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Les autorités musulmanes de Bamako soutiennent la guerre

janvier 26, 2013
  • Le très influent imam Mahmoud Dicko, président du Haut Conseil islamique du Mali (HCI), a dénoncé une «campagne de dénigrement contre l'intervention de la France» lancée depuis plusieurs jours dans le monde arabo-musulman.
    Le très influent imam Mahmoud Dicko, président du Haut Conseil islamique du Mali (HCI), a dénoncé une «campagne de dénigrement contre l’intervention de la France» lancée depuis plusieurs jours dans le monde arabo-musulman. Crédits photo : © Stringer . / Reuters/REUTERS

    Pour le Haut Conseil islamique du Mali, l’intervention militaire ne serait pas une croisade anti-islam mais bien au contraire une guerre destinée à libérer un pays à plus de 90 % musulman.

    Depuis le début de l’intervention armée, le Haut Conseil islamique du Mali (HCI) avait gardé une étonnante discrétion. Cette semaine, cette institution extrêmement importante au Mali est finalement sortie de sa réserve pour proclamer son soutien sans réserve à l’intervention militaire, remercier la France pour son implication et demande aux fidèles de faire bloc derrière les autorités du pays et l’armée.Surtout, son président, le très influent imam Mahmoud Dicko, a dénoncé une «campagne de dénigrement» lancée depuis plusieurs jours dans le monde arabo-musulman. Depuis le début de l’intervention militaire française, des voix de journalistes ou de prédicateurs se sont élevées dans certains médias tunisiens, égyptiens ou encore mauritaniens, qui présentent l’intervention militaire française comme une agression contre les musulmans.

    «Nous ne sommes pas d’accord avec cette interprétation, s’insurge Mahmoud Dicko, nous pensons que c’est le contraire! C’est la France qui a volé au secours d’un peuple en détresse, qui avait été abandonné par tous ces pays musulmans à son propre sort. Nous parler aujourd’hui de croisade anti-islam, poursuit l’imam, c’est quelque chose que nous ne pouvons pas accepter en tant que responsables musulmans du Mali.»

    Pour le Haut Conseil islamique, l’intervention militaire ne serait pas une croisade anti-islam mais bien au contraire une guerre destinée à libérer un pays à plus de 90 % musulman. Aussi, dans les attaques dénoncées par le Haut Conseil, Mahmoud Dicko croit-il voir la main de nations étrangères pas toujours bien intentionnées. «Nous ne voulions pas y croire, mais vu cette campagne, nous sommes obligés de prendre très sérieusement la chose et de voir si certains pays ne sont pas derrière. Je pense au Qatar, parce que la personnalité du monde musulman la plus influente à avoir dénoncé cette intervention se trouve au Qatar.»

    Réconciliation nationale

    Une allusion aux propos du chef religieux Youssef al-Qaradaoui, qui dénonce une intervention «précipitée» de la France, «avant d’avoir épuisé tous les moyens de parvenir à une solution pacifique et à la réconciliation nationale».

    Le nord du Mali est occupé par les djihadistes depuis plus de neuf mois. Dans la foulée de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), qui appelait la semaine dernière à un «cessez-le-feu immédiat» et à un retour aux négociations avec les islamistes, le gouvernement du Qatar en appelle lui aussi au dialogue.

    Doha, déjà cité comme une possible source de financement des groupes islamistes armés qui opèrent au Mali, notamment du Mujao (Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest), serait donc à l’œuvre pour exercer son influence et imposer la charia dans la région sahélienne. Le président du Haut Conseil conserve un conditionnel de rigueur… mais, déjà, il dénonce.

    Lefigaro.fr par David Baché

RDC : le général Amisi, numéro deux des FARDC, accusé par l’ONU de vendre des armes aux rebelles dans l’Est

novembre 22, 2012
Le général Gabriel Amisi, numéro deux de l'armée congolaise. Le général Gabriel Amisi, numéro deux de l’armée congolaise. © AFP

Le rapport final de l’ONU sur la RDC, publié le 21 novembre, ne va pas arranger les affaires de l’armée congolaise. Menée par des experts indépendants, l’enquête révèle ainsi que le général Amisi, chef d’état-major des forces terrestres, dirigerait en sous-main un réseau de vente d’armes destinées aux mouvements rebelles de l’est de la RDC. Une accusation qui pourrait fragiliser un peu plus le président Kabila.

Alors qu’elle vient de subir une série de « revers » à Goma, prise par le M23 sans véritables combats, l’armée congolaise est une nouvelle fois pointée du doigt par les Nations unies. Dans un rapport publié mercredi 21 novembre, l’organisation accuse ainsi l’une des principales figures des FARDC d’alimenter en armes des groupes rebelles de l’est du pays, sans que le M23 ne soit pour autant cité.

« Le général Gabriel Amisi [chef d’état-major des forces terrestres, NDLR] supervise un réseau de distribution d’armement pour les braconniers et les groupes armés, incluant Raïa Mutomboki », explique le document, qui mentionne ainsi l’une des milices locales. Laquelle serait responsable, avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR, actives à l’est de la RDC), de la mort de plus de 260 civils, en novembre au Nord-Kivu, selon l’ONU.

Influent à Kinshasa

Le chef de l’armée de terre congolaise est également accusé d’avoir fourni 300 fusils d’assaut AK47 au groupe Nyatura, agissant également dans l’est de la RDC. Selon l’ONU, le réseau se déploie jusqu’au Congo-Brazzaville où les munitions sont achetées. Elles sont ensuite acheminées clandestinement jusqu’à Kinshasa puis transportées à l’Est grâce à de nombreux collaborateurs, dont certains sont membres de la famille du général Amisi.

Ancien rebelle ayant intégré l’armée congolaise, Gabriel Amisi avait déjà été accusé par des organisations locales et internationales de défense des droits de l’homme d’avoir été directement impliqué dans des crimes de guerre. Aujourd’hui numéro deux dans la chaîne de commandement militaire des forces congolaises, il est considéré comme l’une des personnalités les plus influentes auprès de Joseph Kabila.

Jeuneafrique.com par Patrick  Olivier 

Congo : Saint-Valentin agitée pour les collectionneurs de conquêtes

février 14, 2012

http://platform.twitter.com/widgets/hub.1326407570.htmlLa Saint-Valentin fête des amoureux ? Quid des cumulards  et cumulardes  qui conjuguent l’amour au pluriel ? À Brazzaville, les « serial  lovers »  appréhendent le 14 février en raison des dépenses pour leurs dulcinées.  Mais certaines femmes, elles, se réjouissent à l’idée de doubler, voire de   tripler la mise…

Si Cupidon est nu, il faut quand même qu’il se remplisse un peu les poches à  la Saint-Valentin, journée de grosse démonstration affective pour les couples.  Mais le 14 février est une réelle gageure pour celles et ceux qui gèrent  plusieurs relations en même temps. Bien que la polygamie soit légale au Congo, l’usage est de revendiquer sa monogamie. Ce qui  signifie, pour certains hommes, entretenir plusieurs « bureaux » (maîtresses). Et, pour certaines femmes, avoir plusieurs amants.

« Officiellement, on dit qu’on a une femme, mais dans la plupart des  cas, on a toujours une ou deux roues de secours au cas où… Si on en a marre de  manger le même plat ! » explique sans détour Christian, taximan.

–> Lire aussi : « Les camouflettes de Brazzaville, un ‘sex in the city’ à la  congolaise »

Les 3 « C » : le chic, le choc et le chèque

Pour les femmes, c’est semble-t-il légèrement plus compliqué. Il s’agit en  général de garantir ce qu’on appelle communément à Brazzaville « les trois  C » : le chic, le choc et le chèque. « J’aime Étienne, il est  beau et élégant, mais n’a malheureusement pas assez de moyen ; Sylvain lui  est très bon au lit ; et le vieux Bernard est un homme influent, qui a  beaucoup d’argent… Puisqu’il m’est impossible d’avoir tout ça en un seul homme,  je jongle avec les trois », raconte Mhélène, étudiante en droit.

Presque impossible de passer une Saint-Valentin tranquille quand on a le cœur  en colocation…

Comment passer une Saint-Valentin tranquille quand on a le cœur en colocation  ? C’est presque impossible… Car quand il s’agit de satisfaire tout le monde le  même jour, les subterfuges sont obligatoires. « Je reste indisponible toute  la journée, mon téléphone reste éteint ; comme ça, ça m’évite des  problèmes », raconte Freddy, musicien. « Si tu as deux femmes, tu  jongles avec les deux. Tu passes la mi-journée avec l’une, et l’autre prend le  relai après», ajoute Sylver, militaire.

Honneur à la « titulaire »

De nombreux hommes établissent cependant une hiérarchie amoureuse. Toutes  leurs femmes ne sont pas logées à la même enseigne. « On ne peut pas aimer  autant plusieurs femmes », témoigne Éric, commerçant. « Il y en  toujours une que l’on préfère ». Pour la plupart de ces hommes, il n’est  donc pas nécessaire de tergiverser : l’honneur revient à la femme ou à la copine  légitime, surnommée « la titulaire ».

« Ma Saint-valentin, c’est avec la titulaire que je la passe. Mes autres  copines, c’est du dépannage de temps en temps », explique Auxence,  enseignant. Et que deviennent les remplaçantes ? « On sait d’avance  que ce n’est pas sérieux, et on se doute bien qu’elles ont d’autres  hommes » poursuit-il. « Mais il faut parfois faire un petit geste  symbolique, un cadeau juste pour faire plaisir », concède-t-il.

Traditionnellement, au Congo, ce sont les femmes qui offrent des cadeaux aux  hommes à la Saint-Valentin. Mais en général, les cadeaux se font dans les deux  sens. Et c’est parfois la course à celui qui offrira le présent le plus beau et  le plus coûteux. La règle est simple : plus on aime, moins on regarde à la  dépense ; et plus on a de conquêtes, plus on fait – et reçoit – de  cadeaux.

Si le vieux me promet un beau cadeau, je suis obligée de planifier. C’est  parfois risqué !

Mhélène, Étudiante en droit

Les sirènes des « preuves d’amour »

Des Soirées VIP en boîte de nuit à 100 000 F CFA l’entrée (150 euros, soit  l’équivalent d’un mois de salaire), aux bouquets de fleurs, en passant par les  parfums, vêtements, etc. Difficile pour certaines femmes de résister aux sirènes  des « preuves d’amour ». Aussi n’hésitent-elles pas à cumuler. « Si je suis beaucoup sollicitée pour la Saint-Valentin, je trouve toujours  un prétexte pour n’être disponible que pour la personne que j’aime. Mais si le  vieux me promet un beau cadeau, je suis obligée de planifier ; c’est  parfois risqué ! » explique Mhélène.

Conséquence : beaucoup de couples se déchirent aussi à l’occasion de la  St-Valentin . « En 2003, j’avais prévu un dîner romantique avec ma copine  et lui avais préparé un cadeau (une rose et des sandalettes), témoigne Justin.  Elle est passée en fin d’après-midi, le temps de prendre les sandales, de me  sermonner à cause du prix de la rose qu’elle trouvait stupidement élevé, et de  m’annoncer que sa tante était malade. Je ne l’ai revue que vers 20 heures, dans  les bras d’un autre… J’ai gardé la rose. Mais depuis, je ne fête plus la  Saint-Valentin », dit-il. Entre cupidité et concupiscence, Cupidon a parfois  bien du mal à s’y retrouver…

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Jeuneafrique.com  par Ifrikia Kengué, à Brazzaville