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Congo-France: Guy Brice Parfait Kolélas, la dépouille qui refuse de descendre dans le tombeau

janvier 15, 2022

Jean-Marie Michel Mokoko est en taule. Guy Brice Parfait Kolélas est dans le séjour des morts. Difficile de ne pas parler d’abus de pouvoir, d’élimination politique, d’homicide au premier degré, pour qualifier Sassou puisque ces deux personnages ont eu un bras de fer avec lui.

POUVOIR D’OUTRE-TOMBE

Même mort, Guy Brice Parfait Kolélas bouge encore. PAKO est décédé le 21 ou le 22 mars 2021. Ce vendredi 14 janvier 2022, bientôt un an, son cadavre se trouve toujours à l’institut Médico Légal, Métro Quai de la Rapée.

Tout se passe comme si (depuis le commencement des douleurs) on voulait faire parler le mort alors qu’on n’enclenche pas tous les rituels nécessaires (scientifiques juridiques, politiques, sociaux, métaphysiques ) pour y parvenir. En société traditionnelle kongo, par exemple, existe ce qu’on appelle la « questions aux morts » grâce à une technologie nommée (le tipoyi) . Chez les Mbochi de Théophile Obenga et Jérôme Ollandet ça s’appelle la question « aux esprits. » Ces systèmes juridiques féodaux sont dit-on infaillibles.

Dans le système du tipoyi, soumis à la question, le mort peut démasquer celui qui l’a envoyé dans l’au-delà.

PAKO PRESIDENT PAR DEFAUT

La Justice française, la famille de Pako, ses amis, eux-mêmes divisés en deux camps, ses ennemis (parmi lesquels ses parents adoptifs d’Oyo) se tuent à tirer chacun pour soi la dépouille de l’homme qui pourrait être appelé dans l’absolu Président du Congo. A titre posthume. C’est le vainqueur par défaut des présidentielles de 2021 étant donné que Sassou n’aurait jamais fait le poids face à Guy Brice Parfait Kolélas dans un duel régulier transparent. Sassou fait l’objet d’un puissant phénomène de rejet absolu auquel adhèrent mêmes ceux de son propre camp.

LE SYNDROME DES TSHISEKEDI

Kolélas fils est plus dangereux mort que vif. Autant dire que les ennuis de Sassou, une année après la mort de son adversaire, ne font que commencer.

Vous pensez à Tshisékédi-fils devenu Président après que la dépouille de son père soit conservée plus d’un an dans une morgue en Belgique ? Nous aussi. On pense aux enfants de feu le fils de feu Bernard Bakana Kolélas. Autrement dit Chrystel Nguesso futur successeur de son Empereur de père n’a qu’à bien se préparer car il y a d’autres héritiers qui ont des comptes à régler, des honneurs à défendre. Les Corses appellent Vendetta les contentieux légués par des générations passées. La Bible dit que ça peut se régler sur au moins douze générations. Autant dire que ce sont des conflits à vie ou à mort.

LA SCENE DU CRIME

D’un côté le Ministère français de la Justice, et de l’autre les Congolais divisés en deux groupes : 1°- la famille biologique soutenue par des inconditionnels, 2°- la famille politique, composée de militants et de combattants.

Début la scène 1, acte 1. Le 10 janvier 2022, l’ambiance a été morbide, lugubre et sordide au Palais de Justice de Bobigny, où les fans et les fous se sont étripés dans la salle des pas perdus. D’un côté, le Juge, Ponce Pilate, s’est lavé les mains, c’est-à-dire a renvoyé au lendemain la patate chaude du verdict. On parle du 14 janvier 2022, autant dire que l’affaire est envoyée aux Calendes grecques, expression qui signifie quelque chose qui n’existe pas, qui n’arrivera jamais.

BUFFET FROID

Une fois de plus, la Justice française, à son corps donnant ou défendant (c’est selon), a jeté, le corps du délit en pâture à la vindicte congolaise, une façon de dire « Démerdez-vous, affaire classée ». Non-évènement, épiphénomène…

Pourquoi ne pas trancher dans le vif du sujet depuis une année que PAKO est mort ? Il y a toujours anguille sous roche dans la façon de bosser de la Justice française quand il s’agit d’« affaires africaines. » Notamment lorsqu’il y a (c’est le cas de le dire) des cadavres dans le placard.

Que ce soit les 356 Disparus du Beach dont un auteur du massacre, un gros poisson capturé en France, Jean-François Ndenguet, fut exfiltré nuitamment de la prison de la Santé sous Jacques Chirac ; que ce soit l’affaire des Biens mal acquis (BMA) dont les principaux criminels proches du dictateur congolais Denis Sassou-NGuesso sont connus mais jamais arrêtés, que ce soit, en l’occurrence, l’affaire Guy Brice Parfait Kolélas, une affaire ténébreuse, difficile de compter sur la Justice du pays des Droits de l’homme, la France ; traîné devant la Justice, le gouvernement congolais s’en est toujours tiré à bons comptes. Jamais bousculé, jamais condamné, jamais contraint à des dommages et intérêts, toujours choyé, cajolé, pouponné. Comme Al Capone au temps de la prohibition qui avait avocats, journalistes et policiers sous sa coupe, l’Etat voyou du Congo nargue tout le monde, jusqu’au jour où il commit une erreur bête avec le fisc.

Ces alibis bidon pour ne pas donner du fil à retordre aux Républiques bananières, dans la langue de bois de la françafrique, ça s’appelle « souveraineté nationale », « non ingérence », « immunité diplomatique », « contrats pétroliers », « intérêts de la France » et tutti quanti .

Pour le dire autrement, Sassou manipule à souhait les Congolais, les gouvernants français, tout le monde, le monde entier grâce à son butin de guerre c’est-à-dire l’argent du pétrole (estimé à des milliards de dollars) et, constat amer, la France n’a jamais rendu justice dans une seule affaire concernant le Congo de Sassou. Ceci explique cela. « Les hommes politiques français adorent aller se faire corrompre en Afrique. » disait si bien le politologue et homme politique congolais Jean-William OTTA. Le dernier corrompu en date : Eric Zemmour. La corruption est le talon d’Achille de la Coopération française en Afrique.

COUPS DE POING

A la sortie du Palais de Justice de Bobigny, dans le hall du Palais, les amis de YUKI d’un côté (les Faye Monama), les amis (Rostel Bakoua) et la famille biologique de PAKO de l’autre en sont simplement venus aux mains. « Ils ont fait le coup de poing ».

Sassou a du boire du petit lait. Allez savoir si ce n’est pas lui qui a contribué à la zizanie dans la salle des pas perdus en payant des provocateurs. Candidat malheureux à la députation au Congo, efficace agent de sécurité, homme à tout faire, le fameux Rostel Bakoua est un professionnel de l’infiltration. Tantôt il est amoureux du régime Sassou, tantôt il le combat. Partout où il passe, la paix trépasse.

LES DEUX POSITIONS

La mort dans l’âme, les premiers (Faye Monama, Pasteur Noumazalaye) veulent une autopsie, les seconds (Bakoua et compagnie) veulent une inhumation illico presto. Ces derniers déplorent l’acharnement du bistouri sur le corps du défunt que les premiers appellent de leurs vœux. « Ca abime le cadavre » pleurent ceux qui soutiennent la deuxième position.
Certes, mais la vérité n’a pas de prix.

De leur côté, les amis de YUKI accusent la famille de vouloir enterrer la dépouille en même temps que la vérité. On condamne aussi leur morgue et la condescendance de la famille biologique dans sa façon d’agir, de se présenter et de se représenter.

LA VERITE RIEN QUE LA VERITE

Car de l’avis de tout le monde (famille élargie comprise) on cache la vérité sur ce qui s’est réellement passé le 21 mars 2021, jour où Guy Brice Parfait Kolélas est mort à Brazzaville ? Est-il mort dans l’avion médical en partance pour Paris ? Sur le tarmac de l’aéroport du Bourget ? On ne sait exactement où ?
Ca fait beaucoup de questions et trop de réponses.

Selon le rapport d’autopsie PAKO serait décédé à la suite d’une « insuffisance cardio-respiratoire due à une pneumopathie diffuse sévère bilatérale compatible avec la constatation médicale congolaise de la covid-19, la contamination au virus Sars-Cov-2 étant confirmée par la virologie moléculaire » (sic)

Une conclusion que la famille biologique et la famille politique (à l’exception de la famille adoptive de Mpila) contestent.

POISON

Quand on imagine la célérité avec laquelle le monde médical ordonnait l’inhumation des victimes du Covid au début de la pandémie, la dépouille de PAKO serait une exception qui confirme la règle, c’est-à-dire, Kolélas-fils est mort d’autre chose : par exemple de l’assiette roumaine, l’empoisonnement.

Pour les covido-sceptiques, le mensonge doit être autopsiée. Cela signifie que Sassou a quelque chose à avoir dans l’assassinant du fils de feu Bernard Bakana Kolélas, fils dont lui, Sassou, était le père adoptif à la mort du père réel. Last but not the lest, Pako a commis le crime de lèse-majesté, le crime suprême : il a humilié Sassou en le défiant dans une compétition politique où Sassou avait l’assurance de mordre la poussière.

LARMES DE CROCODILE

Pourquoi se tuer de dire que c’est le Covid qui a emporté PAKO. Pour vite clore le dossier ? Sassou le père adoptif a déjà fait le deuil. En un temps record. Personne ne peut jurer avoir vu les larmes couler sur les joues de Sassou à l’annonce de la mort de PAKO. Des larmes de crocodile. Or tout le monde avait vu le torrent de larmes sur les joues de L’Empereur à l’annonce du décès d’Edith Lucile Bongo née Sassou (la soeur par décret de PAKO). Pour Mpila, PAKO est une affaire classée. La vie continue. Il faut tourner la page.

C’est ici le lieu de re dire que l’affaire Kolélas ne fait que commencer un an après son empoisonnement, la veille d’une élection qu’il avait toutes les chances de remporter à 100%.

S’il ne s’agit pas du Covid, qui donc a administré le poison à Kolélas ? Le mode opératoire est typique de Mpila. On peut supposer comme dans un roman d’Agatha Christie que le venin mortel a été inoculé par un proche. On connaît la formule : « Garde moi de mes ennemis, mes amis je m’en charge. » ou alors « mes ennemis me chargent, les amis se chargent de moi. »

LE PECHE ORIGINEL

Comme dans la mythologie, l’épouse de Samson est la personne par laquelle la trahison était entrée dans sa maison. La vie de Samson ne tenait qu’à un cheveu. Sa femme vendit la mèche. Samson fut tué, trahit par sa femme.

Dans une mythologie contemporaine, vous pensez à qui ? Au couple Marien Ngouabi ? Bingo ! Céline Ngouabi, Larie, a été considérée comme le maillon faible dans la chaine de sécurité de son époux le 18 mars 1977. Marien Ngouabi était Kouyou, Céline Kongo. La preuve de la trahison de Céline ? Elle tomba enceinte de Sassou le supposé tombeur de son mari.

Dans le couple Pako, voyons qui va chausser les chaussures du mort. Les veuves joyeuses qui gravitent dans le champ adultérin de Sassou sont hélas légion.

Depuis le Jardin d’Eden, par quel conjoint du premier couple le péché est-il entré dans le monde si ce n’est la femme ?

Tout ceci, je vous l’accorde, est antiféministe.

Avec Congo-page par Lambert MANOUANA

France-Congo/Décès de Guy Brice Parfait Kolelas: le juge des référés du Tribunal de Bobigny ordonne l’inhumation de la dépouille

janvier 15, 2022

Après l’audience charnière du 10 janvier dernier dans l’affaire Guy Brice Parfait Kolelas, le juge des référés a opté, le 14 janvier, pour une ordonnance autorisant l’organisation  des funérailles dans les quinze jours.

Tribunal de Bobigny, France

Le Tribunal de Bobigny, France

À l’heure de l’issue de la procédure spécifique, après instruction menée de manière contradictoire entre la veuve Nathalie Kolelas et la famille de Guy Brice Parfait Kolelas, le juge des référés a rendu publique son ordonnance le 14 janvier.

Au vu du verdict, il est clairement établi qu’il a retenu les principaux arguments consistant à rappeler une jurisprudence constante de la Cour européenne des Droits de l’homme. Celle-ci stipule, en l’occurrence, que les funérailles doivent être organisées dans un délai court en respect de la décence, de la santé publique, du respect au corps humain et afin de préserver le droit fondamental à la vie privée.

Selon Me Pierre-Henri Bovis, avocat-conseil de Nathalie Kolelas, il semble que le juge des référés aurait retenu également, pour argument majeur, le fait que son ordonnance n’entrave aucunement à la  poursuite d’une éventuelle procédure pénale car les prélèvements ont déjà été effectués en temps et en heure sur la dépouille.

L’avocat-conseil de Nathalie Kolelas confie la satisfaction de sa cliente. Celle-ci est rassurée et compte désormais organiser les funérailles de son époux, en toute dignité, en France, dans les délais en respect de la loi.

Elle se réserve cependant le droit d’engager une éventuelle procédure judiciaire dans la mesure où une partie viendrait à s’opposer ou à occasionner des troubles à l’exécution de l’ordonnance du Tribunal de Bobigny, a priori ne souffrant d’aucune contestation sérieuse.

Avec Adiac-Congo par Marie Alfred Ngoma

Congo-Disparition : dernier hommage de la République à l’ancien ministre Gabriel Entcha-Ebia

janvier 5, 2022

Décédé le 11 décembre au Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville, à l’âge de 65 ans, l’ancien Garde des sceaux, ministre de la Justice et des Droits humains, Gabriel Entcha-Ebia, a été inhumé le 5 janvier au cimetière du Centre-ville.  La République reconnaissante lui a rendu un dernier hommage au Palais des congrès, en présence du chef de l’Etat, Denis Sassou N’Guesso.

Né le 24 août 1956 à Souanké, dans le département de la Sangha, Gabriel Entcha-Ebia a été ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat de 2002 à 2005 ; Garde des sceaux, ministre de la Justice et des Droits humains de 2005 à 2007, puis ministre des Postes et Télécommunications, chargé des Nouvelles technologies de l’information et de la communication en 2007.

Magistrat hors classe, il est diplômé de l’Université Marien-Ngouabi et de l’Ecole nationale de la magistrature de Paris, section internationale, et ancien procureur général près la Cour suprême du Congo. Ambassadeur du Congo au Nigeria de 2009 à 2012, Gabriel Entcha-Ebia fut également l’ambassadeur de la République du Congo en République centrafricaine de 2012 à 2017.

Président du Conseil supérieur de la liberté de communication (CSLC) et ami intime de l’illustre disparu, Philippe Mvouo a eu des mots justes pour rendre un hommage à celui qu’il qualifie comme l’un des plus grands serviteurs de la République. « Gabriel Entcha-Ebia, pour me fixer sur la cruelle réalité du moment, n’est plus. Votre fidèle et honnête serviteur s’en est allé. 65 ans de vie sur terre, l’enfant de Souanké s’est forgé un parcours assez commun à celui de tout enfant de campagne qui embrasse les chemins de l’école avec comme ressources essentielles, l’effort, l’endurance, la persévérance, mais aussi la témérité à affronter la brutalité des autres et le cœur large à digérer l’inaptitude et les échecs scolaires… », a témoigné Philippe Mvouo dans son oraison funèbre.

Sur le plan scolaire, Gabriel Entcha-Ebia a débuté ses études primaires à Souanké. Il a fréquenté aux collèges de Ouesso et Mafoua Virgile à Brazzaville avant de poursuivre ses études au lycée de la Libération, actuel Pierre-Savorgnan-de-Brazza. En effet, après le BEMG et le baccalauréat littéraire, le défunt est admis à l’Université Marien-Ngouabi où il en est sorti avec une licence en droit privé. Ce qui l’emmène à l’Ecole nationale de magistrature de Paris, section internationale où il termine diplômé en 1982.

« Un magistrat est né. Un intellectuel a germé en puissance de la maturité sociale, de la responsabilité professionnelle, de l’humaine sagesse et de l’autorité intellectuelle… Gabriel Entcha-Ebia, le magistrat, vient de tirer sa révérence après une brillante carrière professionnelle qu’il commence au tribunal de grande instance de Pointe-Noire », a poursuivi Philippe Mvouo.  

Gabriel Entcha-Ebia était aussi un écrivain. Auteur de « Djiha », son unique œuvre fictionnelle, il a publié cinq essais dont, « 800 jours au ministère de la Fonction publique et de la réforme de l’Etat », en 2009, « Les institutions de la République du Congo », en 2010, « Congo : 50 ans d’indépendance pour quel avenir ? « , en 2010, « Le moment de choisir la parole au peuple souverain », en 2015, et « Adieu Madiba », préfacé par Denis Sassou N’Guesso, en 2016.

« L’œuvre littéraire de Gabriel Entcha-Ebia est déjà immense dans sa dimension historique, politique et juridique pour constituer un précieux héritage à la postérité. Par la plume et avec sa plume, il a gravé son nom sur le marbre des immortels, des artistes immortels dont la mort se transfigure en vie sans mort pour rire de nos larmes tandis que, eux sont devenus des dieux. Car on ne pleure pas les dieux, on les célèbre. Entcha-Ebia est à célébrer désormais », a déclaré le président du CSLC.

La disparition de Gabriel Entcha-Ebia est une perte pour la République, a estimé le directeur général de l’autorité de régulation des marchés publics, David Martin Obami. « Je suis resté son directeur de cabinet jusqu’à son affectation à l’étranger comme ambassadeur. C’est pour moi à la fois un aîné, un mentor et quelqu’un qui m’a permis de mettre le pied à l’étrier de hautes charges de l’Etat », se souvient-il encore.  

Notons que l’illustre disparu a laissé six orphelins.

Avec Adiac-Congo par Parfait Wilfried Douniama

Afrique du Sud : les cendres de Desmond Tutu inhumées au Cap

janvier 2, 2022
Le cercueil de Mgr Tutu sorti de la cathédrale St-Georges à l’issue de la messe de requiem, au Cap, le 1-er janvier 2022. © AFP/MARCO LONGARI

C’est dans l’intimité familiale que l’inhumation du dernier grand héros de la lutte anti-apartheid a eu lieu dimanche, dans son ancienne paroisse, au lendemain de ses funérailles.

« Les cendres de l’archevêque émérite Desmond Tutu ont été inhumées à la cathédrale Saint-Georges lors d’une célébration familiale privée », a indiqué l’Église anglicane dans un communiqué.

Sa veuve affectueusement appelée « Mama Leah » par les Sud-Africains était présente à la cérémonie organisée à l’aube pour l’homme de foi qui disait se lever chaque jour à 04H00 du matin pour être seul avec Dieu.

Ses cendres reposent désormais à une place dédiée devant le maître-autel, sous une pierre gravée en lettres capitales : « Desmond Mpilo Tutu oct. 1931 – déc. 2021 Archevêque du Cap 1986-1996 ».

Funérailles sans faste

Desmond Tutu est mort paisiblement le 26 décembre à 90 ans. L’Afrique du Sud a salué samedi la figure planétaire lors de funérailles sans faste, comme il l’avait souhaité.

Le corps du prix Nobel de la paix a été réduit en poussière par aquamation, une nouvelle méthode de crémation par l’eau présentée comme une alternative écologique aux modes de sépulture classiques.

« The Arch » s’était fait connaître aux pires heures du régime raciste aboli en 1991. Il a organisé des marches pacifiques contre la ségrégation et plaidé pour des sanctions internationales contre le régime blanc de Pretoria.

Après l’élection de Nelson Mandela en 1994, le prélat avait été chargé de présider la Commission vérité et réconciliation (TRC) dont il espérait, grâce à la confrontation des bourreaux et des victimes, qu’elle permettrait de tourner la page de la haine raciale.

Avec Jeune Afrique

Congo: Justin Lekoundzou inhumé à Boundji

décembre 7, 2021

Décédé le 25 novembre dernier à Brazzaville à l’âge de 79 ans, des suites d’une longue maladie, Justin Lekoundzou Itihi Ossetoumba a reçu, le 7 décembre, un dernier hommage de la nation présidé au plus haut sommet par le chef de l’Etat, Denis Sassou N’Guesso, en compagnie de son épouse, Antoinette. Le corps de l’illustre disparu s’est ensuite envolé pour Boundji, dans le département de la Cuvette, où il reposera pour l’éternité.

Né le 12 mai 1942 à Okouessé, un village du district de Boundji, Justin Lekoundzou Itihi Ossetoumba n’a pas survécu à la furie de la maladie qui le rangeait depuis plus d’une décennie. Dans l’oraison funèbre, le ministre d’Etat, directeur de cabinet du président de la République, Florent Tsiba, a retracé le parcours administratif et politique de celui qu’il a qualifié de « compagnon fidèle » du chef de l’Etat. Dans cette évocation, l’orateur a classifié l’œuvre de l’illustre disparu en trois étapes majeures, en se focalisant sur les grands événements politiques pour lesquels Lekoundzou était parmi les chevilles ouvrières, aux côtés du chef de l’Etat, Denis Sassou N’Guesso. « Justin Lekoundzou Itihi Ossetoumba s’est éteint, monsieur le président de la République, vous aviez perdu un fidèle compagnon.  On retiendra que le 18 mars 1977, lorsque crépitent les armes à la résidence présidentielle du président Marien Ngouabi, Justin Lekoundzou s’est empressé de vous rejoindre à votre domicile de Mpila. Civil de son état, malgré la panique que suscitait cette situation, il vous a accompagné à l’hôpital militaire où se trouvait le président Marien Ngouabi, le corps ensanglanté sur le lit du bloc opératoire », a relaté Florent Tsiba.

Le 5 février 1979, a-t-il précisé, à la suite de la réhabilitation du Comité central du parti, Justin Lékoundzou prend la tête de la commission économie jusqu’à la tenue du congrès. Une autre étape décisive pour laquelle le regretté a joué un rôle de premier plan pour consolider la paix. Dans l’oraison funèbre, Florent Tsiba a retenu également que l’illustre disparu avait pris activement part à la Conférence nationale souveraine de 1991. Un événement politique au cours duquel le regretté Lekoundzou, a estimé le ministre d’Etat, a brillé de mille feux à travers ses interventions pour soutenir le PCT et son chef, Denis Sassou N’Guesso. Une prise de position, a précisé l’orateur, qui lui a valu la prison pendant la transition politique d’après la Conférence nationale.

Un parcours politique remarquable au sein du PCT

Pour la direction du PCT, Justin Lekoundzou Itihi Ossetoumba, membre du Comité des membres d’honneur et cofondateur, lors d’un dernier hommage rendu peu avant, a reconnu en l’homme un parcours militant élogieux et exemplaire. « Membre du bureau politique depuis 1969, soit un an après la création du parti, jusqu’en 1979, Justin Lekoundzou a connu un militantisme affirmé, engagé et loyal. Ce brave et courageux camarade qui a défendu avec ferveur les idéaux du parti a joué un rôle de premier plan au mouvement du 5 février 1979 », a relevé le PCT dans son oraison funèbre.

Il faut dire que Justin Lekoundzou Itihi Ossetouba a été, dans sa carrière administrative, tour à tour, ministre de l’Industrie, ministre du Tourisme, ministre des Finances et du Budget. L’illustre disparu a géré aussi les ministères de Construction, de l’Agriculture et de l’Elevage ainsi que celui de la Défense nationale.

Avec Adiac-Congo par Firmin Oyé et Jean Jacques Koubemba

Peuples autochtones : le Congo représenté à l’inhumation des reliques du chef de guerre Kanak Ataï

octobre 1, 2021

Le drapeau congolais a flotté en terre calédonienne lors de l’inhumation, le 1er septembre, à Fonwhary, des reliques du chef de guerre autochtone de la Nouvelle-Calédonie, 143 ans après sa mort. Ataï avait été tué lors de la résistance Kanak contre les colonisateurs français en 1878.

Le CAPV lors de la marche/ Adiac

Le Congo a soutenu l’événement qui marque l’histoire des peuples autochtones de la Nouvelle-Calédonie à travers une marche organisée à Pointe-Noire par le CAPV, une association congolaise à base communautaire qui œuvre pour la promotion des peuples autochtones dans le domaine de l’éducation, de la santé et de développement. « Nous avons mobilisé les autochtones congolais et ceux du Kivu, en République démocratique du Congo, pour soutenir les obsèques du vaillant guerrier néo-calédonien, un autochtone qui a marqué l’histoire de la Nouvelle-Calédonie. Nous sommes très fiers d’avoir marqué la présence du Congo à travers notre drapeau: vert- jaune-rouge à l’occasion de cet événement», s’est réjoui Mesmin Oraire Oba, président du CAPV.

Dans l’enceinte du site, une dizaine de mâts était installée et les drapeaux de plusieurs pays levés dont celui du Congo. Une volonté de ce pays de remercier tous ceux qui ont soutenu la demande de restitution  des reliques. En prévision de cette commémoration, un mausolée avait été érigé au mois de juin, en mémoire du chef de guerre des peuples kanak, peuple autochtone de la Nouvelle-Calédonie, et de son sorcier guérisseur. Les deux hommes reposent désormais sur leur terre natale dépuis le 1er septembre, jour anniversaire de leur disparition.

Soulignons qu’après la restitution du crâne du chef de guerre Kanak en 2014, Cyprien Kawa, fils de Bergé Kawa, déclarait  que ce retour « est l’aboutissement d’un long combat qui a certes été porté par un clan mais qui aujourd’hui nous permet de rassembler tout le pays kanak et les Calédoniens« . Egalement présent aux obsèques d’Ataï, l’un des descendants du guerrier, Bergé Kawa, a exprimé sa joie. « On attendait ce moment depuis longtemps et c’est avec joie que nous accueillons cette journée », a-t-il dit.  Et d’ajouter : « J’ai voyagé dans le monde entier pour permettre à Ataï de revenir ici. »

Pour sa part,  Yvon Kona, le nouveau président du Sénat coutumier, a prononcé des paroles similaires et remercié l’État pour la reconnaissance de cet épisode. « Au fil des années, on a fini par s’accepter les uns et les autres. Au nom de cette terre et des propriétaires de ces terres, on vous dit merci. Merci pour le soutien et votre présence. Cela fait 143 ans que les ancêtres se sont battus pour cette reconnaissance », a-t-il assuré.

Signalons qu’ Ataï est le « grand chef » kanak de Komalé, près de La Foa. En 1878, il mène l’insurrection kanak contre les colonisateurs français. Après des victoires importantes qui inquiètent l’administration coloniale de la Troisième République, il est tué par un auxiliaire kanak missionné par les colons français et sa tête conservée au Musée de l’homme, à Paris, jusqu’à sa restitution en 2014.

Avec Adiac-Congo par Charlem Léa Itoua

Algérie : l’ex-président Bouteflika inhumé avec moins d’honneurs que ses prédécesseurs

septembre 19, 2021
Le convoi transportant la dépouille de l’ex-président algérien Abdelaziz Bouteflika, dimanche 19 septembre 2021.

L’ex-président algérien Abdelaziz Bouteflika a été inhumé dimanche au carré des martyrs du cimetière d’El Alia à Alger, réservé aux héros de la guerre d’indépendance, mais il a eu droit à bien moins d’honneurs que ses prédécesseurs.

Chassé du pouvoir en 2019 après 20 ans à la tête de l’Algérie, Abdelaziz Bouteflika s’est éteint vendredi à l’âge de 84 ans dans sa résidence médicalisée de Zeralda dans l’ouest d’Alger.

Le cortège funèbre est arrivé au cimetière d’El Alia, après avoir parcouru une trentaine de km depuis Zeralda. La dépouille a été portée sur un affût de canon tiré par un véhicule blindé couvert de fleurs.

Aux côtés de membres de la famille, le président Abdelmadjid Tebboune, qui fut Premier ministre sous Bouteflika, les ministres et des diplomates étrangers étaient présents au cimetière, selon les médias.

Signe d’un certain embarras officiel, l’exposition de la dépouille initialement prévue pour un hommage des dignitaires et du grand public au Palais du peuple d’Alger, a été annulée, selon des sources concordantes.

Les corps des prédécesseurs de Bouteflika et même son ex-chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah ont tous été exposés dans ce bâtiment d’apparat avant d’être enterrés.

Le ministre des Moudjahidine (les anciens combattants), Laïd Rebigua, a prononcé l’oraison funèbre de celui qui fut aussi, dans les années 1970, un flamboyant chef de la diplomatie algérienne pendant 14 ans.

La dépouille d’Abdelaziz Bouteflika a ensuite été mise en terre au carré des Martyrs où reposent ses prédécesseurs, aux côtés des figures de la guerre d’indépendance (1954-1962).

« La mort d’un simple quidam » ?

Affaibli et aphasique depuis son AVC en 2013, l’ex-président avait été contraint à la démission le 2 avril 2019, sous la pression des manifestations massives du mouvement pro-démocratie Hirak contre son intention de briguer un 5e mandat consécutif.

Au terme de plusieurs heures de flottement sans réaction officielle, M. Tebboune, au pouvoir depuis fin 2019, avait fini par décréter samedi la mise en berne du drapeau national et un deuil de trois jours pour honorer « le moudjahid Abdelaziz Bouteflika ».

Ces atermoiements illustrent, selon les observateurs, des craintes de manifestations hostiles contre un ex-président à l’image ternie.

« Franchement, j’ai mieux à faire que de m’intéresser aux obsèques d’un président qui a laissé le pays dans un état lamentable. Je préfère m’occuper de mes oiseaux », a déclaré dimanche Farès, 62 ans, un retraité des finances qui habite à Alger.

Pour Islam, 45 ans, postier dans la capitale, « cet enterrement est un non-événement. Autour de moi, personne n’en parle en tout cas. C’est comme s’il s’agissait de la mort d’un simple quidam, qui n’a jamais été président. Les Algériens donnent l’impression d’avoir oublié Bouteflika, d’avoir tourné la page de son règne ».

« Enormément de haine »

« Il y a énormément de haine autour de la figure de Bouteflika sur les réseaux sociaux », a indiqué Isabelle Werenfels, chercheuse suisse spécialiste du Maghreb à l’institut allemand SWP.

Cela a rendu les décideurs actuels « nerveux » sur l’organisation des obsèques, selon elle, car « parmi les élites politiques, économiques et administratives, il y a un nombre assez important de personnes qui sont des produits ou des profiteurs de l’ère Bouteflika ».

Tous les anciens chefs d’État ont eu droit à des funérailles solennelles et huit jours de deuil national, à l’instar du premier président de l’Algérie indépendante Ahmed Ben Bella (1963-1965) et du troisième chef d’Etat Chadli Bendjedid (1979-1992), tous deux décédés en 2012.

Sans parler des funérailles grandioses du mentor de Bouteflika, l’ex-président Houari Boumedienne (1965-1978), marquées en 1978 par le tir de cent coups de canon et qui rassemblèrent des centaines de milliers de personnes.

Après l’annonce du décès du président déchu vendredi par une simple brève lue à la télévision nationale, les médias officiels lui ont réservé un traitement minimaliste.

Le puissant chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra, un ancien ministre sous Bouteflika, a lui attendu jusqu’à dimanche pour transmettre ses condoléances à la famille.

À l’étranger, le roi du Maroc Mohammed VI a adressé un message de « compassion » à M. Tebboune, en dépit de fortes tensions entre les deux pays.

Par Jeune Afrique avec AFP

Congo-Disparition : le roi Makoko Auguste Nguempio inhumé à Mbé

août 2, 2021

Décédé le 8 juin dernier à Mbé à l’âge de 94 ans, le roi Makoko Auguste Nguempio a été porté en terre le 31 juillet dans l’intimité familiale. Un jour avant, la République lui a rendu un hommage au cours d’une cérémonie en présence du Premier ministre, chef du gouvernement, Anatole Collinet Makosso.

Photo 1 : le Premier ministre à la cérémonie funèbre (crédit photo/ ADIAC)

L’hommage officiel de la République au roi Makoko Auguste Nguempio a été meublé par plusieurs séquences dont le mot de la famille lu par Michel Ngamani. Il a évoqué la reconnaissance du roi avant de mourir au président Denis Sassou N’Guesso qui a payé ses soins d’hospitalisation au Maroc.

Le porte-parole de la cour royale de Mbé, le prince Louis Nsalou, a salué la bienveillance du chef de l’État qui est resté constant dans « la dimension du grand intérêt » depuis le décès des rois Alphonse Nsalou, Pierre Mialami, Gaston Ngouayoulou.

Les troublions à la succession invités à se ranger dans le fourreau de la raison

Le porte-parole de la cour royale a reconnu que la question de la succession soulève par endroit la poussière de quelques ambitions. Mais ambition ne signifie nullement ambiguïté, dit-il. C’est pour cela que la cour royale appelle tous les usurpateurs et autres troublions à se ranger calmement et sans délai dans le fourreau de la raison, car ce n’est pas être vaincu que de se rendre à la raison. Le moment venu, et dans le respect des délais, procédures et critères ancestraux, la cour royale délibérera sur le sujet. A l’illustre disparu, le porte-parole a dit : « Tu nous laisses dans la paix et la paix était ton crédo. Combien de nuits n’as-tu pas consumées dans la recherche de la paix au Pool durement éprouvé dans les pays de Pangala. Rejoins-donc nos ancêtres dans la paix que tu sublimais tant. »

Photo 2 : la reine Ngalifourou et les membres de la cour royale (crédit photo/ ADIAC)

Pour sa part, le préfet du département du Pool, Georges Kilebé, a fait savoir que les filles et les fils de son entité administrative dont Mbé fait partie étaient attristés par la nouvelle de la disparition du roi Makoko Auguste Nguempio.

Dans l’oraison funèbre, le ministre de la Culture et des Arts, Dieudonné Moyongo, a rappelé que selon la tradition téké, le roi ne meurt pas, il va en pérégrination vers les ancestraux primordiaux et les esprits tutélaires tout en répandant ses bénédictions sur son peuple.

Que dire du roi Makoko Auguste Nguempio ?

Selon la chronique royale, Auguste Nguempio est né vers 1927 à Liko dans le district de Ngabé, où il passa son enfance du temps du roi Andibi. Il est le fils de Mounkala et de Mpanguele. A l’âge de la majorité, il migra à Brazzaville où il se fit embaucher pour quelques années dans les services municipaux. Libéré plus tard de toutes obligations d’agent public, il répond à l’appel des terres de ses origines et repart à Mbé où il servira en qualité de secrétaire du roi Nsalou. Il assumera ensuite les fonctions de chef du village de Mbé, avant d’accéder au trône à la mort de sa majesté Gaston Ngouayoulou en 2004.

Photo 3 : les dignitaires assis devant le catafalque du roi Makoko Auguste Nguempio (crédit photo/ ADIAC)

Les annales royales indiquent qu’après le roi Makoko Iloo 1er, qui signa le traité d’alliance avec Pierre Savorgnan de Brazza et qui régna pendant 18 ans, Auguste Nguempio est le second dans la longévité au trône, car il aura régné pendant 17 ans. Le roi Auguste Nguempio jouissait d’une grande estime au sein de sa communauté où il était perçu comme un gardien des traditions téké, un porteur de paix, un fin médiateur et un maître de la parole.

Pour Dieudonné Moyongo, la mort du roi Nguempio, c’est une bibliothèque qui vient de brûler, selon l’écrivain malien Amadou Hampâte Bâ. C’est un patrimoine vivant que le pays a perdu à jamais.

Photo 4 : le ministre d’État Florent Ntsiba (crédit photo/ ADIAC)

« Sa majesté Auguste Nguempio aura été durant tout son règne un homme de paix, se situant toujours au-dessus des clivages et prônant le dialogue. Puisse cette philosophie être le principal héritage qu’il nous laisse et la racine nourricière au sein de votre communauté. A toi Auguste Nguempio roi de Mbé, la République reconnaissante, par ma voix, t’adresse un suprême adieu », a conclu le ministre de la Culture.

Le roi Makoko Auguste Nguempio a laissé deux épouses, sept enfants et une nombreuse descendance. Son corps a été conservé en position assise devant le trône dans le sarcophage pendant cinquante-trois jours, avant l’enterrement le 31 juillet.

Avec Adiac-Congo par Bruno Okokana, depuis Mbé

Congo/Inhumation de Parfait Kolélas : le Mcddi appelle à libérer les tendances égoïstes

juin 19, 2021

Le président du Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral (Mcddi) et frère cadet du défunt candidat, Euloge Landry Kolelas, a appelé les sympathisants, l’opinion nationale et internationale à se libérer des tendances égoïstes pour tourner vers la vérité. 

Dans un message délivré le 19 juin à Brazzaville, le frère cadet de l’illustre disparu a appelé à se libérer des tendances égoïstes et sentiments de rejet et se tourner vers tout ce qui ramène à la vérité de l’amour, facteur indispensable du vivre-ensemble sincère, apaisé et épanoui.

Le président du Mcddi, Euloge Landry Kolélas lisant la déclaration/ Adiac

« Je tiens à lancer un vibrant appel à tous les sympathisants et militants du Mcddi, d’autres formations politiques, à l’opinion nationale et à la diaspora congolaise pour que la disparition de Guy-Brice Parfait Kolélas ne soit pas exploitée à des fins inavouées, mais qu’elle nous rassemble autour des valeurs républicaines et qu’elle soit enfin un véritable moment de méditation pour chacun », a insisté le président du Mcddi.

S’adressant particulièrement aux militants, sympathisants et aux membres du bureau exécutif de son parti, il a exprimé, en toute sincérité, sa profonde gratitude pour leur compassion et leur assistance multiforme manifestée lors du décès de son frère aîné.

« J’ai gardé le silence jusqu’à ce jour en raison du grand choc et de l’émotion profonde de cette disparition qui m’a plongé dans un chagrin insurmontable et une douleur insupportable, malgré nos divergences sur la conduite des affaires politiques », a- précisé Euloge Landry Kolelas.

Evoquant les moments marqués de hauts et de bas passés avec le président défunt de l’Union des démocrates humanistes, mais aussi aux côtés de ses frères et sœurs, il a réitéré son engagement ainsi que celui du parti qu’il dirige à la Mouvance présidentielle, mais aussi à l’alliance Mcddi-Pct qu’il qualifie de  » socle de l’unité nationale et au président Denis Sassou N’Guesso ».

« Le choix de la paix, l’entente, la concorde nationale n’est pas une faiblesse, mais un choix de la raison », a déclaré Landry Kolélas, soulignant que « les pressions de toutes sortes et les difficultés du parcours politique peuvent conditionner la liberté de choix et mener aux décisions contraires à nos convictions ».

Avec Adiac-Congo par Guy-Gervais Kitina

Côte d’Ivoire : Amadou Gon Coulibaly inhumé dans son fief de Korhogo

juillet 17, 2020

Lors de la cérémonie d'hommage à Amadou Gon Coulibaly à Abidjan, le 14 juillet 2020. Le Premier ministre ivoirien a été inhumé le 17 juillet à Korhogo.

Lors de la cérémonie d’hommage à Amadou Gon Coulibaly à Abidjan, le 14 juillet 2020. Le Premier ministre ivoirien a été inhumé le 17 juillet à Korhogo. © DR / Présidence ivoirienne

 

Le Premier ministre ivoirien Amadou Gon Coulibaly, décédé le 8 juillet, a été inhumé vendredi dans son fief de Korhogo, dans le nord du pays, au terme d’une semaine de deuil national.

« Le lion de Korhogo », comme le surnommaient ses partisans, a été enterré dans le caveau familial, dans l’intimité, selon une source proche de la famille. Auparavant s’est déroulée une prière funéraire à la grande mosquée de Korhogo, en présence du président Alassane Ouattara et de centaines de fidèles.

Parmi les personnalités à avoir fait le déplacement, également, le président togolais Faure Gnassingbé et le Premier ministre nigérien, Brigi Rafini.

« Les obsèques d’un chef »

Le Premier ministre « était une référence, un exemple », a déclaré El Hadj Bambadji Bamba, un professeur venu assister à la cérémonie. « Aujourd’hui ce sont les obsèques d’un chef. Nous sommes venus en grand nombre. C’était essentiel d’être là. Après tout ce que cet homme là a fait pour notre pays, il était bon qu’on vienne lui exprimer notre reconnaissance. »

Amadou Gon Coulibaly était populaire à Korhogo, sa ville natale dont il a été longtemps député-maire. De l’avis général, il a beaucoup fait pour le développement de la métropole du Nord ivoirien et sa région du Pôro, pays du peuple sénoufo.

Le temps des funérailles terminé, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), le parti au pouvoir, va devoir se trouver un nouveau champion pour défendre ses couleurs au scrutin présidentiel.

Alassane Ouattara avait exclu en mars de se représenter pour un troisième mandat, puis désigné Amadou Gon Coulibaly comme son successeur. La mort de ce dernier a bouleversé le jeu politique ivoirien, à trois mois et demi du scrutin présidentiel.

Par Jeune Afrique avec AFP