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Covid-19 en Europe : l’OMS s’inquiète du nombre de morts

août 30, 2021

Face à la stagnation de la vaccination en Europe, l’OMS s’alarme et craint que les morts du Covid-19 explosent d’ici le mois de décembre.

Dans certains pays d'Europe, seul un soignant sur dix est vaccine.
Dans certains pays d’Europe, seul un soignant sur dix est vacciné.© CHRISTOPHE GATEAU / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP

Si le rythme de la vaccination n’accélère pas en Europe dans les jours et semaines à venir, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) craint de devoir compter encore plus de morts d’ici le mois de décembre. « La semaine dernière, le nombre de morts dans la région a augmenté de 11 %, avec une projection fiable prévoyant 236 000 morts en Europe d’ici au 1er décembre », s’ajoutant au 1,3 million de décès déjà provoqués par la pandémie sur le Vieux Continent, a déclaré le directeur de l’OMS Europe, Hans Kluge, lors d’une conférence de presse. Les pays de la région ont vu les taux d’infection augmenter à mesure que l’ancrage du variant Delta, plus contagieux, s’affirme, en particulier chez les personnes non vaccinées.

Sur les 53 États membres de la région, 33 ont signalé une hausse supérieure à 10 % de l’incidence des cas sur deux semaines, a souligné Hans Kluge. Outre la forte transmissibilité du variant Delta, un « assouplissement exagéré » des restrictions et une augmentation des voyages cet été sont à l’origine de la hausse du nombre de cas. D’autant que le rythme des vaccinations a ralenti. « Au cours des six dernières semaines, le taux a chuté de 14 %, en raison d’un manque d’accès aux vaccins dans certains pays et d’un manque d’acceptation des vaccins dans d’autres », a relevé Hans Kluge, appelant à augmenter la capacité de production et à dépasser les tentations nationalistes en partageant les doses.

Trop peu de soignants européens vaccinés

Si trois quarts des soignants dans l’ensemble de l’Europe sont vaccinés, dans certains pays européens ils ne sont qu’un sur dix, selon l’organisation onusienne. En Europe, seuls 6 % des habitants des pays à revenu faible et à revenu intermédiaire inférieur sont entièrement vaccinés, a-t-il indiqué, rappelant que l’OMS recommandait une couverture vaccinale de 80 % pour tourner la page de la pandémie. Selon des données de l’OMS, en huit mois, près de 850 millions de doses ont été administrées dans la région qui s’étend à l’Asie centrale. Dans la zone, au moins 413,26 millions de personnes sont complètement vaccinées (44,2 % de la population), d’après un comptage de l’AFP lundi.

Au niveau mondial, 5,239 milliards de doses ont été distribuées. Au total, au moins 216,3 millions de personnes ont été malades du Covid-19 dans le monde et au moins 4,5 millions sont décédées depuis fin décembre 2019, selon un bilan établi lundi par l’AFP à partir de sources officielles. Sur le recours à un rappel ou troisième dose, proposé dans certains pays de la région, comme en Israël ou comme cela va l’être au Danemark – où il sera proposé à certaines personnes immunodéprimées –, l’OMS, qui a pour l’instant demandé un moratoire, ne l’exclut pas.

« L’administration d’une troisième dose pourrait être nécessaire à l’avenir pour des groupes de population spécifiques et/ou dans des contextes précis. Cependant, davantage de données sont nécessaires sur le moment optimal et le dosage des doses de rappel, qui peuvent différer selon les produits vaccinaux », explique un porte-parole de l’OMS Europe.

Hans Kluge presse les Européens d’accepter la vaccination

Pour Hans Kluge, « l’acceptation de la vaccination par la population est cruciale », en particulier alors que les mesures de santé publiques et sociales ont été assouplies dans de nombreux endroits. « Le scepticisme à l’égard des vaccins et le déni de la science nous empêchent de stabiliser cette crise. Ils ne servent à rien et ne sont bons pour personne. »

En cette période de rentrée scolaire, les États membres doivent mettre en place une stratégie vaccinale destinée à maintenir l’enseignement en présentiel, considéré comme vital. Il faudrait « proposer le vaccin contre le Covid-19 aux enseignants et aux autres membres du personnel scolaire en tant que groupe cible des plans de vaccination nationaux », ont indiqué l’OMS et l’Unicef Europe dans un communiqué publié plus tôt ce lundi.

À travers l’Europe, les restrictions sont disparates. Ainsi, l’instauration du pass sanitaire a franchi, lundi, une nouvelle étape en France, devenant obligatoire au travail pour 1,8 million de salariés en contact avec le public dans les restaurants, cinémas, musées, trains grandes lignes, là où il était déjà requis pour les clients.

Par Le Point avec AFP

Virus: inquiétude en Chine et manifestations en France

juillet 31, 2021
Virus: inquietude en Chine et manifestations en France
Virus: inquiétude en Chine et manifestations en France© AFP/Niklas HALLE’N

La progression du variant Delta inquiète la Chine, où le virus circule désormais dans 14 provinces, mais aussi la France où les opposants aux restrictions sanitaires ont manifesté samedi, sur fond de situation « dramatique » en outre-mer.

La Chine comptait en juillet 328 nouveaux cas d’infection, soit presque autant que sur la période allant de février à juin, entraînant le confinement de centaines de milliers de personnes dans le Jiangsu ou non loin de Pékin, ainsi que des campagnes de test dans plusieurs agglomérations, signe de l’inquiétude du gouvernement.

A Nankin (est), capitale du Jiangsu, les autorités ont ordonné à toutes les attractions touristiques et lieux culturels de ne pas ouvrir samedi, en raison de l’augmentation des transmissions nationales.

Plus sévère encore, la ville touristique de Zhangjiajie, dans la province du Hunan, où une poignée de personnes positives au coronavirus ont assisté à une représentation théâtrale, a confiné ses 1,5 million d’habitants et fermé toutes les attractions touristiques vendredi.

Cette progression de la pandémie inquiète aussi en France, où le variant Delta du coronavirus flambe sur les lieux de vacances, mais aussi et surtout en Outre-mer.

Symbole de cette situation « dramatique », une célébrité antillaise, le guitariste guadeloupéen Jacob Desvarieux, membre fondateur du groupe de zouk Kassav’, est décédée vendredi des suites du Covid-19.

La situation s’est rapidement détériorée à la Martinique ou à la Réunion, où des mesures de confinement ont refait leur apparition, de même qu’en Polynésie française, où le taux d’incidence est passé en deux semaines de 6 pour 100.000 habitants à 267 pour 100.000 habitants.

Vaccination « absolument indispensable »

Pour autant, la mobilisation contre l’extension du pass sanitaire et la vaccination obligatoire pour certaines professions n’a pas faibli samedi en France, après avoir rassemblé 161.000 personnes la semaine dernière et 110.000 une semaine plus tôt.

Des dizaines de milliers d’opposants au pass sanitaire se sont rassemblés dans plusieurs villes du pays, au nom de la « liberté », la plupart du temps dans le calme.

Selon les sondages, une très large majorité de Français reste toutefois favorable à la mise en place du pass sanitaire pour entrer dans les lieux publics.

« La vaccination est absolument indispensable », a encore martelé vendredi le Premier ministre Jean Castex. Le gouvernement veut cependant éviter à tout prix le retour d’un confinement dans l’ensemble du pays, lui préférant pour l’heure l’instauration d’un pass sanitaire qui prendra totalement effet le 9 août.

Le variant Delta et sa progression fulgurante sont un avertissement qui doit inciter à agir vite avant l’apparition de mutations plus dangereuses, a rappelé vendredi l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Ce variant est aussi contagieux que la varicelle, a probablement des effets plus graves que ses prédécesseurs et les personnes contaminées semblent autant le transmettre qu’elles soient vaccinés ou non, ont révélé des documents officiels américains.

« La guerre a changé »

Émanant des centres de prévention et de contrôle des maladies (CDC), principale agence sanitaire des Etats-Unis, ces documents s’accompagnent d’une mise en garde à l’égard des responsables: « la guerre a changé ».

Joe Biden semble en être conscient, qui a estimé vendredi que de nouvelles recommandations ou restrictions sanitaires seraient « probablement » prises aux Etats-Unis.

Son administration a nettement haussé le ton ces derniers jours face à la flambée de cas de Covid-19. Les autorités sanitaires ont ainsi recommandé aux Américains même vaccinés de porter un masque en intérieur, dans les zones où la circulation du virus est importante.

Au Royaume-Uni, qui connaît un ralentissement de la propagation du variant Delta sur son territoire, les femmes enceintes sont désormais incitées à se faire vacciner.

En grande difficulté

La Tunisie, en grande difficulté face à un nouveau rebond de l’épidémie, a reçu vendredi un million de doses de vaccins donnés par les Etats-Unis.

Au Bangladesh en revanche, si le gouvernement a annoncé le confinement de la population jusqu’au 5 août, il vient d’ordonner la réouverture des ateliers de confection, essentiels à l’économie du pays, entraînant d’importants déplacement d’ouvriers retournés entretemps dans leurs villages.

Au Sénégal, vingt personnes sont mortes et 76 étaient en réanimation samedi, soit un chiffre record depuis l’apparition de la pandémie dans le pays en mars 2020.

En Australie, un confinement strict de trois jours est entré en vigueur samedi à Brisbane, la troisième ville d’Australie, et dans certaines parties de l’Etat du Queensland.

A l’inverse, le gouvernement rwandais a levé le confinement à Kigali et dans huit autres districts, malgré l’augmentation du nombre de cas, tout en maintenant le couvre-feu en vigueur et la fermeture des écoles et églises.

Par Le Point avec Pékin (AFP) –

Covid-19 dans le monde arabe : l’OMS s’inquiète des conséquences de l’Aïd

juillet 18, 2021
Un infirmier tunisien prodigue les premiers soins aux patients atteints de COVID-19 aux urgences de l’hôpital Charles Nicole de la capitale Tunis, le 16 juillet 2021.

La pandémie frappe durement la Tunisie et les cas repartent à la hausse dans d’autres pays du Maghreb et du Moyen-Orient. L’OMS s’inquiète du manque de respect des mesures barrières et des risques accrus de contamination en vue de l’Aïd.

Après un déclin du nombre de cas et de décès durant huit semaines, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) s’inquiète dans un communiqué de l’augmentation significative des cas de Covid-19 dans plusieurs pays du Maghreb (Libye et Tunisie), et du Moyen-Orient (Iran, Iraq). Et prévient que la courbe devrait également progresser dans les prochaines semaines au Liban et au Maroc, où l’état d’urgence a été prolongé jusqu’à 10 août face aux variants Alpha et Delta.

La Tunisie en première ligne

Le cas de la Tunisie, où le variant Delta se répand, est particulièrement préoccupant. Le petit pays recense 8 000 à 9 500 nouvelles contaminations par jour et a le plus haut taux de mortalité de toute la région Méditerranée orientale, mais aussi d’Afrique. Le nombre de décès y a d’ailleurs sensiblement augmenté en quelques jours, passant de 119 à 189 entre les 5 et 8 juillet. En deux mois, le nombre de cas quotidiens recensés a été multiplié par 10.

« LA SITUATION EST CRITIQUE DANS NOTRE RÉGION », A PRÉVENU LE 13 JUILLET AHMED AL-MANDHARI

Et les structures sanitaires pourraient arriver à saturation, étant donné que les lits de soins intensifs sont déjà occupés à 95 %, 90 % pour ceux disposant d’oxygène. Or, moins de 13 % de personnes ont reçu une première dose de vaccin, et moitié moins sont celles ayant à ce jour bénéficié d’un rappel.

Alors que le voisin libyen assure avoir fermé ses frontières terrestres et aériennes avec la Tunisie pour une semaine de manière préventive, il n’est pas non plus épargné. Les variants Alpha et Delta y circulent. Près de 1 300 cas quotidiens y sont identifiés depuis le 4 juillet. Mais seule 5,6 % de la population est partiellement vaccinée.

« La situation est critique dans notre région », a prévenu mercredi 13 juillet Ahmed Al-Mandhari, directeur régional de l’OMS.

L’AÏD AL-ADHA DEVRAIT ACCROÎTRE RÉUNIONS FAMILIALES ET CÉLÉBRATIONS DANS LA RÉGION, À PARTIR DU 19 JUILLET

Il met en garde contre une combinaison de facteurs de risque : l’apparition de variants (en particulier Delta), le faible accès aux vaccins et le manque d’adhésion des citoyens aux mesures barrières. L’organisation appelle donc à les encadrer strictement.

Craintes concernant l’Aïd

La vigilance devrait être de mise dans l’optique de l’Aïd al-Adha (ou grand Aïd), qui devrait accroître réunions familiales et célébrations dans la région, à partir du 19 juillet. Or à la faveur de ces rencontres, la recrudescence des cas pourrait avoir des conséquences catastrophiques, alerte encore le communiqué.

Car des festivités ont déjà laissé des traces ailleurs. En Iran, celles des vacances et rassemblements à l’occasion de la fête de Norouz, fin mars, sont pointées du doigt. Le pays connaît en effet une vague plus sévère depuis la mi-juin, entraînant un nombre de morts plus important ces deux dernières semaines.

Et l’organisation de souligner ce paradoxe d’une escalade nourrie par le manque de rigueur des populations, alors même que certains pays renforcent les restrictions aux voyageurs entrant sur leur territoire. Port du masque et distanciation physique doivent donc continuer à être de rigueur. Et la vaccination encouragée face aux forts déséquilibres mondiaux, préconise l’OMS.

Jusqu’à présent plus de 11 millions de cas et 223 000 décès ont été recensés dans la région Méditerranée Orientale regroupant trois pays du Maghreb (Libye, Tunisie, Maroc), douze pays du Moyen-Orient (Bahreïn, Égypte, Émirats arabes unis, Iran, Jordanie, Koweït, Liban, Oman, Palestine, Qatar, Syrie, Yémen), trois d’Afrique de l’Est (Djibouti, Somalie, Soudan) ainsi que le Pakistan. En Afrique, la barre des six millions de cas a été franchie le 13 juillet dernier.

Avec Jeune Afrique par Camille Lafrance

RDC – Éruption du Nyiragongo : les secousses sismiques à Goma inquiètent la population

mai 24, 2021
Des personnes se rassemblent sur une coulée de lave froide suite à l’éruption nocturne du Mont Nyiragongo à Goma, en RDC, le 23 mai 2021.

L’éruption volcanique dans la ville de Goma et ses environs, survenue samedi soir, a déjà fait au moins 15 morts, selon un bilan provisoire.

La ville de Goma, au pied du volcan Nyiragongo entré en éruption samedi dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), était toujours secouée lundi matin par de nombreuses et fortes secousses telluriques, suscitant la peur des populations locales. « Ça se multiplie et ça vient à tout moment », a déclaré à l’AFP un habitant, jugeant cela « très inquiétant ».

Déjà très nombreux dimanche, ces séismes se sont poursuivis toute la nuit et lundi matin, sur un rythme soutenu, parfois avec une forte intensité. Dans la ville de Goma, la population, en partie de retour après avoir fui en masse l’éruption samedi soir du Nyiragongo, était très angoissée de ces secousses, sortant parfois des immeubles à étages et des maisons à chaque séisme.

L’éruption a déjà fait au moins 15 morts, selon le bilan provisoire avancé par le les autorités congolaises, dimanche soir. Au total, 17 villages ont été touchés, la principale route de la région, reliant Goma au Nord de la province, et une ligne à haute tension ont été coupées, selon le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, qui déploré « beaucoup de pertes de biens et de marchandises ».

« Les sinistrés ont tout perdu »

Après avoir fui par milliers l’éruption dans la nuit, « la majorité des gens sont rentrés ou sont en train de rentrer chez eux », a raconté un habitant. « Mais il reste les sinistrés qui n’ont plus de maisons. Ils ont tout perdu, ils restent là, par familles, coincés devant les boutiques le long des routes, ils sont très nombreux, des centaines de personnes… », selon ce témoin.

À la tombée de la nuit, samedi, ils étaient des centaines à s’apprêter à passer la nuit dans la rue, sur des matelas emportés dans leur fuite, regroupés par endroits par famille, village ou affinités. Apparemment sans avoir reçu d’aide humanitaire. Le gouvernement provincial a également décidé de suspendre les cours jusqu’à nouvel ordre.

Après deux réunions d’urgence du gouvernement, qui « suit avec attention la situation », Patrick Muyaya a promis une « action plus énergique ». « L’urgence pour le moment est d’apporter l’assistance aux populations déplacées », a-t-il affirmé à la presse dimanche soir, annonçant au passage le retour à Kinshasa du président Félix Tshisekedi, qui a interrompu une tournée européenne.

Habitations englouties

Samedi soir, le volcan Nyiragongo, dont les sombres pentes majestueuses dominent Goma et le lac Kivu, est entré soudainement en éruption, provoquant la peur et la fuite des populations. Deux coulées de lave se sont échappées de ses flancs, dont une est arrivée jusqu’à la lisière de Goma, où elle s’est immobilisée dimanche.

De nombreuses habitations ont été englouties par cette langue de lave rocheuse et noirâtre s’étendant sur des centaines de mètres.

Par Jeune Afrique avec AFP

Covid-19: l’OMS «inquiète» d’une possible aggravation de la pandémie pendant le ramadan

avril 14, 2021

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est dite «inquiète» mercredi 14 avril d’une possible aggravation de la pandémie de Covid-19 durant les célébrations du ramadan en Afrique du Nord et au grand Moyen-Orient.

Le nombre de cas a augmenté de 22% et le nombre de décès de 17% «la semaine dernière par rapport à la semaine précédente» dans la région, a dit le Dr Ahmed al-Mandhari, directeur du bureau régional de l’OMS pour la Méditerranée orientale.

S’exprimant lors d’une conférence de presse virtuelle au Caire, le Dr al-Mandhari a estimé que la situation dans cette vaste région qui va du Maroc au Pakistan traduit une «tendance inquiétante». «Nous sommes particulièrement inquiets que la situation actuelle puisse s’aggraver durant le ramadan si les gens ne suivent pas» les mesures sanitaires recommandées par l’OMS.

Le jeûne du mois de ramadan, durant lequel les musulmans s’abstiennent de manger, boire et fumer entre le lever et le coucher du soleil, a débuté mardi dans la plupart des pays musulmans. Les mesures, notamment de distanciation et de port du masque, doivent «être maintenues pour aider à contenir la pandémie», a plaidé le Dr al-Mandhari.

«Distanciation physique, ventilation» des mosquées

L’OMS souhaite que «les pays fassent une évaluation des risques afin de prévenir la dissémination de l’infection», a de son côté indiqué le Dr Dalia Samhouri, responsable pour la région de la préparation aux situations d’urgence. Elle a énuméré plusieurs mesures souhaitables selon l’OMS autour des mosquées pendant le mois de ramadan: «distanciation physique, ventilation, désinfection régulière». «Si je suis malade, je reste à la maison», a-t-elle dit avant d’ajouter que «les gens vulnérables (…) ceux atteints de maladies chroniques, doivent rester chez eux».

Parallèlement, Ahmed al-Mandhari a précisé que l’ensemble des pays de la région avaient reçu des vaccins, mais que ceux qui avaient l’accès le plus limité étaient le Yémen et la Syrie. La région comprend 21 pays outre et les Territoires palestiniens occupés, avec une population de près de 679 millions d’habitants. Selon lui, «il reste un déséquilibre choquant dans la distribution des vaccins» dans le monde. «C’est particulièrement vrai dans notre région où les soignants et les gens vivant dans des conditions de vulnérabilité comme en Syrie et au Yémen, ont l’accès le plus limité aux vaccins». Ainsi, au Yémen, où quelque 14 millions de doses ont été promises via le dispositif Covax, seules 360.000 ont été livrées.

Par Le Figaro avec AFP

Quels sont les variants du coronavirus qui inquiètent les experts?

février 2, 2021

Depuis la fin de 2020, la multiplication des cas liés à des variants du SRAS-CoV-2 provenant de trois pays inquiète particulièrement les autorités. Quels sont ces variants qui pourraient provoquer une troisième vague d’infection?

La France a recours à l'analyse des eaux usées pour détecter la propagation du virus et de ses variants.

© Daniel Cole/Associated Press La France a recours à l’analyse des eaux usées pour détecter la propagation du virus et de ses variants.

D’entrée de jeu, il faut rappeler qu’il est tout à fait normal de voir des mutations dans un virus. Lorsque le virus se multiplie, il accumule des mutations (changements au code génétique). La plupart de ces mutations n’ont pas d’impact sur le taux de mortalité ou sur le rythme d’infection.

Toutefois, les variants identifiés au Royaume-Uni, en Afrique du Sud et au Brésil ont tous subi des mutations dans la protéine nommée spicule. Ainsi, ces variants semblent être davantage capables d’attaquer les cellules et de se propager. Que sait-on de ces variants?

  • Découvert en septembre
  • Présent dans plus de 60 pays, dont le Canada
  • Ce variant se transmet de 30 % à 70 % plus facilement

Ce variant est responsable de la croissance exponentielle du nombre d’infections au Royaume-Uni. Le variant B.1.1.7. a frappé soudainement et très rapidement, il a donc été difficile de le contenir. Au début de novembre, le quart des nouvelles infections détectées au Royaume-Uni étaient liées à ce variant. En décembre, c’était 60 %. Aujourd’hui, ce variant domine les nouvelles infections.

Non seulement ce variant semble plus contagieux, mais il serait également plus mortel. Notons qu’environ 30 % des 106 000 décès au Royaume-Uni ont été recensés depuis le 1er  janvier 2021. Plus de 33 000 Britanniques sont morts de la COVID-19 en moins d’un mois. 

Le CDC a indiqué cette semaine que ce variant, même s’il est encore peu présent aux États-Unis, pourrait devenir le variant le plus dominant d’ici le mois de mars.

Ce variant a été détecté au Canada. Au début de février, il y avait plus de 70 cas en Ontario, près d’une dizaine au Québec, une cinquantaine en Alberta et une quinzaine en Colombie-Britannique.

Selon une modélisation de la propagation de la COVID-19 développée par des chercheuses de l’Université Simon Fraser, si le nombre de cas augmentait de 30 %, le pays pourrait connaître jusqu’à 20 000 nouveaux cas quotidiens lors d’une autre vague en mars.

Selon les premiers constats, le vaccin de Pfizer et BioNTech est efficace contre ce variant. Moderna étudie la possibilité d’ajouter une dose supplémentaire pour que son vaccin soit davantage efficace contre ce dernier.

Par contre, les autorités britanniques disent avoir récemment une autre mutation dans le variant B.1.1.7 qui serait potentiellement plus contagieuse et qui semble rendre certains vaccins moins efficaces. Une campagne de dépistage de porte-à-porte a été lancée dans certaines zones pour essayer de circonscrire la propagation de ce « super-variant ».

Les vaccins de Novavax et Janssen (pas encore approuvés au Canada) semblent être efficaces contre ce variant.

Variant B.1.351 (Afrique du Sud)

  • Découvert en octobre
  • Présent dans plus de 30 pays, dont le Canada

Ce variant inquiète les experts en raison de son nombre élevé de mutations, surtout dans le spicule.

Selon les estimations, ce variant est 50 % plus contagieux, mais il ne serait pas plus mortel. Ce nouveau variant pourrait aussi présenter un risque de réinfection plus élevé, mais les études à ce sujet sont encore préliminaires.

Le premier cas du variant B.1.351 a été découvert pour la première fois au pays en Alberta, au début du mois de janvier. Une personne en Ontario qui a été infectée par ce variant n’aurait pas voyagé ni n’aurait eu de contact avec un voyageur, signe que le variant a possiblement commencé à se propager dans la communauté.

Les vaccins semblent être un peu moins efficaces contre ce variant; Novovax (efficace à 60 %), Johnshon & Johnson (efficace à 57 %). Moderna et Pfizer disent qu’ils étudient la possibilité d’ajouter une dose supplémentaire pour que leur vaccin soit davantage efficace contre ce variant.

Variant P.1 (Brésil)

  • Découvert en novembre
  • Présent au Brésil et aux États-Unis

La ville de Manaus au Brésil avait été fortement touchée par le virus lors de la première vague au printemps. En fait, on estimait qu’en octobre, 75 % de la population avait été infectée. C’est pourquoi les experts ont été surpris par une nouvelle vague de cas et d’hospitalisations en janvier.

 Les hôpitaux de Manaus manquent de bonbonnes d'oxygène et plusieurs familles de patients hospitalisés essaient d'en acheter de compagnies privées.

© BRUNO KELLY/Reuters Les hôpitaux de Manaus manquent de bonbonnes d’oxygène et plusieurs familles de patients hospitalisés essaient d’en acheter de compagnies privées.

Les chercheurs ont encore peu de réponses à leurs questions concernant ce variant, mais la hausse fulgurante du nombre d’hospitalisations les inquiète. Est-ce que ce variant est plus contagieux et a réussi à infecter les personnes qui y avaient échappé? Ou est-ce que ce variant réinfecte ceux qui ont déjà été malades? Ont-ils surestimé le nombre de personnes qui avaient été infectées au printemps?

Tandis que le variant britannique a pris trois mois pour dominer les nouvelles infections, le variant brésilien a réussi à dominer en un mois. En décembre 52 % des nouveaux cas étaient liés à ce variant; en janvier, c’était plus de 85 %.

Variant CAL.20C (Californie)

  • Découvert en juillet
  • Présent en Californie et dans au moins 11 États (Arizona, Connecticut, Maryland, New Mexico, Nevada, New York, Texas, Utah, Washington, Wyoming et District de Columbia)

Les chercheurs américains cherchaient la présence du variant britannique, mais ils ont plutôt découvert un variant californien. Il semblerait que ce variant existe depuis juillet, mais il a commencé à se répandre davantage en novembre. Ce variant est maintenant responsable de plus de la moitié des cas à Los Angeles. Ailleurs dans l’État de la Californie, entre 20 % et 30 % des cas seraient reliés à ce variant.

Les chercheurs n’ont pas encore déterminé avec certitude si ce variant est plus infectieux ou plus mortel. Toutefois, il faut noter que le nombre de cas et de décès a monté en flèche en décembre et en janvier dans cet État et que ce variant a été détecté dans plusieurs éclosions.

Un variant canadien à l’horizon?

Pour l’instant, il semblerait que le variant britannique se répande le plus rapidement à travers la planète. 

Mais le directeur national de santé publique du Québec, le Dr Horacio Arruda, est clair : le Québec et le Canada ne sont pas à l’abri de leur propre variant. «Plus on transmet la maladie, plus il y a de chances qu’il y ait des mutants qui s’installent. Ça peut être des mutants qui peuvent ne pas être dangereux du tout, mais ça peut devenir des souches dangereuses.»

Par exemple, le Québec a détecté dans le cadre de ses analyses génomiques un cas qui s’apparente à une mutation découverte en Australie. «Toutefois, les autres mutations qui définissent la lignée australienne n’étaient pas présentes dans l’échantillon du patient du Québec, explique l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). La souche québécoise porteuse de cette mutation appartient donc à une lignée distincte.»

L’INSPQ indique que cette «situation est sous surveillance, mais n’est pas source de préoccupation à l’heure actuelle».

La conseillère scientifique en chef du premier ministre, Mona Nemer, partage les préoccupations du Dr Arruda. Des variants pourraient échapper aux vaccins, a-t-elle prévenu dans une entrevue aux Coulisses du pouvoir. Elle ajoute que la stratégie de retarder la deuxième dose du vaccin – comme c’est le cas au Québec – peut entraîner le développement de variants.

Elle ajoute que les provinces doivent absolument accélérer la cadence du nombre de tests faits pour limiter la propagation de ces variants.

Avec La Presse acanadienne par Mélanie Meloche-Holubowski 

France/Covid-19 : «la tendance est préoccupante», s’inquiète Jérôme Salomon

janvier 3, 2021

Le directeur général de la Santé s’inquiète notamment du brassage d’élèves avec la rentrée : «Les enfants reviennent de différents endroits, en France ou à l’étranger, ça peut rebattre les cartes de la situation épidémiologique».

Le Conseil scientifique disait craindre un rebond «incontrôlé» de l’épidémie dans les prochaines semaines. En cette rentrée, les autorités sanitaires ont donc les yeux rivés sur les données épidémiologiques, alors que le Covid-19 a déjà causé la mort de 64.921 personnes en France. Dans les hôpitaux, l’impact réel des fêtes de fin d’année devrait être connu la semaine prochaine, l’état des malades pouvant se dégrader au bout de plusieurs jours après l’apparition des symptômes. Mais certains signaux ne sont pas de bon augure: le nombre de patients hospitalisés et en réanimation a légèrement augmenté samedi 2 janvier, après plusieurs jours de baisse, selon les données de Santé Publique France.

Le taux de positivité des tests est passé de 3,8% à 4,6% samedi, celui d’incidence remonte aussi doucement à 132 cas positifs pour 100.000 habitants sur une semaine glissante (le seuil d’alerte étant fixé à 50). Dans les colonnes du Journal du Dimanche, le directeur général de la santé Jérôme Salomon admet ainsi que «la tendance est déjà préoccupante», avec une incidence «de nouveau en hausse après un plateau assez long».

L’ombre des variants plus contagieux

Selon le site de collecte des données Covidtracker, 24 départements voient en effet leur incidence augmenter. La France reste coupée en deux : on recense par exemple un peu moins de 50 cas pour 100.000 habitants en Charente-Maritime, contre près de 325 dans les Alpes-Maritimes. Une situation qui a poussé le gouvernement à renforcer dès samedi le couvre-feu dans 15 départements de l’est du pays, où quelque six millions de Français doivent désormais rester cloîtrés dès 18h.

«Si la situation était amenée à se dégrader davantage dans certains territoires, on prendra les décisions qui s’imposent», a prévenu le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, vendredi sur TF1. Le reste du pays – déjà sous le coup d’un couvre-feu à 20h – est donc en sursis. La perspective de voir les bars et les restaurants rouvrir le 20 janvier s’éloigne, celle de retrouver les lieux culturels le 7 janvier est déjà définitivement écartée.

Dans Le JDD, le professeur Jérôme Salomon fait aussi part de ses craintes vis-à-vis de la rentrée scolaire. «Les enfants reviennent de différents endroits, en France ou à l’étranger, ça peut rebattre les cartes de la situation épidémiologique», explique-t-il.

Outre les conséquences des vacances, il s’inquiète du froid qui favorise les transmissions, mais aussi des deux variantes du virus identifiées en Grande-Bretagne et en Afrique du Sud, et déjà détectées en France. Elles «ne sont pas forcément plus dangereuses mais elles sont nettement plus contagieuses. Elles toucheraient aussi davantage les jeunes (…) Il faut donc qu’on soit très attentif au milieu scolaire et universitaire», précise Jérôme Salomon. Après plus de deux mois de «distanciel», les universités doivent en principe accueillir quelques élèves dès lundi. Beaucoup attendront toutefois.

L’épidémie pèsera «au moins jusqu’au printemps», avait prévenu Emmanuel Macron lors de ses vœux le 31 décembre. Pour le DGS, «on a encore quatre mois d’efforts collectifs à faire».

Par Anne-Laure Frémont et Nicolas Daguin

Canada-Montréal: La diaspora libanaise entre inquiétude et désespoir

août 6, 2020
Mercredi soir, plus de 200 personnes se sont rassemblées au square Dorchester à Montréal pour tenir une veillée à la chandelle en hommage aux victimes des explosions de Beyrouth. Une autre vigile aura lieu jeudi à 19 h, au consulat général du Liban.
© Jacques Nadeau Mercredi soir, plus de 200 personnes se sont rassemblées au square Dorchester à Montréal pour tenir une veillée à la chandelle en hommage aux victimes des explosions de Beyrouth. Une autre vigile aura lieu jeudi à 19 h, au consulat général du Liban.
Partagés entre l’inquiétude, la colère et le désespoir, les membres de la communauté libanaise du Québec étaient toujours sous le choc mercredi, au lendemain des explosions meurtrières qui ont frappé de plein fouet la ville de Beyrouth, faisant plus de 100 morts, des milliers de blessés et des dizaines de disparus.

« L’anxiété m’a envahi hier et depuis elle ne me quitte plus. Je n’ai pas dormi de la nuit. Ça m’a brisé le cœur, ce qui est arrivé », confie Moe Hamandi, originaire du Liban. Si le jeune homme de 30 ans s’est installé depuis une dizaine d’années à Montréal, à des milliers de kilomètres de Beyrouth, il a vécu en direct la détresse de sa famille qui vit toujours dans la capitale libanaise, non loin du port où les explosions ont eu lieu.

« Quand j’ai appelé ma mère mardi, vers 10 h, comme tous les jours depuis le début de la pandémie, j’ai à peine pu lui dire bonjour. J’ai entendu ses cris, des hurlements horribles, et la ligne a coupé. Ça m’a pris 5 minutes pour réussir à la rappeler, car le réseau était coupé. Les 5 minutes les plus longues de ma vie », raconte-t-il, la voix encore tremblante d’émotion.

Paniquée et en pleurs, sa mère lui a raconté comment leur maison est tombée en ruines en une fraction de seconde. Le plafond s’est effondré, les vitres ont volé en éclats, des meubles sont tombés, la porte a été arrachée. « Je n’avais aucune idée si c’était un attentat ou autre [chose]. Chose certaine, elle me décrivait une scène apocalyptique. »

Heureusement, sa mère s’en est sortie indemne. Quelques appels et messages plus tard, Moe Hamandi apprend que son père, sa sœur et les autres membres de sa famille sont également en vie et n’ont pas été blessés. Il a toutefois perdu un ami proche avec qui il a passé ses trois années d’université à Beyrouth.

« C’est la tragédie de trop, dit-il. L’économie libanaise n’allait déjà pas bien, ensuite la pandémie a fait perdre leur job à de nombreux Libanais. Tout ce qu’il leur restait, c’était un toit sur la tête. Les explosions viennent de le leur enlever. »

Le jeune homme craint maintenant pour les jours à venir, se demandant comment sa famille va pouvoir réparer les dégâts matériels monstres, alors que les banques ont limité la quantité d’argent que les Libanais peuvent retirer à quelques centaines de dollars par semaine. Il hésite même à prendre l’avion pour les rejoindre. « J’hésite encore, ça me trotte dans la tête. C’est mon pays qui tombe en ruines, ma famille qui a besoin d’aide. »

La comédienne québécoise d’origine libanaise Raïa Haidar envisage aussi d’aller à Beyrouth pour soutenir ses proches dans cette dure épreuve. « Aujourd’hui, tout le monde est occupé à ramasser les débris, réparer ce qu’il est possible de réparer. Je leur envoie des petits messages, mais je n’ose pas trop les déranger. Sur place, je pourrais tellement faire plus. »

Elle raconte avoir failli perdre sa mère dans le drame, son bureau se situant juste en face du port de Beyrouth. « Elle l’a quitté à peine 10 minutes avant l’explosion. C’est un miracle qu’elle soit encore en vie ». Comme de nombreux Libanais, sa maison a cependant été secouée par les explosions qui ont brisé toutes les vitres.

De son côté, Maryianne Zéhil s’affairait encore à prendre des nouvelles de ses proches mercredi, espérant ne pas apprendre de mauvaise nouvelle. « Beaucoup de gens sont portés disparus. J’angoisse à l’idée de découvrir que quelqu’un que je connais est décédé », indique la cinéaste québécoise née au Liban.

Plusieurs membres de sa famille vivant dans le quartier en face du port ont été blessés lors des explosions. La cousine de sa mère a même disparu après avoir été transférée dans un autre hôpital sans que sa famille en soit avertie. Une autre cousine a vu tout un pan de mur de sa maison s’effondrer.

Colère

« La ville est à moitié détruite, c’est horrible ! », se désole-t-elle, se remémorant l’endroit où elle a grandi et vécu sa jeunesse. « Le quartier d’Achrafieh, en face du port, est un lieu tellement plein de vie d’ordinaire. Il y a une rue avec des pubs, c’est l’endroit où aller pour faire la fête. Tout est à reconstruire. »

Elle s’attriste surtout de voir son pays essuyer tragédie après tragédie. « Si je devais écrire un film sur ce qu’il se passe, ça paraîtrait exagéré, arrangé avec le gars des vues. Les gens ne croiraient pas mon scénario. Et pourtant, c’est la triste réalité. »

Rappelons que Beyrouth a été divisée en deux par la guerre civile de 1975-1990. Elle a également fait les frais de conflits avec le pays voisin, Israël. Sans compter les nombreux bombardements et attaques terroristes qui la visaient.

Si ces explosions ne sont qu’un accident selon les autorités — les déflagrations viendraient des 2750 tonnes de nitrate d’ammonium stockées depuis des années dans un entrepôt portuaire —, certains doutent.

« Ce n’est pas un accident. C’est plutôt le résultat d’une crise économique et politique dû à la corruption et la mauvaise gouvernance de la classe politique depuis des années. Trop d’années ! », se révolte Roland Dick, président de l’Union libanaise culturelle de Montréal. Il a perdu un ami de longue date dans l’explosion, l’homme d’affaires Nazar Najarian, qui a vécu pendant plusieurs années à Montréal avant de retourner dans son pays d’origine.

Soutien à la communauté
En signe de soutien à l’importante diaspora libanaise du Québec — plus de 200 000 personnes — le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal ont mis leurs drapeaux en berne mercredi.
En soirée, plus de 200 personnes se sont rassemblées au square Dorchester à Montréal pour tenir une veillée à la chandelle en hommage aux victimes. Une autre vigile aura lieu jeudi à 19 h, au consulat général du Liban.

Québec offre de plus du soutien psychosocial pour les membres de la communauté qui en sentiraient le besoin par l’entremise du ministère de la Santé et des Services sociaux (811), a-t-on indiqué au cabinet de la ministre des Relations internationales, Nadine Girault.

La députée de Québec solidaire, Ruba Ghazal, a demandé à Mme Girault d’octroyer une aide financière d’urgence au Liban pour venir en aide aux sinistrés. Au moment où ces lignes étaient écrites, le cabinet de Mme Girault ne pouvait confirmer si l’option était envisagée.

 

Par Le Devoir avec Mylène Crête et Annabelle Caillou

France/Coronavirus : «Le plus gros de l’épidémie est encore devant nous» s’inquiète l’infectiologue Éric Caumes

juillet 17, 2020

 

Le taux de reproduction est en hausse dans plusieurs régions dont la Mayenne, la Nouvelle Aquitaine ou tout récemment la Bretagne.

«Le plus gros de l’épidémie est encore devant nous», s’inquiète le professeur Eric Caumes, chef du service des maladies infectieuses à la Pitié-Salpêtrière à Paris. Dans le viseur des scientifiques : le taux de reproduction. Ce chiffre, surveillé comme du lait sur le feu, représente le nombre de personnes que peut contaminer une personne malade. Depuis le 1er juillet, il est supérieur à 1 au niveau national et atteint des niveaux plus importants dans certaines régions. La Nouvelle Aquitaine, la Gironde ou encore la Mayenne, sont déjà scrutés depuis plusieurs jours par les autorités sanitaires. En Bretagne, le taux de reproduction s’élève le 16 juillet à 2.6 alors qu’il oscillait entre 0,9 et 1,2 les jours précédents.

Vers la deuxième vague ?

«Ce chiffre est inquiétant et signifie une reprise de l’épidémie», analyse l’infectiologue parisien. Les hôpitaux voient apparaître «de nouveaux malades ces deux dernières semaines». «Ce n’est pas explosif», rassure le professeur mais compare cette situation au début du mois de février. Est-ce l’annonce d’une deuxième vague similaire ? Il est trop tôt pour y répondre mais ce retour «ne sera pas comme cet hiver». Pour Éric Caumes, les régions Île-de-France et Grand Est «sont déjà sensibilisées» mais d’autres territoires «seront plus gravement touchés». Aux mois de mars et avril, de nombreux soignants sont venus aider les régions les plus affectées. L’infectiologue prévient qu’il «manquera de moyens humains» si la vague submerge tout le pays en même temps.

Tout est encore possible

Malgré un taux de vigilance important, Eric Caumes reste optimiste. Grâce à des connaissances accrues sur la maladie, le professeur rassure sur le nombre important de guérisons. «Je suis optimiste sur la guérison de cette maladie», a-t-il ensuite rassuré. Il appelle les Français à respecter les gestes barrières et à «arrêter de croire que l’épidémie est terminée». Il ajoute que si «on y prend garde», la «tendance peut être inversée».

Pour le spécialiste, le port du masque «aurait dû être systématique» dès le déconfinement car c’est une «mesure essentielle» pour se protéger les uns les autres.

Avec Le Figaro par Marie-Liévine Michalik

Le taux d’infection à la COVID-19 inquiétant chez les travailleurs de la santé du Canada

juin 26, 2020
© Getty

En réponse aux inquiétudes de la Fédération canadienne des syndicats d’infirmières et d’infirmiers quant au taux élevé d’infection à la COVID-19 chez ses membres, l’Agence de la santé publique du Canada affirme qu’assurer la sécurité de tous les employés du système de santé demeure une priorité pour elle.

La Fédération avait notamment décrié au début de la semaine le manque de protection du personnel soignant dans le contexte de la pandémie. Jusqu’à 19 % des cas d’infection à la COVID-19 au pays, soit 16 000 personnes, sont des travailleurs de la santé. Une enquête nationale pour démontrer que le Canada a échoué dans sa mission de protéger les travailleurs de la santé depuis le début de la pandémie a d’ailleurs été lancée par la Fédération.

L’Agence de la santé publique du Canada désire, elle aussi, déterminer les circonstances qui ont pu mener à un taux d’infection aussi élevé. Selon le Dr Howard Njoo, administrateur en chef adjoint de la santé publique du Canada, il est «très important de faire une analyse plus en profondeur pour regarder [ce qui] peut être les facteurs. C’est ce qui se passe dans les lieux de travail, mais des fois, c’est aussi possible que les travailleurs des soins de santé comme tous les autres individus dans la population générale. »

Le Dr Njoo ajoute que l’Agence continue d’analyser les meilleures façons de protéger les travailleurs de la santé à la lumière des nouvelles données et études sur le coronavirus qui sont rendues disponibles.

Pas de cas d’infection pour les travailleurs d’Horizon

Le Réseau de santé Horizon, au Nouveau-Brunswick, a déclaré jeudi lors de son assemblée générale qu’aucun membre de son personnel n’avait contracté le virus dans son milieu de travail, une information qui contraste avec la situation du côté du Réseau de santé Vitalité. Des employés de l’Hôpital régional de Campbellton, qui relève de Vitalité, ont contracté la COVID-19.

CBC/Radio-Canada avec les informations de Wildinette Paul