts consentis par son gouvernement afin de mettre plus de ressources dans le secteur, en affichant notamment plus de postes à pourvoir.

Mais, cela n’a pas été suffisant, a-t-il reconnu. Il manque encore 4000 infirmières à travers la province.

Faisant un lien avec la pandémie, M. Legault a expliqué qu’au cours des derniers mois, beaucoup de membres du personnel soignant « étaient fatigués et pour toutes sortes de raisons, ont quitté le réseau ».

M. Legaut s’est dit prêt à faire plus d’efforts en matière de salaire, notamment.

Le premier ministre s’est adressé particulièrement aux infirmières parties exercer dans le secteur privé.

« Toutes les infirmières qui sont dans le privé sont les bienvenues », a jouté François Legault.

Avec CBC/Radio-Canada

Canada-Québec: Des infirmières de l’Hôtel-Dieu de Lévis refusent les heures supplémentaires

août 23, 2021

 Jean-François Nadeau 

Des infirmières de nuit de l’Unité mère-enfant de l’Hôtel-Dieu de Lévis ont fait un sit-in lundi matin pour dénoncer, comme leurs collègues du CHUL, le recours aux heures supplémentaires obligatoires.

Des infirmières de l'Hôtel-Dieu de Lévis dénoncent le recours systématique aux heures supplémentaires obligatoires.

© Radio-Canada/Hadi Hassin Des infirmières de l’Hôtel-Dieu de Lévis dénoncent le recours systématique aux heures supplémentaires obligatoires.

L’équipe de nuit compte neuf infirmières. Elles affirment depuis des mois être en surcharge de travail et épuisées notamment en raison de la pénurie de personnel et du recours systématique aux heures supplémentaires obligatoires.

Manque de relève

Les infirmières ont décidé de manifester, lundi matin, en constatant qu’il manquait trois infirmières pour prendre la relève de jour.

«Quand j’ai annoncé ce matin à une infirmière qu’elle devait faire du temps supplémentaire obligatoire, elle était en sanglots. C’était son quatrième temps supplémentaire cette semaine. Les filles sont à bout. On n’a pas de pauses. On veut la santé et la sécurité des patientes», affirme l’assistante-cheffe infirmière, Jessica Fortin.

L'Hôtel Dieu de Lévis (archives).

© Raymond Routhier/Radio-Canada L’Hôtel Dieu de Lévis (archives).

Question de santé

Les infirmières du quart de nuit refuseront dorénavant de faire des heures supplémentaires, afin de préserver leur santé, une certaine qualité de vie et la santé de leurs patients.

«On a des infirmières qui sont restées quatre fois cette semaine, 32 heures de temps supplémentaire. C’est rendu invivable. C’est un mode de gestion. On est intervenu auprès de la direction des soins infirmiers qui ne fait rien. On a trouvé du personnel pour eux. Ils ne les embauchent pas», déplore le président du Syndicat des professionnelles en soins de Chaudière-Appalaches, Laurier Ouellet.

«Les gens tombent en maladie. On a sept maladies pour cause de fatigue depuis le début de l’été. Les gestionnaires ne nous entendent pas. On a à coeur nos patients et nos collègues. On n’arrive pas à prendre soin des bébés correctement», ajoute une infirmière qui compte 18 ans d’ancienneté, Marie-Andrée Poirier.

Demandes répétées

Ce n’est pas la première fois que le personnel de l’unité mère-enfant de l’Hôtel-Dieu pose ce genre de geste. Les infirmières souhaitent être entendues, cette fois.

«On leur a mentionné à maintes reprises qu’on était fatiguées. On a même fait un sit-in il y a près d’un an pour dire comment on était épuisées. On a proposé des solutions et ils ont refusé. J’ai pas le goût de perdre un enfant parce que je n’ai pas été capable d’être à temps dans une salle d’accouchement. Je ne veux pas vivre ça», souligne Marie-Andrée Poirier.

Le personnel craint une surcharge de travail encore plus importante cet automne, avec la hausse des cas de COVID-19. La présence du variant Delta pourrait entraîner l’absence plus importante de personnel.

La direction du CISSS de Chaudière-Appalaches n’a pas encore réagi publiquement à la sortie des infirmières.

Avec Radio-Canada par la collaboration d’Hadi Hassin

Canada-Québec: De jeunes infirmières désertent le système public à cause des conditions de travail

août 15, 2021

MONTRÉAL — Des infirmières récemment diplômées et des étudiantes disent que les mauvaises conditions de travail dans le système public les poussent vers le privé.

© Fournis par La Presse Canadienne

Cette situation n’aidera pas à résoudre le sérieux problème du manque d’infirmières dans les hôpitaux québécois.

Âgée de 27 ans, Audrey-Ann Bissonnette-Clermont est l’une d’entre elles. La co-fondatrice de l’Association étudiante en sciences infirmières du Québec a travaillé dans une salle d’urgence avant de se lancer dans la télémédecine pour une entreprise privée.

Selon elle, la pandémie a été difficile pour les aspirantes infirmières du Québec, car les stages ont été annulés. Et plusieurs infirmières en formation n’ont pu obtenir des congés pour étudier.

Résultat: les jeunes et même les étudiantes désertent le système public, préférant travailler pour l’entreprise privée où elles auront un meilleur salaire tout en ayant un meilleur contrôle de leur horaire.

«Ce qu’on voit beaucoup, ce sont de nouvelles infirmières qui tombent en épuisement professionnel et en arrêt de travail après cinq ou six mois de travail, même dans un milieu où elles souhaitaient travailler, dit Mme Bissonnette-Clermont. Il n’est pas normal qu’on tombe en épuisement professionnel après quelques mois à un premier emploi. Cela devrait sonner une cloche d’alarme pour les gestionnaires et le gouvernement.»

Fraîchement diplômée, Béatrice Landry-Belleau, dit que ses expériences pendant la pandémie ont renforcé sa décision de travailler dans les soins de santé de première ligne, mais pas dans un milieu hospitalier.

Elle explique qu’un veut trouver un équilibre entre son travail et sa vie. Ne pas pouvoir refuser de faire des heures supplémentaires en milieu hospitalier l’inquiète.

«Il m’est très difficile de comprendre comment on peut aller travailler sans savoir quand on pourra rentrer chez soi», lance-t-elle. La jeune femme dit qu’elle accepterait de travailler dans une clinique pour les jeunes ou pour les réfugiés et serait prête à gérer une coopérative.

Selon la présidente de l’Association des infirmières et infirmiers du Québec, la situation à laquelle les nouvelles infirmières ont été confrontées pendant la pandémie fait partie d’un problème plus large sur la façon dont l’ensemble de la profession est traitée dans la province.

«C’est démoralisant pour les étudiantes en soins infirmiers d’entreprendre des stages et des rotations cliniques où ils voient des heures supplémentaires forcées, de la violence, des charges de travail insupportables, dit Nathalie Stake-Doucet. On nous appelle des héroïnes, mais cela ne se reflète pas du tout dans la façon dont nous sommes traités au travail.»

Mais ce ne sont pas seulement les jeunes qui font ce choix, ajoute-t-elle. Les heures supplémentaires obligatoires et l’annulation des vacances ont chassé bon nombre d’infirmières de la profession.

«Les infirmières doivent pouvoir avoir une vie, dit-elle. Nous ne sommes plus des religieuses. Quand on devient infirmière, on n’a pas l’intention de vivre à l’hôpital. On veut toujours une famille, des amis, une vie normale et un travail.»

Mme Skate-Doucet juge qu’il existe un nombre suffisant d’infirmières au Québec, mais elle constate qu’elles ne veulent pas travailler dans le système public.

«En fait, il y a en a assez d’infirmières, mais nous ne faisons rien pour les attirer et les retenir dans le système de santé public.»

Une attachée politique du ministre de la Santé, Rébecca Guénard-Chouinard, défend le gouvernement en affirmant que celui-ci est fier des mesures prises pour limiter «l’exode» vers le secteur privé.

«Notre gouvernement réitère son engagement à offrir des conditions de travail attrayantes aux travailleuses de la santé du secteur public. Nous poursuivons ce travail, partout au Québec», assure-t-elle, ajoutant que le gouvernement continuera de réduire son recours aux agences de placement.

Selon Mme Guénard-Chouinard, les récents accords de principe avec les différents syndicats d’infirmières amélioreront les conditions de travail en réduisant les heures supplémentaires, en amenant du renfort de personnel et en augmentant les salaires.

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Cette dépêche a été produite avec l’aide financière des Bourses de Facebook et de La Presse Canadienne pour les Nouvelles.

Avec Jacob Serebrin, La Presse Canadienne

Canada-Québec/Pénurie de personnel : des infirmières de l’hôpital de Trois-Rivières sonnent l’alarme

juillet 12, 2021

Faute de personnel en nombre suffisant, les infirmières du département de médecine familiale de l’hôpital de Trois-Rivières sonnent l’alarme.

Les infirmières de l'hôpital de Trois-Rivières sont à bout de souffle et craignent des bris de services.

© /iStock Les infirmières de l’hôpital de Trois-Rivières sont à bout de souffle et craignent des bris de services.

Ce manque de personnel a forcé 40 % des quarts de travail de la fin de semaine dernière à être effectués en heures supplémentaires volontaires ou obligatoires, c’est-à-dire 29 quarts sur les 74 possibles. Seulement quatre infirmières du département n’ont pas eu à faire d’heures supplémentaires lors de cette période.

Ces infirmières qui prodiguent des soins à 70 patients sur deux étages de l’établissement trifluvien sont à bout de souffle et craignent des bris de services.

C’est inconcevable de faire des temps supplémentaires deux fois dans la même semaine, dans le même week-end. […] Vendredi, j’ai fait un TSO, un temps supplémentaire obligatoire, mais j’avais déjà, dimanche, un [temps supplémentaire] de prévu pour dépanner parce qu’ils me l’avaient demandé. J’ai une collègue, elle a fait vendredi, samedi, deux temps supplémentaires obligatoires. », raconte Sophie Cossette, infirmière auxiliaire.

On ne peut pas se permettre de travailler 36 heures en deux jours et être à notre pleine capacité. Ça peut être dangereux pour les patients », poursuit-elle, tout en admettant que les conditions de travail ne font qu’empirer depuis son arrivée dans la profession, il y a 10 ans.

À l’heure actuelle, 37 postes sont à pourvoir au sein de l’équipe et cinq d’entre eux ont été affichés, mais n’ont pas été comblés.

Non seulement l’équipe d’infirmières dit être à bout de souffle, mais le climat qui règne dans le département est loin d’être idéal selon certains.

Le climat est rendu difficile. Les gens sont épuisés. Ce sont tous des parents, des gens qui sont responsables d’une famille ou qui ont d’autres obligations à l’extérieur. Donc, ça vient que c’est très lourd. », avoue Jessica Laquerre, assistante infirmière-chef.

L’assistante infirmière cheffe explique également que lors des périodes où de nouveaux postes sont affichés, d’importantes vagues de départ s’ensuivent. Ces départs inquiètent les infirmières qui craignent de se retrouver seules, devant la pandémie.

Avec le début de la période des vacances, Mme Laquerre ne voit pas comment la situation peut s’améliorer. Elle sent déjà une détresse » au sein du personnel.

On s’imagine mal bien passer à travers fin juillet, tout le mois d’août aussi. »

Par CBC/Radio-Canada avec les informations d’Amélie Desmarais