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Congo/Brazzaville-Insécurité: braquage spectaculaire chez le célèbre journaliste congolais Joseph Bitala-Bitemo

août 19, 2022

Joseph Bitala-Bitemo, journaliste et écrivain congolais, a été surpris dans son domicile par des malfrats armés dans la nuit de mardi à mercredi à Brazzaville. Après avoir tenu en respect tout le monde, ils sont repartis avec un important butin, a-t-on appris auprès d’une source proche de la victime.

Tandis que certains neutralisaient tout le monde, les autres se chargeaient de passer la maison au peigne fin et la vider de son précieux contenu.

Au bout de l’opération qui a duré plusieurs minutes, les malfrats vont emporter une importante somme d’argent, un million de FCFA.

Mais en attendant que les résultats de l’enquête permettent de faire la lumière sur ce braquage, tout porte à croire que les malfrats n’ont pas choisi leur cible fortuitement.

Sorti sain et sauf de ce braquage, Joseph Bitala-Bitemo est hanté depuis par la peur et l’angoisse.

Annoncée à grands renforts médiatiques, l’opération « Uppercut » visant à sécuriser la ville de Brazzaville de toutes incivilités et actes de banditisme, n’aurait pas eu un réel impact, aux dires des populations qui continuent de subir les assauts des bandits et autres malfrats.

Par Jack de MAÏSSA avec Les Echos du Congo-Brazza

Guerre en Ukraine : l’Afrique ne doit pas oublier ses étudiants

juillet 5, 2022

Cinq mois après le début de l’offensive de la Russie, précarité et insécurité administrative sont le lot des jeunes Africains qui ont quitté l’Ukraine et tentent de s’installer ailleurs en Europe. Nos dirigeants doivent collectivement leur venir en aide.

Réfugiés fuyant l’Ukraine à la gare de Przemyśl, en Pologne, le 2 mars 2022 © Davide Bonaldo/Sipa USA

En février dernier, les images insoutenables d’actes de racisme sur des ressortissants africains avaient fait le tour du monde. Parmi ces derniers figuraient notamment de jeunes étudiants, violemment brimés aux frontières de l’Ukraine qu’ils essayaient de franchir, ou aux abords de trains qui quittaient ce pays : ils n’étaient pas jugés aussi prioritaires dans leur fuite que les autres.

Aujourd’hui, l’on assiste à un autre épisode malheureux. Après avoir échappé aux canons et aux bombardements en Ukraine – parfois au prix de profonds traumatismes – pour trouver refuge ailleurs sur le Vieux continent, c’est contre la précarité et l’insécurité administrative qu’ils sont désormais nombreux à batailler. Après leur avoir accordé une brève protection temporaire, plusieurs États européens ordonnent aux étudiants africains qui ne remplissent pas les conditions d’obtention d’un titre de séjour de quitter leurs territoires, considérant que leurs pays d’origine ne sont, pour la plupart, pas en guerre.

Titre de séjour : un si rare sésame

En effet, pour séjourner durablement dans un pays européen, ces jeunes Africains doivent introduire des demandes de titres de séjour selon les modalités de droit commun. En France par exemple, ils n’ont d’autre choix que de demander un titre de séjour ou de déposer une demande d’asile pour ne pas se retrouver en situation irrégulière. Toutefois, les chances d’obtention d’un titre de séjour sont faibles en raison des conditions strictes exigées. Il en est de même pour la demande d’asile, qui a peu de chance d’aboutir dans la mesure où celle-ci sera étudiée au regard de la situation des pays d’origine desdits étudiants et non pas de la situation en Ukraine.

Deux constats factuels et quelque peu troublants découlent de ces cas éprouvants. Le premier, c’est le double standard des pays européens, bien loin des discours de leurs hauts représentants lors de sommets successifs Afrique-Europe, rappelant l’importance stratégique de la relation avec l’Afrique et la volonté d’engager cette dernière dans le « camp du bien », dans la croisade contre le « méchant agresseur russe ». La cohérence aurait voulu un traitement strictement égal entre Africains et Ukrainiens, ce qui, au passage, aurait nourri l’empathie d’une partie de l’opinion publique africaine. C’est sans doute une faute politique que l’histoire n’ignorera pas.

Créer un groupe d’envoyés spéciaux africains

Le second constat, et c’est le plus important, porte sur la difficulté pour les États et institutions d’Afrique à apporter une réponse à la hauteur des enjeux de leur jeunesse où qu’elle se trouve. Faute d’anticipation, de réaction plus robuste et de coordination, des centaines de milliers d’étudiants africains sont livrés à eux-mêmes lorsqu’ils sont pris dans les tourments d’une crise comme celle de la pandémie de Covid-19. Or, derrière chacun d’eux, c’est un projet de vie, des ambitions et des rêves, voire l’espoir de familles entières, qui sont dangereusement compromis. La récente tournée du président en exercice de l’Union africaine, Macky Sall, en Russie et plus récemment au G7, portant sur la question de l’approvisionnement alimentaire du continent offrait l’occasion de soulever la question de l’abandon de cette jeunesse et de porter un message politique fort en faveur de ces étudiants.

L’urgence du moment, au-delà des condamnations des actes discriminatoires ainsi que des initiatives salutaires de personnes de bonne volonté est de répondre collectivement et intelligemment à ce défi, pour garantir les conditions d’un retour à une vie normale, la continuité pédagogique et renforcer durablement les capacités du continent à offrir à sa jeunesse des cadres de formation d’excellence et de réussite professionnelle sur le continent. Pour cela, des pistes de solutions peuvent être explorées.

En premier lieu et à court terme, il faut amplifier l’accès à l’information et aux droits, capital pour accompagner ces jeunes plongés dans une détresse administrative en raison de la situation inédite qu’ils vivent. C’est le sens de la plateforme initiée par Initiative for Africa (IFA) et le think tank Molongwi, destinée d’une part à centraliser l’ensemble des initiatives de soutien aux étudiants africains fuyant l’Ukraine, et d’autre part, à mettre en relation les bonnes volontés et ces jeunes. Nous devons amplifier et multiplier ce genre d’outils.

En second lieu, sur un plan politique, nous estimons impérieux, au regard de la place importante de la jeunesse dans l’agenda de l’Union africaine et, à l’instar des initiatives continentales prises lors de la crise du Covid, de créer un organe ou nommer un groupe d’envoyés spéciaux du continent africain réunissant un groupe de personnalités qualifiées à même de réfléchir et répondre aux conséquences économiques, alimentaires et énergétiques et plus largement humaines. La question éminemment importante de la formation et de la situation des ressortissants africains, en particulier des jeunes étudiants, devra figurer comme l’une des priorités du mandat de cette institution ad hoc.

Former nos élites sur le continent

Enfin, dans une perspective de moyen et long terme, la question de l’excellence académique en Afrique ne saurait être éludée. La présente crise la pose avec une singulière acuité. Comment expliquer que se perpétue ce système de délégation de la formation des futures élites du continent à l’étranger ? Et comment expliquer que l’option d’un retour en Afrique proposée à plusieurs de ces jeunes a été largement exclue par ces derniers, en raison des insuffisances du système de formation sur le continent ?

Le conflit actuel en Ukraine comme les autres avant est un énième appel au sursaut : la transformation du continent demande de bâtir en Afrique, les structures et systèmes de notre autonomie stratégique. Il n’y a pas de raccourci. Sinon nous continuerons à sous-traiter aussi notre développement. Il n’est pas trop tard !

Avec Jeune Afrique

Adébissi Djogan

Par Adébissi Djogan

Adébissi Djogan est président d’Initiative for Africa.

Fortuné Ahoulouma

Par Fortuné Ahoulouma

Avocat au Barreau de Paris, co-fondateur du think tank Molongwi

Burkina Faso : des centaines de manifestants demandent le départ du président Kaboré

novembre 27, 2021
Des policiers tirent des gaz lacrymogènes contre des manifestants, le 16 septembre 2021, à Ouagadougou. © AFP/ISSOUF SANOGO

Malgré l’interdiction de la mairie, des rassemblements sont en cours dans la capitale du Burkina Faso. Les protestataires demandent le départ du président Roch Marc Christian Kaboré face à son incapacité à mettre fin à l’insécurité.

Bravant l’interdiction décrétée par les autorités, ils sont nombreux à être descendus manifester dans les rues de Ouagadougou. Depuis le début de la matinée, les pneus brûlés et les jets de pierres font face aux gaz lacrymogènes des policiers qui tentent de disperser le rassemblement.

Les policiers anti-émeutes faisaient face manifestants place de la Nation, en plein centre de la capitale burkinabè, qui était quadrillée par un important dispositif de sécurité et où tous les commerces étaient fermés.

« La marche est interdite, dispersez-vous, rentrez chez vous », a lancé un policier aux manifestants avant la charge des forces de l’ordre. Le rassemblement des manifestants qui souhaitaient dénoncer « l’incapacité » du président Roch Marc Christian Kaboré à faire face à la violence jihadiste qui ravage le Burkina, avait été interdit par la mairie de Ouagadougou.

Manifestations dans plusieurs grandes villes

L’un des manifestants, Fabrice Sawadogo, un jeune de 28 ans, a affirmé qu’ « après sept ans d’incapacité face aux attaques terroristes qui nous endeuillent chaque jour, il est temps de demander le départ du régime ». « Nous n’avons pas à négocier avec un gouvernement incompétent qui doit admettre qu’il a échoué », a-t-il affirmé.

La Coalition du 27 novembre, regroupant trois organisations de la société civile, avait appelé « l’ensemble des Burkinabè à sortir massivement dans une ambiance pacifique [ce samedi 27 novembre], pour dénoncer l’insécurité grandissante et exiger le départ du chef de l’Etat », Roch Marc Christian Kaboré.

Qualifiant de « très chaotique » la situation au Burkina Faso « marquée par une sécurité en lambeau », le porte-parole de la coalition, Moussa Konaté, a annoncé qu’outre Ouagadougou, des manifestations étaient également prévues à Bobo Dioulasso, deuxième ville du pays, et dans d’autres grandes villes.

Suspension de l’internet mobile

« Nous sommes dans un contexte d’insécurité que tout le monde dénonce. On ne devrait pas entreprendre des marches dont on ne voit véritablement pas la revendication », avait rétorqué Benewende Sankara, ministre de l’Habitat, dénonçant au nom de la majorité présidentielle des « manifestations inopportunes ». D’autres mouvements de la société civile ont appelé à se démarquer de ces manifestations pour « ne pas être complices de ceux qui veulent jeter le chaos dans le pays ».

Alors que la colère grandit au Burkina Faso, le gouvernement a « décidé de prolonger la suspension de l’internet mobile pour une durée de 96 heures à compter de mercredi », sur l’ensemble du territoire national, après une précédente interruption de quatre jours, officiellement pour « raison de sécurité ».

La colère après Inata

Le Burkina Faso est pris depuis 2015 dans une spirale de violences attribuées à des groupes armés jihadistes, affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique. Les attaques qui visent civils et militaires sont de plus en plus fréquentes et en grande majorité concentrées dans le nord et l’est du pays.

L’attaque d’un détachement de gendarmerie à Inata il y deux semaine a profondément choqué les Burkinabè. D’autant qu’avant cette attaque particulièrement meurtrière (au moins 57 personnes dont 53 gendarmes ont été tuées), le détachement avait demandé de l’aide.

« Nous devons mettre fin aux dysfonctionnements inacceptables qui sapent le moral de nos troupes combattantes et entravent leur efficacité dans la lutte contre les groupes armés terroristes », a déclaré jeudi 25 novembre au soir le président Kaboré. Mais ces paroles ne semblent pas avoir convaincu les centaines de personnes qui manifestaient leur ras-le-bas ce samedi.

Par Jeune Afrique avec AFP

Burkina Faso : la grogne monte contre Roch Marc Christian Kaboré

novembre 18, 2021
Inauguration d’un monument a la mémoire de Thomas Sankara à Ouagadougou, le 2 mars 2019. © Sophie Garcia

Des marches d’une ampleur inédite depuis plusieurs années ont eu lieu dans le pays. Initialement organisées pour protester contre l’insécurité, elles se sont muées en manifestations de colère contre le président.

Combien étaient-ils mardi 16 novembre à arpenter les grandes artères de Ouagadougou pour protester contre les exactions des groupes terroristes qui endeuillent les Burkinabè ? Des milliers ? Plusieurs dizaines de milliers ? Cela faisait des années qu’on n’avait vu pareille mobilisation.

Au lendemain de l’ultimatum que lui a lancé l’opposition pour mettre fin aux actions sanglantes des terroristes, Roch Marc Christian Kaboré va devoir composer avec un nouveau front : la colère grandissante d’une partie de ses compatriotes qui se sentent « abandonnés » face à la violence des groupes terroristes alliés au groupe État islamique (EI) et à Al-Qaïda.

Colère crescendo

Comme une onde de choc, les manifestations hostiles au régime du président Kaboré, réélu il y a près d’un an pour un second et dernier mandat, se sont étendues de la capitale à plusieurs villes comme Bobo-Dioulasso, Dori, Titao, Kantchari. « Nous sommes désormais à un tournant dans la lutte contre le terrorisme. Soit le régime reconnaît ses erreurs et se rattrape en posant des actes forts pour regagner la confiance du peuple, soit il reste dans le déni, explique Mahamoudou Sawadogo, expert burkinabè en sécurité. La situation va alors s’empirer et la colère populaire ira crescendo. »

Dans tous les rassemblements, les slogans ont dépassé les questions sécuritaires pour devenir politiques. Les manifestants réclamaient le départ de Roch Marc Christian Kaboré et de son gouvernement. La mobilisation s’est poursuivie mercredi 17 novembre dans certaines villes comme Kaya. Cette ville, située à 100 km au centre-nord de la capitale, a vu sa population tripler ces derniers mois à cause de l’arrivée de déplacés venus des zones où l’insécurité est forte.

« Le président Kaboré a failli à son serment de protéger et de défendre notre pays. Il doit donc tirer les conséquences de son échec, et sa démission est la conséquence logique de sa gestion calamiteuse », martèle Marcel Tankoano, membre du directoire national du Mouvement populaire « Sauvons le Burkina Faso ».

Sauver le Faso

À l’initiative de cette fronde, ce Mouvement qui dit agréger environ 200 organisations de la société civile explique avoir été débordé par l’ampleur de la mobilisation. Il tient à clarifier le sens de sa lutte. « Nous n’avons aucun agenda politique caché. L’urgence est de sauver le Faso. Nous n’avons pas chassé Blaise Compaoré en 2014 pour laisser ce pays s’effondrer aujourd’hui », avance Tankoano, qui n’exclut d’autres actions.

En six ans, les violences, parfois mêlées à des affrontements intercommunautaires, ont fait environ 2 000 morts et contraint 1,4 million de personnes à fuir leurs foyers, principalement dans le nord du Burkina Faso.

Dimanche 14 novembre, l’armée avait annoncé la mort de 20 soldats du détachement d’Inata, dans le Soum. Un bilan qui s’est depuis alourdi à 53 tués, parmi lesquels 49 soldats, alors que des rumeurs persistantes que Jeune Afrique n’a pu confirmer évoquent des pertes plus élevées.

Pendant que l’exécutif déclarait avoir neutralisé près de 90 présumés terroristes qui tentaient d’attaquer le détachement du groupement de sécurisation et d’intervention rapide stationné à Toéni, dans le Nord-Ouest, une note circulant sur les réseaux sociaux affirme que les soldats tombés à Inata manquaient de rations alimentaires.

Si l’information n’a pas été confirmée par les autorités, mercredi 17 novembre, le président Kaboré a tout de même dit à demi-mot son indignation sur le fait que des soldats aient pu manquer de ravitaillement et ne pas recevoir leurs primes. Il a promis une enquête et des « sanctions sans exception »

Avec Jeune Afrique par Nadoun Coulibaly – à Ouagadougou

Épidémie de kidnappings à Haïti : une preuve de la « faillite de l’État »

octobre 18, 2021

 Des policiers dans les rues de la capitale, Port-au-Prince, dans les heures suivant le rapt de missionnaires, dans la commune de Ganthier.

© RALPH TEDY EROL/Reuters Des policiers dans les rues de la capitale, Port-au-Prince, dans les heures suivant le rapt de missionnaires, dans la commune de Ganthier.

L’enlèvement de 12 missionnaires et de 5 de leurs enfants à Ganthier, à l’est de la capitale Port-au-Prince, n’est que la plus récente preuve de la déliquescence de l’État haïtien, affirme la journaliste et autrice Emmelie Prophète.

On ne peut pas parler de la faiblesse de l’État, mais de la faillite de l’État. L’État haïtien a complètement perdu le contrôle du territoire», a fait valoir l’écrivaine, qui a récemment publié Les villages de Dieu, racontant la vie dans des bidonvilles transformés en zone de non-droit.

Selon elle, cette faillite s’est particulièrement mise en œuvre dans la foulée des élections de 2011, qui a donné lieu à une intervention grossière et visible des États-Unis pour imposer un président [Michel Martelly, NDLR] pour manipuler les élections».

Depuis lors, il y a un désordre permanent dans le pays, des protestations, beaucoup de bruit. L’État s’est enlisé entièrement», a-t-elle expliqué en entrevue à l’émission Tout un matin.

Ces bandes armées se financent de plus en plus par des enlèvements. Le Centre d’analyse et de recherche en droits de la personne, basé dans la capitale haïtienne, recense plus de 600 enlèvements lors des trois premiers trimestres de 2021, contre 231 à la même période en 2020.

La romancière haïtienne Emmelie Prophète, lors du Salon du livre de Montréal, en 2018.

© Étienne Côté-Paluck/Radio-Canada La romancière haïtienne Emmelie Prophète, lors du Salon du livre de Montréal, en 2018.

Il y a une industrialisation du crime. Il y a beaucoup de gens, des jeunes particulièrement, des quartiers défavorisés, qui ont des armes, et qui enlèvent des personnes au hasard dans les rues de Port-au-Prince», relate l’autrice haïtienne, qui vit elle-même dans la capitale.

Comme il n’y a pas de poursuite judiciaire – la police est incapable d’agir – ça continue, ça prend de l’ampleur, il y en a de plus en plus qui se lancent dans cette forme de criminalité très rentable », ajoute-t-elle. Les familles sont obligées de s’endetter très fortement pour payer les rançons pour faire libérer leurs proches. »

Mme Prophète raconte qu’un de ses collègues, le professeur d’université Patrice Derenencourt, a aussi été enlevé en plein jour samedi, à Port-au-Prince. Un policier qui a tenté de s’interposer a été abattu par les ravisseurs.

Ottawa confirme l’enlèvement d’un Canadien

Affaires mondiales Canada a confirmé lundi qu’un citoyen canadien fait partie du groupe de 17 personnes enlevées samedi. Ils ont ainsi confirmé l’information fournie en fin de semaine par Christian Aid Ministries, le groupe chrétien fondé par des communautés amish et mennonites qui dirigeait leur mission humanitaire.

Les représentants du gouvernement canadien en Haïti collaborent avec les autorités locales et fournissent une assistance consulaire», affirme un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jason Kung, dans un courriel envoyé à Radio-Canada. Le nom du Canadien enlevé n’a pas été dévoilé.

Le puissant gang 400 Mawozo montré du doigt

Selon Associated Press, un inspecteur de police, Frantz Champagne, a confirmé dimanche que le rapt des missionnaires est attribuable au puissant gang 400 Mawozo, dirigé par Joseph « Lanmou san jou » Wilson, qui contrôle le secteur de Ganthier.

Emmilie Prophète raconte que ce gang impose un couvre-feu à 18 h dans les zones qu’il contrôle, et qu’il a récemment kidnappé un policier sous prétexte qu’il n’avait pas respecté ce mot d’ordre. Peu après, un animateur de radio a livré un plaidoyer en sa faveur.

L’animateur demandait pardon au chef de ce gang, qui s’appelle « Lanmou san jou », lui disant de pardonner au policier qui était sorti après 18 h, […] de le libérer s’il vous plaît, parce qu’il n’a pas les moyens de payer une rançon quelconque.»

Donc, la police ne peut pas agir. La police n’a pas suffisamment de moyens. Les membres de gang sont mieux armés, ils ont plus argent, ils contrôlent entièrement des quartiers qui sont des châteaux forts, ou la police ne peut pas rentrer.»

Le chef de gang Jimmy Cherizier est si puissant qu'il est considéré comme un acteur politique par plusieurs spécialistes.

© Raynald K. Petit Frere/Reuters Le chef de gang Jimmy Cherizier est si puissant qu’il est considéré comme un acteur politique par plusieurs spécialistes.

Une autre manifestation de la puissante des bandes armées s’est produite dimanche, lorsque le premier ministre Ariel Henry n’a pu se rendre au Pont-Rouge, dans la capitale, pour commémorer le 215e anniversaire de l’assassinat du père fondateur de la nation, Jean-Jacques Dessalines.

Le premier ministre a été repoussé, la police a été repoussée par les gangs, notamment le gang contrôlé par Barbecue [Jimmy Chérizier], qui dirige la fédération des gangs qui s’appelle G9.»

Peu après, on a vu des photos de Jimmy Chérizier, en costume blanc s’il vous plaît [comme le veut la tradition à cette occasion, NDLR], allant lui-même déposer la gerbe de fleurs sur la tombe de Dessalines. C’est vous dire.»

Avec CBC/Radio-Canada

Madagascar-Recrudescence de l’insécurité : Des espions au sein de l’armée

octobre 2, 2021

Depuis quelques mois, l’insécurité a pris de l’ampleur partout à Madagascar. Les dahalo (bandits) défient les forces de l’ordre en se livrant à des attaques par centaine et en maltraitant des femmes et des enfants avant de s’emparer de plusieurs centaines, voire des milliers de zébus. Il y a de cela une semaine, les bandits ont attaqué  une cinquantaine de taxis-brousse en se déplaçant en cortège sur la RN7. Les pertes déclarées en objets de valeur et argent volé, ainsi que la destruction des véhicules, s’élèvent à plusieurs milliards d’ariary. Dans les grandes villes, notamment dans la capitale, les pickpockets et les voleurs à la tire sévissent davantage en opérant de plus en plus dans des zones classées autrefois comme sécurisées. Face à cette recrudescence alarmante de l’insécurité, force est de constater que les forces de l’ordre sont toujours dévancées par les malfaiteurs et n’arrivent à réagir qu’après le drame.

Un agent de l’armée a laissé s’échapper une information officieusement hier durant la pause d’un match de foot. D’après lui, « des espions au sein des corps des forces armées communiqueraient des informations sur la stratégie de défense, d’attaque et de riposte des forces de l’ordre. Cela aide les bandits à anticiper les actions des forces de l’ordre tout en sachant où et quand attaquer. ». Une information à ne pas prendre à la légère, car effectivement les bandits arrivent toujours à attaquer au moment où les agents des forces de l’ordre sont occupés ailleurs. En milieu rural comme en milieu urbain, dans la majorité des cas, les bandits ont toujours une longueur d’avance face aux forces de l’ordre. Rares sont les cas où les services de renseignement arrivent à intercepter, voire à déjouer une attaque. Cela s’explique par le fait que les bandits sont au courant de la stratégie des forces de l’ordre. Or, notons que seuls les hauts gradés sont au courant de ces stratégies à l’avance. Ce sont eux qui les préparent et les mets en place. De ce fait, ces fuites d’informations confidentielles proviennent des généraux et hauts gradés. Des dirigeants qui se vantent d’avoir étudier en écoles de guerre.

Cette complicité avec les malfaiteurs n’est pas un cas isolé. Dans le quotidien de la population, beaucoup échangent des informations avec les malfaiteurs pour que ces derniers s’en sortent indemne au cours de leurs attaques. Les receveurs de taxis-be aident les pickpockets à entrer dans les bus et à identifier les cibles faciles, les commerçants des grands marchés de la capitale connaissent les identités des bandits, mais omettent de les divulguer, les commerçants du marché de « petite vitesse » s’unissent avec les escrocs en s’attaquant aux acheteurs naïfs et les agents de sécurité des marchés sont en majorité composés de pickpockets et de voleurs à la tire. Une réalité qui offre un avantage aux malfaiteurs et les aide à agir en toute impunité. Malgré les efforts des forces de l’ordre à adopter de nouvelles stratégies de riposte, les malfaiteurs auront toujours une longueur d’avance si quelqu’un les aide à anticiper leurs attaques. C’est ce phénomène qu’il faut éradiquer en premier.

Avec La Gazette de La Grande Ile par T. B

Nigeria: des millions de dollars siphonnés au nom de la lutte contre l’insécurité

mai 28, 2018

Des dizaines de recrues suivent une formation au siège de l’armée nigériane à Zaria, dans l’État de Kaduna (centre-nord du Nigeria), le 5 octobre 2017, pour contrer la menace terroriste de Boko Haram dans le nord-est du Nigeria / © AFP/Archives / PIUS UTOMI EKPEI

Des millions de dollars officiellement débloqués par le gouvernement nigérian pour lutter contre l’insécurité alimentent en réalité un vaste de système de « caisses noires » destinées à la corruption, ont dénoncé lundi des ONG, à moins d’un an de l’élection présidentielle.

Le Nigeria est le théâtre de plusieurs conflits sanglants, de l’insurrection du groupe jihadiste Boko Haram dans le Nord-Est aux affrontements incessants entre agriculteurs et éleveurs pour l’accès aux ressources dans les États du centre.

Présente sur tous les fronts, l’armée a également été déployée dans certaines régions du Nord, en proie aux gangs armés qui commettent enlèvements et vols de bétail à grande échelle, ainsi que dans le Sud-Est, où des groupes rebelles sabotent régulièrement les infrastructures pétrolières.

Alors que le budget de la Défense est estimé à environ 1,2 milliard de dollars (1,03 milliard d’euros), Transparency International et l’ONG nigériane Civil Society Legislative Advocacy Centre estiment que plus de 670 millions de dollars supplémentaires (571 millions d’euros) sont distribués chaque année dans la plus grande opacité.

Les « security votes » sont des fonds spéciaux alloués – le plus souvent en espèces – à de hauts responsables politiques pour des dépenses discrétionnaires dans le domaine de la sécurité, selon le rapport intitulé « L’argent camouflé: comment les +security votes+ (fonds spéciaux de sécurité) nourrissent la corruption au Nigeria ».

A titre de comparaison, les sommes concernées dépassent le budget actuel de l’armée nigériane, et représentent neuf fois l’aide financière américaine dans le secteur de la sécurité depuis 2012.

« Le Nigeria n’aurait sans doute pas besoin d’une telle assistance s’il réduisait l’utilisation des +security votes+ et les reprogrammait dans le budget officiel de la défense et de la sécurité du pays », affirme le rapport.

Ces fonds représentent en réalité « une forme de corruption historique au Nigeria », a affirmé Katherine Dixon, de Transparency International, citée dans le document, qui évoque « une caisse noire facile à utiliser et totalement opaque ».

« La corruption dans le secteur crucial de la défense et de la sécurité fait le jeu de ceux qui cherchent à semer les graines de l’instabilité et de la terreur », a-t-elle ajouté.

Ce phénomène, selon Mme Dixon, est en partie responsable du « sous-financement » chronique des forces armées et « nourrit des groupes qui pourraient (vouloir) déstabiliser les élections ».

– Augmentation alarmante –

Le président Muhammadu Buhari, ancien dirigeant militaire, a été élu il y a trois ans sur la promesse de vaincre Boko Haram et d’éradiquer la corruption endémique au sein de l’administration.

Il affirmait alors que sous son prédécesseur Goodluck Jonathan, les soldats manquaient d’armes et de munitions pour combattre les jihadistes, qui s’étaient emparés de pans entiers du territoire nigérian.

L’un des premiers actes de la présidence Buhari a été l’ouverture d’une vaste enquête sur les pratiques opaques dans les contrats d’armement, qui a débouché sur l’arrestation de l’ancien conseiller national à la sécurité, Sambo Dasuki.

Ce colonel est accusé d’avoir détourné du budget de la Défense quelque 2 milliards de dollars destinés à la lutte contre Boko Haram pour financer la campagne du président sortant, Goodluck Jonathan, contre Buhari en 2015.

En décembre, le gouvernement Buhari a annoncé le retrait d’un milliard de dollars dans les fonds d’excédents pétroliers (Excess Crude Account) pour faire face aux défis sécuritaires actuels au Nigeria.

Le principal parti d’opposition, le People’s Democratic Party, a, à son tour, accusé le All Progressive Congress (APC), au pouvoir, d’utiliser cet argent pour permettre à M. Buhari de se faire réélire en février prochain.

Selon Transparency International, les bénéficiaires des « security votes » ont explosé, passant de 30 dans le budget fédéral de 2016 à plus de 190 cette année, en dépit des promesses de transparence du chef de l’État.

« A l’approche des élections de 2019, cette augmentation soudaine devrait alarmer ceux qui supervisent les dépenses publiques nigérianes », affirme le rapport.

Les deux ONG demandent en outre à tous les futurs candidats à la présidentielle de s’engager à interdire la pratique et à renforcer les procédures d’examen législatif des dépenses sécuritaires.

Selon un précédent rapport de Transparency International, plus de 15 milliards de dollars ont été siphonnés des caisses de l’armée dans l’histoire moderne du Nigeria.

Romandie.com avec (©AFP / 28 mai 2018 11h43)                

Nouvelle manifestation contre l’insécurité à Mayotte

mars 7, 2018

Manifestation contre l’insécurité, le 7 mars 2018 à Mamoudzou, à Mayotte / © AFP / Ornella LAMBERTI

La contestation contre l’insécurité qui secoue Mayotte depuis plus de deux semaines s’est poursuivie mercredi par une journée « île morte » et une manifestation qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes à Mamoudzou, chef-lieu d’un jeune département qui concentre de nombreuses difficultés sociales.

Malgré l’annonce par le gouvernement de futurs renforts de forces de l’ordre, notamment pour sécuriser la rentrée scolaire la semaine prochaine après des violences aux abords de certains lycées perpétrées par des jeunes, les manifestants, sous une pluie battante, étaient 3.000 selon la police, de 10.000 à 15.000 selon les organisateurs.

Dans la manifestation, beaucoup de drapeaux français flottaient. Les participants ont entonné des « shengue » (chants traditionnels mahorais) mais aussi une Marseillaise pour marquer leur attachement à la France, à qui ils réclament aussi un renforcement de la lutte contre l’immigration clandestine, source selon eux de tous les maux de l’île.

Département français depuis 2011 avec un taux de chômage très élevé (26%), Mayotte subit une forte pression migratoire des Comores, à seulement 70 kilomètres de ses côtes. La population mahoraise est exaspérée par la saturation de l’hôpital, des services publics ou des écoles, où faute de classes suffisantes, les enfants vont en cours par rotation.

Mayotte, c’est « 84% des personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté, (…) c’est quatre fois plus de population en trente ans, (…) c’est 45% de population étrangère en situation irrégulière, (…) c’est la première maternité de France et oui, pour être au rendez-vous, il nous faudrait créer une classe par jour », a reconnu mardi la ministre des Outre-mer, Annick Girardin.

Le département connaît depuis le début de l’année des actes de violence à répétition notamment aux abords d’établissements scolaires, qui ont conduit les personnels de trois lycées à exercer leur droit de retrait, tout comme la grande majorité des chauffeurs de bus scolaire, dont les véhicules sont régulièrement caillassés.

Mercredi, en première ligne de la manifestation, qui s’est déroulée sans débordement -loin des violentes échauffourées de fin février- se trouvaient de nombreux élus mahorais. Ils ont défilé derrière une banderole sur laquelle on pouvait lire: « Terroristes, coupeurs de route, voleurs, violeurs, cambrioleurs, occupants illégaux de terre, trafiquants, faussaires, toutes les formes de violences. Subir et se taire ! Non, Kari pvendzé (on ne veut pas) ».

Les parlementaires et élus locaux ont annoncé que « les collectivités locales seront fermées jusqu’à nouvel ordre ».

– « Huile sur le feu » –

Alors que des maires ont menacé de ne pas organiser la législative partielle des 18 et 25 mars, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a assuré à l’issue du Conseil des ministres que l’État « pourvoirait » à ce que le scrutin ait bien lieu à ces dates.

Cette journée d’actions fait suite à plus de deux semaines de grève générale, marquées par plusieurs manifestations, opération escargot, et barrages routiers qui paralysent la circulation. Ceux-ci reprendront jeudi, a assuré le syndicaliste Salim Nahouda (CGT Ma).

Le président des Républicains Laurent Wauquiez, venu soutenir un candidat à la législative partielle, ne participait pas au cortège. Mais il multiplie les interpellations à l’adresse du gouvernement, dont il critique l’absence sur le terrain, et plaide pour une réforme du droit du sol sur l’île.

Annick Girardin, qui envisage de se rendre sur place après la législative, l’a accusé de mettre de « l’huile sur le feu » et le porte-parole du gouvernement a jugé mercredi « inutile d’ajouter de l’irresponsabilité politique à une situation localement très tendue ».

Mme Girardin a rappelé que la départementalisation de Mayotte avait été accompagnée « de manière insatisfaisante » par les précédents gouvernements.

Outre des renforts de forces de l’ordre (arrivée imminente de deux pelotons de gendarmes mobiles supplémentaires, création d’une zone de sécurité prioritaire, etc.), elle a promis une « conférence sur l’avenir de Mayotte ».

« Nous ne voulons plus de parlotte. On veut des actes. Les Mahorais attendent depuis beaucoup trop longtemps », a rétorqué M. Wauquiez.

Le député LR de Mayotte Mansour Kamardine a dénoncé la « non-assistance à île en danger », affirmant, en concertation avec les élus mahorais, que « le seul interlocuteur crédible » était « désormais le Premier Ministre, à défaut le ministre de l’Intérieur ».

Romandie.com avec(©AFP / 07 mars 2018 15h40)