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Covid-19: l’OMS «inquiète» d’une possible aggravation de la pandémie pendant le ramadan

avril 14, 2021

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est dite «inquiète» mercredi 14 avril d’une possible aggravation de la pandémie de Covid-19 durant les célébrations du ramadan en Afrique du Nord et au grand Moyen-Orient.

Le nombre de cas a augmenté de 22% et le nombre de décès de 17% «la semaine dernière par rapport à la semaine précédente» dans la région, a dit le Dr Ahmed al-Mandhari, directeur du bureau régional de l’OMS pour la Méditerranée orientale.

S’exprimant lors d’une conférence de presse virtuelle au Caire, le Dr al-Mandhari a estimé que la situation dans cette vaste région qui va du Maroc au Pakistan traduit une «tendance inquiétante». «Nous sommes particulièrement inquiets que la situation actuelle puisse s’aggraver durant le ramadan si les gens ne suivent pas» les mesures sanitaires recommandées par l’OMS.

Le jeûne du mois de ramadan, durant lequel les musulmans s’abstiennent de manger, boire et fumer entre le lever et le coucher du soleil, a débuté mardi dans la plupart des pays musulmans. Les mesures, notamment de distanciation et de port du masque, doivent «être maintenues pour aider à contenir la pandémie», a plaidé le Dr al-Mandhari.

«Distanciation physique, ventilation» des mosquées

L’OMS souhaite que «les pays fassent une évaluation des risques afin de prévenir la dissémination de l’infection», a de son côté indiqué le Dr Dalia Samhouri, responsable pour la région de la préparation aux situations d’urgence. Elle a énuméré plusieurs mesures souhaitables selon l’OMS autour des mosquées pendant le mois de ramadan: «distanciation physique, ventilation, désinfection régulière». «Si je suis malade, je reste à la maison», a-t-elle dit avant d’ajouter que «les gens vulnérables (…) ceux atteints de maladies chroniques, doivent rester chez eux».

Parallèlement, Ahmed al-Mandhari a précisé que l’ensemble des pays de la région avaient reçu des vaccins, mais que ceux qui avaient l’accès le plus limité étaient le Yémen et la Syrie. La région comprend 21 pays outre et les Territoires palestiniens occupés, avec une population de près de 679 millions d’habitants. Selon lui, «il reste un déséquilibre choquant dans la distribution des vaccins» dans le monde. «C’est particulièrement vrai dans notre région où les soignants et les gens vivant dans des conditions de vulnérabilité comme en Syrie et au Yémen, ont l’accès le plus limité aux vaccins». Ainsi, au Yémen, où quelque 14 millions de doses ont été promises via le dispositif Covax, seules 360.000 ont été livrées.

Par Le Figaro avec AFP

Quels sont les variants du coronavirus qui inquiètent les experts?

février 2, 2021

Depuis la fin de 2020, la multiplication des cas liés à des variants du SRAS-CoV-2 provenant de trois pays inquiète particulièrement les autorités. Quels sont ces variants qui pourraient provoquer une troisième vague d’infection?

La France a recours à l'analyse des eaux usées pour détecter la propagation du virus et de ses variants.

© Daniel Cole/Associated Press La France a recours à l’analyse des eaux usées pour détecter la propagation du virus et de ses variants.

D’entrée de jeu, il faut rappeler qu’il est tout à fait normal de voir des mutations dans un virus. Lorsque le virus se multiplie, il accumule des mutations (changements au code génétique). La plupart de ces mutations n’ont pas d’impact sur le taux de mortalité ou sur le rythme d’infection.

Toutefois, les variants identifiés au Royaume-Uni, en Afrique du Sud et au Brésil ont tous subi des mutations dans la protéine nommée spicule. Ainsi, ces variants semblent être davantage capables d’attaquer les cellules et de se propager. Que sait-on de ces variants?

  • Découvert en septembre
  • Présent dans plus de 60 pays, dont le Canada
  • Ce variant se transmet de 30 % à 70 % plus facilement

Ce variant est responsable de la croissance exponentielle du nombre d’infections au Royaume-Uni. Le variant B.1.1.7. a frappé soudainement et très rapidement, il a donc été difficile de le contenir. Au début de novembre, le quart des nouvelles infections détectées au Royaume-Uni étaient liées à ce variant. En décembre, c’était 60 %. Aujourd’hui, ce variant domine les nouvelles infections.

Non seulement ce variant semble plus contagieux, mais il serait également plus mortel. Notons qu’environ 30 % des 106 000 décès au Royaume-Uni ont été recensés depuis le 1er  janvier 2021. Plus de 33 000 Britanniques sont morts de la COVID-19 en moins d’un mois. 

Le CDC a indiqué cette semaine que ce variant, même s’il est encore peu présent aux États-Unis, pourrait devenir le variant le plus dominant d’ici le mois de mars.

Ce variant a été détecté au Canada. Au début de février, il y avait plus de 70 cas en Ontario, près d’une dizaine au Québec, une cinquantaine en Alberta et une quinzaine en Colombie-Britannique.

Selon une modélisation de la propagation de la COVID-19 développée par des chercheuses de l’Université Simon Fraser, si le nombre de cas augmentait de 30 %, le pays pourrait connaître jusqu’à 20 000 nouveaux cas quotidiens lors d’une autre vague en mars.

Selon les premiers constats, le vaccin de Pfizer et BioNTech est efficace contre ce variant. Moderna étudie la possibilité d’ajouter une dose supplémentaire pour que son vaccin soit davantage efficace contre ce dernier.

Par contre, les autorités britanniques disent avoir récemment une autre mutation dans le variant B.1.1.7 qui serait potentiellement plus contagieuse et qui semble rendre certains vaccins moins efficaces. Une campagne de dépistage de porte-à-porte a été lancée dans certaines zones pour essayer de circonscrire la propagation de ce « super-variant ».

Les vaccins de Novavax et Janssen (pas encore approuvés au Canada) semblent être efficaces contre ce variant.

Variant B.1.351 (Afrique du Sud)

  • Découvert en octobre
  • Présent dans plus de 30 pays, dont le Canada

Ce variant inquiète les experts en raison de son nombre élevé de mutations, surtout dans le spicule.

Selon les estimations, ce variant est 50 % plus contagieux, mais il ne serait pas plus mortel. Ce nouveau variant pourrait aussi présenter un risque de réinfection plus élevé, mais les études à ce sujet sont encore préliminaires.

Le premier cas du variant B.1.351 a été découvert pour la première fois au pays en Alberta, au début du mois de janvier. Une personne en Ontario qui a été infectée par ce variant n’aurait pas voyagé ni n’aurait eu de contact avec un voyageur, signe que le variant a possiblement commencé à se propager dans la communauté.

Les vaccins semblent être un peu moins efficaces contre ce variant; Novovax (efficace à 60 %), Johnshon & Johnson (efficace à 57 %). Moderna et Pfizer disent qu’ils étudient la possibilité d’ajouter une dose supplémentaire pour que leur vaccin soit davantage efficace contre ce variant.

Variant P.1 (Brésil)

  • Découvert en novembre
  • Présent au Brésil et aux États-Unis

La ville de Manaus au Brésil avait été fortement touchée par le virus lors de la première vague au printemps. En fait, on estimait qu’en octobre, 75 % de la population avait été infectée. C’est pourquoi les experts ont été surpris par une nouvelle vague de cas et d’hospitalisations en janvier.

 Les hôpitaux de Manaus manquent de bonbonnes d'oxygène et plusieurs familles de patients hospitalisés essaient d'en acheter de compagnies privées.

© BRUNO KELLY/Reuters Les hôpitaux de Manaus manquent de bonbonnes d’oxygène et plusieurs familles de patients hospitalisés essaient d’en acheter de compagnies privées.

Les chercheurs ont encore peu de réponses à leurs questions concernant ce variant, mais la hausse fulgurante du nombre d’hospitalisations les inquiète. Est-ce que ce variant est plus contagieux et a réussi à infecter les personnes qui y avaient échappé? Ou est-ce que ce variant réinfecte ceux qui ont déjà été malades? Ont-ils surestimé le nombre de personnes qui avaient été infectées au printemps?

Tandis que le variant britannique a pris trois mois pour dominer les nouvelles infections, le variant brésilien a réussi à dominer en un mois. En décembre 52 % des nouveaux cas étaient liés à ce variant; en janvier, c’était plus de 85 %.

Variant CAL.20C (Californie)

  • Découvert en juillet
  • Présent en Californie et dans au moins 11 États (Arizona, Connecticut, Maryland, New Mexico, Nevada, New York, Texas, Utah, Washington, Wyoming et District de Columbia)

Les chercheurs américains cherchaient la présence du variant britannique, mais ils ont plutôt découvert un variant californien. Il semblerait que ce variant existe depuis juillet, mais il a commencé à se répandre davantage en novembre. Ce variant est maintenant responsable de plus de la moitié des cas à Los Angeles. Ailleurs dans l’État de la Californie, entre 20 % et 30 % des cas seraient reliés à ce variant.

Les chercheurs n’ont pas encore déterminé avec certitude si ce variant est plus infectieux ou plus mortel. Toutefois, il faut noter que le nombre de cas et de décès a monté en flèche en décembre et en janvier dans cet État et que ce variant a été détecté dans plusieurs éclosions.

Un variant canadien à l’horizon?

Pour l’instant, il semblerait que le variant britannique se répande le plus rapidement à travers la planète. 

Mais le directeur national de santé publique du Québec, le Dr Horacio Arruda, est clair : le Québec et le Canada ne sont pas à l’abri de leur propre variant. «Plus on transmet la maladie, plus il y a de chances qu’il y ait des mutants qui s’installent. Ça peut être des mutants qui peuvent ne pas être dangereux du tout, mais ça peut devenir des souches dangereuses.»

Par exemple, le Québec a détecté dans le cadre de ses analyses génomiques un cas qui s’apparente à une mutation découverte en Australie. «Toutefois, les autres mutations qui définissent la lignée australienne n’étaient pas présentes dans l’échantillon du patient du Québec, explique l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). La souche québécoise porteuse de cette mutation appartient donc à une lignée distincte.»

L’INSPQ indique que cette «situation est sous surveillance, mais n’est pas source de préoccupation à l’heure actuelle».

La conseillère scientifique en chef du premier ministre, Mona Nemer, partage les préoccupations du Dr Arruda. Des variants pourraient échapper aux vaccins, a-t-elle prévenu dans une entrevue aux Coulisses du pouvoir. Elle ajoute que la stratégie de retarder la deuxième dose du vaccin – comme c’est le cas au Québec – peut entraîner le développement de variants.

Elle ajoute que les provinces doivent absolument accélérer la cadence du nombre de tests faits pour limiter la propagation de ces variants.

Avec La Presse acanadienne par Mélanie Meloche-Holubowski 

France/Covid-19 : «la tendance est préoccupante», s’inquiète Jérôme Salomon

janvier 3, 2021

Le directeur général de la Santé s’inquiète notamment du brassage d’élèves avec la rentrée : «Les enfants reviennent de différents endroits, en France ou à l’étranger, ça peut rebattre les cartes de la situation épidémiologique».

Le Conseil scientifique disait craindre un rebond «incontrôlé» de l’épidémie dans les prochaines semaines. En cette rentrée, les autorités sanitaires ont donc les yeux rivés sur les données épidémiologiques, alors que le Covid-19 a déjà causé la mort de 64.921 personnes en France. Dans les hôpitaux, l’impact réel des fêtes de fin d’année devrait être connu la semaine prochaine, l’état des malades pouvant se dégrader au bout de plusieurs jours après l’apparition des symptômes. Mais certains signaux ne sont pas de bon augure: le nombre de patients hospitalisés et en réanimation a légèrement augmenté samedi 2 janvier, après plusieurs jours de baisse, selon les données de Santé Publique France.

Le taux de positivité des tests est passé de 3,8% à 4,6% samedi, celui d’incidence remonte aussi doucement à 132 cas positifs pour 100.000 habitants sur une semaine glissante (le seuil d’alerte étant fixé à 50). Dans les colonnes du Journal du Dimanche, le directeur général de la santé Jérôme Salomon admet ainsi que «la tendance est déjà préoccupante», avec une incidence «de nouveau en hausse après un plateau assez long».

L’ombre des variants plus contagieux

Selon le site de collecte des données Covidtracker, 24 départements voient en effet leur incidence augmenter. La France reste coupée en deux : on recense par exemple un peu moins de 50 cas pour 100.000 habitants en Charente-Maritime, contre près de 325 dans les Alpes-Maritimes. Une situation qui a poussé le gouvernement à renforcer dès samedi le couvre-feu dans 15 départements de l’est du pays, où quelque six millions de Français doivent désormais rester cloîtrés dès 18h.

«Si la situation était amenée à se dégrader davantage dans certains territoires, on prendra les décisions qui s’imposent», a prévenu le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, vendredi sur TF1. Le reste du pays – déjà sous le coup d’un couvre-feu à 20h – est donc en sursis. La perspective de voir les bars et les restaurants rouvrir le 20 janvier s’éloigne, celle de retrouver les lieux culturels le 7 janvier est déjà définitivement écartée.

Dans Le JDD, le professeur Jérôme Salomon fait aussi part de ses craintes vis-à-vis de la rentrée scolaire. «Les enfants reviennent de différents endroits, en France ou à l’étranger, ça peut rebattre les cartes de la situation épidémiologique», explique-t-il.

Outre les conséquences des vacances, il s’inquiète du froid qui favorise les transmissions, mais aussi des deux variantes du virus identifiées en Grande-Bretagne et en Afrique du Sud, et déjà détectées en France. Elles «ne sont pas forcément plus dangereuses mais elles sont nettement plus contagieuses. Elles toucheraient aussi davantage les jeunes (…) Il faut donc qu’on soit très attentif au milieu scolaire et universitaire», précise Jérôme Salomon. Après plus de deux mois de «distanciel», les universités doivent en principe accueillir quelques élèves dès lundi. Beaucoup attendront toutefois.

L’épidémie pèsera «au moins jusqu’au printemps», avait prévenu Emmanuel Macron lors de ses vœux le 31 décembre. Pour le DGS, «on a encore quatre mois d’efforts collectifs à faire».

Par Anne-Laure Frémont et Nicolas Daguin

Canada-Montréal: La diaspora libanaise entre inquiétude et désespoir

août 6, 2020
Mercredi soir, plus de 200 personnes se sont rassemblées au square Dorchester à Montréal pour tenir une veillée à la chandelle en hommage aux victimes des explosions de Beyrouth. Une autre vigile aura lieu jeudi à 19 h, au consulat général du Liban.
© Jacques Nadeau Mercredi soir, plus de 200 personnes se sont rassemblées au square Dorchester à Montréal pour tenir une veillée à la chandelle en hommage aux victimes des explosions de Beyrouth. Une autre vigile aura lieu jeudi à 19 h, au consulat général du Liban.
Partagés entre l’inquiétude, la colère et le désespoir, les membres de la communauté libanaise du Québec étaient toujours sous le choc mercredi, au lendemain des explosions meurtrières qui ont frappé de plein fouet la ville de Beyrouth, faisant plus de 100 morts, des milliers de blessés et des dizaines de disparus.

« L’anxiété m’a envahi hier et depuis elle ne me quitte plus. Je n’ai pas dormi de la nuit. Ça m’a brisé le cœur, ce qui est arrivé », confie Moe Hamandi, originaire du Liban. Si le jeune homme de 30 ans s’est installé depuis une dizaine d’années à Montréal, à des milliers de kilomètres de Beyrouth, il a vécu en direct la détresse de sa famille qui vit toujours dans la capitale libanaise, non loin du port où les explosions ont eu lieu.

« Quand j’ai appelé ma mère mardi, vers 10 h, comme tous les jours depuis le début de la pandémie, j’ai à peine pu lui dire bonjour. J’ai entendu ses cris, des hurlements horribles, et la ligne a coupé. Ça m’a pris 5 minutes pour réussir à la rappeler, car le réseau était coupé. Les 5 minutes les plus longues de ma vie », raconte-t-il, la voix encore tremblante d’émotion.

Paniquée et en pleurs, sa mère lui a raconté comment leur maison est tombée en ruines en une fraction de seconde. Le plafond s’est effondré, les vitres ont volé en éclats, des meubles sont tombés, la porte a été arrachée. « Je n’avais aucune idée si c’était un attentat ou autre [chose]. Chose certaine, elle me décrivait une scène apocalyptique. »

Heureusement, sa mère s’en est sortie indemne. Quelques appels et messages plus tard, Moe Hamandi apprend que son père, sa sœur et les autres membres de sa famille sont également en vie et n’ont pas été blessés. Il a toutefois perdu un ami proche avec qui il a passé ses trois années d’université à Beyrouth.

« C’est la tragédie de trop, dit-il. L’économie libanaise n’allait déjà pas bien, ensuite la pandémie a fait perdre leur job à de nombreux Libanais. Tout ce qu’il leur restait, c’était un toit sur la tête. Les explosions viennent de le leur enlever. »

Le jeune homme craint maintenant pour les jours à venir, se demandant comment sa famille va pouvoir réparer les dégâts matériels monstres, alors que les banques ont limité la quantité d’argent que les Libanais peuvent retirer à quelques centaines de dollars par semaine. Il hésite même à prendre l’avion pour les rejoindre. « J’hésite encore, ça me trotte dans la tête. C’est mon pays qui tombe en ruines, ma famille qui a besoin d’aide. »

La comédienne québécoise d’origine libanaise Raïa Haidar envisage aussi d’aller à Beyrouth pour soutenir ses proches dans cette dure épreuve. « Aujourd’hui, tout le monde est occupé à ramasser les débris, réparer ce qu’il est possible de réparer. Je leur envoie des petits messages, mais je n’ose pas trop les déranger. Sur place, je pourrais tellement faire plus. »

Elle raconte avoir failli perdre sa mère dans le drame, son bureau se situant juste en face du port de Beyrouth. « Elle l’a quitté à peine 10 minutes avant l’explosion. C’est un miracle qu’elle soit encore en vie ». Comme de nombreux Libanais, sa maison a cependant été secouée par les explosions qui ont brisé toutes les vitres.

De son côté, Maryianne Zéhil s’affairait encore à prendre des nouvelles de ses proches mercredi, espérant ne pas apprendre de mauvaise nouvelle. « Beaucoup de gens sont portés disparus. J’angoisse à l’idée de découvrir que quelqu’un que je connais est décédé », indique la cinéaste québécoise née au Liban.

Plusieurs membres de sa famille vivant dans le quartier en face du port ont été blessés lors des explosions. La cousine de sa mère a même disparu après avoir été transférée dans un autre hôpital sans que sa famille en soit avertie. Une autre cousine a vu tout un pan de mur de sa maison s’effondrer.

Colère

« La ville est à moitié détruite, c’est horrible ! », se désole-t-elle, se remémorant l’endroit où elle a grandi et vécu sa jeunesse. « Le quartier d’Achrafieh, en face du port, est un lieu tellement plein de vie d’ordinaire. Il y a une rue avec des pubs, c’est l’endroit où aller pour faire la fête. Tout est à reconstruire. »

Elle s’attriste surtout de voir son pays essuyer tragédie après tragédie. « Si je devais écrire un film sur ce qu’il se passe, ça paraîtrait exagéré, arrangé avec le gars des vues. Les gens ne croiraient pas mon scénario. Et pourtant, c’est la triste réalité. »

Rappelons que Beyrouth a été divisée en deux par la guerre civile de 1975-1990. Elle a également fait les frais de conflits avec le pays voisin, Israël. Sans compter les nombreux bombardements et attaques terroristes qui la visaient.

Si ces explosions ne sont qu’un accident selon les autorités — les déflagrations viendraient des 2750 tonnes de nitrate d’ammonium stockées depuis des années dans un entrepôt portuaire —, certains doutent.

« Ce n’est pas un accident. C’est plutôt le résultat d’une crise économique et politique dû à la corruption et la mauvaise gouvernance de la classe politique depuis des années. Trop d’années ! », se révolte Roland Dick, président de l’Union libanaise culturelle de Montréal. Il a perdu un ami de longue date dans l’explosion, l’homme d’affaires Nazar Najarian, qui a vécu pendant plusieurs années à Montréal avant de retourner dans son pays d’origine.

Soutien à la communauté
En signe de soutien à l’importante diaspora libanaise du Québec — plus de 200 000 personnes — le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal ont mis leurs drapeaux en berne mercredi.
En soirée, plus de 200 personnes se sont rassemblées au square Dorchester à Montréal pour tenir une veillée à la chandelle en hommage aux victimes. Une autre vigile aura lieu jeudi à 19 h, au consulat général du Liban.

Québec offre de plus du soutien psychosocial pour les membres de la communauté qui en sentiraient le besoin par l’entremise du ministère de la Santé et des Services sociaux (811), a-t-on indiqué au cabinet de la ministre des Relations internationales, Nadine Girault.

La députée de Québec solidaire, Ruba Ghazal, a demandé à Mme Girault d’octroyer une aide financière d’urgence au Liban pour venir en aide aux sinistrés. Au moment où ces lignes étaient écrites, le cabinet de Mme Girault ne pouvait confirmer si l’option était envisagée.

 

Par Le Devoir avec Mylène Crête et Annabelle Caillou

France/Coronavirus : «Le plus gros de l’épidémie est encore devant nous» s’inquiète l’infectiologue Éric Caumes

juillet 17, 2020

 

Le taux de reproduction est en hausse dans plusieurs régions dont la Mayenne, la Nouvelle Aquitaine ou tout récemment la Bretagne.

«Le plus gros de l’épidémie est encore devant nous», s’inquiète le professeur Eric Caumes, chef du service des maladies infectieuses à la Pitié-Salpêtrière à Paris. Dans le viseur des scientifiques : le taux de reproduction. Ce chiffre, surveillé comme du lait sur le feu, représente le nombre de personnes que peut contaminer une personne malade. Depuis le 1er juillet, il est supérieur à 1 au niveau national et atteint des niveaux plus importants dans certaines régions. La Nouvelle Aquitaine, la Gironde ou encore la Mayenne, sont déjà scrutés depuis plusieurs jours par les autorités sanitaires. En Bretagne, le taux de reproduction s’élève le 16 juillet à 2.6 alors qu’il oscillait entre 0,9 et 1,2 les jours précédents.

Vers la deuxième vague ?

«Ce chiffre est inquiétant et signifie une reprise de l’épidémie», analyse l’infectiologue parisien. Les hôpitaux voient apparaître «de nouveaux malades ces deux dernières semaines». «Ce n’est pas explosif», rassure le professeur mais compare cette situation au début du mois de février. Est-ce l’annonce d’une deuxième vague similaire ? Il est trop tôt pour y répondre mais ce retour «ne sera pas comme cet hiver». Pour Éric Caumes, les régions Île-de-France et Grand Est «sont déjà sensibilisées» mais d’autres territoires «seront plus gravement touchés». Aux mois de mars et avril, de nombreux soignants sont venus aider les régions les plus affectées. L’infectiologue prévient qu’il «manquera de moyens humains» si la vague submerge tout le pays en même temps.

Tout est encore possible

Malgré un taux de vigilance important, Eric Caumes reste optimiste. Grâce à des connaissances accrues sur la maladie, le professeur rassure sur le nombre important de guérisons. «Je suis optimiste sur la guérison de cette maladie», a-t-il ensuite rassuré. Il appelle les Français à respecter les gestes barrières et à «arrêter de croire que l’épidémie est terminée». Il ajoute que si «on y prend garde», la «tendance peut être inversée».

Pour le spécialiste, le port du masque «aurait dû être systématique» dès le déconfinement car c’est une «mesure essentielle» pour se protéger les uns les autres.

Avec Le Figaro par Marie-Liévine Michalik

Le taux d’infection à la COVID-19 inquiétant chez les travailleurs de la santé du Canada

juin 26, 2020
© Getty

En réponse aux inquiétudes de la Fédération canadienne des syndicats d’infirmières et d’infirmiers quant au taux élevé d’infection à la COVID-19 chez ses membres, l’Agence de la santé publique du Canada affirme qu’assurer la sécurité de tous les employés du système de santé demeure une priorité pour elle.

La Fédération avait notamment décrié au début de la semaine le manque de protection du personnel soignant dans le contexte de la pandémie. Jusqu’à 19 % des cas d’infection à la COVID-19 au pays, soit 16 000 personnes, sont des travailleurs de la santé. Une enquête nationale pour démontrer que le Canada a échoué dans sa mission de protéger les travailleurs de la santé depuis le début de la pandémie a d’ailleurs été lancée par la Fédération.

L’Agence de la santé publique du Canada désire, elle aussi, déterminer les circonstances qui ont pu mener à un taux d’infection aussi élevé. Selon le Dr Howard Njoo, administrateur en chef adjoint de la santé publique du Canada, il est «très important de faire une analyse plus en profondeur pour regarder [ce qui] peut être les facteurs. C’est ce qui se passe dans les lieux de travail, mais des fois, c’est aussi possible que les travailleurs des soins de santé comme tous les autres individus dans la population générale. »

Le Dr Njoo ajoute que l’Agence continue d’analyser les meilleures façons de protéger les travailleurs de la santé à la lumière des nouvelles données et études sur le coronavirus qui sont rendues disponibles.

Pas de cas d’infection pour les travailleurs d’Horizon

Le Réseau de santé Horizon, au Nouveau-Brunswick, a déclaré jeudi lors de son assemblée générale qu’aucun membre de son personnel n’avait contracté le virus dans son milieu de travail, une information qui contraste avec la situation du côté du Réseau de santé Vitalité. Des employés de l’Hôpital régional de Campbellton, qui relève de Vitalité, ont contracté la COVID-19.

CBC/Radio-Canada avec les informations de Wildinette Paul

Record de nouveaux cas de coronavirus dans le monde, s’inquiète l’OMS

juin 19, 2020

 

Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS.
Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS.
Alors que plusieurs pays amorcent de nouvelles phases de déconfinement, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est inquiétée vendredi que la pandémie de COVID-19 «s’accélère». L’OMS enregistre d’ailleurs un record de nouveaux cas de coronavirus.

L’institution appelle les États à la vigilance «extrême», mais aussi à l’unité et la solidarité pour combattre la pandémie.

«Depuis deux mois, on a recensé pas moins de six millions de cas. On voit très bien que le virus accélère, et qu’il bouge très rapidement», a prévenu le directeur général de l’organisation, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d’une conférence de presse tenue en ligne.

Jeudi, l’OMS a recensé quelque 150 000 nouveaux cas de coronavirus à l’échelle du globe, dont la moitié viennent des Amériques, un record.

«Le virus reste mortel et la plupart des personnes restent exposées», a aussi martelé le Dr Ghebreyesus, qui occupe ses fonctions de direction depuis le mois de juillet 2017.

Un relâchement inquiétant

À l’instar des autorités de santé publique du Québec, M. Ghebreyesus affirme lui aussi que le relâchement des mesures sanitaires est inquiétant. «Nous sommes entrés dans une phase nouvelle et dangereuse. Beaucoup de gens sont évidemment fatigués de rester chez eux. Les pays sont évidemment désireux de rouvrir leur société et leur économie», a-t-il illustré.

«Le virus a deux combinaisons dangereuses: il bouge rapidement, et c’est un tueur. Il a déjà surpris plusieurs pays, incluant des nations développées.» – Tedros Adhanom Ghebreyesus, de l’OMS

L’ancien ministre de la Santé de l’Éthiopie appelle les pays à s’engager «encore plus» pour venir en aide aux pays dans le besoin. «On doit se rappeler que pour les communautés les plus vulnérables, ceci n’est qu’une des nombreuses menaces auxquelles elles font face», souligne-t-il, ajoutant que sans «solidarité», le virus «exploitera cette fissure entre nous». «Ensemble, on peut accomplir n’importe quoi», renchérit-il.

Avec ce record de nouveaux cas, plus de 8,5 millions de personnes ont maintenant été infectées par le coronavirus, dont plus de 100 000 au Canada. L’OMS dénombre pour l’instant plus de 450 000 décès liés à la COVID-19.

Le masque obligatoire au Québec?

Hier, le directeur national de santé publique du Québec, Horacio Arruda, a aussi indiqué que le masque pourrait devenir obligatoire si la situation sanitaire et épidémiologique venait à l’exiger.

«Nous sommes en train de faire des analyses. Tous nos experts ne l’ont pas recommandé. […] On va voir ce que l’avenir nous réserve. On compte présentement sur la conviction, et s’il faut contraindre, on va contraindre.» -Horacio Arruda, sur les ondes de Radio-Canada jeudi soir

Depuis plusieurs semaines déjà, des voix se font entendre pour réclamer l’obligation du port du masque dans les lieux publics et le transport en commun.

Jeudi dernier, un collectif d’une vingtaine de médecins, experts et épidémiologistes a appelé le gouvernement Legault à rendre le port du masque obligatoire dans les lieux publics fermés ou achalandés, ainsi que dans les espaces extérieurs où la distanciation physique est difficile à respecter. Leur objectif est d’éviter une deuxième vague «potentiellement mortelle», en attendant l’arrivée d’un vaccin.

«Si on veut réussir cet assouplissement graduel des mesures de confinement, on n’a pas le choix de mettre tout dans la balance. Advenant une deuxième vague, qui est peut-être inévitable, il faut s’assurer qu’elle soit le plus faible possible, pour pas qu’on recommence tout ça à zéro. Ce serait catastrophique», avait notamment imploré l’ancien député solidaire et microbiologiste de profession, Amir Khadir.

Avec Le Metro par Henri Ouellette Vézina

Canada/Ralentissement à Immigration Québec : de nouveaux arrivants s’inquiètent

mai 24, 2020
Rémy et Christelle craignent de devoir retourner en France en l'absence d'un traitement rapide de leur dossier d'immigration.
© /Radio-Canada Rémy et Christelle craignent de devoir retourner en France en l’absence d’un traitement rapide de leur dossier d’immigration.
Plusieurs familles immigrantes du Québec se demandent si elles devront quitter le pays en raison d’un ralentissement des opérations au ministère de l’Immigration. Les retards causés par la pandémie s’accumulent pour obtenir l’autorisation de travailler dans la province.

Pour Rémy Masdéu et sa conjointe Christelle Carulla, c’est tous leurs plans d’avenir qui sont désormais remis en question. Établi à Sherbrooke il y a un an, le couple originaire de la France a rapidement intégré le marché du travail.

Rémy qui est pilote de drone était la perle rare pour son employeur, Pixel Nord, qui l’a aidé à s’installer dans la région.

Le caméraman et pilote de drone Rémy Masdéu pourrait être forcé de retourner en France en raison du ralentissement à Immigration Québec.

© Pixel Nord Le caméraman et pilote de drone Rémy Masdéu pourrait être forcé de retourner en France en raison du ralentissement à Immigration Québec.
«Il peut un jour être caméraman, un autre jour, il peut être réalisateur, il peut piloter le drone donc cette polyvalence-là pour nous ça vaut de l’or», souligne Willam Levasseur, le copropriétaire de Pixel Nord.

50 jours sans nouvelles

Comme tous leurs projets s’enchaînaient avec facilité, l’obtention d’un certificat de sélection du Québec leur semblait être une simple formalité. En mars dernier, ils en font la demande du CSQ, un document qui leur permet de continuer à travailler jusqu’à l’obtention de leur résidence permanente.

La consultante indépendante en immigration canadienne, Caroline Morin, confirme que ce genre de démarche prend en moyenne 20 jours ouvrables pour être complétée.

Toutefois, 50 jours plus tard, le couple n’a toujours aucune nouvelle de leurs démarches. Travailler leur est maintenant interdit. Par courriel, le ministère de l’Immigration indique que les délais de traitement ont augmenté avec la pandémie.

Avec la crise sanitaire actuelle et les contraintes qu’elle exerce (télétravail, nombre limité de personnel sur le plancher, etc.) nos délais d’ouverture de dossiers ont augmenté de plusieurs semaines, indique le ministère par écrit.

Avec ces délais, le rêve de Rémy et Christelle s’effondre. Le couple a maintenant deux choix :  Repartir en France ou rester au Québec en tant que visiteur. Mais s’ils restent, ils renoncent à leurs avantages sociaux.

Une décision déchirante, puisque Christelle a récemment reçu un diagnostic de sclérose en plaques. «C’est quelque chose qu’on voulait traiter assez rapidement. Et là tout s’arrête parce qu’on n’a plus de couverture sociale», se désole Rémy.

L’attente est intenable et le couple est inquiet. «Je suis dans l’attente depuis maintenant le mois de mars de pouvoir recevoir un traitement et là ça va être très très compliqué par rapport aux délais», souligne Christelle.

Des dizaines de cas semblables au Québec

Rémy et Christelle sont loin d’être les seuls dans cette situation au Québec. Selon Andrès Fontecilla, le porte-parole en matière d’immigration de Québec Solidaire, des dizaines de personnes vivent un tel dilemme. «On a des gens qui attendent depuis trois mois, six mois, même avant la pandémie et ces gens-là ne reçoivent aucune réponse», dénonce-t-il.

Leur dernier espoir de ces demandeurs serait de tomber dans les bonnes grâces du ministère de l’Immigration. La consultante indépendante Caroline Morin souligne qu’elle tentera de plaider la cause de Rémy et Christelle auprès de Québec. «On va leur expliquer qu’à cause des délais de la COVID on n’a pas reçu le CSQ, mais on vous demande s’il vous plait de considérer la demande étant donné des circonstances», illustre Caroline Morin.

Rémy espère que cette stratégie portera ses fruits afin de poursuivre son rêve au Québec. «On espère qu’il y a des gens humains derrière l’immigration qui vont entendre notre histoire», dit-il.

Le ministère de l’Immigration demande au couple d’être patient. Dans leur cas, la patience a toutefois ses limites, surtout quand la santé et leurs économies sont en jeu.D’après le reportage de Marion Bérubé

Avec CBC/Radio-Canada

En RDC, le FMI s’inquiète des pressions sur les dépenses et de la faiblesse des recettes

février 28, 2020

Le palais du peuple à Kinshasa, qui abrite le Parlement congolais.

Le palais du peuple à Kinshasa, qui abrite le Parlement congolais. © Wikimedia/CC

 

Clôturant sa mission dans le pays, le Fonds monétaire internationale (FMI) se dit globalement satisfait, mais exprime des inquiétudes à l’issue de sa mission à Kinshasa sur le programme de référence approuvée avec le gouvernement.

Une équipe d’experts du FMI, dirigée par Mauricio Villafuerte son responsable Afrique, s’est rendue à Kinshasa du 19 au 25 février pour discuter de l’évolution du programme de référence approuvé en décembre dernier, mettre à jour le cadre macroéconomique et discuter des conclusions de la récente évaluation des sauvegardes de la banque centrale.

La mission du FMI note notamment, que l’exécution du budget 2020 jusqu’à mi-février soulève des inquiétudes liées aux pressions sur les dépenses et à la faiblesse des recettes, qui ont entraîné de nouvelles avances de la Banque centrale du Congo (BCC) au gouvernement et l’érosion de ses réserves en devises.

La banque centrale n’a pas vocation de financer le gouvernement

Fin janvier, le solde négatif de 114 milliards de francs congolais (50,7 millions d’euros) a été couvert par la souscription aux bons de trésor de 42 milliards de francs congolais et des avances de la Banque centrale du Congo de 94 milliards de francs congolais, détaille le ministère de Finances.

Pour Philippe Egoumé, représentant du FMI à Kinshasa, la Banque Centrale du Congo n’a pas vocation de financer le gouvernement. Elle a pour rôle de maintenir la stabilité macroéconomique et la stabilité interne (la vie interne et le taux de change). Le recours fréquent aux avances de la banque centrale ont pour conséquence la réduction des réserves de change. Si ces réserves baissent à une semaine d’importation, la banque centrale ne sera en mesure de stabiliser la monnaie, a-t-il souligné.

Le pire a été évité entre janvier et mi-février

La deuxième semaine du mois de février a connu une inflation de 0,102 % au niveau national et 0,097 % à Kinshasa, indique l’Institut national de la statistique (INS). Une inflation attribuée à l’augmentation de prix des biens et services sur le marché. En cumul, cette l’inflation a atteint 0,659% au niveau national et 0,681 % à Kinshasa.

Pour stabiliser les prix, la banque centrale a dû intervenir en injectant beaucoup de devises en dollars sur le marché de change, afin de retirer la masse monétaire de francs en circulation, après paiement des agents et fonctionnement, souligne une source de la banque centrale.

En injectant des devises sur le marché, les réserves de la banque centrale ont baissé. Ces devises ne peuvent être inférieures à trois mois d’importation, sinon la banque ne saura jouer son rôle de maintenir la stabilité.

Objectifs quantitatifs atteints

Toutefois, les données préliminaires du rapport du FMI soulignent que tous les objectifs quantitatifs et repères structurels à fin décembre 2019, dans le cadre du programme de référence, ont été atteints. Jusqu’à présent, la situation macroéconomique est restée relativement stable, souligne le communiqué de la mission du FMI.

Pour éviter tout recours aux avances de la banque centrale, la mission a recommandé au gouvernement de mobiliser davantage des recettes publiques. Elle a salué les mesures prises par les autorités pour contenir les dépenses à l’avenir et les a exhorté à intensifier la mobilisation des recettes.

Le programme de référence entre le gouvernement congolais et le FMI court jusqu’à mai 2020. C’est à l’issue de ce programme test que la conclusion d’un accord formel avec le FMI sera envisageable.

Avec Jeuneafrique par Stanis Bujakera Tshiamala

 

Coronavirus : l’OMS s’inquiète de l’apparition de cas atypiques

février 21, 2020

Une touriste portant un masque de protection à Venise, le 7 février 2020.

Une touriste portant un masque de protection à Venise, le 7 février 2020. REUTERS/Manuel Silvestri

La « fenêtre de tir se rétrécit » pour enrayer l’épidémie, alerte l’organisation. En Italie, une dizaine de villes ont fermé leurs lieux publics après la détection de 16 nouveaux cas, dont 6 sont confirmés.

Les Britanniques du « Diamond Princess » évacués

Le Royaume-Uni a commencé à rapatrier des Britanniques qui se trouvaient sur le bateau de croisière Diamond Princess, placé en quarantaine dans la banlieue de Tokyo à Yokohama en raison de l’épidémie de nouveau coronavirus, a annoncé le gouvernement. « Nous pouvons confirmer que le vol d’évacuation du Japon a maintenant décollé avec 32 passagers britanniques et européens à bord », a tweeté le ministère des Affaires étrangères britannique dans la nuit de vendredi à samedi. L’avion « devrait arriver au Royaume-Uni samedi matin », (heure locale au Royaume-Uni), a précisé le Foreign Office. Des soignants et des représentants du gouvernement britannique se trouvent également dans l’avion.

L’avion doit atterrir à la base militaire de Boscombe Down près de Salisbury, dans le sud-est de l’Angleterre. Les passagers seront ensuite placés 14 jours en quarantaine.

109 morts et 397 malades de plus en Chine

L’épidémie de coronavirus a causé 109 décès supplémentaires vendredi en Chine continentale, ont rapporté samedi les autorités sanitaires locales, ce qui porte à 2.345 le nombre de décès liés à l’épidémie depuis que celle-ci s’est déclarée dans le centre du pays. Dans son bilan quotidien, la Commission nationale de la santé a fait état de 397 nouveaux cas de contamination vendredi en Chine continentale, où 76.288 personnes ont été diagnostiquées porteuses du virus depuis l’apparition du virus.

Il s’agit d’un nombre de cas supplémentaires inférieur à celui rapporté la veille. Selon les données officielles, 889 nouveaux cas d’infection avaient été recensés jeudi dans le pays. Les autorités sanitaires de la province de Hubei, foyer de l’épidémie, ont indiqué samedi que le virus avait causé 106 décès supplémentaires jeudi. Elles ont dit avoir confirmé 366 cas de contamination supplémentaires, contre 631 nouveaux cas la veille.

Corée du Sud : 142 nouveaux cas en un jour

Le nombre de nouvelles contaminations quotidiennes au coronavirus a doublé en Corée du Sud, avec 142 nouveaux cas pour un total porté désormais à 346, ont annoncé les autorités samedi matin. Une deuxième personne est décédée de la maladie Covid-19, ont-elles ajouté. Parmi les derniers cas d’infection répertoriées, 92 avaient un rapport avec un hôpital à Cheongdo, a précisé le Centre coréen pour le contrôle des maladies et la prévention dans un communiqué.

Un premier mort du coronavirus en Italie
L’Italie a enregistré un premier décès lié à l’épidémie de coronavirus qui est apparue en Chine en décembre, rapporte vendredi l’agence italienne Ansa. L’homme, âgé de 78 ans, était hospitalisé depuis une dizaine de jours en Vénétie, dans le nord de l’Italie, pour une maladie non liée au coronavirus, a précisé le ministre, Roberto Speranza. L’annonce de son décès survient alors que tous les espaces publics ont été fermés et tous les événements sportifs et religieux annulés vendredi en Lombardie, une autre région du nord de l’Italie, en raison d’une multiplication des cas de contamination. Les autorités italiennes ont annoncé plus tôt vendredi que 17 nouveaux cas de contamination avaient été recensés dans le pays, dont 15 en Lombardie et deux autres – dont le patient défunt – en Vénétie.
Des précisions sur les lieux publics fermés en Italie
Bars, écoles, églises ou encore stades: les lieux publics ont été fermés vendredi pour une semaine dans onze villes du nord de l’Italie après la découverte de 16 nouveaux cas testés positifs au nouveau coronavirus. La mesure touche aussi les bibliothèques, les mairies, les magasins ainsi que les nombreux défilés de carnavals organisés en cette période de l’année. Le premier ministre Giuseppe Conte, interrogé à Bruxelles par la presse italienne, s’est voulu rassurant en soulignant que l’Italie «applique un très haut niveau de précaution».
L’agence antidopage chinoise va reprendre ses contrôles
Trois semaines après avoir dû suspendre ses contrôles en raison de l’épidémie de coronavirus, l’agence chinoise antidopage va reprendre ses activités en Chine «cette semaine», a annoncé vendredi l’agence mondiale antidopage (AMA), à six mois des JO de Tokyo. Cette reprise se fera «de façon progressive», et ciblera en priorité les «sportifs d’élite» dans des sports «à plus haut risque», a précisé l’AMA. Il y a trois semaines, l’agence antidopage chinoise (Chinada) avait décidé de suspendre temporairement ses contrôles sur le territoire chinois dans un souci de «protection de la santé» de athlètes et des personnels chargés des prélèvements.
Washington déconseille les croisières en Asie à cause du coronavirus

Le département d’Etat a déconseillé aux ressortissants américains de voyager par navires de croisières vers l’Asie ou en Asie, et prévenu que le gouvernement n’avait pas d’obligation de rapatrier ses citoyens éventuellement bloqués par le virus dans un pays étranger. La diplomatie américaine a publié son bulletin jeudi, et un haut responsable a mis en garde vendredi les Américains qui continueraient à emprunter des bateaux de croisière dans la région. «Bien que le gouvernement américain ait évacué des centaines et des centaines de nos citoyens ces dernières semaines, ces vols de rapatriement ne sont pas une pratique habituelle, et les citoyens américains ne doivent pas croire qu’ils pourront en bénéficier s’ils se retrouvent face à un risque de quarantaine par des autorités locales», a déclaré Ian Brownlee, secrétaire aux affaires consulaires au département d’Etat, lors d’une conférence téléphonique avec la presse.

Les autorités américaines s’attendent à une augmentation du nombre de cas, pour l’instant relativement limité avec 13 cas détectés aux Etats-Unis, plus 21 cas chez des personnes rapatriées par des vols affrétés par le gouvernement depuis Wuhan en Chine (3 cas) et du paquebot Diamond Princess au Japon (18 cas), soit un total de 34 cas. «Le fait que nous ayons réussi à garder ce chiffre bas est une bonne nouvelle, surtout quand certains pays en Asie commencent à voir une transmission communautaire», a dit Nancy Messonnier, des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) américains. La transmission communautaire signifie que le virus se transmet entre personnes sans qu’on connaisse la cause de l’infection (par exemple chez des gens n’ayant pas été à Wuhan et n’étant pas entrés en contact avec des personnes revenant de Wuhan). «Nous n’avons pas encore observé de transmission communautaire aux Etats-Unis, mais il est très possible, voire probable, que cela finisse par se produire», a prévenu la responsable américaine.
Une dizaine de villes ferment les lieux publics en Italie
Au moins neuf villes de Lombardie et une de Vénétie, dans le nord de l’Italie, ont fermé vendredi bars, écoles et autres lieux publics en raison de soupçons de contamination au nouveau coronavirus sur 16 personnes, selon des sources officielles. Cette décision a été prise par le ministère de la Santé en accord avec les deux régions concernées, car un premier foyer autochtone italien a été identifié à Codogno, près de Lodi.
L’OMS s’inquiète de cas en dehors de Chine «sans lien épidémiologique clair»

Le directeur général de l’OMS a fait part de son inquiétude face à des cas du nouveau coronavirus en dehors de Chine « sans lien épidémiologique clair », appelant la communauté internationale à agir rapidement, notamment en matière de financement.

« Bien que le nombre total de cas à l’extérieur de la Chine reste relativement faible, nous sommes préoccupés par le nombre de cas sans lien épidémiologique clair, tels que les antécédents de voyage ou les contacts avec un cas confirmé », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, en conférence de presse.

« Notre fenêtre de tir se rétrécit, et c’est pourquoi nous avons appelé la communauté internationale à agir rapidement, y compris en matière de financement. Ce n’est pas ce que nous voyons », a-t-il ajouté, assurant toutefois qu’il était encore possible de contenir l’épidémie.

Avec Le Figaro