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Canada-Québec/Enquête sur les décès en CHSLD : « On n’a pas vu venir la rapidité dans ces milieux-là »

décembre 1, 2021

La suite du volet national de l’enquête sur la gestion de la pandémie, qui s’est ouverte lundi matin à Shawinigan, a permis de mettre en lumière que la menace dans les Centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) a été largement sous-estimée en janvier 2020. L’orientation était dirigée vers les milieux de soins de courte durée, les hôpitaux, mais les milieux de soins de longue durée n’étaient pas sur le radar du comité scientifique de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Les audiences publiques se déroulent cette semaine au palais de justice de Shawinigan.

© Martin Chabot/Radio-Canada Les audiences publiques se déroulent cette semaine au palais de justice de Shawinigan.

On n’avait pas vu venir la rapidité [de propagation] dans ces milieux-là », concède d’entrée de jeu le Dr Jasmin Villeneuve, médecin-conseil à l’INSPQ, répondant sans détour à une question de la coroner Géhane Kamel. Dès le début de la pandémie, le chef d’équipe était chargé de coordonner les activités scientifiques en matière de contrôle des infections nosocomiales, de surveillance et de prévention en milieux de soins.

Lors de son témoignage, le Dr Villeneuve a indiqué qu’au tout début de l’année 2020, l’accent était mis sur la transmission dans la communauté. Le comité scientifique a observé que les aînés formaient une clientèle particulièrement touchée fin janvier, début février.

L’expert a par ailleurs indiqué que la pandémie a mis en évidence le besoin de consolider les pratiques de prévention et contrôle des infections en soins de longue durée. L’évolution rapide des connaissances a obligé les experts à s’ajuster rapidement et de façon continue. Le Dr Villeneuve estime nécessaire et toujours d’actualité d’augmenter les ratios d’infirmières spécialisées en prévention dans les milieux de soins.

Recommander le port du masque, sans céder à la pression

Le 18 mars, l’INSPQ a recommandé le port du masque en CHSLD en présence d’un cas confirmé dans un contexte où les quantités d’équipements étaient très limitées.

L’expert en infections n’a pas nié qu’il s’est exercé une certaine pression, compte tenu des bas inventaires.

Il insiste néanmoins pour dire que la pression n’a pas influencé la recommandation scientifique du port du masque. Ce n’est pas à nous de gérer le stock, c’est plate à dire, mais c’est ça .»

Une veille» des articles scientifiques

Le témoignage du Dr Villeneuve a aussi permis d’apprendre que son comité colligeait une manne d’informations dès la fin du mois de janvier 2020. L’INSPQ a procédé à une veille d’articles scientifiques, venus de partout dans le monde. Les articles étaient classés par thèmes et catégories, puis partagés quotidiennement sous forme de liste à de nombreux acteurs du milieu. Cette liste a notamment été faite pour le compte du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Le Dr Villeneuve a indiqué que le directeur national de santé publique, Dr Horacio Arruda, a demandé à avoir un résumé des articles répertoriés, ce qui a été fait sur une période d’environ un mois, en février 2020, avant qu’on y mette fin. L’exercice consommait énormément de temps et de ressources humaines », a précisé le Dr Villeneuve. Dès lors, chaque acteur était responsable d’aller chercher l’information qui l’importait.

Géhane Kamel a indiqué que la veille des articles la tracasse particulièrement.

Elle a demandé à recevoir la liste des articles de la veille scientifique répertoriés en janvier, février et mars 2020, de même que la liste des destinataires.

Concernant les travaux à venir en janvier

Géhane Kamel a tenu à faire une mise au point relativement au report du volet recommandations qui devait avoir lieu cette semaine, mais qui se tiendra plutôt en janvier. La coroner a expliqué avoir comme objectif de terminer en janvier, mais dit avoir reçu un nombre considérable de pièces documentaires à observer.

Bien qu’elle garde le cap sur l’objectif, elle ne ferme pas la porte à réentendre des témoins si elle a l’impression qu’on n’a pas bouclé la boucle », expliquant vouloir s’assurer de remplir son mandat et de répondre aux questions des familles.

Avec Radio-Canada par Marie-Ève Trudel

Canada: Les variants seront dominants au Québec d’ici deux semaines, selon l’INSPQ

mars 26, 2021

Plus de la moitié des cas de COVID-19 enregistrés dans la province sera liée à un variant d’ici début avril, prévoit l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) dans sa plus récente modélisation. Les mesures imposées par la santé publique risquent d’ailleurs d’être insuffisantes pour freiner leur propagation.

Un homme passe un test de dépistage pour la COVID-19 dans une clinique à Montréal.

© Graham Hughes/The Canadian Press Un homme passe un test de dépistage pour la COVID-19 dans une clinique à Montréal.

«L’augmentation des cas de variants […] signifie que le niveau actuel d’application des mesures de prévention est insuffisant pour contenir leur transmission et maîtriser l’épidémie, du moins jusqu’à ce qu’une très grande proportion de la population québécoise soit vaccinée», a affirmé le Dr Gaston De Serres, médecin épidémiologiste à l’INSPQ, par voie de communiqué.

L’adhésion de la population aux mesures de prévention imposées par la santé publique diminue «à un moment où il est plus important que jamais de les appliquer de façon rigoureuse pour réduire l’impact des variants», explique-t-il. «De voir qu’avant même l’ouverture de certaines activités, on n’avait pas le contrôle sur les variants, ça n’augure pas bien pour la suite», ajoute le Dr De Serres.

Une tendance mondiale

Les variants se transmettent environ 40 % plus efficacement au Québec, selon la modélisation, ce qui correspond à la tendance de leur progression ailleurs dans le monde.

La province compte présentement plus de 4682 cas cumulatifs de variants qui sont présents dans presque toutes les régions du Québec, selon l’épidémiologiste.

Pour les régions à l’extérieur du grand Montréal, le nombre de nouveaux cas enregistrés est plus faible, mais les variants pourraient déjà être dominants dans la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches.

Pour l’instant, c’est le variant britannique qui est le plus présent dans la province, «mais les variants, il y en a au Canada, il y en a ailleurs dans le monde, et on pourrait voir ce tableau se modifier au cours des prochains mois», ajoute-t-il.

Les chercheurs derrière cette modélisation ont d’ailleurs conclu que le taux de reproduction (Rt) des variants du SRAS-CoV-2 est d’environ 1,31 alors que celui des autres souches du virus est de 0,92. Un Rt supérieur à 1 signifie que l’épidémie est en croissance.

«Le taux de reproduction, c’est dépendant de la façon dont les gens appliquent les mesures. Si on réussit à bien les appliquer, on peut espérer garder ce fameux taux de reproduction le plus près de 1 possible et même en dessous de 1», explique le Dr De Serres.

Avec Laurianne Croteau

Canada/COVID-19 : 3000 volontaires recherchés pour des tests de salive

novembre 10, 2020
Les tests effectués avec des écouvillons, cette longue tige qu’on insère dans le nez, pourraient bientôt être remplacés par des prélèvements beaucoup plus confortables. L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a presque terminé ses projets de validation pour les tests de salive.
La méthode consiste à se gargariser avec de l’eau, avant de la recracher dans une éprouvette.

© Sylvain Roy Roussel/Radio-Canada La méthode consiste à se gargariser avec de l’eau, avant de la recracher dans une éprouvette.
La méthode la plus prometteuse consiste à se gargariser avec de l’eau, avant de la recracher dans une éprouvette. Radio-Canada a appris que 3000 volontaires seraient recherchés dans les prochains jours pour l’essayer.Une dizaine d’hôpitaux du Québec participent au projet, qui s’amorce cette semaine. Ces «tests de gargarisme» seront disponibles dans les centres de dépistage des Laurentides, de Lanaudière et de Rimouski.

À Montréal, le CHUM et l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont vont participer aux essais, à la clinique Chauveau. À l’hôpital Sainte-Justine, si les enfants sont trop jeunes pour être en mesure de produire suffisamment de crachat, un prélèvement pourra être effectué à l’intérieur de la joue.

Le CHU de Québec collabore aussi à l’étude, alors que le CISSS de Chaudière-Appalaches est déjà bien avancé dans ses essais. En effet, la clinique de dépistage Archimède de Lévis est la première à utiliser ce test dans une proportion de presque 90 %.

Lors de notre passage sur les lieux, les patients préféraient de loin cette nouvelle méthode à l’écouvillon. «C’est plus rapide de faire le test parce que c’est moins invasif, alors les gens sont beaucoup plus détendus. Pour le personnel aussi, les conditions sont plus agréables», nous explique la gestionnaire de l’endroit, Anne-Marie Savard.

Une nouvelle méthode pour entamer 2021?

Si le recrutement des volontaires se déroule rondement et que les résultats sont concluants, la Dre Judith Fafard, médecin-conseil pour l’INSPQ, croit que les tests de gargarisme pourront être couramment utilisés dès le début de l’année 2021.

Pour la majorité des patients, ils pourraient même remplacer ceux effectués par écouvillon, ce qui réglerait d’éventuels problèmes liés à une pénurie de matériel. Tout ce qu’il faut, c’est de l’eau, un contenant et une éprouvette.

«Ce sera une grande avancée si toutes nos données sont favorables. On est confiants d’avoir, probablement en un mois, les données nécessaires pour valider les plateformes qui sont à l’essai.» En d’autres mots, il faut s’assurer que les laboratoires du Québec ont des appareils compatibles pour analyser cette nouvelle méthode.

Le microbiologiste-infectiologue Jeannot Dumaresq considère aussi que les tests par gargarisme sont très prometteurs. «La communauté scientifique endosse ce genre de test», dit le Dr Dumaresq. Celui qu’il a lui-même développé à Lévis est en train de faire ses preuves. «L’un des avantages, c’est de pouvoir rapatrier du personnel qualifié, qui est posté dans les cliniques de dépistage. Normalement, ce personnel-là devrait être dans les hôpitaux en train de donner des soins.»

Se tester soi-même à la maison

Le test salivaire par gargarisme demande une supervision minimale. En fait, il est tellement facile à administrer qu’on pourrait éventuellement le faire soi-même, rêve la Dre Annie-Claude Labbé, microbiologiste-infectiologue.

«On est très enthousiastes. On a hâte d’implanter ça, comme professionnels de la santé parce qu’on doit souvent se faire tester, mais on a hâte aussi pour la population», dit la Dre Labbé.

Les tests par gargarisme permettraient d’économiser un peu de temps d’analyse en laboratoire puisqu’ils n’ont pas besoin d’être dilués, contrairement aux tests de salive habituels. Les seuls patients qui ne pourront pas en bénéficier sont ceux qui ne produisent pas suffisamment de salive ou qui sont incapables de se gargariser, comme les jeunes enfants, certaines personnes âgées, ou ceux avec des troubles cognitifs.

De nombreux scientifiques du Québec collaborent à cette vaste étude provinciale, mais déjà un consensus d’équipe se dégage. Ces tests sont efficaces, comme le conclut d’ailleurs un rapport rédigé par les Drs Fafard et Labbé. Avec l’Allemagne et la Colombie-Britannique, le Québec deviendrait l’un des précurseurs dans leur utilisation.

Pour participer à l’étude, les 3000 volontaires doivent présenter des symptômes de la COVID-19 ou avoir été en contact avec des gens qui ont été infectés.

Avec Radio-Canada par Véronique Prince