Posts Tagged ‘Insectes’

France: une baguette de pain à base de farine… d’insectes

mai 30, 2018

 

 

Une partie de la farine du pain provient de vers torréfiés et écrasés. (Illustration/CCO)

Devrons-nous bientôt tous manger des insectes pour préserver la planète et ses ressources ? L’idée n’est pas nouvelle, mais elle fait son chemin. La preuve, des étudiants de Nancy ont récemment proposé des baguettes de pain réalisées à partir de farine de vers d’élevage.

On ne sait pas trop quoi en penser, mais il semble que le résultat soit plutôt convaincant. C’est ce qu’affirment les personnes ayant déjà goûté à la baguette à la farine d’insectes créé par des étudiants de l’école de commerce de Nancy, l’ICN Business school, et présentée à la Foire de Nancy. Oui vous avez bien lu, une baguette à la farine d’insectes ! Le « pourquoi ? » de leur création, Lucile, Victor et Ludovic l’expliquent à l’Est Républicain. « Ça donne un pain riche en protéines, en vitamines en oméga 3. Il y a un réel apport énergétique. Nous avons travaillé en collaboration avec une nutritionniste pour mettre au point cette baguette aux insectes », affirment-ils.

S’ils ont choisi de travailler des vers d’élevage grillés et réduits en poudre, ça n’est pas pour rien. La consommation d’insectes pourrait, selon des médecins et nutritionnistes, et même la FAO, l’agence des Nation Unies pour l’alimentation et l’agriculture, devenir essentielle dans un avenir pas si lointain.  D’ici 2050, les projections de populations indiquent qu’il devrait il y avoir entre 9 et 10 milliards d’humains sur Terre, sans que les ressources pour produire suffisamment de viande « classique », source de protéines, ne puisse suivre.

La multiplication des élevages géants, trop grands consommateurs d’eau ou encore de terrains, est donc impensable. À l’inverse, les élevages d’insectes s’avèrent être d’une sobriété remarquable. Selon les chiffres de la FAO, un élevage de grillons comestibles demande six fois moins de nourriture, et donc autant d’eau et de surface agricole, que son équivalent en bovins, ou encore quatre fois fois qu’un élevage de moutons. Élever des insectes est aussi beaucoup moins polluant.

Si nous ne sommes pas encore accoutumés à en manger, la visibilité de ces nouveaux produits augmente. D’ailleurs, pour réaliser leur baguette innovante, nos étudiants nancéens ont utilisé de la farine d’insectes en provenance d’un élevage de Clermont-Ferrand. Il existe également désormais de nombreux produits disponibles dans le commerce, allant des gâteaux apéritifs aux pâtes, réalisés à bas d’insectes. À vos fourneaux !

Par Akhillé Aercke avec TWC France

Conte : Le Roi de la forêt et la Musaraigne

juillet 18, 2010

Un jour, le Roi de la forêt rassembla sa maisonnée, sous l’ombre d’un grand arbre à palabre au feuillage luisant et verdoyant. Il invita pour la circonstance tout le monde : dignitaires et esclaves.

Ayant pris connaissance de la dure sentence à perpétuité retenue contre la Musaraigne de sentir mauvais à vie pour crime « d’animacide volontaire ». Il voulut trouver une juste mesure de soulager cette peine grâce à ses relations fort importantes dans la société. Il fit recours au Gorille qui faisait office de grand prêtre exorciste pour la purifier de sa puanteur très prononcée. Le grand prêtre vêtu de sa soutane noire prononça toutes les grandes oraisons pour l’exorciser. Il ne réussit pas à la laver de ce parfum fortement ancré dans sa chair. En vain ! Le Gorille dit au Lion que cette sentence était incarnée en elle et à toutes ses générations. Et aucune puissance du monde ne pouvait l’en extraire. Il frappa ses fesses pour repousser les effets malveillants de l’exorcisme. Il rangea sa soutane dans son sac et rentra chez-lui.

Devant l’échec de l’exorcisme, le Lion qui était le chef de tous les animaux resta pensif et voulait, à tout prix, responsabiliser la Musaraigne pour devenir le superviseur de ses entreprises de fabrication de chaussures, de sa boulangerie de pain de manioc et de son grenier. Il l’appela en présence de sa cour royale et lui confia cette noble tâche. Désormais, je te nomme : Haut-superviseur de mon entreprise. La Musaraigne accueillit sa nomination avec satisfaction sous les applaudissements de tous les ouvriers.

Les ouvriers qui travaillaient à la fabrique de chaussures étaient des Insectes arrêtés et réduits en esclavage pour avoir dévasté des champs de maïs et d’arachides du roi de la forêt. Ceux qui travaillaient à la boulangerie étaient des Vers de terre qui avaient rongé les racines des pommes de terre dans les champs de cultures vivrières. Et ceux qui avaient la charge du grenier et de la conservation des récoltes et de la cueillette étaient des Fourmis.

La Musaraigne par son autorité et sa respectabilité dégageait de la prestance lui permettant de faire le tour des ateliers pour contrôler et superviser la production de la chaîne industrielle du Roi de la forêt.

Chaque fois quand elle entrait furtivement dans le hangar de l’usine, la discipline régnait dans l’esprit de tous les ouvriers. Des toussotements signalétiques se répercutaient d’une bouche à une autre pour souligner sa présence et changer d’attitude évitant d’obtenir une mauvaise note de conduite au sein de l’entreprise.

A la fin de la journée, elle rendait compte au lion et tenait parfaitement sa comptabilité avec orthodoxie. Le Roi la traitait avec beaucoup d’égards et lui renvoyait le mérite de sa considération du travail bien accompli. Elle recevait un gros salaire grâce à ses compétences et à ses qualités remarquables qui la distinguaient dans la société même au-delà des frontières nationales. La Musaraigne avait acquis une forte réputation. Elle était sollicitée partout même lors des festivités familiales de mariage et de retrait de deuil pour organiser les équipes chargées de la préparation, de la distribution et de la discipline durant toutes les cérémonies. Cette énergie de son savoir-faire, de son imagination et son talent commençait à lui créer des jalousies et lui attirer les foudres de la calomnie au sein de l’entreprise.

Les ouvriers au service du lion médisaient contre la Musaraigne l’exposant au détournement d’une bonne partie de la production du pain de manioc qu’elle vendait, à son insu, aux Souris qui partaient revendre la marchandise au marché public pour son compte personnel. Pour plus d’assurance, le Lion plaça une vidéo-surveillance pour l’attraper la main dans le sac. Mais la Musaraigne creusa un long tunnel depuis l’entrepôt qui alla sortir jusque sous les tables des Souris au marché à la grande discrétion du portail où était placé l’instrument de contre espionnage.

Le rythme de la production était toujours le même mais les recettes diminuaient. Le Lion et les Fourmis étaient déroutés; les Vers de terre ainsi que les Insectes furent confus malgré leur accusation contre la Musaraigne.

A la fin du mois, le lion paya tout son personnel sauf la Musaraigne. Pris dans un rictus de colère, elle mit en place un stratagème de déstabilisation de l’entreprise. Elle ferma toutes les portes de l’usine, les attrapa un à un, les mordu jusqu’à leur dernier soupir et invita les Souris du marché au festin et mangea à tour de rôle tous les ouvriers : Insectes, Fourmis et Vers de terre. Il enfouit leurs ossements dans son trou du tunnel qui la conduisait au marché auprès des belles souris qui étaient en connivence de ses achats.

Dans l’après-midi, le patron reçut une commande pour livrer une bonne quantité de marchandise aux clients des villages limitrophes. Il fit un tour dans l’entreprise et ne trouva aucun employé.
– Musaraigne où sont mes ouvriers ?
– Je ne sais pas patron…
– Comment ne sais-tu pas où sont-ils partis ?
– Après le déjeuner, je ne les ai pas vus rentrer dans l’entreprise…
– Vite va me téléphoner la police pour venir mener l’enquête ici.

Un escadron de Courtilière arriva armé jusqu’aux dents. Lesdites policières en pantalons bleus dessinant les rondeurs de leurs fesses inspectèrent le lieu, le fouillèrent de fond en comble et l’une d’entre elles découvrit une trace de sang. Cet indice lui permit de remonter la piste de l’entrepôt où elle vit un trou qu’elle longea. Et à l’intérieur de celui-ci une odeur de sang frais se répandait avec des ossements éparpillés le long du tunnel jusqu’à sa sortie sous les tables du marché où étaient assises des Souris qui ventilaient l’air frais de leur éventail aux causeries qui tournaient sur l’invitation de la Musaraigne sous le tunnel.

Lorsqu’elle revient vers les autres membres de son équipe, elle fit part de sa découverte et invita tout le monde à descendre sous le tunnel pour une investigation. La stupéfaction était au comble du massacre de la Musaraigne. Le lion était abasourdi et ne comprenait pas cette réaction de méchanceté et de cruauté. Elle fit savoir devant les policiers sa désapprobation pour la fin du mois impayé et le climat d’indignation qu’elle commençait à connaître au sein de l’entreprise.

Le Lion reconnut son tort de ne lui avoir pas payé même s’il détournait de la marchandise. Il ne l’avait jamais attrapé la main dans le sac malgré l’installation de sa vidéo-surveillance.

Furieux, il secoua sa crinière, poussa un grand et long rugissement exposant ses belles dents blanches et licencia la Musaraigne pour faute lourde professionnelle sans indemnités de préavis.

La Musaraigne sortit de l’entreprise sans un sou dans sa poche et alla informer les Souris du marché qu’elle était congédiée, en partie, à cause d’elles. Elle pleurait sur toute la robe de ses poils. Et celles-ci l’accueillirent dans leur résidence de la cité pour la consoler et lui servir d’hospitalité. C’est pourquoi, depuis lors, la Musaraigne cohabite parfois avec les Souris dans la même maison lui disant toujours de faire attention car le maître de maison leur avait averti de ne jamais accepter la Musaraigne dans leur compagnie pour sa puanteur.

Quand elle habite dans une maison, la Musaraigne fait toujours l’objet de méfiance et de mauvaise présence contrairement aux Souris. Son odeur est parfois synonyme de malchance auprès des habitants. Mieux vaut être insulté de Souris que de Musaraigne, car la Musaraigne ne change jamais de comportement. Elle n’a pas de pitié dans la confiance.

© Bernard NKOUNKOU